Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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nerf ilio-inguinal l.m.

nervus ilioinguinalis (TA)

ilio-inguinal nerve

Branche terminale mixte du plexus lombaire née de L1 et recevant quelques fibres de T12.
Elle traverse le muscle psoas, croise la face antérieure du muscle carré des lombes et parcourt la paroi abdominale, au-dessous du nerf ilio-hypogastrique, entre le muscle transverse de l’abdomen et le muscle oblique interne de l’abdomen auxquels elle fournit des rameaux moteurs. Elle se termine en se divisant en une branche abdominale qui se perd dans les muscles de la paroi, et des rameaux génitaux : les nerfs labiaux antérieurs chez la femme et des nerfs scrotaux antérieurs chez l’homme

Syn. anc. nerf petit abdomino-génital

nerf ischiatique l.m.

nervus ischiadicus (TA)

sciatic nerve

Branche terminale du plexus sacré qui reçoit ses fibres du tronc lombo-sacral et des branches antérieures des trois premiers nerfs spinaux sacrés.
C’est le plus volumineux des nerfs de l’organisme. Il sort du bassin par l’ouverture infra-piriforme et descend dans la fesse et à la face postérieure de la cuisse. Il se divise dans le creux poplité en ses deux branches terminales : le nerf fibulaire commun et le nerf tibial. Par son tronc, il innerve le muscle semi-tendineux, les chefs long et court du muscle biceps fémoral, le muscle semi-membraneux, le muscle grand adducteur, et fournit un rameau articulaire du genou pour la partie latérale de l’articulation. Par ses deux branches terminales il fournit l’innervation sensitive et motrice du genou, de la jambe et du pied.

Syn. anc.  nerf grand sciatique ; nerf sciatique

nerf fibulaire commun, nerf tibial

nerf mandibulaire l.m.

nervus mandibularis  (TA)

mandibular nerve ; mandibular division

L’une des trois branches de division du nerf trijumeau.
Il résulte de la réunion de deux racines ; une grosse racine sensitive qui naît du bord antéro-latéral du ganglion trigéminal et une petite racine motrice située au-dessous de la précédente. Chacune d’elles chemine dans un dédoublement particulier de la dure-mère. Les deux racines sortent du crâne par le foramen ovale du sphénoïde où elles se réunissent. Dès sa sortie le nerf mandibulaire fournit un rameau méningé qui, par un trajet récurrent, pénètre dans le crâne par le foramen épineux, accompagnant l’artère méningée moyenne et ses branches de ramification. Le ganglion otique est accolé à la face médiale du nerf mandibulaire sous le foramen ovale ; ils sont reliés par des rameaux sensitifs parfois regroupés en une racine sensitive ; le ganglion otique fournit les branches sensitives destinées au nerf auriculo-temporal (rameaux parotidiens), ainsi qu’au nerf du muscle tenseur du voile du palais, au nerf ptérygoïdien médial, au nerf du muscle tenseur du tympan et à la corde du tympan.
 Les branches terminales du nerf mandibulaire sont parfois regroupées en deux troncs : le tronc terminal antérieur et le tronc terminal postérieur.
Le tronc terminal antérieur fournit les trois nerfs temporaux profonds qui traversent le porus crotaphitico-buccinatorius de Hyrlt ; le nerf temporal profond antérieur nait souvent par un tronc commun avec le nerf buccal (nerf temporo-buccal) ; le nerf temporal profond moyen reste isolé ; le nerf temporal profond postérieur naît le plus souvent du nerf massétérique (nerf temporo-massétérin). Naît également du tronc terminal antérieur le nerf buccal et sa branche collatérale, le nerf ptérygoïdien latéral.
Le tronc terminal postérieur donne naissance au nerf ptérygoïdien médial, au nerf du muscle tenseur du voile du palais, au nerf du muscle tenseur du tympan, au nerf auriculo-temporal, au nerf lingual, au nerf alvéolaire inférieur qui fournit le nerf mentonnier.

J. Hyrtl, anatomiste austro-hongrois (1810-1894)

Syn. anc.  nerf maxillaire inférieur ; nerf masticateur

nerf moteur oculaire commun l.m.

nervus oculomotorius
oculomotor nerve
Nerf de la troisième paire crânienne d’origine pédonculaire innervant par sa branche supérieure le muscle droit supérieur et le releveur de la paupière supérieure, et par sa branche inférieure, le muscle droit interne, le muscle droit inférieur et le muscle petit oblique.

nerf musculo-cutané l.m.

nervus musculocutaneus (TA)

musculo cutaneous nerve

Branche terminale mixte du plexus brachial née par bifurcation latérale du faisceau latéral de la partie infra-claviculaire du plexus.
Le nerf musculo-cutané sort de l’aisselle en traversant le muscle coraco-brachial qu’il innerve. Il innerve ensuite le muscle brachial et le muscle biceps brachial. Réduit à ses fibres sensitives, il perfore le fascia brachial en dehors du tendon du biceps et en dedans du muscle brachio-radial. Il se divise en deux branches terminales antérieure et postérieure : la branche postérieure se termine dans les téguments de la région postéro-latérale de l’avant-bras ; la branche antérieure descend jusqu’au poignet, innerve les téguments de la région antéro-latérale de l’avant-bras et du bord latéral de l’éminence thénar ; elle fournit un rameau articulaire pour l’articulation radio-carpienne.

G. Casserio (J. Casserius), anatomiste italien (1561-1616)

Syn. anc.  nerf perforant de Casserius ; nerf perforant du coraco-brachial

nerf musculocutané du membre supérieur l.m.

nervus musculocutaneus
Branche du plexus brachial (tronc supérieur, tronc moyen, branche antérieure de division puis tronc secondaire antéro-externe) dont les fibres sont issues des branches antérieures des racines C5 à C7.
Ce nerf sentivomoteur chemine dans le creux axillaire avec le médian, traverse le muscle coracobrachial et passe entre le muscle brachial antérieur et le biceps brachial. Au pli du coude, il devient sous-cutané. Il innerve les muscles fléchisseurs du bras : coracobrachial (musculus coracobrachialis), les deux portions du biceps brachial (m.biceps brachii) et le muscle brachial antérieur (m. brachialis, brachialis internus). Son territoire de projection sensitive, assuré par le nerf latéral cutané de l'avant-bras (lateral antebrachial cutaneous nerve), correspond à la peau de la partie latérale de la face palmaire de l'avant-bras jusqu'au poignet. Quelques rameaux articulaires sont destinés à l'articulation du coude.
Des lésions du nerf sont possibles par traumatismes de l'épaule et fractures de l'humérus. Traversant, comme un signet, le muscle coracobrachial, ses fibres peuvent être atteintes lors de contractions importantes du membre supérieur en flexion (traction sur les bras, Par ex.). Une atteinte distale au pli du coude est à l'origine de troubles sensitifs isolés.

nerfs périnéaux l.m.p.

nervi perineales (TA)

perineal nerves

Branches terminales du nerf pudendal nées immédiatement après que celui-ci ait pénétré dans le canal honteux.
Ce sont :
- des nerfs labiaux postérieurs ou scrotaux postérieurs réunis le plus souvent sous le terme de rameau périnéal externe qui sort du canal honteux, se dirige en bas et en avant jusqu’au muscle transverse superficiel du périnée, cheminant sous l‘aponévrose superficielle le long du bord médial du muscle ischio-caverneux, jusqu’à la partie antérieure du triangle ischio-bulbaire où il se ramifie dans le scrotum et la grande lèvre ;
- un rameau superficiel du périnée, satellite de l’artère périnéale superficielle qui gagne la face inférieure du scrotum et de la verge ou la partie inférieure des grandes lèvres ;
- des rameaux musculaires réunis le plus souvent sous le terme de rameau profond du périnée ou de rameau bulbo-uréthral qui pénètre dans le triangle ischio-bulbaire, innerve les muscles transverse profond, transverse superficiel du périnée et le muscle ischio-caverneux pour se terminer en un rameau bulbaire qui pénètre le bulbe du pénis ou du clitoris et un rameau uréthral  pour la face inférieure du corps spongieux du pénis ou du clitoris dans lequel il se ramifie jusqu’au niveau du gland ;
- chez la femme ces rameaux musculaires innervent en  outre le muscle constricteur de la vulve ;
- un nerf dorsal du pénis ou du clitoris qui accompagne les vaisseaux honteux, en dehors puis au-dessus d’eux, passe sous la symphyse pubienne et gagne la face dorsale de la verge ou du clitoris à travers le ligament suspenseur ; chez l’homme il se place en dehors de l’artère dorsale du pénis et se divise en un rameau médial qui chemine jusqu’au gland où il se termine et un rameau latéral pour le face latérale du pénis ; chez la femme il se distribue au clitoris et à son prépuce.

nœuds lymphatiques occipitaux l.m.p.

nodi lymphoidei occipitales (TA)

occipital lymph nodes

Nœuds lymphatiques situés à la jonction de la nuque avec la voûte crânienne ; ils sont répartis en trois groupes : superficiel, sous-aponévrotique et profond.
Les nœuds lymphatiques occipitaux profonds, au nombre de un à trois, sont situés sous le muscle splénius de la tête, près de ses insertions supérieures, le long des vaisseaux occipitaux, au-dessus du muscle oblique supérieur de la tête et en dedans le muscle longissimus de la tête. Ils sont dénommés ganglions occipitaux profonds sous-spléniens par Rouvière.
Les nœuds lymphatiques occipitaux sous-aponévrotiques, au nombre de un à trois, sont situés près de la ligne nuchale supérieure, au-dessous de la lame superficielle du fascia cervical, sur le muscle splénius de la tête.
Les nœuds lymphatiques occipitaux superficiels, dits encore sus-aponévrotiques, au nombre de un à six, sont logés dans la couche profonde du cuir chevelu, sur la lame superficielle du fascia cervical et sur la galéa aponévrotique. Ils sont satellites de la branche latérale de l’artère occipitale et du nerf grand occipital.

Syn. anc. ganglions lymphatiques occipitaux

pharynx n.m.

pharynx (TA)

pharynx

Conduit musculo-membraneux faisant communiquer, d’une part,  la cavité orale avec l’œsophage, et d’autre part, la cavité nasale avec le larynx.
Il s’étend verticalement en avant du rachis cervical, en arrière de la cavité nasale, de la cavité buccale et du larynx, depuis la base du crâne jusqu’au  bord inférieur de la sixième vertèbre cervicale. En forme d’entonnoir irrégulier, évasé en haut et d’une longueur moyenne de quinze centimètres, le pharynx comprend trois parties : une partie supérieure en rapport avec la cavité nasale, la partie nasale du pharynx, une partie moyenne, orale, la partie orale du pharynx, et une partie inférieure, la partie laryngée du pharynx qui répond en avant au larynx et qui présente de haut en bas l’épiglotte, l’orifice supérieur du larynx, une saillie formée par les cartilages aryténoïdes et cricoïde et les muscles qui les recouvrent. De chaque côté de ce barillet laryngé se trouvent deux dépressions verticales, les récessus piriformes. Les muscles du pharynx comprennent deux groupes : les muscles constricteurs supérieur, moyen et inférieur et inconstamment le muscle amygdalo-glosse ; et les muscles élévateurs, le muscle palato-pharyngien, le muscle stylo-pharyngien et inconstamment le muscle pétro-pharyngien.

processus ptérygoïde l.m.

processus pterygoideus (TA)

pterygoïd process

Processus osseux implanté par deux racines sur la face inférieure de l’os sphénoïde.
La racine médiale se détache de la face inférieure du corps de l’os ; la racine latérale, plus épaisse, naît de la grande aile. Les deux racines limitent le canal ptérygoïdien au-dessous duquel elles se réunissent. Chacune d’elles se prolonge par une lamelle osseuse aplatie de dehors en dedans qui constitue la lame latérale ou la lame médiale du processus. Ces deux lames, unies sur la moitié supérieure de leur bord antérieur, contribuent à limiter la fosse ptérygoïde. Dans leur moitié inférieure, ces deux lames s’écartent et limitent un espace triangulaire, l’incisure ptérygoïde comblée par le processus pyramidal de l’os palatin. La face antérieure du processus forme la paroi postérieure de l’arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire où s’ouvre le canal ptérygoïdien. La face médiale du processus ptérygoïde s’articule avec la lame perpendiculaire de l’os palatin ; de l’extrémité supérieure de cette face naît le processus vaginal appliqué sur la face inférieure du corps du sphénoïde ; le bord médial libre du processus vaginal limite, avec le corps de l’os sphénoïde, le sillon voméro-vaginal transformé en canal sphéno-vomérien latéral par le bord de l’aile du vomer ; la face inférieure du processus vaginal est parcourue d’avant en arrière par le sillon palato-vaginal transformé en canal ptérygo-palatin par le processus sphénoïdal de l’os palatin. La face latérale du processus ptérygoïde limite en dedans la fosse ptérygo-maxillaire ; elle donne insertion au muscle ptérygoïdien latéral. La face postérieure du processus ptérygoïde constitue la fosse ptérygoïde creusée à sa partie supéro-médiale par une dépression allongée, la fosse scaphoïde,  dans laquelle s’insère le muscle élévateur du voile du palais ; la paroi latérale et le fond de la fosse ptérygoïde donnent insertion au muscle ptérygoïdien médial. Le bord postérieur de la lame médiale du processus ptérygoïde est échancré par le passage du tube auditif ; son extrémité inférieure est prolongée par l’hamulus  ptérygoïdien dans la concavité duquel se réfléchit le muscle tenseur du voile du palais. Le bord postérieur de la lame latérale est marqué à sa partie moyenne par une saillie aiguë, le processus ptérygo-épineux sur lequel s’insère le ligament ptérygo-épineux.

Syn. anc.  apophyse ptérygoïde

tendon n.m.

tendo (TA)

tendon

Partie distale d’un muscle, dense, résistante et blanc nacré, par laquelle le muscle prend insertion.
Le tendon transmet la force et le mouvement engendrés par le muscle. Il est formé de fibres dont la direction peut être parallèle ou oblique par rapport à celle des fibres musculaires et par rapport à la direction générale du muscle et de sa ligne d’action ; cette disposition permet de distinguer différents types de muscles : muscles à fibres parallèles, muscles penniformes, semi-penniformes et pseudo-penniformes. Selon sa conformation propre, le tendon peut être court, plat, long ou cylindrique. Certains tendons appartenant à des muscles puissants ont une disposition hélicoïdale plus ou moins prononcée qui leur assure une certaine élasticité et permet une meilleure transmission des effets de la contraction musculaire. Un tendon long peut se réfléchir au cours de son trajet sur un point de réflexion dont la mobilité relative assure la même élasticité à la transmission du mouvement.
Formation conjonctive différenciée, le tendon a la même origine mésoblastique que la fibre musculaire. Il peut être simple, constitué d’un seul faisceau, ou composé, comprenant plusieurs faisceaux primitifs juxtaposés en faisceaux secondaires et tertiaires (type de tendon que l’on trouve chez l’homme). Le tendon est compris dans une gaine tendineuse dont il est séparé par une nappe de tissu conjonctif assez dense, le péritendinéum externe. De la face profonde de sa gaine émergent des cloisons de tissu conjonctif qui s’insinuent entre les faisceaux tendineux, le péritendinéum interne ou endotendon.
Le tendon est le siège d’une vascularisation et d’une innervation trophiques, ainsi que le point de départ d’une sensibilité proprioceptive consciente et inconsciente dont on retrouve les récepteurs dans le tendon sous forme de terminaisons libres ou de corpuscules de Ruffini et de corpuscules lamelleux (corpuscules de Pacini – corpuscules de Vater-Pacini) ; cette innervation confère aux tendons un rôle important dans l’équilibre statique et dynamique du corps.

F.Pacini, anatomiste et histologiste italien (1812-1883), A.Vater, anatomiste, médecin et botaniste allemand (1684-1751, A.Ruffini, histologiste italien (1864-1929)

Étym. lat. tendo : tendon

tissu musculaire l.f.

muscular tissue

Ensemble de structures spécialisées du tissu conjonctif, douées de contractilité qui comprend : le muscle strié en rapport avec le tissu osseux, (d’où la désignation muscle squelettique), le muscle lisse viscéral, et le muscle cardiaque.

triangle lombaire inférieur l.m.

trigonum lumbale inferius (TA)

inferior lumbar triangle

Espace triangulaire de la région lombaire délimité en dedans par le bord latéral du muscle latissimus du dos oblique en haut et en dehors, en dehors par le bord postérieur du muscle oblique externe de l’abdomen, les deux muscles se croisant à quelque distance au-dessus de l’os coxal, et, en bas, par le segment de la crête iliaque compris entre les attaches de ces deux muscles.
Dans l’aire de ce triangle la paroi abdominale est seulement formée par le muscle oblique interne de l’abdomen et le muscle transverse de l’abdomen. C’est un point faible de la paroi par lequel peut se produire une variété de hernie lombaire.

Jean-Louis Petit, chirurgien français (1674-1750)

Syn. anc. triangle de Jean-Louis Petit

tunique musculaire du rectum l.f.

tunica muscularis recti (TA)

muscular layer of rectum, muscular coat of rectum

Tunique musculaire de la paroi rectale comprise entre la séreuse et la sous-muqueuse qui la sépare de la muqueuse.
Elle est constituée de deux couches : une couche longitudinale superficielle et une couche circulaire profonde. La couche longitudinale, plus épaisse sur les faces antérieure et postérieure du rectum, descend jusqu’à l’anus ; elle s’intrique avec la partie médiale élévatrice du muscle élévateur de l’anus ; certaines des fibres longitudinales postérieures se portent en arrière, au-dessus du muscle élévateur de l’anus, et s’attachent à la face antérieure du coccyx, constituant le muscle recto-coccygien ; les fibres longitudinales antérieures adhèrent en passant au noyau fibreux central du périnée et descendent entre les muscles sphincters externe et interne sans leur donner de fibres et sans les traverser, constituant les muscles ano-recto-périnéaux ; chez l’homme certaines de ces fibres longitudinales se portent en bas et en avant pour former les muscles recto-urèthraux ; chez la femme on décrit des muscles comparables recto-vaginaux. La couche circulaire profonde s’épaissit le long du canal anal et forme le muscle sphincter interne de l’anus.

veine cervicale superficielle l.f.

Veine qui draine le sang veineux des téguments de la nuque et du muscle trapèze.
Elle nait d’un plexus situé entre le muscle trapèze et le muscle splénius du cou ; elle descend superficiellement en arrière du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien ; elle se termine dans la partie moyenne de la veine jugulaire externe.

Syn. anc.  veine sous-cutanée postérieure du cou

[A1, K4]

Édit. 2020

muscle omohyoïdien l.m.

musculus omohyoideus (TA)

omohyoid muscle

Muscle infra-hyoïdien du cou, digastrique pair à extrémités grêles et aplaties, constitué d’un ventre supérieur et d’un ventre inférieur, étendus obliquement sur la partie latérale du cou, de l’os hyoïde à l’omoplate.
Le ventre supérieur (ventre antérieur) s’insère sur la moitié latérale du bord inférieur du corps de l’os hyoïde et se continue par le tendon intermédiaire. Le ventre inférieur (ventre postérieur) fait suite au tendon intermédiaire et s’insère sur le bord supérieur de la scapula en dedans de l’incisure scapulaire et en dehors de l’insertion du muscle élévateur de la scapula. Le muscle omo-hyoïdien, muscle extrinsèque du larynx, attire l’os hyoïde en bas et en dehors. L’innervation de chacun des deux ventres dépend du plexus cervical et de la branche descendante du grand hypoglosse par l’intermédiaire de l’anse cervicale profonde (anse de l’hypoglosse).

Syn. anc. muscle scapulohyoïdien

[A1]

Édit. 2019

Brown (syndrome de) l.m.

- en adduction par une très forte limitation de l'élévation simulant une parésie du petit oblique mais sans élévation en abduction de l'autre, donc sans hyperaction de son synergique opposé, le muscle droit supérieur,

- en adduction par un baissement normal dans le champ du grand oblique sans hypo-action de son synergique opposé, le droit inférieur.
Au test de duction passive, l'œil atteint ne peut pas être porté dans le champ d'action du petit oblique. Ce syndrome se traduit dans les mouvements par une limitation de l'élévation du globe en adduction (impossibilité même en duction). Peut être congénital ou acquis avec différentes étiologies dont tendon du muscle du grand oblique trop court, insertion anormale de ce tendon, glissement impossible ou limité au niveau de la trochlée du grand oblique (click syndrome ou petit bruit comparable à un déclic lors d'une élévation forcée en adduction), ténosynovite au niveau de cette trochlée, traumatisme. Plusieurs familles ont été décrites avec ce syndrome isolé, il existe également dans le syndrome de Noonan, mais la majorité des formes observées sont sporadiques ou plus rarement acquise.

H. W. Brown, ophtalmologiste américain (1950)

Syn. rétraction de la gaine du grand oblique (syndrome de), pseudo-paralysie du muscle petit oblique

orthophorie, ptosis, duction, Noonan (syndrome de)

Édit. 2017

hyperthermie maligne anesthésique congénitale l.f.

malignant hyperthermia of anesthesia

Augmentation rapide et importante de la température centrale pouvant atteindre 43°C, due à un hypercatabolisme musculaire avec rigidité musculaire et rhabdomyolyse.
Elle entraîne une hyperventilation, un collapsus circulatoire, des troubles du rythme cardiaque, une acidose métabolique, une hyperkaliémie, une nécrose musculaire diffuse, une coagulation intravasculaire disséminée et une insuffisance rénale. La mortalité atteint 70% des cas en l’absence de traitement.
Le syndrome apparaît presque exclusivement à l’occasion d’une anesthésie générale chez des sujets atteints d’une maladie congénitale à transmission autosomique récessive, dont l’expression est essentiellement musculaire. Certaines anomalies sont parfois observées telles qu’une petite taille, une cryptorchidie, un pectus carinatum, une lordose lombaire, une cyphose thoracique, parfois un aspect de syndrome de Noonan, une hypertonie des muscles volontaires, un strabisme et un ptosis.
L’incidence de l’hyperthermie maligne est estimée à 1/250 000 anesthésies générales, mais celle qui provoque l’accident peut avoir été précédée de plusieurs autres, sans complication. Les médicaments déclenchants sont le plus souvent les anesthésiques halogénés et la succinycholine.
L’histologie du muscle est normale. L’anomalie principale se situe dans les mécanismes régissant les mouvements calciques, à l’intérieur de la cellule musculaire et concerne le récepteur à la ryanodine. Lors de l’hyperthermie maligne, il y a libération excessive et prolongée de Ca du réticulum plasmatique qui induit une contraction musculaire permanente. Le dantrolène (traitement spécifique de la crise aigüe) en bloquant la libération du Ca par le réticulum sarcoplasmique interrompt la contracture des muscles squelettiques.
Le diagnostic de la susceptibilité à l’hyperthermie maligne se fait sur une biopsie musculaire au niveau du quadriceps. Les lambeaux musculaires sont mis in vitro au contact d’halothane et de caféine (tests de contracture). L’interprétation du test permet de classer les sujets en normal « susceptible » (2 tests positifs) et douteux « équivoque » (un seul tes positif). Certaines maladies musculaires congénitales sont associées à l’hyperthermie maligne, mais elle n’a pas de lien avec le syndrome malin des neuroleptiques.
L’anesthésie d’un sujet atteint de l’anomalie, nécessite l’éviction de tous les anesthésiques halogénés et de la succinylcholine.
Les anomalies génétiques causes du syndrome sont multiples : des mutations au niveau des chromosomes 19 et 17 ont été individualisées. La mutation du locus codant pour le récepteur à la ryanodine (19q13.1) est la plus caractéristique. (MIM 145600, 154275, 154276, 180901).

M. A. Denborough,  médecin interniste et R. R. Lowell, anesthésiologiste australiens (1960)

Syn. susceptibilité à l'hyperthermie maligne, King-Denborough (syndrome de)

coup de chaleur d'effort, dantrolène, RYR 1 gene

[G1]

arcade d'Osborne l.f.

Osborne ligament

Épaississement fibreux du fascia qui unit les deux chefs proximaux huméral et ulnaire du muscle flexor carpi ulnaris (anciennement muscle cubital antérieur) à l’entrée du canal ulnaire, sous l'épicondyle médial du coude.
Cette structure se tend lors des mouvements de flexion du coude et peut être à l’origine d'une compression du nerf ulnaire. Elle est parfois doublée (12% des cas) d’un faisceau musculaire inconstant, le muscle épitrochléo-anconéen (m. anconeus epitroclearis) dont elle serait le reliquat fibreux. L’arcade est sectionnée dans le traitement chirurgical du syndrome du canal ulnaire au coude.

G. V. Osborne, chirurgien britannique (1957)

compression du nerf ulnaire dans le canal ulnaire, syndrome de compression du nerf ulnaire, instabilité du nerf ulnaire au coude

[A1, H1, I2]

Édit. 2019

myoclonies n.f.p.

myoclonia

Contractions musculaires caractérisées par des secousses involontaires, spontanées le plus souvent, brusques, brèves, localisées à une partie d'un muscle, à un muscle ou un groupe de muscles, répétées, parfois rythmées, sans déplacement segmentaire.
Les secousses rapides et brèves survenant après une phase de repos sont de grande amplitude, elles sont souvent localisées à un segment et prédominent sur une partie du corps, la racine d'un membre (en battement d'aile). Elles surviennent à la moindre activation volontaire du muscle, elles intéressent les muscles engagés dans l'action (dyskinésie volitionnelle) imprimant au déroulement du geste des déviations anarchiques, redoublent à l'arrêt du mouvement et s'opposent au maintien d'une attitude. Elles peuvent se généraliser. Les myoclonies sont favorisées par une stimulation sensorielle ou sensitive (mais non par la stimulation lumineuse intermittente) et par la surprise. Le moindre mouvement fin et précis donne naissance à des secousses parasites qui désorganisent les mouvements volontaires ainsi que la marche, les gestes automatiques (toux, bâillement) et les gestes de la vie courante (habillement, toilette).
Ces décharges synchrones des motoneurones sont la conséquence d'un dérèglement des systèmes suprasegmentaires de contrôle de la motricité ; elles seront distinguées d'une fasciculation, décharge spontanée d'une même unité motrice, et d'une myokymie, caractérisée par le battement répétitif d'une ou de plusieurs unités motrices.
Rarement "physiologiques" (hoquet, sommeil), habituellement symptômatiques, leurs origines sont très diverses : épilepsies-myoclonies, certaines maladies de surcharge (surtout maladie de Lafora), hérédodégénérescences spinocérébelleuses, encéphalites (encéphalite sclérosante subaigüe notamment), encéphalopathies métaboliques acquises (p. par exemple hépatiques, des dialysés, hypo ou hyperglycémiques), toxiques (bismuth, médicaments, etc), postanoxiques (syndrome de Lance et Adams) et aussi essentielles (paramyoclonus multiplex).
La topographie des myoclonies segmentaires (myoclonies vélopalatines en particulier) est liée à celle des lésions encéphaliques ou médullaires en cause.

Étym. gr. mus : souris, muscle ; klonesis : agitation, tumulte

réflexe bicipital l.m.

biceps reflex

Réflexe mettant en jeu le muscle biceps brachial dont la contraction amène la flexion de l'avant-bras sur le bras.
Il est obtenu par percussion du tendon du muscle biceps brachial au pli du coude, de préférence de façon médiate par l’intermédiaire du pouce de l’opérateur placé sur le tendon du muscle . Il est aboli en cas de paralysie du nerf musculocutané et de syndrome radiculaire supérieur C5-C6, dit de Duchenne-Erb.

Duchenne-Erb (syndrome de)

anticorps antineuronaux l.m.p.

antineuronal antibodies

Anticorps anti-neurones mis en évidence dans des syndromes neurologiques paranéoplasiques, qui correspondent généralement à une atteinte du système nerveux central, mais touchent parfois le système nerveux périphérique.
Ces anticorps peuvent s'oberver aussi dans des processus considérés comme dégénératifs, qui pourraient donc être autoimmun. Ces syndromes sont rares. Ils sont associés à une gamme restreinte de cancers: cancer pulmonaire à petites cellules, cancer du sein et de l'ovaire, cancer du testicule, maladie de Hodgkin et thymome. Les signes neurologiques précèdent le plus souvent la découverte du cancer. Leur cible est intracellulaire ou membranaire. Leur rôle pathogène n'est pas démontré. 
Leur detection permet d'affirmer que le syndrome neurologique est paranéoplasique. En fonction de leur spécificité, ils orientent vers la recherche de la tumeur en cause. Ils permettent de mettre en oeuvre le plus précocemment possible le traitement de la tumeur sous jacente.On compte au moins onze anticorps anti neuronaux.
Le principal est : l'anticorps anti-Hu ou ANNA1
(anti-neuronal nuclear antibody type1), le plus répandu (3/4 des cas) rencontré dans les syndromes cérébelleux paranéoplasiques, l'encéphalite limbique, les syndromes du tronc cérébral (avec ou sans opsoclonus), les encéphalomyélites et les neuropathies sensitives.
L'anticorps anti YO ou APCA1
(anti-purkinje cytoplasmic antibody type1), est observé dans les syndromes cérébelleux. Il est associé aux cancers gnécologiques.
L'anticorps anti-Ri ou
ANNA2, est décrit dans les atteintes du tronc cérébral. Il marque le noyau des neurones, exclusivement ceux du système nerveux central. Il est associé principalement aux cancers du sein et du poumon à petites cellules. 
L'anticorps anti-amphiphysine (l'amphiphysine est une protéine exprimée dans le système nerveux central et periphérique) lorsque les anticorps sont associés aux anti-HU il s'agit d'un cancer du poumon, lorsqu'ils sont isolés il s'agit d'un cancer du sein.
L'anticorps anticanal calcique voltage dépendant est associé à un syndrome myasthéniforme de Lambert-Eaton. L'anticorps peut être associé à des anti HU.
L'anticorps anti-CV2 ou
CRMP5 (collapsin response mediator protein 5), correspond à une atteinte  mixte, centrale syndrome cérébelleux et périphérique.
Les anticorps  anti-
GAD (anti acide glutamique décarboxylase) sont trouvés dans un syndrome myotonique, le syndrome de l'homme raide ou dans les syndromes neurologiques paranéoplasiques
Citons aussi les anticorps anti-Ma1 et Ma2 (Ta), les anti-CCVD, anti-neurofilaments.
Il existe des anticorps rares et difficilement accessibles en routine anticorps anti-Tr ou APCA 3, CAR, Zic ...

anticorps anti-HU, syndrome de l'homme raide, syndrome de Lambert-Eaton

[H1, F2, F3]

Édit. 2019

Brown-Séquard (syndrome de) l.m.

Brown-Séquard's syndrome

Association à un syndrome cordonal postérieur et à un syndrome pyramidal du côté de la lésion, d'un syndrome spinothalamique du côté opposé, correspondant à une hémi-section physiologique plus ou moins étendue de la moelle.
Rarement complète, la symptomatologie comporte alors : un syndrome de libération pyramidale (monoplégie crurale ou hémiplégie spinale) et des troubles des sensibilités profonde et tactile discriminative (signes épicritiques et proprioceptifs), ipsilatéraux ; une anesthésie tactile, à la piqûre et à la chaleur (signes nociceptifs), dont la limite supérieure précise le niveau lésionnel, controlatérale.
Plus souvent, ébauché bien que restant évocateur, le tableau clinique peut réaliser : du côté lésé, une monoparésie ou une hémiparésie spinale, sans signes sensitifs profonds ; de l'autre côté, une hypo-esthésie superficielle. Des formes plus atypiques sont observées.
À l'origine, il s'agit essentiellement de compressions médullaires franchement latéralisées, de myélopathies par cervicarthrose, de lésions ischémiques prédominant sur une hémimoelle (infarctus unilatéraux possibles à partir de l'occlusion d'une artère spinale antérieure), voire d'une sclérose en plaques (hypo-esthésie thermo-algique parfois intégrée dans un syndrome de Brown-Séquard, très rarement isolée).

C-É. Brown-Séquard, physiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1817-1894)

syndrome cordonal postérieur, pyramidal (syndrome)

Édit. 2017

Claude Bernard-Horner (syndrome de) l.m.

Horner's syndrome

Syndrome unilatéral caractérisé par un ptosis de la paupière supérieure, une légère ascension de la paupière inférieure, une énophtalmie, un myosis avec rétrécissement de la fente palpébrale et une congestion nasale avec anhidrose et rougeur de l'hémiface du même côté.
Ce syndrome est dû à une paralysie ou une lésion de la chaîne sympathique cervicale homolatérale. L'anesthésie locorégionale (intra-orale, bloc du plexus brachial, péridurale thoracique, lombaire ou brachiale), l'analgésie intrapleurale et une mauvaise position du cou sur la table d'opération sont les principales causes anesthésiques de ce syndrome. Lors de l’anesthésie, le syndrome est transitoire, régressant dans les trois mois, mais en cas de lésion de la chaine sympathique il est définitif (traumatismes cervicaux, chirurgie du cou, séquelle de ponction de la veine jugulaire interne).
Il existe un syndrome «symétrique» (excitation d'une des chaînes sympathiques cervicales) de Pourfour du Petit, qui peut se voir dans les mêmes conditions.

F. Pourfour du Petit, dit Petit le médecin, anatomiste et ophtalmologue français (1727) ; C. Bernard (1862), physiologiste français, membre de l’Académie française, de l’Académie de médecine et l’Académie des sciences et J. Horner ophtalmologiste suisse (1869)

Pourfour du Petit (syndrome de)

[H1]

délétion n.f.

deletion

1) Remaniement chromosomique selon lequel un chromosome perd un segment intercalaire acentromérique.
2) Processus selon lequel un segment d'ADN double-brin pouvant affecter une ou plusieurs bases  est perdu de façon irréversible ;  par extension : mutation consécutive à cette perte.
Le plus souvent la délétion est sporadique et se produit aux dépens du chromosome d’origine paternel. Par exemples : la délétion du bras court du chromosome 4 (en 4p16.3) provoque la maladie de Wolf-Hirschhorn, celle du bras court du chromosome 5 la maladie du cri du chat.
Les microdélétions ne sont pas accessibles par l’exploration habituelle du caryotype mais leur détection nécessite des méthodes très fines comme les techniques FISH et MLPA. Par ex. une microdélétion en 22q11.2 est trouvée dans le syndrome de DiGeorge, en 7q11.23 dans le syndrome de Williams, en 8q22.3 dans le syndrome de Langer-Giedon, en11q23 dans le syndrome de Jacobsen, en 17p13.3 dans le syndrome de Miller-Dieker.

U. Wolf, généticien allemand (1965) ; K. Hirschhorn, généticien américain (1961) ; A. M. DiGeorge, pédiatre américain (1968) ; J. C. P. Williams, médecin cardiologue newzélandais (cfr H.M. Lenhoff 2011) ; A. Giedion, médecin radiologue suisse (1966) ; L. O. Langer Jr, médecin radiologue américain (1984) ; Petrea Jacobsen, généticienne danoise (1973) ; J.Q. Miller, neurologue américain (1963) ; H. Dieker, généticien allemand (1969)

monosomie, microdélétion, translocation, brèche, duplication, FISH, MLPA, centromére, syndrome de Wolf-Hirschhorn, maladie du cri du chat, FISH, MLPA, syndrome de DiGeorge, syndrome de Williams, syndrome de Langer-Giedon, syndrome de Jacobsen, syndrome de Miller-Dieker

[Q1]

Édit. 2019

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