Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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kératalgie post-traumatique l.f.

traumatic keratalgia

Érosion épithéliale, le plus souvent linéaire, provoquée par un coup d'ongle, une page de livre, une feuille d'arbre.
La guérison se fait en quelques heures avec réapparition possible de l'érosion à rythme variable, généralement le matin au réveil. Il y aurait un défaut d'adhérence de l'épithélium cornéen réparé à la cornée par reconstitution incomplète des hémidesmosomes.

lipoarthrite traumatique l.f.

traumatic lipoarthrite

Hoffa (maladie de)

maculopathie traumatique l.f.

œdème de Berlin

névrose post-traumatique l.f.

posttraumatic neurosis

traumatisme somatique et névrose

névrose traumatique l.f.

traumatic neurosis

Entité clinique, dégagée par H. Oppenheim, qui recouvre actuellement, autour du syndrome spécifique de répétition, l'ensemble des manifestations différées consécutives à un traumatisme psychique, qu'il y ait eu, ou non, agression physique.
Des troubles aigus initiaux sont fréquents mais inconstants. Après une période habituelle de latence, de durée variable, apparait le syndrome de répétition (cauchemars reproduisant l'évènement vécu, reviviscences diurnes, réactions de sursaut), accompagné surtout de symptômes névrotiques, d'attitudes régressives, de manifestations dépressives (souvent de type anhédonique) et de troubles des conduites. Chronique, l'évolution peut être grave et invalidante, avec cependant des formes modérées, où le syndrome de répétition n'est qu'épisodique. Essentiellement psychothérapique, adapté à l'évolution, le traitement n'utilise les chimiothérapies que comme appoint.
En l'absence, notamment, de conflit intrapsychique, le terme de névrose traumatique est, de fait, inadéquat. Celui de "troubles" ou "désordres psycho-traumatiques" parait plus approprié.

H. Oppenheim, neurologue allemand (1889)

stress posttraumatique (état de)

patella (luxation traumatique de la) l.f.

traumatic dislocation of the patella

Luxation de la patella après un traumatisme plus ou moins violent entraînant une déchirure des éléments de fixation sur le fémur ; le déplacement de la patella est habituellement en dehors et les ruptures ligamentaires internes.
Il s'agit souvent d'un accident de sport, survenant en demiflexion du genou avec contraction brutale du muscle quadriceps fémoral. La réduction spontanée est fréquente lors d'un mouvement secondaire d'extension du genou. La luxation interne est rare. L'absence de réparation des lésions capsuloligamentaires favorise les récidives.

Syn. luxation traumatique de la rotule (obs.)

[I1,I2]

Édit. 2017

pentade traumatique du genou l.f.

Lésion traumatique des ligaments du genou intéressant les 2 ligaments croisés, un ligament latéral, la capsule et la coque condylienne et un ménisque homologue du ligament latéral déchiré.
On distingue donc les pentades externes, les pentades internes. Le terme de "pentade malheureuse" a été donné par A. Trillat, 1957, par analogie au terme de "triade malheureuse" donné par Don O'Donoghue pour les lésions du genou n'intéressant qu'un seul ligament croisé.

A. Trillat, chirurgien orthopédiste français (1957)

Syn. pentade malheureuse

compartiment

péritonite traumatique l.f.

traumatic peritonitis

Péritonite due à un traumatisme ouvert ou fermé de la paroi abdominale, liée à la rupture d'un viscère plein (risque d'hémorragie) ou creux (risque d'infection), ou les deux associés.

pneumomédiastin traumatique l.m.

traumatic pneumomediastinum

Épanchement d'air dans le tissu celluleux médiastinal, apparu à la suite d'un traumatisme thoracique.
Le pneumomédiastin peut être compressif s'accompagnant d'une détresse respiratoire avec polypnée, agitation, anxiété, sueurs et une cyanose variable. Dans un traumatisme thoracique, on évoque une rupture trachéobronchique. Ce pneumomédiastin s'associe souvent à un épanchement gazeux pleural compressif uni ou bilatéral dont le drainage montre le caractère massif de la fuite.
Parfois dans les suites d'une exploration endoscopique
trachéobronchique ou oesophagienne, sa découverte signe une perforation qui, pour l'œsophage, impose toujours une intervention d'extrême urgence après avoir localisé le niveau de la lésion traumatique.

Syn. emphysème médiastinal traumatique

pneumothorax traumatique l.m.

traumatic pneumothorax

Épanchement d'air dans la cavité pleurale, dû le plus souvent à l'embrochage de la corticalité pulmonaire par un fragment costal.
Ce pneumothorax peut être modéré, révélé par un petit emphysème pariétal, une diminution du murmure vésiculaire à l'auscultation, objectivé par le cliché thoracique en position assise et en expiration. Il peut être complet rétractant le poumon au hile.
Sa gravité est liée à la taille de la brèche pulmonaire qui peut entraîner une fuite aérienne importante aboutissant à une hyperpression intrapleurale : l'épanchement collabant le poumon, pouvant comprimer le médiastin et gêner ainsi le retour veineux. Toute gêne respiratoire impose le drainage.

post-traumatique adj.

posttraumatic

Qui survient après un traumatisme.
Par ex. syndrome commotionnel post-traumatique.

répétition traumatique (syndrome de) l.m.

traumatic repetition syndrome

En psychiatrie, élément clinique central et spécifique de la névrose traumatique, caractérisé par un syndrome de répétition nocturne (cauchemars de répétition) et diurne (reviviscence traumatique, réactions de sursaut), dont toutes les manifestations expriment la reproduction du traumatisme : d'une part dans l'activité imaginaire onirique et diurne ("flashback") et d'autre part dans le revécu affectif de l'expérience (angoisse, terreur, horreur).
Il apparaît après une période de latence plus ou moins longue, dans des conditions qui rappellent au sujet, par quelque analogie, sa rencontre traumatique initiale. Les évènements d'actualité rapportés par la presse, une lecture, mais aussi une hospitalisation, une remise de décorations ou des évènements privés marqués par le rejet ou l'abandon (divorce, deuil), sont des facteurs de possible déclenchement. Aucun n'a de valeur absolue. La réactualisation du traumatisme ne s'y opère que par le fait d'une confrontation à l'expérience traumatique, dont le contenu est strictement individuel et particulier à chacun.

rotule (luxation traumatique de la) l.f.

traumatic dislocation of the patella

patella (luxation traumatique de la)

[I1,I2]

Édit. 2017

rupture diaphragmatique traumatique ancienne l.f.

hernie diaphragmatique traumatique

rupture diaphragmatique traumatique récente l.f.

diaphragmatic rupture

Brèche musculaire consécutive à une surpression abdominale brutale entraînant un éclatement de la coupole diaphragmatique.
Les traumatismes en cause sont : 3 fois sur 4 les accidents de la circulation, les chutes d'une grande hauteur (10%), les écrasements par éboulement, véhicule ou autres agents. La cause est donc un traumatisme violent non appuyé.
La rupture siège le plus souvent sur la coupole gauche, près de 3 fois sur 4. La rupture radiée postérolatérale gauche est la plus fréquente, partant du pilier diaphragmatique se dirigeant en avant et en dehors vers le point de pénétration du phrénique dans le diaphragme. Les viscères sous-jacents font hernie dans la cavité thoracique, mais leur hernie peut être retardée de quelques jours. Il est des ruptures antérolatérale ou transversale voire des désinsertions phrénocostales périphériques.
Une rupture centrale tendineuse peut siéger dans la portion péricardique et créer une brèche péritonéopéricardique.
À droite la brèche commence en dehors de la veine cave inférieure, se dirige en avant vers le rebord costal, le foie fait généralement obstacle à la montée des viscères.
Les ruptures s'observent dans les traumatismes thoraco-abdominaux très violents si bien que la rupture est observée dans près des 3/4 des cas lors d'un polytraumatisme, d'où l'importance de la mortalité.
La radiographie thoracique en position demi-assise est la clé du diagnostic montrant en l'absence d'épanchement sanglant intrapleural des clartés digestives à gauche. Il existe presque toujours un déplacement du cœur et du médiastin du côté opposé à la rupture. En cas de doute, un pneumopéritoine entraînant l'apparition d'un pneumothorax permet d'affirmer le diagnostic mais il est à proscrire chez un blessé en état grave. Selon l'existence ou non de suspicion de lésions viscérales sous diaphragmatiques, la voie d'abord est abdominale ou thoracique, cette dernière voie permet une meilleure réparation.
En urgence l’imagerie actuelle, échographie, scanner, voire IRM permet une approche plus précise des lésions.

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches l.f.

traumatic rupture of the thoracic aorta and its branches

Solution de continuité de la paroi de l'aorte thoracique et des gros troncs qui en sont issus, lors d’un traumatisme.
Elle survient au cours d'accidents comportant presque toujours une décélération brutale horizontale dans les accidents de la circulation et verticale dans les chutes de grande hauteur. Elle s'observe surtout chez le sujet jeune, lors des accidents de la circulation près de 8 fois sur 10 et d'accidents du travail près d'une fois sur cinq. La rupture siège 7 fois sur 10 au niveau de l'isthme aortique, zone fragile embryologiquement et en porte à faux entre zone mobile et zone fixe.
Les atteintes du tronc artériel brachiocéphalique, de l’aorte ascendante, des artères sous-clavières et de l'aorte descendante se partagent les autres cas. Dans les ruptures traumatiques de l'aorte thoracique, seules les formes incomplètes avec adventice intact parviennent au chirurgien (20%). Si la section est circulaire, intima et média ont tendance à se rétracter. Ces ruptures sont associées très souvent à des lésions craniocérébrales, à des fractures des membres, à une atteinte abdominale.
Les signes cliniques comportent 9 fois sur 10 des douleurs thoraciques, 7 fois sur 10 un état de choc. L'élargissement du médiastin, des anomalies du contour aortique, la présence d'un hémothorax, imposent la TDM avec injection ou l'aortographie, qui confirment le diagnostic.
Le traitement chirurgical repose soit sur une suture directe protégée, si elle est possible, soit en interposant une prothèse entre les berges de la déchirure ou peut-être mieux, la mise en place d'un stent par voie endovasculaire plus simple, plus rapide et avec une mortalité moindre.
La mortalité dans les formes qui peuvent être opérées par un chirurgien cardiaque est de l'ordre de 10% à 20%.

rupture traumatique de l'œsophage l.f.

traumatic œsophageal rupture

Solution de continuité de la paroi œsophagienne, soit secondaire à un traumatisme appuyé, soit due à un barotraumatisme par effet de souffle lors d'une explosion.
Au 1/3 inférieur de l'œsophage, la rupture est longitudinale comprenant musculeuse et muqueuse. Si la plèvre est déchirée, s'installe progressivement un pneumothorax très vite surinfecté. Si la plèvre n'est pas déchirée, apparaît un pneumomédiastin puis progressivement une médiastinite suppurée se perforant plus ou moins vite dans la plèvre. Au niveau de la moitié supérieure de l'œsophage thoracique, la lésion œsophagienne s'associe fréquemment à une rupture de la membraneuse trachéale.
Évoqueront la lésion, les douleurs à la déglutition, un emphysème cervical ou sus-claviculaire isolé, la découverte d'un pneumomédiastin. La tomodensitométrie est essentielle. Le diagnostic repose sur le transit aux hydrosolubles, à compléter avec précaution avec un peu de baryte si le diagnostic est très douteux. L'endoscopie œsophagienne est d'intérêt modeste. C'est un diagnostic difficile souvent tardif au stade de pyopneumothorax, nécessitant alors une exclusion œsophagienne.

rupture traumatique de l'urèthre l.f.

traumatic rupture of the urethra

Rupture complète ou incomplète, fermée, des parois du conduit uréthral, survenant au niveau de l'urèthre antérieur par choc direct périnéal, au niveau de l'urèthre postérieur lors des fractures de l'arc antérieur du bassin.
C'est une complication grave qui nécessite une réparation souvent chirurgicale en urgence différée. Le risque de rétrécissement uréthral post-traumatique est important. Les ruptures de l'urèthre postérieur menacent également la continence et la fonction érectile.

rupture traumatique des corps caverneux l.f.

traumatic rupture of corpora cavernosa

Rupture de l'albuginée des corps caverneux due à un traumatisme direct sur une verge en érection.
C'est habituellement un "accident du coït". Elle se traduit par un hématome extensif, est parfois associée à une rupture uréthrale, et requiert une réparation chirurgicale d'urgence.

sténose trachéobronchique post-traumatique l.f.

post-traumatic tracheobronchial stenosis

Réduction du calibre de la trachée ou des grosses bronches par un granulome ou par un effondrement localisé de la paroi en regard, soit d'un orifice de trachéotomie, soit d'un ballonnet de sonde trachéobronchique ou parfois d'une fracture trachéobronchique méconnue.
Elle se manifeste au niveau de la trachée par un tirage inspiratoire avec sifflements allant progressivement en s'aggravant. Si on méconnaît la sténose, elle est temporairement améliorée par les corticoïdes. La trachéobronchoscopie est l'examen de base pour faire le diagnostic et préciser le siège : laryngotrachéal, trachéal, carénaire, bronchique. La longueur de la sténose est appréciée par des tomographies frontales de Frain ou une tomodensitométrie spiralée avec reconstruction.
Seules les sténoses purement granulo-inflammatoires peuvent être traitées par le laser YAG. Dans les autres formes, la désobstruction laser libère les voies aériennes et permet, dans les jours suivants et à moindre risque, une intervention sous anesthésie générale.
Une rupture d'une bronche principale ou lobaire isolée méconnue peut se révéler au stade de sténose, soit par une atélectasie si elle est totale, soit par une suppuration pulmonaire récidivante si elle est partielle. Si la suppuration a détruit le territoire pulmonaire sousjacent, le traitement ne peut être que l'exérèse de celui-ci.

Ch. Frain, médecin électroradiologiste français (1957)

Étym. gr. : stenos : étroit

stress post-traumatique (état de) l.m.

posttraumatic stress disorder

Dans les classifications actuelles (DSM-IV, CIM-10), séquelles d'un traumatisme psychique, dont la fréquence chez les vétérans du Viêtnam a suscité une réactualisation du syndrome de répétition de la névrose traumatique.
Cet état répond à un événement traumatique « hors du commun » (CIM-10), impliquant que le sujet « est ou a été menacé de mort ou de blessure grave, ou d'une atteinte à l'intégrité physique pour lui-même ou pour les autres »  (DSM-IV). L'événement est constamment revécu dans des souvenirs envahissants, des rêves répétitifs ou lors de « flashbacks », qui sont des retours brutaux avec intense charge émotionnelle. S'y ajoutent un évitement des stimulus associés au traumatisme, un émoussement de la réactivité générale et des symptômes de vigilance accrue.
Une telle description a eu le mérite de relancer l'intérêt sur ce type de manifestations. Toutefois, sa référence au concept de stress semble réductrice dans la mesure où traumatisme psychique et stress ne sont pas de même nature. Le terme de « troubles » ou « désordres psychotraumatiques » serait plus adéquat.

trouble de stress post traumatique (TSPT) l.m.

 posttraumatic stress disorder (PTSD) 

Réaction psychologique survenant  de quelques jours à quelques mois après une agression physique ou psychologique très violente (guerre, attentat, catastrophe naturelle).
La réaction immédiate est une peur intense, un sentiment d'impuissance, d'horreur. Le TSPT retardé se traduit par des réminiscences, souvent sous forme de cauchemars, des conduites d'évitement, une hyperstimulation. Ces symptômes durent au moins un  mois, et provoquent un handicap social, occupationnel,  relationnel.
Le traitement est psychologique et / ou médicamenteux.

urticaire plantaire traumatique l.f.

Syn. hidradénite palmoplantaire idiopathique récidivante

hidradénite palmoplantaire idiopathique récidivante

[P2]

pemphigus héréditaire traumatique l.m. (obsolète)

Syn. Koebner (épidermolyse bulleuse simple de)

Koebner (épidermolyse bulleuse simple de)

[J1,O1, Q2]

Édit. 2020

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