Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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électrochoc ( indications) l.m.p.

Cette modalité de stimulation électrique cérébrale à travers le scalp, pratiquée sous brève anesthésie générale et curarisation, est indiquée dans deux types de troubles psychiatriques : urgence vitale et résistance aux thérapies notamment médicamenteuses.
L’efficacité est globalement supérieure à celle des médicaments psychotropes (antidépresseurs et antipsychotiques).
Peuvent être des urgences vitales :
- l’accès dépressif sévère avec risque suicidaire imminent ou refus alimentaire, volontiers appelé mélancolique; les psychoses puerpérales avec note confusionnelle et risque d’infanticide;
- les formes de maladie dépressive et de schizophrénie non amendées par les thérapies médicamenteuses : ceci est plus fréquent dans les dépressions délirantes d’une part, dans les schizophrénies catatoniques d’autre part.
Une cure d’électrochoc suppose plusieurs séances, le plus souvent bi hebdomadaires, pendant au moins six semaines. Dans certains cas, il peut s’agir d’un traitement dit d’entretien, sous forme d’une séance bimensuelle ou mensuelle pendant plusieurs mois pour stabiliser le résultat acquis : l’électrochoc devient alors une thérapeutique préventive des récidives de la maladie notamment bipolaire.
Les mécanismes sous tendant l’efficacité thérapeutiques de l’électrochoc restent mal compris. Les effets d’une telle stimulation sont nombreux : électrophysiologiques, neurochimiques. Il est probable que le relargage de neuropeptides cérébraux soit le déterminant de l’action thérapeutique.
L’image de l’électrochoc, en dehors des milieux médicaux, conserve un caractère négatif injuste, hérité des modalités de pratique de la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’il est parfois cru qu’il est archaïque et en voie de disparition, l’usage de l’électochoc est au contraire, de plus en plus fréquent dans des conditions de confort suffisantes pour qu’il soit même pratiqué comme traitement ambulatoire.

Syn. sismothérapie, électronarcose, convulsivothérapie

électrochoc, psychotropes, dépression mélancolique, psychose puerpérale, schizophrénie, maladie bipolaire

[H3]

Édit. 2019

LRRK2 gène sigle pour Leucine Rich Repet Kinase 2

Le gène LRRK2, localisé en 12q12, code une protéine avec 5 domaines fonctionnels prédits : un domaine N-terminal riche en leucine  (LRR), un domaine Roc d'homologie avec la superfamille de la GTPase Ras, un domaine COR (C-terminal de Roc), un domaine MAPKKK (MAP kinase kinase kinase) et un domaine répété WD40. 
La protéine LRRK2 est capable de phosphoryler la protéine basique de la myéline et de s'autophosphoryler. Elle interagit avec la parkine (PARK2), également impliquée dans la maladie de Parkinson.
 La mutation de ce gène est l'une des causes les plus fréquentes de maladie de Parkinson héréditaire et en particulier la mutation G2019S. Cependant, la prévalence de cette mutation est différente selon les populations : très rare en Asie, faible en Europe du Nord et élevée en Italie, en Espagne et au Portugal.

Syn. DARDARIN

parkine

[C1, H1, Q2]

Édit. 2019

effet tératogène des antithyroïdiens l.m.

teratogenic effect of antithyroid drugs

Le maniement des médications antithyroïdiennes s’impose lors de la coïncidence d’une maladie de Basedow et de la grossesse.
Une grossesse sur 1000 s’observe chez une femme atteinte de maladie de Basedow. En dépit du possible risque embryopathique lié aux antithyroïdiens, cette situation doit être gérée car c’est en l’absence de traitement que le risque de malformations, de fausse couche est le plus élevé.
L’aplasie du cuir chevelu (aplasia cutis) a une incidence proche de 0,2% (l’incidence spontanée est estimée à 0,02-0,03%), s’observe surtout sous carbimazole et thiamazole. De rares cas ont aussi rapportés sous dérivés du thio-uracile.
Un syndrome polymalformatif embryopathique a été décrit sous mercapto-imidazolines (carbimazole, thiamazole) : dysmorphies faciales, atrésie des choanes ou de l'œsophage, fistules trachéo-œsophagiennes, anomalies du septum interventriculaire, situs inversus, hernies diaphragmatiques, omphalocèles…. Quelques dizaines d’observations en ont été rapportées. Ces signes ne sont pas spécifiques, s’observent en dehors de toute prise médicamenteuse, si bien que l’imputabilité est discutée. Toutefois ils n’ont jamais été observés sous dérivés du thio-uracile. C’est pourquoi la prescription de propylthio-uracile ou de benzylthio-uracile est privilégiée durant les 2 premiers mois de la grossesse.
On a décrit aussi un risque embryopathique lié aux dérivés du thio-uracile, toutefois de moindre gravité : anomalies malformatives de la face et du cou (région pré-auriculaire, hélix, fistules …),  de l’appareil urinaire (hydronéphrose, kyste rénal…).
La prise en charge des hyperthyroïdies en début de grossesse par l’iodure a été proposée au Japon, n’a pas fait l’objet de larges évaluations.

antithyroïdiens, maladie de Basedow

[G4, G5, O4]

Édit. 2019

protéine SMN l.f.

SMN protein

La protéine SMN (Survival of Motor Neurons) est une protéine intra-cellulaire codée par le gène SMN1 (et, pour une faible proportion, par le gène SMN2), dont l'absence conduit à une dégénérescence des neurones moteurs.
Un déficit en protéine SMN est responsable de certaines formes d'amyotrophie spinale (spinal muscular atrophy) appelées 
amyotrophies spinales proximales liées à SMN1 : SMA de type I (maladie de 
Werdnig-Hoffmann), SMA de type II (intermédiaire), SMA juvénile de type III (maladie de Kugelberg-Welander) et SMA de type IV (forme adulte).

amyotrophie spinale proximale, SMN1 gene, SMN2 gene, Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de),  maladie de Kugelberg-Welander

[C1, C3, H1, I4]

Édit. 2019

solenazumab n.m.

solenazumab

Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer (maladie d'), anticorps monoclonal

[H1, G5]

Édit. 2019

solenazumab n.m.

solenazumab

Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.

anticorps monoclonal, peptide β-amyloïde, maladie d’Alzheimer

[H1, G5]

Édit. 2019

fumarylacétoacétase n.f.

fumarylacetoacetase

La fumarylacétoacétase est une enzyme clivant le fumarylacétoacétate en acide fumarique et acide acétoacétique.
Un déficit en fumarylacétoacétase est responsable de la maladie appelée hypertyrosinémie de type 1. Dans cette maladie rare (1 cas sur 2 millions de naissances), l'accumulation de fumarylacétoacétate et de ses dérivés inhibe le métabolisme de la tyrosine, entraînant son accumulation sanguine et des manifestations cliniques variables, principalement hépatiques. 

Syn. fumarylacétoacétate hydrolase

Sigle FAH

hypertyrosinémie de type 1, acide fumarique, acide acétoacétique, tyrosine

[C1, Q2, R1]

Édit. 2020

Wilson (maladie de) l.f.

Wilson disease

Désordre génétique du métabolisme du cuivre dû à des mutations du gène ATP7B situé sur le chromosome 13 (13q 14.3-q21.1), codant pour la protéine ATP7B, transporteur transmembranaire du cuivre? membre de la famille des ATPases.
Du fait de l'anomalie du transporteur, le cuivre alimentaire absorbé par l'intestin est insuffisamment excrété dans la bile et s'accumule dans les cellules,  principalement dans le foie et le système nerveux central. L’affection qui débute entre 5 et 40 ans, entraînant des manifestations hépatiques évoluant vers la  cirrhose, peut se manifester par une hépatite aigüe sévère voire fulminante et des manifestations nerveuses : syndrome extrapyramidal, dyskinésies avec une dysarthrie et des troubles de la déglutition, et par des manifestations psychiques (troubles du caractère, épisodes dépressifs, difficultés scolaires). Les lésions rénales sont plus tardives. Un anneau cornéen brun-verdâtre, (anneau de Kayser-Fleischer) lié à l’accumulation de cuivre dans la cornée est caractéristique mais inconstant. La concentration de cuivre et de céruloplasmine est diminuée dans le sang. La teneur du cuivre est augmentée dans les urines. Les traitements appropriés sont les chélateurs du cuivre : la D-pénicillamine le plus souvent prescrite ou le triéthylène tétramine dihydrochloride (Trinetine®) ou encore le zinc (Wilzin® ) réservé aux échecs des autres chélateurs ou en cas d’intolérance .
La prévalence de la maladie de Wilson est faible : 1/40.000. Cette maladie, autosomique récessive, se développe chez les hétérozygotes composites.

S. Wilson, neurologue britannique (1912) ; B. Kayser (1902) et B. Fleischer (1903), ophtalmologues allemands

ATP7B, ATPase, Kayser-Fleischer (anneau cornéen de), céruléoplasmine, céruloplasmine, Wilson (arthrite de la maladie de), D-pénicillamine, wilzin

[H1, L1, M1, P2, Q2, R1 ]

Édit. 2020

citrullinémie de type I l. f.

citrullinemia type I

Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en argininosuccinate synthase, transmise sur le mode  autosomique récessif. Elle est causée par une mutation du gène ASS1, localisé sur le chromosome 9q34.
Chez le nouveau-né, cette maladie se caractérise initialement par une léthargie progressive, un refus d'alimentation et des vomissements. Sur le plan biologique, elle est caractérisée par une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. En l'absence de traitement, l'évolution spontanée aboutit à des convulsions, un coma et la mort
Il existe une forme tardive chez l'adulte entrainant des troubles neurologiques plus ou moins prononcés.

uréognèse, citrulline, citrullinémie, argininosuccinate synthase

[C1, Q2]

Édit. 2020

citrullinémie de type II l. f.

citrullinemia type II

Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en citrine, transporteur de l'acide aspartique indispensable pour la synthèse de l'urée. Elle est transmise sur le mode autosomique récessif et est causée par une mutation du gène SLC25A13, localisé sur le chromosome 7q21.
Dans sa forme classique, la maladie survient chez l'adulte entre 20 et 50 ans. Elle se traduit par l'apparition soudaine de symptomes neuropsychiatriques, avec désorientation, comportements anormaux, délires nocturnes, convulsions et coma. La biologie montre une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. L'évolution peut conduire à un oedème cérébral et à la mort du malade. 

uréogenèse, ammoniémie, citrullinémie

[C1, Q2]

Édit. 2020

déficit congénital en entérokinase l.f.

congenital enterokinase deficiency

Le déficit congénital en entérokinase est une maladie génétique rare à transmission autosomique récessive.
La maladie se caractérise chez le jeune enfant par un retard de croissance, des oedèmes, des diarrhées et une hypoprotéinèmie. Elle est causée par des mutations du gène PRSS7 situé sur le chromosome 21q21, qui code la proentérokinase, précurseur de l'enzyme intestinale entérokinase 

Syn. entéropathie congénitale due à un déficit de l'entéropeptidase

Réf. Holzinger, A., Maier, E. M., Buck, C., Mayerhofer, P. U., Kappler, M., Haworth, J. C., Moroz, S. P., Hadorn, H.-B., Sadler, J. E., Roscher, A. A. Mutations in the proenteropeptidase gene are the molecular cause of congenital enteropeptidase deficiency. Am. J. Hum. Genet. 70: 20-25, 2002

entérokinase

[O1, Q2, R1]

Édit. 2020

acidémie isovalérique l.f.

isovaleric acidemia

Maladie autosomique récessive due à un déficit en isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase.
L'isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase est une enzyme du catabolisme de la leucine. Son déficit entraine une augmentation de la concentration de l'acide isovalérique dans le serum et les urines des malades. Chez les nouveaux-nés atteints, la maladie se caractérise par des vomissements récurrents et l'installation d'un état léthargique évoluant vers le coma. Une forme plus tardive se caractérise par un retard de croissance et de développement intellectuel.

Syn. acidurie isovalérique

Réf. Isovaleric acidemia: new aspects of genetic and phenotypic heterogeneity. Vockley J, Ensenauer R. Am J Med Genet C Semin Med Genet. 2006 May 15;142C(2):95-103.

acide isovalérique, isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase

[ H1, L1, O1, Q2, R1]

Édit. 2020

protéostase n.f.

proteostasis

Ensemble des voies biologiques de la cellule qui contrôlent la genèse, le repliement, le trafic et la dégradation des protéines dont le déséquilibre est à l’origine de maladies comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Étym. gr. Protée, dieu marin qui pouvait changer de forme à volonté : protéine ; stasis : position

maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson

[C2]

Édit. 2020

2019-nCoV (virus)

2019-nCoV (virus)

Virus à ARN du genre Betacoronavirus (famille des Coronaviridae) responsable d’un syndrome respiratoire aigu ayant émergé en Chine en 2019.
Ce virus est l’agent d’un syndrome respiratoire aigu qui émergea en novembre 2019 dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine) avant de se propager aux autres province chinoises et à d’autres pays. Des cas importés sont signalés de divers pays, notamment de France, avec parfois quelques cas secondaires.
La durée d’incubation est évaluée entre 7 et 14 jours (probablement entre 5 et 10 jours). La maladie associe de la fièvre, une toux persistante, une gêne respiratoire, rarement une détresse respiratoire (surtout chez des personnes âgées) conduisant à l’admission en service de réanimation ; ces pneumopathies virales graves sont souvent accompagnées de surinfections microbiennes ou mycosiques. Des insuffisances rénales sévères ont encore été signalées. La mortalité serait de l’ordre de 2%. Toutefois, les cas bénins ou asymptomatiques semblent très nombreux. La maladie semble rare chez les enfants. Des tests de diagnostic rapide ont été rapidement élaborés et des recherches sont entreprises pour la mise au point de traitements spécifiques et de vaccins.

[D1]

Édit. 2020

contagion n.f.

contagiousness

Transmission d'un agent infectieux et le cas échéant de la maladie correspondante, depuis un sujet contaminé vers un individu sain, par contact direct ou indirect.
La contagion peut se faire :
- par voie aérienne par la respiration (aérosols) ou par projection d'une personne à l'autre de gouttelettes de salive au cours de la parole ou de la toux (tuberculose, grippe….)
- par voie digestive, par ingestion de boissons ou aliments souillés (typhoïde, poliomyélite…)
- par contact direct sur la peau (souillures manuportées, dépôt de poussière…)
- par contact direct sur les muqueuses (maladies sexuellement transmissibles).
La prévention repose sur la suppression de la cause : stérilisation, protection contre les poussières, port de masque et de gants, lavage des mains, mise en quarantaine des sujets suspects de maladie contagieuse.
L'usage du mot peut être étendu à la transmission de troubles mentaux ou du comportement.

Étym. lat. cum = avec, tangere : toucher

[D1, E1]

Édit. 2020

absorption de la vitamine B12 l.f.

absorption of vitamine B12

La vitamine B12 alimentaire est absorbée par un processus en plusieurs étapes :  trois protéines, le facteur intrinsèque (FI), l’haptocorrine (HC) et la transcobalamine (TC), ainsi que leurs récepteurs spécifiques sont impliqués dans son absorption et son transport.
Au niveau de l’estomac, la vitamine B12 est libérée des protéines alimentaires par la cuisson des aliments, l’acidité du suc gastrique et la pepsine. Une fois libérée, la B12 se retrouve en présence de deux transporteurs endogènes, l’HC et le FI. L’HC provient essentiellement de la salive et contribue à 10-40 % de la capacité de liaison avec la vitamine B12 au niveau du suc gastrique. La vitamine B12 se lie alors spécifiquement au facteur intrinsèque, une glycoprotéine de liaison produite par les cellules pariétales de l'estomac. Le complexe de vitamine B12 et FI parcourt l'intestin grêle avant d'être absorbé sous cette forme dans l'iléon. Deux mécanismes sont impliqués dans l’absorption de la B12 dans l’iléon, la diffusion passive et l’absorption par le récepteur spécifique du complexe FI-B12. La diffusion passive intervient seulement aux concentrations supra physiologiques. L’absorption par le récepteur du complexe FI-B12 est le mécanisme physiologique préférentiel pour la vitamine B12 apportée par la nourriture. Absorbée sous forme de cobalamine, la vitamine B12 passe dans la circulation sanguine, fixée à une protéine la transcobalamine, dont il existe une transcobalamine biodisponible rapidement utilisable et une forme de stockage.
L'absorption de la vitamine B12 est perturbée lorsque l'un des mécanismes ci-dessus fait défaut, par exemple lorsque l'estomac n'est plus assez acide (atrophie) ou après une gastrectomie totale, ou en absence de production de facteur intrinsèque (maladie de Biermer, déficit de sécrétion du FI d’origine auto-immune), parfois iatrogène (traitement prolongé par les inhibiteurs de la pompe à protons), ou encore maladie d'Imerslund-Grasbeck (malabsorption sélective de la vitamine B12 d'origine génétique par déficit du récepteur au complexe vit B12-facteur intrinsèque). Les carences acquises ou héréditaires se traduisent par une anémie mégaloblastique et des manifestations neurologiques.  

Syn. B12, cobalamine

Symb. Cbl

vitamine B12, maladie d'Imerslund-Grasbeck, facteur intrinsèque, haptocorrine , transcobalamine, maladie de Biermer, inhibiteurs de la pompe à protons, anémie mégaloblastique

[L1, F1, H1]

Édit. 2020

dépistage des cancers l.m.

cancer screening

Action de santé publique destinée à réduire la mortalité imputée au cancer, en le dépistant et si possible en appréciant son incidence,  en identifiant par un test au sein d’une population définie, les personnes qui bien que sans symptôme,  sont  atteintes de ce cancer ou d’une lésion précancéreuse.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la prévention primaire et se justifie dans la mesure où une détection précoce peut permettre d’interrompre le cours naturel de la maladie en assurant un traitement curatif, tout en limitant les éventuels effets négatifs, en particulier pour les participants indemnes de toute lésion. Le dépistage s’adresse à l’ensemble d’une population non demandeuse de soins et dont la grande majorité des individus ne sont pas porteurs de la maladie. De ce fait, il s’appuie sur des règles d’éthique collective différentes de celles de la médecine curative fondées sur le colloque singulier médecin-patient dans lequel ce dernier est le demandeur. Le dépistage n’est donc pas la prescription individuelle d’un test réalisé au hasard d’une consultation ; son bénéfice n’est identifiable que sur la collectivité dans une population définie : « un cancer dépisté n’est pas synonyme de vie sauvée ou prolongée », seule la baisse des taux de mortalité ou d’incidence dans la population ciblée mesure les bénéfices apportés. En revanche les effets indésirables (faux positifs, examens et traitements inutiles, faux négatifs…) sont eux supportés au niveau individuel et doivent être identifiés et mesurés dans la population concernée. Trois cancers font actuellement l'objet d'un dépistage qui s’avère utile dans une population ciblée (sexe et âge) : celui du sein, celui du colon et du rectum, et celui du col de l'utérus.
Certaines formes familiales de cancers font l’objet de dépistage approprié.

dépistage du cancer colo-rectal, dépistage du cancer du col de l'utérus, dépistage du cancer du sein

[E1, F2]

Édit. 2020

psittacose n.f.

psittacosis, parrot fever

Pneumopathie aigüe due à la bactérie Chlamydophila psittaci principalement transmise par les déjections desséchées d'oiseaux.
Chez l’Homme, l’incubation est de 5 à 9 jours. Le tableau clinique, lié à l’invasion des poumons par la bactérie, est habituellement celui d’une pneumopathie atypique fébrile, avec toux, céphalée, frissons, myalgies, dyspnée, troubles gastro-intestinaux (vomissements, constipation, diarrhée), conjonctivite. L’évolution peut être aigue (résolution en 10 à 14 jours) ou plus prolongée (4 à 7 semaines), éventuellement grave (détresse respiratoire), mais les cas bénins, voire inapparents sont nombreux. Les cas graves, rares, peuvent, sans traitement, conduire au décès. Occasionnellement, des complications cardiaques (endocardites), hépatiques ou neurologiques (méningite, encéphalite) peuvent s’observer. Chez la femme enceinte, un avortement ou une prématurité peuvent survenir. Le diagnostic est clinique, radiologique (opacités pulmonaires floues) et biologique (sérologie). Les tétracyclines en traitement de 10 à 15 jours ou les fluoroquinolones ont une efficacité constante. Le taux de létalité est d’environ 1 à 2 % sous traitement (10 à 20 % sans traitement).
Les cas humains sont habituellement sporadiques mais la maladie peut survenir sous la forme de petites épidémies localisées. Cette zoonose, de répartition mondiale, a pour réservoirs de très nombreux oiseaux (plus de 450 espèces), en particulier des Psittacidés, mais la bactérie infecte aussi certains oiseaux de basse-cour et d’élevage industriel tels que les canards, les dindons, les faisans ou les pigeons chez lesquels l’infection est inapparente (d’où la dénomination plus générale d’ornithose). L’Homme  se contamine par contact direct lors de la manipulation d’oiseaux ou surtout par inhalation de poussières contaminées par les déjections ou des sécrétions des voies aériennes d’oiseaux malades ou simplement porteurs de la bactérie. Toutefois, une notion de contage n’est retrouvée que dans 50 % des cas. Les cas de contamination à partir de mammifères sont beaucoup plus rares. La transmission d’Homme à Homme est exceptionnelle. La psittacose est une maladie infectieuse professionnelle pour les sujets en contact avec les oiseaux (volailles principalement) : fermiers, éleveurs, vétérinaires, employés d’abattoir.

Syn. ornithose, ornithose-psittacose

Chlamydophila psittaci

[D1, E2, K1]

Édit. 2020

entéro-IRM
l.f.

MRI enterography , MRI enteroclysis

IRM de l’intestin grêle après ingestion de produit de contraste (eau ou solution de polyéthylène glycol), ou injection de celui-ci par une sonde jéjunale (entéroclyse).
Les principales indications sont le bilan et le suivi d'une maladie de Crohn ou d'une maladie coeliaque, l'identification du niveau de l'obstruction de l'intestin grêle et de sa cause (tumeur par exemple), en évitant l’irradiation d’un entéroscanner.

entéroscanner

[B2, B3, L1 ]

Édit. 2020

gastroentérite à éosinophiles l.f.

eosinophilic gastroenteritis

Maladie bénigne rare caractérisée par la présence de manifestations gastro-intestinales (GI) anormales et non-spécifiques, associées à une infiltration éosinophilique du tractus GI pouvant affecter plusieurs segments et impliquer plusieurs couches dans la paroi GI.
Contrairement à l’œsophagite à éosinophiles, qui présente une incidence en nette augmentation, la gastrite, l’entérite et la colite à éosinophiles, rassemblées sous le nom de gastroentérite à éosinophiles (GEE), sont des entités rares. La GEE peut survenir à tout âge, le plus souvent observée entre l'âge de 30 et 50 ans. Hormis l’atteinte œsophagienne, l'estomac et le duodénum sont les sites les plus touchés. La présentation clinique est variable et dépend de la zone du tube digestif impliquée et de la profondeur de l'atteinte éosinophilique. Trois sous-types ont été définis en fonction de la couche digestive impliquée. La GEE muqueuse (sous-type le plus commun) est caractérisée par des douleurs abdominales, une diarrhée (avec ou sans hémorragie), une dyspepsie, des nausées, des vomissements, une perte de poids et des signes d'entéropathie exsudative (p.ex. gonflements et oedèmes). Les enfants et les adolescents peuvent aussi présenter un retard de croissance staturo-pondérale et une anémie. La GEE musculaire conduit à des symptômes d'obstruction/sténose intestinale. La GEE séreuse est caractérisée par des ballonnements, des ascites exsudatives et une éosinophilie périphérique. Les examens biologiques révèlent la présence d'éosinophiles dans le sang périphérique et des concentrations sériques élevées d'IgE (dans 20 à 80% des cas). Les autres résultats comprennent une stéatorrhée, une hypoalbuminémie, une anémie par carence en fer et un temps de prothrombine prolongé. L'endoscopie montre des anomalies muqueuses non spécifiques. L'examen histopathologique des biopsies gastriques et duodénales confirme le diagnostic et révèle habituellement des infiltrats éosinophiliques (> 20 à 30 éosinophiles par champ de forte puissance) en l'absence d'autres causes connues d'éosinophilie. La dégranulation ou la cryptite à éosinophiles sont également diagnostiques.La pathogénie de la GEE pourrait être médiée par une réaction d'hypersensibilité. Différents stimuli incluant des allergènes alimentaires, des médicaments (azathioprine, sels d'or, triméthoprime- sulfaméthoxazole) et des pathologies immunologiques, peuvent induire l'infiltration éosinophilique du tractus GI, suivie de leur dégranulation, de la libération de cytokines et des dommages cellulaires. Dans certains cas pédiatriques précoces, la GEE se résout en supprimant le lait du régime alimentaire. Le traitement repose sur la corticothérapie orale dans les cas modérés à sévères. Une corticothérapie de maintien à faible dosage est nécessaire en cas de rechute. Des stabilisateurs de mastocytes et des antihistaminiques ont été utilisés avec succès dans certains cas. Malgré le risque de rechute, le pronostic de la maladie est bon sous traitement, avec une disparition complète des symptômes. Les complications concernent le plus souvent l'atteinte séreuse.  

Réf. Orphanet, A. LUCENDO (2014)

oesophagite à éosinophiles

[L1]

Édit. 2020

Ruxolitinib n.m.

Ruxolitinib

inhibiteur des Janus kinase 1 et Janus kinase 2 (Jak1 et Jak2).
Il est indiqué dans le traitement de la splénomégalie myéloïde et de la maladie de Vaquez.  Le ruxolitinib est une alternative intéressante de la maladie du greffon contre l'hôte résistante à l'administration à haute dose de glucocorticoïdes ; il provoque fréquelmment une thrombopénie

R. Zeiser, hématologue allemand (2020)

Janus kinase, réaction du greffon contre l'hôte, splénomégalie myéloïde, maladie de Vaquez

[F1, G5]

Édit. 2020

Stormoken (syndrome de) l.m.

Stormoken syndrome

Maladie héréditaire à transmission autosomique dominante voisine de la myopathie à agrégats tubulaires, mais présentant des signes additionnels : myosis, thrombocytopénie, hyposplénisme, ichthyose, dyslexie, et petite taille.
La maladie est due à des mutations  de gènes codant des régulateurs clés de l’homéostasie calcique (STIM1 ou ORAI1), ce qui explique le large spectre phénotypique observé chez les patients. STIM1 est un senseur réticulaire de calcium, et peut activer le canal calcique ORAI1, situé dans la membrane plasmique, afin d’induire l’entrée de calcium extracellulaire par un mécanisme appelé SOCE (« store-operated calcium entry »), mécanisme existant dans tout type de cellules. Il s’agit de mutations gain-de-fonction provoquant une sur-activation du SOCE et une entrée excessive de calcium.

H. Stormoken, médecin interniste norvégien  (1985)

Syn. syndrome de Stormoken-Sjaatadt-Langslet

Réf. Stormorken H, Sjaastad O, Langslet A, Sulg I, Egge K, Diderichsen J. : A new syndrome: thrombocytopathia, muscle fatigue, asplenia, miosis, migraine, dyslexia and ichthyosis. Clinical Genetics 1985 Nov; 28(5): 367-374

myopathie

[F1, H1, J1, P2, ]

Édit. 2020

acéruloplasminémie n.f.

aceruloplasminemia

Maladie héréditaire autosomique récessive liée à des mutations dans le gène de la céruloplasmine, caractérisée par une surcharge hépatique et cérébrale en fer, l’absence de céruloplasmine dans le sérum, la diminution de la cuprémie et de la sidérémie alors qque la ferritinémie est élevée.
L’affection débute à l’âge adulte et se manifeste par une dégénérescence rétinienne, un diabète, une anémie qui précède divers troubles neurologiques dont une ataxie.
Sa prévalence est estimée à 1/1.00.000 à 1/1.200.000. Le mécanisme de la maladie ressort à une perte de l’activité « ferroxidase » de la céruloplasmine empêchant l’oxydation du fer et son transport par la transferrine avec rétention du fer dans les tissus et baisse de la sidérémie. La surcharge tissulaire en fer est confirmée par l’imagerie par résonnance magnétique. Elle se situe au niveau du foie, des noyaux gris centraux, du thalamus et des noyaux dentelés du cerveau. Le traitement implique l’utilisation de chélateurs du fer par voie intraveineuse ou orale (défériprone ou déférasirox) La mutation du gène de la céruloplasmine, située sur le chromosome 3, est homozygote (CP ; 3q23-q24). Un diagnostic prénatal est possible.

D. N. Caplan, neurologue américain (2020)

céruloplasmine, cuprémie, sidérémie, ferritine, ferroxidase, chélateurs du fer.

[C1,C3,F1,H1,L1,Q2]

Édit. 2020

drépanocytose n.f.

drepanocytosis, sicklaemia, sickle cell disease, sickle cell anaemia, drepanocytic anaemia

Hémoglobinopathie congénitale à transmission dominante, due à la présence d’une hémoglobine anormale, HbS principalement, qui déforme les hématies et leur donne une forme de faucille (hématies falciformes, sicklaemia), les rendant fragiles.
L’HbS moins efficace que l’hémoglobine normale HbA pour le transport de l’oxygène, diffère de cette dernière par substitution de la valine à l’acide glutamique, sixième acide aminé dans la chaîne de la β-globine. Cette substitution résulte d’un échange de thymine en adénine dans l’ADN. La drépanocytose est observée surtout chez les noirs ou les populations du pourtour méditerranéen. Les homozygotes qui ont 80% d’hématies HbS-HbS, sont sujets à de nombreux accidents, avec une certaine mortalité surtout chez l’enfant. Les adultes hétérozygotes HbA-HbS, tolèrent bien la maladie et peuvent en général, mener une vie normale. Ils ont une résistance accrue au paludisme (ce qui permet à l’allèle muté de se maintenir à une fréquence élevée dans les zones d’endémie palustre).
Fragiles, ces hématies sont précocement détruites ce qui entraîne une anémie congénitale nécessitant des transfusions. Peu déformables, ces hématies obstruent les petits vaisseaux entraînant en aval, une hypoxie tissulaire. Les accidents ischémiques peuvent frapper tous les tissus et être cause d’infarctus splénique, de détresse respiratoire ou d’insuffisance rénale. Les enfants sont particulièrement menacés par la maladie avec des risques d’infections bactériennes consécutives (ostéomyélite) qui peuvent être foudroyantes en raison d’une asplénie fonctionnelle, habituelle, secondaire.
Des accidents vasculaires cérébraux sont rapportés chez 3 à 17% des drépanocytaires homozygotes. Il s’agit trois fois sur quatre d’accidents ischémiques survenant avant l’âge de 15 ans (en moyenne 6 ans). L’angiographie visualise des sténoses ou des occlusions des artères intracrâniennes (en rapport avec une hyperplasie intimale), réalisant un aspect de moya moya. Les thromboses veineuses cérébrales sont rares et s’observent en cas d’anomalies associées de l’hémostase. Les hémorragies intracrâniennes (sous-arachnoïdiennes et cérébrales) sont fréquentes, survenant avant l’âge de 25 ans. Elles résultent de lésions pariétales artérielles induites par l’occlusion des vasa vasorum, pouvant susciter la formation d’anévrismes. Le traitement préventif des accidents vasculaires cérébraux repose sur les transfusions répétées.
Des accidents vasculaires médullaires, des atteintes optico-rétiniennes, des céphalées, des crises convulsives sont également possibles
Chez les doubles hétérozygotes HbS-HbC, les accidents vasculaires cérébraux sont rencontrés dans 2 à 5% des cas avec un âge moyen de 30 ans ; les manifestations cliniques sont moins sévères.
En ophtalmologie, on observe outre un subictère, des boucles et des télangiectasies capillaires des conjonctives, une tortuosité vasculaire, une hypovascularisation de la rétine avec occlusions artériolaires ou capillaires, des anastomoses artérioveineuses, des néovaisseaux rétiniens avec aspect en «éventail de mer», des nodules dysoriques et ses anomalies pigmentées. L’association sicklémie-stries angioïdes a été signalée à plusieurs reprises. Une classification des lésions oculaires en cinq stades a été proposée par F.M. Goldberg.
Le locus du gène est en 11p15, 5. Il existe de multiples mutations. Le diagnostic prénatal est possible. L’affection est autosomique récessive (MIM 141900).
Trois types de traitement apportent une réduction sensible des crises vaso-occlusives ce qui entraîne une amélioration du bien être des patients et réduit les besoins transfusionnles :
l'hydroxyurée à la prise journalière de 20 à  30 mg par kg de poids corporel : cette molécule favorise une augmentation de l'hémoglobin foetale, 
le voxelotor à la prise journalière de 1500 mg : cette molécule inhibe la polymérisation de l'hémoglobine S,
L-glutamine à la dose de 300 mg par kg, deux fois par jour réduit le stress oxydatif des globules rouges en augmentant la proportion de forme réduite des dinucléotides nicotinamide adénine.
De nouvelles voies thérapeutiques se sont précisées avec des inhibiteurs géniques de BCL11A qui favorisent une augmentation importante de l'hémoglobine foetale. 

M. Dresbach, médecin américain (1904) ; J. B. Herrick, médecin interniste américain (1910) ;  M. F. Goldberg, ophtalmologiste américain (1971) ; Y. Niihara, médecin américain (2018) ; E. Vichinsky, pédiatre américain (2019) ; J. C. John, pédiatre américain (2020) : E. D. Esrick, hématologiste américain (2021)

Étym. gr. drepanon : faucille; kutos: alvéole, cellule

Syn. anémie à hématies falciformes, anémie à cellules falciformes, anémie falciforme, anémie drépanocytaire, sicklanémie, sicklémie, hémoglobinose S Dresbach (syndrome de), Herrick (syndrome de)

anémie aigüe, hémoglobine, hémoglobine S

[F1, G5]

Édit. 2021

thrombopénie immune l.f.

immune thrombocytopenia

maladie auto-immune caractérisée par une thrombopénie isolée avec un nombre de plaquettes inférieur à 104 par microlitre.
La thrombopénie immunitaire peut toucher toutes les tranches d’âge avec une prédominance féminine lorsque la maladie atteint un jeune adulte (3 pour 1). Après 50 ans, il existe au contraire une légère prédominance masculine.
Les manifestations de saignement commencent  à se manifester lors d'une diminution des plaquettes inférieure à 5x103 par microlitre ; elles sont toujours présentes avec une hypoplaquettose de 103 par microlitre sous forme de saignement cutanéo-muqueux et ou d'hémorragies.
L'origine est souvent incertaine; elle est parfois virale chez l'enfant et son évolution spontanément résolutive. Chez l'adulte elle a tendance à la chronicité. Le traitement fait appel aux glucocorticoïdes à fortes doses, aux perfusions d'immunoglobulines par voie intraveineuse, au Rituximat. La splénectomie est limitée aux formes réfractaires. L'association glucocorticoïdes au mycophénolate mofetil s'impose comme traitement de première intention.

Nichola Cooper, hématologiste britannique (2019) ; Charlotte A. Bradbury, médecin britannique (2021)

Syn. thrombocytopénie immune, purpura thrombopénique immun

mycophénolate mofetil,

[F1, G5]

Édit. 2021

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