Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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exogénose n.f.

exogenosis

Maladie trouvant son origine dans le milieu où vit le groupe.
Par euphémisme le mot est parfois employé comme synonyme de toxicomanie ou d'alcoolisme.

Étym. gr . exô : en dehors ; genês : engendré ; ôsis : impulsion (cause)

[G3]

Édit. 2018  

exostosectomie n.f.

exostosectomy

Ablation chirurgicale d’une exostose, soit dans le cadre d’une maladie exostosante, soit d’une exostose localisée.

→ exostose

[F5,I2]

Édit. 2018  

exploration fonctionnelle de la thyroïde l.f.

Exploration de la glande thyroïde qui repose sur trois types d’investigations :

1. l’appréciation de la teneur en hormones circulantes
par les dosages de thyroxine totale (T4) et triiodothyronine (T3). La majeure partie de ces hormones est liée à une protéine, thyroxin-binding globuling (TBG), d’où l’intérêt du dosage de T4 libre (synonyme FT4) et de celui de la T3 libre ou FT3 qui apprécient de façon fiable la quantité d’hormone active. La mesure de la thyréostimuline plasmatique (TSH) est essentielle dans l’exploration : nettement élevée dans l’hypothyroïdie primaire alors que les teneurs en T4 et T3 peuvent être à peine abaissées voire normales (hypothyroïdie compensée), la teneur en TSH est effondrée dans l’hyperthyroïdie.
En pratique, la fonction thyroïdienne est facilement appréciée par le dosage de la T4 libre et de la TSH ;
2. l’examen scintigraphique ;
3. l’étude des anticorps et marqueurs :
 anticorps antithyroïdiens (antithyroglobuline et thyroperoxydase), immunoglobulines thyréostimulantes (TRAK ou TSI), présentes dans le sérum de 85 % des cas de maladie de Basedow (technique malheureusement non répandue), dosage de la thyroglobuline (Tg) et de la thyrocalcitonine (TCT).

→ thyroxine, triiodothyronine, thyréostimuline, anticorps antithyroïde, Basedow (maladie de), thyroglobuline, thyrocalcitonine, scintigraphie thyroïdienne

[B3,O4]

Édit. 2018  

expressivité en génétique l..f.

expressivity in genetics

Pour un caractère héréditaire autosomique dominant, intensité des manifestations morbides chez les patients porteurs de l'allèle pathologique.
L'expressivité variable d'une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante signifie que les sujets porteurs du même allèle pathologique à l'état hétérozygote sont susceptibles de présenter des manifestations pathologiques d'intensité différente, certains sujets pouvant rester strictement asymptomatiques.

[Q1]

Édit. 2018  

syndrome facio-oculo-acousticorénal l.m.

facio-oculo-acousticorenal syndrome, FOAR

Maladie héréditaire associant une dysmorphie faciale, une surdité, des malformations oculaires et une protéinurie.
Elle présente une macrocéphalie avec hypertélorisme et rebord orbitaire saillant, une surdité de perception, une dysplasie des têtes fémorales et une protéinurie. L’examen oculaire peut déceler un télécanthus, un strabisme, une hétérochromie, un colobome de l’iris, une cataracte, une myopie et un décollement de rétine . L’affection est autosomique récessive (MIM 227290) liée à une mutation du gène LRP2 (low-density protein receptor-related Protein 2) locus en 2q31.2 codant pour la mégaline comme le syndrome de Donnai et Barrow dont c’est une forme très voisine sinon identique.

J. L. Murdoch, médecin généticien américain (1971 ) ; L. B. Holmes, pédiatre et généticien américain et C. L. Schepens, ophtalmologue américain  (1972), D. Donnai et Margaret Barrow, généticiens britanniques (1993)

→ syndrome de Donnai et Barrow, myopie et surdité neurosensorielle, télécanthus, colobome, mégaline

[Q2,P1,P2,M1]

Édit. 2018

Fallot (tétralogie de) l.f.

Fallot’s tetralogy

Cardiopathie congénitale cyanogène comportant 4 composantes, qui constituent la plus fréquente des malformations congénitales cyanogènes du cœur, sur les quatre composants originaux, trois seulement sont déterminants : sténose pulmonaire (généralement infundibulaire) ; communication interventriculaire ; dextroposition de la racine de l’aorte; le 4ème composant (hypertrophie ventriculaire droite) n’est qu’une conséquence des trois autres.
La malformation constitue une maladie plus ou moins sévère selon la gravité de la cyanose. La communication entre les circulations pulmonaires et générales et l'inversion du flux dans le sens droite-gauche du fait du shunt explique la cyanose. Celle-ci, associée au souffle systolique éjectionnel de la sténose pulmonaire, au cœur «en sabot» sur la radiographie, avec de petites artères pulmonaires et l'hypertrophie du ventricule droit sur l'électrocardiogramme oriente le diagnostic qui est à confirmer par l'échocardiographie transthoracique.
Sa correction chirurgicale est une des plus belles conquêtes de la chirurgie du cœur. Bien que la tétralogie de Fallot ne se complique pas d'insuffisance cardiaque, d'autres accidents évolutifs (malaises hypoxiques, abcès du cerveau, thromboses artérielles cérébrales) en rendent le pronostic hasardeux et justifient soit l'anastomose aortopulmonaire palliative (opération de Blalock-Taussig) en cas de mauvaise tolérance chez le nourrisson, soit la réparation chirurgicale complète, lorsque les conditions sont devenues favorables.

A. Fallot, anatomopathologiste français (1888) ; A. Blalock, chirurgien thoracique, membre de l’Académie de médecine et Helen Brooke Taussig, pédiatre cardiologue  américains (1945)

→ Blalock-Taussig (anastomose de), trilogie de Fallot

[K2,O1]

Édit. 2018

fatigue chronique (syndrome de) l.m.

systemic exercice intolerance disease (SEID)
Maladie ou syndrome d’intolérance systémique à l’effort (entité précisée par l’Institute of Medicine of the National Academy en 2015) qui associe trois symptômes obligatoires :
1.- fatigue depuis au moins 6 mois, intense, nouvelle ou d'un début défini, ne résultant pas d'un effort excessif continu et non améliorée par le repos, avec réduction substantielle ou altération du niveau des activités personnelles, professionnelles ou sociales auparavant réalisées ;
2- malaise après l’effort ;
3- sommeil non réparateur et au moins une des deux manifestations suivantes : altération cognitive ou intolérance orthostatique.
Tous les âges peuvent être atteints y compris les enfants, les femmes sont 2 à 4 fois plus concernées que les hommes.
Outre les manifestations énoncées ci-dessus, des douleurs musculaires et pharyngées peuvent être présentes.
L’étiologie est inconnue. Les causes suspectées sont virales : famille des herpes virus (HHV-6, HHV-7, cytomégalovirus), entérovirus (Coxsackie B et Echovirus), ainsi que le Parvovirus B19. Le virus Epstein-Barr n'est plus considéré comme une cause potentielle. Les symptômes pourraient aussi être d'origine auto-immunitaire sans que le déclencheur de la réponse soit connu.
Le microbiote de ces patients pourrait présenter un déséquilibre, certaines espèces bactériennes (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus, Clostridium, Ruminococcus, Coprobacillus) seraient retrouvées beaucoup plus fréquemment que chez les témoins.
Au moins les deux tiers des personnes atteintes de ce syndrome satisfont aux critères psychiatriques existants pour les troubles anxieux, la dépression ou la dysthymie, mais il reste à élucider si ces troubles sont la cause ou le résultat. Une fatigue chronique est également associée à la myofasciite à macrophages.
Une thérapie cognitive du comportement et l'exercice physique (en douceur au début et plus poussé par la suite) semblent être les plus bénéfiques.

Syn. encéphalomyélite myalgique

→ microbiote, dysthymie, myofasciite à macrophage, fatigue

[N1]

Édit. 2018

faux-panaris d'Osler l.m.

Osler's node

Nodosité lenticulaire, rouge ou violacée, siégeant à la pulpe des doigts ou des orteils ou sur l’éminence thénar ou hypothénar, fugace, peu douloureuse, apparaissant dans 10 à 15 % des endocardites bactériennes subaigües ou lentes d’Osler (maladie d’Osler).

W. Osler, Sir, médecin canadien, membre de l'Académie de médecine (1908-1909)

[D1,K2]

Édit. 2018

fécalurie n.f.

fecaluria

Émission, lors de la miction, de matières fécales mélangées à l'urine.
Symptôme révélateur d'une fistule entérovésicale, qui peut être d'origine tumorale ou inflammatoire (diverticulose sigmoïdienne, maladie de Crohn).

B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)

Étym. lat. faex : lie ; gr. ouron : urine

[L1,M3]

Édit. 2018 

fenêtre thérapeutique l.f.

therapeutic window

Arrêt temporaire d'un traitement, pour essayer de mettre en évidence de nouveaux signes de la maladie ou en raison d'apparition de signes d'intolérance pour juger de leur lien avec le traitement en cours.
L'exemple le plus courant est l'interruption de l'antibiothérapie pour pratiquer une hémoculture ; de même en réanimation l'arrêt transitoire de la sédation permet de pratiquer un examen clinique et réévaluer l'indication de la sédation.
Mais la locution est aussi utilisée en anesthésie pour désigner les limites de concentration plasmatique, «la fourchette», entre lesquelles un agent doit être administré pour obtenir l'effet recherché (par ex. dans le cadre de l'anesthésie intraveineuse à objectif de concentration constante).
Enfin certains auteurs appellent «fenêtre thérapeutique» le temps pendant lequel un traitement peut être entrepris avec des chances de succès optimales.

[G5]

Édit. 2018 

fer n.m.

iron

Élément métallique de numéro atomique 26, de masse atomique 55,85, qui fait partie des oligoéléments présents dans le corps humain à la concentration d’environ 5 p. 100 000, surtout sous forme de chromoprotéines.
Le fer est indispensable à la vie. Son métabolisme est finement régulé ; une carence ou un excès de fer peuvent avoir des effets délétères sur les cellules.
Les deux sources plasmatiques du fer sont exogènes, l’alimentation qui couvre largement les besoins, et endogène d’origine macrophagique.
L’absorption digestive du fer au niveau duodénal est de 1 à 2 mg par jour, soit le dixième du fer contenu dans les aliments. Au niveau intestinal, le fer est présent sous deux formes moléculaires le fer héminique lié à l’hème, présents dans les aliments d’origine animale, représentant 1/10 du fer alimentaire et le fer non héminique, présents dans les aliments d’origine végétale, représentant 9/10 du fer alimentaire. L’absorption du fer héminique est plus efficace que celle du fer non héminique. L’absorption est augmentée par la vitamine C et diminuée par le thé. Le fer ferrique (Fe 3+) doit être réduit en fer ferreux (Fe2+) pour pouvoir être absorbé par l’entérocyte. Cette réduction est effectuée par une enzyme de la bordure en brosse : la ferriréductase duodénale (DCYTB Duodenal Cytochrome B). Le fer ferreux est ensuite transporté à travers la bordure en brosse via le transporteur des métaux divalents DMT1 (Divalent Metal Transporter) codé par le gène SLC11A2 (solute carrier family 11, member 2), dont les mutations sont associées à des carences martiales. Le fer gagne ensuite la membrane latéro-basale de l’entérocyte où se situe la ferroportine (FPN1), seule protéine exportatrice du fer ferreux. La ferroportine est codée par le gène SLC40A1(solute carrier family 40, member 1). La mutation de ce gène est responsable d’une surcharge en fer, la maladie de la ferroportine. Le fer ferreux est ensuite exporté dans le plasma lié à la transferrine ; mais la liaison nécessite que le fer soit sous forme ferrique. Cette oxydation est médiée par l’héphaestine (HEPH), ferroxydase membranaire co-localisée au pôle baso-latéral de l’entérocyte avec la ferroportine.
La régulation de l’absorption intestinale est liée à l’hepcidine. Cette hormone régule l’absorbtion intestinale du fer et contrôle la libération du fer depuis les stocks hépatiques et les macrophages. L’expression de l’hepcidine est augmentée par des stocks élevés en fer, une infection ou un syndrome inflammatoire ; son expression est réduite en cas de carence en fer. L’hepcidine est codée par le gène HAMP (hepcidin antimicrobial peptide). Les mutations du gène HAMP sont responsables d’une surcharge en fer d’expession rapide à l’origine de l’hémochromatose juvénile.
Dans l’organisme, le fer se répartit entre les sites d’utilisation et de stockage. 70 % du fer sont utilisés dans la moelle osseuse, lié à l’hème dans l’hémoglobine des érythrocytes et aussi dans la myoglobine des cellules musculaires. Les cellules érythroïdes de la moelle osseuse sont les plus grandes consommatrices de fer. Les macrophages éliminent les érythrocytes sénescents et assurent le recyclage du fer héminique, source importante de fer pour l’érythropoïèse. Le site de stockage est le foie, notamment lorsque le fer est en excès dans le plasma.
Le fer circule dans le plasma, lié à sa protéine de transport la transferrine ou sidérophiline. A l’état normal, il existe un excès de transferrine circulante par rapport à la quantité de fer à transporter, de sorte que le coefficient de saturation de la transferrine (CST) est inférieur à 45 %. Une élévation du CST correspond à une surcharge en fer acquise ou génétique. Lorsque le CST augmente, il peut apparaître du fer non lié à la transferrine. Cette forme est captée par les cellules parenchymateuses du foie, du pancréas, du coeur et de l’hypophyse. Une part du fer non lié à la transferrine correspond à une forme circulante de fer potentiellement toxique, le fer plasmatique réactif.

Symb. Fe

→ sidérémie, ferriréductase duodénale, transporteur des métaux divalents, ferroportine, héminique, ferroportine, maladie de la ferroportine, transferrine, héphaestine, hepcidine, hémochromatose juvénile, hémoglobine, myoglobine, érythrocyte

[C2]

Édit. 2018 

festination n.f.

festination

Accélération de la marche pour éviter la chute en avant, observée dans la maladie de Parkinson.

Étym. lat. festinare : se hâter

→ Parkinson (maladie de)

[A1]

Édit. 2018

syndrome des fibres longues l.m.

Lichteim's syndrome

Syndrome formé essentiellement d'une atteinte des faisceaux de Goll et de Burdach (troubles de la sensibilité épicritique et de la proprioception au niveau de la moitié homolatérale de la surface corporelle), sans élément pyramidal et avec intégrité des racines correspondantes.
Cet aspect pseudotabétique se traduit par une ataxie avec troubles de la sensibilité vibratoire, du sens des positions segmentaires, abolition des réflexes, signe de Romberg et incoordination, mais sans signe d'Argyll-Robertson, ni anesthésie radiculaire, ni signes de syphilis, et une évolution plus rapide. Des formes longtemps seulement paresthésiques sont fréquentes. Son étiologie habituelle mais non exclusive est constituée par le syndrome neuroanémique de la maladie de Biermer et par les autres causes de carence en vitamine B12.

L. Lichtheim,  médecin interniste allemand (1885) ; J. Dejerine, neurologue français, membre de l'Académie de médecine  (1849-1917)

Syn. syndrome de L. Lichtheim (1885), syndrome des fibres longues de J. Dejerine

[A2,H5]

Édit. 2018 

fibrilles amyloïdes l.f.p.

amyloid fibrils

Fibrilles d'environ 7,5 à 10 nm de diamètre, de nature protéique, dont l'enchevêtrement constitue le composant principal de la substance amyloïde.
Les fibrilles ont habituellement une configuration spatiale moléculaire bêtaplissée, avec des chaines polypeptidiques disposées perpendiculairement à l'axe de la fibrille. Deux types principaux de protéines fibrillaires peuvent être distingués : la protéine AL (amyloid protein chain related), décrite dans les myélomes, et la protéine AA (amyloid protein A), décrite dans la maladie périodique.

→ amyloïde (substance), bêtafibrillose

[A2]

Édit. 2018 

fibroblastome n.m.

fibroblastoma

Tumeur constituée à partir des fibroblastes de la gaine des nerfs survenant dans la maladie de Recklinghausen.

F. B. Mallory, anatomopathologiste américain (1920)

→ Recklinghausen (maladie de)

[F5]

Édit. 2018 

fibrodysplasie artérielle l.f.

arterial fibrodysplasia

Maladie caractérisée par des anomalies de structure des parois artérielles intéressant les trois tuniques de celles-ci, concernant des territoires divers, et provoquant une succession de sténoses et d’anévrismes.

→ dysplasie fibromusculaire des artères

Édit. 2018 

fibrogénèse imparfaite l.f.

fibrogenesis imperfecta ossium

Trouble de l’ossification par anomalie du collagène caractérisé par une raréfaction ou plus rarement une densification généralisée du squelette prédominant sur les vertèbres.
La maladie apparaît à l’âge adulte. Des fractures peuvent la révéler ; des ossifications périostées, et des ligaments peuvent se voir. L’origine est inconnue.

[Q2,I1]

Édit. 2018 

fibromatose hyaline juvénile l.f.

juvenile hyaline fibromatosis

Maladie rare, débutant dans l'enfance, quoique parfois présente à la naissance, caractérisée par l'existence de papules, de nodules ou de tuméfactions siégeant le plus souvent à la face ou au cuir chevelu, auxquels s'associent une hypertrophie gingivale, des douleurs articulaires et parfois des lésions ostéolytiques.
Sur le plan biochimique, il existe une anomalie de synthèse des glycosaminoglycanes.

Syn. fibrohyalinose juvénile, hyalinose systémique

[A3,J1]

Édit. 2018 

fibrome chondromyxoïde l.m.

chondromyxoid fibroma, chondromyxoma

Tumeur osseuse bénigne de la série cartilagineuse caractérisée histologiquement par des zones fibreuses, des plages myxoïdes et des lobules chondroïdes de maturité variable.
C'est une tumeur du sujet jeune, deuxième et troisième décennies ; sa fréquence est également répartie dans les deux sexes. La tumeur siège préférentiellement sur la métaphyse des os longs où elle est presque toujours latéralisée ; ce caractère est important pour le diagnostic. Son traitement ne diffère en rien de celui de toute tumeur bénigne intraosseuse : curetage et comblement.
Le terme de chondrome fibromyxoïde, plus rarement utilisé, semble mieux rendre compte de l'appartenance de cette maladie au groupe des tumeurs cartilagineuses.

H. L. Jaffé et L. Lichtenstein, anatomopathologistes américains (1948) ; D. C. Dahlin, anatomopathologiste américain (1953, 1956, 1972)
Isolée d'une série de chondrosarcomes, en 1948, par Jaffé et Lichtenstein, anatomopathologistes américains, son individualité a été confirmée en 1953 par Dahlin, qui en a étudié les caractères évolutifs en 1956 puis en 1972.

Étym. lat. fibra : fibre; gr. khondros : cartilage ; muxa : mucosité

Syn. chondrome fibromyxoïde

[F5,I1]

Édit. 2018 

fibrosarcome osseux l.m.

osseous fibrosarcoma

Tumeur formée de tissus fibreux, située dans l’os ou à sa périphérie, primitive ou secondaire à une affection osseuse préexistante, non ostéogène et d’évolution habituellement lente.
Elle est localisée dans les os longs, le plus souvent et dans la région métaphysodiaphysaire. Ostéolytique et mal limitée, elle peut rompre les corticales osseuses, se propager dans les tissus adjacents et donner des métastases. Tumeur de l’adulte, peu douloureuse, elle apparaît primitive dans la plupart des cas. Elle complique des affections osseuses comme la maladie de Paget et peut avoir une évolution douloureuse et rapide. Son traitement est essentiellement chirurgical.

→ Paget (maladie de)

[F2,I1,I2]

Édit. 2018 

fibrose pulmonaire idiopathique l.f.

idiopathic pulmonary fibrosis, cryptogenic fibrosis alveolitis, idiopathic interstitial fibrosis

Maladie pulmonaire infiltrative diffuse aboutissant à une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse.
La fibrose pulmonaire idiopathique, survenant après 40 ans, à caractère familial, est liée à la mutation des gènes TERT, TERC ou RTEL1 et entre dans le cadre des téloméropathies. Elle peut s’associer à d’autres atteintes telles que l’aplasie médullaire ou la dyskératose congénitale.
Les particularités sémiologiques, l'évolution et l'absence de cause sous-jacente permettent de conclure au caractère autonome, primitif ou idiopathique de l'affection. Le pronostic de cette affection est très réservé avec une survie médiane de 3,8 ans chez des patients de 65 ans et plus. De nombreux patients décèdent  de défaillance respiratoire hypoxémique chronique,
Deux médicaments apportent une amélioration de l'évolution de cette pathologie :
Nintedanib un inhibiteur de la tyrosine kinase qui cible la voie du facteur de croissance
Pirfenidone, par son effet anti-inflammatoire et antifibrotique incluant une inhibition de la synthèse du collagène
Ces deux produits ont une efficacité équivalente

D. J. Lederer, médecin américain (2018)

Syn. fibrose pulmonaire primitive, fibrose pulmonaire cryptogénétique

→ fibrose pulmonaire, téloméropathies, TERT, TERC, RTEL1, aplasie médullaire, dyskératose congénitale

[Q2,K1,F1,J1, G5]

Édit. 2018

fibrose rétropéritonéale idiopathique l.f.

retroperitoneal fibrosis

Maladie caractérisée par le développement dans l'espace rétro-péritonéal lombaire d'un tissu conjonctif fibreux susceptible d'enserrer les uretères et les vaisseaux de la région, notamment veine cave et vaisseaux rénaux.
L'affection peut être longtemps latente, et ne se révéler que tardivement par les conséquences graves de la compression vasculaire (phlébites, œdèmes des membres inférieurs) et surtout urétérale (dilatation rénale, insuffisance rénale, anurie). Probablement de type immuno-allergique, à point de départ péri-vasculaire, la fibrose peut être considérée comme idiopathique dans 2/3 des cas. Cette fibrose histologiquement bénigne doit être distinguée des cellulites néoplasiques rétro-péritonéales ; elle comprime mais n'envahit pas la paroi urétérale. Elle réagit aux anti-inflammatoires mais la libération chirurgicale des uretères peut être nécessaire, après levée de l'obstacle par cathétérisme ou endoprothèses urété.rales.

J. K. Ormond, chirurgien urologue américain (1948 et 1965) ; J. M. Albarrán Y Dominguez, chirurgien urologue français (1905)

Syn. maladie d'Ormond, syndrome de Albarrán-Ormond, sclérose rétro-péritonéale idiopathique

→ cellulite néoplasique rétro-péritonéale, péri-urétérite, urétérolyse

[M1,M2,K4]

Édit. 2018

fibrose rétropéritonéale secondaire l.f.

retropéritonéal fibrosis

Fibrose rétropéritonéale qui dans 1/3 des cas apparaît secondaire.
Ce sont des infections (tuberculose, histoplasmose, actinomycose), un anévrisme de l’aorte, une chirurgie abdominale, des tumeurs malignes primaires, lymphome malin ou sarcome, ou métastatiques du sein et du côlon, une radiothérapie, la prise de médicaments (ergotamine, méthyldopa, bêta-bloquants, méthysergide, bromocriptine, hydralazine). Récemment, des fibroses rétropéritonéales ont été rapportée parmi les manifestations de la maladie à IgG4.

→ fibrose rétropéritonéale idiopathique, histoplasmose, actinomycose, lymphome malin, sarcome, maladie systémique associée aux IgG4

[M1,M2,K2,K4]

Édit. 2018

fibroses endocardiques l.f.m.

endocardial fibrosis

Affections qui ont en commun un épaississement de l’endocarde prédominant sur le ventricule gauche, associé à une atteinte myocardique.
Elles correspondent à deux aspects cliniques :
- la fibrose endomyocardique et l’endocardite fibroplastique, considérées par certains auteurs comme une même maladie,
- la fibro-élastose de l’endocarde.

→ fibrose endomyocardique, endocardite fibroplastique, fibro-élastose de l'endocarde

[A2,K2,K3]

Édit. 2017

Fibrotest® n.m.

Test diagnostique non invasif d’évaluation de l’importance de la fibrose hépatique.
Initialement conçu pour les patients atteints d’hépatite chronique virale C, il combine les dosages de cinq marqueurs : l'alpha2 macroglobuline, l'haptoglobine, l'apolipoprotéine A1, la bilirubine totale et les gamma-glutamyl transférases avec un ajustement à l'âge et au sexe. Une formule mathématique permet le calcul du fibrotest qui varie de 0 à 1. Pour faciliter l’interprétation visuelle le résultat est accompagné d’un graphique en couleurs avec trois classes de gravité croissante.
 
Le test de fibrose varie entre 0.00 et 1.00 avec une prédiction des stades selon la classification Métavir. La corrélation de l’estimation de la fibrose par le Fibrotest® et l’examen anatomopathologique du foie est dans l’ensemble satisfaisante. Cependant, il ne faut pas retenir uniquement du résultat final mais analyser et tenir compte de chaque composante du test dans l’interprétation de celui-ci. En effet, des causes non liées au virus peuvent le perturber et donc rendre le résultat ininterprétable. Ainsi, la maladie de Gilbert qui élève le taux de bilirubine, une hémolyse qui entraîne une élévation de l’haptoglobine et un syndrome inflammatoire qui provoque une élévation des alpha2 globulines perturbent les résultats.
Il est combiné à l'ActiTest® qui estime l’activité nécrotico-inflammatoire dans les hépatites chroniques en intégrant le dosage de l’ALAT.

→ hépatite chronique virale C, ActiTest®, Métavir (classification de la fibrose hépatique), marqueurs non invasifs de fibrose hépatique, Fibrotest®

[L1]

Édit. 2018

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