Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bradypsychie n.f.

bradypsychia

Ralentissement du fonctionnement cognitif se manifestant par une baisse globale des fonctions intellectuelles lorsque la durée de réalisation est limitée, contrastant théoriquement avec des résultats corrects, ou notablement améliorés, lorsque la tâche est exécutée sans limitation de temps.
Par extension, tout ralentissement intellectuel, même lorsque la fluctuation des performances avec le temps apparaît moins claire.
En neurologie, elle s'observe lors de toutes les affections retentissant sur le niveau global d'activité corticale, particulièrement lors des atteintes des noyaux gris centraux (comme la maladie de Parkinson ou la chorée de Huntington), ou au décours de certaines encéphalites laissant des lésions corticales étendues mais partielles. Les séquelles d'intoxication oxycarbonée ou de traumatismes cranio-encéphaliques sévères peuvent comporter des manifestations de cet ordre, de même que la viscosité psychique des épileptiques.
En psychiatrie, elle se rencontre tout particulièrement dans les états dépressifs sévères, notamment mélancoliques, et les confusions mentales.
Elle est présente dans les hypothyroïdies sévères.

Étym. gr. bradus : lent ; psukhê : âme

→ hypothyroïdie 

Édit. 2017

bromocriptine n.f.

bromocriptine

Substance agoniste dopaminergique, dérivé semi-synthétique de l’ergot de seigle, utilisée pour pallier le déficit en peptide inhibiteur de la prolactine (Prolactin Inhibiting Factor, PIF) et corriger ainsi les hyperprolactinémies des hyperplasies fonctionnelles ou des micro-adénomes à prolactine de l'hypophyse antérieure.
Elle est aussi d'un usage courant pour inhiber la montée laiteuse après l'accouchement et arrêter la sécrétion lactée de l'allaitement
Elle est également utilisée en neurologie dans la maladie de Parkinson.

→ ergot de seigle, hormone prolactine, Prolactin Inhibiting Factor, adénome hypophysaire à prolactine, Parkinson (maladie de)

[G5, H1, O3, O4]

Édit. 2020

bronchoconstriction n.f.

bronchostenosis, bronchoconstriction

Rétrécissement du calibre bronchique par contraction des muscles lisses bronchiques empêchant un écoulement gazeux normal.
Ce rétrécissement peut être aigu lors de la crise d'asthme, ou permanent dans les bronchopneumopathies chroniques obstructives.
La bronchoconstriction peut être déclenchée par une cause physique (air froid).
On peut également réaliser des tests pharmacologiques visant à produire une bronchoconstriction avec l'acétylcholine ou le carbachol p. ex., lors de l'exploration d'une maladie asthmatique.

→ bronchospasme, bronchopneumopathie chronique obstructive

Édit. 2017

bronchopneumonie n.f.

bronchopneumonia, vesicular bronchiolitis

Maladie infectieuse, aigüe ou subaigüe, non suppurée, bactérienne (pneumocoque, Haemophilus influenzae, etc.) ou virale (virus grippaux, etc.), caractérisée anatomiquement par l'inflammation du parenchyme pulmonaire et des bronches.
Complication redoutable de la grippe, sa gravité et sa fréquence ont été fortement réduites par les antibiotiques. Dans les formes aigües, il s'agit de foyers disséminés ou de foyers pseudolobaires. Les antibiotiques permettent une évolution favorable et évite la chronicité de l'infection.

→ pneumocoque, Haemophilus influenzae

Édit. 2017

bronchopneumopathie chronique obstructive l.f.

chronic obstruent bronchopneumopathy, chronic obstructive pulmonary disease

Affection de longue durée caractérisée par des accès de toux productive survenant presque tous les jours au moins trois mois par an pendant au moins deux années consécutives.
Familièrement désigné comme "bronchite chronique", cet état s'accompagne d'inflammation diffuse au niveau du parenchyme pulmonaire. Selon le stade évolutif on constate des anomalies de la ventilation, des volumes pulmonaires, de la distribution et du transfert des gaz, de l'équilibre acidobasique et de la fonction cardiaque.
La distinction doit être faite avec la dilatation des bronches, l'insuffisance cardiaque, la tuberculose pulmonaire, qui peuvent s'exprimer selon une symptomatologie analogue.
Le tabagisme constitue un des principaux facteurs à l'origine de la maladie, à côté des facteurs environnementaux et professionnels. L'arrêt prolongé du tabagisme est capable de s'opposer à la progression de l'obstruction bronchique et de l'insuffisance respiratoire, ou à tout le moins de les ralentir fortement.

Sigle BPCO

Édit. 2017

Brugada (syndrome de) l.m.

Brugada’syndrome

Syndrome responsable d’arythmies ventriculaires sévères et de risque de mort subite détecté par un aspect de bloc de branche droit, marqué par une ascension du point J et la présence d’un sus-décalage du segment ST supérieur à deux millimètres, suivi d’une onde T négative dans les dérivations péricordiales droites V1, V2, V3.
La prévalence  d'environ 1/700-1/800 dans les pays orientaux est moindre en Europe et aux Etats-Unis  : 1/3 300 à 1/10 000.
Dans la majorité des cas, les patients sont asymptomatiques et ce sont les anomalies électrocardiographiques qui révèlent la maladie.  20 à 30% des patients ont une syncope et 8 à 12% connaissent un arrêt cardiaque qui peut entraîner une mort subite. L’âge moyen de survenue du premier événement clinique est de 40 ans.  
En général, le syndrome de Brugada survient sur un coeur normal bien que des cas d'anomalies structurelles légères du ventricule droit aient été décrits par résonance magnétique nucléaire. L'affection est due à une anomalie des canaux sodiques.
Elle est familiale dans plus de 50 % des cas avec une nette prédominance masculine (sex-ratio 8 /1). La transmission est autosomique dominante. Les gènes impliqués sont: SCN5A, SCN10A, GPD1-L, CACNA1c, CACNB2, SCN1B, KCNE3, SCN3B. La mutation du gène SCN5A situé sur le chromosome 3 et codant pour la sous-unité alpha du canal sodique rend compte de 20 à 25 % des cas. Le test génétique peut utilement être proposé aux apparentés d’un cas index avec mutation de SCN5A. La recherche systématique de l’anomalie s’impose chez les apparentés. L’anomalie électrocardiographique est souvent intermittente. Quand le tracé ECG ne permet pas le diagnostic, un test pharmacologique aux antiarythmiques de classe 1C est nécessaire. La prévention des troubles du rythme exige d’éviter la prise de certains médicaments (antiarythmiques, antidépresseurs, certains anesthésiques....), de traiter les états fébriles par un antipyrétique et de restreindre l’activité sportive. La seule thérapeutique efficace est la mise en place d’un défibrillateur automatique implantable quand le risque rythmique est élevé.

P. et J. Brugada, physiologistes cardiologiques belges d'origine espagnole (1992) ; C. Napolitano et S. Priori, médecins italiens (2009)

Syn. fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada, syndrome de mort subite nocturne inattendue

Réf. Orphanet, C. Napolitano, S. Priori (2009)

→ SCN5A gene, SCN10A gene, GPD1-L gene, CACNA1c gene, CACNB2 gene, SCN1B gene, KCNE3 gene, SCN3B gene

[C3,K2,Q2]

Édit. 2018

Brumpt (xénodiagnostic de) l.m.

Brumpt's xenodiagnosis

Xénodiagnostic de la maladie de Chagas, réalisé, selon une méthode aujourd’hui abandonnée, en gorgeant des nymphes de triatomes sur le malade suspect de trypanosomose latino-américaine.

É. Brumpt, parasitologue français, membre de l'Académie de médecine (1914)

→ Chagas (maladie de)

Édit. 2017

Brushfield (taches de) l.f.

speckled irides, Brushfield's iris spots

Petites taches blanches, superficielles, en cercle, sur la face antérieure de l'iris et dans sa partie moyenne.
Elles correspondent à des densités de stroma irien dépourvu de pigment. Assez communes et sans valeur si on les trouve en périphérie de l'iris, retrouvées dans la trisomie 21 (de façon inconstante), dans la maladie d'Angelman, le syndrome de Lenz, et le syndrome de Zellweger.

T. Brushfield, psychiatre britannique (1924)

Édit. 2017

Bruton (maladie de) l.f.

Bruton's disease, Bruton’s type hypogammaglobulinaemia

Agammaglobulinémie ou hypogammaglobulinémie génopathique, congénitale, liée au sexe, à transmission récessive.
Elle affecte les hommes et est liée au chromosome X. Sur le plan immunologique, la maladie de Bruton se caractérise par une absence complète dans l’organisme d’immunoglobulines sériques et de lymphocytes B diminuant ainsi la résistance des individus à toute infection. L'anomalie due à un déficit du gène de la tyrosine kinase, se situe aux phases précoces de la différenciation des lymphocytes B. Les lymphocytes T sont normaux. Elle se complique fréquemment d’un rhumatisme polyarticulaire inflammatoire non érosif pouvant ressembler à la polyarthrite rhumatoïde mais séronégatif, c’est-à-dire latex et Waaler-Rose négatifs.
Le diagnostic prénatal est possible sur le sang fœtal.

O. C. Bruton, pédiatre américain (1952)

Syn. agammaglobulinémie liée au sexe

→   agammaglobulinémie, agammaglobulinémie liée au sexe, agammaglobulinémie (arthrite de l')

[F3,Q2,F1,I1]

Édit. 2017

CA 19-9 sigle angl. pour Cancer Antigen 19-9

Agrégat de glycoprotéines de type mucine présent sous forme d'antigène circulant, dosable dans le sérum par techniques radio-immunologique ou immuno-enzymatique.
L’épitope du CA 19-9 est fixé sur un antigène du groupe Lewis a puis exprimé à la surface des cellules. Chez les sujets négatifs pour le groupe Lewis (Lewis a-, b-), le taux du Ca 19-9 sérique est nul. Cette situation concerne environ 7-10% de la population. La limite supérieure de sa concentration sérique chez le sujet normal se situe à 37 U/ml.Le CA 19-9 est essentiellement un marqueur des adénocarcinomes pancréatiques, mais son manque de sensibilité et de spécificité, particulièrement en cas de cholestase ou de diabète, ne permet pas de l’utiliser comme un marqueur diagnostique performant. Il ne doit pas être utilisé pour le dépistage des patients à risque de cancer du pancréas et pas non plus pour différencier les malades atteints de cancer du pancréas de ceux ayant une pancréatite chronique car les taux du CA 19-9 ne sont pas significativement différents.Dans le bilan préopératoire d’un cancer du pancréas, le CA 19-9 peut être informatif, car au-dessus d’un seuil de 100 ou 157 U/ml, en l’absence d’ictère, il est prédictif d’une maladie métastatique non vue à l’imagerie ou d’une non résécabilité. Pour les tumeurs localement avancées et borderline, si, en cas de traitement néo-adjuvant, l’évaluation repose avant tout sur l’imagerie, la diminution du CA 19-9 pourrait être un élément supplémentaire suggérant une réponse tumorale pouvant conduire à une décision d’exérèse. Après chirurgie curative, le CA 19-9 est un élément prédictif de la survie globale. La diminution de l’Ag CA 19-9 pourrait aussi avoir un intérêt pronostique en cas de chimiothérapie palliative.  Le CA 19-9  peut également être augmenté dans d’autres tumeurs du tube digestif, de l’ovaire ou du poumon, et dans les pancréatites ou les maladies biliaires, mais ne constitue pas un marqueur étant donné son manque de spécificité.  

→ cancer du pancréas

[C1, F2, L1]

Édit. 2020

cachexie diencéphalique de Russell

Russell’s syndrome

Maladie rare caractérisée anatomiquement par une tumeur de la partie antérieure de l’hypothalamus et cliniquement par un amaigrissement débutant dès les deux premières années de la vie, rapidement progressif, due à une fonte exclusive du tissu adipeux.
Cet amaigrissement s’accompagne d’une accélération de la croissance et de la maturation osseuse et contraste avec un état d’euphorie, d’exacerbation de l’appétit et de l’activité motrice.

A. Russell, pédiatre britannique (1951)

Étym. gr. kakos : mauvais ; hexis : disposition

Syn. Russell (syndrome de), cachexie de Russell

→ Russell (syndrome de)

[N1,H1]

cachexie thyroïdienne l.f.

thyroid cachexia

Phase ultime de l’évolution du myxoedème ou des formes aigües de la maladie de Basedow.

J. Hellot, traducteur français (1651)

→ hypothyroïdie, Basedow (maladie de)

[N1,O4]

caisse d'assurance retraite et de la santé au travail l.f.

insurance fund retreat and of the occupational health

Organisme de sécurité sociale de métropole de compétence régionale exerçant ses missions dans les domaines de l'assurance vieillesse et de l'assurance des risques professionnels (accidents du travail et maladies professionnelles).
Les caisses d'assurance retraite et de la santé au travail ont succédé, le 1er juillet 2010, aux caisses régionales d'assurance maladie.

Sigle : CARSAT

[E2]

caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) l.f.

national health insurance fund of the salaried workers

Etablissement public national à caractère administratif jouissant de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, chargé de la gestion de certains risques du régime général de sécurité sociale.
La CNAMTS assure entre autres sur le plan national, la gestion des assurances maladie, maternité, décès, invalidité d’une part, et des accidents du travail et maladies professionnelles d’autre part. Elle exerce une action sanitaire et sociale, organise et dirige le contrôle médical, émet un avis sur tous les projets de lois et règlements intéressant les matières de sa compétence. Elle dispose d’un pouvoir d’inspection et de contrôle à l’égard des caisses régionales et des caisses primaires du régime général de Sécurité Sociale. Elle est administrée par un conseil d’administration.

[E]

caisse primaire d'assurance maladie l.f.

regional health insurance agency

Organisme du régime général de sécurité sociale, chargé dans une circonscription de l’immatriculation de ses affiliés, de l’octroi et de la gestion des prestations, de l’action sanitaire et sociale dans le cadre du programme défini par le ministre chargé de la Sécurité sociale.
La France compte 129 caisses primaires.
Les caisses primaires assurent les prestations en nature et en espèces prévues par l’assurance maladie, la protection de la maternité, les pensions d’invalidité, les indemnités après décès, la réglementation sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Elles sont administrées par des conseils d’administration.

Sigle  : CPAM

[E]

calcitonine n.f.

calcitonin

Hormone polypeptidique sécrétée par des cellules épithéliales, dites para-folliculaires ou cellules C, de la glande thyroïde, qui a un effet hypocalcémiant.
Son action s’exerce :
1) sur le rein où elle augmente discrètement l’excrétion du calcium, des phosphates et du sodium par un mécanisme faisant intervenir l’AMP cyclique et une protéine –kinase ;
2) sur l’intestin où elle accroît l’absorption du calcium et diminue son excrétion ;
3) sur les cellules osseuses en s’opposant à l’ostéolyse.
Calcitonine et parathormones sont antagonistes pour le métabolisme du calcium mais synergique pour celui des phosphates. La sécrétion de la calcitonine est indépendante de celle des hormones iodées et de l’action de l’hypophyse. Ses propriétés ostéoclastiques la font utiliser dans le traitement de la maladie de Paget, l’ostéoporose et les hypercalcémies par ostéolyse maligne.
Le dosage de la calcitonine peut être effectué sur le sérum ou le plasma par technique immunométrique. Une élévation de la concentration de calcitonine est observée dans les cancers médullaires de la thyroïde, avec une bonne spécificité et une sensibilité satisfaisante. Sa concentration peut, toutefois, également augmenter chez les patientes prenant des contraceptifs oraux, dans les intoxications éthyliques, au cours de la grossesse, dans les thyroïdites, dans l’insuffisance rénale chronique et dans certaines autres pathologies tumorales.

D. H. Copp, physiologiste canadien (1962) ; P. Hirsch, biologiste américain (1963) ; J. Paget, Sir, chirurgien britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci- calcium, tonus : tension (d’une corde)

Syn. thyrocalcitonine

Sigle TCT

→ thyroïde, AMP cyclique, parathormone, Paget (maladie de), cancer médullaire de la thyroïde, thyroïdite, insuffisance rénale chronique

[O4,C2]

Édit. 2018

calpaïnopathie n.f.

capainopathy

Maladie congénitale due à une anomalie du gène codant pour la calpaïne 3, observée dans un certain nombre de familles de différents pays (La Réunion, Brésil, Pays basque, Japon, etc.).

→ calpaïne 3

[Q2]

canalopathie ionique l.f.

ionic canalopathy

Ensemble d'affections caractérisées par l'atteinte d'un des types de canaux ioniques membranaires.
On décrit dans ce groupe : la maladie de Thomsen, de transmission autosomique dominante (canalopathie du chlore), l'adynamie épisodique héréditaire de Gamstorp (canalopathie du sodium), la paramyotonie de von Eulenburg (canalopathie du sodium) et la paralysie périodique hypokaliémique familiale de Westphal (canalopathie du calcium).

J. Thomsen, médecin danois (1875) ; A. von Eulenburg, neurologue allemand (1886) ; C. Westphal, neurologue allemand (1883) ; Ingrid Gamstorp, neuropédiatre suédoise (1956)

Étym. : gr. koinè kanna, roseau, canne, pathê : maladie

→ Thomsen (maladie de), Gamstorp (maladie de), von Eulenburg (maladie de), Westphal (maladie de)

[C3,Q2]

Canavan-van Bogaert-Bertrand (maladie de) l.f.

Canavan-van Bogaert–Bertrand’s disease

Maladie autosomique récessive, qui commence pendant la première année de vie par une hypotonie, une régression psychomotrice et une macrocrânie évolutive, développement d'une atrophie optique avec baisse de la vision, mouvements oculaires anormaux, nystagmus et évolution vers la cécité précoce.
L'évolution est grave, avec hypertonie sévère, apparition d'un syndrome pyramidal, de troubles digestifs, d'hyperthermie. Le décès survient le plus souvent avant deux ans.

Myrtelle May Canavan, neuropathologiste amércaine (1931) ; L. Van Bogaert, baron, neuropathologiste belge, membre de l'Académie de médecine et I. G Bertrand, neuropathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1949)

[Q2,P2]

cancer de la vulve l.m.

vulvar cancer

Cancer épidermoïde représentant de à 4% des cancers génitaux de la femme, ulcération ou bourgeon développé sur une grande lèvre, plus rarement la petite lèvre ou le clitoris, survenant après la ménopause.
Son incidence  annuelle de 605 cas en 1990 est, en 2018 de 838 cas (source INCa), ceci étant dû vraisemblablement au vieillissement de la population. Atteignant plutôt les femmes âgées (l’âge médian au diagnostic est 77 ans), sa fréquence est de 1/15 000 après 85 ans. Il succède parfois à une dystrophie vulvaire, une leucoplasie, un kraurosis ou un lichen scléro-vulvaire, ou à une maladie de Bowen ou extramammaire de Paget. Carcinome pavimenteux spinocellulaire différencié dans 90% des cas, il est très lymphophile envahissant les nœuds lymphatiques inguino-cruraux puis iliaques. S’il est invasif, il se traite par la vulvectomie, partielle, unilatérale, totale ou élargie à un curage ganglionnaire inguinal avec éventuellement une radiothérapie ou une chimiothérapie complémentaire, en fonction de son étendue. Seulement intraépithélial ou in situ, il bénéficie d’un traitement limité à une vulvectomie partielle ou unilatérale

J. T. Bowen, dermatologue américain (1912), J. Paget, Sir, chirurgien britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)

Syn. carcinome de la vulve

→ épidermoïde, dystrophie vulvaire, leucoplasie, kraurosis, lichen, Bowen (maladie de), Paget (maladie extramammaire de)

[F2, O3]

Édit. 2020

cancer de l'ethmoïde l.m.

ethmoid cancer

Le cancer de l’ethmoïde est essentiellement un adénocarcinome, (80% des cas) touchant principalement les travailleurs du bois surtout exotique (menuisiers et ébénistes).
Tumeur rare représentant 0,2 à 0,8% des cancers, 2,5 à 3% des cancers de la tête et du cou. Il concerne 10 % des cas de cancers des sinus de la face. Les hommes de plus de 50 ans sont les plus touchés Il est dû à la suspension dans l'air de tanins contenus dans le bois, qui s'accumulent sur la muqueuse des fosses nasales. Les signes en sont une obstruction nasale et des écoulements par le nez, répétés peu abondants, clairs ou hémorragiques, Le traitement dépend de l’extension précisée par la classification T.N.M., chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Il est considéré comme une maladie professionnelle

→ adénocarcinome, cancer de la tête et du cou, TNM (classification)

[E2, F2, P1]

Édit. 2020

cancer des voies biliaires l.m.

bile duct cancer

Le cancer des voies biliaires est un adénocarcinome se développant à partir de l'épithélium revêtant les voies biliaires.
Moins fréquent que l’hépatocarcinome, son incidence est, en France, d’environ 2000 nouveaux cas par an ; elle a tendance à augmenter. Ce cancer est beaucoup plus fréquent en Asie, notamment en Thaïlande, et à Hong Kong sans doute en raison de parasitoses endémiques de ces régions. Il est 6 fois plus fréquent aux États-Unis qu'en France (pour une population 4 fois plus élevée). Dans la moitié des cas il concerne la vésicule biliaire, les deux derniers quarts se répartissant entre voies biliaires intra- et extra-hépatiques. La lithiase biliaire, la colite ulcéreuse, l'angiocholite sclérosante primitive, la maladie de Caroli, les infections à Clonorchis sinensis sont des facteurs favorisant sa survenue.
Contrairement à ce que l’on observe avec l’hépatocarcinome, il ne s’accompagne pas d’une augmentation de l’α-foetoprotéine. Son traitement est essentiellement chirurgical. La chimiothérapie et la radiothérapie sont des traitements d’appoint utilisés surtout dans les formes évoluées.

J. Caroli, gastro-entérologue français (1958)

Syn. cholangiocarcinome, carcinome cholangiocellulaire

→ adénocarcinome, cholangiocarcinome hilaire, lithiase biliaire, colite ulcéreuse, angiocholite, Caroli (maladie de), Clonorchis sinensis

[F2,L1]

cancer in situ l.m.

carcinoma in situ

Prolifération épithéliale maligne, limitée au plan du tissu qui lui a donné naissance.
Ce stade pré-invasif du cancer a tous les caractères cytologiques de malignité, mais sans franchissement de la membrane basale épithéliale. Il ne s'accompagne pas de métastase. Les expressions cliniques de cette lésion intraépithéliale sont nombreuses, tant cutanées que muqueuses (génitales, anales et buccales) ou glandulaires (mammaire lobulaire ou canalaire). Si les localisations génitales et anales semblent liées aux infections à papillomavirus, il n'en est pas de même pour les lésions buccales dont l'étiopathogénie est surtout associée à une intoxication alcoolo-tabagique.
Le terme carcinome in situ est souvent utilisé pour désigner les altérations observées dans la phase intra-épidermique de la maladie de Bowen. L'épithélioma ou carcinome intra-épidermique est également considéré par certains comme un exemple de carcinome in situ.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912)

Syn. cancer intra-épithélial, carcinome in situ

→ cancer in situ de l'endomètre, cancer in situ du col utérin, papillomavirus, carcinome intraépidermique, Bowen (maladie de)

[F2]

cancer secondaire l.m.

secondary carcinoma

1) Tumeur cancéreuse, appelée métastase, développée à distance d’un cancer (par opposition au terme cancer primitif ou primaire).
Ces localisations peuvent concerner n’importe quel organe .
2) Cancer survenant chez un malade traité, voire guéri d’un premier cancer, le second étant différent mais vraisemblablement la conséquence des effets délétères du traitement du premier cancer.
Par ex., cancer du sein, survenant après irradiation médiastinale pour une maladie de Hodgkin à moins qu’il ne s’agisse d’un terrain prédisposé.

→ métastase, second cancer

[F2]

cancers professionnels l.m.p.

occupational cancers

Cancers dont l’origine professionnelle est reconnue ou suspectée selon des critères expérimentaux, épidémiologiques et réglementaires.
Ces cancers représenteraient entre 4 et 8,5% des cancers soit 13000 à 30000 cas par an en France.
Il existe trois catégories de cancers professionnels en raison du degré de certitude de leur origine.
1) Cancers reconnus en France (classés au journal officiel selon 16 tableaux du régime général de l’assurance maladie) et au niveau international, correspondant à 107 agents cancérogènes indéniables classés en catégorie 1 par le centre international de recherche sur le cancer :
- cancers cutanés et broncho-pulmonaires dus à l’arsenic (tableau 20), aux brais et huiles de houille, et suies de combustion du charbon (tableau 16), aux huiles minérales et suies de combustion des produits pétroliers (tableau 36) ;
- cancers de l’ethmoïde et des sinus de la face dus au nickel (tableau 37) et aux poussières de bois (tableau 47) ;
- cancer des cavités nasales dus aux chromates (tableau 10), carcinomes du nasopharynx dus à l’aldéhyde formique (tableau 43) ;
- cancers broncho-pulmonaires dus aux chromates (tableau 10), au nickel (tableau 37), au cobalt (tableau 70), à l’amiante (tableau 30), à la silicose (tableau 25), au bis chlorométhyle éther (tableau 81), aux rayonnements ionisants (tableau 6) ;
- mésothéliome pleural, péricardique ou péritonéal dû à l’amiante (tableau 30) ;
- cancers de la vessie dus à des colorants et amines aromatiques (tableau 15), aux huiles et goudrons de houille et suies de combustion du charbon (tableau 16) ;
- cancers des voies urinaires liés à l’arsenic (tableau 20) ;
- cancers hépatiques dus à l’arsenic (tableau 20), au chlorure de vinyle monomère (tableau 52) et complication des hépatites B et C (tableau 45) ;
- angiosarcomes du foie dus à l’arsenic (tableau 20) ou au chlorure de vinyle monomère (tableau 52) ;
- sarcomes osseux et leucémies dus aux rayonnements ionisants (tableau 6) ;
- leucémies dues au benzène (tableau 4) ;
- glioblastome cérébral dus aux nitrosoguanidines et nitroso-urées (tableau 85).
2) Cancers pour lesquels un ensemble d’arguments scientifiques montrent le caractère professionnel très probable selon un groupe d’experts du centre international de recherche sur le cancer avec deux catégories :
- 2A « probablement cancérogènes pour l’homme » (exemple le tétrachloréthylène)  ;
- 2B « peut- être cancérogènes pour l’homme » (exemple le plomb).
3) Cancers dont le caractère professionnel est suspecté mais non totalement prouvé, par exemple le travail de nuit avec insuffisance de sécrétion de mélatonine et hyperœstrogénie secondaire du fait du travail à la lumière entre minuit et 5 heures du matin chez des personnels de soins.

[F2,E2]

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