désespoir comportemental (test de) l.m.
behavior despair test
Test qui fait partie des modèles comportementaux tentant de reproduire chez l'animal des conditions proches de la dépression humaine, fréquemment utilisé pour sélectionner des molécules potentiellement antidépressives.
Un rat ou une souris est immergé dans une enceinte remplie d'eau d'où il ne peut s'échapper. Il nage pendant un certain temps, puis cesse toute tentative de fuite, s'immobilise et se laisse flotter. Ce renoncement à la nage est interprété comme un comportement de désespoir. Après administration d'antidépresseurs, l'animal nage plus longtemps. L'effet de ceux-ci est assimilé au prolongement de l'espoir d'une issue favorable.
Les antidépresseurs sérotoninergiques sont sans effet au contraire des anticholinergiques et des dopaminergiques.
R. D. Porsolt, pharmacologue français (1977)
douleur (médicaments de la) l.m.p.
drugs of pain, (pain killer)
Agents pharmacologiques utilisés pour soulager la douleur, qui ne permettent pas toujours un apaisement complet de celle-ci mais procurent au moins, à la plupart des patients, une amélioration satisfaisante.
L’éventail analgésique est vaste mais limité dans ses actions et non exempt d’effets indésirables. Contre les douleurs des cancéreux, les substances disponibles sont efficaces dans environ 60 à 80% des cas.
Dans les douleurs par excès de nociception, l’action des antalgiques s’exerce :
- en périphérie, grâce à l’inhibition de la biosynthèse de substances algogènes, par l’aspirine, les anti-inflammatoire non stéroïdiens, le paracétamol, les glucocorticoïdes…
- aux niveaux médullaire et supramédullaire, grâce à l’inhibition de la transmission synaptique des influx douloureux, par la morphine.
La morphine et ses succédanés suspendent la plupart des douleurs intenses par excès de nociception, observées au cours de l’évolution des cancers et après les interventions chirurgicales. Ses effets indésirables ont été surestimés et en particulier, le risque d’induction d’une toxicomanie est réduit.
Dans les douleurs par désafférentation, les antidépresseurs non psychostimulants et certains antiépileptiques diminuent l’hyperexcitabilité neuronale. En cas d’effets indésirables trop importants, les stimulations électriques (surtout transcutanées) sont utiles.
Le schéma de l'OMS, concernant le traitement des douleurs chroniques, distingue depuis 1997, trois paliers :
- I, les médicaments non morphiniques (essentiellement paracétamol, aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens) qui sont indiqués contre les douleurs légères à modérées ;
- II, les opioïdes dits "faibles" (codéine, dextropropoxyphène) associés ou non aux produits précédents, qui sont utilisables contre les douleurs modérées à sévères ou après l’échec des antalgiques du palier I ;
- III, les opioïdes "forts", avec pour référence la morphine, ils sont efficaces contre les douleurs d'emblée intenses ou après l’échec des produits du palier II.
À chaque palier, des adjuvants peuvent être associés : antidépresseurs, antiépileptiques et myorelaxants. De plus la composante antalgique de certains traitements étiologiques – chimiothérapie, radiothérapie (par réduction tumorale), corticoïdes – est souvent manifeste.
Les principales règles et principes à respecter lors de la prescription d’antalgiques sont :
- un traitement individualisé,
- le respect des contre-indications,
- la prudence chez les personnes âgées et les enfants,
- l’administration à intervalles réguliers, à horaires fixes, en fonction de la durée d'action de la substance choisie,
- l’absence de dose standard pour la morphine avec la recherche de la plus faible dose,
- la préférence pour la voie orale, sans méconnaître l’utilité des voies intraveineuse ou sous-cutanée, contrôlées par le patient lui-même, avec cependant un dispositif de sécurité intégré au pousse-seringue pour éviter les surdoses.
En fait, le nombre des médicaments de la douleur demeure limité. L’intérêt actuel se porte sur des agonistes des récepteurs opioïdes (présumés exempts des effets indésirables de la morphine) et sur les agonistes des systèmes mono-aminergiques descendants du tronc cérébral. Ce sont principalement les systèmes sérotoninergiques et noradrénergiques, dont le rôle dans la modulation de la transmission nociceptive est essentiel. Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2, les antagonistes des récepteurs des acides aminés excitateurs ou des récepteurs aux neurokinines, les agonistes des récepteurs nicotiniques, les agonistes des récepteurs NT2 de la neurotensine sont aussi des voies de recherche.
Étym. lat. dolor : douleur
→ antalgique, analgésique, morphine, opioïde
lithium n.m.
lithium
Élément de numéro atomique 3 et de masse atomique 6,94, qui fait partie des métaux alcalins monovalents.
Il est présent, sous forme de cation, en très faible quantité, dans différents tissus (os, poumon, muscles). Son rôle physiologique n'est pas défini.
Son utilisation en thérapeutique est essentiellement réservée à la psychiatrie. Sa propriété d'inhiber la phosphatase qui hydrolyse l'inositol-1-phosphate est peut-être la raison de son effet thérapeutique dans les psychoses maniaques et maniacodépressives.
Chefs de file de la classe des thymorégulateurs, utilisés depuis les années 50, les sels de lithium sont capables de réduire la fréquence, l'intensité et la durée des accès maniaques et/ou dépressifs. Discutés, leurs effets antidépresseurs potentialiseraient en tout cas l'action des antidépresseurs, notamment dans le cas des dépressions résistantes. Seuls le carbonate et le gluconate sont disponibles en France. La lithiémie réputée efficace (0,4 à 1,2 mmol/L) résulte d'une adaptation individuelle permettant le meilleur rapport effets thérapeutiques/effets indésirables. Les préparations de lithium considéré comme un oligo-élément indispensable n'ont pas démontré un authentique effet psychotrope.
Symb. Li
syndrome sérotoninergique l.m.
serotonin syndrome
Ensemble rare d'effets secondaires récemment individualisés de certains antidépresseurs, décrits comme liés à une hypersérotoninergie mais nécessitant confirmation et précisions.
En l'absence d'autre étiologie et lors de l'institution ou de l'augmentation posologique de substances connues pour agir sur le système sérotoninergique, apparition simultanée ou séquentielle d'au moins trois des symptômes suivants selon la description princeps de H. Sternbach (1991), plus ou moins discutée : confusion et hypomanie, agitation, myoclonies surtout non rythmiques, hyperréflexie, sueurs abondantes, frissons, tremblements, diarrhée, incoordination motrice, fièvre. L'évolution peut être sévère et même mortelle. La distinction avec le syndrome malin des neuroleptiques est difficile.
Habituellement en association, sinon en surdosage, ont été surtout incriminés les inhiiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) non sélectifs ou sélectifs A (toloxatone, moclobémide) et les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais aussi certains antidépresseurs tricycliques, le lithium, l'Ecstasy (MDMA), voire des molécules non psychotropes comme le dextromorphane, présent dans de nombreux antitussifs. La mesure thérapeutique essentielle est l'arrêt du ou des produits incriminés avec, dans les formes moyennes, disparition des symptômes en 24 à 48 heures, sauf de la confusion, qui peut persister quelques jours.
agoraphobie n.f.
agoraphobia
Trouble qui concerne étymologiquement la peur des espaces découverts mais inclut actuellement un ensemble de phobies apparentées comme la peur des foules, celle de ne pouvoir se réfugier facilement en un lieu sûr, celle des grands magasins et des endroits publics, la crainte de quitter le domicile.
Les manifestations anxieuses et les conduites d'évitement qui en découlent sont de fréquence et d'intensité variables selon les patients, parfois très invalidantes, au point que certains sujets restent confinés à leur domicile.
Plus souvent observée chez la femme que chez l'homme, l'agoraphobie peut être associée à des symptômes dépressifs, obsessionnels, des phobies sociales et des attaques de panique.
L'évolution est souvent chronique en l'absence de traitement. Celui-ci est médicamenteux (antidépresseurs) et psychothérapique (thérapie cognitivo-comportementale).
D'autres phobies spatiales peuvent en être rapprochées : acrophobie (vertige des hauteurs), claustrophobie (peur des espaces confinés).
Étym. gr. agora : place publique, phobos : crainte
→ acrophobie, claustrophobie, dépression, névrose obsessionnelle
[H3,H4]
Édit. 2017
agrypnie provoquée l.f.
provoked agrypnia
Technique de suppression du sommeil dans un but thérapeutique, soit totale (patient maintenu éveillé plusieurs jours et nuits consécutifs), soit partielle (endormissement retardé ou réveil prématuré).
Moyen de traitement de certains états dépressifs surtout utilisé pour raccourcir le délai d'action des antidépresseurs. Certains virages principalement hypomaniaques induits par l'agrypnie ont été signalés.
Le mécanisme d'action serait sous-tendu par les effets de l'agrypnie sur les perturbations chronobiologiques du déprimé (correction d'une avance de phase contemporaine du trouble de l'humeur).
Malgré une efficacité régulièrement signalée dans la littérature, cette modalité thérapeutique n'est guère utilisée.
Étym. gr.agrypnia : insomnie, veille
Syn. privation de sommeil
[H1,G5]
Édit. 2017
algodystrophie n. f.
algodystrophy, sympathetic algodystrophy, Sudeck's disease, transient osteoporosis
Syndrome douloureux régional, intéressant un membre, s'installant parfois à la suite d'un traumatisme, et associant une déminéralisation osseuse et des troubles vasomoteurs et trophiques.
Ce syndrome fait suite le plus souvent à des lésions d'un membre (entorse, fracture, intervention chirurgicale, etc.) ou, plus rarement, à une maladie viscérale (par ex. infarctus du myocarde) ou du système nerveux (hémiplégie, atteinte médullaire cervicale) ou encore à une thérapeutique (« rhumatisme gardénalique ») et parfois, sans cause sur un terrain hyperémotif.
La forme la plus caractéristique est réalisée au membre supérieur par le syndrome épaule-main, mais des atteintes des membres inférieurs sont possibles.
Les symptômes douloureux n'ont pas de topographie nerveuse, ils sont distaux, diffus et spontanés, à type de brûlure ou de broiement. Ils sont aggravés par la mobilisation et la station debout. Les douleurs provoquées sont plus intenses, elles font suite des à stimulations mécaniques ou thermiques. Il s'installe progressivement une hypothermie régionale témoin d'une mauvaise vascularisation des téguments et la peau présente des lividités. Des troubles sudoraux sont manifestes (hyperhidrose, 60% des cas, anhidrose, 20% des cas). La peau est sensible, plus rarement on constate une hypo-esthésie. Après quelques semaines apparaissent des troubles trophiques de la peau (kératose ou atrophie) des phanères (ongles fins, hypertrichose ou chute des poils), des tendons (rétraction des muscles (atrophie) et des os (ostéoporose en géodes).
Les thérapeutiques sont surtout symptomatiques : antalgiques, voire anxiolytiques et antidépresseurs, infiltrations articulaires par des glucocorticoïdes, physiothérapie, rééducation précoce sous réserve qu’elle soit indolore. La calcitonine à fortes doses serait efficace au début. Le bloc anesthésique du sympathique correspondant au territoire atteint peut soulager le patient, au moins partiellement. La guérison est habituelle entre trois mois et trois ans, avec des séquelles trophiques à type de raideur articulaire, pseudogriffe cubitale ou varus équin.
La pathogénie est inconnue mais l'importance des troubles vasomoteurs locaux pousse à admettre la responsabilité d'un trouble neurovégétatif. Aucune lésion d'un tronc nerveux n'est décelable, l'origine sympathique du syndrome n'est pas exclusive, toutes les fibres du système nerveux autonome y participent plus ou moins.
Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant un gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer
Syn. algodystrophie réflexe, algoneurodystrophie, algodystrophie sympathique réflexe, syndrome de Weir-Mitchell, maladie de Sudeck
[I1,I2]
Édit. 2017
anaphrodisie n.f.
anaphrodisia
Dans son sens restreint, absence durable ou temporaire de sensation voluptueuse, qui doit être distinguée des échecs dans l'obtention de l'orgasme.
Rare en fait, ce défaut de pulsions érotiques au cours d'excitations sexuelles appropriées entraîne une inaptitude au plaisir, même s'il y a eu réalisation de l'acte.
À l'origine de l'anaphrodisie secondaire, ont été décrits surtout des psychotraumatismes majeurs, des traitements tranquillisants ou antidépresseurs et des accouchements. Il semble plutôt s'agir de frigidité acquise.
Étym. gr. aphrodisia : plaisir de l'amour
→ frigidité, impuissance, anorgasmie féminine
[G4,G5,H4,O3]
Édit. 2017
antidépresseur n.m.
antidepressant
Médicament capable d'améliorer les syndromes dépressifs appartenant au groupe des psychoanaleptiques, ou thymoanaleptiques (stimulants de l'humeur), à côté des noo-analeptiques (stimulants de la vigilance).
Les premiers antidépresseurs (AD) sont apparus en 1957 : imipramine, chef de file des tricycliques imipraminiques ; iproniazide, premier inhibiteur de la monoamine-oxydase ou IMAO. De nouveaux AD mis depuis lors à la disposition sont classés selon leur impact biochimique en administration aigüe : les agents sérotoninergiques, en particulier les inhibiteurs spécifiques de recaptage de la sérotonine (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, citalopram, etc.) et les molécules à impact catécholaminergique (amineptine, maprotiline, nortriptyline, etc.).
Un délai d'action de quatre à six semaines est la règle. Constants, les effets latéraux peuvent être utilisés en thérapeutique : anxiolytiques et hypnotiques (AD dits sédatifs : amitryptiline, trimipramine, miansérine, etc.) ou au contraire stimulants (AD dits psychotoniques : nortriptyline, imipramine, amineptine, etc.). Certains AD se révèlent efficaces dans d'autres indications que dépressives : anti-obsessionnelles (clomipramine, fluoxétine, etc.), préventives des paroxysmes anxieux récurrents ou attaques de panique (imipramine, clomipramine, etc.), antalgiques, anti-énurétiques.
La durée d'un traitement AD est longue : plusieurs mois pour la cure d'un accès dépressif, plusieurs années dans la prophylaxie des récurrences dépressives. Malgré l'absence de pharmacodépendance, ces substances peuvent, à l'arrêt brutal, occasionner des symptômes de sevrage : anxiété, troubles du sommeil, manifestations somatiques telles que tremblements, sueurs, etc.
→ antidépresseur (effets latéraux d'un), psychotropes, nooanaleptique, imipramine, iproniazide, fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, citalopram, maprotiline, amineptine, nortriptyline, amitryptiline, trimipramine, clomipramine, fluoxétine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
antimigraineux (traitements) l.m.p
antimigraine sufferer
Traitements qui comportent deux modalités, concernant d'une part l'accès migraineux, d'autre part la maladie migraineuse.
Le traitement de la crise utilise les antalgiques classiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les dérivés de l'ergot de seigle et les triptans.
Le traitement de fond ne se justifie que si au moins quatre crises surviennent par mois, voire deux particulièrement intenses. Il fait appel aux bêtabloquants, aux antagonistes de la sérotonine, aux antidépresseurs tricycliques et à d'autres classes thérapeutiques comme le valproate de sodium ou les inhibiteurs calciques.
Des conseils hygiénodiététiques sont également utiles.
Une attitude thérapeutique à l'égard d'éventuels troubles psychiques, principalement dépressifs et anxieux, est indiquée.
→ triptans
anxiété généralisée l.f.
generalized anxiety disorder
État pathologique dominé par une anxiété qui envahit la vie quotidienne du sujet, ne survenant pas de façon préférentielle dans une situation déterminée et, de ce fait, dite flottante.
Plus fréquente chez la femme, elle se caractérise surtout par des ruminations péjoratives concernant le passé et une attente craintive de l'avenir, avec tension motrice, troubles neurovégétatifs, accentuation de la symptomatologie en fin de journée et endormissement difficile.
L'évolution est volontiers chronique, souvent associée ou conduisant à un état dépressif.
Les chimiothérapies comportent des anxiolytiques, avec leur risque de dépendance, ou des antidépresseurs. Les psychothérapies apportent un complément indispensable.
anxiodépressif (syndrome) l.m.
mixed anxiety-depressive disorder
Trouble mixte fait de symptômes associés relativement mineurs (donc de niveau présumé névrotique), sans que l'intensité des uns ou des autres soit suffisante pour justifier un diagnostic séparé (selon la CIM 10 de l'OMS et, de façon proche, le DSM IV).
Les troubles en relation avec la prise de médicaments, de toxiques, ou avec une affection médicale générale en seront distingués.
Certains craignent que l'introduction officielle de ce syndrome ne suscite une augmentation des prescriptions d'antidépresseurs (plus que d'anxiolytiques) par les généralistes. En effet, parmi les sujets anxieux et tristes, ceux considérés à tort comme dépressifs risquent d'être traités ainsi. Il reste que : d'une part la survenue d'une anxiété après 40 ans chez un patient sans antécédents de cet ordre doit faire évoquer une anxiété liée à la dépression plutôt qu'un syndrome anxieux débutant ; d'autre part, la dépression est une fréquente modalité évolutive ou une complication des troubles anxieux.
anxiolytique adj. et n.m.
minor tranquilizer
Substance et médicament pouvant réduire la composante anxieuse d'une pathologie : effet anxiolytique des antidépresseurs sédatifs, par ex.
Bien que couramment utilisé, ce terme n'est pas adéquat. En effet, pourtant anxiolytiques majeurs, les neuroleptiques ne figurent pas dans cette classe médicamenteuse, qui comprend principalement les produits benzodiazépiniques. L'usage a consacré, pour la désigner, le terme de tranquillisants, parfois d'anxiolytiques mineurs, celui d'anxiolytiques majeurs désignant les neuroleptiques.
anxiolytiques adj. et n.m.
tranquilizer
Médicaments psychotropes ayant un effet d'apaisement de l'anxiété dont les principaux représentants sont les benzodiazépines (autrefois désignées tranquillisants mineurs).
Les anti-histaminiques réduisent l'anxiété : l'hydroxyzine est indiquée comme sédatif anxiolytique.
Les substances agissant sur le système sérotoninergique (agonistes 5-HT1A ) telle la buspirone sont une thérapeutique de l'anxiété chronique.
D'autres substances sont anxiolytiques à de faibles posologies:
-les antipsychotiques les plus sédatifs (autrefois désignés tranquillisants majeurs) : cyamémazine, lévomépromazine..
-les antidépresseurs les plus sédatifs : miansérine, trimipramine, amitryptilline....
Syn. tranquilisant
→ benzodiazépines, psychotropes
[H3,G5 ]
Édit. 2017
aspects psychologiques des cancers l.f.
Problèmes psychologiques liés au cancer, tant en ce qui concerne son origine que ses conséquences
L'hypothèse d’un trouble psychique (dépression, stress) favorisant l'apparition d'un cancer, notamment par affaiblissement immunitaire, reste controversée. Une relation avec des traits alexithymiques a été également discutée.
Le diagnostic de cancer porté peut avoir des répercussions psychologiques. De ce bouleversement existentiel, dominent initialement les sidérations émotionnelles, puis les états dépressifs, surtout en cas de douleurs mal contrôlées, de handicaps fonctionnels, d'atteinte de l'état général, et aux stades terminaux. Divers troubles à type d'irritabilité, de déni de la maladie, d'anxiété souvent majeure, etc., s'y associent le plus souvent. Le repli et le retrait des adolescents dans la rêverie les font paraître plus "à risque" que les adultes, qui semblent réagir davantage par une recherche de l'information et par une attitude d'affrontement et d'action.
Les familles, notamment les parents d'enfants atteints, sont souvent touchées au plan psychique. Sera également cité l'effet pathogène des investigations ayant pour objectif le pronostic du cancer.
Une prise en charge globale, répondant à la personnalité du patient, notamment une information individualisée, progressive et cohérente, une utilisation mieux adaptée des soins palliatifs, au besoin des thérapies de groupe, comportementales et/ou l'appel à des psychotropes, principalement antidépresseurs, ont un effet bénéfique sur l'ajustement émotionnel du malade et même sur son évolution. La psycho-oncologie, discipline clinique qui lie oncologues et psychiatres, contribue à ces progrès.
→ cancer
[F2,H4]
asthénie névrotique l.f.
neurotic asthenia
Terme ancien, utilisé pour désigner une fatigabilité, une sensation d'épuisement permanent, sans support organique et en rapport avec une organisation de la personnalité sur un mode névrotique : la psychasthénie de P. Janet, sous-tendue par le sentiment d'incomplétude et rapportée par l'auteur à une baisse de tension psychologique.
Souvent associée aux troubles somatiques de l'anxiété généralisée et des troubles paniques, plus marquée le soir que le matin, cette asthénie s'intègre en fait dans divers troubles ou personnalités névrotiques. Elle peut aussi traduire un authentique état dépressif.
Elle est améliorée par les antidépresseurs et par une prise en charge psychothérapique.
Étym. gr. a : privatif, sthenos : force
Brugada (syndrome de) l.m.
Brugada’syndrome
Syndrome responsable d’arythmies ventriculaires sévères et de risque de mort subite détecté par un aspect de bloc de branche droit, marqué par une ascension du point J et la présence d’un sus-décalage du segment ST supérieur à deux millimètres, suivi d’une onde T négative dans les dérivations péricordiales droites V1, V2, V3.
La prévalence d'environ 1/700-1/800 dans les pays orientaux est moindre en Europe et aux Etats-Unis : 1/3 300 à 1/10 000.
Dans la majorité des cas, les patients sont asymptomatiques et ce sont les anomalies électrocardiographiques qui révèlent la maladie. 20 à 30% des patients ont une syncope et 8 à 12% connaissent un arrêt cardiaque qui peut entraîner une mort subite. L’âge moyen de survenue du premier événement clinique est de 40 ans.
En général, le syndrome de Brugada survient sur un coeur normal bien que des cas d'anomalies structurelles légères du ventricule droit aient été décrits par résonance magnétique nucléaire. L'affection est due à une anomalie des canaux sodiques.
Elle est familiale dans plus de 50 % des cas avec une nette prédominance masculine (sex-ratio 8 /1). La transmission est autosomique dominante. Les gènes impliqués sont: SCN5A, SCN10A, GPD1-L, CACNA1c, CACNB2, SCN1B, KCNE3, SCN3B. La mutation du gène SCN5A situé sur le chromosome 3 et codant pour la sous-unité alpha du canal sodique rend compte de 20 à 25 % des cas. Le test génétique peut utilement être proposé aux apparentés d’un cas index avec mutation de SCN5A. La recherche systématique de l’anomalie s’impose chez les apparentés. L’anomalie électrocardiographique est souvent intermittente. Quand le tracé ECG ne permet pas le diagnostic, un test pharmacologique aux antiarythmiques de classe 1C est nécessaire. La prévention des troubles du rythme exige d’éviter la prise de certains médicaments (antiarythmiques, antidépresseurs, certains anesthésiques....), de traiter les états fébriles par un antipyrétique et de restreindre l’activité sportive. La seule thérapeutique efficace est la mise en place d’un défibrillateur automatique implantable quand le risque rythmique est élevé.
P. et J. Brugada, physiologistes cardiologiques belges d'origine espagnole (1992) ; C. Napolitano et S. Priori, médecins italiens (2009)
Syn. fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada, syndrome de mort subite nocturne inattendue
Réf. Orphanet, C. Napolitano, S. Priori (2009)
→ SCN5A gene, SCN10A gene, GPD1-L gene, CACNA1c gene, CACNB2 gene, SCN1B gene, KCNE3 gene, SCN3B gene
[C3,K2,Q2]
Édit. 2018
cannabis n.m.
cannabis
Nom botanique du Chanvre (Cannabis sativa L.), grande plante herbacée annuelle dont la variété riche en résine correspond au chanvre indien aux effets délétères variés, principalement neuropsychiatriques, particulièrement graves.
Le chanvre indien comporte, parmi quelque 450 constituants identifiés, une soixantaine de dérivés cannabinoïdes, dont plusieurs d’entre eux développent des effets psychotropes. C'est le cas du plus abondant d'entre eux : le Δ 9 tétrahydrocannabinol ("T.H.C.") aux effets toxicomanogènes et hallucinogènes.
Les toxicomanes utilisent la plante entière pour confectionner des "joints"; c'est "l'herbe, la "beuh" la « marijuana », ou bien les globules de résine, obtenue par battage de la plante, agglomérés au moyen d'adjuvants variés, pas toujours dénués d'une toxicité intrinsèque; c'est la résine, ou "shit" ou "haschisch" (qui est égrenée dans du tabac pour confectionner des "pétards" ou pour être fumée dans des pipes à eau, ou pour être vaporisée dans des dispositifs ad hoc.
Dès les très faibles doses (de l’ordre d’une dizaine de µg) le THC induit d’importants effets sur le système nerveux central et périphérique et sur le système nerveux autonome. Effet vasodilatateur (yeux rouges), baisse de la pression artérielle, diminution de la pression de l'humeur aqueuse, broncho dilatation. Il induit surtout une grande variété d'effets centraux : analgésie, myorelaxation, sédation, euphorie, ébriété, potentialisation majeure des effets de l'alcool, perturbation de l'équilibre et de la coordination des mouvements (à l'origine de nombreux accidents de la route et du travail), modification des perceptions sensorielles, élévation du seuil épileptogène.
L’anxiolyse ressentie lors d’un usage aigu fait place lors des répétitions à des troubles anxieux. Il en est de même des effets pseudo-antidépresseurs qui virent au long cours à des troubles dépressifs graves (suicides). A ces effets s’ajoutent une toxicité cardio-vasculaire, une immunodépression des perturbations du cours de la grossesse avec des conséquences sur le nourrisson.
La dépendance psychique peut conduire à une psychose cannabique (qui régresse en quelques mois sans réapparaître en l'absence d'une reprise de la consommation) et qui peut aussi décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, la faisant éclater, créant une résistance au traitement antipsychotique et déterminant de grands accès délirants, hallucinatoires, auto ou hétéro agressifs.
La dépendance s’associe à une tolérance qui incite le toxicomane à recourir à des drogues supplémentaires (polytoxicomanies).
Le cannabis suscite, d'une façon particulièrement malencontreuse à l'âge des apprentissages et de l'éducation, une nette perturbation de la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme). Il fait perdre la notion de temps et rend le sujet incapable d'évaluer les troubles qu'il s'inflige du fait de cette consommation (anosognosie).
Tous ces effets sont liés à la dose, avec des sensibilités individuelles assez variables. Les produits en circulation, par différents artifices ont vu leur taux de THC croître considérablement au cours des dernières décennies, tandis que certaines modalités de consommation (pipe à eau, dispositifs de vaporisation) ont permis de décupler la cession du THC à l'organisme. Le THC, de par son exceptionnelle lipophilie se concentre dans les graisses de l'organisme, en particulier dans les lipides cérébraux. Chaque consommation incrémente la quantité fixée qui, relarguée au très long cours, passe par le foie qui forme des métabolites hydrosolubles, que le rein éliminera sur plusieurs semaines.
Le cannabis n'est pas létal en consommation aigue tandis qu’au long cours il peut être responsable de cancers O.R.L., broncho-pulmonaires et testiculaires, ainsi que de comportements imprudents de tous types, de suicides et d'accès à d'autres drogues létales par surdose.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
Syn. bhang, ganjah, chara, haschich, kif, takrouri, hafioum, yamba, dagga, marihuana, djamba, pacalolo….
→ toxicomanie, addiction, chanvre, psychose cannabique
[G3]
cholestase intrahépatique l.f.
Syndrome ictérigène résultant d’une altération de la sécrétion de bile à l’intérieur du foie.
Les principales causes en sont : les hépatites (virales, auto-immunes, alcooliques), certains médicaments (stéroïdes, sédatifs, hypoglycémiants, anti-infectieux, anti-inflammatoires non stéroïdiens, antidépresseurs, anticonvulsivants, etc.), les maladies des voies biliaires intrahépatiques (cirrhose biliaire primitive, cholangite sclérosante, GVHD chronique etc.), les infiltrations et les surcharges hépatiques (lymphome malin, amylose, etc.), la grossesse.
[L1]
claustrophobie n.f.
claustrophobia
Phobie des endroits clos (ascenseurs, voitures, train, cinéma, etc.).
Trouble fréquent, d'apparition précoce, mais avec un handicap généralement limité, qui fait partie du groupe des phobies simples, dites aussi isolées ou spécifiques, liées à un stimulus donné, mais qui peut également s'intégrer à une agoraphobie.
L'anxiété anticipatrice est plus ou moins importante. Le sujet s'attache à mettre en place des conduites d'évitement et des objets contraphobiques destinés à soulager ou prévenir cette angoisse (p. ex., se placer près d'une issue dans une salle de spectacle).
Le traitement est chimiothérapique (anxiolytiques et antidépresseurs) et psychothérapique.
Étym. lat. claustrum : cloître
[H3]
Cotard (syndrome de) l.m.
Cotard's syndrome
Syndrome caractéristique d'un épisode mélancolique intense, qui associe trois types de manifestations délirantes.
Les idées de négation d'organe ou de fonction portent p. ex. sur la conviction douloureuse de ne plus avoir de cœur, de tube digestif ou encore de ne plus aller à la selle, de ne plus uriner.
Les idées de damnation témoignent d'une grave culpabilité délirante. Le sujet se sent souillé, mauvais et souvent capable de contaminer les autres par un simple regard, une pensée, une brève rencontre. Au maximum, la démonopathie est la conviction d'être possédé par le démon.
Les idées d'immortalité comportent la conviction de ne pouvoir mourir.
Anxiété vive, propension au suicide sont caractéristiques de ces états mélancoliques. Longtemps considéré comme une mélancolie chronique, voire une paraphrénie post-mélancolique, le syndrome de Cotard est aujourd'hui réversible par les thérapeutiques antidépressives (sismothérapie, antidépresseurs, etc.).
Exceptionnel, il doit être évoqué dès qu'est rencontrée une des manifestations qui le composent. Des idées délirantes de négation peuvent s'observer dans d'autres pathologies que l'accès mélancolique, schizophréniques en particulier.
J. Cotard, neuropsychiatre français (1880)
[H3]
Cushing (troubles psychiques du syndrome de) l.m.p.
Cushing's syndrome (psychical disorders)
Manifestations mentales le plus souvent tardives de cette endocrinopathie.
Elles sont très polymorphes, souvent graves, non spécifiques, voire inaugurales : surtout anxio-dépressives, majeures, offrant une relative résistance aux antidépresseurs ; plus rarement maniaques ; délirantes et/ou confusionnelles (ces dernières notamment chez les sujets âgés, plus ou moins oniriques) ; à type prévalent d'irritabilité sous forme d'épisodes d'un à trois jours, sans rythme net ; cognitives, principalement mnésiques ; enfin atteignant le sommeil. Il existerait une relation entre la gravité de l'affection et l'importance des troubles psychiques.
Les mécanismes d'action restent discutés. Une hyperactivité des récepteurs stéroïdiens est actuellement la plus vraisemblable.
Le traitement de l'affection causale (adénome hypophysaire, tumeur surrénalienne, carcinoïde responsable d'un Cushing paranéoplasique, etc.) est utile, en association avec le traitement symptomatique, en particulier le RU 648. Des soins psychiatriques prolongés peuvent être nécessaires.
En échange, l'hypercorticisme relevé lors de syndromes dépressifs surtout sévères pourrait contribuer à l'aggravation de la symptomatologie, à l'origine d'un cercle vicieux.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
[O4,H4]
cytochrome P450 (CYP) n.m.
cytochrome P450
Famille d’enzymes d’une grande importance en pharmacologie, chromoprotéines, localisées à la face interne du réticulum cytoplasmique, contenant une protéine spécifique et un noyau hème, avec une bande d'absorption préférentielle au voisinage de 450 nm, d’où leur nom.
Les cytochromes P450 font partie de mono-oxygénases ou hydoxylases, qui utilisent le dioxygène moléculaire pour fixer un atome d'oxygène sur le substrat en oxydant le cytochrome ferreux en cytochrome ferrique, ce dernier étant ensuite réduit par une chaine de transport d'électrons comportant à partir de NADPH une flavoprotéine à FAD et une protéine à fer non héminique. Les cytochromes P450 sont surtout présents dans les cellules hépatiques ou glandulaires.
Il existe plusieurs centaines de cytochromes P450 (CYP) différents, répartis dans trois familles (CYP1, CYP2 et CYP3) et des sous-familles (CYP1A, CYP2D...) regroupant des iso-enzymes distincts (CYP3A4, CYP2D6,...). Les différents cytochromes P450 ont des fonctions multiples. Ces hémoprotéines sont très impliquées dans la dégradation des molécules exogènes (xénobiotiques), en particulier de médicaments. Plus les cytochromes P450 sont actifs, plus les médicaments sont rapidement métabolisés. Cela supprime l'activité de médicaments directement actifs, mais peut aussi accroître leur transformation en métabolites actifs.
Le CYP1A2 préside au métabolisme de la caféine et de la théophylline, de l'imipramine et du paracétamol.
Le CYP2C9 intervient dans le métabolisme de la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdien, des antidiabétiques oraux, des anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine), de la phénytoïne et d'antihypertenseurs (losartan).
Le CYP2C19 est un enzyme majeur dans la stéroïdogenése.
Le CYP2D6 intervient dans le métabolisme de certains anti-arythmiques et antidépresseurs, des bêta-bloquants et de plusieurs neuroleptiques, transformant la codéine en morphine par déméthylation.
Sous l’influence du CYP3A4, la codéine est inactivée et transformée en norcodéine laquelle est métabolisée en morphine par le CYP2D6.
Le CYP11A1 préside à l’hydrolyse du cholestérol en prégnénolone – d’où la dénomination de CYP scc (side-chain cleavage et de cholesterol side-chain cleavage enzyme). Il exerce en outre ses effets sur le métabolisme du diazépam, de l'imipramine, du propranolol ou de l'oméprazole.
Le CYP17A1 assure l’hydroxylation de la prégnénolone en 17-hydroxyprégnénolone et de la progestérone en 17-hydroxyprogestérone, réduisant la corticostérone en cortisol.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1,C3,G3]
dépression (aspects biologiques) l.m.p.
biological aspects of depression
Paramètres biologiques préexistants ou persistants au-delà de l'accès dépressif (marqueurs-traits), indices possibles de vulnérabilité, ainsi que ceux contemporains de l'accès (marqueurs-états), indices possibles de guérison biologique.
Parmi les paramètres statistiques contemporains de l'accès, ont été testés principalement :
- des modifications des catabolites des diverses monoamines cérébrales. La distinction entre dépressions déficitaires en catécholamines ou en sérotonine n'a pas fait progresser la compréhension physiopathologique ni les moyens thérapeutiques ;
- des modifications des taux de certains enzymes impliqués dans ce catabolisme, avec pour seul avantage possible un meilleur ajustement de la posologie d'antidépresseurs IMAO ;
- un excès de sécrétion du cortisol, qui pourrait surtout refléter un état de stress sans être spécifiquement lié à la dépression ;
- une augmentation de la proportion du sommeil paradoxal et un raccourcissement de son délai d'apparition, inférieur à 90 minutes.
Parmi les tests dynamiques neuroendocriniens, l'épreuve à la dexaméthasone, avec absence de freination de la sécrétion de cortisol après administration de cette substance chez les déprimés, avait suscité de grands espoirs.
Dans l'ensemble, deux ordres de faits sont apparus : d'une part la multitude des paramètres biologiques perturbés chez les déprimés, qui pourrait aussi concerner le système immunitaire et les débits sanguins intracérébraux régionaux ; d'autre part l'impossibilité actuelle de cerner la signification de la plupart de ces anomalies et leur usage éventuel dans le diagnostic, la prévention ou la thérapeutique.
dépression atypique l.f.
atypical depression
1) Selon la terminologie française classique, épisode dépressif survenant en début ou dans le cours d'une évolution schizophrénique.
2) Pour certains auteurs anglo-saxons, affection mentale ainsi définie : dépression majeure, mineure ou intermittente ; nette réactivité de l'humeur aux facteurs environnants ; au moins deux symptômes parmi : hyperphagie, hypersomnie, asthénie très intense et hypersensibilité au rejet.
La composante anxieuse est souvent importante et la coexistence avec un trouble panique fréquente.
Les dépressions atypiques répondent favorablement aux antidépresseurs, tout particulièrement aux IMAO.