Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Majewski (syndrome de) l.m.

Ensemble polymalformatif létal comprenant une ostéodysplasie et des anomalies viscérales réalisant le syndrome « polydactylie-côtes courtes »

La chondrodysplasie néonatale de type II associe au nanisme mésomélique par membres courts et déformés, une polybrachysyndactylie, une hypoplasie des tibias qui sont plus courts que les fibulas, des côtes étroites avec thorax court. La face est ronde avec un hypertélorisme et une fente labiale ou palatine et une implantation basse des oreilles. Les anomalies viscérales associent des reins polykystiques, une aplasie pulmonaire, des malformations cardiaques (transposition des gros vaisseaux) une cataracte et un œdème papillaire. L’affection est de transmission autosomique récessive (MIN 263520). Le gène en cause  DYNC2H1 (locus en 11q21-q23.1) code pour la protéine dynéine et sa mutation entraîne un dysfonctionnement du transport rétrograde intraciliaire. Une mutation associée du gène NEK1 (locus en 4q33) intervenant dans la formation des cils fait de cette ciliopathie un  phénotype biallélique bigénique.

F. Majewski, pédiatre et généticien allemand (1971)

Syn. côtes courtes- polydactylie type Majewski, côtes courtes polydactylie de type II

Takayasu (maladie de) l.f.

Takayasu arteritis, Takayasu syndrome, pulseless disease, nonspecific aortoarteritis

Vascularite inflammatoire, chronique, non nécrosante, caractérisée par un infiltrat avec des cellules géantes, touchant les vaisseaux de gros calibre
Panartérite segmentaire non spécifique, d'étiologie inconnue, responsable de sténoses des troncs artériels supra-aortiques, survenant de préférence chez la femme jeune, d'origine asiatique, antillaise ou d'Afrique du nord.
Affection rare,  qui s'intègre dans le cadre des angéites non-nécrosantes, à cellules géantes, caractérisées par une atteinte préférentielle des branches de l’aorte, souvent carotides, artères sous-clavières et vaisseaux digestifs et/ou coronaires. Dans 32% des cas, existent des lésions sur le reste de l'aorte descendante et abdominale. Les lésions des artères extracrâniennes contrastent avec le respect des artères intracrâniennes.
L'inflammation conduit à l'épaississement de la paroi artérielle, à sa fibrose et sa sténose. Le contexte comprend des poussées fébriles et une biologie inflammatoire. La disparition habituelle des pouls radiaux est à l'origine de l'appellation classique de «maladie des femmes sans pouls». Une claudication intermittente caractérise le retentissement hémodynamique des manifestations ischémiques : vertiges, syncopes survenant à l'effort ou au changement de position, plus rarement accidents ischémiques cérébraux transitoires ou constitués. L'atteinte neuro-ophtalmologique est habituelle : cécité par ischémie rétinienne, exsudats des vaisseaux rétiniens, hémorragies, anévrismes, fistules artérioveineuses ; les complications oculaires ischémiques les plus sévères conduisent à une atrophie du globe et à une énophtalmie. Des hémorragies cérébrales ont été rapportées, compliquant l'hypertension artérielle, fréquente dans cette affection.
Le diagnostic est évoqué devant un faisceau d’éléments cliniques, biologiques, radiologiques, échographiques et parfois histologiques. On ne dispose pas de marqueur biologique diagnostique spécifique. Le syndrome inflammatoire est confirmé par l’augmentation de la protéine C réactive, de la pentraxine 3, du fibrinogène, des α2-globulines et de la vitesse de sédimentation. La recherche de facteurs antinucléaires ou de facteurs rhumatoïdes est négative.
Le pronostic est lié à la diffusion et à l'évolutivité des lésions artérielles.
Le traitement fait appel aux glucocorticoïdes ; les antiplaquettaires et les anticoagulants sont discutés, la maladie étant peu thrombogène. Des biothérapies et des immunosuppresseurs sont aujourd’hui proposés en association à la corticothérapie. Les indications chirurgicales sont nécessaires pour corriger une ischémie symptomatique. Elle doit être faite préférentiellement, une fois l’inflammation jugulée.
La maladie est endémique au Japon et non familiale, mais de nombreux cas familiaux ont été publiés avec dans certains cas de vrais jumeaux, faits que l'on peut expliquer par une possible cause immunologique puisque l’on trouve une association avec le groupe HLA-B52 (MIM 207600). En fait les jumeaux vivent dans le même environnement et une cause non génétique peut aussi être discutée.

M. Takayasu, ophtalmologiste japonais (1908) ; F. Martorell Otzet et J. Fabré Tersol, chirurgien et cardiologue espagnols (1944)

Syn. maladie des femmes sans pouls , Martorell et Fabré-Tersol (syndrome de), syndrome de la crosse aortique, aortite à cellules géantes, aortite non syphilitique

[K4, N3, P2]

Édit. 2019

maladie kystique de la médullaire rénale l.f.

medullary cystic disease, nephronophthisis

Affection familiale à transmission autosomique récessive qui se révèle habituellement dans l'enfance par la survenue d'une polyurie avec insuffisance rénale progressive.
La polyurie s’accompagne de polydypsie, d’une anémie sévère, de protéinurie avec élimination rénale excessive de sodium. Les reins sont le siège d'une atrophie tubulaire avec altérations sévères des membranes basales tubulaires, sclérose interstitielle et présence de kystes plus ou moins nombreux prédominant à la jonction corticomédullaire.
De nombreuses formes cliniques ont été décrites :
- selon l’âge d’apparition : infantile, décès avant deux ans ; juvénile début vers 5 ans et décès vers 10 ans ; de l’adolescent et tardives.
- selon les associations : dans 20% des cas une rétinite pigmentaire peut aboutir à une amaurose type Leber (syndrome de Senior-Løken)(1) ; une apraxie oculomotrice avec ataxie cérébelleuse (syndrome de Joubert) (2) avec hypoplasie du vermis ; et  des malformations squelettiques (syndrome de Saldino-Mainzer) (3)
- selon le ou les gènes en cause : neuf localisations ont déjà été localisées pour les gènes NPHP (NéPHronoPhtise) : Le gène NPHP1, locus en 2q13 (4) code pour une néphrocystine ; sa mutation est responsable de la forme juvénile la plus fréquente ; NPHP2 (en 9q31) codant pour la protéine inversine est responsable d’une forme infantile sévère avec cardiopathie, fibrose hépatique et parfois situs inversus en raison de son rôle dans la latéralisation des organes au cours de la morphogénèse. Les formes suivantes sont de type juvénile : NPHP3  (en 3q22) est asocié à une fibrose hépathique ; NPHP4 (en 1p36) présente toujours une atteinte rétinienne sévère. NPHP5 (en 3q13) est une des formes du syndrome de Senior-Løken ; NPHP6 (en 12q21) associe aux lésions rénales une rétinite pigmentaire et une atrophie du vermis ; les mutations de gène NPHP8 (locus en 16q) entraînent les malformations multiples du syndrome de Meckel (5). Tous ces gènes codent pour des protéines intervenant dans la fonction des cils vibratiles primaires (non moteurs) : captation et extraction des molécules et leur transport dans les tubules ciliaires des cellules épithéliales rénales mais aussi  transport des molécules (opsines) impliquées dans la transduction du signal lumineux dans les photorécepteurs rétiniens. Toutes les formes de la maladie entrent dans le cadre des ciliopathies.

1- B. Senior ophtalmologue américain (1961) ; Aagot Christie Løken neuropathologiste norvégienne (1961)2- Marie Joubert, neurologue canadienne (1969) 3- R. M. Saldino et F. Mainzer, médecins radiologues américains (1970 et 1971)4- Corinne Antignac, physiopathologiste et généticienne française (1993)5- J. F. Meckel Jr, anatomopathologiste allemand  (1822)

Syn. néphronophtise

ciliopathie, rétinite pigmentaire, Senior-Lǿken (syndrome de), Joubert (syndrome de), Senior- Løken(syndrome de), Saldino-Mainzer (syndrome de), Meckel (syndrome de)

maladie périodique l.f.

periodic disease, familial mediterranean fever

Maladie à transmission autosomique récessive, touchant préférentiellement certaines populations du pourtour méditerranéen, caractérisée par la survenue périodique de crises douloureuses et fébriles, abdominales, thoraciques, articulaires et pouvant comporter une atteinte cutanée à type d'érythème, de nodules, d'urticaire, voire de purpura.
Le gène responsable, MEFV, situé sur le bras court du chromosome 16 (en16p13), est le siège de très nombreuses mutations ; il code pour la protéine marenostrine/pyrine responsable des phénomènes inflammatoires.
L'évolution vers une amylose systémique, en particulier rénale, représente le risque évolutif majeur en quelques années vers une insuffisance rénale. La colchicine constitue la base du traitement.

H. A. Reimann,  médecin et virologue américain (1950)

Syn. fièvre méditerranéenne familiale, polysérite familiale paroxystique

fièvre familiale méditerranéenne, polysérite familiale paroxystique.

maline n.f.

malin

Enzyme à activité d’ubiquitine ligase impliquée principalement dans la régulation du métabolisme du glycogène.
La maline (ainsi mommée pour rappeler l’état de mal épileptique pouvant affecter les malades atteints de maladie de Lafora, dans laquelle des mutations de cette protéine sont impliquées) s’associe avec d’autres protéines intracellulaires, en particulier la laforine, pour réguler l’activité d’enzymes de la synthèse du glycogène. Les complexes laforine-maline possèdent également d’autres propriétés régulatrices , notamment sur la réponse au stress cellulaire et sur l’activité transcriptionnelle.
La maline est codée par le gène EPM2B, situé sur le locus chromosomique 6p22.3

Lafora (maladie de), laforine, ubiquitine ligase, EPM2B gene

malonyl-ACP n.m.

malonyl-ACP

Combinaison du radical malonyle avec l'ACP (Acyl-Carrier Protein), protéine transporteuse d'acyle.
Ce composé qui est formé à partir du malonyl-coenzyme A sert d'accepteur pour le radical acyle d'un acyl-ACP pour former un β-cétoacyl-ACP, avec libération de l'ACP et du CO2.

Sigle  : angl. ACP pour : Acyl-Carrier Protein

ACP

MAP3K1 gene sigle angl. pour mitogen-activated protein kinase kinase kinase 1

Gène situé sur le locus chromosomique 5q11.2, codant pour une protéine impliquée dans la détermination sexuelle avant la naissance.
Des mutations de ce gène interviennent dans le syndrome de Swyer, le cancer du sein, l’histiocytose X.

Syn. M3K1_HUMAN, MAP/ERK kinase kinase 1, MAPK/ERK kinase kinase 1, MAPKKK1, MEK kinase 1, MEKK, MEKK 1, MEKK1, mitogen-activated protein kinase kinase kinase 1, 3 ubiquitin protein ligase, SRXY6

Swyer (syndrome de), histiocytose X, cancer du sein

maturation moléculaire l.f.

processing

Ensemble des évènements biochimiques qui permettent de passer d'un précurseur à une molécule active finale.
Par par exemple : épissage d'un ARN précurseur ou clivage du peptide signal d'une protéine.

Étym. lat. maturatio, de maturare : murir

May-Hegglin (syndrome de) l.m.

May Hegglin anomaly, MHA

Affection comportant une thrombopénie avec défaut de maturation des plaquettes qui sont volumineuses et la présence d'inclusions basophiles dans les granulocytes neutrophiles et éosinophiles appelées corps de Döhle.
Elle se traduit par une tendance hémorragique : épistaxis, ecchymoses, métrorragies et plus rarement par une atteinte cochléaire ou rénale
La transmission est autosomique dominante ; la mutation, souvent  de novo, porte sur le gène MYH9, locus en 22q12-13 codant pour une chaîne lourde  de la myosine non musculaire exprimée dans les polynucléaires et les monocytes ; la protéine anormale précipite pour former de grosses inclusions ovalaires intracytoplasmiques, les corps de Döhle.
L’affection entre dans le cadre des macrothrombocytopénies avec les syndromes de Sebastian, d’Epstein, de Fechtner (et Alport-like) liées également à des mutation du gène MYH9.

R. May, médecin allemand (1909), R. M. Hegglin, médecin interniste suisse (1945) ; K. G. P. Döhle, anatomopathologiste allemand (1892)

Syn. anomalie de May-Hegglin

macrothrombocytopénie, MYH9 (maladies liées à)

mégaline n.f.

megalin

Protéine de masse moléculaire élevée (600 kDa) localisée dans les membranes de cellules épithéliales, qui fait partie des récepteurs des lipoprotéines LDL et présente une grande homologie avec les récepteurs de l’bêta2-macroglobuline.
Elle est exprimée notamment avec la cubiline dans les cellules bordant des tubules rénaux et le feuillet viscéral du sac vitellin. Elle intervient avec de nombreux ligands dans le transport des lipides de faible densité, des vitamines A et D, en immunologie et dans le développement et la fonction de nombreux organes. Elle est codée par le gène LRP2 (low-density protein receptor-related Protein 2) locus en 2q31.1 dont les mutations sont à l’origine des syndromes de Donnai et Barrow et facio-oculo-acousticorénal.

D. Donnai et M. Barrow, généticiens britanniques (1993)

hernie diaphragmatique, exomphalocèle, absence de corps calleux, hypertélorisme, myopie et surdité neurosensorielle, facio-oculo-acousticorénal (syndrome).

mélanocyte n.m.

melanocyte

Cellule dendritique synthétisant la mélanine, siégeant dans la couche basale de l'épiderme où elle forme avec les kératinocytes qui l'entourent l'unité épidermique de mélanisation.
Exprimant la protéine S 100, l’anticorps monoclonal HMB 45 et la Melan A, elle est présente plus particulièrement dans la peau, en nombre très variable selon les régions, les follicules pileux et l'oeil. La cellule nævique de Unna en représente la forme tumorale.

C. Masson, anatomopathologiste franco-canadien, membre de l'Académie de médecine (1848) ; P. G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1894)

Étym. gr. melas, melanos : noir ;  cytos : cellule

Syn. cellule claire de Masson

mélanome n.m.

melanoma

Tumeur maligne fréquente, de cause inconnue, représentant 5%, mais le plus grave, des cancers cutanés et 1% des tumeurs malignes, se développant après la puberté, plus souvent chez la femme que chez l'homme, siégeant principalement aux membres inférieurs, mais s'observant aussi au tronc, à la tête ou aux membres supérieurs, et se développant à partir, soit de mélanocytes épidermiques, c'est-à-dire apparemment de novo, soit d'un nævus préexistant.
Son diagnostic, clinique comme histologique, est plus facile lorsqu'il s'agit d'une lésion pigmentée. Certains cas sont familiaux et l'exposition solaire est un facteur favorisant. On distingue plusieurs variétés dont la fréquence, l'évolution et le pronostic sont différents et dont les principales sont : a) le mélanome sur mélanose précancéreuse de Dubreuilh; b) le mélanome à extension superficielle; c) le mélanome nodulaire ; d) le mélanome des extrémités ou mélanome lentigineux acral ; e) le mélanome des muqueuses.
La structure histologique de la tumeur varie avec le type de lésion mais montre généralement une agression marquée de l'épiderme par les cellules tumorales, une intense activité jonctionnelle et, dans le derme, des amas de cellules volumineuses à noyau irrégulier, clair, boursoufflé et à cytoplasme abondant souvent rempli de mélanine; les mitoses sont nombreuses et l'infiltrat inflammatoire péritumoral important. Dans les cas difficiles, l'histopathologiste pourra s'aider de marqueurs des cellules tumorales tels que protéine S100, vimentine, HMB45.
L'évolution se fait schématiquement en trois stades cliniques, le premier étant celui de la tumeur primitive, le second celui de métastases locorégionales et le troisième celui de la généralisation. Le pronostic est principalement fonction, d'une part, du niveau de Clark de la tumeur, reflétant sa pénétration intradermique, et de l'indice de Breslow correspondant à son épaisseur et, d'autre part, de la présence ou non de métastases. Le traitement consiste en l'exérèse précoce et large de la néoformation. La radiothérapie, l'immunothérapie et la chimiothérapie sont peu efficaces.

W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894) ; A. Breslow, anatomopathologiste américain (1970) ; W. H. Clark Jr, anatomopathologiste américain (1967)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

Syn. mélanome malin (obs.), nævocarcinome (obs.), mélanosarcome (obs.), mélanoblastome (obs.)

Breslow (indice de), Clark (niveau de)

mélanotransferrine n.f.

melanotransferrin

Protéine qui fixe des ions ferriques et qui intervient dans la captation de fer par certaines cellules.
De masse moléculaire 97 kDa, elle est aussi appelée p97. Elle est en quantité plus élevée dans le sérum et surtout le liquide céphalorachidien des patients atteints de maladie d'Alzheimer où on la trouve sur les cellules microgliales associées aux plaques amyloïdes ; ce sont ces cellules qui pourraient la synthétiser et la sécréter.

Étym. gr. melas, melanos : noir ; nosos : maladie ; lat  trans : à travers ; ferrum : fer

Alzheimer (maladie d')

mélitine n.f.

melitin

Protéine complexe sécrétée par les Brucella qui, injectée par voie intradermique, donne, comme la tuberculine, une réaction cutanée retardée spécifique.
Une intradermoréaction à la mélitine fortement positive a été un argument important en faveur d'une brucellose chronique. L'antigène utilisé pour cette injection n'est plus disponible.

MEN1 gene sigle anglais pour menin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 11q13 codant pour la protéine menin qui agit comme suppresseur de tumeur empêchant les cellules de croître et se diviser trop rapidement ou dans une voie non contrôlée.
La mutation de ce gène entraîne la néoplasie endocrinienne multiple, l’hyperparathyroïdie familiale, l’hyperplasie congénitale des surrénales

Syn. MEAI, MEN1_HUMAN, menin, multiple endocrine neoplasia I

néoplasie endocrinienne multiple, hyperparathyroïdie familiale, hyperplasie congénitale des surrénales

mérodesmosine n.f.

merodesmosin

Acide aminé triacide et triaminé qu'on trouve parmi les produits d'hydrolyse de l'élastine et qui est cause de la réticulation de cette protéine des tissus conjonctifs des jeunes animaux.
La mérodesmosine, se forme par condensation de deux molécules d'allysine et d'une molécule de lysine
c desmos : lien ; oside : suffixe indiquant plusieurs sucres (ose)

méromyosine n.f.

meromyosin

Protéine résultant de l'hydrolyse trypsique ménagée de la myosine.
Cette hydrolyse  fragmente la myosine en deux parties : la méromyosine L, légère, de masse moléculaire 120 kDa comprend la queue (ou tige) de la chaîne lourde ; la méromyosine H (ou HMM pour Heavy MeroMyosin) est subdivisée par la papaïne en un subfragment S1, partie glomérulaire qui contient l’activité ATPase et le site de fixation de l’actine et un subfragment S2 de fixation des deux chaînes légères de la myosine.

Étym. gr. meros : partie ; mus : muscle

myosine

métallothionéine n.f.

metallothionein

Protéine riche en cystéine (20 à 25 %), ayant une grande affinité pour les ions métalliques, tels que cuivre, zinc, cadmium, mercure.
Elle sert dans l'intestin à l'absorption du cuivre et du zinc ; dans le foie elle participe au stockage de ces métaux.
Dans la maladie de Wilson, elle capte une quantité élevée de cuivre ; il est possible que sa structure y soit anormale.

S. A. K. Wilson, neurologue britannique (1912)

Wilson (maladie de)

microcéphalie autosomique récessive primitive l.f.

primary autosomal recessive microcephaly, MCPH

Anomalie de développement neuromusculaire entraînant une microcéphalie sans troubles neurologiques importants dont on distingue deux formes : la microcephalia vera et la forme avec gyration simplifiée.
Dans les deux formes la réduction du volume de la tête est décelable à la naissance. La circonférence crânienne est de moins trois à moins cinq déviations standard (-3 à -5 DS) avec réduction parallèle du volume cérébral.
En cas de microcephalia vera le cerveau est petit et sa constitution, examinée par IRM, est pratiquement normale. Le retard mental est léger, la parole retardée; il n’y a ni trouble neurologique ni  trouble moteur ; la taille et le poids sont presque normaux.
La transmission est autosomique récessive  survenant dans des pays à forte consanguinité, en particulier au Pakistan du nord. Actuellement sept loci ont été décrits. Dans la forme MCPH1 le gène en cause appelé  microcéphaline, en 8p22pter, code pour une protéine ayant une action sur le développement de la partie antérieure du cerveau et les ventricules latéraux. La forme la plus fréquente est la MCPH5 (37 à 54% des cas) ; le gène ASPM (Abnormal Spindle –like Microcephaly) est situé en 1q31. La microcéphalie est décelable par échographie vers le milieu de la grossesse.
La forme avec gyration simplifiée est caractérisée en IRM par une simplification des circonvolutions et le peu de profondeur des sillons cérébraux. Le retard mental est plus important que dans la forme précédente et il existe des troubles neurologiques : convulsions et spasticité. Le pronostic vital peut être en jeu. Aucun locus génique n’a encore été identifié.

Étym. gr. mikros : petit ; kephalê : tête : autos : soi-même ; sôma : corps

Sigle : MCPH pour MicroCéphalie Primaire Héréditaire

MCPH1 gene

microfilament n.m.

microfilament

Elément structurel, d’un diamètre de 5 nm inférieur aux microtubules avec lesquels il constitue, en compagnie des filaments intermédiaires, le cytosquelette ou système des protéines fibreuses.
Il est fait de deux brins d’actine, entrelacés à la façon d’une corde ; les sous-unités globulaires qui les composent sont unies par des ions calcium et sont associées à des molécules d’ATP qui fournissent l’énergie nécessaire au phénomène de contraction. Celle-ci survient typiquement dans la cellule musculaire squelettique lorsque les filaments d’actine, associés à des filaments d’une autre protéine, la myosine, glissent les uns sur les autres, grâce à un réarrangement des liaisons intermoléculaires.

Étym. gr. mikros : petit ; lat. filum : fil

microphakie n.f.

microphakia

Anomalie isolée du cristallin qui est trop petit, trop sphérique, bien transparent et donnant un vice de réfraction myopique d'environ 15 dioptries.
C'est la courbure excessive du cristallin qui donne une myopie ; après dilatation on voit bien son équateur et le ligament suspenseur toujours atrophique. La sphéricité peut parfois mettre en contact le pôle antérieur de la lentille avec la cornée, il est parfois ectopique et même ballant et peut s'enclaver dans la chambre antérieure. Il peut exister un iridonésis, une atrophie de l'épithélium pigmenté irien. L'hypertonie est une complication qui apparaît soit par luxation soit de façon chronique. D'autres malformations, telles que la mégalocornée et corectopie, peuvent accompagner la microsphérophakie. L'anomalie peut être également présente dans de nombreux syndromes, tels que le syndrome de Weill-Marchesani, la maladie de Marfan, l'homocystinurie, le syndrome d'Alport, et la maladie de Klinefelter.
 L’affection est autosomique dominante ou autosomique récessive (MIM 251750) avec une grande hétérogénéité génétique ; une mutation homozygote par insertion en 14q24.1-q32.12 a été notée sur le gène LTP2, modifiant la protéine LTP2, suggérant son rôle dans le développement du cristallin ( A. Kumar, 2010)

B. Fleischer,  ophtalmologiste allemand (1916) (1874-1965) ; A. Kumar, médecin indien (2010), G. Weill, ophtalmologiste français (1932) ; O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939) ; A. Marfan,  pédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1896) ; A. C. Alport, médecin interniste sud-africain (1927) ; H. F. Klinefelter Jr, médecin interniste américain (1942)

Étym. gr. mikros : petit ; phakos : lentille

Syn. microsphérophakie, sphérophakie

microphtalmie et déficience mentale (de Sjögren et Larsson) l.f.

microphthalmia and mental deficiency

Syndrome oculocérébral associant une microphtalmie à une déficience mentale.
Le déficit mental est sévère, la microphtalmie est bilatérale, il existe même parfois une anophtalmie. L’affection est autosomique récessive (MIM 251500). L’affection est liée à un déficit en une aldhyde deshydrogénase provoquant une accumulation tissulaire des alcools gras Le gène en cause ALDH3A2 est stué en17p11.2, code pour la protéine FALDH 10 (fatty aldehyde deshydrogénase) qui intervient dans le métabolisme des acides gras.

K. G. T. Sjögren neuropsychiatre et T. Larsson, statisticien suédois (1949 et 1957)

Étym. gr. mikros : petit ; ophtalmos : œil

migraine hémiplégique familiale l.f.

familial hemiplegic migraine

Crises récurrentes de douleurs crâniennes ou hémicraniennes de type migraineux précédées d'hémiplégie et d'hémiparésie pouvant durer plusieurs jours.
Elles peuvent être accompagnées d’ataxie, d’incoordination, de nystagmus, de surdité de perception, de dysarthrie et parfois de coma. L’EEG est perturbé dans l’hémisphère opposé au déficit. Deux groupes sont distingués : une forme pure où l’examen neurologique est normal entre les crises et les formes avec troubles cérébelleux permanents (30% des familles). C’est probablement la même entité que la migraine familiale. Une famille a été décrite avec dégénérescence rétinienne.
La transmission est autosomique dominante avec pénétrance incomplète (86%). Plusieurs gènes ont été identifiées : 1- le gène CACNA1A – locus en 19p13- noté dans la moitié des cas (et 100% en cas de troubles cérébelleux) code pour la sous unité α1A principal constituant des canaux calciques dépendant du voltage P/Q : P, à inactivation lente, étant le principal courant calcique des cellules de Purkinje du cervelet et le type Q à inactivation rapide jouant un rôle dans la libération des neurotransmetteurs. c’est une mutation « gain d’activité » qui entraîne une excitation cérébrale. 2- Le gène ATP1A2 – locus en 1q25-q31 code pour la protéine Na+/K+ATPase, transporteur ionique qui utilise l’ATP comme énergie pour extraire le Na+ et entrer le K+ dans les cellules à travers la membrane. Ce gène  est trouvé dans les formes avec épilepsie (10à 20% des cas). 3- Un autre locus a été décelé en 6p12.2-p21.1.

J. M. Clarke, neurologue britannique (1910)

Étym. gr. hêmi : demi : kranion : crâne ; hemi- : moitié : plêssein : frapper

CADASIL

mono-iodotyrosine n.f.

monoiodotyrosine

Produit de la substitution d'un atome d'hydrogène de la tyrosine par un atome d'iode.
Elle se forme au sein de la thyroglobuline ; elle apparaît parmi les acides aminés libérés lors de l'hydrolyse de cette protéine à côté des hormones thyroïdiennes mais, comme elle n'est pas sécrétée, elle subit une désiodation dans la glande elle-même.

Sigle MIT

MRP3 sigle angl. pour Mutidrug Resistance Protein 3

Protéine fortement exprimée dans le foie, le rein, le colon et le pancréas, appartenant à la famille des transporteurs d’anions organiques (Organic Anion Transporter, OAT)

Dans le foie, la protéine MRP 3 assure une petite partie de l’excrétion de la bilirubine conjuguée dans les canalicules biliaires.

Syn. ABCC3, CMOAT2

transporteurs d'anions organiques

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