adénome biliaire l.m.
bile duct adenoma
Tumeur bénigne du foie, faite de petits canaux biliaires bordés par un épithélium d'aspect normal et séparés par un tissu fibreux.
C'est une lésion généralement solitaire, sous-capsulaire, de moins de 1 cm de diamètre. Il s'agit pour certains d'un hamartome, pour d'autres d'une réaction focale à une agression. Il n'a pas de caractère précancéreux.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
Syn. cholangiome bénin
[A3,F5,L1]
Édit. 2017
adénome colorectal l.m.
colorectal adenoma
Adénome développé aux dépens des glandes de la muqueuse colorectale, de la valvule de Bauhin à la ligne pectinée anorectale.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
[F5,L1,L2]
Édit. 2017
adénome gastrique l.m.
gastric adenoma
Adénome développé aux dépens de la muqueuse gastrique qui se développe le plus souvent sur une muqueuse atrophique avec métaplasie intestinale.
Cette métaplasie est presque toujours à l'origine de la prolifération.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
[A3,F5,L1,L2]
Édit. 2017
adénome hépatique (AHC) l.m.
liver adenoma
Les adénomes hépatocytaires font partie des tumeurs bénignes du foie, qui surviennent comme l’hyperplasie nodulaire focale (HNF), (autre tumeur bénigne du foie), chez des femmes jeunes sous contraceptifs oraux.
Ils sont beaucoup plus rares que les HNF et s’en distinguent par un risque de complications. L’épidémiologie des adénomes s’est modifiée ces dernières années, par leur plus grande fréquence chez les hommes dans un contexte d’obésité entrant dans le cadre des hépatopathies métaboliques. Surtout, la classification moléculaire a permis une prise en charge adaptée des AHC.
Les AHC sont des tumeurs monoclonales, associées à des facteurs favorisants hormonaux, génétiques (glycogénoses de type 1 et 3, tyrosinémie, diabète juvénile de type MODY 3), ou le syndrome métabolique. Ils peuvent être asymptomatiques ou s’accompagner de douleurs abdominales, d’anomalies des tests hépatiques, de syndrome inflammatoire ou se compliquer (hémorragie, rupture, transformation maligne en carcinome hépatocellulaire).
L’étude moléculaire a permis une classification en 4 sous types.
- Les AHC télangiectasiques inflammatoires(TI) sont les plus fréquents survenant surtout chez les femmes avec une longue durée de contraception et ayant un indice de masse corporelle élevé. Ils se caractérisent par des remaniements vasculaires et une matrice extracellulaire inflammatoire. Ils sont en rapport avec une activation de la voie JAK/STAT impliquant des mutations activatrices de différents oncogènes. Les mutations sont responsables d’une activation de la voie STAT 3, expliquant le phénotype inflammatoire de ces adénomes. Parmi les AHC, ce sont ceux qui présentent le taux de complications le plus important.
- Les AHC HNF1 alpha inactivés arrivent en fréquence après les AHC TI. Ils sont caractérisés par des mutations somatiques bialléliques du gène HNF1 alpha. Les patients ayant un diabète MODY 3 et une adénomatose hépatique ayant plus de 10 adénomes présentent une mutation germinale de HNF1 sur un allèle. Ces adénomes se caractérisent par une stéatose marquée. Le risque de complications est faible.
- Le troisième sous type est représenté par les adénomes bêta caténine activés. Il concerne surtout les hommes associé à un risque plus élevé de transformation maligne. Histologiquement, ils sont caractérisés par des atypies cytonucléaires, formations pseudoglandulaires et cholestase. Les mutations β caténine et HNF1 sont exclusives, les adénomes activés β caténine correspondant souvent de type TI.
- Le quatrième type plus restreint concerne les AHC non classés.
Le risque de dégénérescence des AHC est sous tendu par le caractère monoclonal des proliférations, les anomalies cytogénétiques et les mutations du promoteur de TERT (telomerase reverse transcriptase) ré-exprimé dans beaucoup de cancers. Le risque dépend du sexe, de la taille et surtout du sous-type. Le syndrome métabolique augmente aussi le risque de transformation maligne. L’arrêt des hormones, contraception orale ou androgènes ainsi que la correction des éléments du syndrome métabolique est recommandé. Au-delà de 5 cm de diamètre, l’exérèse chirurgicale est souvent retenue.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
→ hyperplasie nodulaire focale, glycogénose, glycogénose de type I, tyrosinémie, MODY, syndrome métabolique, télangiectasie, stéatose
[F5,L1,L2]
Édit. 2018
adénomyomatose vésiculaire l.f.
adenomyomatous hyperplasia of the gallbladder
Diverticulose diffuse de la vésicule biliaire, associée à une hypertrophie musculaire lisse.
[L1,L2]
Édit. 2017
adénylate-cyclase n.f.
adenylate cyclase
Enzyme catalysant une réaction d'hydrolyse des phosphates b et g de l'ATP, et produisant un AMP dont le phosphate estérifie les deux fonctions alcool des carbones 3' et 5' de l'adénosine (AMP cyclique).
L'adénylate-cyclase participe à la transmission des signaux hormonaux vers l'intérieur des cellules. Les protéines G membranaires, activatrices ou inhibitrices, sont impliquées dans sa régulation.
En pathologie, la diarrhée du choléra est due à l'action de la toxine de Vibrio cholerae qui entraînant une modification de structure de la protéine G, provoque une activation prolongée de l'adénylate-cyclase et déclenche ainsi une ouverture permanente des canaux chlorés situés sur la membrane apicale de l'entérocyte, entraînant une sécrétion excessive d'eau et d'électrolytes dans la lumière digestive.
→ AMP cyclique, protéine G, diarrhée sécrétoire, choléra, Vibrio cholerae
[C1, C3, D1, L1]
Édit. 2020
adiponécrose cutanée nodulaire l.f.
nodular cutaneous fat necrosis
Panniculite d'origine le plus souvent pancréatique dont la symptomatologie est faite de nouures de grande taille siégeant sur les régions comportant un important pannicule adipeux telles que mollets, cuisses, fesses, abdomen, face postérieure des bras, évoluant en une seule poussée, et qui sont fréquemment associées à des douleurs des extrémités secondaires, à une cytostéatonécrose de la moelle des os des doigts et des pieds.
Des signes d'atteinte pancréatique peuvent être présents. L'examen histologique montre une nécrose adipocytaire avec résorption macrophagique.
Étym. lat. adeps : graisse ; gr. nekros : mort
Syn. cytostéatonécrose cutanée nodulaire
[A3,J1,L1]
Édit. 2017
adrénomyodystrophie n.f.
adrenomyodystrophy
Syndrome associant une insuffisance surrénalienne primaire, une dystrophie myopathique, un retard psychomoteur sévère, une dégénérescence graisseuse hépatique, une mégalo-cornée et une ectasie vésicale.
L'affection rarissime a été découverte chez deux enfants entre six mois et un an ; l'hypophyse contient des micro-adénomes produisant de l'ACTH. Distincte d’adrénoleucodystrophie et du déficit en glycérokinase.
L’affection est liée au sexe (MIM 300270).
W. von Petrykowski, pédiatre allemand (1982)
[H1, L1, M3, O1, O4, P2, Q2]
Édit. 2020
aérobilie n.f.
aerobilia
Présence d'air dans les voies biliaires qui se traduit par une clarté aérique de la voie biliaire principale, des canaux biliaires intrahépatiques et éventuellement du cystique, visible sur une radiographie ou un scanner sans préparation.
S'observe dans les fistules biliodigestives spontanées ou postopératoires et dans les iléus biliaires. En échographie, elle se traduit par des plages mobiles très hyperéchogènes dans les voies biliaires.
L'aérobilie peut survenir spontanément et être la conséquence d'une communication entre les voies biliaires et le tube digestif, par ex. ileus biliaire. Elle peut aussi être secondaire à un geste chirurgical (par ex. après anastomose biliodigestive) ou à une sphinctérotomie du sphincter d'Oddi lors d'un cathétérisme rétrograde de la voie biliaire principale.
Syn. pneumobilie, pneumocholangie (peu employé)
[B2,L1,L2]
Édit. 2020
aérophagie n.f.
aerophagia, aerophagy
Déglutition le plus souvent involontaire d'une certaine quantité d'air qui pénètre dans l'œsophage et l'estomac, provoquant des dilatations de l'œsophage et de l'estomac, des éructations, des ballonnements, ainsi que des phénomènes de dyspepsie, voire des douleurs précordiales simulant un angor.
Étym. gr. aeros : air ; phagein : manger
Syn. colite idiopathique
[L1]
Édit. 2020
aérosialophagie n.f. (obsolète)
aerosialophagy
Déglutition simultanée d’air et de salive, entraînant des troubles digestifs par aérogastrie.
Étym. gr. aer : air ; sialon : salive ; phagein : manger
Syn. aérophagie (beaucoup plus souvent utilisée)
[L1 ]
Édit. 2017
aflatoxine n.f.
aflatoxin
Mycotoxine produite par des moisissures du genre Aspergillus, A. flavus et A. parasiticus surtout.
Les principales aflatoxines (B1, la plus toxique, G1, M) sont présentes dans les substrats colonisés par le micromycète mais elles sont aussi excrétées dans le lait des animaux exposés, sous forme de composés hydroxylés M1 ou M2 de plus faible toxicité. Les aflatoxines sont thermostables. Elles présentent une activité mutagène, tératogène et carcinogène. Aspergillus flavus, se développe sur les tourteaux d'arachides.
L'aflatoxine B1 est un toxique hépatique, qui inhibe la synthèse des ARN messagers et induit la formation de tumeurs primitives du foie.
Étym. lat. a-(Aspergillus) ; fla-(flavus) : jaune
[D1, F2, G4 ,L1]
Édit. 2020
aflatoxine B1 l.f.
aflatoxin B1
Mycotoxine produite par Aspergillus flavus qui agit comme un précarcinogène se liant à l'ADN des cellules hépatiques et favorise ainsi la survenue d'un carcinome hépatocellulaire.
Abrév. AFB1
[D1,F2,G4,L1]
Édit. 2017
aganglionose n.f.
aganglionosis
Absence congénitale des ganglions du système nerveux du tube digestif.
Une aganglionose peut s'observer au niveau de deux segments du tube digestif : d'une part dans l'œsophage, où elle constitue le substratum du méga-œsophage idiopathique ou cardiospasme ou achalasie du sphincter inférieur de l'œsophage, d'autre part dans le rectum et le sigmoïde, où elle est responsable de la maladie de Hirschsprung ou mégacôlon congénital.
[L1,Q2]
Édit. 2017
agent hépatoprotecteur l.m.
hepatoprotective agent
Médicament dont l'administration a pour effet de réduire les anomalies des tests hépatiques enzymatiques, en particulier les transaminases et d'améliorer les lésions inflammatoires histologiques, ou bien de diminuer le risque de lésions hépatiques en cas d'exposition à un agent hépatotoxique.
Par ex. la S-adénosyl-méthionine est un hépatoprotecteur vis-à-vis de la toxicité du paracétamol, et la silymarine a un effet hépatoprotecteur vis-à-vis d'agents tels que le tétrachlorure de carbone et l'alcool éthylique.
Étym. lat. agens, de agere : agir
[G3,G5,L1]
Édit. 2017
Alagille (syndrome d') l.m.
Alagille’s syndrome
Génopathie à transmission autosomique dominante (MIM 118450), dont le diagnostic est posé sur l’association d’au moins trois des cinq critères majeurs : un faciès particulier (front bombé, petit menton pointu, hypertélorisme), un embryotoxon postérieur, des vertèbres en aile de papillon, une sténose des branches de l’artère pulmonaire ou une tétralogie de Fallot et une cholestase chronique due à une paucité des voies biliaires inter-lobulaires.
D’autres organes peuvent être concernés. L’atteinte rénale, fréquente peut se manifester par une acidose tubulaire et une insuffisance rénale. Une hypertension artérielle peut compliquer l’évolution. Le diagnostic peut d’ailleurs être porté à l’âge adulte devant une maladie hépatique inexpliquée ou devant la découverte d’une atteinte rénale ou d’une hypertension artérielle
L'évolution vers la cirrhose n'est pas constante et peut apparaître à partir de l’adolescence, faisant discuter une transplantation hépatique ; laquelle peut aussi être indiquée plus précocément en cas d’ictère persistant depuis la naissance associé à des xanthomes et un prurit sévère.
Deux gènes sont impliqués dans le syndrome d’Alagille : JAG1 et NOTCH2. Des mutations du gène JAG 1 sont identifiées chez plus de 80% des patients. Ce gène code une protéine qui lie un récepteur transmembranaire (Notch) impliqué dans la différenciation cellulaire à des étapes précoces du développement. Le gène NOTCH2 est plus rarement impliqué. Un diagnostic moléculaire anténatal est disponible, mais dans 2/3 des cas les mutations sont sporadiques.
D. Alagille, pédiatre et biochimiste français(1975)
Syn. AGS, AHD, AWS, dysplasie artériohépatique, Alagille-Watson (syndrome d’), cholostase avec sténose pulmonaire périphérique, hypoplasie des canalicules biliaires (syndrome d’)
→ hypertélorisme, embryotoxon, Fallot (tétralogie de)
[Q1,O1,L1]
Édit. 2018
alcalose métabolique (classification) l.f.
1) Pertes digestives d'ions H+
par vomissements, aspiration gastrique ;
2 ) pertes urinaires d'ions H+
en relation avec une déplétion en ions Cl- par spoliations digestives hautes ou fuites urinaires (diurétiques), un hypercorticisme (hypocortisolisme, hyperaldostéronisme primitif ou secondaire, un excès de substances à effet minéralocorticoïde), une hypercalcémie (sauf hyperparathyroïdie) ou encore un apport de sels de Na (anions peu ou pas métabolisables) ;
3 ) surcharge en alcalins par apport de bicarbonates (HCO3-) ou de ses sels précurseurs,
par ingestion d'anti-acides ou de résines échangeuses d'ions, par ingestion excessive de lait (syndrome de Burnett) ou par libération de bases à la suite d'une ostéolyse;
4) alcalose avec kaliopénie sans modification du bilan des ions H+.
Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité
[C2, L1, M1]
Édit. 2020
alcool éthylique l.m.
ethanol
Alcool primaire C2H5OH, éthanol, se présentant sous forme d’un liquide incolore, volatil, bouillant à 78°C, miscible à l’eau, très inflammable, d'odeur piquante et aromatique, de saveur âcre et chaude.
L'éthanol est un constituant universel résultant de la fermentation alcoolique provoquée en particulier par Saccharomyces cerevisiae, la Levure de bière : tout produit naturel contenant des sucres fermentescibles est amené à subir cette fermentation productrice d’alcool qui contribue à stabiliser ce produit (fabrication du vin, de la bière, du cidre, du lait, etc.). La fabrication des boissons alcooliques et de l’alcool pur est de grande importance industrielle. L’alcool peut en outre être produit en vue de la fabrication de biocarburants. Il peut être synthétisé industriellement.
Sous l’angle alimentaire et toxicologique, l’alcool doit être traité avec attention et des attitudes contradictoires sont exprimées par divers spécialistes. D’une part l’usage régulier de boissons alcoolisées est attesté depuis la plus haute antiquité dans la plupart des civilisations, d’autre part l’alcool fut introduit dans la panoplie des remèdes, en particulier sous des formes pharmaceutiques diverses (vins, élixirs...), le pouvoir dissolvant de l’alcool permettant la mise en solution de divers constituants naturels (fabrication d’extraits et teintures). Pendant longtemps, avant l’invention des anesthésiques, l’alcool fut largement utilisé pour réduire la sensation de la douleur et aussi les réactions de défense de sujets soumis à des situations conflictuelles (soumission chimique).
L’alcool est employé comme antiseptique à la dilution de 70%.
L'alcool est absorbé très rapidement par voie digestive avec les boissons ou par voie pulmonaire sous forme de vapeur. Par voie digestive, son absorption est complète en 30 à 45 minutes dans l’estomac (20%), puis dans le grêle proximal de manière passive. La vitesse d’absorption est très variable selon l’état de la vacuité gastrique qui l’accélère, selon la concentration de l’alcool et la nature des aliments qui l'accompagnent et selon les susceptibilités individuelles. Elle est retardée par la consommation de graisses en abondance et aussi par la prise de certains médicaments (amphétamines et anticholinergiques).
L’alcool diffuse en quelques dizaines de minutes dans tout l'organisme ; sa répartition est comparable à celle de l'eau. L'alcoolémie est maximale en une demi-heure environ après l'absorption orale, elle est alors approximativement égale au rapport poids d'alcool ingéré/poids corporel.
L'alcool s'élimine sans changement par tous les émonctoires, notamment par voie pulmonaire. Son métabolisme dominant est hépatique, lié entre autre à des cytochromes P 45O inductibles de classe II. L'alcool-déshydrogénase, enzyme du métabolisme, transforme l'éthanol en éthanal (acétaldéhyde) à une vitesse pratiquement constante de 0,15 g/L de sang par heure. Le terme ultime est l'acide acétique, point de départ pour une transformation en lipides. Sa dégradation complète en dioxyde de carbone et eau libère 30 kJ/g (soit 7 kcal).
Selon le degré de vulnérabilité individuelle et l’importance de la consommation, l’alcool intervient plus ou moins dans les métabolismes et exerce un rôle pathogène sur différents organes, en particulier le foie et le système nerveux. D'autres systèmes d'oxydation peuvent aussi concourir à cette oxydation de l'alcool (MEOS) et certains d’entre eux produisent des formes actives de l'oxygène capables d'altérer les structures membranaires des mitochondries hépatiques pouvant entraîner une cirrhose. La conséquence la plus immédiate du catabolisme de l'éthanol dans le foie est une stéatose. Dans le système nerveux central, l'alcool interfère avec le métabolisme des catécholamines, conduisant à des composés apparentés aux alcaloïdes hallucinogènes ou opioïdes. L'ivresse est produite par ingestion immodérée de boissons alcooliques. Psychotrope facteur de communication par levée des inhibitions, pour certains sujets, il peut devenir toxicomanogène. Une pratique de haute gravité qui se généralise actuellement chez les jeunes est la consommation en quantité de boissons riches en alcool en vue de provoquer rapidement une ivresse avancée (binge trinking traduit par « cuite express ». L’alcool apparaît alors comme une « drogue licite » puisque sa consommation n’est pratiquement pas entravée.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; éthyle : formé sur éther avec le suffixe yle : par analogie avec méthyle
→ alcoolisme aigu, alcool méthylique, ébriété, éthylotest, ivresse alcoolique, MEOS, stéatose, opioïde
[C1,G3,G4,L1]
Édit. 2017
alcoolisation du foie l.f.
hepatic alcoholization
Traitement des hépatocarcinomes par voie percutanée avec injection in situ d'une substance corrosive : alcool absolu, acide acétique, etc.
Cette technique n’est plus utilisée dans le traitement du carcinome hépatocellulaire, dans les pays occidentaux, remplacée par la radiofréquence.
Expression impropre.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[B4,F2,L1]
Édit. 2017
alcoolopathie n.f.
alcoholopathy
Terme préféré par l'Organisation mondiale de la santé à celui d'«alcoolisme chronique» car il met mieux en valeur l'atteinte variable des différents organes, seule celle de l'appareil digestif est constante et retentit sur tout l'organisme.
1) Appareil digestif : l'absorption abusive et fréquente de boissons alcooliques cause l'inflammation de l'œsophage, de l'estomac et de la partie haute de l'intestin grêle. Il en résulte des saignements gastro-intestinaux parfois importants avec un risque de déchirure de la paroi de l'estomac en cas d'efforts violents de vomissement.
L'inflammation du tube digestif entraîne une exsudation de plasma, d'où des diarrhées, causes fréquentes d'un déséquilibre hydro-électrolytique.
Dans le tube digestif, l'absorption de l'éthanol entre en compétition avec celle des vitamines hydrosolubles (surtout la vitamine B1 et les folates qui jouent un rôle important dans le fonctionnement neuronal). Il en résulte une réduction des réserves vitaminiques. Comme le métabolisme du glucose fait appel à la vitamine B1, il est dangereux de perfuser une solution glucosée sans l'enrichir en vitamine B1. Sinon on risque de hâter l'évolution vers un syndrome de Wernike, qui se manifeste par une ataxie, des troubles de la mémoire et oculaires (paralysie des deux nerfs pathétiques, n. abducens, d'où paralysie de l'abduction, diplopie horizontale et strabisme interne).
L'absorption digestive de l'alcool, l'amène directement dans le foie où il devient un combustible de choix pour les hépatocytes, ce qui augmente la consommation d'O2, accroît le stock de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide) et réduit la néoglycogénèse, d'où diminution de la production de glucose et augmentation de celle d'acide lactique. Ce dernier freine l'oxydation des acides gras par le cycle de Krebs, il en résulte une accumulation de graisse dans les hépatocytes et cela enclenche le processus de cirrhose alcoolique.
Enfin une atteinte pancréatique est fréquente.
2) Système nerveux : la diminution des réserves vitaminiques, aggravée par une malnutrition fréquente, entraîne la dégénérescence des cellules nerveuses :
- 5 à 15% des patients présentent des neuropathies périphériques ;
- l'encéphale est fréquemment atteint (troubles de l'humeur, de la mémoire, trouble de l'équilibre, etc.) évoluant vers le syndrome de Wernike.
3) Atteintes métaboliques et endocrines : l'abaissement de la production de testostérone amène des atrophies testiculaires et de même on voit des aménorrhées chez la femme.
Le métabolisme de la pyridoxine peut être perturbé par la carence en folates et la malnutrition. Il en résulte des troubles de l'hématopoïèse pouvant se manifester par une anémie sidéroblastique. Si non, on constate généralement une augmentation du volume des hématies.
L'augmentation de la cortisolémie favorise une légère hyperhydratation cellulaire. On note souvent une légère diminution de la teneur en thyroxine sérique (T4) et une plus marquée de la triiodothyroxine (T3).
4) Muscles et os : l'altération du métabolisme du calcium favorise les fractures osseuses et l'ostéonécrose de la tête du fémur.
Les perturbations métaboliques amènent une élévation du taux de la créatine-phospho-kinase alcoolique qui retentit sur le muscle et peuvent conduire à une atrophie. Des douleurs musculaires spontanées, surtout à la palpation, sont fréquentes chez les alcooliques.
5) Appareil circulatoire : l'atteinte musculaire n'épargne pas le myocarde, on peut observer une cardiopathie à bas débit.
6) Appareil respiratoire : la malnutrition, un tabagisme fréquent et les conditions de vie précaires des alcooliques favorisent les bronchopathies.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie
→ alcool éthylique, exogénose, transaminase, Wernicke (syndrome de), Gayet-Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de)
[E1, G3, G4, H1, K1, K2, I4, L1, O4]
Édit. 2020
alcoolorexie n.f.
alcorexia, drunkorexia
Mode d’alcoolisation qui consiste, afin de ressentir l’ivresse plus rapidement, à réduire, voire à suspendre son alimentation.
[G4,H4,L1]
Édit. 2017
aldolasémie n.f.
aldolasemia
Teneur du sang en aldolase, ou activité de l'aldolase dans le sérum.
Cette activité, au-delà de 50 nkat/L (3 UI/L), est un signe biologique de maladie hépatique, par augmentation de la fructose-1-phosphate-aldolase, ou musculaires, par augmentation de la fructose-1,6-diphosphate-aldolase.
[C1,C3,I4,L1]
Édit. 2017
alimentation entérale l.f.
enteral nutrition
Alimentation artificielle par apport nutritionnel direct dans le tube digestif, par voie naturelle (sonde nasogastrique ou nasoduodénale), par gastrostomie ou jéjunostomie.
On emploie des bouillies nutritives homogénéisées maintenues à basse température (pour éviter la prolifération bactérienne) ou stérilisées, contenues dans des poches stériles. Ces mélanges équilibrés apportent aussi de l'eau, des électrolytes et des oligo-éléments.
Cette alimentation artificielle se fait le plus souvent de façon continue à l'aide d'une pompe (nutripompe), souvent à partir de poches stériles. Elle est indiquée soit pour assurer une alimentation orale impossible (troubles de la conscience, de la déglutition, etc.) ou pour la suppléer, soit pour assurer un complément et prendre un relais progressif de l'alimentation parentérale.
Si le tube digestif est sain, l'alimentation artificielle entérale est la meilleure solution, mais elle est contrindiquée s'il existe une occlusion, une diarrhée ou des fistules nombreuses et non appareillables. S'il n'y a qu'une fistule on peut utiliser la réinjection de chyme. L'alimentation duodénale doit se faire à débit continu avec un liquide dont l'osmolarité est égale ou inférieure à celle du plasma. Pour éviter les fausses routes chez les comateux, l'abord trachéal doit être étanche (intubation trachéale).
Les complications de l'alimentation entérale dépendent de la sonde (érosion, infection) ou de la nature du mélange injecté, notamment de son osmolarité : les solutions hyperosmolaires sont cause de diarrhée, et de troubles métaboliques.
Étym. lat. alimentum, aliment – alere, nourrir ; gr. enteron : intestin ; terminaison al d'intestinal
[R2,L1]
Édit. 2017
alimentation parentérale l.f.
parenteral nutrition
Alimentation artificielle par perfusion intraveineuse de solutions nutritives, utilisée chez les patients qu'on ne peut nourrir par les voies naturelles ou entérales.
Cette technique est indiquée en médecine pour des maladies du tube digestif, notamment chez l'enfant, lorsque l'intestin grêle est trop court (après résection, par ex.) et en postopératoire de chirurgie digestive jusqu'à cicatrisation de la plaie intestinale.
Pour faire face aux besoins métaboliques on ajuste la ration énergétique sur le métabolisme de base théorique et sur l'importance de l'agression subie (tenir compte de le catabolisme accru des traumatisés du crâne). Outre la ration énergétique qui est couverte surtout par les glucides et les lipides, il faut donner des protéines (0,8 g/kg/j) avec les acides aminés essentiels (isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, tryptophane, valine). En situation de stress intense on ajoute certains acides aminés «conditionnellement indispensables» (arginine, cystéine et surtout glutamine, chez l'enfant, taurine et histidine).
L'industrie fournit des pochettes de solutions stériles de mélanges ternaires à utilisation instantanée. Ils permettent d'assurer les perfusions dans les meilleures conditions de stérilité et de qualité. Trois constituants sont mélangés :
- glucose (éventuellement des substituts tels le fructose, le sorbitol ou le xylytol) doit apporter 40 à 100 % de la ration énergétique ;
- émulsions lipidiques (lipides extraits du soja et phosphatides d'œuf) qui peut apporter 50 à 60% de la ration énergétique. Elle doit apporter de l'acide linoléique et de l'acide alpha-
- protides avec une quantité d'azote ajustée pour respecter le rapport calorico-azoté, soit 150 à 250 kcal/g d'azote.
Enfin le mélange nutritif apporte encore des minéraux (K, P, Ca, Mg) des oligo-éléments (Zn, Mg et Cu) et la quantité d'eau nécessaire. Comme la quantité d'eau est trop petite pour permettre des solutions isotoniques, les solutions sont en général hypertoniques, ce qui impose des précautions particulières : les voies veineuses périphériques ne peuvent être utilisées que pour des solutions de molarité proche de l'isotonie.
En général on cathétérise une voie centrale (veines sous-clavière ou jugulaire interne) qui a un débit suffisant pour tolérer solutions hypertoniques.
L'administration est continue dans les situations aigües, pour les cas chroniques on fait une administration cyclique, 8 à 12 heures de perfusion par jour. Des conditionnements portables sont disponibles ; ils permettent aux patients de ne pas être confinés à l'hôpital.
Les complications possibles sont métaboliques (hyperglycémie, déshydratation), hépatobiliaires (cholestase, stéatose) et surtout locales (irritation de l'endothélium veineux, thrombose, infection). Parfois des complications iatrogéniques se voient, essentiellement une perforation pleurale, médiastinale ou péricardique.
Étym. lat. alimentum, aliment – alere, nourrir ; gr. enteron : intestin ; terminaison al d'intestinal ; gr. para : à côté : entéral
→ métabolisme de base, nutrition entérale
[R2,L1,L2]
Édit. 2017
alimentation particulière l.f.
particular food
Ensemble de denrées alimentaires qui, du fait de leur composition et de leur fabrication, se distinguent des aliments de consommation courante et visent un objectif nutritionnel particulier.
Cet objectif peut concerner :
• des personnes dont le processus d’assimilation ou le métabolisme est perturbé.
• des personnes qui se trouvent dans des conditions physiologiques particulières et peuvent tirer bénéfice d’une ingestion contrôlée de certaines substances alimentaires.
• des nourrissons ou des enfants en bas âge.
On trouve notamment parmi les produits concernés les laits de suite et autres aliments de deuxième âge, les aliments intenses pour sportifs, les aliments sans gluten, etc. Ces produits sont réglementés tant à l’échelon européen que national et font l’objet de contrôles par les services de l’Etat.
Les termes diététique et produit diététique ne sont plus acceptés au niveau international.
Étym. lat. alimentum, aliment – alere, nourrir
[R2,L1]
Édit. 2017