phobique (névrose) l.f.
phobic neurosis
État névrotique caractérisé par la triade : phobie(s), conduites phobiques, personnalité anxieuse ou évitante, dite classiquement phobique.
S. Freud, en 1895, attribua l'anxiété phobique au déplacement et à la fixation de l'angoisse d'origine conflictuelle sur un "alibi" symbolique constitué par un objet ou une situation phobique. Les comportementalistes retiennent une réaction de peur conditionnée.
Courante dans l'enfance, disparaissant souvent spontanément, la névrose phobique peut aussi débuter vers l'âge de 20 ans. Sa clinique est dominée par l'association d'angoisse élective incoercible, évitement, essai de réassurance par un objet contraphobique et conscience du caractère irrationnel des troubles.
Souvent relativement bénigne, elle est parfois invalidante.
Selon les cas, seront envisagés : psychothérapies de soutien, comportementales (immersion) dans les phobies isolées, ou psychanalytiques dans les formes majeures et fixées ; chimiothérapies surtout anxiolytiques ou par des antidépresseurs, ceux-ci notamment dans les agoraphobies avec attaques de panique, les crises d'angoisse et les dépressions secondaires.
Étym. gr. phobos : crainte
Syn. états névrotiques anxieux et phobiques, troubles anxieux phobiques
polyalgique idiopathique diffus (syndrome) l.m.
idiopathic diffuse polyalgic syndrome, fibrositis
Syndrome algique prolongé mais bénin de l'appareil musculo-squelettique, de topographie souvent proche des ceintures scapulaire et pelvienne, accompagné de points douloureux multiples mais fixes à la pression, rencontré préférentiellement chez la femme d'âge moyen.
Les investigations complémentaires sont négatives. Par contre, des troubles du sommeil le plus souvent sans signes classiques d'insomnie mais à type prévalent de pathologie du réveil avec des algies musculo-articulaires, et l'absence d'effet réparateur diurne, sont relevés, ainsi que des anomalies EEG du sommeil lent. À côté de cette forme classique, sont rencontrées des formes anxieuses et/ou dépressives.
Les antidépresseurs, surtout ceux qui augmentent le sommeil lent profond, sont au centre du traitement par leur action associée sur les algies et la dimension psychique éventuelle.
Syn. fibromyalgie, fibromyosite ou fibrosite, poly-enthésopathie, fibromyalgie primitive, syndrome polyalgique idiopathique diffus
psychoanaleptique n.f.
psychoanaleptic, mental stimulant
Substance qui élève le "tonus psychologique" au sens de P. Janet.
Dans cette classe de stimulants psychiques, J.Delay et P. Deniker ont distingué :
- les noo-analeptiques qui stimulent la vigilance : les substances amphétaminiques et apparentés sont les plus puissantes,
- les antidépresseurs qui redressent l'humeur dépressive : l'imipramine en est le plus ancien (découvert en 1957) ;
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957) ; P. Janet , neurologue et psychologue français (1903)
→ psychotropes, noo-analeptiques, antidépresseurs, amphétamine, imipramine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
psychotropes n.m.p
psychotropic agents
Médicaments dont l'effet principal s'exerce sur les fonctions psychiques et le comportement.
La classification de J.Delay et P. Deniker toujours en vigueur différencie :
1) les psycholeptiques ayant en commun d'exercer une action freinatrice :
- les nooleptiques abaissent la vigilance et facilitent ou induisent le sommeil : les barbituriques ont été les premiers somnifères aujourd'hui remplacés par des dérivés de type benzodiazépinique,
- les tranquillisants ou anxiolytiques qui réduisent les symptômes anxieux : cette catégorie est surtout représentée par les benzodiazépines (diazépam et ses dérivés),
- les neuroleptiques réduisent les symptômes psychotiques: la chlorpromazine a été le premier de ces médicaments désormais plus volontiers appelés antipsychotiques ;
2) les psycho-analeptiques produisant un effet d'activation:
- les noo-analeptiques stimulent la vigilance : les substances amphétaminiques et apparentés sont les plus puissantes,
- les antidépresseurs redressent l'humeur dépressive : l'imipramine en est le plus ancien (découvert en 1957) ;
3) les psycho-iso-leptiques ou thymorégulateurs qui préviennent les récidives de la maladie bipolaire : les sels de lithium de en sont les chefs de file.
A ces 3 catégories d'agents psychotropes il faut ajouter les psychodysleptiques (perturbateurs du fonctionnement psychique et du comportement) exceptionnellement utilisés à des fins thérapeutiques (comme antalgiques): dérivés du cannabis, kétamine, champignons hallucinogènes, acide lysergique.
Diverses molécules ne sont pas classées parmi les psychotropes malgré leurs effets psychocomportementaux parce que ceux-ci sont considérés comme secondaires : c’est notamment le cas des hormonothérapies (thyroïdienne, corticoïdes, œstrogènes), des immunothérapies et de certaines antibiothérapies.
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)
→ neuroleptiques, thymorégulateur, barbituriques, benzodiazépine, diazépam, imipramine, lithium, cannabis, kétamine, acide lysergique, amphétamine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
psychotropes et électroencéphalogramme l.m.p.
psychotropes and electroencephalogram
Technique qui peut être utilisée pour la surveillance de la tolérance des psychotropes.
Des altérations du tracé EEG ont été décrites avec des psychotropes "synchronisants" (psycholeptiques : sédation du comportement) ou "désynchronisants" (psychoanaleptiques : excitation pychomotrice, hypervigilance, et psychodysleptiques : illusions, hallucinations).
Les neuroleptiques ralentissent la fréquence du rythme de base de 1 à 2 cycles/s., sans modifier l'amplitude. Les tranquillisants (anxiolytiques) surchargent les tracés en rythmes rapides, plus amples et plus diffus que ceux des barbituriques. Les antidépresseurs tricycliques donnent des tracés pointus, sensibles à la stimulation lumineuse intermittente, de type irritatif.
psychotropes (taux plasmatique des) l.m.
psychotropes and plasma level
Dosage d'un psychotrope dans le plasma pour surveiller un traitement médicamenteux.
Il n'existe pas de corrélation stricte entre la posologie, le taux plasmatique et l'efficacité clinique pour la plupart des neuroleptiques. En revanche, le taux plasmatique des antidépresseurs serait plus souvent corrélé à l'efficacité clinique et aux effets secondaires.
Le dosage du lithium est d'une grande nécessité en pratique, du fait de l'excellente corrélation taux plasmatique/efficacité clinique et de la proximité entre taux thérapeutique et taux toxique.
ralentissement psychomoteur l.m.
psychomotor slowing down
Diminution globale en intensité et rapidité, surtout gestuelle (bradykinésie), verbale (bradyphémie), mentale (flux idéique, association des idées, évocation mnésique : bradypsychie) et de l'expression faciale (hypomimie, amimie).
Souvent qualifié d'inhibition, ce ralentissement est considéré comme fondamental, avec la tristesse, dans les états dépressifs (D. Widlöcher et coll). Une échelle est utilisée notamment lors d'essais thérapeutiques d'antidépresseurs.
L'akinésie parkinsonienne, l'aspontanéité de certains syndromes frontaux peuvent prendre un aspect pseudodépressif.
Ce trouble peut en fait s'observer à des degrés et dans des conditions divers, p. ex. dans la confusion mentale ou au cours de certains affaiblissements intellectuels progressifs.
D. J. Widlöcher, psychiatre français (1983)
→ bradykinésie, bradyphémie, bradypsychie, amimie, hypomimie
référence médicale opposable en psychiatrie l.f.
- des hypnotiques et anxiolytiques, qui doit notamment éviter d'associer deux anxiolytiques ou deux hypnotiques et observer les durées de prescription maximales réglementaires ;
- des neuroleptiques, en s'abstenant p. ex. d'utiliser des correcteurs anticholinergiques et d'associer deux neuroleptiques dans le traitement d'entretien sauf indication précise et sous réserve de réévaluation périodique ;
- du traitement d'entretien par le lithium, lequel, en particulier, sera entrepris seulement chez les patients bipolaires ou unipolaires et schizo-affectifs ;
- des antidépresseurs, qui ne sont qu'un aspect de la prise en charge du patient, ni ne devront être associés systématiquement, en début de traitement, à un anxiolytique, un hypnotique, un thymorégulateur, et ne seront pas poursuivis plus de six mois après rémission complète, sauf en cas d'antécédents.
→ référence médicale opposable
Schwartz-Bartter (syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH de) l.m.
Schwartz-Bartter’s syndrome
Syndrome le plus souvent paranéoplasique caractérisé par une sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique (ADH) entraînant une hyponatrémie grave, secondaire à une élimination urinaire excessive de sodium.
La conséquence est une hyperhydratation intra-cellulaire qui provoque des manifestations progressives digestives (anorexie, état nauséeux, vomissements) ou neuropsychiques (agitation, irritabilité, convulsions, coma), mais pas d’oedèmes. Le diagnostic se fait essentiellement par les examens biologiques : abaissement de la natrémie et de l’osmolarité plasmatiques, tandis que la natriurèse et l’osmolarité urinaire sont élevées.
Les causes en sont nombreuses :
- tumeurs néoplasiques sécrétrices d'ADH : cancer bronchique à petites cellules (cause la plus fréquente), carcinomes pancréatique et duodénal, lymphome, thymome;
- maladies pulmonaires non tumorales : tuberculose, abcès du poumon, pneumopathie virale, empyème, syndrome obstructif chronique ;
- maladies du système nerveux central : fracture du crâne, hématome sous-dural, hémorragie sous-arachnoïdienne, thrombose vasculaire cérébrale, atrophie cérébrale, encéphalite aigüe, méningite tuberculeuse, méningite purulente ;
- prise de médicaments : chlorpropamide, vincristine, vinblastine, cyclophosphamide, carbamazépine, oxytocine, antidépresseurs tricycliques, parfois anesthésiques généraux ;
- hypothyroïdie, ventilation sous pression positive.
Le traitement étiologique doit être mis en œuvre dès que possible ; en attendant son effet, la restriction hydrique est impérative.
W. B. Schwartz, médecin cardiologue américain, F. Bartter, médecin endocrinologue américain (1957)
Sigle : SIADH (syndrome de Sécrétion Inappropriée d’ADH)
→ natrémie, encéphalopathies hypo- et hyperosmolaires, vasopressine
sérotonine n.f.
serotonin
5-hydroxytryptamine, monoamine biosynthétisée à partir du tryptophane par hydroxylation et décarboxylation, existant en forte concentration dans les cellules chromaffines du tube digestif, dans les neurones du système nerveux central et dans les plaquettes.
La sérotonine est métabolisée par la monoamine-oxydase et par une aldéhyde-déshydrogénase. Une partie de la sérotonine est recaptée par les neurones sérotoninergiques et les plaquettes.
La sérotonine est un médiateur ubiquitaire qui intervient dans la régulation de nombreuses fonctions naturelles : alternance de la veille et du sommeil, appêtit et prise alimentaire, régulation de la fonction cardiovasculaire, perception de la douleur, température corporelle, libido, vigilance et mémoire, capacité d'apprentissage.
La sérotonine libérée par les plaquettes est un médiateur de l'agrégation plaquettaire. Elle peut être dosée dans le sang et dans l’urine par chromatographie liquide haute performance.
Il existe au moins 7 types de récepteurs différents et de très nombreux soustypes, de 5-HT1 à 5-HT7, dont la structure est précisée par la biologie moléculaire.
Les pharmacologues ont synthétisé des médicaments agonistes et antagonistes qui sont indiqués dans les situations suivantes :
- agoniste partiel du récepteur 5-HT1A : dépression, anxiété ;
- agoniste du récepteur 5-HT1D : migraine (sumatriptan) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT3 : nausées et vomissements (ondansétron) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT4 : troubles de la motricité gastro-intestinale (aisapride) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT2A : vasodilatateur (kétansérine).
Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont des médicaments antidépresseurs efficaces.
Syn. entéramine, hydroxytryptamine
Abrév. 5-HT
→ carcinoïde (syndrome), syndrome sérotoninergique
suicide (neurochimie du) l.f.
neurochemistry of suicide
1. Une hyposérotoninergie et une hyperactivation de l'axe cortisolique sont incriminées dans le risque suicidaire chez les dépressifs.
Un taux faible de 5-HIAA, catabolite de la sérotonine, reflèterait une fragilité accrue vis-à-vis des situations éprouvantes. L'activation de l'axe cortisolique pourrait indiquer l'intensité des réactions émotionnelles. Plus généralement, il existerait un lien entre suicide, impulsivité, agressivité d'une part et, d'autre part, un dysfonctionnement monoaminergique au long cours, provoqué et entretenu par des circonstances adverses.
2. Des polémiques ont accompagné le risque suicidaire attribué à certains antidépresseurs par levée de l'inhibition psychomotrice.
ll est vrai qu'une aggravation initiale peut être provoquée par une indication inappropriée concernant le spectre, en particulier sédatif ou stimulant, de l'antidépresseur.
Marie Åsberg, psychiatre suédoise (1976)
Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper
[→ suicide,5 hydroxyindole,acétique (acide de) 5,HIAA]
syndrome malin des neuroleptiques l.m.
neuroleptic malignant syndrome
Accident médicamenteux exceptionnel ((0,07 à 0,1%) mais qui comporte un pronostic grave avec 25% de mortalité ; il provoque des troubles neuromusculaires et généraux susceptibles de survenir après administration de neuroleptiques ou de produits apparentés (phénothiazines, thioxantènes, butyrophénones, sels de lithium, antidépresseurs, etc.).
Pour ce diagnostic, trois critères sont nécessaires : la fièvre élevée, supérieure à 38°, d'augmentation rapide, avec troubles de la conscience et apparition précoce d'un syndrome extrapyramidal ; la prise de neuroleptiques ; l'absence de toute autre cause d'état fébrile.
Après une phase initiale fébrile, la période d'état associe une forte hyperthermie (plus de 40°C), des syndromes neuropsychiques avec coma, des signes extrapyramidaux avec hypertonie, et neurovégétatifs avec tachycardie, tachypnée, une sudation accrue et une hypersialorrhée.
Il peut également exister une détresse respiratoire avec rhabdomyolyse (la présence d'une augmentation des enzymes musculaires serait constante) et insuffisance rénale aigüe. On peut voir des formes mineures purement fébriles.
Tous les neuroleptiques peuvent provoquer un syndrome malin, en particulier ceux des familles des phénothiazines pipérazinées (fluphénazine, thiopropérazine) et des butyrophénones (halopéridol, triflupéridol). L'administration et la posologie ont été le plus souvent habituelles ; la durée du traitement ne semble pas jouer. La pathogénie dépend du blocage des récepteurs dopaminergiques centraux et de perturbations des mouvements du Ca dans le réticulum endoplasmique (déséquilibre entre les entrées et les sorties).
Le traitement associe antipyrétiques, antiparkinsoniens, myorelaxants et surtout du dantrolène (2,5 mg/kg).
→ dantrolène, hyperthermie maligne, coup de chaleur
[G3,G4,G5,H1]
Édit. 2017
thymorégulateur n.m.
Catégorie de médicaments psychotropes capables de prévenir les récurrences des maladies bipolaires (alternance d'épisodes euphoriques dits maniaques et d'épisodes dépressifs) et des dépressions unipolaires récidivantes (maladies unipolaires).
Les sels de lithium ont été les premiers à apporter la preuve de leur efficacité pour réduire l'intensité et/ou la fréquence et/ou la durée des phases maniaques et dépressives de la maladie bipolaire à la condition d'une lithiémie égale ou supérieure à 0,4 mMol/l. On considère lithio-répondeurs les cas dans lesquels est observé un effet sur l'un des 3 paramètres : intensité, fréquence, durée des épisodes de la maladie. Le délai de survenue de cette action prophylactique se compte en mois. La prévention des phases dépressives de la maladie unipolaire par les sels de lithium est moins bien documentée.
Plusieurs médicaments anticonvulsivants ont également démontré une action thymorégulatrice : carbamazépine, acide valproïque, lamotrigine. La lamotrigine est davantage efficace pour la prévention des épisodes dépressifs.
Les médicaments antipsychotiques de seconde génération (olanzapine, aripiprazole, rispéridone...) sont indiqués dans la prévention des récidives maniaques et/ou dépressives du trouble bipolaire. La quétiapine appartient à cette catégorie de médicaments : elle a la spécificité d'être indiquée pour le traitement de l'épisode dépressif survenant dans le cadre d'une maladie bipolaire.
Certains médicaments antidépresseurs (fluoxétine, venlafaxine) prescrits au long cours (au-delà du moment de l'épisode dépressif aigu) ont montré une action thymorégulatrice dans les cas de dépressions unipolaires récidivantes.
Dans des cas extrêmes le recours à des séances mensuelles d'électro-convulsivothérapie peut être un régulateur de l'humeur prévenant la survenue d'un nouvel accès maniaque ou dépressif.
→ maladie bipolaire, psychotropes, lithium, carbamazépine, acide valproïque, lamotrigine, olanzapine, aripiprazole, rispéridone, quétiapine, fluoxétine, venlafaxine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
tremblement d'attitude l.m.
postural tremor
Type de tremblement le plus commun, d'amplitude faible, parfois asymétrique, apparaissant lors du maintien actif d'une attitude, accentué par les émotions et cédant avec le mouvement et le relâchement musculaire.
Confirmé p. ex. dans le maintien de la main et des bras tendus, il peut devenir gênant et s'accompagner d'altérations de la voix, dues au tremblement des cordes vocales. Parfois observé au cours d'une neuropathie périphérique ou déclenché par des antidépresseurs ou les sels de lithium, il reste sans cause décelable dans sa grande majorité. On parle alors de tremblement essentiel. L'association de celui-ci à une dystonie d'attitude est possible. Une exagération du tremblement physiologique est discutée, malgré l'asymétrie du tremblement essentiel. De plus, la fréquence de la maladie de Parkinson dans cette population est supérieure à celle de la population globale.
Dans cette affection, des doses modérées d'alcool, des sédatifs, barbituriques ou
Syn. tremblement postural
trouble panique l.m.
panic disorder
Trouble anxieux caractérisé par la répétition de plusieurs attaques de panique mensuelles au cours d’une période de plusieurs mois.
La prévalence pendant une vie entière est estimée 2 à 3% avec une légère prédominance féminine. L'évolution spontanée se fait vers la chronicité dans 80% des cas.
Les attaques de panique (ou crises d'angoisse aigüe) associent des symptômes psychiques (sensation de mort imminente, peur sans objet amplification péjorative des stimuli), comportementaux (agitation ou au contraire inhibition) et neurovégétatifs (tachycardie, sueurs, sensation d'oppression thoracique, trouble du transit digestif...). Elles durent 20 à 120 minutes. Aucun facteur déclenchant de nature psychologique n'est clairement identifiable (on dit volontiers que ces crises sont "bêtes".
Il faut éliminer une cause toxique (abus de café, prise de cannabis, d’amphétamine...) ou somatique (dysthyroïdie, hypoglycémie, épilepsie temporale, cardiopathie..).
Le trouble panique est proche du syndrome d'hyperventilation dans ses aspects cliniques et physiopathologiques : chez ces malades l'hyperventilation entraîne une attaque de panique dans 70% des cas.
Les possibles complications sont le suicide, les conduites addictives, les troubles dépressifs.
Le traitement est médicamenteux avec de petites posologies de certains antidépresseurs (imipramine, clomipramine, fluoxétine...) associé à un soutien psychologique et à une hygiène de vie (suppression de la caféine et des psychostimulants, gestion du stress..). Les psychothérapies de type psychodynamique ne sont pas conseillées.
Étym. gr. panikos : terreur causée par le dieu Pan qui, faisant résonner longuement le tonnerre dans les vallées profondes du Pélion, épouvantait les bergers en leur faisant craindre la reprise de la gigantomachie.
→ cannabis, amphétamine, imipramine, fluoxétine, clomipramine
[H3,G5]
Édit. 2017
xérostomie en psychiatrie l.f.
xerostomia in psychiatry
Sensation plus ou moins accentuée de sécheresse de la bouche.
Elle se rencontre chez les dépressifs, mais est surtout provoquée par certains neuroleptiques et principalement par les antidépresseurs, du fait de leurs effets anticholinergiques. Dans les chimiothérapies au long cours, une surveillance stomatologique régulière et une correction de l'hyposialie sont indispensables pour prévenir les candidoses rebelles et les délabrements dentaires.
Étym. gr. xeros : sec, et stoma : bouche
Syn. hypo-, aptyalisme, et hypo-, asialie
[H3,G5]
aménorrhée-galactorrhée (syndrome) l.m.
amenorrhea-galactorrhea syndrome
Absence de règles associée à un écoulement lacté par le mamelon.
L’aménorrhée est presque constamment secondaire, exceptionnellement primaire chez une jeune femme ayant acquis un développement pubertaire. Elle peut faire suite à une oligo- ou une hypoménorrhée, ou être précédée par une phase d’infertilité par anovulation.
La galactorrhée est typiquement bilatérale, multicanalaire, souvent spontanée, ou détectée par la pression mammaire. Une simple colostrorrhée est parfois observée, de moindre valeur diagnostique.
Cette situation coïncide le plus souvent avec des altérations de la libido.
Le syndrome aménorrhée-galactorrhée est d’abord suggestif d’une hyperprolactinémie qu’authentifie la mesure de la prolactine (valeurs usuelles = 2-20 ng/mL), typiquement après un prélèvement effectué à jeun, en situation de quiétude. Une hyperprolactinémie modérée (de 20 à 150 ng/mL) peut être de cause tumorale (microprolactinome d’un diamètre < 1 cm), ou fonctionnelle d’origine médicamenteuse (neuroleptiques, antidépresseurs, antiémétiques, opiacés notamment) ou liée à la déconnection du frein qu’exerce physiologiquement l’hypothalamus sur la production hypophysaire de prolactine (tumeurs ou infiltrations hypothalamiques, pathologie de la tige pituitaire, tumeurs hypophysaires non prolactiniques ou de la base du crâne, hypophysites, arachnoidocèles intrasellaires…). Une hyperprolactinémie plus franche (> 150 ng/mL) est pratiquement toujours liée à une tumeur prolactinique et même à un macroprolactinome (diamètre > 1 cm) lorsque le taux de la prolactine excède largement 200 ng/mL et atteint jusqu’à plus de 1 000 ng/mL. La nature tumorale de l’hyperprolactinémie est authentifiée par l’exploration en IRM de la région hypothalamo-hypophysaire. La majorité des tumeurs prolactiniques sont maintenant traitées médicalement par les agonistes dopaminergique (surtout la cabergoline).
En dehors de l’hyperprolactinisme, le syndrome aménorrhée-galactorrhée peut être observé au cours de l’hypothyroïdie de la femme jeune. La galactorrhée s’explique d’une part par l’action lactotrope de la TSH, d’autre part par l’accroissement modérée du taux de la prolactine (< 150 ng/mL) qu’expliquent les modifications du tonus dopaminergique de l’hypothalamus, imputables à la carence en hormone thyroïdienne. Un accroissement pseudotumoral du volume hypophysaire lié à l’hyperplasie des secteurs thyrotrope et prolactinique de l’antéhypophyse, est possible. La disparition de l’ensemble des signes cliniques, biologiques et morphologiques est obtenue avec l’hormonothérapie thyroïdienne substitutive.
Le syndrome aménorrhée-galactorrhée est possible enfin au cours de l’acromégalie évolutive. En effet l’excès d‘hormone de croissance constitue aussi un facteur de lactogénèse, tandis que l’aménorrhée est en liaison avec une altération lésionnelle du secteur gonadotrope que crée le développement de la tumeur somatotrope.
Les termes de syndromes de Chiari-Frommel ou d’Argonz-del Castillo qui désignaient les aménorrhées-galactorrhées prolongées, observées respectivement au décours du postpartum ou en dehors de la grossesse, à une époque où était ignorée la production hypophysaire de prolactine, sont désuets et n’ont plus lieu d’être utilisés. Il en de même pour la dénomination éponyme de syndrome de Forbes-Albright, concernant des tumeurs hypophysaires accompagnées d’aménorrhée et de galactorrhée.
→ prolactine, prolactinome, syndrome de Chiari-Frommel, syndrome d'Argonz-Del Castillo, syndrome de Forbes-Albright, aménorrhée, galactorrhée, colostrorrhée, libido, neuroleptique, antidépresseur, antiémétique, opiacé, agoniste dopaminergique, cabergoline
[G3,G5,O3,O4,O5]
Édit. 2018
électrochoc ( indications) l.m.p.
Cette modalité de stimulation électrique cérébrale à travers le scalp, pratiquée sous brève anesthésie générale et curarisation, est indiquée dans deux types de troubles psychiatriques : urgence vitale et résistance aux thérapies notamment médicamenteuses.
L’efficacité est globalement supérieure à celle des médicaments psychotropes (antidépresseurs et antipsychotiques).
Peuvent être des urgences vitales :
- l’accès dépressif sévère avec risque suicidaire imminent ou refus alimentaire, volontiers appelé mélancolique; les psychoses puerpérales avec note confusionnelle et risque d’infanticide;
- les formes de maladie dépressive et de schizophrénie non amendées par les thérapies médicamenteuses : ceci est plus fréquent dans les dépressions délirantes d’une part, dans les schizophrénies catatoniques d’autre part.
Une cure d’électrochoc suppose plusieurs séances, le plus souvent bi hebdomadaires, pendant au moins six semaines. Dans certains cas, il peut s’agir d’un traitement dit d’entretien, sous forme d’une séance bimensuelle ou mensuelle pendant plusieurs mois pour stabiliser le résultat acquis : l’électrochoc devient alors une thérapeutique préventive des récidives de la maladie notamment bipolaire.
Les mécanismes sous tendant l’efficacité thérapeutiques de l’électrochoc restent mal compris. Les effets d’une telle stimulation sont nombreux : électrophysiologiques, neurochimiques. Il est probable que le relargage de neuropeptides cérébraux soit le déterminant de l’action thérapeutique.
L’image de l’électrochoc, en dehors des milieux médicaux, conserve un caractère négatif injuste, hérité des modalités de pratique de la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’il est parfois cru qu’il est archaïque et en voie de disparition, l’usage de l’électochoc est au contraire, de plus en plus fréquent dans des conditions de confort suffisantes pour qu’il soit même pratiqué comme traitement ambulatoire.
Syn. sismothérapie, électronarcose, convulsivothérapie
→ électrochoc, psychotropes, dépression mélancolique, psychose puerpérale, schizophrénie, maladie bipolaire
[H3]
Édit. 2019
psychodysleptique (substance) l.f.
Agents psychotropes perturbateurs du fonctionnement psychique.
Selon la classification des psychotropes de Delay et Deniker les psychodysleptiques sont une groupe de psychotropes aux côtés des psycho- analeptiques (antidépresseurs ou thymo-analeptiques, noo-analeptiques ou stimulants de la vigilance), des psycholeptiques (hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques) des psycho-iso-leptiques (ou thymorégulateurs : sels de lithium,acide valproïque...).
Le groupe des psychodysleptiques inclut les hallucinogènes et les produits capables d’induire une symptomatologie de type psychotique telles que distorsions perceptives, idées délirantes, angoisses ou au contraire euphorie, perte du contrôle ...Les plus connus sont le cannabis et les cannabinoides de synthèse, l’amphétamine (ecstasy), les opiacés, le LSD, la cocaine (crack)...
De multiples substances psychodysleptiques sont désormais proposées sur internet.
Les effets psychodysleptiques (également dits psychomimétiques ou «psychotogenes») varient selon la nature de la substance et ses propriétés pharmacologiques : psylocybine et LSD très hallucinogènes, crack et ecstasy très excitateurs, cannabis et cannabinoïdes de synthèse inducteurs de distorsions perceptives....
La consommation de ces substances peut induire une pharmacopsychose aiguë (état onirique aigu) ou chronique (schizophrénie).
Ces produits ont longtemps été réputés dépourvus de propriétés thérapeutiques et classés illicites :ceci est désormais remis en question notamment du fait des effets potentiellement antalgiques du cannabis, de l’effet antidépresseur de la kétamine.
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)
Étym. gr. psukhe : âme; dus : difficulté; lambanein : saisir
→ psychédélique (expérience), psychotropes, antidépresseur, psychoanaleptique, psycholeptique, hypnotique, anxiolytique, neuroleptiques, thymorégulateur, lithium (traitement par), acide valproïque, hallucinogène, cannabis, cannabinoides de synthèse
[G4, G5, H3]
Édit. 2020