Krimsky (méthode de) l.f.
Krimsky's method
Méthode de mesure objective de l'angle du strabisme au moyen de prismes.
Des prismes de puissances croissantes sont placés devant l'œil fixateur jusqu'à ce que le reflet soit centré de façon identique aux deux yeux. Pour les déviations horizontales, pour les déviations convergentes, le montant de la valeur du prisme est précédé du signe +, pour les déviations divergentes, du signe -.
E. Krimsky, ophtalmologiste américain (1951)
langage (genèse du) l.f.
genesis of language
Fonction quasi-spécifique de l'espèce humaine, qui permet la représentation et la communication des idées et concepts par un système conventionnel de signes oraux et graphiques.
Anatomiquement le langage est lié à certaines zones corticales : l'une antérieure, dite aire de Broca, et les autres postérieures aire de Wernicke et lobule pariétal inférieur, connectées entre elles et avec d'autres structures par des réseaux axonaux associatifs. Le signifié correspond à la valeur sémantique d'un signe, à un concept, et le signifiant à l'image acoustique, au phénomène sonore du signe.
Il existe des organes récepteurs (perception, compréhension) et des organes effecteurs (parole, qui est l'expression de la pensée par la production des sons constitutifs du langage parlé), fortement interdépendants.
Le développement du langage fait appel à des facteurs organiques (audition, phonation, etc.), aux données générales de la maturation cérébrale (neurogénèse corticale, myélinogénèse, et notamment callosogénèse, synaptogénèse), à des facteurs cognitifs (reconnaissance et synthèse des sons), ainsi qu'à des facteurs affectifs, eux aussi largement intriqués. Des déficiences dans chacun de ces facteurs peuvent susciter des troubles du langage.
Lasègue controlatéral l.m.
contralateral Lasègue's test
Déclenchement ou exacerbation chez un patient souffrant de sciatique de la douleur du côté atteint par la manœuvre de Lasègue du côté sain.
Le signe de Lasègue controlatéral (appelé encore signe de Lasègue croisé) est très caractéristique d'une sciatique par hernie discale.
Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1864)
luxation congénitale de la hanche l.f.
congenital hip dislocation
Déplacement de la tête fémorale hors du cotyle, constatable dès la période néonatale.
Elle entraîne la luxation de la tête fémorale de façon permanente ou intermittente en dehors de la cavité cotyloïde. Elle peut être bilatérale ou unilatérale. Le dépistage précoce néonatal est systématique par la recherche du signe de Le Damany-Ortolani, ou signe du ressaut. Il peut être confirmé par examen échotomographique, voire radiologique. Le dépistage précoce impose un traitement orthopédique simple mais efficace qui a rendu maintenant exceptionnelles les séquelles au niveau des hanches : bassin rétréci par aplatissement du détroit supérieur en cas de dysplasie bilatérale, bassin asymétrique avec redressement de l'arc antérieur du côté sain en cas de dysplasie unilatérale.
La luxation tératologique, apparue précocement in utero s'accompagne souvent d'autres malformations locales ou régionales, son pronostic est habituellement sévère.
P. Le Damany, chirurgien français (1912) ; M. Ortolani, pédiatre italien (1937)
Syn. maladie luxante de la hanche
[I1,Q2]
Édit. 2015
maladie de Chagas l.f.
Chagas’ disease
Parasitose due à Trypnanosoma cruzi sévissant dans plusieurs pays d’Amérique latine où elle constitue un problème sanitaire majeur.
L’affection, commune à l’Homme et à différents mammifères, en particulier domestiques, est transmise par les déjections de punaises de grande taille (Triatoma, Rhodnius, Panstrongylus), mais il existe aussi une transmission congénitale et des risques de transmission transfusionnelle. Très récemment, on a également signalé des contaminations par ingestion de jus de fruits (papayes, notamment) de préparation artisanale et souillés par les déjections de triatomes infestés. Comme la contamination est fréquente au niveau de la conjonctive oculaire, un signe précoce (signe de Romaña) est l’existence d’un œdème palpébral unilatéral avec des adénopathies satellites. Les formes inapparentes sont fréquentes. Dans les formes aigues, la maladie de Chagas se manifeste par de la fièvre, des atteintes viscérales, cardiaques surtout (myocardites), mais aussi digestives, nerveuses (pouvant aller jusqu’à la démence) puis, dans les formes plus anciennes, par des dilatations du tube digestif avec survenue de méga-œsophage ou de mégacôlon). Le diagnostic est sérologoque et surtout parasitologique. Le traitement repose sur le nifurtimox et le benznidasole.
C. R. Chagas, médecin brésilien, membre de l’Académie de médecine (1909) ; C. Romaña, médecin infectiologue argentin (1935) ; Caryn Bern, épidémiologiste américaine (2015)
Syn. trypanosomose américaine
→ trypanosomose humaine américaine
[D3,D2,D4]
Nikolsky (signe de) l.m.
Nikolsky's sign
Décollement pathologique de la peau obtenu par pression forte du doigt ou par frottement, témoignant d'une fragilité particulière de la peau et observé dans le pemphigus, particulièrement le pemphigus superficiel, en périphérie des lésions ou en peau saine.
Il correspond histologiquement à un clivage intraépidermique par acantholyse. Un équivalent microscopique du signe de Nikolsky, ou signe de Zilberberg, causé par le traumatisme biopsique peut se voir en bordure des préparations histologiques. Un pseudosigne de Nikolsky peut être observé au cours de la pemphigoïde bulleuse : cliniquement, il correspond à un décollement obtenu par pression mais, histologiquement, le clivage se situe à la jonction dermoépidermique.
P. V. Nikolsky, dermatologiste russe (1896)
ostéodystrophie héréditaire d'Albright l.f.
Albright’s hereditary osteodystrophy, Albright’s disease
Elle désigne l’atteinte morphotypique des patients atteints de pseudohypoparathyroïdie de type 1 ou 3 par résistance à l’hormone parathyroïdienne, ou survient isolément dans les situations qualifiées de pseudo-pseudohypoparathyroïdie.
Elle s’exprime sous forme d’une petite taille avec arrondissement du visage, surcharge pondérale, brachymétacarpie et brachymétatarsie asymétriques, parfois prédominance du raccourcissement du 4ème métacarpien (signe d’Archibald), raccourcissement et élargissement de la dernière phalange du pouce (signe de Murder), débilité légère, parfois strabisme.
C’est à l’occasion de la description de ce morphotype, de la constatation de parathyroïdes présentes et hypertrophiques et de l’inefficacité de l’administration des extraits de parathyroïdes que Fuller Albright a été amené à évoquer pour la première fois en pathologie humaine, la possibilité d’un état de résistance à une hormone physiologiquement produite.
La calcémie est basse, coïncidant avec une hyperphosphorémie et une valeur accrue dans les pseudohypoparathyroïdie de type 1A et 1C par résistance à l’hormone parathyroïdienne (que distingue le site de la résistance). L’exploration biologique est normale au cours de la pseudo-pseudohypoparathyroïdie.
Ces affections sont en liaison avec des mutations du gène GNAS codant la synthèse des protéines de liaison, entre le récepteur hormonal et l’unité effectrice productrice d’AMPc en réponse à l’adénylate cyclase. Le caractère ubiquitaire de l’intervention des protéines de liaison rend compte de la possibilité de résistances hormonales multiples. Le déficit statural et les anomalies osseuses semblent en rapport d’abord avec la résistance au PTHrP durant la vie embryonnaire et fœtale, puis à la GH. L’obésité est attribuée à la résistance à la leptine et aux catécholamines
F. Albright, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie demédecine (1942) ; R. M. Archibald, médecin américain (1959)
→ ostéodystrophie, Albright (syndrome d'), pseudohypoparathyroïdie, PTH, PTHrP, hypocalcémie, Archibald (signe d')
Édit. 2017
syndrome pyramidal l.m.
pyramidal tract syndrome
Ensemble de troubles moteurs et réflexes produits par des lésions de la voie motrice principale, soit unilatéraux (hémiplégie), soit bilatéraux (paraplégie), qui comprend des signes négatifs (déficit moteur central, abolition des réflexes cutanés abdominaux, notamment) et positifs, "de libération" (exagération du tonus et des réflexes ostéotendineux, signe de Babinski, syncinésies, réflexes de défense).
La sémiologie clinique est assez constante :
- déficit moteur sévère et massif (lésions aigües) ou plus modéré, qui doit parfois être mis en évidence par l'épreuve des bras tendus et par celles de Barré (sujet à plat ventre, jambes relevées à angle droit) ou de Mingazzini (patient sur le dos, cuisses et jambes à angle droit), avec atteinte possible du facial inférieur en cas de paralysie faciale centrale ;
- modifications du tonus et des réflexes ostéotendineux (hypotonie et abolition de ces réflexes dans les lésions aigües ou, bien plus souvent, hypertonie spastique, élastique, élément fondamental associé à l'exagération de la même réflectivité, diffusée, polycinétique) ;
- altérations des réflexes cutanés, avec disparition des réflexes cutanés abdominaux et réflexe cutané plantaire en extension (signe de Babinski), d'une grande valeur sémiologique ;
- syncinésies globales ou de coordination, exprimant la libération d'une "motilité nouvelle", par ex. flexion combinée de la cuisse et du tronc lorsque le malade essaie de s'asseoir (J. Babinski) ;
- réflexes de défense, observés dans les lésions sévères, pouvant à l'extrême constituer un triple retrait permanent (paraplégie en flexion, dite cutanéoréflexe).
Un déficit limité, brachiofacial ou même chéiro-oral, peut traduire une lésion corticale.
rupture du tendon calcanéen l.f.
Achilles tendon rupture
Solution de continuité du tendon calcanéen (tendon d'Achille).
Elle est général complète, parfois partielle. Dans un tiers des cas. la rupture totale n'est pas reconnue. Le diagnostic de rupture complète repose cliniquement sur le signe de Thompson (la compression tranversale du mollet n'entraine plus de flexion plantaire chez un patient en procubitus) et sur le signe de Brunet-Guedj (le pied qui pend hors du lit, patient en procubitus, a perdu son équin physiologique) (cf. illustration).
La confirmation de la rupture repose sur l'échographie dynamique ou sur l'IRM. La rupture est en général d'origine traumatique, souvent sur une tendinopathie pré-existante. Elle peut sièger à la jonction myo-tendineuse, au niveau du corps du tendon ou de son enthèse. Beaucoup plus rarement elle peut être d'origine métabolique (dépôts goutteux ou xanthomateux). Il peut aussi s’agir d’effets indésirables de certains médicaments (fluoroquinolones, glucocorticoïdes).
En fonction des cas, le traitement est orthopédique (immobilisation) ou chirurgical (percutané ou à ciel ouvert, avec de nombreuses techniques décrites).
Syn. rupture du tendon d’Achille
→ tendon calcanéen, xanthomatose, goutte, fluoroquinolones, corticoïde, Brunet-Guedj (signe de), Thompson (signe de)
[I1,I2,I3]
Édit. 2019
Saint-Yves (syndrome de) l.m.
Ophtalmopathie thyroïdienne sans signe clinique ou biologique de dysthyroïdie.
Le signe d'appel le plus fréquent est représenté par une exophtalmie unilatérale. La tomodensitométrie orbitaire objective une hypertrophie des muscles oculomoteurs focale ou diffuse. Des anomalies thyroïdiennes échographiques et immunitaires sont fréquemment mises en évidence mais leur signification est discutable. En revanche, les concentrations hormonnales thyroïdiennes sont constamment normales. Le retard diagnostique est fréquent.
Ch. de Saint-Yves, ophtalmologiste français qui a décrit, en 1713, l’existence d’une issue graisseuse lors de l’incision palpébrale chez un patient exophtalme et tachycarde.
Syn. Means (syndrome de)
Schwartz (signe de) l.m.
Schwartz’ sign
Parfois nommé signe du flot, c’est un signe clinique précieux dans l’examen et l’évaluation d’un réseau veineux variqueux.
Il est basé sur la percussion rapide d’une varice, et par la palpation veineuse simultanée d’amont ou d’aval pour percevoir l’arrivée d’une onde liquidienne déclenchée par cette percussion. Elle permet une étude topographique d’un réseau variqueux et pratiquée à contrecourant, met en évidence l’insuffisance des valves veineuses.
E. Schwartz, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1852-1925)
sémantique n.f., adj.
semantics, semantic
1) Terme imposé par M. Bréal (1897), désignant la partie de la linguistique qui traite des relations de signification du langage et de ses unités.
Elle tend de plus en plus à doubler une approche lexicale, qui s'applique aux unités de signification (monèmes) et à leurs combinaisons en unités fonctionnelles du lexique (unités-mots tout particulièrement), par des investigations portant sur des unités plus vastes comme la phrase et le texte, avec référence à celles véhiculées par la forme. Cette dernière comprend les sons et la syntaxe permettant de les utiliser.
2) En clinique psychiatrique, à partir des concepts de F. de Saussure concernant le signe linguistique, tout signe comporte, selon notamment G. Lantéri-Laura, une face signifiante (expression matérielle) et une face signifiée (son contenu sémantique). Il suppose un référent : ici, l'appel à une classification nosologique.
Le diagnostic s'établit après un choix dans la polysémie des signes. Si bien qu'il devient "le signifiant du signifié qu'est la maladie", quitte à n'être parfois qu'une étiquette.
La délimitation des champs sémantiques des concepts clés utilisés dans les recherches internationales ("dépression", p. ex.) est une opération liminaire essentielle.
M. Bréal, linguiste français (1897) ; F. de Saussure, linguiste suisse (1857-1913) ; G. Lantéri-Laura, psychiatre français (1968)
→ sémiotique, démence sémantique
signe n.m.
sign
Manifestation objective d’une maladie, constatée par le médecin au cours de l’examen clinique.
Signe et symptôme, dont l’association conduit au diagnostic, sont souvent employés à tort l’un pour l’autre. Le signe est constaté par le médecin (ex. une hépatomégalie) tandis que le symptôme est ressenti par le malade (ex, une céphalée). Le regroupement de signes et de symptômes en un ensemble caractéristique est désigné sous le nom de syndrome.
La distinction entre signes physiques découverts lors de l’examen (ex. une splénomégalie)) et signes généraux (fièvre, amaigrissement…) n’est pas justifiée. Les symptômes sont parfois appelés à tort signes fonctionnels, en accordant à fonctionnel le sens de subjectif, ajoutant ainsi une confusion entre la manifestation d’une maladie et son retentissement sur les fonctions organiques.
→ symptôme
signe cervicothoracique l.m.
cervico thoracic sign
Sur une radiographie pulmonaire de face, signe permettant de préciser le siège antérieur ou postérieur d'une opacité médiastinale supérieure.
Quand le contour externe de l'opacité disparaît au-dessus de la clavicule, son siège est antérieur, le plus souvent thyroïdien. Quand il reste visible au-dessus de la clavicule, la formation est postérieure, d'origine le plus souvent nerveuse, parfois vasculaire. Ceci est une application du signe de la silhouette.
Syn. signe de l'iceberg
signe de la tache de bougie l.m.
Signe clinique consistant, grâce à de multiples grattages à la curette d’une plaque de psoriasis, de détacher d’abord de nombreux petits copeaux blanchâtres avant de retirer un dernier copeau plus large recouvrant le derme mis à nu, ce qui laisse apparaître la rosée sanglante (signe d’Auspitz).
→ signe de la curette de Brocq, Auspitz (signe d')
signe de l'omnibus l.m.
Signe constaté par un médecin chez un passager de transport en commun.
Par ex. le signe de la queue du sourcil.
J. A. Fournier, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1832-1914)
→ signe de la queue du sourcil
souffle tunnellaire l.m.
machinery murmur
Signe d’auscultation cardiaque, constituant un bruit continu systodiastolique à renforcement télésystolique et protodiastolique.
Perçu à l’extrémité interne des deux premiers espaces intercostaux gauches, il est un signe caractéristique de la persistance du canal artériel.
Syn. bruit de tunnel
symptôme n.m.
symptom
Manifestation pathologique perçue par le malade, par opposition au signe constaté lors de l’examen.
Signe et symptôme sont souvent employés à tort l’un pour l’autre.
Étym. gr. sumptôma : événement fortuit, coïncidence, symptôme ; sun : ensemble, en même temps ; ptosis : chute
→ syndrome
Joubert (syndrome de) l.m.
Syndrome d’hérédité autosomique récessive, d’apparition pré- ou néonatale, de prévalence estimée d'environ 1/100 000, caractérisé par une malformation congénitale du tronc cérébral et une agénésie ou une hypoplasie du vermis cérébelleux entraînant des troubles respiratoires, un nystagmus, une hypotonie, une ataxie et un retard du développement moteur.
Au cours de la période néonatale, la maladie se manifeste souvent par une respiration irrégulière (tachypnée et/ou apnée épisodiques) et un nystagmus. Durant la petite enfance, une hypotonie peut se manifester. Une ataxie cérébelleuse (démarche titubante et déséquilibre) peut apparaître plus tard. Un retard du développement moteur est fréquent. Les facultés intellectuelles sont variables, allant d'un déficit intellectuel sévère à une intelligence normale. L'examen neuro-ophtalmologique peut révéler une apraxie oculomotrice. Des convulsions surviennent chez certains patients. Un examen attentif du visage met en évidence un faciès caractéristique : une grosse tête, un front proéminent, des sourcils hauts et arrondis, un épicanthus, un ptosis (occasionnel), un nez retroussé avec des narines évidentes, une bouche ouverte (au début de forme plutôt ovale, puis plutôt rhombique et finalement plutôt triangulaire avec les commissures inclinées vers le bas), une protrusion et des mouvements rythmiques de la langue et, occasionnellement, des oreilles bas implantées. Les autres manifestations peuvent inclure une dystrophie rétinienne, une nephronophtise et une polydactylie.
Le diagnostic repose sur les données cliniques (hypotonie, ataxie, retard du développement et apraxie oculomotrice) et la présence, sur les images d'imagerie par résonance magnétique (IRM), du « signe de la molaire » provenant de l'hypoplasie du vermis cérébelleux et des malformations du mésencéphale et du rhombencéphale.
Le diagnostic différentiel se pose avec les maladies associées au syndrome de Joubert, les malformations du vermis cérébelleux sans «signe de la molaire » telles que la malformation de Dandy-Walker, l'hypoplasie cérébelleuse liée à l'X, l'ataxie-apraxie oculomotrice de types 1 et 2 (AOA1, AOA2), les maladies congénitales de la glycosylation (CDG), le syndrome 3-C, les atrophies/hypoplasies pontocérébelleuses, les syndromes oro-facio-digitaux de types II et III et le syndrome de Meckel-Gruber.
Le syndrome est génétiquement hétérogène. Sept gènes, AHI1 (6q23), NPHP1 (2q13), CEP290 (12q21), TMEM67 (8q22), RPGRIP1L (16q12), ARL13B (3p12.3-q12.3) et CC2D2A (4p15) et deux locus sur les chromosomes 9q34 (JBTS1) et 11p12-q13 (CORS2/JBTS2) ont été, à ce jour, associés à la maladie.
Le pronostic est favorable pour les formes modérées de la maladie. Les patients avec une forme plus sévère doivent être pris en charge dans un centre spécialisé ou de référence.
Marie Joubert, neurologue canadienne (1969) : C. Espinós, F. Palau, médecins espagnols (2009)
Syn. syndrome de Joubert classique, syndrome de Joubert pur, syndrome de Joubert type A, syndrome de Joubert-Boltshauser
Réf. Orphanet, C. Espinos, F. Palau (2009)
→ nystagmus, ataxie, épicanthus, nephronophtise, Dandy-Walker (syndrome de)
[A4, H1, I2,M1, P2, O6, Q2]
Édit. 2018
syndrome du canal carpien l.m.
carpal tunnel syndrome
Syndrome dû à la compression du nerf médian dans le canal carpien.
Des paresthésies de recrudescence souvent nocturne sont associées à une hypoesthésie de la face palmaire des trois doigts médians et à des lâchages d’objets. S'y ajoutent, en cas d'aggravation, une atrophie de l'éminence thénar et une gêne aux mouvements d'opposition et d'abduction du pouce. Les examens électriques montrent un très net ralentissement de la conduction du nerf médian. La symptomatologie peut être provoquée lors de l'examen clinique par la percussion de la face antérieure du poignet (signe de Tinel) ou par une hyper-extension ou hyper-flexion prolongée du poignet (signe de Phalen).
Lorsqu'il est primitif, ce qui est souvent le cas, il est provoqué par un épaississement du ligament antérieur du carpe. Secondaire, il est lié notamment à une ténosynovite des tendons fléchisseurs des doigts liée à une hyper-sollicitation des gestes de préhension notamment professionnelle, à des mouvements répétés ou forcés d’hyper-extension ou d’hyper-flexion du poignet entraînant une compression par certains os du carpe, à une hypothyroïdie, à une neuropathie amyloïde héréditaire avec dépôts d'amylose dans le ligament antérieur (manifestations inaugurales dans les formes de type II), ou à une hémodialyse poursuivie depuis dix années et davantage.
Le traitement consiste en une section du ligament, ce qui permet la sédation des troubles subjectifs.
Cette affection est inscrite au tableau 57 des maladies professionnelles)
P. Marie, membre de l’Académie de médecine, C. Foix, neurologues français (1913) ; J. Tinel, neurologue français (1915) ; G. S. Phalen, chirurgien orthopédiste américain (1950 et 1951)
Syn. syndrome du tunnel carpien
→ canal carpien, syndrome du canal carpien gravidique
tabès n.m.
tabes
tabes dorsalis
Affection devenue rare, caractérisée par une dégénérescence radiculocordonale postérieure de topographie dorsolombaire, compliquant la syphilis à la phase tertiaire et liée à des lésions de méningovascularite.
Le tableau clinique comporte un syndrome radiculocordonal postérieur : analgésie, douleurs fulgurantes, atteinte de la sensibilité de position, aréflexie ostéotendineuse, ataxie avec signe de Romberg, manifestations neurotrophiques (fractures, arthropathies, maux perforants), troubles vasomoteurs (symptômes viscéromoteurs avec impuissance et troubles urinaires, crises viscérales, surtout gastriques, plus rares), signe d'Argyll-Robertson, anomalies du LCR, reflet de l'évolutivité de l'inflammation méningée. Les sérologies ne sont pas toujours positives.
La pénicillinothérapie constitue le traitement essentiel.
Décrit par G.B.A. Duchenne de Boulogne, son origine syphilitique a été démontrée par Alfred Fournier.
G. B. A. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858), A. Fournier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1875)
Étym. lat. tabes : putréfaction, maladie qui mine
thoracoabdominal (signe) l.m.
iceberg sign
Sur une radiographie thoracique de face, signe permettant de situer l'origine d'une masse dans le médiastin postéro-inférieur.
Lorsque son contour externe s'écarte du rachis puis s'interrompt nettement au dessous de l'image de la coupole, la masse est à la fois thoracique et abdominale ; si son contour rejoint rapidement le rachis, même au dessous de la coupole, la masse est uniquement thoracique. C'est une application du signe de la silhouette.
Actuellement, la scanographie permet de mieux étudier la lésion dans l'abdomen, (partie immergée de l'iceberg).
Syn. iceberg (signe de l')
Trendelenburg (signe de) l.m.
Trendelenburg’s sign
Signe d'insuffisance des muscles abducteurs de hanche ou d'appui insuffisant de la tête fémorale.
Normalement en position debout unilatérale, le bassin s'élève du côté non portant par contraction des muscles abducteurs du côté portant. En cas d'insuffisance de ces muscles abducteurs, le bassin s'abaisse du côté non portant et le tronc et les épaules se déplacent du côté opposé, côté portant, pour rétablir l'équilibre. Ce signe est visible tant par l'avant que par l'arrière.
F. Trendelenburg, chirurgien allemand (1895)
Verneuil (signes de) l.m.p.
Verneuil signes
1) Signe indirect de fracture du bassin : douleur provoquée par une pression douce et simultanée au niveau des deux crêtes iliaques.
2) Signe de fracture d’un métacarpien : douleur provoquée par la mobilisation du doigt correspondant.
A. Verneuil, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1823-1895)
[I2]
Édit. 2019
Thompson (signe de) l.m.
Simmonds-Thompson test
Signe clinique en faveur d'une rupture complète du tendon calcanéen (d'Achille).
Normalement, la pression transversale du mollet déclenche une flexion plantaire de la cheville. En cas de rupture du tendon d'Achille, cette manoeuvre n'entraîne plus de flexion plantaire : signe de Thompson positif.
Réf. F.A. Simmonds, orthopédiste américain (1957). T.C. Thompson, orthopédiste américain (1962); Elizabeth Brunet-Guedj, médecin du sport français.
→ rupture du tendon calcanéen, tendon calcanéen, Brunet-Gedj (signe de)
[I2]
Édit. 2019