angioscopie n.f.
angioscopy
Procédé d’exploration visuelle des vaisseaux fondé sur l’introduction dans leur lumière d’un système optique permettant une vision directe des parois vasculaires et de leurs lésions éventuelles.
Nécessitant l’interposition entre le système optique et les zones à explorer d’un milieu transparent, l’angioscopie est de ce fait une technique complexe qui n’est guère entrée dans la pratique.
[B3,B4,K4]
Édit. 2017
angiotensine (test à l') l.m.
angiotensin test
Épreuve qui a pour objectif d'explorer les mécanismes régulateurs du système tensionnel en déterminant la dose d'angiotensine, administrée par perfusion intraveineuse, qui est requise pour élever la pression artérielle de 20 mm de Hg au dessus d’une valeur de base.
Compte tenu du développement des dosages biologiques qui permettent l'exploration du système rénine angiotensine aldostérone et des progrès de l'imagerie médicale, le test n'est plus guère utilisé.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; lat. tenere : tendre
→ rénine angiotensine (système), hyperaldostéronisme primaire, hyperaldostéronisme secondaire
[C1,C3,K4]
Édit. 2017
APUD (cellule) acr. angl l.f. pour Amine Precursor Uptake Decarboxylation
Cellule caractérisée par la présence d’amines fluorogènes, la fixation de précurseurs d’amines et la présence d’amino-acide-décarboxylase participant à un système neuroendocrinien diffus.
Certaines cellules dont la nature endocrinienne n’est pas prouvée, comme celles des organes chimiorécepteurs ou les mélanoblastes, font aussi partie du système des cellules APUD.
→ argentaffinité, argyrophilie, système APUD
argyrophilie n.f.
argyrophily
Capacité d'une cellule de fixer les sels d'argent.
Dans le tube digestif, c'est une caractéristique des cellules endocrines du système APUD (Amine and Amine Precursor Uptake and Decarboxylation), qui ne permet pas de mettre en évidence un type particulier de cellule au sein de ce système. Les colorations argyrophiles les plus utilisées pour mettre en évidence cette propriété sont celles de Grimelius, de Bodian et de Vevier-Munger. La plupart des tumeurs endocrines du tube digestif sont argyrophiles.
Étym. gr. argyros : argent; affinis : ami
assurance maternité l.f.
Système légal d’assurance prenant en charge les frais engagés à l’occasion de la grossesse, de l’accouchement et de ses suites normales, par une assurée, la conjointe ou la concubine non assurée d’un assuré, un ou des enfants à charge d’un assuré.
1) Le système impose un suivi médical régulier pour la mère dès le troisième mois de la grossesse et pour l’enfant jusqu’à l’âge de six ans.
2) Des indemnités en espèces pour perte de salaire sont versées à l’assurée elle-même.
automatisme cardiaque l.m.
cardiac automatism
Propriété que possède le cœur de se contracter selon un rythme régulier en dehors de toute influence extérieure.
Les anomalies de l’automatisme cardiaque peuvent affecter la formation même de l’influx (défaillance du nœud sinusal ou blocage de ses impulsions, déplaçant le centre de commande vers la jonction auriculoventriculaire ou le système His-Purkinje, prise de commande de l'excitation par des centres automatiques subsidiaires) ou la conduction de l’influx dans le système spécialisé (blocage de la conduction, d’ordre physiologique ou lésionnel). En fait ces deux mécanismes sont souvent intriqués.
Étym. gr. automatos: spontané
avortement immunologique l.m.
immunological abortion
Interruption spontanée et répétée de grossesse, précoce presque toujours, due à une anomalie de l'immunité.
La cause en est une maladie de système comme le lupus érythémateux disséminé ou plus souvent la présence d'anticoagulants circulants de type lupique et d'auto-anticorps anticardiolipidiques définissant le Syndrome des antiphospholipides. Des auto-anticorps antinoyau, anti-ADN, ou antithyréoglobuline sont souvent associés. Le traitement associe les glucocorticoïdes, l'aspirine et l'héparine.
Parfois la seule explication proposée est un excès de compatibilité dans les groupes tissulaires HLA entre les partenaires, et donc une mauvaise reconnaissance par la mère des antigènes paternels, car une différence franche d'identité immunologique permet normalement l'apparition de phénomènes de facilitation de la part du système immunitaire de la mère, et donc une tolérance à l'égard des antigènes paternels portés par l'embryon. Des essais cliniques d'immunisation antipaternelle par injection à la mère de lymphocytes de l'homme ont été proposés.
cannabis n.m.
cannabis
Nom botanique du Chanvre (Cannabis sativa L.), grande plante herbacée annuelle dont la variété riche en résine correspond au chanvre indien aux effets délétères variés, principalement neuropsychiatriques, particulièrement graves.
Le chanvre indien comporte, parmi quelque 450 constituants identifiés, une soixantaine de dérivés cannabinoïdes, dont plusieurs d’entre eux développent des effets psychotropes. C'est le cas du plus abondant d'entre eux : le Δ 9 tétrahydrocannabinol ("T.H.C.") aux effets toxicomanogènes et hallucinogènes.
Les toxicomanes utilisent la plante entière pour confectionner des "joints"; c'est "l'herbe, la "beuh" la « marijuana », ou bien les globules de résine, obtenue par battage de la plante, agglomérés au moyen d'adjuvants variés, pas toujours dénués d'une toxicité intrinsèque; c'est la résine, ou "shit" ou "haschisch" (qui est égrenée dans du tabac pour confectionner des "pétards" ou pour être fumée dans des pipes à eau, ou pour être vaporisée dans des dispositifs ad hoc.
Dès les très faibles doses (de l’ordre d’une dizaine de µg) le THC induit d’importants effets sur le système nerveux central et périphérique et sur le système nerveux autonome. Effet vasodilatateur (yeux rouges), baisse de la pression artérielle, diminution de la pression de l'humeur aqueuse, broncho dilatation. Il induit surtout une grande variété d'effets centraux : analgésie, myorelaxation, sédation, euphorie, ébriété, potentialisation majeure des effets de l'alcool, perturbation de l'équilibre et de la coordination des mouvements (à l'origine de nombreux accidents de la route et du travail), modification des perceptions sensorielles, élévation du seuil épileptogène.
L’anxiolyse ressentie lors d’un usage aigu fait place lors des répétitions à des troubles anxieux. Il en est de même des effets pseudo-antidépresseurs qui virent au long cours à des troubles dépressifs graves (suicides). A ces effets s’ajoutent une toxicité cardio-vasculaire, une immunodépression des perturbations du cours de la grossesse avec des conséquences sur le nourrisson.
La dépendance psychique peut conduire à une psychose cannabique (qui régresse en quelques mois sans réapparaître en l'absence d'une reprise de la consommation) et qui peut aussi décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, la faisant éclater, créant une résistance au traitement antipsychotique et déterminant de grands accès délirants, hallucinatoires, auto ou hétéro agressifs.
La dépendance s’associe à une tolérance qui incite le toxicomane à recourir à des drogues supplémentaires (polytoxicomanies).
Le cannabis suscite, d'une façon particulièrement malencontreuse à l'âge des apprentissages et de l'éducation, une nette perturbation de la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme). Il fait perdre la notion de temps et rend le sujet incapable d'évaluer les troubles qu'il s'inflige du fait de cette consommation (anosognosie).
Tous ces effets sont liés à la dose, avec des sensibilités individuelles assez variables. Les produits en circulation, par différents artifices ont vu leur taux de THC croître considérablement au cours des dernières décennies, tandis que certaines modalités de consommation (pipe à eau, dispositifs de vaporisation) ont permis de décupler la cession du THC à l'organisme. Le THC, de par son exceptionnelle lipophilie se concentre dans les graisses de l'organisme, en particulier dans les lipides cérébraux. Chaque consommation incrémente la quantité fixée qui, relarguée au très long cours, passe par le foie qui forme des métabolites hydrosolubles, que le rein éliminera sur plusieurs semaines.
Le cannabis n'est pas létal en consommation aigue tandis qu’au long cours il peut être responsable de cancers O.R.L., broncho-pulmonaires et testiculaires, ainsi que de comportements imprudents de tous types, de suicides et d'accès à d'autres drogues létales par surdose.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
Syn. bhang, ganjah, chara, haschich, kif, takrouri, hafioum, yamba, dagga, marihuana, djamba, pacalolo….
→ toxicomanie, addiction, chanvre, psychose cannabique
[G3]
capsule fibreuse de la glande thyroïde l.f.
capsula fibrosa glandulae thyroideae (TA)
fibrous capsule of thyroid gland
Enveloppe fibreuse de la glande thyroïde qui dépend du système aponévrotique du cou.
Ce système aponévrotique forme une loge dans laquelle est situé le corps thyroïde. Cette loge est constituée : en avant par le feuillet profond de la lame prétrachéale qui engaine les muscles sterno-thyroïdiens ; en arrière par la gaine viscérale du cou et les expansions de cette gaine qui s’unissent, en dehors des lobes latéraux de la glande thyroïde, au feuillet profond de la lame prétrachéale ; latéralement par la gaine vasculaire du cou. Elle se continue en bas par la lame thyropéricardique. La capsule fibreuse de la glande thyroïde reste isolée de la capsule glandulaire proprement dite par une mince nappe celluleuse aisément clivable.
P. Sébileau, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1860-1953)
Syn. anc. capsule fibreuse du corps thyroïde de Sébileau ; gaine thyroïdienne
→ capsule fibreuse de la glande thyroïde
[A1,O4]
Édit. 2015
cellule de Kulchitsky-Masson l.f.
Kulchitsky’s cell
Constituant cellulaire de l’épithélium tapissant les cryptes de Lieberkühn et caractérisé par la présence de granulations colorables par les sels de chrome d’où le terme de cellule entérochromaffine, et capables de réduire le nitrate d’argent ammoniacal (granulations argentaffines).
Cette cellule appartient au système endocrinien diffus et est parfois rattachée au système APUD. Elle sécrète des hormones polypeptidiques et une amine, la sérotonine. Elle constitue l’élément de base de la tumeur carcinoïde du tube digestif. Elle se rencontre également au niveau de la muqueuse de l’arbre bronchique.
N. Kulchitsky, biologiste russe (1856-1925) ; P. Masson, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1880-1959)
→ cellule entérochromaffine, cellule claire de Masson
[A2,O]
cholinergique adj.
cholinergic
1) Qualifie la libération d'acétylcholine, sa transmission synaptique et les récepteurs dont elle est le transmetteur.
2) Se dit d'une substance ou d'un mécanisme qui agit par l'intermédiaire de l'acétylcholine.
La libération d'acétylcholine au niveau des synapses nerveuses permet la transmission de l'influx nerveux dans le cerveau (circuit limbique), dans tout le système parasympatique, dans la portion du système orthosympathique préganglionaire, dans quelques fibres sympathiques postganglionnaires (innervation des glandes sudoripares et de certains vaisseaux du pénis), au niveau des terminaisons viscérales issues de la médullosurrénale et de celles des fibres nerveuses des plaques motrices des muscles striés.
→ parasympathomimétique, agoniste cholinergique, récepteur cholinergique
[C3]
Cockett perforante l.f.
Veine perforante des jambes anastomosant le système veineux superficiel et le système veineux profond.
F. Cocket, chirurgien britannique (1916-2014)
[A1]
Édit. 2015
collapsus circulatoire l.m.
vascular collapse
Inadaptation entre le contenant et le contenu vasculaire, entraînant une baisse importante et éventuellement réversible de la pression artérielle au-dessous des 2/3 de sa valeur normale.
La baisse de la pression artérielle entraîne une mauvaise irrigation des tissus, d'où ischémie de tous les organes, notamment des reins et du cerveau, et donc une hypoxie-hypercapnie tissulaire qui évolue vers l'état de choc avec le temps. De même, le retour veineux est réduit vers le cœur, ce qui peut entraîner son arrêt par désamorçage.
Les causes du syndrome sont soit :
- hémodynamiques (hémorragie, perte de plasma par diarrhée profuse ou brulure) ;
- toxique par vasodilatation des vaisseaux sous l'influence de vasoplégiques, neuroleptiques ou anesthésiques généraux, surtout en cas de septicémie, qui suppriment les mécanismes de compensations mis en jeu par le système végétatif,
- traumatique lésant le système sympathique (surtout fractures cervicales au niveau de C7).
→ choc, choc (classification des états de), choc spinal, respiration
[G,K2]
couleur n.f.
colour
Impression subjective permettant de différencier l’un de l’autre deux champs de même forme, de même taille et de même structure.
Du point de vue physique, la couleur doit être définie comme une bande de longueurs d’onde du spectre électromagnétique susceptible de stimuler électivement le système visuel. Un corps apparaîtra coloré s’il présente une absorption sélective dans une radiation dite dominante. La couleur n’existe pas dans le mode réel physique. Elle résulte de l’intégration par l’ensemble des mécanismes du système visuel (depuis les photorécepteurs jusqu’aux centres nerveux les plus supérieurs) des différentes longueurs d’onde sur chaque structure. La couleur au même titre que le noir et le blanc n’est qu’un moyen de détection des formes.
[B1]
CRISPR-Cas 9 sigle pour Clustered regularly interspaced palindromic repeats (ou séquences regroupées palindromiques et espacées régulièrement) suivi de Cas-9, nom d’une endonucléase
Cas 9 est une endonucléase qui coupe les deux brins de l’ADN et qui est guidée par de petits ARN non codant lui permettant de se fixer sur l’endroit de l’ADN à cliver.
Il s’agit là d’un système de défense des bactéries contre les bactériophages. Lorsqu’un bactériophage infecte une bactérie, celle-ci exprime des ARN de type CRISPR complémentaires de fragments du génome du phage. Cas 9 s’associe à ces ARN qui s’apparient à l’ADN du phage et l’élimine. Ce système de défense des bactéries peut être utilisé pour modifier un gène quelconque dans un organisme vivant. En utilisant la spécificité de l’ARN guide, Cas 9 est programmée pour sectionner l’ADN à des endroits déterminés. On a ainsi un nouvel outil universel de thérapie génique somatique modulable grâce à la séquence de l’ARN. Il a l’avantage de réparer le gène altéré alors que la méthode classique est de le remplacer en introduisant dans la cellule le gène intact. Cet outil peut être également utilisé pour modifier le génome des gamètes. Les modifications apportées seront ainsi transmises à la descendance. Cette méthode est beaucoup plus rapide que la technique utilisée habituellement de transfection de cellules embryonnaires réimplantées dans un blastocyste.
Jennifer A. Doudna, biologiste américaine et Emmanuelle Charpentier, biologiste française (2014)
[Q1]
Édit. 2015
CTLA4 sigle angl. pour Cytotoxic T-Lymphocyte-Associated protein-4
Molécule exprimée à la surface des lymphocytes T auxiliaires « helper » agissant comme un puissant inhibiteur de leur activation.
Les lymphocytes T auxiliaires interviennent dans la réponse immunitaire consécutive à la présence de cellules infectées ou de cellules tumorales. Ils sont activés lorsque leurs récepteurs (TCR ou « T cell receptor ») reconnaissent des peptides dérivés des protéines virales ou tumorales associés aux molécules HLA du complexe majeur d’histocompatibilité à la surface des cellules présentatrices d’antigènes. Cette activation est freinée par CTLA-4. Elle est stimulée lorsque CTLA-4 est inhibée. D’où l’idée d’utiliser à titre thérapeutique un anticorps monoclonal spécifique de CTLA-4 pour stimuler la réponse antivirale ou antitumorale des lymphocytes T.
Une insuffisance germinale en CTLA4 conduit à un déficit en CTLA4, dénommé CHAI disease ( CTLA4 haploinsufficiency with autoimmune infiltration) un désordre rare du système immunitaire responsable d'une dérégulation du système immunitaire qui entraîne une prolifération lymphatique, des phénomènes auto-immunitaires, de l'hypogammaglobulinémie, des infections récidivantes et des risques accrus de lymphome malin.
[F1, Q3]
Édit. 2020
CVI sigle angl. pour Color Velocity Imaging
Système échographique permettant de déterminer en temps réel la vitesse du flux circulatoire sanguin en chaque point d'une image; il est basé sur le calcul informatique du décalage temporel entre deux échos successifs réfléchis par les hématies en mouvement.
Différent de l'échographie doppler, ce système a l'avantage d'être indépendant de la fréquence d'émission ultrasonore, de ne pas présenter de problème d'aliasing et de posséder une bonne résolution spatiale.
[B2]
cyclopropane n.m.
cyclopropane
Anesthésique gazeux peu soluble, C3H6, de puissance moyenne (MAC = 9,2 vol %), qui n’est plus utilisé en raison du caractère explosif de ses vapeurs.
Le cyclopropane est distribué en liquide dans de petites bouteilles de couleur orange sous une pression de 5 bars à 20°C. Sa faible solubilité dans le sang permet une induction rapide. C’est un dépresseur respiratoire, mais il stimule le système sympathique. Les mélanges anesthésiques avec du cyclopropane sont explosifs, leur administration se fait en système fermé et l'on doit exclure l’utilisation de tout matériel électrique au voisinage. Mais, malgré divers aménagements, il n'est pas possible d'éviter des étincelles d'électricité statique, il en est résulté de nombreuses explosions en salle d'opération : c'est pourquoi le cyclopropane, jugé trop dangereux, a été abandonné.
W. Brown, médecin anesthésiste canadien (1929)
→ électricité statique, explosion, ozone
[G3,G1]
cystinurie-lysinurie n.f.
cystinuria-lysinuria,
Syndrome pathologique caractérisé par une élimination urinaire importante de cystine, de disulfure cystéine-homocystéine et surtout d'acides aminés basiques, lysine, arginine, ornithine (0,3 à 2 g/j.), ainsi que de putrescine et cadavérine, produits de leur décarboxylation par les bactéries intestinales.
La cause de ce syndrome est un défaut génétique à transmission autosomique récessive, du système de transport intestinal et rénal commun à la cystine et aux acides aminés basiques (alors que le système propre à la cystine est normal). Des calculs de cystine ne s'observent que dans les formes homozygotes.
[R1,Q2,M1]
cytochrome b5-réductase n.f.
cytochrome b5-reductase
Enzyme flavinique, à FAD, catalysant la réduction du cytochrome b5 en oxydant le NADH.
Cet enzyme est surtout présent dans la plupart des cellules au niveau du réticulum endoplasmique, où il fait partie du système de la NADH-diaphorase et de la 9-désaturase des acides gras, mais il est aussi impliqué dans le système enzymatique soluble des globules rouges, capable de réduire la méthémoglobine.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1]
défaillance multiviscérale l.f.
multiple organ failure, MOF
Altération fonctionnelle intéressant tout l'organisme par atteinte des principaux organes (cœur, reins, poumons, intestin, pancréas, cerveau, système nerveux périphérique, etc.) à la suite d'une hypoxie tissulaire prolongée, par collapsus circulatoire aigu, en général.
Après un état de choc plus ou moins bien compensé, des lésions viscérales multiples se manifestent et se potentialisent (anurie, hémorragie digestive, ictère, infections, etc.). La principale cause du syndrome est une hypoxie tissulaire prolongée (les durées d'hypoxie successives se cumulent), c'est pourquoi il faut assurer une réanimation efficace dès les premiers secours, sinon les soins intensifs risquent de ne pas pouvoir faire face.
Plusieurs indices de gravité ont été établis pour suivre l'évolution du syndrome, ils sont en général établis en additionnant l'indice de gravité de l'atteinte de chacune des principales fonctions, p. ex. on prend le score de Glasgow pour le système nerveux. Le score LOD (logistic organ disfunction) de Le Gall et Lemeshow (1996) prend en compte les fonctions neurologique, cardiaque, pulmonaire, rénale, hépatique et sanguine (globules blancs ou plaquettes).
En traumatologie p. ex. la défaillance multiviscérale se manifeste vers la fin de la première semaine d'hospitalisation, elle est la principale cause de décès des blessés graves.
J. R. Le Gall, médecin réanimateur français membre de l’Académie de médecine et S. Lemeshow, médecin américain (1996)
Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de
→ accident, ASA, choc, défaillance viscérale, échelle de Glasgow-Liège, SAMU, urgence
Degos (maladie de) l.f.
Degos' disease
Papulose atrophiante maligne comportant des localisations viscérales multiples, surtout digestives, neurologiques et oculaires.
D'évolution le plus souvent fatale, cette affection rare, d'étiologie inconnue, se manifeste notamment par des atteintes du système nerveux central, polymorphes et multifocales, et parfois du système nerveux périphérique. Des manifestations psychiatriques ont été décrites.
R. Degos, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1942)
Di Guglielmo (maladie de) l.m.
Di Guglielmo disease, acute Di Guglielmo syndrome, pure erythroid leukaemia
Hémopathie aigüe marquée par la prolifération maligne des précurseurs érythroblastiques.
Cette entité a été identifiée par Di Guglielmo en 1917 qui en a précisé les caractéristiques et en a proposé la dénomination d’érythrémie aigüe. Celle-ci traduit une lésion primitive du système érythropoïétique marquée par une hyperplasie et un arrêt de maturation des éléments érythrocytaires : une érythrémie aigüe. Leur mécanisme pathogénique est analogue à celui des leucémies aigües myéloblastiques.
« Maladie aigüe, fébrile, profondément anémiante avec hépatosplénomégalie, à terminaison mortelle, avec normo-érythroblastose prépondérante avec de rares mégaloblastes basophiles, aussi bien dans le sang périphérique que dans les organes hémopoïétiques avec une prolifération active des éléments du système réticulo-endothélial. L’infiltration érythroblastique de la moelle est prépondérante (90 à 95% des cellules) et les mitoses sont fréquentes. »
Cette maladie est identifiée comme le type 6B de la classification FAB.
G. Di Guglielmo, hématologue italien (1917, 1928)
Syn. érythrémie aigüe, érythroleucémie
→ érythroleucémie, érythrémie aigüe, méthylation
douleur (neurophysiologie de la) l.f.
neurophysiology of pain
Étude des mécanismes qui différencient la sensation créée par une agression algogène souvent transitoire, mettant en jeu un système de défense, et les douleurs-maladies, souvent au long cours, sans rôle protecteur évident, plus malaisées à calmer.
Seront distinguées tout particulièrement les douleurs :
- par excès de nociception (hyperstimulation des récepteurs à la douleur, liée aux substances libérées par des tissus lésés, enflammés ou ischémiés) ;
- par désafférentation, ou douleurs neuropathiques (d'origine périphérique ou centrale, secondaires à la perte ou à l'atteinte du système inhibiteur physiologique qui module la propagation des influx douloureux, siégeant dans un territoire où existe un déficit du message venant de la périphérie) ;
- d'ordre sympathique (algodystrophie, causalgie), musculaire (fibromyalgie, etc.), éventuellement psychogène.
De toute façon, la douleur n'est pas une sensation simple, directement véhiculée jusqu'au niveau cérébral. Elle subit des modulations et des contrôles. En particulier, la théorie du "portillon" ("gate control", R. Melzack et P.D. Wall) fait état de son contrôle au niveau des neurones convergents de la corne dorsale de la moelle.
R. Melzack, psychologue canadien et P. D. Wall, anatomiste britannique (1965)
Étym. lat. dolor : douleur
dysimmune (neuropathie) l.f.
dysimmune neuropathy
Neuropathie périphérique dont les mécanismes lésionnels pourraient être en rapport avec une anomalie acquise du système immunitaire de l'organisme : il s’agit soit d'une atteinte isolée des nerfs périphériques, soit de manifestations s'intégrant dans le cadre d'une maladie générale inflammatoire ou dysimmunitaire.
Parmi les atteintes isolées, on envisage surtout le syndrome de Guillain-Barré et les formes subaigües ou chroniques de polyradiculonévrite. On peut y associer les polyneuropathies des gammapathies monoclonales dites bénignes (de signification indéterminée, en anglais : "MGUS", "Monoclonal Gammopathy of Undetermined Signification")) et les neuropathies à blocs de conduction multifocaux.
Dans le cadre des neuropathies d'une maladie inflammatoire générale, on regroupe celles de la périartérite noueuse, des collagénoses, de la sarcoïdose, des hémopathies (neuropathies paranéoplasiques associées à une gammapathie monoclonale maligne, au cours d'un lymphome malin, d'une cryoglobulinémie). Les atteintes du système nerveux périphérique d'origine infectieuse, comme la lèpre et les infections par un rétrovirus (HIV, HTLV), sont également de ce type.
G. Guillain et G. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)