Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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réactif n.m.

reagent

1) Substance capable de produire une réaction, de modifier plusieurs caractères physiques d'une autre substance.
Ex. : la diméthylglyoxime est un réactif du nickel, du fer, du bismuth, etc.
Le réactif est dit sélectif quand il indique la présence d'un petit nombre d'ions ou de substances, et spécifique (ou caractéristique), quand il ne donne des indications qu'avec une seule substance.
2) Substance nécessaire pour que deux autres substances réagissent l’une sur l’autre : un réactif étant nécessaire pour un grand nombre d’épreuves biochimiques, les réactifs sont indispensables aux laboratoires d’analyses biologiques
3) Anticorps permettant de mettre en œuvre une réaction immunologique.
Par ex. réactif pour la détermination des groupes sanguins érythrocytaires.

ROAT test acr. angl pour Repeated Open Application Test

Test cutané d’allergie de contact pratiqué lorsque les tests classiques (patch test) n’ont pas apporté une preuve formelle malgré l’anamnèse clinique.
Les substances à tester, en particulier des substances industrielles sont appliquées sans préparation ou modification, deux fois par jour, sur l’avant-bras ou sur le dos. La lecture du test se fait au bout de 2 à 4 jours mais il est recommandé de la répéter le 7ème jour. Certaines réactions pouvant être liées à un effet irritant, il est bon d’avoir recours à des témoins non allergisants. Ce test est utilisé lorsque les tests classiques n’ont pas fait la preuve d’une allergie à un produit fortement suspecté selon l’histoire clinique du patient.

tests cutanés en allergologie, patch test

Schiff acide périodique (PAS) l.m.

periodic acid Schiff

Réaction histochimique utilisée pour mettre en évidence in situ la présence de certaines substances glucidiques dans les cellules ou les tissus.
En particulier, les polysaccharides et les glycoprotéines sont colorés en rouge par le PAS, qui est aussi notamment employé pour mettre en évidence la présence de glycogène ou de mucus dans les cellules.
Le principe de la réaction repose sur la rupture par un agent oxydant, l'acide periodique, des liaisons entre 2 carbones de certains groupes chimiques, qui fait apparaître des aldéhydes, colorés en rouge par le réactif de Schiff. En pathologie digestive, le PAS est utilisé en particulier pour mettre en évidence la présence de mucus dans des cellules tumorales, qui permet de montrer le caractère glandulaire d'un cancer (adénocarcinome). La réalisation avant la réaction d'une digestion amylasique des coupes permet de distinguer le glycogène, dont la positivité au PAS diparaît dans ces conditions, des autres substances colorées du mucus, qui résiste à cette digestion.

H. Schiff, biochimiste italien (1866)

Syn. coloration de Hotchkiss-McManus

acide périodique, polysaccharide, glycoprotéine, glycogène, aldéhyde, adénocarcinome

[B3, C1]

Édit. 2019

solvant volatil l.m.

volatile solvant, inhalant

Groupe hétérogène de substances psychotropes qui passent facilement à l'état de vapeur et sont inhalées pour produire une ébriété et parfois l'inconscience.
Il s'agit de produits le plus souvent courants et bon marché : colles et adhésifs contenant toluène et acétone ; dissolvants ; détachants, démaquillants, diluants de peinture ; essence de mobylette et de voiture ; gaz propulseurs d'aérosols ; anesthésiques volatils (éther, protoxyde d'azote) ; alcools (méthanol, isopropanol) ; oxyde de carbone.
Ces substances sont toxiques pour les muqueuses labiales, nasales, pharyngées et pour l'appareil respiratoire : toux, hypoventilation, voire asphyxie, et rarement œdème aigu du poumon. Elles sont toxiques pour le système nerveux central : ivresse avec logorrhée et incoordination motrice ou avec excitation et agressivité à petites doses ; association d'hallucinations à des doses plus importantes. Parfois survient un coma suivi de la mort par dépression respiratoire ou arythmie.
Dans cette consommation, qui touche environ dix garçons pour une fille, on distingue deux modalités : l'expérience en groupe, chez des élèves de 10 à 14 ans, dans de brèves "épidémies" éphémères ; la pratique solitaire, à des fins proprement toxicomaniaques chez des sujets plus âgés.

renifleur

sommeil (théories du) l.f.

sleep theories

Théories du sommeil qui sont divisées en deux grands groupes.
Les théories passives admettent que les mécanismes qui sous-tendent l'éveil deviendraient peu à peu inefficaces ce qui permettrait finalement le sommeil.
La théorie active implique que les mécanismes de l'éveil seraient activement inhibés.
La stimulation d'un certain nombre de structures cérébrales (noyaux du raphé, tractus solitaire) est capable d'induire un sommeil à ondes lentes. Les neurones de ces noyaux synthétisent la sérotonine qui serait un médiateur essentiel du déclenchement du sommeil. Le locus cœruleus, noyau du tronc cérébral produisant la noradrénaline joue un rôle dans le sommeil paradoxal. L'intervention respective des noyaux du raphé et du locus cœruleus sont à la base de la théorie monoaminergique du sommeil (sérotonine et noradrénaline). Le rôle de l'acétylcholine, neuromédiateur ubiquitaire du système nerveux central est moins bien précisé. Une autre théorie fait intervenir la sécrétion de substances hypnogènes. La nature exacte de ces substances n'est pas précisée (peptides, interleukine 1).

substance dangereuse l.f.

dangerous substance

Substance réglementairement classée dangereuse par référence à des critères de dangerosité explicitement définis.
Le classement est effectué par référence à des critères définis : nocif, explosif, inflammable, toxique, dangereux pour l’environnement, etc. Il est déduit d’essais : par exemple la toxicité par voie orale est basée sur des essais sur animaux. Les substances dangereuses font l’objet de mesures spécifiques, notamment en matière d’étiquetage. Le dispositif relatif à ces substances découle principalement du Code de la santé publique, et, en nombre grandissant, de directives de la communauté européenne.

matière dangereuse, poison

substance vénéneuse l.f.

poisonous substance

Produit composé, ou substance chimique définie, susceptible de provoquer des effets délétères lorsqu’il (elle) est absorbé(e) par un organisme vivant, quelle que soit la voie d’administration.
Une réglementation spéciale concerne les substances vénéneuses qui interviennent comme principes actifs dans la composition d’un médicament : inscription à des tableaux, conditions particulières de prescription et de délivrance. Les substances vénéneuses utilisées par l’industrie et en agriculture sont également soumises à des réglementations particulières.

poison, substance dangereuse

surcharge n.f.

overload

En biologie, présence localisée, mais en quantité anormalement élevée, dans les cellules ou les espaces interstitiels, de substances normalement présentes dans l'organisme, traduisant un trouble du métabolisme de ces substances, comme dans la stéatose.

Syn. : thésaurismose

dermatose de surcharge, maladie de surcharge, surcharge cardiaque,surcharges en fer héréditaires, surcharges hépatiques, maladie de surcharge en glycogène, maladie de surcharge neuroviscérale de sphingomyéline avec ophtalmoplégie supranucléaire verticale

terpène n.m.

terpene

Terme générique pour un composé chimique acyclique ou cyclique de formule générale (C5H8)n de type isoprénique. La classification de ces très nombreuses substances naturelles, principalement végétales, est faite selon le degré de condensation et l’on parle d’hémiterpènes en C5 (ex. isoprène), de terpènes proprement dits en C10, de sesquiterpènes en C15, de diterpènes en C20, de triterpènes en C30, de polyterpènes.
Nombre de ces substances possèdent des substituants très diversifiés ce qui explique la richesse de ce groupe chimique et la possession de propriétés pharmacologiques diverses. des terpènes sont liés à la biosynthèse des stérols dont le cholestérol.

Étym. gr. terebinthos : térébinthe

tests cutanés en allergologie l.m.p.

skin test in allergology

Tests consistant à provoquer au niveau de la peau un phénomène allergique minimal, de façon à identifier, en utilisant une série d'allergènes, celui qui est en cause dans le phénomène clinique considéré.
Trois types de réactions cutanées sont utilisées.
1) Les tests cutanés d'allergie immédiate introduisent dans les téguments une dose minime d'allergène et l'on observe dans les minutes qui suivent une réaction locale urticarienne, par scarification cutanée, ou par piqûre ("prick") soit par le biseau d'une aiguille classique pour intramusculaire, soit par un instrument spécialisé. L'introduction de l'allergène peut se faire aussi par une injection intradermique dosée à la seringue. De toute façon, la lecture de ce test d'allergie immédiate se fait dans les 20 minutes qui suivent l'inoculation. Il s’agit d’un prick test.
2) S'il s'agit d'une allergie retardée à support lymphocytaire, type allergie tuberculinique p. ex., on pratique une intra-dermoréaction dosée à la seringue dont la lecture s'effectue 48 heures après..
3) S'il s'agit d'une allergie cutanée de contact, type eczéma, le test est réalisé avec un timbre ou une micro cupule imbibés d'une solution d’allergène la lecture se fait à 72 heures après 48 heures de contact. Localement, on provoque non plus un phénomène urticarien mais un petit eczéma localisé. C’est un test épicutané ou « patch test ». Lorsque les tests classiques n’ont pas apporté la preuve alors qu’un produit est fortement suspecté selon l’anamnèse clinique, on pratique un « ROAT test » (Repeated Open Application Test). Les substances à tester, en particulier des substances industrielles sont appliquées sans préparation ou modification, deux fois par jour, sur l’avant-bras ou sur le dos. La lecture du test se fait au bout de 2 à 4 jours mais il est recommandé de la répéter le 7ème jour. Certaines réactions pouvant être liées à un effet irritant, il est bon dans ce cas d’avoir recours à des témoins non allergisants.
Il peut arriver que tous ces tests soient négatifs et que le patient déclare que son eczéma de contact n’apparaissent qu’après une exposition solaire, même minime : on pratique alors des photopatch tests, qui sont des tests épicutanés (patch tests) effectués avec addition d’irradiation par des rayons ultra-violets afin de révéler les photoallergènes.

 patch test, photopatch test, prick test, ROAT test

xénoestrogène n.m.

Substance chimique naturelle ou de synthèse, de structure variable mais non stéroïdienne, susceptible de provoquer des effets estrogéniques.
Parmi les substances naturelles, on connaît des isoflavones telles que la déidzéine et la génistéine, présentes chez des Fabaceae (ex. Soja) et également des coumestanes. Parmi les substances de synthèse, la plus connue est le diethylstilbestrol, préconisé comme médicament estroprogestatif (Distilbène®), qui provoqua des inductions cancéreuses chez les filles de mères ayant reçu ce médicament.

Syn. perturbateur endocrinien

[O4]

eau destinée à la consommation humaine l.f.

water fit for human consumption

Selon l’article R 1321-1 du code de la santé publique :
1) toutes les eaux qui, soit en l'état, soit après traitement, sont destinées à la boisson, à la cuisson, à la préparation d'aliments ou à d'autres usages domestiques, qu'elles soient fournies par un réseau de distribution, à partir d'une citerne, d'un camion-citerne ou d'un bateau-citerne, en bouteilles ou en conteneurs, y compris les eaux de source ;
2) toutes les eaux utilisées dans les entreprises alimentaires pour la fabrication, la transformation, la conservation ou la commercialisation de produits ou de substances destinés à la consommation humaine, qui peuvent affecter la salubrité de la denrée alimentaire finale, y compris la glace alimentaire d'origine hydrique.
Les eaux destinées à la consommation humaine doivent (directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998) :
- ne pas contenir un nombre ou une concentration de micro-organismes, de parasites ou de toutes autres substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes ;
- être conformes aux limites de qualité, portant sur des paramètres microbiologiques et chimiques, définies par arrêté du ministre chargé de la santé.
- satisfaire à des références de qualité, portant sur des paramètres microbiologiques, chimiques et radiologiques, établies à des fins de suivi des installations de production, de distribution et de conditionnement d'eau et d'évaluation des risques pour la santé des personnes.

Syn. eau potable

[C1,E1,R2]

Édit. 2018

glucose-6-phosphate déshydrogénase (déficit en) l.m.

glucose-6-phosphate deshydrogenase deficiency, G6PD

Déficit enzymatique érythrocytaire, le plus répandu dans le monde, responsable d’hémolyse.
Cette maladie était dénommée « favisme » car l'ingestion de fèves qui contiennent des substances oxydantes, peut provoquer des crises d'hémolyse aigüe. Le philosophe grec Pythagore aurait recommandé de ne pas manger de fèves par crainte de la maladie. En 1956, Carson établit une relation entre le déficit enzymatique et la survenue d'anémie chez les patients prenant de la primaquine, un médicament contre le paludisme. Cette même année, Crosby fait la relation entre cette maladie et le favisme. Le gène responsable (G6PD) est séquencé en 1986 permettant de découvrir plus d'une centaine de mutations de ce dernier.
Sa répartition couvre l’Afrique, l’Inde, le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et le sud-est asiatique. Les migrations de populations font qu'aujourd'hui, il ne s'agit plus d'un déficit rare, et on estime qu'un minimum de 100 000 à 200 000 déficitaires vivent en France. Ce déficit toucherait entre 100 et 400 millions d’individus. Dans certaines régions d’Afrique centrale, la fréquence des porteurs sains dépasse 15% de la population.
La maladie est transmise génétiquement sur le mode récessif, lié au chromosome sexuel X où se situe le gène G6PD produisant l'enzyme (bras long du chromosome X). Elle est essentiellement exprimée chez les sujets de sexe masculin (XY) dits hémizygotes, car ils possèdent un seul allèle du gène (sur l’X). La maladie, chez les filles homozygotes, a la même traduction que chez les garçons.
Le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase bloque la première réaction d'oxydation de la voie des pentoses phosphates. Ainsi, la sous-production de NADPH qui en résulte, réduit fortement les capacités cellulaires à lutter contre le stress oxydant. Les hématies utilisent la voie des pentoses phosphates pour créer du NADPH nécessaire à la formation du glutathion, l'autre voie classique, utilisant les mitochondries n'existant pas dans les globules rouges. Ce dernier est impliqué dans la diminution du stress oxydatif du globule rouge. L'hématie, sa membrane cellulaire ainsi fragilisée, sera détruite ce qui provoquera une anémie par hémolyse et un ictère.
Avoir un déficit en G6PD ne signifie pas forcément être malade. En effet, sans accident particulier, la personne est bien portante, ne se plaignant de rien et avec une espérance de vie normale. Elle devra, durant toute sa vie, connaître et respecter certaines consignes pour éviter les complications auxquelles le prédispose ce déficit. Sa gravité et les circonstances déclenchantes varient d'un individu à l'autre, en raison des nombreuses mutations possibles du gène responsable avec des conséquences variables sur l'activité de la G6PD.
Les mesures principales à recommander sont préventives en évitant de ne jamais ingérer de fèves et ne jamais être traité avec certains médicaments (comme les anti-paludiques par exemple) et autres substances oxydantes. À contrario, il est établi que le déficit en G6PD protège du paludisme en favorisant la phagocytose précoce des hématies parasitées Dans le cas contraire, elle risque une crise hémolytique aigüe. L'hémoglobine est transformée en méthémoglobine et des corps de Heinz apparaissent dans les hématies et permettent le diagnostic. Typiquement, il s'agit d'une anémie aigüe, avec un taux de réticulocytes élevés (régénérative) avec augmentation de la bilirubine non conjuguée pouvant aller jusqu'à l'apparition d’un ictère. La crise peut être causée également par des infections (en particulier, hépatites virales).

W. H. Crosby, hématologiste américain (1956) ; A. S. Alving et P. E. Carson, médecins américains (1956) ; Groupe de Travail de l’OMS (1990) ; E. Beutler, hématologiste et biochimiste américain (1991)

favisme , glucose-6-phosphate déshydrogénase

reprotoxique adj.

reprotoxic

Terme qualifiant une substance ou un rayonnement pouvant altérer la fertilité de l’homme ou de la femme ou altérer le développement de l’embryon.
Le terme CMR (« carcinogenic, mutagenic, reprotoxic ») désigne les substances produisant ces types d’effets nocifs. Il est couramment utilisé dans les dispositions légales ou les études épidémiologiques.. Il peut être modulé selon le niveau de preuve : en avéré, présumé et suspecté.
Le règlement du Parlement européen relatif à la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances, du 16 décembre 2008, a ainsi classé le bisphénol A comme reprotoxique «présumé».

[E1]

Édit. 2019

psychodysleptique (substance) l.f.

Agents psychotropes perturbateurs du fonctionnement psychique.
Selon la classification des psychotropes de Delay et Deniker les psychodysleptiques sont une groupe de psychotropes aux côtés des psycho- analeptiques (antidépresseurs ou thymo-analeptiques, noo-analeptiques ou stimulants de la vigilance), des psycholeptiques (hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques) des psycho-iso-leptiques (ou thymorégulateurs : sels de lithium,acide valproïque...).
Le groupe des psychodysleptiques inclut les hallucinogènes et les produits capables d’induire une symptomatologie de type psychotique telles que distorsions perceptives, idées délirantes, angoisses ou au contraire euphorie, perte du contrôle ...Les plus connus sont le cannabis et les cannabinoides de synthèse, l’amphétamine (ecstasy), les opiacés, le LSD, la cocaine (crack)...
De multiples substances psychodysleptiques sont désormais proposées sur internet.
Les effets psychodysleptiques (également dits psychomimétiques ou «psychotogenes») varient selon la nature de la substance et ses propriétés pharmacologiques : psylocybine et LSD très hallucinogènes, crack et ecstasy très excitateurs, cannabis et cannabinoïdes de synthèse inducteurs de distorsions perceptives....
La consommation de ces substances peut induire une pharmacopsychose aiguë (état onirique aigu) ou chronique (schizophrénie).
 Ces produits ont longtemps été réputés dépourvus de propriétés thérapeutiques et classés illicites :ceci est désormais remis en question notamment du fait des effets potentiellement antalgiques du cannabis, de l’effet antidépresseur de la kétamine.

J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)

Étym. gr. psukhe : âme; dus : difficulté; lambanein : saisir

psychédélique (expérience), psychotropes, antidépresseur, psychoanaleptique, psycholeptique, hypnotique, anxiolytique, neuroleptiques, thymorégulateur, lithium (traitement par), acide valproïque, hallucinogène, cannabis, cannabinoides de synthèse

[G4, G5, H3]

Édit. 2020

équivalent-air, équivalent-eau l l.m.

air-equivalent, water-equivalent

En physique, se dit d'une substance dont la composition atomique est telle que l'énergie déposée par unité de masse par le rayonnement y est très voisine de celle déposée dans l'air (ou dans l'eau).
Des substances solides équivalent-air sont utilisées pour constituer la paroi de chambres d'ionisation et des substances équivalent-eau pour les « fantômes » solides utilisés en radiothérapie.

fantôme

[B1]

Édit. 2020

absinthe n.f.

absinthe

Nom commun de plusieurs espèces du genre Artemisia (Asteraceae) dont A. absinthium L., la Grande Absinthe, et A. ponticum L., la Petite Absinthe.
Elles sont utilisées en liquoristerie en raison de la présence de substances amères (guaianolides) et d'une huile essentielle riche en azulènes de couleur vert-bleu et en alpha et bêta- thuyone, terpènes à 10 atomes de carbone isomères. Les effets psychotropes sont recherchés par les consommateurs. La liqueur d’absinthe contient en outre des constituants du fenouil, dont de l’anéthole et des cétones (fenchone, pinocaphone). La fabrication et la vente de la liqueur d'absinthe dite "fée verte" ont été interdites en France par la loi du 16 mars 1915 et également en Belgique et en Suisse, pays producteur de la liqueur. Le dernier texte en vigueur était un décret n°88-1024 du 2 novembre 1988.
En raison d’une pression exercée par des autorités européennes, en particulier des pays germaniques et aussi des cantons de la Suisse romande, la consommation de la liqueur d’absinthe est à nouveau autorisée (règlement (CE) n°1334/2008 du 16 décembre 2008), à condition que soit respectée une teneur maximale en thuyone (somme des deux isomères) non supérieure à 35 mg/kg (décret du 25/09/09). Toutefois il s’agit d’une boisson alcoolisée venant s’ajouter à d’autres dont les pastis.

[G3,G4]

acétazolamide n.m.

acetazolamide

Inhibiteur de l'anhydrase carbonique, utilisé à la fois dans le traitement préventif des paralysies périodiques (PP) hypo- et hyperkaliémiques, en fait d'efficacité inconstante, et dans l'étude du débit sanguin cérébral régional.
Son mode d'action thérapeutique est attribué actuellement à une acidose métabolique induite, susceptible de produire des modifications de l'excitabilité de la cellule musculaire.
Sur les PPhypo, il n'est efficace qu'à des doses élevées (1 à 2g/24h), au prix d'effets secondaires possibles, notamment la formation de calculs rénaux (10% des cas), qui nécessitent une surveillance régulière. Un régime pauvre en glucides et en sodium éventuellement associé à des sels de potassium, peut être utile, au moins partiellement. Dans les PPhypo thyrotoxiques, ajouté au traitement de l'hyperthyroïdie, l'acétazolamide est inefficace, voire aggravateur, mais le propanolol ou d'autres bêtabloquants sont actifs.
Sur les PPhyper, il agit dans 90% des cas, à des doses nettement moindres que dans les formes hypokaliémiques. D'autres substances comme le sulfate de salmabutol sont employées. Parmi les mesures hygiénodiététiques, un régime riche en glucides, l'exercice musculaire, l'évitement du froid, des apports pauvres en sodium, sont indiqués. Dans les formes de PPhyper avec arythmie cardiaque, l'acétazolamide diminuerait la fréquence de ces accès et leur sévérité sous réserve d'adjonction de faibles doses de potassium permettant de ne pas aggraver les troubles du rythme.
L'étude du débit sanguin cérébral régional avant et après acétazolamide, vasodilatateur, en SPECT (single photon emission computed tomography), permet d'évaluer la "réserve circulatoire".

[B2,C1,C2,G5,H1]

Édit. 2016

acétyle (reste) l.m.

rest acétyl

Radical univalent de formule CH3-CO de très grande importance en biochimie et en pharmacologie.
C'est le terme de passage essentiel dans le métabolisme des lipides (par ex. l'acétylcoenzyme) et c'est un pont obligatoire entre celui-ci et le métabolisme des glucides.
De nombreuses substances exerçant une activité biologique ou des molécules à activité pharmacologique par ex. l'aspirine, sont inactivées par acétylation.

[C1,G3]

Édit. 2016

adduit n.m.

adduct

Substance d'origine étrangère qui s'attache à un composé de l'organisme par une liaison covalentielle.
Certaines substances s'attachent par ex. au glutathion. Plus spécialement, substance qui s'attache à un acide désoxyribonucléique. Il est possible de caractériser l'ensemble formé par cette substance étrangère et le nucléotide qui le porte après hydrolyse du polynucléotide. Par ex. certains carbures cancérigènes, comme l'acétylaminofluorène, ou certains pesticides peuvent être détectés sur l'ADN par une technique de marquage au 32P. La formation d'adduits à l'ADN est une étape de la formation d'une tumeur.

[C1,F2,Q1]

Édit. 2017

adsorption n.f.

adsorption

En biologie, fixation non spécifique de substances solubles, par ex. des protéines, à la surface de cellules ou de particules inertes, sans combinaison chimique ni dissolution.
Cette fixation non spécifique est utile en sérologie, par ex. un antigène peut être adsorbé à la surface d’hématies permettant ainsi sa détection par réaction d'agglutination avec l'anticorps spécifique de cet antigène.

Étym. lat. ad : près de ; sorbere, sorptium : boire

[B3, F3]

Édit. 2020

aérosol marqué l.m.

labelled aerosol, radioaerosol

Ensemble de très fines particules solides ou liquides, dispersées dans un gaz (le plus souvent de l'air), dans lesquelles est introduit un isotope radioactif, le marqueur.
Pour les examens cliniques chez l'Homme, le marqueur le plus utilisé est le Technétium 99m.
Selon le type d'étude réalisée après inhalation par le patient, on distingue :
- les aérosols inertes se déposant à l'intérieur des voies aériennes, de la trachée aux alvéoles, par impaction et diffusion. La taille habituelle des particules va de 0,5 à 10 microns. On réalise ainsi des scintigraphies de ventilation, analogues à celles que l'on obtiendrait à l'aide d'un gaz radioactif, particulièrement utiles pour le diagnostic de l'embolie pulmonaire.
- les aérosols de molécules en solutions, ne traversant pas la barrière pulmonaire, sont éliminés par les mouvements du mucus. Par scintigraphie pulmonaire dynamique, on peut mesurer la clairance mucociliaire bronchique de substances telles que le DTPA marqué au 99mTc. Celle-ci est modifiée chez le fumeur et dans de nombreuses affections respiratoires.
- enfin, le suivi de molécules médicamenteuses marquées, administrées en aérosol, permet d'étudier la cinétique de leur disparition pulmonaire et de leur passage sanguin (exemple : antibiotiques marqués). Ce procédé est peu employé.

scintigraphie pulmonaire par perfusion, scintigraphie pulmonaire par ventilation

[B1,B3,K1]

Édit. 2017

agence nationale du médicament vétérinaire l.f.

-gérer la pharmacovigilance vétérinaire,

-contrôler la publicité,procéder à l’évaluation des dossiers européens de limites maximales de résidus de substances rentrant dans la composition de médicaments vétérinaires destinés aux animaux producteurs de denrées alimentaires.
L’agence est placée sous la tutelle des ministres de l’Agriculture et de la Santé. Son directeur est nommé par arrêté de ces deux ministres.

Sigle ANMV

[D5,E1,E3,G3]

Édit. 2017

agent antiplaquettaire l.m.

antiplatelet agent

Agent inhibiteur des fonctions plaquettaires.
L'activation des plaquettes est une étape essentielle de la thrombogénèse artérielle. Les plaquettes adhèrent au sous-endothélium mis à nu par les lésions vasculaires, agrègent entre elles et libèrent de nombreuses substances présentes dans leurs granules (adénosine diphosphate ou ADP, sérotonine, etc.). Les plaquettes activées forment une surface catalytique très favorable au processus de coagulation.
Les antiplaquettaires s'opposent essentiellement à l'agrégation des plaquettes. Ils ont montré leur efficacité, in vivo, dans la prévention des récidives des accidents ischémiques cérébraux liés à l'athérome, diminuant l'incidence des accidents vasculaires cérébraux de 22%, celle des infarctus du myocarde de 30% et de l'ensemble AVC, infarctus du myocarde et mort vasculaire de 25%. Des agents antiplaquettaires sont efficaces dans cette indication : l'acide acétylsalicylique, la ticlopidine, le clopidrogel.

Étym. lat. agens, de agere : agir 

[F4,G3,G5]

Édit. 2017

agueusie n.f.

ageusia, ageustia, gustatory anesthesia

Perte de la fonction sensorielle du goût ou incapacité de reconnaître les saveurs.
On décrit aussi la cécité gustative, qui est l’absence héréditaire de sensibilité gustative partielle ou généralisée pour certaines substances.

Étym. gr. : priv ; gueusis : goût.

Syn. agueustie (désuet)

[H1 ]

Édit. 2017

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