virus oncogènes l.m.p.
oncogenic virus
Virus qui provoquent des tumeurs malignes chez l’Homme ou chez l’animal.
Ce sont des virus à ADN ou ARN qui s’intègrent dans le génome d’une cellule animale ou végétale et sont susceptibles d’en modifier le rythme mitotique, de la rendre insensible aux stimulations extérieures et immortelles (ou insensibles à l’apoptose naturelle).
A côté de la mosaïque du Tabac (historiquement premier oncovirus identifié) on connaît chez l’Homme l’ Epstein Barr virus (ADN) associé à certains cancers du pharynx, certains papillomavirus (ADN) associés au cancer cervico-utérin, l’Hepadnavirus (ADN) responsable de l’hépatite B et du carcinome hépatobiliaire et chez l’animal une grande variété de rétrovirus (ARN) associés à des leucémies aviaires (Deltarétrovirus), félines…
Les Deltarétrovirus (virus de la leucémie aviaire, virus du sarcome de Rous, virus HTLV1 ou Human T Leukemia Virus, associé à des leucémies se développant après plusieurs années d’infection chronique), le virus simien 40 (SV40), le virus Epstein-Barr, l’herpèsvirus humain 8 (HHV8) associé aux lésions tumorales de la maladie de Kaposi et à certaines formes de maladie de Castleman en sont d’autres exemples ; certains sérotypes de papillomavirus humains sont impliqués dans différents cancers : du col de l’utérus, anal, ou ORL.
B. Castelman, anatomopathologiste américain (1956) ; F. P. Rous, virologue américain, prix Nobel de médecine en 1966 (1911) ; M. A. Epstein, Sir, virologiste et anatomopathologiste et Yvonne M. Barr, virologiste britanniques (1964) ; M. K. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l'Académie de médecine (1887) ; R. Dubelcco, virologiste américain d'origine intalienne, prix Nobel de médecine en 1975 (1976) : H. E. Varmus et J.M. Bishop, biologistes américains, prix Nobel de médecine en 1989 (1976)
Syn. oncovirus
→ cancer du pharynx, papillomavirus, virus de l'hépatite B, carcinome hépato-cellulaire, HTLV, herpès virus 8, Kaposi (maladie de)
[F2 C1]
Édit. 2020
Westphal (maladie de) l.f.
Westphal's disease
Affection bénigne, caractérisée par des accès de paralysie flasque parfois ascendante des membres, qui survient le plus souvent au réveil et cède en quelques minutes ou quelques heures, avec une crise sudorale et mictionnelle possible.
Accès paralytiques à la fin de la nuit sous forme de paralysie motrice flasque des membres inférieurs puis de la ceinture et des mains avec abolition complète des réflexes tendineux, inexcitabilité des muscles paralysés. Le territoire des nerfs crâniens est épargné, mais il peut y avoir un ptosis. La maladie s'atténue vers 35-40 ans.
Une hypokaliémie modérée (de l'ordre de 3 milliéquivalents) est relevée en cours de crise, qui est abrégée par l'administration de sels de potassium. La spironolactone exerce une certaine action préventive. Un repas riche en glucides, un évènement éprouvant, physique ou psychique, une exposition au froid favorisent ces accès. L'examen intercritique est négatif.
L’affection est autosomique dominante (MIM 170400). Le locus du gène HOKPP est en 1q31-q32, au niveau du gène du CACNLIA3 (canal calcium de la cellule musculaire)..
K. Westphal, neuropsychiatre allemand (1885), C. Cavaré, médecin français (1853)
Syn. paralysie périodique familiale, myoplégie familiale, myatonie périodique, paralysie périodique hypokaliémique familiale
zonula n.f.
zonula
Dispositif de jonction serrée en bandelette, formant une bande continue autour de la cellule.
Deux types : zonula adherens et zonula occludens.
Étym. gr. zonê ; lat. zona : ceinture
von Eulenburg (maladie de) l.f.
von Eulenburg disease
Affection de transmission autosomique dominante, caractérisée dès le jeune âge, par des accès de paramyotonie que déclenche électivement l'exposition au froid prédominant à la face (langue dure, ouverture des paupières difficile, parfois dysarthrie ou dysphagie) et à la main (attitude en flexion).
Ces accès durent moins d'une heure, disparaissent avec le réchauffement et sont suivis d'une parésie flasque qui régresse en quelques heures ou quelques jours. Une myotonie des paupières, de la langue ou des mains, favorisée par l'application d'un glaçon, est notée en dehors des accès.
L’affection est liée à une sensibilité anormale au froid des canaux sodiques (la conductance de ces canaux, qui est normale à 37°C, augmente anormalement à 27°C), si bien que les fibres musculaires se dépolarisent et deviennent inexcitables. L'électrodétection montre des averses myotoniques diffuses aux muscles proximaux, qui s'accentuent avec une température basse. Les tests de stimulation répétitive mettent en évidence un décrément des réponses motrices, témoin de l'anomalie membranaire. Cette affection est sensible à certains anti-arythmiques cardiaques de classe I, la tocaïnide et la mexilétine qui est la plus utilisée. Le gène SCN4A en cause, localisé en 17q23.1-q25.3, code pour la protéine SCN4A (sodium channel voltage-gated, type 4 subunit α) contrôlant la pénétration des ions Na+ dans la cellule musculaire. Des mutations multiples du même gène sont responsables de la paramyotonie congénitale et de la paralysie périodique hyperkaliémique de Gamstorp.
A. von Eulenburg, neurologue allemand (1886)
Syn. paramyotonia congenita, paramyotonie au froid
→ paramyotonie, myotonie, canalopathie ionique, anti-arythmiques (médicaments), Gamstorp (maladie de), mexilétine, parésie, canal sodique, paramyotonie congénitale, tocaïnide
[ H1, Q2]
Édit. 2019
euplasmie n.f.
euplasmy
Etat d'une cellule dont le noyau et le cytoplasme présentent les caractères normaux originels de l'espèce.
Ant. alloplasmie
[C3]
Édit. 2018
euploïdie n.f.
euploidy
État d'une cellule, d'un tissu ou d'un organisme qui possède une garniture chromosomique correspondant au nombre de base de l'espèce ou à un multiple de celui-ci.
P. ex., 2x, 3x, pour des autoploïdes, 2x1 + 2x2 pour des alloploïdes.
Étym. euploos : pli, disposition naturelle
Ant. aneuploïdie
[Q1]
Édit. 2018
facteur intrinsèque (FI) l.m.
intrinsic factor
Glycoprotéine de 45 kD, sécrétée par les cellules pariétales du fundus et du corps gastriques, qui possède la propriété de se lier avec la vitamine B12 en milieu alcalin (dans l'estomac en présence d'aliments, ou dans le duodénum).
Ce complexe ainsi formé est résistant à l'action des protéases pancréatiques. Il est conduit sans modification physicochimique jusqu'à l'iléon terminal. À ce niveau, les cellules entérocytaires possèdent à leur pôle apical un récepteur spécifique du complexe FI-vit B12, qui permet son internalisation et l'absorption de la vitamine B12, indispensable à l'érythropoïèse. A l’intérieur des entérocytes, la vitamine B12 se lie à la transcobalamine II (TC-2)et ce nouveau complexe quitte la cellule intestinale pour se diriger vers le foie.
Dans la maladie de Biermer, maladie auto-immune, la présence d'auto-anticorps dirigés contre le FI et/ou contre les cellules pariétales conduit à un déficit en FI, responsable d’une malabsorption de la vitamine B12 qui entraîne une anémie mégaloblastique. Dans les gastrites atrophiques, la destruction des cellules pariétales est également la cause d'un déficit en FI et d'une anémie. L'insuffisance pancréatique exocrine, en interférant avec la dissociation intestinale normale du complexe formé par la vitamine B12 et son premier transporteur (transcobalamine I) et en empêchant ainsi sa liaison au FI, peut être une autre cause de malabsorption. Parmi les autres facteurs de risque de déficit en FI se trouvent toutes les situations de lésion ou de résection de la paroi gastrique, et notamment les gastrectomies totales ou en cas de résection de l'iléon terminal.
Dans l'espèce humaine, le FI est codé par le gène GIF. Certaines mutations de ce gène sont la cause d’une maladie héréditaire très rare, le déficit congénital en FI, entraînant une malabsorption de la vitamine B12.
W. B. Castle, hématologiste américain (1929)
Syn. facteur de Castle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12, érythropoïèse
[L1,F1]
Édit. 2018
immunoglobulines (Ig) n.f.p. (Ig)
immunoglobulins
Les immunoglobulines sont des glycoprotéines douées d’activité anticorps, présentes dans les liquides biologiques, qui peuvent se fixer spécifiquement (de façon non covalente) par leurs paratopes sur les épitopes de l’antigène correspondant.
Des sites particuliers peuvent figurer sur certaines classes d’entre elles : fixation du complément, fixation sur certaines cellules (ayant des récepteurs pour leur fragment cristallisable (Fc), site de transfert placentaire.
Leur structure en quatre chaînes est révélée par des expériences de clivage. Les agents réducteurs, comme le mercapto-éthanol, permettent la libération de deux sortes de chaînes par rupture des ponts disulfures qui les relient :
- les chaînes légères (L) formées de deux domaines de 110 acides aminés. Le premier, N-terminal, a une composition variable en acides aminés avec de courtes zones hypervariables dont la diversité résulte de recombinaisons génomiques et de mutations somatiques entraînant un répertoire pratiquement illimité (elles sont le support de l’idiotypie). Le deuxième domaine est dit constant car seule une petite variation permet d’identifier soit une chaîne κ, soit une chaîne λ, caractéristique du type de l’Ig ;
- les chaînes lourdes (H) formées de quatre à cinq domaines de 110 acides aminés. Entre le deuxième et le troisième domaines existe une courte région charnière (traduction du mot angl. hinge) permettant à ce niveau une grande flexibilité de la molécule. Le premier domaine, N-terminal, est de composition variable avec des zones hypervariables situées en face des parties homologues des chaînes légères ; avec elles se constitue le paratope.
De petites variations des parties constantes permettent d’identifier les chaînes : γ, δ, α, μ, ε, caractérisant respectivement les classes d’Ig : Ig G, Ig D, Ig A, Ig M, Ig E. De même sont identifiables les sous-classes : Ig G1 (γ1), Ig G2 (γ2),Ig G3 (γ3), Ig G4 (γ4), Ig A1 (α1), Ig A2 (α2).
Les deux chaînes légères sont identiques entre elles dans une même molécule et il en est de même des chaînes lourdes.
Les Ig G, les Ig A sériques, les Ig D, les Ig E, sont ainsi composées de quatre chaînes. Les Ig A sécrétoires sont composées de deux sous-unités de quatre chaînes et les Ig M de cinq sous-unités.
Les enzymes protéolytiques clivent les immunoglobulines suivant le cas :
- soit en deux fragments (N-terminaux) , appelés Fab, constitués chacun de la totalité de la chaîne légère et de la partie N-terminale (deux premiers domaines) de la chaîne lourde restant reliés par des ponts disulfure. Ils comportent donc chacun un site anticorps. Le troisième fragment, appelé Fc, est constitué par les deux domaines C-terminaux des deux chaînes lourdes ;
- soit en un fragment F (ab’)2 formé de l’équivalent de deux fragments Fab reliés par des ponts disulfure et un fragment Fc comme précédemment.
En plus des chaînes légères et lourdes, les Ig A sécrétoires comportent une chaîne J qui assure la liaison des deux sous-unités d’Ig A qui les composent et d’une pièce sécrétoire qui le protège de l’action des sucs digestifs. Les Ig M sont constituées de cinq sous-unités et d’une chaîne J.
Les récepteurs des lymphocytes B (BCR) sont constitués d’une molécule d’Ig (dont la structure est la même que celle des anticorps qui seront synthétisés par les cellules) complétées par une région transmembranaire et une courte région intra-cytoplamique. Ceci permet de transmettre à la cellule un signal d’activation lors de la liaison avec l’antigène.
Il existe trois niveaux d’hétérogénéité des Ig :
- isotypique, mis en évidence par des anticorps d’origine animale qui reconnaissent des épitopes présents chez tous les individus d’une même espèce, permettant l’identification des diverses chaînes légères et lourdes ;
- allotypique, mis en évidence par des anticorps provenant d’un individu de la même espèce permettant l’identification d’allotypes présents sur certaines chaînes de certains individus. Chez l’Homme il s’agit des antigènes des systèmes : Gm, Km, Am ;
- idiotypique, mis en évidence par des anticorps réagissant spécifiquement avec des épitopes présents sur les parties hypervariables en fonction de la spécificité anticorps de l’Ig. Ainsi se constitue un réseau idiotype-anti-idiotype participant à la régulation de la réponse immunitaire.
G. M. Edelman, biologiste américain, prix Nobel de médecine en 1972 (1969)
Étym. lat. immunis : exempt de
Syn. anticorps, gamma-globuline
→ gamma-globuline, anticorps, antigène, immunoglobuline G, immunoglobuline D, immunoglobuline A, immunoglobuline M, immunoglobuline E, glycoprotéine, paratope, épitope, système du complément, chaine légère, idiotype, chaîne lourde, allotypie, isotype, idiotype
[C1, F3]
Édit. 2020
méthylome n.m.
Ensemble des modifications nucléiques de méthylation de l'acide dans le génome d'un organisme ou dans une cellule particulière.
[ C1,Q1]
Édit. 2018
vinorelbine n.f.
vinorelbine
Poison du fuseau de la famille des alcaloïdes de la Pervenche (vinca-alcaloïdes) se fixant sur la tubuline et bloquant les cellules en métaphase.
Il est utilisé dans le traitement des cancers du poumon non à petite cellule, du sein et des lymphomes hogkinien et non hodkinien.
→ vinca alcaloïdes, lymphome, Hodgkin (maladie de), cancer du sein, cancer bronchique
Merkel (tumeur de) l.f.
Merkel’s cell carcinoma, neuroendocrine carcinoma, trabecular carcinoma
Tumeur maligne, le plus souvent unique, du sujet âgé, siégeant dans la région cervicocéphalique ou sur les membres, à type de lésion nodulaire, rouge ou violacée, à croissance rapide, généralement non ulcérée, pouvant précocement comporter des métastases et dont l'aspect histologique consiste en travées ou en nappes envahissant le derme et l'hypoderme composées de cellules monomorphes à cytoplasme peu abondant et à noyau ovalaire, clair et vésiculeux avec de nombreuses mitoses.
L'origine des cellules tumorales n'est pas encore entièrement élucidée : il pourrait s'agir de cellules épithéliales à fonction neuro-sécrétoire, d'où le terme de carcinome neuroendocrine cutané, ou de cellules de Merkel en transit à partir de la crête neurale. L’examen immunohistochimique montre une expression de la cytokératine 20 (CK20). En 2008, la présence d’un polyomavirus intégré dans l’ADN des cellules tumorales a été mise en évidence, témoignant du rôle de ce virus de la cellule de Merkel (MCV : Merkel cell virus) dans la genèse de la tumeur.
Le traitement consiste en une excision large de la tumeur associée à une procédure du nœud lymphatique sentinelle avec, en cas de métastases nodales régionales, un curage des nœuds lymphatiques. Ce traitement chirurgical est complété par une radiothérapie sur le site de la tumeur primitive et, en cas de métastases ganglionnaires, sur l’aire ganglionnaire régionale. Une surveillance attentive est indispensable car les récidives sont fréquentes, en particulier dans la première année après le traitement initial. En cas d’évolution métastatique inopérable, la chimiothérapie obtient des régressions notables, mais souvent transitoires. Cette tumeur est radiosensible et la radiothérapie peut aussi être proposée.
F. S. Merkel, anatomiste allemand (1875)
Syn. carcinome neuroendocrine cutané, carcinome trabéculaire, merkelome
chimiogénomique n.f.
chemogenomic
Science dont l'objectif est l'étude des réponses génomiques à des composés chimiques.
La recherche en biologie et en chimie connaît une mutation qui se traduit par l'adoption de techniques massivement parallèles et automatisées, dans des domaines tels que le séquençage de génomes, l’utilisation des puces à ADN et la chimie combinatoire. Il est possible de générer et stocker plusieurs millions de petites molécules nouvelles par de nouvelles stratégies de synthèse chimique. Le criblage robotisé de petites molécules est une des technologies qui révolutionne actuellement la biologie, d'abord développée pour la recherche pharmaceutique et récemment mise en œuvre pour la recherche académique. Le criblage, qu'il soit à haut débit ou à haut contenu d'information, permet ainsi d’identifier parmi des collections de molécules (ou chimiothèques) des composés bioactifs agissant sur une protéine, une cellule, un organisme ou toute autre cible biologique d'intérêt. Ces composés peuvent être des candidats médicaments, des molécules valorisables pour certaines applications biotechnologiques, biomédicales ou agronomiques, ou encore des outils pour la recherche. Manipulant de très grands nombres d'informations biologiques (issues de la post-génomique), chimiques et expérimentales, le criblage ne peut s'envisager sans un traitement mathématique et informatique. Compte tenu du volume du champ de recherche, le développement de la chimiogénomique n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.
É. Maréchal, chercheur français (2008)
Syn. chemogénomique
Réf. E. Maréchal, L. Lafanechère, S. Roy - « Chemogénomique - Des petites molécules pour explorer le vivant » - EDP Sciences - Collection : Grenoble Sciences ; 2008 ; 268p.
[C1,C3,Q1]
Édit. 2018
CAR-T cells acr angl.
Chimeric -Antigen-Receptor T cells
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (le CAR), qui reconnait les cellules de la tumeur à combattre. Après un délai, ils sont reintroduits au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes et traitement du lymphome B réfractaire. Bien que les cellules proviennent de son organisme, le traitement est très lourd nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les résultats thérapeutiques sont prometteurs en raison de la longue vie de ces cellules persistantes des mois, voir des années.
Les effets secondaires du traitement sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1]
Édit. 2018
Wedl (cellule de) l.f.
Wedl's cell
Cellule nucléée, qui s’accumule dans la région sous-capsulaire postérieure lors des cataractes radio-induites.
Les cellules de Wedl prennent une forme arrondie « en vessie », avec souvent un noyau pycnotique. Elles vont ensuite se rompre, déverser leur contenu éosinophile et répandre des débris cellulaires parmi d’autres cellules apparemment intactes.
Elles participent à la constitution des perles de Elschnig.
→ Elschnig (perle d'), cataracte
[P2]
Édit. 2018
facteur intrinsèque (FI) l.m.
Glycoprotéine de 45 kD, sécrétée par les cellules pariétales du fundus et du corps gastriques, qui possède la propriété de se lier avec la vitamine B12 en milieu alcalin (dans l'estomac en présence d'aliments, ou dans le duodénum).
Ce complexe ainsi formé est résistant à l'action des protéases pancréatiques. Il est conduit sans modification physicochimique jusqu'à l'iléon terminal. À ce niveau, les cellules entérocytaires possèdent à leur pôle apical un récepteur spécifique du complexe FI-vit B12, qui permet son internalisation et l'absorption de la vitamine B12, indispensable à l'érythropoïèse. A l’intérieur des entérocytes, la vitamine B12 se lie à la transcobalamine II (TC-2)et ce nouveau complexe quitte la cellule intestinale pour se diriger vers le foie.
Dans la maladie de Biermer, maladie auto-immune, la présence d'auto-anticorps dirigés contre le facteur intrinsèque et/ou contre les cellules pariétales conduit à un déficit en facteur intrinsèque, responsable d’une malabsorption de la vitamine B12 qui entraîne une anémie mégaloblastique. Dans les gastrites atrophiques, la destruction des cellules pariétales est également la cause d'un déficit en facteur intrinsèque et d'une anémie. L'insuffisance pancréatique exocrine, en interférant avec la dissociation intestinale normale du complexe formé par la vitamine B12 et son premier transporteur (transcobalamine I) et en empêchant ainsi sa liaison au facteur intrinsèque, peut être une autre cause de malabsorption. Parmi les autres facteurs de risque de déficit en facteur intrinsèque se trouvent toutes les situations de lésion ou de résection de la paroi gastrique, et notamment les gastrectomies totales ou en cas de résection de l'iléon terminal.
Dans l'espèce humaine, le facteur intrinsèque est codé par le gène GIF. Certaines mutations de ce gène sont la cause d’une maladie héréditaire très rare, le déficit congénital en facteur intrinsèque, entraînant une malabsorption de la vitamine B12.
W. B. Castle, hématologiste américain (1897-1990), prix Nobel
Syn. facteur de Castle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12, érythropoïèse
[L1,F1]
Édit. 2018
cellule de Langherhans
l.f.
Langerhans' cell
Cellule dendritique immature présente dans l’épiderme et l’épithélium des muqueuses.
Après capture antigénique, elle migre vers les noeuds lymphatiques où elle acquiert après maturation la capacité d’activer les lymphocytes T .
[A2]
Édit. 2018
volatilome n.m.
volatilome
Ensemble des métabolites volatils émis par une cellule, un tissu, la peau, les poumons, les reins ou le tube digestif.
De nombreux métabolites volatils sont présents dans les produits des émonctoires humains et animaux (sueur, urine, fèces, air exhalé). Ils sont habituellement identifiés par chromatographie gazeuse associée à la spectrométrie de masse. Leur analyse donne des informations sur des processus physiologiques ou pathologiques en cours. Dans les fèces, par exemple, elle renseigne sur l’activité du microbiote et sur la présence de bactéries responsables de maladies du colon. Les cellules en culture sont un outil pour élucider les mécanismes à l’origine de la production de ces métabolites volatils. L’étude du volatilome est appelée volatulomique (« volatulomics »). Elle complète les études des composés produits à chaque étape du métabolisme (génomique, transcriptomique, métabolomique).
Des « chiens renifleurs » entraînés sont capables de reconnaître une odeur spécifique à une maladie correspondant à un ensemble de composés organiques volatils ou d’autres substances métaboliques produites par l’organisme malade. Présent dans la circulation sanguine, le volatilome peut être excrété dans l’air expiré, l’urine, la salive, les fèces, le lait et la sueur. Les chiens doivent être entraînés pendant deux à trois semaines pour la reconnaissance d’une odeur spécifique, aptitude validée par les maîtres-chiens. L’utilisation de ces chiens a été proposée, mais plus à titre d’alarme pour mettre en route des examens confirmés, qu’à titre de preuve.
→ chromatographie, spectrométrie de masse, microbiote, métabolite, métabolomique, biotransformation, transcriptomique, métabolomique
[R2]
Édit. 2018
sénolytique n.m.
senolytic
Composé détruisant les cellules sénescentes.
La cellule sénescente est caractérisée par l’arrêt définitif du cycle cellulaire accompagné de la production de molécules à propriétés inflammatoires (cytokines, chémokines…). Ces cellules sont normalement éliminées par le système immunitaire, mais elles peuvent persister chez le sujet âgé et entraîner un dysfonctionnement des organes où elles se trouvent. Des sénolytiques ( desatinib, quercétine) en les détruisant ont un effet favorable sur le vieillissement.
→ sénescence, cytokine, chémokine
[A2]
Édit. 2018
polynucléaire basophile l.m.
polynuclear basophilic
Cellule sanguine circulante appartenant à la lignée granulocytaire, aisément reconnue par les grosses granulations violet foncé remplissant le cytoplasme et recouvrant le noyau.
Leur nombre normal à l'état physiologique varie en valeur absolue de 0 à 0,14. 109 par litre. Il diminue légèrement en fin de grossesse de 0 à 0,09. Il existe une fluctuation nycthémérale : le taux le plus élevé est observé la nuit. Les granules primaires des basophiles sont positifs pour la réaction peroxydasique et contiennent de l'histamine, de l'héparine, des protéines de l'anaphylaxie, de la kallicréine, un facteur chimiotactique pour les éosinophiles et le PAF (facteur d'activation plaquettaire). La membrane des basophiles a des récepteurs de haute affinité pour le fragment Fc des IgE. Les basophiles sont capables de phagocytose, mais leur fonction essentielle est sécrétoire qui se traduit par une dégranulation et une libération dans le milieu du contenu de leurs granulations à l'occasion de stimulus variés, stimulus mécanique, froid et surtout antigènes chez les sujets allergiques. Ils peuvent libérer d'autres amines vaso-actives au niveau du site inflammatoire ou lors d'une réaction d'hypersensibilité immédiate (type I).
→ basophilie, lignée granulocytaire, peroxydase, histamine, héparine, anaphylaxie, kallicréine, polynucléaire éosinophile, PAF, IgE, phagocytose, hypersensibilité immédiate
[F1]
Édit. 2018
CAR-T cells acr. angl. pour Chimeric-Antigen-Receptor T cellsp
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (CAR), qui reconnaît les cellules de la tumeur à combattre. Ils sont restitués au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes.
En plus de leur très grande efficacité, ces cellules ont une longue durée de vie puisqu'elles ont la capacité d’éradiquer des cellules cancéreuses qui réapparaitraient après plusieurs mois, voire plusieurs années.
De nombreuses cellules CAR T ciblant d’autres antigènes tumoraux sont en développement dans d’autres types de cancers (myélome, lymphome) et même dans les tumeurs solides.
Bien que les cellules proviennent de l' organisme du malade, le traitement est très lourd, nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les effets secondaires sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1, F3, G5, ]
Édit. 2018
trans signalisation n.f.
trans signaling
Processus indirect de signalisation cellulaire s’opposant au processus classique, ou cis signalisation, dans lequel l’activation de la cellule fait suite à la stimulation directe d’un récepteur membranaire par un agoniste.
Un exemple de trans signalisation est celui relatif à l’interleukine-6. Cette cytokine se fixe à un récepteur soluble circulant donnant ainsi un complexe capable d’activer la signalisation par dimérisation avec la glycoprotéine 130 présente dans la membrane cellulaire.
→ interleukine-6, cytokine, interleuline 6
[F3]
Édit. 2018
cis-signalisation n.f.
cis-signalisation
Modèle classique de signalisation cellulaire dans lequel un effecteur interagit directement avec un récepteur de la membrane cellulaire pour déclencher une réponse de la cellule.
[C3]
Édit. 2018
cellule gliale
n.f.
Cellule constitutrice de la névroglie
Étym. gr. gloios : gluant
[A2, H1]
Édit. 2018
tanycyte n.m.
tanycyte
Cellule gliale spécialisée dont les corps cellulaires bordent le plancher du 3ème ventricule et les prolongements et qui sont au contact des capillaires fenêtrés du sang porte hypothalamo-hypophysaire.
→ cellule gliale, système porte hypothalamo-hypophysaire, axe hypothalamo-antéhypophysaire
[A2, O4]
Édit. 2018
mécanobiologie n.f.
mechanical biology
Etude des contraintes mécaniques en tant que régulateur des processus biologiques.
Les signaux mécaniques émanant du microenvironnement de la cellule sont des régulateurs fondamentaux du comportement cellulaire. Il existe des mécanismes de mécanotransduction qui permettent aux cellules de détecter, transmettre et s’adapter aux contraintes mécaniques imposées par les cellules voisines, la matrice extracellulaire ou la circulation des fluides à leur contact. Un exemple est celui de l’influence du flux sanguin sur le fonctionnement des cellules endothéliales vasculaires.
[C2]
Édit. 2018