Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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transporteur du glutamate l.m.

glutamate transporter

Protéine présente dans la membrane et dans le cytoplasme des neurones servant à réguler l’action du glutamate dans le système nerveux central.
Le glutamate est le principal neurotransmetteur impliqué dans l’excitation neuronale. Les transporteurs du glutamate servent à moduler la concentration de glutamate dans la fente synaptique et donc de réguler la réponse des neurones. Les transporteurs de glutamate présents dans la membrane cellulaire, appelés Excitatory Amino-Acid Transporter (transporteur des amino-acides excitateurs) ou EAAT. Il en existe 5 types différents, appelés EAAT1 à EAAT5. Leur rôle est de faire pénétrer le glutamate de la fente synaptique dans le cytoplasme des neurones et de faire ainsi cesser la stimulation neuronale. Les transporteurs de glutamate intra-cellulaires sont appelés Vesicular Glutamate Transporter (transporteurs vésiculaires du glutamate) ou VGLUT. Il en existe 3 types différents appelés VGLUT1 à VGLUT3. Leur rôle est de capter le glutamate intracellulaire et de le stocker dans des vésicules synaptiques qui pourront venir déverser leur contenu dans la fente synaptique, stimulant ainsi les neurones post-synaptiques.

→ glutamate, synapse, neuro-transmetteur

[C3]

Édit. 2018

transporteur-3 humain de la riboflavine l.m.

human riboflavin transporter-3

Protéine exprimée au pôle apical des entérocytes, jouant un rôle essentiel pour l'absorption intestinale de la riboflavine (vitamine B2).
Le transporteur-3 humain de la riboflavine  (human Riboflavin Transporter-3, hRFVT-3) est le produit du gène SLC52A3. Il joue un rôle essentiel pour l'absorption intestinale de la riboflavine. Des mutations du gène SLC52A3 qui code ce transporteur entrainent un déficit en riboflavine responsable de neuropathies.

Sigle hRFVT-3

→ riboflavine, SLC52A3 gene

[C2]

Édit. 2019

transporteurs d'anions organiques l.m.p.

Famille de protéines transmembranaires composées d’environ 550 amino-acides, exprimées dans tous les épithéliums

Les transporteurs d’anions organiques servent au transport de petites molécules organiques anioniques à travers les barrières épithéliales et entre les différents compartiments de l’organisme : sang-urine, sang-système nerveux central, intestin-sang, etc…

Abrév. OAT

transportine n.f.

transportin

Protéine cytosolique impliquée dans le transport de certaines protéines du cytoplasme jusqu'aux nucléoporines du noyau cellulaire.
La transportine de cellules humaines est identifiée à l'une des karyophérines de levure, Kap 104p.

transposable (élément) l.m.

transposable element

Séquence d'ADN de faible taille présente dans un génome et capable de transposition.
Ce type d'élément se trouve dans les réplicons de Procaryotes et d'Eucaryotes, p. ex. les levures, les Protozoaires, la drosophile, le maïs, etc.
Symb. T E

→ transposition, transposon

transposase n.f.

transposase

Enzyme produit par un élément transposable et responsable de sa transposition.
Cet enzyme est spécifique des répétitions inversées de l'élément transposable.

→ réplicombinase, résolvase, séquence d'insertion

transposition n.f.

transposition

En biologie moléculaire 1) processus permettant le déplacement d’un transposon d’un site à un autre.
La transposition ne nécessite qu’une faible homologie entre le transposon et le site d’insertion grâce à l’intervention d’une transposase. La transposition peut être réplicative (le transposon est répliqué en même temps que le réplicon d’accueil) ou non réplicative. 2) translocation à l'intérieur d'un chromosome.

→ recombinaison non homologue, recombi naison spécifique d'un site

transposition corrigée des gros vaisseaux l.f.

corrected transposition of great arteries

Variété de transposition congénitale des gros vaisseaux de la base du cœur dans laquelle l’inversion ventriculo-artérielles est naturellement corrigée par une inversion compensatrice des connexions auriculo-ventriculaires.
De ce fait, elle n’entraine ni mélange sanguin anormal, ni altération hémodynamique.
Mais elle est souvent associée à d’autres malformations cardiaques et à des anomalies de la conduction intracardiaque, génératrices de blocs auriculoventriculaires sévères lorsqu’on doit opérer ces cœurs malformés.

transposition des gros vaisseaux l.f.

transposition of the great arteries

Groupe de malformations congénitales du cœur caractérisé par l’inversion totale ou partielle de l’implantation cardiaque de l’aorte et de l’artère pulmonaire.
Il en existe de nombreuses variétés anatomiques et physiologiques, selon les positions respectives des gros vaisseaux, leur mode d’implantation cardiaque et l’association d’autres malformations cardiaques (défauts septaux et sténoses). La plupart de ces malformations sont incompatibles avec une vie prolongée, et leur correction chirurgicale précoce est impérative. Elle a bénéficié dans ces dernières années de progrès considérables, tant dans les techniques de correction, que dans la possibilité d’opérer et de réanimer de très jeunes enfants. C’est ainsi que beaucoup d’opérations palliatives utilisées naguère ont fait place à des opérations de correction chirurgicale complète réalisée dès la phase initiale de la vie avec d'excellents résultats à distance.
En obstétrique, la transposition des gros vaisseaux doit systématiquement être évoquée dans la surveillance d’une grossesse. Le diagnostic anténatal chez le fœtus doit être fait en échographie dès le 2e trimestre et une échocardiographie demandée pour en préciser les caractéristiques et le pronostic. Une prise en charge en urgence dès la naissance peut ainsi être organisée avec un cardiopédiatre et un chirurgien spécialisé. Une transposition peut être fréquemment associée à d'autres malformations cardiaques et peut être totale ou partielle. Elle peut faire partie du syndrome de DiGeorge et doit donc faire chercher sur le caryotype une délétion q11 du chromosome 22

A.M. DiGeorge, pédiatre américain (1968)

Syn. discordance ventriculoartérielle

transposition du langage l.f.

transposition of language

Modalité du langage comportant des associations de perceptions sensorielles auditives ou visuelles à des actions motrices manuelles ou phonatoires.
Sont décrites ainsi des transpositions : audiomanuelle (écriture sous dictée), audiophonatoire (répétition), visuomanuelle (écriture copiée) et visuophonatoire (lecture à voix haute).
Ces transpositions font partie de l'examen clinique de l'aphasique au même titre que l'expression orale, la compréhension orale, l'expression écrite et la compréhension du langage écrit.

→ orthophonie

transposition du médius vers le pouce, type Böhler l.f.

transplant of the middle finger to the thumb

Technique chirurgicale de remplacement du pouce par le médius  en y associant un transfert de l’index sur le site de prélèvement du médius.
 Ce procédé est utilisé pour compenser la perte du pouce après amputation en alternative à la transposition de l’index. Plus complexe que la transposition simple du médius  il permet un net élargissement de la première commissure améliorant la préhension et il donne un meilleur aspect esthétique en supprimant l’écart entre l’index et l’annulaire créé par la transposition du médius.

J. Böhler chirurgien autrichien (1958)

transposition musculaire (opération de) l.f.

Opération préconisée dans les paralysies oculomotrices.
Dans la paralysie du moteur oculaire externe, quand l’abduction reste nulle, les techniques les plus fréquemment utilisées sont l’opération de Jensen, l’opération d’Hummelsheim et l’opération d’O’Connor.
Le résultat en est relatif car l’abduction obtenue n’excède pas 15° et il existe un déséquilibre vertical séquellaire.

E. Hummelsheim, (1909), R. O’Connor (1917) et C. D. Jensen (1964),  ophtalmologistes américains

transposition musculaire oculomotrice l.f.

oculomotor muscle transposition

Transposition de la totalité ou d'une partie d'un ou de plusieurs muscles oculomoteurs entrainant un affaiblissement dans leur champ d'action normale, de manière à privilégier leurs actions secondaires.
De nombreuses techniques ont été décrites. Méthode de traitement des paralysies oculomotrices.

transposition non réplicative l.f.

non replicative transposition, conservative transposition

Mode de transposition dans lequel l'élément transposable n'est pas répliqué : il est excisé et s'insère dans un nouveau site.

→ excision, réplication, transposition réplicative

transposition ovarienne l.f.

transposition of the ovaries

Technique chirurgicale visant à éloigner les ovaires avec leur pédicule vasculaire principal de la région pelvienne vers les gouttières pariéto-coliques pour les protéger contre les risques d'une irradiation.
Proposée dans certains cancers du col utérin de stade I chez des femmes jeunes, comme premier temps thérapeutique avant la curiethérapie ou l'irradiation des chaines iliaques, l'intervention se pratique par laparotomie ou par cœlioscopie.

transposition réplicative l.f.

replicative transposition

Mode de transposition dans lequel l'élément transposable est répliqué : une copie est transposée au site d'insertion et l'autre copie reste sur le réplicon d'origine.
Cette réplication est indépendante de la recombinaison homologue ; elle passe par un stade de co-intégration des deux réplicons.

→ transposition non réplicative, résolvase

transposition viscérale l.f.

→ situs inversus

transposon n.m.

transposon

Séquence d’ADN capable de s’insérer dans un génome ou un plasmide et de se déplacer d’un site à un autre sur un même brin d’ADN ou sur un autre brin ("gêne sauteur").
Un transposon peut contribuer à des réarrangements de portions de génome et être ainsi à l’origine de nouveaux gènes . Lorsqu’un transposon se place dans un gène, celui-ci perd son activité.
Un transposon comporte à ses extrémités des séquences répétées inverses qui permettent l’insertion (séquence d’insertion). Il comprend le gène d’une transposase, enzyme nécessaire à la transposition. Il peut inclure différents gènes dans sa partie centrale, en particulier des gènes de résistance aux antibiotiques.
Certains transposons, hautement mutagènes, comme dans le maïs ou le riz, pourraient jouer un rôle important dans l’évolution des génomes.

→ transposon mutateur

[Q1]

Édit. 2017

transposon mutateur l.m.

mutator transposon

Tansposons très répandu dans des plantes évoluées, comme le maïs ou le riz, à l’origine d’un nombre élevé de mutations.

→ transposon

[Q1,Q2]

Édit. 2017

transscapholunaire (luxation-fracture) l.f.

trans scaphoïd, perilunate fracture dislocation

Lésion traumatique du poignet entrainant une fracture du scaphoïde et une luxation du carpe autour du semilunaire (os lunatum).

Étym. gr. trans : à travers ; scaphos : navire ; lat. lunatum : en forme de croissant

transsexualisme n.m.

transsexualism

« Condition d’hommes comme de femmes, sans anomalies biologiques constantes connues, qui ont le sentiment intense et pénible de ne pas être de leur sexe de naissance mais d’appartenir au sexe opposé ; les transformations corporelles qu’ils demandent en conséquence aux chirurgiens plasticiens et aux endocrinologues portent sur les signes sexuels primaires et secondaires et ont, pour les transsexuels, valeur de rectification. Aucun délire de type schizophrénique n’est détectable » (P.H. Castel).
Le transsexualisme est une « maladie » autodiagnostiquée (un ressenti), dont la thérapie est autoprescrite (forte demande d’un acte médical et chirurgical irréversible)  et dont le résultat est auto-évalué (après une telle transformation l’individu perd toute liberté d’évaluation autre que d’un succès), ce qui la rend extrêmement complexe à gérer médicalement, philosophiquement, du point de vue de l’éthique médicale et du point de vue juridique ( voir sur ces développements l’excellent article de P.H. Castel in « Dictionnaire de la pensée médicale » sous la direction de D. Lecourt, PUF édit. Paris 2004).
Le transsexuel souhaite un aboutissement total de sa démarche. En France il lui faut pour cela suivre un parcours complexe auprès d’un collège d’experts agrées : psychiatre qui éliminera toute comorbidité  psychiatrique du transsexualisme et endocrinologue qui seulement alors pourra entreprendre le traitement , ces deux praticiens devant assurer un suivi suffisamment prolongé (18 mois à 2 ans en moyenne) pour mettre le candidat au changement morphologique de sexe à l’épreuve de sa décision ; ce n’est qu’après cette première phase que le chirurgien pourra réaliser son intervention non sans avoir bien informé à nouveau son patient des gestes qui seront réalisés et de leur caractère définitivement irréversible. Toute proportion gardée la transformation d’un homme en femme, du moins dans sa morphologie externe, est chose relativement aisée à pratiquer. La transformation d’une femme en homme,  beaucoup plus rarement demandée, est de réalisation beaucoup plus complexe en ce qui concerne les organes génitaux externes. Surtout dans ce dernier cas il arrive que le postulant transsexuel interrompe de lui-même la série des opérations chirurgicales programmées. La fonction de procréation n’est bien évidemment jamais établie.
Au terme de cette transformation morphologique plus ou moins complète ou réussie (certaines sont remarquables), le transsexuel doit demander à un tribunal de grande instance son changement de sexe et de prénom sur les registres de l’état civil. Pour cela un collège d’experts (un psychiatre, un urologue et un chirurgien généraliste) sont commis par ordonnance du juge pour attester du changement de sexe apparent du demandeur. L’expertise porte tant sur l’état psychique que sur l’examen morphologique. En fonction des réponses données dans le rapport d’experts, le juge, seul compétent en la matière, rend son ordonnance en droit.
La découverte du gène SRY (Sex-determining Region of Y chromosome) sur le bras court du chromosome Y en Yp11.31, codant pour la proteine TDF (Testis-Determining Factor) a permis de comprendre certains aspects biologiques et génétiques du transsexualisme. La mutation ou l’absence du gène SRY chez l’homme XY entraîne un développement morphologique féminin. L’activation ou la translocation du gène SRY vers le chromosome X oriente le sujet XX vers une morphologie masculine ; l’identité sexuelle ressentie restant orienté en fonction des hormones circulantes.

P.H. Castel, psychanalyste français (2003) ;  M. Hirschfeld, médecin sexologue allemand (1910) ; H. Benjamin, endocrinologue et sexologue américain (1966)

Syn. syndrome de Benjamin

→ dysphorie de genre, homosexualité, uranisme, lesbianisme, saphisme, transvestisme, Benjamin (syndrome de), gène SRY

transsexuel  n.m.

Personne qui, à la suite d’un traitement médical et/ou d’une opération chirurgicale, ne possède plus tous les caractères de son sexe d’origine et a pris une apparence physique la rapprochant de l’autre sexe auquel correspond son comportement social.
Si le traitement a été subi dans un but thérapeutique (syndrome de Benjamin), la Cour de cassation considère que le principe du respect dû à la vie privée justifie que l’état civil de cette personne indique désormais le sexe dont elle a l’apparence et que le principe de l’indisponibilité de l’état des personnes ne fait pas obstacle à une telle modification.

H. Benjamin, endocrinologue et sexologue américain (1966)

→ transsexualisme

transsonore adj.

→ anéchogène

transsternal adj.

transsternal

Qui traverse le sternum.
L’abord chirurgical transsternal constitue la meilleure voie d’exposition du cœur, sous la forme d’une sternotomie médiane verticale totale, plus rarement d’une sternotomie partielle, ou d’une sternotomie transversale.

→ sternotomie

transsudat n.m.

transsudat

Œdème ou épanchement pauvre en protéines, résultant d'un transfert passif de liquide à travers les parois vasculaires, dans le tissu interstitiel ou les cavités séreuses.
Sa pauvreté en protéines l'oppose à l'exsudat.

Étym. lat. trans : à travers ; sudare : suer

→ œdème de stase, exsudat, Rivalta (réaction de)

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