système international d'unités (SI) l.m.
international unit system
Système dans lequel les unités de toutes les grandeurs physiques dérivent des unités de base de 7 grandeurs fondamentales: longueur (m), masse (kg), temps (s), intensité électrique (A), température thermo
En France, ce système S.I. a été officiellement adopté (Décret du 3 mai 1961, modifié par les décrets du 5 janvier 1966, du 4 décembre 1975 et du 26 février 1982). Il remplace le système CGS dont les unités de base étaient : longueur (cm), masse (g), et temps (s) ; mais certains textes se réfèrent encore à ses unités dérivées.
système nerveux extrapyramidal l.m.
extrapyramidal system
Système moteur distinct du système pyramidal , formé par les régions corticales extrapyramidales, les noyaux du thalamus, la région sous-thalamique, le corps strié, le noyau rouge.
Ce système joue un rôle dans les mouvements associés, la posture et la motricité automatique
[H1]
Édit. 2020
système rénine-angiotensine-aldostérone l.m.
renin-angiotensin system
Système endocrine qui intervient dans la régulation à court et à long terme de la pression artérielle.
Les principaux médiateurs du système sont la rénine, l'angiotensine et l'aldostérone.
Toutes les actions physiologiques, pharmaco
Trois mécanismes principaux interviennent dans la libération de la rénine : un mécanisme général, la diminution de la volémie qui réduit l'apport sodé au niveau de la macula densa, et deux mécanismes intra-rénaux :
- 1) la diminution de la pression dans l'artère glomérulaire afférente (baroréflexe intrarénal),
- 2) la stimulation du système sympathique qui libère la rénine par action sur les récepteurs β1 de l'artère glomérulaire afférente.
La rénine est un enzyme (aspartyl-protéase) découvert dans le rein. Elle agit sur l'angiotensinogène (α2-globuline synthétisée par le foie) en libérant un décapeptide, l'angiotensine I, qui est la substance à action hypertensive. Ce décapeptide est transformé en angiotensine II (octapeptide) par l'action de l'enzyme de conversion de l'angiotensine. Cet enzyme a une action peu spécifique : p. ex., il agit aussi sur la bradykinine. D'autres enzymes, les angiotensinases, peptidases non spécifiques, dégradent les angiotensines naturelles ou synthétiques.
L'angiotensine II, a une action hypertensive par plusieurs mécanismes :
- vasoconstriction directe (action sur les récepteurs AT1), potentialisation de l'action vasoconstrictrice de la noradrénaline, augmentation de l'activité sympathique, augmentation de la libération de catécholamines par la médullosurrénale ;
- inhibition de l'excrétion rénale du sodium et de l'eau : libération d'aldostérone, modification de l'hémodynamique intrarénale.
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (captopril et dérivés) sont utilisés pour le traitement de l'insuffisance cardiaque et de l'hypertension artérielle. Des antagonistes non peptidiques des récepteurs à l'angiotensine II (losartan) ont une action antihypertensive. Des inhibiteurs de la rénine sont en cours de développement.
R. Tigerstedt, physiologiste finlandais et P. Bergman, étudiant en médecine suédois, découverte de la rénine (1898)
→ rénine, angiotensine, aldostérone
système vestibulaire l.f
Ensemble des structures anatomiques qui, de l’appareil récepteur périphérique situé dans l’oreille interne jusqu’aux diverses structures centrales, participent, avec le système visuel et proprioceptif, au maintien de l’équilibre et d’une vision nette.
Le rôle de l’appareil vestibulaire périphérique est de stabiliser le corps et la vision lors de nos déplacements dans un monde tri-dimensionnel soumis par ailleurs à une force gravitationnelle permanente. Présent dès l’apparition des vertébrés, il s’est progressivement complexifié au cours de l’évolution et comprend chez l’homme deux systèmes, otolithique et canalaire.
Le système otolithique est constitué de l’utricule et du saccule. Ces deux formations membraneuses en forme de sac sont situées à l’intérieur du vestibule osseux et sont reliées entre elles par un canal en Y, le ductus utriculo-saccularis, lequel se poursuit par le ductus endolymphaticus (ou aqueduc du vestibule) menant au sac endolymphatique. Le volume de l’utricule est estimé à 30 mm3, celui du saccule à 10 mm3. Ces deux structures sont remplies d’endolymphe, liquide de type intra-cellulaire, riche en potassium (160-180 mM), faible en sodium (< 1 mM) et faiblement chargé positivement (+ 5-10 mV).
Les structures otolithiques sont sensibles à trois types de stimulus : l’accélération linéaire, selon les trois axes classiques du pitch (mouvement de tête signifiant OUI), du yaw (mouvement de tête signifiant NON) et du roll (mouvement de tête signifiant « peut-être »), le déplacement statique, tel que l’inclination de la tête selon ces trois axes, et la force gravitaire agissant vers le sol.
Le système canalaire est constitué de trois canaux semi-circulaires membraneux qui s’abouchent sur la cavité utriculaire. Ces canaux, inclus dans des canaux osseux du même nom, sont classiquement disposés dans les trois plans de l’espace, soit dans un plan relevé d’environ 30° par rapport au plan horizontal pour le canal latéral, dans un plan sagittal orienté de 45° vers le dehors pour le canal antérieur et orienté de 45° vers l’arrière pour le canal postérieur. Ces trois canaux sont sensibles aux accélérations (ou décélérations) angulaires.
Comme les mouvements de la vie courante se produisent dans n’importe quel plan de l’espace, c’est en pratique les deux types de structure, otolithique et canalaire, qui sont stimulés.
L’appareil vestibulaire est donc à la fois un accéléromètre et un capteur inertiel qui informe à tout moment les centres supérieurs de notre position dans l’espace, lesquels, en retour, déclenchent une réponse réflexe des muscles somatiques et oculo-moteurs permettant le maintien de notre équilibre et d’une vision nette.
Étym. lat. vestes : vêtement (le vestibule était la pièce où le visiteur laissait ses vêtements d’extérieur)
→ exploration instrumentale vestibulaire, épreuves vestibulaires, macule otolithique, utricule, saccule, nerf vestibulaire, noyaux vestibulaires, examen vestibulaire, syndrome vestibulaire central, syndrome vestibulaire périphérique, vestibulaire
thermodynamique (lois de la) l. f.
thermodynamic laws, thermodynamic principle
Principes généraux d’après lesquels une énergie thermique peut se transformer en énergie mécanique (ou autre) et réciproquement.
- Premier principe, de conservation de l’énergie (Mayer 1) : l’énergie totale, somme des énergies d’un système isolé, reste constante. Des échanges entre les énergies thermiques et mécaniques peuvent se produire mais dans un système isolé (sans échanges avec l’extérieur) il n’y a pas de production spontanée et supplémentaire d’énergie.
- Deuxième principe dit de dégradation de l’énergie, ou principe d’évolution : l’énergie évolue de la plus haute intensité vers la plus basse. « Un moteur ne peut fonctionner que si la chaleur passe d’une source chaude à une source froide » (Carnot 2) ; réciproquement « Le passage de la chaleur d’un corps froid vers un corps chaud n’a jamais lieu spontanément » (Clausius 3). Il en résulte que la température d’un corps ne peut augmenter que grâce à un apport d’énergie. La dégradation de l’énergie a été nommée entropie 4. L’entropie augmente au cours des transformations énergétiques et celles-ci sont irréversibles (principe d’irréversibilité).
- Troisième principe : il stipule que l’entropie d’un corps ou d’un système est nulle à 0°K (zéro absolu soit -273°15) (Nernst 5). L’agitation moléculaire et les échanges thermiques diminuent à l’approche du zéro absolu (en biologie un abaissement de la température diminue le métabolisme).
- Principe 0 ou principe d’équilibre thermique : Si deux systèmes sont en équilibre thermique avec un troisième, ils sont en équilibre entre eux. Si deux corps en contact sont en équilibre thermique, ils sont à la même température.
- La relation de réciprocité d’Onsager 6 relie force et flux dans un processus irréversible : si un corps chaud est en contact avec un corps froid la chaleur passe spontanément du corps chaud vers le corps froid jusqu’à un état final, l’équilibre des températures. Cette relation, parfois appelée quatrième principe de thermodynamique, est très générale en physique (équilibre des pressions, diffusion électrique etc.).
En thermodynamique le potentiel fondamental est l’énergie interne. L’énergie se décompose en énergie de travail W et énergie thermique Q avec une équivalence de la chaleur et du travail selon la constante de Joule 7 : W=J/Q. En biologie les transformations se font assez lentement et dans des conditions isothermes. En quelque domaine que ce soit, mécanique, électrique, électronique, biologique, etc. ces principes n’ont jamais été démentis.
1 J.R. von Mayer, médecin et physicien allemand (1842 et 1845),2 N. Sadi Carnot, physicien français (1824) ; 3 J.R. Clausius, physicien allemand (1854) (41865), 5 W.H. Nernst, physicien et chimiste allemand, prix Nobel de chimie 1920 (1906), 6 L. Onsager, physicien et chimiste américain d’origine norvégienne, prix Nobel de chimie 1968 (1931), 7 J.P. Joule, physicien britannique (1843 et 1849)
Étym. gr. thermos : chaleur, dunamis : force, travail
→ entropie
transplantations d'organes (complications neurologiques des) l.f.p.
neurologic complications of organ transplantations
Ensemble de complications neurologiques liées surtout à l'immunosuppression induite par la thérapeutique antirejets.
Sont décrites : des infections du système nerveux central dans 5 à 10% des transplantations (principalement en cause : Listeria monocytogenes, Aspergillus fumigatus et Cryptococcus neoformans) ; des lymphomes primitifs du système nerveux central dans 2% des cas (une relation avec le virus Epstein-Barr est évoquée) ; des crises convulsives, manifestations d'une encéphalopathie aigüe ou survenant isolément ; également fréquentes, des complications neurologiques propres aux effets neurotoxiques des immunosuppresseurs.
Les complications les plus nombreuses lors des transplantations rénales sont les infections et les accidents thromboemboliques. Le risque majeur lors de 25 à 40% des transplantations hépatiques est celui d'une encéphalopathie métabolique ou anoxique. Des lésions vasculaires cérébrales ischémiques sont rapportées dans un tiers des cas, de même que les infections du système nerveux central et les crises épileptiques. Chez plus de 10% de ces patients, sont observés des tableaux clinicoradiologiques de myélinolyse centrale du pont. Les transplantations cardiaques exposent précocement aux accidents ischémiques et anoxiques, et à distance à des complications des traitements immunosuppresseurs, ou encore à des accidents vasculaires, de mécanismes divers. Les transplantations pancréatiques sont grevées d'accidents focaux ou globaux anoxiques. Les transplantations de moelle osseuse se compliquent d'accidents neurologiques dans 50% des cas, dominés par l'encéphalopathie métabolique, les infections fongiques et virales, les accidents vasculaires liés ou non à une endocardite.
Sont également relevées des manifestations neurologiques au cours du syndrome dysimmunitaire dit "graft-versus-host-reaction".
→ greffon contre l'hôte (réaction du)
tri préalable des appels d'urgence l.m.
triage of emergency calls
Tri des appels d'urgence par l'octroi de numéros gratuits d'urgence spécialisés à la police, aux pompiers et au SAMU permettant d'orienter rapidement les interventions des secours.
Le téléphone est le véhicule privilégié de l'alerte, mais si l'appel téléphonique n'arrive au service de secours qu'après retransmission par un ou plusieurs intermédiaires l'information est retardée et appauvrie : il en résulte un retard des soins qui peut avoir des conséquences graves en cas de détresse vitale. Pour éviter cet inconvénient les Russes ont instauré, dès 1903, le tri préalable des appels d'urgence en donnant les numéros d'appel direct distincts pour : 1, la police, 2, les pompiers et 3, les appels aux médecins.
Ce système existe toujours en Russie (les numéros sont maintenant à trois chiffres 101, etc., pour éliminer les fausses manœuvres) où il a donné lieu à la mise en place de stations médicales dotées d'ambulances dès le début du siècle. En France il est à l'origine des trois numéros d'appel d'urgence gratuits, 18, pompiers, 17, police et 15, ce dernier est servi (sous confidentialité médicale) par le SAMU devenu «Centre 15».
Après la 2e Guerre Mondiale, la Suède a mis en place un système d'appel téléphonique d'urgence unique (numéro 119), ce qui est une régression par rapport au système russe. Cette mauvaise solution a été adoptée par une Directive Européenne.
En effet, l'appelant sait très bien s'il recherche un secours de police, de l'aide pour un incendie ou des soins médicaux en urgence : son tri préalable fait gagner un temps précieux, car un central 119 unique implique un délai d'1 à 5 minutes pour diriger l'appel sur le service compétent. Ce retard a des conséquences graves en cas de détresse vitale : il implique qu'aucun arrêt cardiaque ne puisse être traité par un tel service d'urgence.
De toute façon tout maillon intermédiaire de transmission de l'alerte entraine un affaiblissement de l'information et des frais supplémentaires inutiles car un central 119 ne supprime pas ceux de la police, des pompiers ni du SAMU, et il ne sert pas à grand-chose.
→ appel unique dans l'Union Européenne
varices œsophagiennes l.m.
esophogeal varices
Dilatation permanente des veines de la portion caudale de l'œsophage et, souvent, de la grosse tubérosité de l'estomac, servant de dérivation entre le système porte et le système cave.
Ces varices siègent dans la couche sous-muqueuse du tube digestif.
Les causes des varices digestives sont l'hypertension portale, la thrombose de la veine splénique, le cavernome de la veine porte et certaines lésions médiastinales obstruant la veine cave supérieure.
L'hémorragie consécutive à leur rupture est la principale complication.
L'arrêt de l'hémorragie se fait par la pose d'un ballonnet œsophagien (sonde de Blakemore) ou, plus fréquemment aujourd'hui, par sclérose endoscopique des varices.
Un traitement médical doit être associé pour réduire la pression dans le système porte (terlipressine, somatostatine, bétabloquants). Exceptionnellement on peut être amené à avoir recours à la chirurgie (anastomose portocave).
Étym. lat. varix : varice
→ hypertension portale, sonde de Blakemore, terlipressine, somatostatine, β bloquant, anastomose portocave, varices digestives (sclérothérapie des)
[L1, L2, K4]
Édit. 2020
veines de la colonne vertébrale l.f.p.
venae columnae vertebralis (TA)
veins of vertebral column
Ensemble des plexus veineux qui parcourent de bas en haut la colonne vertébrale.
Ce sont le plexus veineux vertébral externe et antérieur, le plexus veineux vertébral externe et postérieur, le plexus veineux vertébral interne et antérieur et le plexus veineux vertébral interne et postérieur. Ce grand réseau veineux constitue une voie importante de retour du sang veineux de la moitié sous-diaphragmatique du corps et une anastomose efficace entre le système cave inférieur et le système cave supérieur. Ces plexus sont sollicités lors de toute compression du système cave inférieure physiologique (toux, efforts abdominaux par exemple) ou pathologique (thrombose cave inférieure). Ces plexus ont été anatomiquement décrits par G. Breschet; Batson a mis en évidence leur rôle dans les métastases vertébrales des cancers de la prostate.
G. Breschet, anatomiste et chirurgien français, membre de l'Académie nationale de médecine et de l'Académie des Sciences (1819); O. Batson, chirurgien américain (1940)
[A1, K4]
Édit. 2020
système glymphatique l.m.
glymphatic system
Système circulatoire original entre le liquide cérébrospinal, le parenchyme cérébral et les lymphatiques des méninges, permettant de drainer les fluides interstitiels en l’absence de vaisseaux lymphatiques dans le cerveau.
Dans la plupart des organes, le drainage tissulaire est assuré par le système lymphatique qui se déverse dans la circulation veineuse par le canal lymphatique. Dans le cerveau, les espaces périvasculaires bordés par les astrocytes constituent le lieu d’échange avec le liquide cérébrospinal. Des vaisseaux lymphatiques méningés complètent le système glymphatique cérébral en assurant la clairance des macromolécules vers le réseau lymphatique périphérique.
→ liquide cérébrospinal, système lymphatique, vaisseau lymphatique
[A1, C2]
Édit. 2019
glymphatique adj.
glymphatic
Qualifie le système de circulation du fluide cérébrospinal à travers le système nerveux central.
Le cerveau ne possède pas de lymphatiques. Les déchets cellulaires s’évacuent par un espace, dit périvasculaire, défini par les extensions d’astrocytes (un type de cellule gliale) entourant complètement les artères, les capillaires et les veines cérébrales. Le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau pénètre dans ce système via des espaces périvasculaires situés le long des artères et ressort le long des veines.
M, Nedergaard, neurologue danois (1957)
Étym. fusion de glia et de lymphatique
[H1]
Édit. 2020
absorption visuelle (système d') l.m.
absorption system
Système de vision des couleurs dû à l'absorption sélective d'une partie des longueurs d'onde du spectre par les milieux transparents de l'œil.
On parle de système d'absorption pathologique quand s'ajoute à l'absorption normale physiologique d'une partie des longueurs d'onde de la lumière l'absorption excessive de certaines d'entre elles, habituellement dans les courtes longueurs d'onde, par ex. dans l'évolution de la cataracte.
Étym. lat. absorbere : absorber
[C2,P2]
Édit. 2016
acroparesthésie n.f.
acroparesthesia
Symptôme fonctionnel à type de paresthésies, d'engourdissements des extrémités des membres, traduisant une souffrance du système nerveux périphérique sensitif de niveau variable : racine sensitive, ganglion rachidien postérieur, troncs des nerfs.
Selon les possibles niveaux d'atteinte, elles ont une topographie différente : en bandes (topographie radiculaire), en "gants" ou en "chaussettes". Elles peuvent être symétriques ou non, augmentées par certains efforts, et se superposer à des déficits sensitifs objectifs, ainsi qu'à d'autres signes (moteurs, trophiques, etc.,) caractéristiques d'une atteinte du système nerveux périphérique. Elles sont permanentes ou non, par ex. à prédominance nocturne comme au cours du syndrome du canal carpien.
Étym. gr. akros : extrémité
[H1]
Édit. 2017
adaptation n.f.
adjustment
1) Modification évolutive par laquelle une cellule, un organisme, ou une population, s'ajuste à une nouvelle contrainte, sa survie et sa reproduction en étant améliorées.
2) Ensemble des phénomènes qui permettent la mise en accord et l'interaction harmonieuse d'un organisme et, plus généralement, d'un individu avec de nouvelles conditions d'environnement, en particulier des circonstances éprouvantes.
D'un point de vue comportemental, les maladies mentales sont souvent perçues comme des troubles de l'adaptation. En neurologie, les affections des lobes frontaux perturbent l’adaptation comportementale.
3) Au sens général, ajustement du fonctionnement d'un organe ou d'un système à un changement des conditions de fonctionnement.
En vision binoculaire, mise en jeu d'éléments moteurs et sensoriels : maintien de la fixation lors des mouvements de la tête, mouvement correctif quand on place un prisme devant un œil, ajustement de la fixation après une saccade, etc.
En strabologie, ensemble des modifications sensorielles et motrices qui accompagnent la déviation et qui permettent au système oculomoteur de compenser les perturbations qu'elle entraîne.
Il y a adaptation sensorielle et motrice ; il serait plus exact de dire ici "compensation".
En contactologie, pratique médicale consistant à déterminer tous les paramètres d'une lentille de contact pour qu'elle puisse respecter les impératifs anatomiques et physiologiques de l'œil auquel elle est destinée, pendant son temps de port, tout en jouant le rôle optique, thérapeutique ou esthétique auquel elle est destinée.
4) En acoustique, modification de la perception sonore lors d'une stimulation acoustique continue.
Elle entraîne normalement une diminution progressive de la perception du stimulus sonore. En cas d'adaptation dite pathologique, cette diminution de la perception est très rapide, de l'ordre de quelques secondes. Un tel phénomène témoigne d'une atteinte du nerf auditif (neurinome de l'acoustique par ex).
Étym. lat. adaptare : ajuster
[C2, C3, E1, P1, P2]
Édit. 2020
aération n.f.
aeration
Modalités de renouvellement de l’air d’une habitation ou de tout espace clos.
Système technique mis en œuvre pour réaliser ce renouvellement.
L’aération vise trois objectifs pour obtenir des conditions normales d’utilisation des locaux :
- assurer, sans courant d’air gênant, la salubrité de l’espace quant à sa teneur en humidité et sa pollution intérieure ;
- permettre un renouvellement de l’air des pièces principales, par l’ouverture de leurs ouvrants ;
- ne pas gêner le voisinage.
- l’aération peut être assurée naturellement ou par un système mécanisé. Les conditions d’aération et les débits des systèmes mécaniques sont fixés réglementairement.
→ air, pollution atmosphérique intérieure aux locaux
[E1]
Édit. 2020
agence technique de l'information sur l'hospitalisation l.f.
agency for information on hospital care
Agence instituée par décret du 26 décembre 2000 chargée des travaux techniques concourant à la mise en œuvre et l’accessibilité aux tiers du programme de médicalisation du système d’information (PMSI), nécessaires à l’analyse de l’activité d’un établissement médical comme de chacun des organismes qui le composent.
Les textes la concernant sont repris par les articles R 6113-33 et suivants du code de la santé publique. Elle est administrée par un conseil d’administration comprenant six représentants de l’État, dont le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins et six personnalités qualifiées nommées par arrêté. Le conseil d’administration est présidé par le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins.
Les informations recueillies consistent en statistiques agrégées ou en données codées pour chaque patient, de telle sorte que celui-ci ne puisse pas être identifié.
L’agence délibère également sur la programmation des travaux qui lui sont confiés par l’État et sur les moyens à mettre en œuvre pour en assurer la réalisation.
Elle émet, aussi, toute observation ou recommandation en relation avec les systèmes d’information sur l’hospitalisation.
Les compétences de l’agence, notamment sur le plan financier, ont été élargies par la mise en œuvre du système de la tarification à l’activité, le programme PMSI permettant d’établir et d’évaluer avec précision le fonctionnement des établissements de santé.
Sigle ATIH
→ programme de médicalisation du système d'information
[E1,E3]
Édit. 2017
agoniste et antagoniste adj.
agonist and antagonist
Sens général : se dit d'une action opérant dans le même sens qu'une autre ou qui est en opposition avec elle.
En physiologie, muscle qui concourt ou s'oppose à un mouvement (par ex. dans le bras, le muscle triceps brachial est l'antagoniste du muscle biceps brachial).
En pharmacologie, substance ou système qui renforce ou neutralise l'action d'une autre substance ou système (par ex. les systèmes sympathique et parasympathique sont antagonistes).
L'affinité d'une substance active sur le plan pharmacologique est la tendance ou degré de stéréospécificité d'un ligand agoniste ou antagoniste à se combiner à un récepteur. Cette affinité est mesurée par l'étude de la liaison d'agonistes ou d'antagonistes radio-actifs sur le site du récepteur.
Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement ; antagônistês : adversaire
[C2,G3,I3]
Édit. 2017
aide grossissante l.f.
magnifying glass
Optique agrandissant une image.
Les principales aides grossissantes sont la loupe, le système microscopique, le système télescopique, l’agrandisseur électronique.
[B3,P2]
Édit. 2017
alcool éthylique l.m.
ethanol
Alcool primaire C2H5OH, éthanol, se présentant sous forme d’un liquide incolore, volatil, bouillant à 78°C, miscible à l’eau, très inflammable, d'odeur piquante et aromatique, de saveur âcre et chaude.
L'éthanol est un constituant universel résultant de la fermentation alcoolique provoquée en particulier par Saccharomyces cerevisiae, la Levure de bière : tout produit naturel contenant des sucres fermentescibles est amené à subir cette fermentation productrice d’alcool qui contribue à stabiliser ce produit (fabrication du vin, de la bière, du cidre, du lait, etc.). La fabrication des boissons alcooliques et de l’alcool pur est de grande importance industrielle. L’alcool peut en outre être produit en vue de la fabrication de biocarburants. Il peut être synthétisé industriellement.
Sous l’angle alimentaire et toxicologique, l’alcool doit être traité avec attention et des attitudes contradictoires sont exprimées par divers spécialistes. D’une part l’usage régulier de boissons alcoolisées est attesté depuis la plus haute antiquité dans la plupart des civilisations, d’autre part l’alcool fut introduit dans la panoplie des remèdes, en particulier sous des formes pharmaceutiques diverses (vins, élixirs...), le pouvoir dissolvant de l’alcool permettant la mise en solution de divers constituants naturels (fabrication d’extraits et teintures). Pendant longtemps, avant l’invention des anesthésiques, l’alcool fut largement utilisé pour réduire la sensation de la douleur et aussi les réactions de défense de sujets soumis à des situations conflictuelles (soumission chimique).
L’alcool est employé comme antiseptique à la dilution de 70%.
L'alcool est absorbé très rapidement par voie digestive avec les boissons ou par voie pulmonaire sous forme de vapeur. Par voie digestive, son absorption est complète en 30 à 45 minutes dans l’estomac (20%), puis dans le grêle proximal de manière passive. La vitesse d’absorption est très variable selon l’état de la vacuité gastrique qui l’accélère, selon la concentration de l’alcool et la nature des aliments qui l'accompagnent et selon les susceptibilités individuelles. Elle est retardée par la consommation de graisses en abondance et aussi par la prise de certains médicaments (amphétamines et anticholinergiques).
L’alcool diffuse en quelques dizaines de minutes dans tout l'organisme ; sa répartition est comparable à celle de l'eau. L'alcoolémie est maximale en une demi-heure environ après l'absorption orale, elle est alors approximativement égale au rapport poids d'alcool ingéré/poids corporel.
L'alcool s'élimine sans changement par tous les émonctoires, notamment par voie pulmonaire. Son métabolisme dominant est hépatique, lié entre autre à des cytochromes P 45O inductibles de classe II. L'alcool-déshydrogénase, enzyme du métabolisme, transforme l'éthanol en éthanal (acétaldéhyde) à une vitesse pratiquement constante de 0,15 g/L de sang par heure. Le terme ultime est l'acide acétique, point de départ pour une transformation en lipides. Sa dégradation complète en dioxyde de carbone et eau libère 30 kJ/g (soit 7 kcal).
Selon le degré de vulnérabilité individuelle et l’importance de la consommation, l’alcool intervient plus ou moins dans les métabolismes et exerce un rôle pathogène sur différents organes, en particulier le foie et le système nerveux. D'autres systèmes d'oxydation peuvent aussi concourir à cette oxydation de l'alcool (MEOS) et certains d’entre eux produisent des formes actives de l'oxygène capables d'altérer les structures membranaires des mitochondries hépatiques pouvant entraîner une cirrhose. La conséquence la plus immédiate du catabolisme de l'éthanol dans le foie est une stéatose. Dans le système nerveux central, l'alcool interfère avec le métabolisme des catécholamines, conduisant à des composés apparentés aux alcaloïdes hallucinogènes ou opioïdes. L'ivresse est produite par ingestion immodérée de boissons alcooliques. Psychotrope facteur de communication par levée des inhibitions, pour certains sujets, il peut devenir toxicomanogène. Une pratique de haute gravité qui se généralise actuellement chez les jeunes est la consommation en quantité de boissons riches en alcool en vue de provoquer rapidement une ivresse avancée (binge trinking traduit par « cuite express ». L’alcool apparaît alors comme une « drogue licite » puisque sa consommation n’est pratiquement pas entravée.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; éthyle : formé sur éther avec le suffixe yle : par analogie avec méthyle
→ alcoolisme aigu, alcool méthylique, ébriété, éthylotest, ivresse alcoolique, MEOS, stéatose, opioïde
[C1,G3,G4,L1]
Édit. 2017
algodystrophie n. f.
algodystrophy, sympathetic algodystrophy, Sudeck's disease, transient osteoporosis
Syndrome douloureux régional, intéressant un membre, s'installant parfois à la suite d'un traumatisme, et associant une déminéralisation osseuse et des troubles vasomoteurs et trophiques.
Ce syndrome fait suite le plus souvent à des lésions d'un membre (entorse, fracture, intervention chirurgicale, etc.) ou, plus rarement, à une maladie viscérale (par ex. infarctus du myocarde) ou du système nerveux (hémiplégie, atteinte médullaire cervicale) ou encore à une thérapeutique (« rhumatisme gardénalique ») et parfois, sans cause sur un terrain hyperémotif.
La forme la plus caractéristique est réalisée au membre supérieur par le syndrome épaule-main, mais des atteintes des membres inférieurs sont possibles.
Les symptômes douloureux n'ont pas de topographie nerveuse, ils sont distaux, diffus et spontanés, à type de brûlure ou de broiement. Ils sont aggravés par la mobilisation et la station debout. Les douleurs provoquées sont plus intenses, elles font suite des à stimulations mécaniques ou thermiques. Il s'installe progressivement une hypothermie régionale témoin d'une mauvaise vascularisation des téguments et la peau présente des lividités. Des troubles sudoraux sont manifestes (hyperhidrose, 60% des cas, anhidrose, 20% des cas). La peau est sensible, plus rarement on constate une hypo-esthésie. Après quelques semaines apparaissent des troubles trophiques de la peau (kératose ou atrophie) des phanères (ongles fins, hypertrichose ou chute des poils), des tendons (rétraction des muscles (atrophie) et des os (ostéoporose en géodes).
Les thérapeutiques sont surtout symptomatiques : antalgiques, voire anxiolytiques et antidépresseurs, infiltrations articulaires par des glucocorticoïdes, physiothérapie, rééducation précoce sous réserve qu’elle soit indolore. La calcitonine à fortes doses serait efficace au début. Le bloc anesthésique du sympathique correspondant au territoire atteint peut soulager le patient, au moins partiellement. La guérison est habituelle entre trois mois et trois ans, avec des séquelles trophiques à type de raideur articulaire, pseudogriffe cubitale ou varus équin.
La pathogénie est inconnue mais l'importance des troubles vasomoteurs locaux pousse à admettre la responsabilité d'un trouble neurovégétatif. Aucune lésion d'un tronc nerveux n'est décelable, l'origine sympathique du syndrome n'est pas exclusive, toutes les fibres du système nerveux autonome y participent plus ou moins.
Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant un gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer
Syn. algodystrophie réflexe, algoneurodystrophie, algodystrophie sympathique réflexe, syndrome de Weir-Mitchell, maladie de Sudeck
[I1,I2]
Édit. 2017
alpha-bloquant n.m.adj.
alpha-adrenoceptor antagonist, alpha-blocker
Substance chimique bloquant les récepteurs adrénergiques alpha.
Ces récepteurs adrénergiques sont répartis en deux groupes : alpha1 essentiellement périphériques, postSyn.aptique et alpha2 synaptiques. La biologie moléculaire a permis d'identifier plusieurs sous-groupes d' alpha1 récepteurs, les alpha1A, alpha1B, et alpha1D ; le sous-groupe alpha1L très probable n'est pas encore complètement caractérisé. L'existence de plusieurs sous-groupes d' alpha1 récepteurs et leur répartition inégale selon les organes amènent à rechercher des molécules bloquant "sélectivement" l'un ou l'autre d'entre eux. Cependant l'ubiquité de leur action non seulement en périphérie (organes, vaisseaux), mais aussi sur le système nerveux central (moelle et cerveau) rend compte de la difficulté de mettre au point une substance capable d'agir tout à fait électivement sur un organe ou une fonction.
Au niveau des artères les récepteurs alpha1 sont postsynaptiques (leur stimulation induit une vasoconstriction) et les récepteurs alpha2 sont en partie présynaptiques, ils régissent notamment la libération de la noradrénaline au niveau des synapses du système sympathique. Certains alpha-bloquants (phentolamine, tolazoline, phénoxybenzamine) sont non sélectifs, d'autres ont un effet plus sélectif : ils sont, soit antagonistes alpha1 (prazosine), soit antagonistes alpha2 (yohimbine).
En thérapeutique urologique les alpha-bloquants, relâchant les fibres musculaires lisses du col vésical et de l'urèthre postérieur, sont des médicaments facilitant la miction, et donc utilisés principalement dans les troubles mictionnels de type dysurique, agissant sur la part fonctionnelle de ces troubles.
[G3,G5]
Édit. 2017
alpha-stimulant n.m.
alpha-adrenoceptor agonist
Substance qui stimule l'action des récepteurs alpha du système sympathique : on distingue des agonistes alpha 1 et alpha 2.
L'adrénaline et la noradrénaline, catécholamines naturelles, stimulent les deux types de récepteurs. La phényléphrine est agoniste alpha1 presque pur. La clonidine est agoniste alpha2.
Les agonistes alpha1 ont un puissant effet vasoconstricteur artériel et veineux. Les agonistes alpha2 ont des effets complexes du fait de la présence de récepteurs alpha2 tant au niveau du système nerveux central, qu'au niveau des organes périphériques. De plus ces récepteurs sont aussi bien pré- que postsynaptiques. La clonidine, principal agoniste alpha2, utilisée comme anti-hypertenseur, potentialise les analgésiques et les anesthésiques généraux.
→ alphabloquant, système nerveux autonome
[C1,C2,C3]
Édit. 2017
amygdale cérébrale l.f.
Noyau situé dans la région antéro-interne du lobe temporal en avant de la formation hippocampique.
L’amygdale fait partie du système limbique. Elle est un relais dans l’évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels et dans les réponses comportementales et végétatives déclenchées par les situations de peur. Elle représente un système d’alerte.
[A1,H5]
Édit. 2017
anémie inflammatoire l.f.
anemia of inflammation, anemia of chronic disease
Anémie généralement modérée (8 à 10 g d’hémoglobine), s’observant dans la plupart des affections inflammatoires chroniques et dont l’importance et l’évolution sont parallèles à celles du syndrome inflammatoire clinique et biologique. Elle peut être plus sévère si s'associe une carence martiale.
Il s’agit d’une anémie normochrome, normocytaire, qui devient hypochrome et discrètement microcytaire si l’évolution se prolonge. Elle s’accompagne d’une baisse des concentrations sériques du fer et de la transferrine, d’une baisse du coefficient de saturation de la transferrine, d’une accumulation de fer dans le système des phagocytes mononucléés (ou système des mononucléaires macrophages) et d’une élévation de la ferritine sérique. Le nombre des réticulocytes y est normal ou abaissé. La pathogénie de cette anémie fait intervenir une discrète hémolyse, des troubles du métabolisme du fer (diminution de l’absorption intestinale, trouble de la libération du fer hémoglobinique par les macrophages, etc.) ainsi qu’une baisse de l’érythropoïétine. L'anémie de l'inflammation est principalement un désordre du métabolisme du fer.
Dans les populations médicalisées et aux apports nutritionnels suffisants en fer, l'anémie inflammatoire est associée aux pathologies inflammatoires systémiques chroniques icluant l'arthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, les maladies digestives inflammatoires, les infections chroniques incluant la tuberculose et les syndrome d'immunodéficience acquise, les cancers hématologiques associés à une production accrue de cytokines, telle que la maladie de Hodgkin, et certaines variétés de lymphomes nonhodgkiniens, certaines tumeurs solides (cancers ovarien ou pulmonaire. De plus , l'anémie inflammatoire est reconnue comme cause principale ou contributive d'anémie chez de nombreux patients atteints d'inflammation systémique incluant ceux avec une maladie rénale chronique, une insuffisance cardiaque chronique, une maladie broncho-obstructive pulomnaire chronique, une fibrose cystique .
T. Gantz, médecin américain (2019)
Étym. gr. an privatif, haimos sang
[D1,F1]
Édit. 2020
anévrysme cirsoïde l.m.
cirsoid aneurysm
Dilatation avec allongement des troncs, rameaux et ramuscules d’un ou plusieurs territoires artériels et veineux, établissant une communication anormale et facile entre système artériel et système veineux.
Son siège est variable : cerveau, main, cuir chevelu, face.
Les frontières nosologiques ne sont pas très claires entre l’anévrysme cirsoïde et la fistule artérioveineuse d’un côté, l’anévrysme cirsoïde et l’angiome actif de l’autre. Le terme d’anévrysme cirsoïde n’est d’ailleurs plus guère utilisé en pratique.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation; gr. kirkos : varice ; eidos : apparence
Syn. anévrysme racémeux, anévrysme artérioveineux
→ fistule artérioveineuse, anévrysme, anévrysme artérioveineux
[H1,H2,J1,K4]
Édit. 2017