Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

828 résultats 

thermographe n.m.

thermograph

Appareil utilisé pour mesurer la température cutanée.

→ thermographie

thrombophlébite cérébrale puerpérale l.f.

puerpueral cerebral thrombophlebitis

Thrombose d’une veine cérébrale, le sinus longitudinal le plus souvent, survenant dans les suites de couches.
Elle se traduit par des céphalées, de la fièvre et des déficits neurologiques. Elle est mise en évidence par la tomodensitométrie ou l’imagerie à résonance magnétique nucléaire du cerveau après injection de produit de contraste. Elle se traite par l’héparine intraveineuse puis sous-cutanée.

thrombophlébite pelvienne du postpartum l.f.

post-partum thrombophlebitis of the pelvis

Occlusion des veines de l’utérus, du vagin et du ligament lombo-ovarien et par extension des autres veines pelviennes dans les suites d’un accouchement.
Elle se traduit par de la fièvre et des douleurs pelviennes spontanées et à la mobilisation utérine. Elle complique le plus souvent une endométrite. Son diagnostic est surtout clinique, car ni les examens aux ultrasons ni les examens phlébographiques ne sont capables de l’identifier. Elle se traite par l’héparine intraveineuse puis sous-cutanée.

tinea nigra l.f.

tinea nigra

Infection fongique cutanée superficielle de la peau glabre limitée à l’épiderme, due à un champignon noir, Exophiala werneckii, présent dans les régions subtropicales et tropicales.
Elle se traduit par une macule plane, brune à noire, bien délimitée, non prurigineuse, généralement unique, siégeant le plus souvent sur une paume. Les adolescents et les femmes sont les plus touchés. La confirmation diagnostique est apportée par l’examen mycologique. Le traitement local associe un kératolytique et un antifongique imidazolé.

Syn. tinea nigra palmaris, keratomycosis nigricans palmaris

toxémie staphylococcique n.f.

toxic shock syndrome, toxemia

Choc toxique staphylococcique décrit à l'occasion d'une épidémie due à des tampons périodiques vaginaux colonisés par Staphylococcus aureus.
Le syndrome associe hyperthermie, choc septique et hypovolémique, signes digestifs (vomissements, diarrhée), éruption cutanée assez discrète mais suivie d'une desquamation surtout palmoplantaire, hyperhémie muqueuse, signes musculaires (myalgies, élévation des CPK), signes neuropsychiques (confusion), signes hépatiques (élévation de la bilirubine et des enzymes hépatiques), insuffisance rénale, thrombopénie.
Le phénomène essentiel est la libération d'une exotoxine par une souche particulière de staphylocoque.

J. Todd et M. Fishaut, pédiatres américains (1978)

Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) = toxique dans le sang

→ toxique

transfusion sanguine l.f.

blood transfusion

Transfert de sang ou de produits sanguins humains, d'un donneur à un receveur par injection intravasculaire.
On distingue l'autotransfusion (transfusion autologue), injection au patient de son propre sang prélevé au préalable, la transfusion homologue, injection de sang compatible provenant d'un autre humain. La transfusion hétérologue, injection de sang provenant d'un animal, est interdite depuis 1668.
La découverte des groupes sanguins 1(A B O en 1900, rhésus en 1940) a permis d'éviter les accidents d'incompatibilité sanguine mais elle n'a pas évité ceux dus à la transmission d'agents infectieux, notamment viraux pour lesquels des précautions spéciales doivent être prises concernant les donneurs et la manipulation du sang.
Une réglementation stricte doit être observée pour le prélèvement du sang, sa conservation et son administration.
La voie d'injection est généralement intraveineuse, les voies intra-osseuse ou intra-artérielle ont des indications spéciales. L'injection sous-cutanée de sang prélevée au patient (autohémothérapie) a été utilisée pour traiter des états allergiques, elle est actuellement abandonnée.
1K. Landsteiner, biologiste et médecin autrichien, prix Nobel de médecine de 1930

Étym. lat. transfusio : action de transvaser.

→ agglutinines irrégulières, autotransfusion, groupe sanguin, transfusion du nouveau-né, transfusion sanguine (accidents de la), transfusion sanguine (infections transmises par la)

traumatisme laryngé l.m.

laryngeal trauma

Choc sur le larynx avec ou sans plaie cutanée.
On distingue, le traumatisme fermé, soit par traumatisme externe (commotion, fracture, désinsertion), soit par traumatisme interne (brûlure, intubation) et le traumatisme ouvert, plaie par balle ou par arme blanche pouvant entraîner une section du larynx. Il existe une dysphonie avec dyspnée, un emphysème sous cutané ou une plaie soufflante. Le traitement est chirurgical avec parage de plaies et suture muqueuse en conservant au maximum les structures cartilagineuses.

→ dysphonie, dyspnée, emphysème médiastinal

Trautmann (abcès de) l.m.

Trautmann’s abscess

Abcès de la cloison nasale secondaire à une rhinite, à une sinusite d’origine dentaire ou à une lésion cutanée.

M. Trautmann, chirurgien allemand (1886)

trichilemmocarcinome n.m.

trichilemmal carcinoma

Tumeur cutanée maligne rare survenant chez le sujet âgé, siégeant principalement sur le visage, le cou ou les oreilles, légèrement surélevée, rougeâtre, souvent kératosique, de 0,5 à 2 cm de diamètre, histologiquement invasive, dont les lobes se composent de cellules claires, ressemblant à celles de la gaine folliculaire externe, mais contenant des noyaux volumineux et hyperchromatiques.
Son origine est encore discutée  : certains la considèrent comme une néoplasie d'origine folliculaire, donc comme un carcinome pilaire, tandis que d'autres pensent à un carcinome spinocellulaire à différenciation trichilemmale. L'évolution est lente : la néoformation présente une agressivité locale sans formation de métastases. Le traitement consiste en l'exérèse chirurgicale.

trichilemmome n.m.

trichilemmoma

Tumeur cutanée bénigne rare, solitaire ou multiple, localisée au visage, n'ayant aucune spécificité clinique.
À l'examen histologique, qui, seul, permet le diagnostic, on observe une prolifération tumorale épithéliale bien délimitée entourant un follicule pileux, et dont les lobes se composent principalement de cellules claires, riches en glycogène, pouvant évoluer vers la kératinisation. Des structures glandulaires peuvent s'y trouver, posant alors le problème de l'origine sudoripare de la lésion. Pour certains, il s'agirait simplement d'une verrue vulgaire ancienne. L'homologue malin de cette tumeur est le trichilemmocarcinome.

Syn. tricholemme

→ trichilemmocarcinome

trichoblastome n.m.

trichoblastoma

Tumeur cutanée peu fréquente, survenant chez l'adulte, surtout au visage et dans le cuir chevelu, mais n'ayant pas de caractéristiques cliniques particulières.
Elle fait partie des tumeurs trichogéniques annexielles bénignes, qui rappellent histologiquement le développement embryologique du follicule pileux et se composent, de ce fait, comme la matrice pilaire, d'une prolifération épithéliale associée à une composante mésenchymateuse. D'après le degré de développement mésenchymateux et de différenciation des travées tumorales on distingue le trichoblastome, le trichoblastome trichogénique, le fibrome trichoblastique et le fibromyxome trichogénique. Dans le trichoblastome, la composante épithéliale prédomine et est faite de travées et de cordons épithéliaux, souvent anastomosés et entourés d'une assise cellulaire palissadique. L'évolution est bénigne et la guérison s'obtient par exérèse chirurgicale.
 Étym. gr. trikhos : du cheveu ; blastos : germe

J.T. Headington et A. J. French, dermatologues et anatomopathologistes américains (1962)

trichoblastome trichogénique l.m.

trichogenic trichoblastoma

Néoformation cutanée rare de l'adulte sans caractères cliniques particuliers, faisant partie des tumeurs trichogéniques annexielles bénignes qui rappellent histologiquement le développement embryologique du follicule pileux et comportent, de ce fait, comme la matrice pilaire, une composante épithéliale et une composante mésenchymateuse.
D'après le degré de développement mésenchymateux et de différentiation des travées tumorales on distingue le trichoblastome, le trichoblastome trichogénique, le fibrome trichoblastique, le fibromyxome trichoblastique. Le trichoblastome trichogénique se distingue du trichoblastome par une différenciation pilaire plus poussée des lobules tumoraux. La tumeur se compose de travées de cellules basaloïdes entre lesquelles se situent des follicules pileux à divers stades de différenciation. Le stroma péritumoral est dense, souvent hyalinisé. L'évolution est lente et bénigne. L'exérèse chirurgicale est suivie de guérison.

trichofolliculome n.m.

trichofolliculoma

Tumeur cutanée solitaire bénigne de l'adulte, correspondant à un hamartome, d'origine folliculaire, siégeant principalement au visage et se présentant comme une petite lésion globuleuse, ombiliquée et habituellement centrée par un ou plusieurs poils minces.
L'aspect histologique se compose d'une formation folliculaire kystique, contenant de la kératine d'où émanent plusieurs petits follicules, plus ou moins différenciés, de façon radiaire. Le stroma péritumoral est riche en fibroblastes et forme des gaines fibreuses autour des follicules. Une variété sébacée a été décrite. L'exérèse chirurgicale est le traitement de choix.

G. Miescher dermatologue suisse (1944)

Étym. lat. folliculus : petit sac ; gr. ôma : tumeur

→ folliculome, trichofolliculome sébacé

trichophytide n.f.

trichophytid

Manifestation cutanée provoquée par la sensibilisation à un dermatophyte.
Ces lésions peuvent prendre des aspects très divers : eczématoïde, nodulaire ou lichenoïde.

trichosis n.m.

trichosis

Développement anormal de poils sur une zone cutanée ou muqueuse normalement glabre.

trométhamine n.m.

tromethamine

Amine organique accepteur de protons, l'acétate donne des solution très alcalines (pH entre 10,0 et 11,5) utilisées soit en perfusions en cas d'acidose, soit localement pour neutraliser une contamination acide ou combattre l'acidose des cellules lésées lors d'une brulure cutanée.
Contrairement aux autres alcalins qui ne pénètrent pas facilement dans les cellules, la solution d'acétate de tris-(hydroxyméthyl)-aminométhane (THAM ou TRIS) à 5% dans l'eau, permet à 30% du produit injecté dans le sang de passer dans l'espace intracellulaire. Cette propriété du THAM a été utilisée pour la réanimation après arrêt cardiaque mais il est considéré comme moins maniable que le bicarbonate de sodium car il peut provoquer des apnées. Le THAM a une action hypoglycémiante et il peut aussi amener une hyperkaliémie en cas d'insuffisance rénale. Il a été utilisé pour épurer le gaz carbonique des atmosphères confinées, dans les sous-marins notamment, car il est facilement régénérable, ce qui n'est pas le cas de la chaux sodée. Dans l'industrie alimentaire, on l'a utilisé en aspersion pour la conservation du poisson frais.
  

Syn. THAM, TRIS

artefact de troncature l.m..

truncating artifact

En IRM, artefact qui apparait au niveau des interfaces où existe une transition brusque du signal IRM : graisse-os ; graisse-muscle ; liquide cérébrospinal-moelle... et se traduit par des bandes ou des stries d'intensité alternativement faible et forte, parallèles à la zone de variation brutale du signal.
La distance entre les bandes est liée à la taille de la matrice, donc à la résolution spatiale, cette distance étant d'autant plus faible que le nombre de lignes de la matrice est plus élevé.
Le mécanisme de cet artefact est lié au principe de la reconstruction de l'image par transformation de Fourier dont il traduit l'imperfection : les images de forme complexe sont obtenues par une combinaison d'ondes sinusoïdales).
Fréquents et évidents au niveau de la voûte crânienne, à la limite entre l'os et la graisse sous-cutanée, ces artefacts posent parfois des problèmes difficiles, en particulier au niveau de la moelle épinière où ils peuvent être à l’origine d’une bande centromédullaire mimant une syringomyélie.

J. W. Gibbs, mathématicien américain (1839-1903)

Syn. phénomène de Gibbs

→ transformée de Fourier

[B2,B3]

Édit. 2018

tuberculide n.f.

tuberculid

Lésion cutanée rattachée indirectement à la tuberculose, autrefois attribuée à des réactions hyperimmunes chez des individus sensibilisés par un contact antérieur avec M. tuberculosis et comportant histologiquement un granulome tuberculoïde.
Leur nature tuberculeuse est considérée aujourd'hui comme peu probable et leur liste s'est progressivement réduite, l'érythème induré de Bazin et l'érythème noueux étant rattachés aux hypodermites et les tuberculides rosacéiformes de Lewandowsky étant considérées par beaucoup comme des lésions de rosacée. Pourraient rester dans ce groupe les tuberculides papulonodulaires de la face ou acnitis de Barthélemy, les tuberculides papulonécrotiques des membres ou folliclis de Barthélemy et le lichen scrofulosorum qui correspond à des tuberculides folliculaires lichénoïdes du tronc.

E. Bazin, dermatologiste français (1855) ; F. Lewandowsky, dermatologiste allemand (1917) ; P. Barthélemy, dermatologiste français (1891) J. Darier, dermatopathologiste français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Étym. lat. tuberculum : petite saillie, excroissance

tuberculose verruqueuse l.f.

tuberculosis cutis verrucosa, warty tuberculosis

Forme de tuberculose cutanée survenant chez des sujets ayant une bonne immunité antimycobactérienne provoquée par inoculation ou auto-inoculation, siégeant souvent sur le dos des mains, et caractérisée par un placard verruqueux, indolore, d'extension lente, kératosique et inflammatoire, évoluant vers une atrophie cicatricielle centrale.

tumeur desmoïde l.f.

desmoid tumor

Tumeur fibromateuse, nommée "desmoïde" par Müller en 1838 en raison de sa ressemblance avec la structure d'un tendon, s'observant principalement chez l'adulte avec une prédilection pour la femme en période d'activité génitale, se développant à partir de la gaine aponévrotique, le plus souvent celle des grands droits, et donc généralement située dans la paroi abdominale.
Elle se manifeste comme une masse sous-cutanée, dure, apparemment bien délimitée à la palpation. Histologiquement, la lésion est constituée de fibres collagènes associées à une prolifération fibroblastique modérée. Certains auteurs la considèrent comme un équivalent plus profond du dermatofibrosarcome de Darier-Ferrand, alors que d'autres la rapprochent des fibromatoses. L'évolution aboutit à une infiltration progressive des tissus. L'excision chirurgicale, même large, est souvent suivie de récidives. Il ne se produit jamais de métastases.

J. P. Müller, anatomopathologiste allemand (1838) ; F. J. Darier, membre de l'Académie de médecine et M. Ferrand, dermatologistes français (1924)

Étym. lat. tumor : gonflement

typhus des broussailles l.m.

scrub typhus

Rickettsiose asiatique à Orientia tsutsugamushi, transmise à l'Homme par la piqûre de larves d’acariens du genre Leptotrombidium  (famille des Trombididae), le réservoir de germes étant constitué de divers rongeurs.
Après une incubation d'une dizaine de jours, la maladie se manifeste par un état fébrile, des céphalées, des myalgies, une escarre d'inoculation, puis apparaît une éruption cutanée maculeuse généralisée, une polyadénopathie, parfois des signes digestifs (diarrhée) et des troubles de la conscience. On note souvent une hépatosplénomégalie. Des complications cardiaques, rénales ou pulmonaires peuvent survenir. Le pronostic peut être grave en l’absence d'antibiothérapie (létalité pouvant atteindre 30% dans certains foyers). De nombreux sérotypes de la bactérie existent, dont la pathogénicité pour l'Homme est très variable. La fièvre fluviale du Japon s’observe par foyers en Asie du Sud-Est, du continent indien à l'Indonésie, en Chine, en Sibérie orientale, au Japon, en Nouvelle Guinée et dans le nord de l'Australie. L'incidence de la maladie est élevée dans certaines régions. Elle peut être saisonnière et sévir toute l'année suivant les climats locaux. Chez les Leptotrombidium vecteurs, la larve, seul stade hématophage, ne prend qu'un seul repas de sang ; la transmission verticale est donc la règle et le réservoir de germes est constitué par les acariens eux-mêmes. Les hôtes habituels de ces acariens sont des rongeurs ; l'Homme n'est qu'un hôte accidentel.

Syn. scrub typhus, fièvre fluviale du Japon, tsutsugamushi, typhus tropical

ulcération génitale l.f.

genital ulcer, ulceration

Perte de substance cutanée ou muqueuse siégeant sur les organes génitaux externes ou internes.
L'étiologie est très variée : causes infectieuses (MST : syphilis, chancre mou, herpès, donovanose, maladie de Nicolas-Favre), parasitaires (gale), causes traumatiques ou caustiques (par ammoniums quaternaires), postbulleuses (toxidermies, bulloses immunologiques, érythème polymorphe) et autres (aphtose, etc).

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcération, maladie sexuellement transmissible, gale, ammonium quaternaire, aphte, bulle

ulcère de décubitu s l.m.

decubitus ulcer

Rupture cutanée et dommages tissulaires sous-jacents d’origine essentiellement ischémique.
Cette forme d’ulcère est secondaire à une pression externe survenant au cours de l’allongement prolongé. Elle survient au niveau des points de pressions (proéminences osseuses), plus fréquemment chez les personnes dénutries demeurant immobiles dans leur lit.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère, escarre

ulcère de jambe l.m.

leg ulcer

Perte de substance chronique de la peau, le plus souvent du tiers inférieur de jambe et dont les étiologies sont multiples : insuffisance veineuse, artériopathie, vascularite, traumatisme, infection cutanée, tumeur, hémopathies.
La cause de loin la plus fréquente est l'insuffisance veineuse qui permet de définir l'ulcère variqueux.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère, ulcère variqueux

Uncinaria stenocephala

Uncinaria stenocephala
Ankylostome du chien responsable de larva migrans sous-cutanée chez l’Homme.

→ larva migrans sous-cutanée

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