bartholinite n.f.
bartholinitis
Infection de la glande vestibulaire majeure ou glande de Bartholin.
Aigüe, elle réalise un abcès qui associe des douleurs lancinantes et pulsatiles, unilatérales, siégeant à la vulve, irradiant vers la cuisse et la région inguinale, à une fièvre à 38°-39° oscillante et à une tuméfaction de la base de la grande lèvre, tendue, rouge, douloureuse, évoluant souvent vers la fistulisation spontanée.
Chronique, elle forme un kyste qui est le plus souvent un abcès refroidi et se présente comme une tuméfaction sensible ou indolore, parfois siège de poussées aigües.
Au stade inflammatoire, un traitement antibiotique peut être résolutif. Au stade d'abcès, l'évacuation chirurgicale est nécessaire. Au stade chronique, il faut faire l'exérèse de la glande.
→ abcès de la glande de Bartholin
Édit. 2017
basophilie n.f.
basophilia
propriété de certaines cellules ou de certains constituants cellulaires de se colorer par des colorants basiques, hématoxyline p. ex.
2) En hématologie :
basophilic leukocytosis
augmentation du nombre des polynucléaires basophiles circulants en valeur absolue, supérieure à 0,15. 109par litre.
Les causes de basophilies sont variées. Certaines sont physiologiques : ovulation, grossesse sauf à la fin, stress. D'autres sont pathologiques : myxœdème, rectocolite hémorragique, sinusite chronique, varicelle, injection de protéines étrangères. On peut aussi observer une basophilie dans les carences en fer, les cancers bronchiques, après splénectomie et surtout au cours des syndromes myéloprolifératifs et plus particulièrement dans la leucémie myéloïde chronique. Les dermatites de contact, dans lesquelles les IgE sont impliquées, sont infiltrées par des basophiles qui ne passent généralement pas dans le sang.
Édit. 2017
blastomycose chéloïdienne de Jorge Lobo l.f.
cheloid blastomycosis
Mycose cutanée chronique simulant le plus souvent des chéloïdes, dont l'agent responsable est Loboa loboi (autrefois Paracoccidioïdes lobo ou forme de Blastomyces brasiliensis), touchant l'homme et les dauphins, et dont la plupart des cas ont été décrits au Brésil mais aussi dans d'autres zones forestières d'Amérique centrale et du Sud.
Les adultes jeunes de sexe masculin exerçant des professions à l'extérieur sont les plus touchés. La maladie semble être contractée par inoculation traumatique. Les lésions restent limitées à la peau et sont presque toujours localisées dans les zones découvertes. Même si les aspects cliniques simulent le plus souvent des chéloïdes, fermes, brunes, indolores, parfois pédiculées, ils sont assez polymorphes, prenant aussi l'apparence de gommes, de placards nodulaires infiltrés, verruqueux ou ulcérés évoquant une lèpre nodulaire, une chromomycose ou un carcinome spinocellulaire. C’est une maladie essentiellement chronique avec conservation d’un état général satisfaisant
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de courtes chaînes d'éléments ronds, globuleux, avec une double paroi réfringente, réunis les uns aux autres par une sorte d'isthme, dans les squames recueillies par grattage ou à l'examen histologique d'une biopsie. Les antifongiques sont inactifs.
J. Lobo, dermatologue brésilien (1930)
Syn. lobomycose, maladie de Jorge Lobo
Édit. 2017
blépharite ciliaire l.f.
ciliary blepharitis
Inflammation aigüe ou chronique de la marge palpébrale.
On distingue la blépharite eczématiforme, désespérément chronique, avec une sensation de cuisson, de prurit, une hyperhémie du bord libre des paupières, des squames autour des cils, voire des croûtes jaunâtres, et la blépharite folliculaire, qui se caractérise par un bord palpébral rouge, douloureux, dont la pression fait sourdre une goutte de pus et par une évolution qui se fait vers la destruction du cil.
Les causes des blépharites sont nombreuses : vices de réfraction, irritation par manque d'hygiène, affections allergiques.
Parfois la blépharite peut être provoquée par une phtiriase ou une démodicidose.
Étym. gr. blépharon : paupière ; itis : inflammation
→ phtiriase, démodécidose, démodécie
Édit. 2017
botryomycome n.m.
granuloma pyogenicum, granuloma telangiectaticum, botryomycosis
Petite tumeur vasculaire, inflammatoire, bénigne, d’évolution chronique, très souvent pédiculée, indolore, succédant à une plaie, surtout au niveau des doigts ou de la plante des pieds.
D’aspect framboisé, rouge vif, saignant facilement, c’est une pyodermite végétante particulière, provoquée par une infection chronique à bactéries pyogènes, entretenue par des traumatismes répétés. L'examen histologique montre une prolifération capillaire dans un stroma inflammatoire. Le traitement consiste en sa destruction par électrocoagulation, nitratage ou chirurgie.
L'appellation botryomycome vient de la confusion faite en 1897 par ses découvreurs, Poncet et Dor, qui l'attribuèrent à une infection par l'agent pathogène du bourgeon de castration du cheval qu'ils pensaient être un champignon (Botryomyces).
Étym. gr. botrus : grappe de raisin ; mukês : champignon
Syn. granulome pyogénique, granulome télangiectasique, bourgeon charnu, botriomycome
Édit. 2017
Budd-Chiari (syndrome de) l.m.
Budd Chiari’s disease (or syndrome)
Entité anatomoclinique rare, consécutive à une obstruction des veines hépatiques, de leur abouchement dans la veine cave inférieure ou du segment terminal rétrohépatique de la veine cave inférieure, provoquant une hypertension portale.
Le syndrome de Budd Chiari est le plus souvent « primitif », ou peut être secondaire à une tumeur envahissant les veines sus-hépatiques (tumeur du foie, du rein, corticosurrénalome, myxome du cœur, léiomyosarcome de la veine cave).
L’affection peut être asymptomatique de découverte fortuite ou plus souvent aiguë ou chronique. La forme aigue se manifeste par une ischémie aigue transitoire conduisant à l’insuffisance hépatique. Il s’y associe une insuffisance rénale fonctionnelle très fréquente. La forme chronique se manifeste par une augmentation du volume du foie, des hépatalgies, de l’ascite.
L’échodoppler, l’IRM ou le scanner permettent le diagnostic. L’échodoppler visualise un matériel échogène dans une veine élargie, une sténose avec dilatation en amont, des dérivations veineuses et un foie hétérogène.
En cas de syndrome de Budd Chiari « primitif », il faut rechercher les facteurs prothrombotiques acquis ou héréditaires. Parmi les facteurs prothrombotiques acquis, le syndrome myéloprolifératif est présent chez 50% des patients; la difficulté est que l’hypersplénisme et l’hémodilution masquent les manifestations classiques du syndrome myéloprolifératif. La recherche de la mutation V617F du gène JAK2 (janus tyrosine kinase-2 gene) sur l’ADN des granuleux périphériques est la première étape diagnostique. Quand elle est négative, une biopsie médullaire pour rechercher des amas de mégacaryocytes dystrophiques est la deuxième étape.
Parmi les facteurs prothrombotiques acquis, citons hémoglobinurie paroxystique. Pour des raisons inconnues, la thrombose des veines sus hépatiques est une complication fréquente de cette maladie exceptionnelle. Le syndrome des antiphospholipides rend compte de 15 à 20 % des thromboses veineuses sus-hépatiques.
Parmi les facteurs prothrombotiques héréditaires, sont à rechercher la mutation du facteur V Leiden, présent chez environ 25 % des malades, la mutation G20210A du gène F2 de la prothrombine, la recherche de déficits en inhibiteurs de la coagulation : protéine C, protéine S, antithrombine. La difficulté est que la diminution de ces protéines, lorsqu’elle est constatée peut être génétique, mais ces protéines étant synthétisée par le foie, leur diminution peut être acquise et secondaire à la maladie. L’enquête familiale, quand elle est possible, est une aide au diagnostic.
Dans 25 % des cas plusieurs causes sont présentes.
Lorsqu’il existe un facteur hormonal favorisant est présent (grossesse, contraception orale), il existe habituellement une autre cause associée.
De nombreuses autres maladies ont été rapportées associées au syndrome de Budd Chiari parmi lesquelles la maladie de Behçet.
La première étape du traitement consiste à traiter la cause du syndrome de Budd Chiari. Lorsqu’il existe des facteurs de risque de thrombose, un traitement anticoagulant doit être institué et poursuivi à vie en l'absence de contre-indication. Le traitement de ces malades doit être confié à un centre hyperspécialisé. Un traitement habituel des éventuelles complications de l'hypertension portale est également mis en place selon les recommandations applicables à la cirrhose. Chez les malades symptomatiques ou l'ayant été, une sténose courte est systématiquement recherchée et traitée lorsqu'elle existe. Environ un mois après la mise en route de ces différentes thérapeutiques, une évaluation clinique, biologique, et radiologique est effectuée : en cas de persistance ou d'aggravation des symptômes, une dérivation porto-systémique par anastomose portocave transjugulaire (TIPS) est alors envisagée. En cas d'échec la dérivation, une transplantation est effectuée.
thrombophilie, protéine C, protéine S, antithrombine, syndrome des antiphospholipides, hémoglobinurie nocturne paroxystique, Behcet (maladie de), F2 gene
G. Budd, médecin britannique (1845), H. Chiari, anatomopathologiste autrichien (1899)
Syn. maladie de Chiari, thrombose des veines hépatiques
→ hypertension portale, syndrome myéloprolifératif, JAK2 gene, facteur V Leiden,
Édit. 2017
bursite n.f.
bursitis
Inflammation d'une bourse séreuse, aigüe (suppurée ou non) ou chronique.
Les plus fréquentes sont les bursites rétro-olécranienne, prérotulienne, rétrocalcanéenne. L'hygroma est une bursite superficielle ordinairement chronique et indolore en dehors des phénomènes congestifs ou inflammatoires.
Étym. lat. bursa poche, bourse ; ite : indique l’inflammation
→ hygroma
Édit. 2017
chéilite glandulaire l.f.
glandular cheilitis
Hyperplasie rare, souvent infectée, des glandes labiales accessoires qui siègent presque électivement à la lèvre inférieure.
On décrit trois formes cliniques :
- la chéilite glandulaire simple, ou cheilitis glandularis simplex, décrite par Puente et Acevedo, débute dans l'enfance et se traduit, sur la face muqueuse de la lèvre inférieure, par de petits orifices souvent entourés d'un halo blanchâtre d'où sourdent des gouttelettes de salive. La lèvre supérieure est parfois atteinte. La palpation donne l'impression de petits nodules ou grains de plomb. L'évolution est chronique, se compliquant parfois de suppuration. Une transformation carcinomateuse est à craindre ;
- la chéilite glandulaire apostémateuse de Volkmann est beaucoup plus rare. C'est une forme chronique, suppurée, profonde. La macrochéilite est permanente et douloureuse, recouverte de croutes adhérentes qui, enlevées, laissent voir des pertuis orificiels d’où sourd du pus. Une transformation carcinomateuse est à craindre. Le traitement est chirurgical ;
- la chéilite suppurée superficielle, ou cheilitis glandularis purulenta superficialis, décrite par Baelz et Unna, serait une forme atténuée. La lèvre inférieure, œdémateuse, douloureuse, est parsemée d'orifices recouverts de croutes impétiginisées. Le traitement repose sur l'antibiothérapie, parfois complétée par un traitement chirurgical.
J. Puente et A. Acevedo, dermatologistes argentins (1927) ; E. von Baelz, médecin interniste allemand (1890) ; P.G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1890) ; R. von Volkmann, chirurgien allemand (1870)
Étym. gr. apostèma : abcès, tumeur purulente
[N1,P3,D1]
cirrhose alcoolique l.f.
alcoholic cirrhosis
Cirrhose due à l'ingestion chronique excessive d'alcool éthylique en l'absence d'autre cause.
C'est la cause dominante des cirrhoses en France. L'origine alcoolique peut être affirmée sur les données de l'interrogatoire, l'existence éventuelle d'autres maladies liées à l'alcool (hypertrophie parotidienne, polynévrite, pancréatite chronique p. ex.), d'une macrocytose, d'une augmentation prédominante des ASAT sur les ALAT, d'une forte augmentation de la gamma-GT, d'une augmentation de l'IgA sérique, et sur des signes histologiques associés d'hépatite alcoolique. Le pronostic dépend de la sévérité de la maladie et de la poursuite de l'alcoolisme.
[L1]
cirrhose congestive l.f.
congestive cirrhosis
Cirrhose compliquant une stase veineuse sus-hépatique chronique.
Elle peut être due à une insuffisance cardiaque congestive chronique, une péricardite constrictive, un obstacle sur les veines hépatiques (syndrome de Budd-Chiari), ou une maladie des veinules hépatiques (maladie veino-occlusive).
Les symptômes de la maladie causale peuvent être au second plan, et les manifestations de la cirrhose prédominantes. L'ascite, quand elle existe, est souvent riche en protéines. Le diagnostic repose sur l'examen clinique, l'imagerie, l'examen histologique de la biopsie hépatique qui montre typiquement une congestion centrolobulaire et une fibrose veinoveineuse donnant un aspect de foie inversé, les espaces portes étant au centre des nodules. Le pronostic dépend avant tout de la curabilité de la cause.
[L1,K2]
complexe immun l.m.
immune complex
Combinaison d’un antigène et d’un anticorps spécifique, formé localement ou circulant, capable de fixer le complément.
Les complexes immuns peuvent être formés au sein des tissus ou des parois vasculaires. Ils peuvent être libérés dans la circulation sanguine et se déposer dans les zones de filtration telles que la membrane basale des glomérules rénaux.
Les multiples aspects des maladies des complexes immuns dépendent de la localisation des dépôts vasculaires ou de leur généralisation. Parfois les manifestations cutanées ou artérielles sont au premier plan. Souvent les lésions vasculaires s’étendent à différents viscères ou à tout l’organisme et entraînent des maladies très variées : glomérulonéphrites aiguës et chroniques, hépatite chronique active, cirrhose biliaire primitive, fibrose pulmonaire interstitielle diffuse, poumon éosinophilique, maladie du sérum, phénomène d’Arthus, lupus érythémateux aigu disséminé, sclérodermie, polyarthrite rhumatoïde, syndrome de Gougerot-Sjögren, purpura thrombopénique idiopathique, syndrome de Dressler, polychondrite atrophiante chronique, etc.
N. M. Arthus, physiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1903) ; H. Gougerot, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1925) ; H. S. C. Sjögren, ophtalmologiste suédois (1930) ; W. Dressler, médecin cardiologue américain (1956)
Syn. complexe antigène-anticorps
→ complément, maladie à complexes immuns
[F3]
cyphoscoliose n.f.
kyphoscoliosis
Déviation double à convexité postérieure et latérale de la colonne vertébrale, s'accompagnant toujours, dans les formes graves, d'une rotation des corps vertébraux entraînant une torsion et non une simple inclinaison latérale.
Il s’agit souvent d’une scoliose à courbure principale thoracique associée à une gibbosité importante.
Les formes graves s'observent chez l'enfant, ce sont les scolioses juvéniles. Leur évolution est d'autant plus grave que l'apparition se fait plus jeune à partir de 3 ans et peut conduire, en l'absence de traitement, à une insuffisance respiratoire chronique sévère, avec cœur pulmonaire chronique.
Étym. gr. kuphos ; courbé ; skolios : tortueux
[I2]
Darier (maladie de) l.f.
Darier's disease, keratosis follicularis, Darier-White's disease
Génodermatose autosomique dominante apparaissant après l'adolescence, d'évolution chronique presque indéfinie, faite de papules sèches cornées confluant en nappes verruqueuses d'aspect "crasseux" siégeant surtout dans les sillons rétroauriculaires, la gouttière vertébrale et la région présternale et parfois les grands plis où la macération entraine des suintements fétides ; il existe de plus des lésions verruciformes sur le dos des mains et une certaine diminution de la résistance aux infections bactériennes, mycosiques et surtout virales, particulièrement l'herpès, avec risque de pustulose de Kaposi-Juliusberg.
L'aspect histologique, caractéristique, montre des fentes intraépidermiques surtout suprabasales résultant d'une viciation de la maturation des kératinocytes, cette kératinisation anormale, car précoce et individuelle, correspondant à la dyskératose et aboutissant à la formation de "corps ronds" qui se transforment ensuite en "grains cornés". La localisation folliculaire n'est qu'occasionnelle. Une extension des lésions aux muqueuses, notamment buccale, oesophagienne et bronchique, est possible. Les formes bulleuses posent des problèmes de diagnostic et d'interprétation nosologique avec le pemphigus chronique bénin familial de Hailey-Hailey et avec la dermatose acantholytique de Grover.
Le gène de la maladie a été localisé sur le chromosome 12q23-24,1 ; à ce jour 140 mutations sur ce gène ont été identifiées : il s’agit du gène ATP2A2 codant pour la protéine SERCA 2, pompe à calcium ATP-ase dépendante, qui régule les taux intracellulaires aux mécanismes d’adhésion kératinocytaire ; cependant, le mécanisme exact des troubles de l’adhésion et de la différenciation kératinocytaires qu’induit cette mutation reste inconnu.
J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1889); J. C. White, dermatologue américain (1889, trois mois plus tard)
Syn. psorospermose folliculaire végétante (obs.), dyskératose folliculaire (obs.), keratosis follicularis (obs.)
débilité n.f.
weakness, debility
Etat d’une personne qui manque de force, qui présente une extrême faiblesse, ou qui présente une pauvreté, une faiblesse natives des facultés mentales.
La débilité du corps, la débilité de la vieillesse, la débilité de l’esprit.
Débilité constitutionnelle : faiblesse extrême de certains nouveau-nés, ordinairement prématurés, en raison d’une souffrance fœtale secondaire à une maladie aigüe ou chronique de la mère ; état de déficience chronique de l’organisme remontant à l’enfance.
Débilité intellectuelle : état d’arriération intellectuelle ou mentale de degré moindre que l’idiotie ou l’imbécillité.
Débilité mentale est parfois utilisé pour désigner la débilité intellectuelle ou encore pour qualifier une erreur de jugement quel que soit par ailleurs, le degré des acquisitions intellectuelles. Elle correspond à ce qu’on appelle dans le langage courant, la sottise, terme également employé pour débilité intellectuelle.
Débilité motrice ; ensemble des troubles moteurs comprenant l’exagération des réflexes tendineux, la perturbation de la réflectivité plantaire (signe de Babinski, signe de l’éventail, absence de réflexe), les syncinésies, la paratonie et la maladresse constitutionnelle. On l’observe souvent chez des sujets atteints de débilité intellectuelle, d’imbécillité ou d’idiotie.
Étym. lat. debilitas : faiblesse, infirmité
déférentite n.f.
deferentitis
Inflammation aigüe ou chronique d'un canal déférent.
Elle accompagne souvent une épididymite ou une prostatite. La déférentite chronique de la tuberculose ou de la bilharziose urogénitale a un aspect clinique particulier (déférent moniliforme).
Étym. lat. defero : je porte
dermatite actinique chronique l.f.
chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity, actinic reticuloid photosensitive eczema
Forme rare de photodermatose idiopathique, atteignant surtout l'homme de plus de 50 ans, caractérisée, sur le plan clinique, par une photosensibilité importante se manifestant par une éruption eczématiforme chronique, éventuellement associée à des papules et à des plaques infiltrées, prédominant sur les zones exposées à la lumière solaire, pouvant s'étendre aux zones couvertes et évoluer vers une érythrodermie obligeant les sujets à vivre reclus dans une chambre noire.
Sur le plan histologique, il existe un aspect à type d'eczéma avec un infiltrat inflammatoire lymphocytaire du derme superficiel à prédominance périvasculaire, une spongiose et une acanthose épidermique; dans les formes les plus importantes, l'infiltrat peut être pseudolymphomateux. L'exploration photobiologique montre un effondrement des doses érythémales minimales UBV et/ou UVA, une fréquente sensibilisation de contact aux lactones sesquiterpéniques présentes dans certaines plantes, aux métaux, et une fréquente photoallergie de contact aux phénothiazines, salicylanilides halogénés, musk ambrette. Actuellement, la photosensibilité rémanente, l'eczéma photosensible et le pseudolymphome actinique sont considérés comme des formes cliniques de la dermatite actinique chronique, et l'apparition d'un lymphome semble être plus une coïncidence qu'une complication de la photodermatose.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. photosensibilité rémanente, photo
diverticulite du côlon sigmoïde l.f.
diverticulitis of the sigmoidal colon
Complication inflammatoire et infectieuse de la maladie diverticulaire, survenant chez environ 10% des patients présentant une diverticulose du sigmoïde.
Les poussées aigües de sigmoïdite diverticulaire, encore appelée périsigmoïdite ou péridiverticulite, sont en rapport avec une contamination minime. Le diagnostic est clinique et radiologique, en particulier par le scanner qui met en évidence une atteinte de la graisse péricolique. Sous l’influence du traitement médical, la guérison est obtenue dans 75% des cas, avec cependant récidive dans près de la moitié d’entre eux. Les poussées successives a minima aboutissent à une diverticulite chronique.
L'abcès diverticulaire est la conséquence d'une perforation plutôt que de la diffusion d'une affection péridiverticulaire, à un stade plus généralisé de péritonite.
La diverticulite chronique, encore appelée forme pseudotumorale, succède à des poussées de péridiverticulite, aboutissant à l'épaississement de la paroi colique, à une obstruction partielle ou totale. Le traitement est chirurgical.
La diverticulite peut continuer d'évoluer et érodant les viscères adjacents, aboutir à la constitution de fistules diverticulaires faisant communiquer la lumière colique avec celle d'autres organes voisins (vessie, vagin, peau, voire intestin grêle ou utérus).
Étym. lat. diverticulum : chemin détourné
douleur (prise en charge globale de la) l.f.
multidiciplinary care of pain
Approche multimodale du traitement de la douleur chronique dans laquelle le médicament ne doit représenter qu’une partie de la thérapeutique.
J. Bonica créa la première « pain clinic » à Washington après la première guerre mondiale. En France, depuis la loi Neuwirth (1995), la prise en compte de la douleur est devenue un problème de société.
Appréhender la douleur chronique nécessite une prise en compte individualisée de ses composantes affectives, cognitives et comportementales, voire spirituelles, au-delà de la seule démarche étiologique somatique.
Dans ce but, trois types de structures pluridisciplinaires ont été définis par l'Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM) : consultations spécifiques, comportant au moins deux somaticiens de disciplines différentes et un médecin formé à la psychologie ; unités, disposant de lits d'hospitalisation et d'un plateau technique ; centres, avec une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Ces missions ont été reprises successivement par l’ANAS et l’HAS.
Le traitement initial vise à diminuer le symptôme douleur, à interrompre les cercles vicieux d'auto-entretien aux divers niveaux anatomiques (périphérique, médullaire, supramédullaire). Conjointement, le patient accède à une prise de conscience de ses réactions et comportements, de même qu'à leur meilleure maîtrise.
En dehors des mesures médicamenteuses, l'équipe peut faire appel à des blocs par les anesthésiques locaux (diagnostiques ou thérapeutiques), à diverses techniques physiques telles que la neurostimulation transcutanée, à la relaxation, aux thérapeutiques cognitivocomportementales et à diverses formes de psychothérapie.
Un placebo peut être efficace dans 30% des cas environ, probablement par la mise en œuvre d’endorphines.
Une suppression totale et constante de la douleur reste jusqu'à présent une utopie, mais son atténuation et un projet réadaptatif, si possible contractuel avec le patient et son entourage, peuvent être au moins mis en œuvre. Ainsi est évité également le "vagabondage médical", souvent préjudiciable au patient et source de "bilans" étiologiques redondants et coûteux.
J. Bonica, médecin anesthésiologiste américain (1917-1994)
Étym. lat. dolor : douleur
dyspareunie profonde l.f.
deep dyspareunia
Variété de dyspareunie secondaire à la pression exercée par la verge sur le cul-de-sac vaginal postérieur.
Elle est très souvent provoquée par une infection annexielle ou une inflammation pelvienne chronique, une paramétrite chronique, parfois par une endométriose péritonéale, plus rarement par une tumeur ovarienne ou fibromateuse enclavée dans le cul-de-sac de Douglas ou encore une rétroversion utérine fixée par un processus inflammatoire.
Étym. gr. dus : difficulté ; pareunos : compagnon de lit
Syn. dyspareunie balistique
effluvium télogène l.m.
telogen alopecia
Chute de cheveux en phase télogène (période d’involution), diffuse et homogène, excessive, pathologique, aigüe ou chronique.
Sous l'effet d'une cause déclenchante, en nombre élevé les follicules pileux entrent prématurément et de façon synchrone en phase catagène puis en phase télogène; une chute excessive de cheveux est observée deux à trois mois plus tard, conduisant à une alopécie diffuse mais réversible après l'arrêt de l'effluvium. Les causes d'un effluvium télogène aigu sont variées : choc psychologique ou émotionnel, intervention chirurgicale, fièvre élevée et prolongée, anémie aigüe ou chronique, accouchement, prise de certains médicaments, etc.
Étym. lat. effluvium : écoulement
→ cycle pilaire, phase télogène, phase catagène, alopécie
[J1]
Édit. 2019
endométrite n.f.
endometritis
Infection aigüe ou chronique de la muqueuse utérine ou inflammation de cette muqueuse.
Le terme se réfère en général aux endométrites aigües. L’existence d’endométrite chronique reste discutée.
[O3,D1]
Édit. 2018
entéropathie exsudative l.f.
protein losing enteropathy
Perte excessive de protéines plasmatiques dans le tube digestif, manifestée par une diarrhée chronique et un syndrome œdémateux qui peut être due à un obstacle au drainage lymphatique intestinal ou à une altération de la barrière épithéliale.
A la diarrhée chronique et aux œdèmes, peuvent s’associer un lymphœdème, des complications infectieuses secondaires à une lymphopénie ou à une hypogammaglobulinémie et des complications thromboemboliques.Le diagnostic repose sur la mesure de la clairance fécale de l’alpha1-antitrypsine. Parmi les causes lymphatiques, figure la lymphangiectasie intestinale primitive ou maladie de Waldmann, plus souvent secondaire par obstacle sur le trajet lymphatique, par exemple l’hyperpression veineuse centrale en rapport avec une péricardite constrictive, un lymphome abdominal etc. Les causes épithéliales entraînant une altération de la perméabilité intestinale sont nombreuses, avec ou sans ulcérations. Le diagnostic nécessite des examens endoscopiques et d’imagerie qui permettent de confirmer l’origine de la fuite protéique, d’en évaluer l’étendue et la cause.
→ lymphangiectasies intestinales primitives, Maladie de Waldmann, antitrypsine (clairance)
[L1]
Édit. 2020
Fuchs (syndrome de) l.f.
Fuchs syndrome
Dystrophie endothéliale qui se traduit par l’existence d’un œdème chronique et symptomatique de la cornée.
Elle est liée à la présence d’excroissances de tissu collagène appelées « gouttes » (cornea guttata) au niveau de l’endothélium et de la membrane de Descemet. Ces « gouttes » donnent à la face postérieure de la cornée un aspect martelé . Leur présence implique la diminution progressive du nombre de cellules endothéliales de la cornée, chargées de maintenir dans un état relativement déshydraté le tissu cornéen.
A partir d’une certaine réduction de la densité des cellules endothéliales, on observe l’apparition d’un oedème chronique de la cornée, entraînant la baisse de l’acuité visuelle par réduction progressive de la transparence cornéenne.
E. Fuchs par un ophtalmologiste Autrichien, (1910)
Syn. endothélio-Descemétite de Fuchs
[P2]
Édit. 2020
Gougerot-Sjögren (syndrome de) l.m.
Gougerot-Sjögren’s syndrome, Gougerot-Houwer-Sjögren’s syndrome, Sjögren’s syndrome
Maladie autoimmune marquée cliniquement par un assèchement progressif des muqueuses, surtout buccales, mais aussi respiratoires, digestives, génitales etc., ainsi que par des conjonctivites et caractérisé histologiquement par une infiltration lymphoplasmocytaire et une dégénérescence progressive des glandes exocrines.
L’affection à prédominance féminine – rapport H/F de 9/1 – a un pic d’incidence à 50 ans. La caractéristique de la maladie est d’être une pathologie des glandes exocrines responsable de la sécheresse de la bouche et des conjonctives oculaires, ainsi que d’une importante adynamie et de douleurs articulaires. L'atrophie des glandes salivaires et lacrymales est à l'origine d'un syndrome sec (Sicca syndrome) associant au moins une xérostomie et une xérophtalmie attestée par le test de Schirmer. Il existe une infiltration lympho-plasmocytaire des glandes salivaires et lacrymales associée à des lésions canalaires et à une sclérose interstitielle.
D’évolution chronique, le syndrome de Gougerot-Sjögren peut aussi comporter des atteintes musculaires, cardiovasculaires rénales (tubulopathie), biliaires, neuropsychiatriques, etc.. Surtout, il peut coexister avec des maladies systémiques et auto-immunes telles que polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, vascularites, dermatopolymyosites, connectivite mixte (on a d’ailleurs parlé pour lui de véritable « carrefour des connectivites »), hépatite chronique active, cirrhose biliaire primitive, thyroïdite.
Le risque de lymphome malin B est de 15 à 20 fois plus élevé que dans une population normale du même âge : les formes histologiques habituelles sont des lymphomes de faible degré de malignité et de la zone marginale. Leur localisation préférentielle porte sur les organes dans lesquels l’affection est active à savoir les glandes parotides et le tube digestif. Les anomalies immunitaires y sont constantes: facteurs rhumatoïdes présents dans près de 100% des cas même en l’absence de polyarthrite rhumatoïde, hypergammaglobulinémie, cryoglobulinémie, anticorps antinucléaires, dont les anticorps anti-Ro (ou anti-SS-A) et anti-La (ou anti-SS-B).
H. Gougerot, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1926), H. Sjögren, ophtalmologiste suédois (1933) ; X. Mariette, médecin rhumatologue français et Lindsay A. Criswell, médecin rhumatologue américaine (2018)
Syn. syndrome de Sjögren, syndrome sec, syndrome de l’œil sec, kérato-conjonctivite sèche, syndrome arthro-oculo-salivaire
→ Schirmer (test de), connectivite, syndrome sec, de Godwin (lésion lymphoépithéliale bénigne de) syndrome sec xérostomie xérophtalmie néphropathie tubulaire chronique polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, vascularite, dermatopolymyosite, connectivite mixte hépatite chronique active, cirrhose biliaire primitive, thyroïdite, lymphome malin B, facteurs rhumatoïde, cryoglobulinémie, anticorps anti-SS-A, anticorps anti-SS-B
[N3,I1,P2,P3,F1]
Édit. 2018
hémodialyse et troubles psychiques l.f.p.
hemodialysis and psychical disorders
Manifestations fréquentes malgré les progrès techniques qui ont amélioré les conditions d’existence des patients soumis à une hémodialyse chronique de suppléance pour pallier le déficit total des fonctions rénales.
Les contraintes répétitives, les règles diététiques, l’asthénie chronique, les conséquences socioprofessionnelles, familiales, conjugales et sexuelles peuvent être à l’origine d’états dépressifs, d’anxiété et parfois de conduites suicidaires actives ou passives, par abandon de traitement.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
→ hémodialyse chronique de suppléance
[M1,H3]