Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1915 résultats 

groupes sanguins ABO l.m.p.

blood ABO system

Ensemble d'antigènes (agglutinogènes) génétiquement déterminés, portés par les érythrocyes et des anticorps (agglutinines) du sérum, indépendants les uns des autres et combinés de façons différentes.
Une première classification des combinaisons des agglutinogènes et des agglutinines a fait classer les individus par Landsteiner en quatre groupes principaux AB (receveur universel), A, B, et O (donneur universel). Les groupes sanguins sont répartis en :
- groupe AB, dont les hématies comportent des agglutinogènes A et B mais dont le sérum ne comporte pas d'agglutinine ;
- groupe A, dont les hématies portent l'agglutinogène A et le sérum l'agglutinine B ;
- groupe B, dont les hématies portent l'agglutinogène B et le sérum l'agglutinine A ;
- groupe O, dont les hématies ne portent pas d'agglutinines mais dont le sérum contient les agglutinines A et B.
Dans ces quatre groupes, qui constituent le système ABO, on a décrit des sousgroupes A1, A2, A3, Ax, Am, correspondant aux variétés d'agglutinogènes A. Il faut aussi tenir compte du groupe rhésus, qui est indépendant, à agglutinogène Rh.

→ groupe sanguin, rhésus (facteur)

Günther (maladie de) l.f.

congenital porphyria, Günther’s disease

Porphyrie érythropoiétique congénitale, forme exceptionnelle et la plus grave des porphyries, transmise sur le mode autosomique dominant récessif.
Elle se manifeste dès les premiers mois de la vie par une photosensibilité extrême caractérisée par un érythème œdémateux des zones exposées, avec lésions vésiculobulleuses et ulcérocroûteuses laissant place à des cicatrices atrophiques. Les multiples récidives conduisent à d'importantes mutilations des extrémités (nez, oreilles, phalanges distales). Les autres manifestations sont : émission d'urines rouge foncé, hypertrichose, anémie hémolytique avec hépato-splénomégalie, inconstamment dents rouge-brun (érythrodontie), avec fluorescence rouge en lumière de Wood, et atteinte oculaire (bulles cornéennes et conjonctivales.
Elle est due à un déficit enzymatique en uroporphyrinogène III cosynthétase, avec augmentation massive de l'uroporphyrinogène I dans les érythroblastes, érythrocytes et urines,. L'évolution peut être fatale, due aux poussées d'hémolyse aigüe, plus que par surinfection des lésions cutanées.
Cette porphyrie érythropoiétique congénitale est à transmission autosomique récessive (MIM 263700). Locus du gène (UROS pour uroporphyrinogen III synthase) se situe en 10q26.2.

H. Günther, médecin interniste allemand (1911)

Étym. gr. porphura : pourpre

Syn. porphyrie érythropoïétique congénitale (CEP), déficit en uroporphyrinogène II synthétase

→ porphyrie, porphobilinogène-désaminase

Hallervorden-Spatz (maladie de) l.f. (NBI)

Hallervorden-Spatz’s disease

Neurodégénérescence avec surcharge cérébrale en fer, associée à un déficit en pantothénate kinase.
L’affection est caractérisée par un trouble neurodégénératif rare avec dysfonction extrapyramidale progressive (dystonie, rigidité, choréo-athétose), une surcharge cérébrale en fer et des sphéroïdes axonaux dans le système nerveux central.
La NBIA1 classique (75 % des cas) se caractérise par un début précoce, généralement avant 6 ans et une progression rapide. Les patients ont une marche altérée et chutent, le plus souvent du fait de la dystonie, de la rigidité, des problèmes d’équilibre ou de la spasticité et perdent généralement l’aptitude à marcher entre 10 et 15 ans après l’apparition de la maladie. Un retard de développement global peut être présent. Les patients développent souvent une dysarthrie et une dégénérescence rétinienne pigmentaire. La rétinopathie peut prendre un aspect tacheté qui précède la dystrophie avec atrophie optique de type rétinite pigmentaire. L’évolution vers la cécité débute par une maculopathie en œil de bœuf. A un stade plus avancé, les complications peuvent inclure dysphagie, reflux gastrooesophagien, constipation, pneumopathie d’inhalation et malnutrition.
La NBIA1 atypique (25 % des cas) a un début plus tardif, entre 13 et 14 ans et une progession plus lente.Les patients présentent des difficultés du langage, de légères anomalies de la marche, des symptômes psychiatriques qui peuvent inclure dépression, labilité émotionnelle, impulsivité ou crises de violence, une dégénérescence pigmentaire, moins fréquente que dans la forme classique et le syndrome de Tourette. L’atteinte motrice est moins sévère et la perte de mobilité a lieu entre 15 et 40 ans après l’apparition de la maladie.
L’association de l’hyperprébetalipoprotéinémie, d’acanthocytes et d’une rétinite pigmentosa fait partie du spectre de la NBA1. L’IRM met en évidence au niveau des noyaux lenticulaires, un hypersignal qui traduit une surcharge en fer et à des degrés divers, une atrophie cortico-sous-corticale. L’étude du métabolisme du fer révèle une exagération de la captation du fer59 au niveau des noyaux cérébraux lésés. Le médullogramme permet d’observer des histiocytes « bleu de mer ».
Il n’existe pas de traitement chélateur efficace. Le traitement vise à alléger les symptômes.
L’analyse génétique est requise pour affirmer le diagnostic. La NBIA1 est due à des mutations sur le gène PANK2 (20p13-p12.3) (pantothénate kinase 2). L’affection est autosomique récessive (MIM 234200). Des cas sporadiques peuvent être rencontrés.

J. Hallervorden et H. Spatz, neuropathologues allemands (1922)

Syn. Hallervorden (syndrome de), dystrophie neuroaxonale infantile tardive

→ acanthocytose, gène PANK2, Gilles de la Tourette (maladie de)

[Q2,H1,R1]

Édit. 2015

Hallgren (syndrome d') l.m.

Hallgren’s syndrome

Syndrome associant une rétinite pigmentaire, une cataracte présénile, une surdité congénitale et une ataxie vestibulo cérébelleuse avec déficience mentale.
Il comporte un nystagmus horizontal, une héméralopie dans l’enfance et une cécité à la cinquantaine. Actuellement, considérée comme un syndrome de Usher de type III, l’affection est autosomique récessive liée à la mutation du gène CLRN1 (protéine clarine1, autrefois USH3A), localisé en 3q-21q25 codant pour la protéine USH3A intervenant dans le développement et la maintenance de l’oreille interne et de la rétine(MIM 276900).

B. Hallgren, généticien et psychiatre suédois (1958) ; C. H. Usher, ophtalmologiste britannique (1914)

Syn. syndrome otoneurorétinien

→ Usher (syndrome de)

[P2,Q2]

Édit. 2015

hamartome lipomateux superficiel de Hoffmann-Zurhelle l.m.]

Hoffmann-Zurhelle’s nævus lipomatosus superficialis

Dysplasie congénitale rare, présente dès la naissance ou apparaissant au cours des vingt premières années de la vie, atteignant principalement le sexe féminin et siégeant de façon unilatérale le plus souvent sur la région fessière, mais également sur la cuisse, la région sacrée, le thorax, faite de papulonodules groupés en un ou plusieurs placards plus ou moins saillants, d’aspect cérébriforme, de teinte jaunâtre et mesurant de 3 à 15 cm de diamètre.
L'aspect histologique est caractérisé par la présence dans le derme de plages de tissu adipeux ectopique atteignant parfois la région sousépidermique. La lésion est bénigne et stable. L'excision chirurgicale est le seul traitement à envisager en cas de gêne esthétique.

E. Hoffmann et E. Zurhelle, dermatologistes allemands (1921)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

[A3,F5,Q2,J1]

Édit. 2015

syndrome des hamartomes multiples l.m.

multiple hamartoma syndrome, Cowden's disease

Maladie rare de transmission autosomique dominante associant de multiples lésions cutanéo-muqueuses hamartomateuses et prédisposant à l'apparition d'un carcinome surtout mammaire ou thyroïdien.
Les lésions cutanées caractéristiques sont des trichilemmomes se disposant autour de la bouche, des narines et des yeux, des papules multiples des gencives et du palais leur donnant un aspect « pavé de galets », ou des papules kératosiques des extrémités. Certaines lésions cutanées prennent l'aspect histologique de trichilemmome. Des hamartomes endocriniens, mammaires, digestifs et une atteinte du système nerveux central peuvent compléter le tableau.
Le syndrome de Cowden est dû le plus fréquemment à une mutation du gène PTEN (phosphatase and TENsin homolog deleted on chromosome TEN) situé sur le locus 10q 23.2.

K.M. 2nd Lloyd et M. Dennis, médecins internistes américains (1963)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. maladie de Cowden, du nom du malade de Lloyd et Dennis atteint de cette affection

→ hamartome, trichilemmome, PTEN (gène)

[F2,J1,H1,L1,O4,O5,Q3]

Édit. 2018

hanche (cotation fonctionnelle de la) l.f.

rating hip scale

Évaluation de la fonction globale de l'articulation de la hanche selon des échelles numériques normalisées.
Selon l'importance accordée aux différents paramètres analysés, plusieurs cotations sont utilisées:
1 - La cotation de Merle d’Aubigné et Postel: mesure la douleur, la mobilité articulaire, et la fonction, la marche selon une échelle de 0 à 6 - une hanche parfaite cote 6, 6, 6.
2 - La cotation de Harris se fait sur 100 points et contrôle: la douleur, pour 44 points, la fonction pour 47 points - dont 33 pour la marche et 14 pour l'activité - et l'amplitude des mouvements - mobilité et attitude - pour 9 points.
3 - L’indice algo-fonctionnel de Lequesne apprécie la douleur ressentie la nuit et lors de la marche, du piétinement,de la station assise prolongéée, ainsi que la gêne éprouvée lors du dérouillage matinal, le périmètre de marche et les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne conduisant si l’indice atteint 10 ou 12 à envisager une prothèse de hanche.

Ces échelles de cotation servent à comparer l’état préopératoire et les résultats des traitements selon les différentes statistiques.R. Merle d’Aubigné, membre de l’Académie de médecine et M. Postel, chirurgiens orthopédistes français (1954 et 1970) ; W.H. Harris, chirurgien orthopédiste américain (1969) ; M. Lequesne , rhumatologue français→ index articulaire, indice algo-fonctionnel de Lequesne pour la hanche[I1]

R. Merle d'Aubigné, membre de l'Académie de médecine et M. Postel, chirurgiens orthopédistes français (1954 et 1970) ; W. H. Harris, chirurgien orthopédiste américain (1969) ; M. Lequesne, médecin rhumatologue français (1987)

→ index artiiculaire, indica algofonctionnel de Lequesne pour la hanche

Édit. 2015

haplo-insuffisance n.f.

haploinufficiency

Situation dans laquelle un gène ou groupe de gènes porté par un seul des deux chromosomes appariés ne suffit pas pour coder la ou les protéines correspondantes.
Un seul allèle est présent ou fonctionnel ; il faut normalement les deux allèles, un sur chacun des deux chromosomes appariés, pour élaborer la protéine.

Étym. gr. haploos : simple, unique

Ant. hapolsuffisance

→ allèle, haplotype, hapolsuffisance

[Q1,C1]

Édit. 2017

haplosuffisance n.f.

haplosufficiency

Siyuation dans laquelle la présence d’un seul exemplaire normal d’un gène ou d’un groupe de gènes reste suffisante pour coder la ou les protéines correspondantes.
C’est le cas où l’allèle présent porte un caractère dominant et chez les porteurs sains des maladies récessives. On parle ainsi de l’haplosuffisance d’un allèle dominant.

Étym. gr. haploos : simple, unique

Ant. haplo-insuffisance

→ haplo-insuffisance

[Q1]

Édit. 2017

haplotypes drépanocytaires l.m.p

drepanocytic haplotypes

Séquences nucléotidiques du génome ß communes à certaines populations et situées à l'intérieur ou à proximité du gène ß drépanocytaire.
L'utilisation d'une dizaine de marqueurs polymorphes situés au sein de ce génome permet d'affirmer que la mutation drépanocytaire est apparue de façon indépendante dans au moins cinq environnements géniques indépendants. Les plus fréquents sont les haplotypes sénégalais, béninois et bantou.

[Q2]

Édit. 2017

Hart (dyschromatopsie de) l.f.

Dyschromatopsie de type protanomalie avec faible perception du rouge par déficience

partielle de la fonction des cônes L, récepteurs des ondes lumineuses longues.
Elle est liée à une mutation du gène de l’opsine L en Xq28, récessive liée au sexe
(MIM 303900. 0002), elle concerne un pour cent des hommes et 0,2 ù des femmes.

W. M. Hart Jr, ophtalmologiste américain (1987)

→ protanomalie, trichromatisme anormal, dyschromatopsie

[P2]

Édit. 2015

Hartnup (syndrome de) l.f.

Hartnup’s disease

Affection métabolique transmise sur le mode autosomique récessif associant des lésions cutanées sur les régions exposées à la lumière, une ataxie cérébelleuse, une instabilité émotionnelle et une aminoacidurie.
La maladie débute vers 10 ans avec une ataxie cérébelleuse intermittente, des mouvements choréiformes, une dysarthrie, un tremblement intentionnel. L’atteinte cutanée proche de la pellagre associe un érythème cuisant des régions photoexposées, une stomatite, des troubles phanériens. Lors des vertiges paroxystiques, on observe un nystagmus horizontal, une diplopie, un ptosis avec une faible convergence.
Le diagnostic repose sur la constatation d’une aminoacidurie, d’une indicanurie et d’une diminution de la teneur sérique du tryptophane.
Le traitement recourt à la vitamine PP à haute dose et à la protection solaire.
L’affection est due à un déficit enzymatique responsable d’un trouble de l’incorporation du tryptophane. Il existe un défaut de la réabsorption tubulaire des acides aminés neutres, monoaminés, monocarboxyliques, associée à un trouble similaire de la réabsorption intestinale.
L’affection est autosomique récessive (MIM234500) liée à une mutation du gène SLC6A19 (Solute Carrier family 6 member α 19), locus en 5p15.33, codant pour un transporteur membranaire d’acides aminés neutres, principalement le tryptophane.

D. Baron, médecin britannique (1956), qui a donné à ce syndrome le nom de la famille atteinte.

→ aminoacidurie, indolacéturie, homocystinurie, maladie du sirop d'érable, phénylcétonurie, pellagre, ataxie cérébelleuse, SLC6A19 gene

[R1,Q2]

Édit. 2015

hémangiome hépatique l.m.

hemangioma of the liver

L’hémangiome du foie est une tumeur bénigne non néoplasique (polyclonale) formé de cavités remplies de sang, bordées par des cellules endothéliales, alimentées exclusivement par l’artère hépatique.
Les hémangiomes prédominent chez la femme (2/3 des cas). Ils sont fréquents (2 à 5 % de la population). Dans la majorité des cas, ils sont de petite taille, inférieurs à 4 cm de diamètre, peuvent être multiples, ne donnent aucun symptôme, sont généralement stables et ne dégénèrent jamais. La biologie hépatique est normale. Ils sont découverts fortuitement sur une échographie. Lorsqu’ils sont de petite taille, leur aspect est le plus souvent caractéristique ; ils ont un aspect hyperéchogène ayant l’aspect d’une mûre. Ils ne nécessitent aucun examen, ni traitement, ni surveillance.
Plus rarement, leur taille peut être plus grande, entre 5 et 10 cm de diamètre ou géant de plus de 10 cm de diamètre. Ils sont souvent asymptomatiques, mais lorsque leur taille est particulièrement volumineuse, ils peuvent être responsables d’une gêne abdominale ou de douleurs causées par la distension de la capsule de Glisson. Les complications sont possibles : inflammation, hémorragies intra-tumorales ou extra-tumorales. Les hémorragies peuvent être spontanées dans la moitié des cas ou iatrogènes. Les autres complications sont exceptionnelles, volvulus d’une forme pédiculée, compression des organes adjacents, le syndrome de Kasabach-Merritt, qui associe une coagulopathie de consommation, une coagulation intra-vasculaire disséminé et une fibrinolyse.
Lorsque l’hémangiome mesure plus de 4 cm de diamètre l’aspect échographique est souvent atypique. L’IRM est l’examen de choix permettant le plus souvent le diagnostic de certitude. L’hémangiome apparaît en hyposignal sur les séquences T1, en hypersignal sur les séquences T2, après injection, il existe un rehaussement périphérique avec un remplissage qui se fait de la périphérie vers le centre et souvent incomplet.
Le traitement ne doit être discuté qu’en cas d’hémangiome compliqué, symptomatique.

héméralopie congénitale stationnaire avec myopie l.f. [P2-2015]

night blindness, congenital stationary, with myopia

Affaiblissement considérable de la vision dès diminution de la lumière chez le myope bien corrigé.
La myopie est liée à l'héméralopie mais elle n'est pas maligne. Pour Miyake ce type d'héméralopie peut être divisée en deux formes : la complète avec la myopie et l'incomplète où l'on peut trouver hypermétropie et myopie. Locus du gène en Xp11.3. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 310500).

A. S. Morton, ophtalmologiste britannique (1893) ; Y. Miyake, ophtalmologiste japonais (1986)

Étym. gr. hêmera : jour ; optomaï : je vois

hémizygotie n.f.

hemizygosity

Etat d'une cellule ou d'un individu dans le génome duquel un gène n'est présent qu'une fois et non pas sous la forme d'une paire de deux allèles homologues.
Cette situation se rencontre chez les haploïdes, les individus hétérogamétiques pour le chromosome sexuel, chez les monosomiques, dans les cas de délétion, etc.

Étym. gr. hêmi : demi ; zugon : paire

[Q1]

hémochromatose de type 2 B l.f.

hemochromatosis type 2B

Hémochromatose liée à des mutations des gènes codant pour le gène de l’hepcidine.

→ hémochromatose génétique (mutations responsables de l'), hepcidine

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose de type 3 l.f.

hemochromatosis type 3

Hémochromatose liée à des mutations du gène du récepteur de la transferrine de type 2.

de l’)

Syn. : hémochromatose HFE 3,  hémochromatose par mutation TFR2

→ hepcidino-déficience (situation d'), hémochromatose génétique (mutations responsables

[L1]

Édit. 2015

hémochromatose génétique de type HFE 1. l.f.

Maladie d'origine génétique transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une absorption duodénale excessive du fer responsable d’une surcharge en fer et d’une sclérose réactionnelle de différents organes notamment du foie.
C’est la plus fréquente des hémochromatoses génétiques, c’est aussi la plus fréquente des maladies héréditaires qui touche préférentiellement les sujets d'origine nord-européenne avec un taux de prévalence dans la population générale estimé entre 1 et 4 pour mille. L’affection apparaît plus tardivement chez la femme en raison des pertes en fer dues aux menstruations.
Après une phase de latence clinique, l'hémochromatose génétique se caractérise par un grand polymorphisme associant, à des degrés variables, une une hépatomégalie, un diabète sucré, une pigmentation cutanée (« diabète bronzé ») une cardiomyopathie, un hypogonadisme hypogonadotrope et des arthropathies.
Le diagnostic est très fortement suggéré par l'élévation de la saturation de la transferrine (supérieure à 45%) à laquelle s'associe une augmentation, à des degrés variables, de la ferritinémie.
Ces anomalies biologiques commandent la recherche de la signature génétique de la maladie. La mise en évidence de mutations homozygotes du gène HFE 1 localisé sur le bras court du chromosome 6 conduit au diagnostic. Trois mutations ont été décrites C282Y (plus de85 % des cas), H63D et S65C beaucoup plus rares.Seule la mutation homozygote C282 Y peut entraîner une surcharge en fer importante. L’homozygotie H63 D n’est pas responsable d’un excès de fer cliniquement significatif (la majorité des cas publiés se sont avérés être en rapport avec d’autres mutations non HFE 1). Il existe des formes hétérozygotes composites. Ces mutations empêchent l'élaboration par le foie de l'hepcidine, hormone dont l'action limite l'absorption du fer contenu dans l'alimentation par la muqueuse intestinale.
Le diagnostic d'hémochromatose génétique justifie une recherche systématique chez les parents au premier degré du sujet atteint. En revanche, malgré la fréquence élevée de la maladie et le bénéfice apporté par un diagnostic précoce, le dépistage de la maladie dans la population générale n'est pas préconisé actuellement. La question reste en débat.
Le traitement consiste, dans la plupart des cas en des saignées initialement hebdomadaires de 400 à 500 ml de façon à réduire le fer en excès. Son efficacité est évaluée par la ferritinémie qui doit tendre progressivement vers une valeur de 50 ng/ml, l'hémoglobine restant supérieure à 11 g/l. L'asthénie, la mélanodermie, les troubles cardiaques…s’atténuent et peuvent disparaître. En revanche, les douleurs articulaires et le diabète disparaissent plus difficilement lorsqu’ils sont installés. Les chélateurs du fer d’emploi astreignant, lourd et coûteux, d’effets secondaires non négligeables, ne sont utilisés que dans les rares cas de contre-indications aux saignées.
Les saignées (ou les dons-saignées) doivent être prescrits dès que la ferritine est supérieure à 300 µg/l s’il s’agit d’un homme et de 200 µg/l s’il s’agit d’une femme.
En l’absence de traitement la mort est la conséquence soit du diabète, soit de l'insuffisance cardiaque congestive (risque 300 fois supérieur à celui d'une population normale), soit du fait de la cirrhose et/ou d’un carcinome hépatiques.

A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1865)

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Syn. cirrhose bronzée, diabète bronzé

Sigle HFE 1

→ arthropathie de l'hémochromatose, diabète bronzé, hémosidérose, hémochromatose juvénile, hepcidine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1,O4]

Édit. 2018

hémoglobine antiLepore l.f.

antiLepore hemoglobin

Hémoglobine anormale résultant d'une fusion, sans doute par chevauchement au niveau de zones fortement homologues, entre les gènes δ et ß de globine.
L'extrémité 5' du gène est de type ß et l'extrémité 3' de type δ.
Cette hémoglobine n'est à l'origine d'aucun désordre hématologique.

Étym. gr. haima : sang ; lat. globus : boule

→ hémoglobine Lepore

[F1]

hémophilie B n.f.

haemophilia B

Maladie hémorragique héréditaire due au déficit en facteur IX de la coagulation du sang.
Les manifestations de la maladie sont en relation directe avec la teneur en facteur IX. Elles peuvent avoir une importance identique à celle de l’hémophilie A. Selon la teneur en facteur IX, on peut distinguer les hémophilies sévères (<1%), modérées (2 à5%), et mineures (<40%).
Le gène du facteur IX est situé en position Xq27.1-27.2, sur le bras long du chromosome X expliquant la transmission de la maladie liée au sexe.
La thérapie génique administrée à doses utiles à des hémophiles sévères corrige durablement le déficit en facteur IX et entraîne la disparition des phénomènes hémorragiques chez 9 malades sur dix. Cette thérapeutique transgénique de facteur IX en application depuis 2016 est parfaitement tolérée à l’exception d’une élévation temporaire des enzymes hépatiques chez quelques patients.

Rosemary Biggs, hématologue britannique (1952) ; L. A. George, hématologiste américain (2017)

Étym. gr. haima : sang (hémorragie) ; philia : amitié (prédisposition) ; Stephen Christmas, jeune garçon chez qui l’affection fut reconnue

Syn. Christmas (maladie de), déficit en facteur IX

→ Christmas (maladie de)

[F1]

Édit. 2018

hérédité autosomique l.f.

autosomal heredity

Hérédité liée à un gène situé sur un autosome.

Étym. lat. heres : héritier

Ant. hérédité gonosomique

→ autosome, gonosome

[Q1]

hérédité holandrique l.f.

holandric transmission

Hérédité liée au sexe mâle, le gène étant porté par le chromosome sexuel mâle.
P. ex., dans l'espèce humaine, l'hypertrichose des oreilles (présence de poils sur les oreilles) est à transmission holandrique.

Étym. lat. heres : héritier, holos : entier , anêr, andros : homme

→ hérédité hologynique, hérédité liée au sexe

[Q1]

hérédité hologynique l.f.

hologynic transmission

Hérédité liée au sexe femelle, le gène étant porté par le chromosome sexuel femelle.
P. ex., dans l'espèce humaine, l'hémophilie et la myopathie de Duchenne sont dues à des allèles récessifs à transmission hologynique, l'hypophosphatémie ou rachitisme résistant à la vitamine D est un des rares exemples de l'allèle dominant.

Étym. lat. heres : héritier, holos : entier, gunê : femme

→ hérédité holandrique, hérédité liée au sexe

[Q1]

Édit. 2015

hérédité liée au sexe l.f.

sex-linked-heredity

Transmission d'un caractère non sexuel dont l'expression dépend d'un ou plusieurs gènes portés par un chromosome sexuel.
P. ex., les gènes de l'hémophilie A ou de la myopathie de Duchenne récessifs et liés au sexe, sont portés par le chromosome X. Les filles transmettent la maladie dont seront atteints 50% des garçons, ceux qui auront reçu le chromosome X portant le gène de l'hémophilie transmis par la mère.

G. B. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858)

Étym. lat. heres : héritier

Syn. hérédité gonosomique

→ hérédité holandrique, hérédité hologynique, hérédité diagynique

[Q1]

Édit. 2015

hérédité monogénique l.f.

monogenic inheritance

Mode de transmission d'un caractère dont l'expression et la transmission aux générations suivantes dépendent d'un seul gène.

Étym. lat. heres : héritier

Syn. hérédité monomérique

→ caractère monogénique, hérédité polygénique

[Q1]

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