Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

140 résultats 

partie abdominale de l'aorte l.f.

pars abdominalis aortae, aorta abdominalis  (TA)

abdominal aorta

aorte abdominale

partie ascendante de l'aorte l.f.

pars ascendens aortae, aorta ascendes (TA)

ascending aorta

aorte ascendante

partie descendante de l'aorte l.f.

pars descendens aortae, aorta descendens (TA)

descending aorta

aorte descendante

portion descendante de l'aorte l.f.

aorte descendante

rupture de l'aorte l.f.

Lésion traumatique de haute gravité, provoquée par un choc violent : l’aorte se rompt électivement dans la région de l’isthme, particulièrement exposée par sa fragilité embryologique et par sa situation en porte à faux entre la crosse aortique relativement mobile et l’aorte descendante fixée au rachis par ses branches.
La rupture de l’aorte ne permet la survie que si elle n’est pas totale. Elle constitue alors une situation d’urgence exigeant une réparation chirurgicale avant la rupture totale. L’intervention peut consister soit en une simple suture aortique si elle est possible, soit en une réparation prothétique.

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

sténose isthmique de l'aorte

aorta’s isthmic stenosis, isthmic aorta’s sclerosis

coarctation de l'aorte

valve de l'aorte l.f.

valva aortae (TA)

aortic valve

Ensemble des trois valvules semi-lunaires dont est pourvu l’orifice aortique.

valvules semilunaires des valves aortique et pulmonaire

anévrysme aortique thoracoabdominal l.m.(ATA)

aortic thoracoabdominal aneurysm

Anévrysme siégeant sur l’aorte descendante qui fait suite à l’arc de l’aorte en aval de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’à la bifurcation de l’aorte abdominale, ce qui exclut les anévrysmes siégeant sur l’arc de l’aorte de traitement plus complexe.
La classification de Crawford, la plus utilisée, décrit 4 types d’ATA. Le type 1 est étendu de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’au niveau des artères rénales, le type 2 inclut l’ensemble de l’aorte descendante et abdominale, le type 3 inclut l’aorte thoracique du  niveau de la 6eme côte jusqu’à la bifurcation aortique et le type 4 est étendu du niveau du diaphragme jusqu’à la bifurcation aortique. La localisation et l’extension de l’anévrysme sur l’aorte thoraco-abdominale vont influencer les résultats du traitement (meilleurs résultats pour les ATA de type 4).

Type 1 Type 2 Type 3 Type 4
Classification des ATA selon Crawford
L’incidence de cette pathologie est faible.
Cette maladie évolue lentement sur plusieurs années et ne provoque aucun symptôme dans la majorité des cas. Les ATA sont le plus souvent découverts par hasard lors du bilan d’une autre pathologie.
Chez le sujet maigre on peut parfois ressentir à la palpation abdominale une masse battante, parfois expansive et percevoir un souffle à l’auscultation abdominale trop souvent négligée dans un examen clinique de l’abdomen. L’échographie est le mode découverte le plus habituel ; examen non invasif, elle permet de suivre l’évolution des dimensions de la lésion. L’angioscanner en trois D, voire la RMN, déterminent le type de l’anévrysme et font le bilan anatomique en préopératoire ; ils ont pratiquement remplacé l’artériographie plus invasive sur des axes vasculaires de qualité médiocre.
En cas de rupture d’anévrisme, le patient peut ressentir des douleurs abdominales ou dorsales, un malaise ou une perte de connaissance en rapport avec une hypotension artérielle, voire un état de choc en raison de l’hémorragie interne.
L’indication chirurgicale est retenue en fonction de la taille de l’anévrysme et/ou de son évolutivité. L’indication opératoire sur un anévrysme fusiforme est généralement retenue lorsque le diamètre maximal de l’anévrysme est supérieur à 60 mm. Un anévrysme sacculaire de paroi plus fragile est une indication opératoire dès qu’il est reconnu. Lorsqu’une maladie des tissus conjonctifs (Marfan, Ehler-Danlos) est diagnostiquée, le traitement est proposé pour des diamètres inférieurs en raison du risque élevé de dissection et de rupture. La technique « classique », qui consiste à réaliser par chirurgie ouverte un remplacement du segment pathologique de l’aorte par une prothèse a montré de bons résultats en terme de perméabilité mais au prix d’une mortalité péri opératoire élevée. Depuis 2001, plusieurs équipes réalisent une prise en charge totalement endovasculaire de ces ATA grâce à la nouvelle génération d’endoprothèses fenêtrées et multi branches. Des mesures de protection médullaire doivent être prises en présence d’un ATA étendu (Type 1 à 3) ou d’antécédents de chirurgie aortique ou d’occlusion de l’artère sous-clavière gauche ou des artères hypogastriques, l’ensemble de ces situations favorisant l’ischémie médullaire aigue.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

anévrysme, arc de l'aorte, dissection aortique, Marfan (maladie de), syndrome d'Ehlers-Danlos, Laplace (loi de)

[K2,K3,K4]

Édit. 2017

anévrysme de la crosse aortique l.m.

anévrysme de l'arc de l'aorte

[K3,K4]

Édit. 2017

aortique adj.

aortic

Qui se rapporte à l’aorte ou siège au niveau de l’aorte, ou encore qui se rapporte aux valvules de l’orifice aortique du cœur.

arc aortique double l.m.

double aortic arch

Anomalie congénitale d’évolution des arcs aortiques de l’embryon, qui entraîne la persistance du 4e arc droit alors qu’il devrait disparaître.
Ce 4ème arc droit anormalement persistant forme une crosse aortique droite qui double la crosse normale issue du 4ème arc gauche. L’arc aortique double enserre dans un anneau plus ou moins serré, la trachée et l’œsophage, et peut être responsable de compression des voies aériennes supérieures. Il relève alors d’un traitement chirurgical consistant à sectionner l’anneau artériel compressif au point le plus adapté à la conservation des branches de l’aorte (carotides et sous-clavières).

arteria lusoria

arche aortique l.f.

arc de l'aorte

athérome aortique l.m.

aortic atheroma

Atteinte athéromateuse de l'aorte, laquelle, au niveau de son segment abdominal, est l'artère le plus fréquemment et le plus précocement touchée par cette affection.
Dans sa portion thoracique, l'athérosclérose prédomine à la terminaison de l'aorte ascendante et sur le dôme de l'arche, tout autour des ostiums des troncs supra-aortiques.
L'échocardiographie cardiaque par voie transœsophagienne permet de préciser la taille de la plaque, l'importance de son développement endoluminal et la présence d'un thrombus sessile ou pédiculé.
Les plaques, ulcérées ou non, siégeant sur la crosse, peuvent être à l'origine d'embolies cérébrales. Elles sont neuf fois plus fréquentes chez les sujets âgés de plus de 60 ans explorés pour accident ischémique cérébral, que chez les sujets témoins.

Étym. gr. athêrê : bouillie, ome : tuméfaction

ballon intra-aortique l.m.

intraaortic balloon

Ballon gonflable, placé dans l’aorte descendante thoracique à l’aide d’un cathéter introduit par voie artérielle fémorale.
Technique de réanimation cardiaque permettant de compenser temporairement une insuffisance circulatoire aigüe ou un choc cardiogénique. L’inflation du ballon, synchrone de la diastole ventriculaire gauche, augmente la pression aortique améliore la perfusion coronaire et carotidienne et chasse le sang de l’aorte vers les territoires périphériques. Le dégonflage présystolique rapide évite d’accroître le travail du ventricule gauche.

S. D. Moulopoulos (1962), A. Kantrowitz (1968), médecins américains

Syn. assistance circulatoire, contrepulsion aortique

contrepulsion aortique

Édit. 2017

bascule ventriculo-aortique l.f.

aortoventricular rocking-motion

Mouvement anormal du cœur et de l’aorte caractéristique des grandes insuffisances aortiques : alors qu’à la systole se produit une rétraction énergique du ventricule gauche, et une ample expansion de l’aorte, au contraire à la diastole le cœur se relâche alors que l’aorte effectue un retrait.
Ce mouvement est observé en radioscopie et on lui donne aussi le nom de mouvement de sonnette

Syn.  : signe de la sonnette.

Édit. 2017

bouton aortique l.m.

aortic knob

Arc supérieur gauche de la silhouette cardiovasculaire sur la radiographie thoracique de face.
Il correspond à la partie horizontale de la crosse de l’aorte.

Édit. 2017

calcification de la valve aortique l.f.

calcification of the aortic valve

rétrécissement aortique calcifié

[K2]

carrefour aortique l.m.

aortic bifurcation

Fourche de bifurcation terminale de l’aorte abdominale, en deux artères iliaques primitives.
C’est une des localisations importantes de la maladie athéroscléreuse de l’aorte, au cours de laquelle son oblitération complète constitue le syndrome de Leriche.

R. Leriche, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1940)

[A1,K4]

Édit. 2015

commissures des valvules semi-lunaires de la valve aortique l.f.

commissurae valvularum semilunarium valvae aortae (TA)

commissures of semilunar cusps of aortic valve

Commissures situées entre deux valvules semi-lunaires, à la base de leur bord libre au niveau du bord adhérent.

[A1]

Édit. 2015

contrepulsion aortique l.f.

intraaortic balloon counterpulsation

Procédé thérapeutique d’assistance circulatoire destiné à améliorer l'état circulatoire dans certaines défaillances myocardiques sévères résistant aux moyens pharmacologiques.
Elle consiste à monter par voie fémorale rétrograde, dans l’aorte descendante sous-isthmique un ballonnet dont le gonflement automatique intermittent synchronisé avec la diastole ventriculaire améliore la performance hémodynamique du cœur, en diminuant la postcharge et en facilitant la perfusion coronaire.
De technique et de contrôle relativement simple la contrepulsion diastolique a pris une place importante dans le traitement de la défaillance cardiaque aigüe.

S. D. Moulopoulos, médecin grec  (1962) ; A. Kantrowitz, chirurgien américain (1968)

Étym. contraction de contre et de pulsion (pouls cardiaque) pour marquer l'opposition de phase entre la machine et le cœur

Syn. assistance circulatoire

ballon intra-aortique

[G5,K2,B3]

crosse aortique cervicale l.f.

cervical aortic arch

Malformation congénitale rare de la crosse de l’aorte tenant à la persistance anormale du 2e ou 3e arc aortique embryonnaire : la crosse aortique se trouve en position haute, palpable dans la région cervicale.
Cette anomalie morphologique est sans conséquence physiopathologique.

[Q2,K4]

déroulement aortique l.m.

buckling aorta

Sur une radiographie pulmonaire de profil, visibilité des bords de l'aorte descendante sur une hauteur plus ou moins importante.
Avec l'âge, l'aorte se distend et s'allonge progressivement, ce qui explique la saillie de ce vaisseau vers le poumon gauche qui s'insinue en avant et en arrière de lui. L'image de la portion descendante de l'aorte déborde donc à gauche chez le sujet âgé alors qu'elle est habituellement invisible chez le jeune car elle est intramédiastinale.
Sur le cliché de face, l'élargissement aortique se traduit par une augmentation de la taille du bouton aortique et un déplacement latéral de la ligne paraaortique gauche.

dextroposition aortique l.f.

overriding aorta

Malformation congénitale de malposition de l’origine de l’aorte, l’orifice aortique étant situé au-dessus des deux ventricules à cheval sur le haut de la cloison interventriculaire ce qui crée une communication interventriculaire haute.
La dextroposition aortique est l’un des éléments constitutifs de la tétralogie de Fallot, mais elle peut aussi s’associer à d’autres malformations cardiaques plus rares.

Syn. aorte à cheval, chevauchement de l’aorte, aorte biventriculaire

Erdheim (nécrose aortique kystique médiane d') l.f.

Erdheim’s cystic medial necrosis of aorta

Anévrysme aortique disséquant, sans les signes de la maladie de Marfan, avec ectopie de la couche pigmentée de l'iris localisée sur la face antérieure de l'iris.
L'ectopie de l'épithélium pigmenté sur la face antérieure de l'iris donne par sa couleur sombre l’apparence d'un colobome irien. L’affection est autosomique dominante (MIM 132900).

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1929) ; R. Antley, pédiatre et généticien et D. Bixler, stomatologue et généticien  américains (1975) ; A. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Syn. dissection aortique familiale, annuloectasiante de l'aorte (maladie)

anévrysme, Marfan (maladie de), colobome irien

[Q2,P2,K4]

Édit. 2018 

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