nerf n.m.
nervus (TA)
nerve
Cordon qui relie un centre nerveux à un organe du corps.
De coloration blanchâtre, le plus souvent cylindrique, il est constitué par les expansions des cellules nerveuses. Les fibres nerveuses sont engainées par un tissu conjonctif fibrillaire, l’endonèvre, parcouru par des capillaires sanguins. Le nerf est engainé par une couche conjonctive plus dense, le périnèvre, qui envoie des travées plus lâches, parfois riches en cellules adipeuses qui comblent les espaces inter-fasciculaires, en particulier dans les nerfs composés : c’est l’épinèvre. C’est au niveau de cet ensemble conjonctif que se distribuent les vaisseaux sanguins du nerf.
Il faut distinguer les nerfs cérébro-spinaux qui comprennent les nerfs spinaux issus de la moelle spinale et les nerfs crâniens issus du tronc cérébral, et les nerfs végétatifs parasympathiques ou sympathiques. Selon leur action physiologique les nerfs sont sensitifs ou sensoriels, moteurs ou sécrétoires. Les nerfs périphériques sont le plus souvent des nerfs mixtes.
nerf olfactique l.m.
nervus olfactorius (TA)
olfactory nerve
Nerf crânien sensorial appartenant à la première paire.
1- Ensemble formé par le bulbe olfactif, le tractus olfactif et ses racines.
2- Seuls les filets nerveux (filets olfactifs) émanés de la muqueuse olfactive, représentant le prolongement périphérique cellulipète des cellules mitrales bipolaires de la tache jaune de la muqueuse pituitaire, sont les véritables nerfs olfactifs. Les corps cellulaires de ces filets constituent le ganglion olfactif étalé sous la muqueuse olfactive ; il a la même signification qu’un ganglion spinal. Les prolongements centripètes des cellules bipolaires traversent la lame criblée de l’ethmoïde et gagnent la face inférieure du bulbe olfactif, émanation du télencéphale contenant des voies de valeur intra-axiale.
nerf optique l.m.
nervus opticus (TA)
optic nerve
Nerf crânien sensoriel appartenant à la deuxième paire.
1- Macroscopiquement ce nom est donné au volumineux cordon nerveux qui se détache du bulbe de l’œil un peu en dedans et au-dessous de son pôle postérieur. Après avoir traversé d’avant en arrière l’orbite et le canal optique, il gagne l’angle antéro-latéral correspondant du chiasma optique. Ce « nerf optique », émanation du diencéphale, est en réalité un élément de valeur intra-axiale véhiculant les prolongements centripètes de la couche des cellules ganglionnaires de la rétine, véritables deutoneurones intra-axiaux des voies optiques.
2- La systématisation réelle démontre que le véritable nerf optique, ou protoneurone extra-axial des voies optiques, est représenté par les prolongements cellulipètes des cellules bipolaires de la rétine dont les corps cellulaires constituent un ganglion étalé de la même valeur qu’un ganglion spinal.
→ partie intracraniale du nerf optique, partie canalaire du nerf optique, partie orbitaire du nerf optique, partie intraoculaire du nerf optique
neuréguline n.f.
neuregulin
Protéine ayant des propriétés mitogènes et différenciatrices, découverte initialement sous le nom de NDF ou "neu differentiation factor" pour son action sur des carcinomes mammaires du Rat, et dont on a trouvé de nombreux variants dans les tissus animaux et humains.
Les neurégulines constituent une famille de facteurs de croissance agissant sur des récepteurs membranaires de type erbB2 ou HER2, proto-oncogène encore appelé protéine neu, ou erbB3 ou erbB4. Chez l'Homme les neurégulines ont été appelées hérégulines ou HRG. Le terme de neuréguline désigne chacun des facteurs de croissance de cette famille de structure analogue aux HRG, comprenant Par ex. le facteur de croissance glial (GGF) ou le facteur agissant comme inducteur du récepteur de l'acétylcholine (ARIA). Les neurégulines sont des protéines qu'on trouve dans les membranes des cellules du système nerveux central et périphérique et de divers organes parenchymateux, et qui peuvent en être détachées par protéolyse. Elles peuvent être synthétisées et sécrétées par les neurones ou par les astrocytes. Elles exercent un effet mitogène sur les cellules de Schwann. Elles jouent un rôle dans la formation des synapses neuromusculaires.
Étym. neu : de la protéine neu ; réguline : facteur régulateur
neurinome n.m.
neurilemoma, neurinoma, schwannoma
Tumeur développée à partir des cellules de Schwann, bien limitée, tendant à refouler le filet nerveux qui lui a donné naissance plutôt qu'à l'envahir représentant 8% des tumeurs intracrâniennes.
Son siège le plus fréquent est le nerf auditif, plus rarement le trijumeau ou les nerfs mixtes, les racines rachidiennes postérieures, les troncs nerveux périphériques, voire les terminaisons nerveuses, et aussi les chaînes sympathiques.
Macroscopiquement, la tumeur est ferme ou kystique, bien limitée, parfois appendue à une racine, de taille variable, unique ou multiple dans le cadre d'une maladie de von Recklinghausen. Microscopiquement, elle est constituée de cellules allongées à noyaux fusiformes, disposées en faisceaux ou en pseudo-palissades (type A d'Antoni), ou au contraire dans une trame plus lâche (type B d'Antoni). Les gros noyaux dystrophiques sont fréquents. Les vaisseaux ont des parois épaissies. L'étude des marqueurs (protéine S100) et la microscopie électronique confirment la nature schwannienne de ces tumeurs. Il en existe des variétés mélanotiques, cellulaires, plexiformes, ainsi que des formes malignes d'emblée, rares, difficiles à affirmer, qui incluent les mêmes différenciations que les habituelles formes bénignes.
Leur diagnostic avec les neurofibromes est parfois délicat. Leur traitement est chirurgical.
Les neurinomes bilatéraux du nerf auditif caractérisent la neurofibromatose de type II, dont le gène NF2 a été localisé sur le chromosome 22 (22q12.2) et la protéine exprimée baptisée schwannomine.
→ schwannome, neurinome de l'acoustique, queue de cheval (tumeur de la), NF2, neurofibromatose de type 2
facteur de croissance du nerf l.m.
nerve growth factor
Le facteur de croissance du nerf (nerve growth Factor, NGF) est un facteur de différenciation des neurones, présent dans le système nerveux, mais aussi dans les glandes salivaires (il a été isolé de celles de souris mâles), dans des venins de serpent et dans des cultures de certaines cellules, comme le sarcome 180 de la souris.
Il est constitué d'un ensemble de 5 sous-unités protéiques : 2 sous-unités alpha de 27 kDa, 2 sous-unités gamma de 26 kDa ayant une activité protéasique, et une sous-unité bêta formée de 2 chaînes polypeptidiques de 13 259 Da appelée bêta-NGF, seule responsable de l'activité de facteur de croissance. Le NGF ne stimule pas la prolifération des neurones, mais il permet leur maintien en survie in vitro, et ajouté à des cultures de cellules ganglionnaires, il provoque la croissance de prolongements cellulaires neuritiques, il stimule de nombreuses voies métaboliques.
S. Cohen, biochimiste amércain et Rita Levi-Montalcini, neurobiologiste italienne, prix Nobel de médecine en 1986 (1856)
Sigle NGF
[C1, C3, H1]
Édit. 2020
neuronævus n.m.
neuronevus
Variété de nævus dermique présentant dans sa partie profonde des aspects neuroïdes sous forme de faisceaux de cellules fusiformes enrobées dans un support conjonctif constitué de fibres lâches et ondulées, imitant ainsi l'aspect d'un neurofibrome ou simulant la structure d'un corpuscule tactile de Meissner.
Le neuronævus résulterait de l'association de cellules næviques et d'une composante schwannienne des nerfs dermiques.
neuropeptide n.m.
neuropeptide
Peptide synthétisé par une cellule nerveuse pouvant jouer un rôle de neurotransmetteur ou de facteur hormonal.
On en connaît plusieurs centaines parmi lesquelles on range les libérines de l'hypothalamus, les hormones post- ou antéhypophysaires, les endorphines, les hormones digestives. Sécrétés par les cellules nerveuses, les neuropeptides induisent des réponses dans les cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques situés à leur surface, qui sont généralement des protéines intégrales à 7 domaines transmembranaires et couplées à des protéines G.
neurotensine n.f.
neurotensin
Hormone peptidique constituée de 13 acides aminés (Pyroglu-Leu-Tyr-Glu-Asn-Lys-Pro-Arg-Arg-Pro-Tyr-Ile-Leu).
Elle est formée dans les cellules APUD de l'intestin grêle. Elle provoque un relâchement des cellules musculaires lisses, abaisse la tension artérielle, agit sur l'hypothalamus pour abaisser la température centrale et activer la libération des hormones hypothalamiques, et elle stimule la libération d'histamine par les mastocytes.
NF1 gene sigle angl. pour neurofibromin 1
Gène situé sur le locus chromosomique 17q11.2 codant pour la neurofibromine. Cette protéine produite par les oligodendrocytes et les cellules de Schwann forme une gaine de myéline protectrice des cellules nerveuses et agit également comme suppresseur de tumeur.
Des mutations de ce gène provoquent la neurofibromatose de type 1 et certains cancers.
Syn. Neurofibromatosis-related protein NF-1, Neurofibromatosis Type 1 Protein, neurofibromin 1 (neurofibromatosis, von Recklinghausen disease, Watson disease), NF1-, AP-Related Protein, NF1 GRP, NF1 Protein, NF1_HUMAN
nicotinamide-adénine-dinucléotide-phosphate n.m.
nicotinamide-adenine-dinucleotide-phosphate
Coenzyme d'oxydo-réduction dérivé de la vitamine PP, constitué par une molécule de NAD phosphorylée sur la fonction alcool en 2 du ribose du nucléotide adénylique ; elle est présente dans toutes les cellules et joue le rôle de transporteur d'hydrogène et d'accepteur d'hydrogène pour certaines déshydrogénases.
Les propriétés de ce composé sont très proches de celles du NAD. Il est surtout présent dans les cellules sous sa forme réduite, hydrogénée, (NADPH). Découvert en 1931 par Warburg et Christian dans les globules rouges, comme le coenzyme de la glucose-6-phosphate-déshydrogénase, ce composé fut appelé coenzyme II, codéhydrase II (codéshydrogénase II), puis triphosphopyridine-nucléotide (TPN).
O. Warburg, prix Nobel de médecine en 1931 et W. Christian, biochimistes allemands (1931)
Sigle NADP
→ coenzyme, oxydo-réduction, NAD, déshydrogénase
[C1,C3]
Édit. 2018
nodule post-opératoire à cellules fusiformes l.m.
postoperative spindle cell nodule
Lésion réactionnelle pseudonéoplasique survenant dans la région génitale ou la cavité buccale, mais également sur la peau, après un traumatisme ou une intervention chirurgicale, et histologiquement apparentée à la fasciite nodulaire.
Elle est constituée de faisceaux de cellules fusiformes entrelacés situés dans un stroma myxoïde richement vascularisé ; les mitoses y sont relativement nombreuses mais non atypiques ; les cellules expriment la vimentine et parfois la desmine et l’actine musculaire spécifique ; elles ne contiennent pas de kératine. Lésion bénigne, son traitement est chirurgical.
C. M. Manson, histopathologiste britannique (1995)
nostocytose n.f.
homing
Faculté d'une cellule circulante de reconnaitre le site où elle peut se multiplier ou acquérir de nouvelles fonctions.
C'est notamment le cas des lymphocytes lorsqu'ils rejoignent les organes lymphoïdes périphériques ou des cellules souches hématopoïétiques médullaires injectées par voie intraveineuse lors des greffes de moelle. Ce processus met en jeu des mécanismes spécifiques de reconnaissance et d'adhésion entre la cellule circulante et des cellules de l'organe d'accueil. Il joue un rôle important au cours de l'embryogénèse.
Étym. gr. nostos : retour
nulles (cellules) l.f.p.
null cells
Cellules lymphoïdes ne présentant aucun des marqueurs caractéristiques des lymphocytes T et B.
Une partie des cellules NK appartient à cette population.
oat cells angl.
Cellules en grain d'avoine.
Terme histologique autrefois utilisé pour isoler un sous-type de carcinome à petites cellules.
Il correspondait en fait à un écrasement cellulaire dû à la fragilité cytoplasmique de ce type de carcinome. Cette terminologie a été abandonnée dans la nouvelle classification OMS de 1999.
→ carcinome bronchopulmonaire à petites cellules
Édit. 2017
œdème aigu du poumon l.m.
acute pulmonary oedema
Filtration brutale et anormale du plasma des capillaires pulmonaires dans les alvéoles pulmonaires entraînant la formation de mousse albumineuse qui envahit les poumons et fait obstacle à l'hématose.
Normalement, le plasma qui filtre à travers la paroi alvéolocapillaire est résorbé par les vaisseaux lymphatiques au niveau de la sortie du lobule pulmonaire : le débit de filtration est proportionnel à la pression de filtration (écart de pression alvéolocapillaire), à la perméabilité et à la surface de la membrane alvéolaire (loi de Darcy) ; le débit de résorption lymphatique est proportionnel à l'écart de pression entre alvéole et veine cave. Lorsque le débit de filtration dépasse celui de résorption, le liquide s'accumule dans les alvéoles où le va-et-vient ventilatoire de l'air le fait mousser. Cette mousse se répand dans tout l'arbre bronchique et entrave l'hématose, d'où une hypoxie grave qui peut être fatale si l'on ne maîtrise pas rapidement le phénomène. Chez le sujet debout ou assis, la pression hydrostatique est plus élevée à la base du poumon qu'à l'apex et, de ce fait, l'œdème débute aux bases (signe de «marée montante des râles») : c'est pourquoi le patient prend spontanément une position orthostatique, plus favorable pour la respiration, parce que les sommets sont alors plus libres (il y a moins d'œdème aux sommets qu'aux bases). La pression de filtration dépend de l'écart de pression hydrostatique entre l'alvéole et le capillaire et, secondairement, des écarts de pressions osmotique et oncotique, ainsi que de la pression due à la courbure de la paroi alvéolaire (loi de Laplace : pression = tension superficielle x courbure). La perméabilité aux liquides de la membrane alvéolaire dépend de l'état des cellules qui la composent : elle diminue avec l'œdème cellulaire et augmente considérablement avec les atteintes toxiques qui lèsent les cellules.
Les causes d'œdème aigu peuvent être cardiovasculaires (l'élévation de la pression capillaire pulmonaire augmente la filtration, l'élévation de la pression veineuse cave diminue la résorption lymphatique pulmonaire), pneumatique (abaissement de la pression alvéolaire dans les accidents de décompression en plongée ou en aéronautique et dans la dyspnée inspiratoire avec tirage), lésionnelle (altération de la paroi alvéolocapillaire par des agents toxiques, gaz vésicants, fumées d'incendie, etc.). Toutes les causes qui augmentent la ventilation, notamment l'exercice musculaire, aggravent la situation en sollicitant la filtration à l'inspiration. Le traitement découle de là : mettre au repos en position assise, augmenter la pression alvéolaire (IPPB en O2 pur), abaisser la pression capillaire pulmonaire et la précharge veineuse (diurétiques, saignée faute de mieux), réduire la ventilation (morphine).
Le furosémide intraveineux est un élément du traitement d’urgence.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
Sigle OAP
→ œdème, œdème aigu cardiogénique du poumon, orthopnée, filtration, indice de Miller, IPPB
Édit. 2017
œstradiol n.m.
œstradiol.
Hormone stéroïde dont le cycle A est phénolique, principal œstrogène de la femme jeune sécrétée par la thèque interne des follicules ovariens, par le placenta, et même par les testicules chez l'homme, et les corticosurrénales dans les deux sexes.
L’oestradiol, est biosynthétisé par les cellules de la granulosa dans les follicules ovariens par aromatisation des androgènes issus de la thèque interne de l’ovaire. Cette biosynthèse est sous le contrôle de la folliculine hypophysaire (FSH) et de ses récepteurs sur les cellules de la granulosa, dont le nombre augmente sous l’influence de l’œstradiol. Celui-ci freine la sécrétion de FSH et de l’hormone lutéotrope (LH) par rétrocontrôle négatif, jusqu’à un seuil critique au-dessus duquel il stimule au contraire, par rétrocontrôle positif, la libération de la LH en pic pré-ovulatoire qui déclenche l’ovulation. Il est ensuite sécrété par le corps jaune pendant la phase lutéale du cycle. Il induit la croissance de l’endomètre et assure la trophicité des organes sexuels chez la femme. Il est utilisé dans le traitement hormonal substitutif après la ménopause.
Dans le sexe masculin l’œstradiol a un effet spécifique sur la maturation osseuse, au point que les états de résistance aux œstrogènes sont responsables de gigantisme. Le déséquilibre œstro-androgénique (par excès d’imprégnation œstrogénique ou défaut de production d’androgènes) est responsable de gynécomastie.
L’œstradiol peut être dosé dans le sérum par technique radio-immunologique ou par électro-chimioluminescence. Seules les techniques radio-immunologiques sont utilisables chez l’homme et chez l’enfant, en raison d’une sensibilité insuffisante des dosages par électro-chimio-luminescence. Chez la femme, les concentrations usuelles d’œstradiol varient beaucoup en fonction de l’âge et de la période du cycle menstruel : < 30 pg/mL avant la puberté ; 12 à 165 pg/mL en phase folliculaire ; 85 à 500 pg/mL en phase ovulatoire ; 44 à 210 pg/mL en phase lutéale ; < 54 pg/mL après la ménopause. Chez l’homme, la concentration sérique d’œstradiol est normalement très faible : < 45 pg/mL
Le dosage de l’œstradiol est utilisé pour l’exploration des stérilités, lors des fécondations in vitro, pour le diagnostic d’une puberté précoce chez la fillette ou d’une féminisation chez l’homme.
Syn. estradiol
Symb. E 2
→ œstrogène, folliculostimuline, LH, thèque interne, granulosa, aromatisation, gynécomastie, de Graaf (follicule de), Sertoli (cellule de), androstènedione,
acide docosahexaènoïque, corps jaune, endomètre, gigantisme, androgènes, gynécomastie
[O4]
Édit. 2018
oligodendrocyte n.m.
oligodendrocyte, oligodendroglia
Cellule gliale à noyau arrondi et dense, à cytoplasme assez réduit, aux prolongements peu abondants, qui constitue la glie avec l'astrocyte et la microglie.
Alors que les astrocytes, cellules de support structural, facilitent le processus de régénérescence après un dommage nerveux et que les cellules microgliales, phagocytaires, éliminent les résidus lésionnels, chaque oligodendrocyte est à la base de la formation des gaines de myéline des axones, isolant ceux-ci et favorisant la transmission de l'influx nerveux.
Étym. gr. oligos : peu nombreux ; dendron : arbre, ramification ; kutos : cellule
Syn. oligodendroglie
Édit. 2017
oligodendrogliome n.m.
oligodendroglioma
Tumeur gliale infiltrante qui naît des oligodendrocytes et atteint le plus souvent les lobes temporaux ou frontaux de l’adulte.
Selon le système de classification histologique de l’OMS, les oligodendrogliomes se divisent en tumeurs de bas grade (grade II) ou haut grade (grade III, ou anaplasique). Les premières se manifestent le plus souvent par des céphalées et/ou une épilepsie. Les secondes, qui peuvent survenir de novo ou, le plus souvent, sont issues d’une transformation lente des précédentes, sont à l’origine de signes neurologiques focaux et d’une hyperpression intracranienne.
Les oligodendrogliomes représenteraient jusqu’à 30% des tumeurs gliales de l’adulte.
Microscopiquement, les cellules se disposent en nids d'abeille avec un noyau régulier, arrondi, un cytoplasme clarifié, une vascularisation à paroi fine donnant un aspect endocrine, des micro-calcifications libres et le long des capillaires. L'étude ultrastructurale peut être nécessaire dans les formes atypiques. Outre les microtubules et les structures cristallines, les cellules peuvent présenter des prolongements cytoplasmiques enroulés, ébauchant une disposition à type de myéline très lâche.
Au scanner, peu sensible et peu spécifique, la tumeur se traduit par une masse infiltrante, hypodense, contenant dans 90% des cas des calcifications. En IRM c’est une masse très infiltrante hypo-intense en T1, hyperintense en T2 et en FLAIR, homogène (60/% des cas) ou en nid d’baeilles (20% des cas), ne prenant pas le contraste. Un rehaussement de signal après injection de gadolinium est en faveur d'une dégénérescence. Le PETscan à la méthionine montre une hyperfixation des oligodendrogliomes grades 2 et 3 et permet le diagostic différentiel avec les astrocytomes qui ne fixent pas.
Après une biopsie à ciel ouvert ou stéréotaxique, le traitement chirurgical, au mieux par neuronavigation ou IRM opératoire, a pour but de réaliser une exérèse aussi large que possible sans léser les zones fonctionnelles, ce qui est délicat compte tenu du caractère particulièrement infiltrant de la tumeur. Une radiothérapie et une chimiothérapiecomplémentaires peuvent être indiquées.
Les formes qui comportent une délétion 1p 19q (50 à 70% des cas), une mutation IDH1/IDH2 (isocitrate déshydrogénase) ont une meilleure réponse à la radiothérapie et la chimiothérapie et un meilleur pronostic. La délétion 9p10q, ou 1q isolée, la délétion homozygote du locus 16, une amplification du gène EGFR, la mutation MIB1, la diminution de l’expression RARbéta sont de moins bon pronostic.
Le pronostic est en général meilleur que celui des autres tumeurs gliales
[F2,H2]
Édit. 2017
organoïde n.m.
organoid
Organe miniature en trois dimensions créé à partir de cellules souches pluripotentes induites (IPS) cultivées dans un milieu approprié leur permettant de se différencier.
Les organoïdes sont de miniorganes alimentés en nutriments et oxygène à partir du milieu. Ils constituent un progrès par rapport aux cultures cellulaires classiques en deux dimensions. Même s’ils ne reflètent qu’imparfaitement la complexité de l’organe réel, ils fournissent un nouvel outil permettant d’étudier ses fonctions et ses réponses à des agressions. Ils permettent aussi de tester les effets de médicaments potentiels chez un patient donné, évitant ainsi les accidents liés à des mutations augmentant leur toxicité ou inhibant leur activité. Une variété particulière est représentée par les tumoroïdes constitués à partir des cellules cancéreuses obtenues par biopsie. La multiplication des échantillons à partir d’une seule biopsie facilite l’étude de l’efficacité des médicaments.
Étym. gr. organon : instrument de travail, organe
Édit. 2017
ostéoprotégérine n.f.
osteoprotegerin
Glycoprotéine faisant partie de la famille des récepteurs du TNF (Tumor Necrosis Factor), qui protège le tissu osseux contre sa résorption par les ostéoclastes en se liant à RANK-Ligand (RANKL) .
RANKL (Receptor Activator of NF-Kappa B, Ligand du Recepteur Activateur de NF-Kappa B) est un puissant activateur de la résorption osseuse lorsqu'il se fixe sur son récepteur, RANK, exprimé à la surface des ostéoclastes et de leurs précurseurs. L'ostéoprotégérine (OPG) se lie à RANKL et l'empêche ainsi de se lier à RANK, ce qui inhibe ses effets différenciateurs et activateurs sur les ostéoclastes. Elle joue donc un rôle capital dans la régulation de la masse osseuse.
L'ostéoprotégérine parait par ailleurs jouer un rôle dans la vascularisation en protégeant les cellules endothéliales contre l'apoptose. Dans les tumeurs osseuses, RANKL intervient dans la migration, l’invasion et la prolifération des cellules tumorales. L’inhibition de la voie RANK/RANKL pourrait donc ouvrir des perspectives thérapeutiques intéressantes pour le traitement des tumeurs et métastases osseuses.
Sigle OPG
→ TNF, RANKL, ostéoclaste
[C1, C3, I1]
Édit. 2020
ostéosarcome n.m.
osteosarcoma, « osteogenic » sarcoma
Tumeur maligne caractérisée par l’élaboration d’os ou de substance ostéoïde par les cellules tumorales pouvant être primitive ou secondaire à des lésions osseuses préexistantes ou après radiothérapie ou irradiation (définition de l’OMS).
L’ostéosarcome représente 5% des tumeurs de l’enfant, est plus fréquent chez les garçons que chez les filles (sex ratio 2/3) et survient dans 70% des cas avant l’âge de 18 ans. C’est le plus fréquent des cancers primitifs des os.
L’ostéosarcome présente une grande variété de formes cliniques et anatomiques. Il est de pronostic sévère dans sa forme habituelle centro-osseuse ou télangiectasique, moins sévère dans les formes périostées et juxtacorticales.
Il siège près des épiphyses fertiles : 40% des cas se situent à l’extrémité inférieure du fémur, mais tous les os peuvent être atteints.
Il se traduit par des douleurs et, à un stade plus avancé, par une tuméfaction et parfois par une fracture pathologique. Sur les radiographies, les lésions sont irrégulières, à la fois ostéolytiques et condensantes, mal limitées : une réaction périostée est fréquente, marquée en périphérie par un éperon triangulaire (triangle de Codman). Une rupture de la corticale, des spicules osseux rayonnant à partir du foyer font craindre une extension extra-osseuse qui sera précisée par l’IRM. La scintigraphie peut mettre en évidence d’éventuelles métastases osseuses ou pulmonaires.
La biopsie permet d’affirmer le diagnostic devant la prolifération de cellules ostéoblastiques tumorales et la formation de tissu ostéoïde et osseux ; elle permet aussi de préciser, selon la prédominance du tissu néoformé, le type de la tumeur : ostéoblastique (50% des cas), chondroblastique (25%), fibroblastique ou une autre forme plus rare.
Après la chirurgie, l’examen de la pièce opératoire permet de vérifier la qualité de la résection et l’efficacité de la chimiothérapie préopératoire, et de modifier éventuellement son protocole. Le maintien d’un membre fonctionnel est souhaitable mais pas toujours possible et l’amputation peut être nécessaire. Le pronostic reste réservé, fonction des récidives locales et à distance, des métastases pulmonaires et de l’efficacité du traitement.
Syn. sarcome ostéogène, sarcome ostéogénique (à éviter)
Édit. 2017
ovulation n.f.
ovulation
Elle correspond à la ponte ovarienne, et consiste en l’émission d’un ovule hors du follicule de De Graaf de l’ovaire, capté par la trompe utérine.
Dans l’espèce humaine, elle se produit vers le 14ème jour d’un cycle de 28 jours et peut déterminer une douleur vive de la fosse iliaque. Elle est contrôlée par les hormones hypophysaires. Dès le début du cycle, la FSH (folliculo-stimuline ou follicle stimulating hormone) stimule l’aromatase des cellules de la granulosa au sein des follicules ovariens et induit la production d’œstradiol. Celui-ci multiplie les récepteurs de FSH sur les cellules de la granulosa, ce qui permet d’obtenir des taux croissants d’œstradiol malgré des concentrations plus faibles de FSH, car, conjointement à l’inhibine, l’œstradiol freine la sécrétion hypophysaire de FSH. Au-dessus d’un seuil critique d’œstradiol, il se produit une brusque libération de LH (hormone lutéotrope) qui précède de 12 heures le déclenchement de l’ovulation. Le pic de LH s’accompagne d’une reprise de la maturation de l’ovocyte et de l’achèvement de la première division méiotique, bloquée jusque-là au stade de prophase. L’émission du premier globule polaire entraîne une réduction de moitié du nombre des chromosomes de l’ovocyte, qui devient haploïde et apte à la fécondation. Dans le traitement des stérilités par anovulation ou lors des assistances médicales à la procréation, l’ovulation peut être artificiellement induite par des médicaments reproduisant l’effet de la LH, notamment la gonadotrophine chorionique injectée par voie intramusculaire.
ovule
1) Ovocyte mature qui sera émis lors de la rupture du follicule de De Graaf au moment de l’ovulation.
Cellule de 200 μm entourée de la membrane pellucide, son noyau contient un nucléole visible et son cytoplasme, limité par la membrane vitelline, est abondant.
Recueilli par le mouvement des franges du pavillon de la trompe utérine, il va cheminer dans celle-ci et pourra y être fécondé lors de sa rencontre avec un spermatozoïde.
2) Forme galénique de médicaments administrés par voie vaginale.
Étym. lat. ovula : petit œuf
→ follicule ovarien, follicule de De Graaf, oestradiol.
[A4,G3,G5,O3,O6]
Édit. 2017
Paget (maladie du mamelon de) l.f.
Paget's disease of the nipple
Lésion eczématiforme mais non prurigineuse, bien délimitée, se développant initialement sur le mamelon mais le débordant ensuite progressivement et se caractérisant histologiquement par la présence au sein de l'épiderme, de grandes cellules à cytoplasme clair contenant de la sialomucine, appelées cellules de Paget.
Elle accompagne ou précède presque constamment un adénocarcinome mammaire.
J. Paget, Sir, chirurgien et pathologiste britannique, membre de l’Académie de médecine (1874)
pannus synovial l.m.
Tissu de granulation fait de fibroblastes proliférant, de nombreux néo-vaisseaux et de différents types de cellules inflammatoires recouvrant le versant articulaire de la membrane synoviale au cours de la polyarthrite rhumatoïde.
Les enzymes de destruction tissulaire libérés par les cellules du pannus jouent un rôle majeur dans la destruction des structures articulaires, en particulier le cartilage et l’os sous-chondral, dans les zones de jonction pannus-cartilage.
Étym. lat. pannus : étoffe