Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

538 résultats 

thrombose de la veine porte l. f.

portal vein thrombosis

La thrombose de la veine porte avec ou sans extension aux branches portales droite et gauche est caractérisée par l’existence d’un thrombus d’apparition récente ou ancienne.
La thrombose peut s’étendre aux veines splénique, mésentérique et aux segments intrahépatiques.
La thrombose récente ou aigüe peut être asymptomatique ou se manifester par des douleurs abdominales aspécifiques, de la fièvre. Lorsque le foie est normal, non cirrhotique, la fonction hépatique est préservée, par l’augmentation compensatrice du flux sanguin artériel. Lorsque la thrombose concerne aussi la veine mésentérique, une ischémie intestinale peut survenir.
La thrombose ancienne est découverte devant une hypertension portale et un hypersplénisme.
Le thrombus peut être cruorique, néoplasique ou infecté.
Les causes les plus fréquentes, chez l’adulte, sont le carcinome hépatocellulaire dans le territoire porte concerné, la cirrhose à un stade le plus souvent avancée et chez l’enfant une omphalite néonatale ou une canulation de la veine ombilicale néonatale. Les autres causes  sont un foyer inflammatoire intra-abdominal dans les thromboses récentes ou aigues. Dans tous les cas, il faut rechercher une thrombophilie : syndrome myéloprolifératif, une mutation du facteur V Leiden, un déficit en protéine C ou S, en antithrombine III, un syndrome des antiphospholipides, la présence d’un anticoagulant circulant, une mutation du gène JAK2. Les causes pouvant être associées, le bilan de thrombophilie doit être fait dans tous les cas.
Le diagnostic repose sur l’imagerie qui permet de dater la survenue de la thrombose, de rechercher une cause locale  et de faire le bilan d’extension. L’échographie, examen de première intention, montre dans la veine porte un matériel échogène hyperdense. Le scanner est l’examen de référence qui met en évidence la thrombose veineuse et un signe très évocateur l’hyper-artérialisation à la phase artérielle avec une augmentation du calibre de l’artère hépatique. Lorsque la thrombose est récente, il n’y a pas de cavernome portal. Celui-ci se développe très rapidement, pouvant apparaître une semaine après la thrombose. Le traitement anticoagulant, une urgence thérapeutique, est poursuivi pendant 6 mois en cas de thrombose aigüe ou chronique, prolongé toute la vie en cas d’état prothrombotique ou d’extension à la veine mésentérique supérieure. Il faut y associer le traitement de la cause. Pour l’hypertension portale le traitement est celui des cirrhotiques.

→ cavernome portal

tonus néonatal l.m.

neonatal tone

Etat de tension des muscles des membres et du tronc du nouveau-né témoin de sa vitalité, l’hypotonie étant le signe d’une souffrance neurologique néonatale.
Coté de 0 (très perturbé) à 2 (normal) dans l’appréciation du score APGAR, il est vérifié plusieurs fois dans les minutes qui suivent la naissance. Il doit être complété par un examen neurologique comportant l’étude des réflexes archaïques et du tonus musculaire : tonus actif (la mobilité spontanée) et tonus passif, par étirement lent évaluant l’extensibilité musculaire et étirement rapide à la recherche d’une spasticité.
- Le nouveau-né normal présente une hypertonie relative des muscles fléchisseurs des membres par rapport aux extenseurs. Les segments de membre sont en légère flexion, la main est ouverte, les doigts un peu fléchis, le pouce vers la paume. Les doigts se ferment sur le doigt de l’examinateur (palmar grasp reflex). Les muscles axiaux ont un tonus très faible : la nuque et le rachis sont souples ; le nouveau-né ne peut ni tenir sa tête ni rester assis.
- En cas d’hypotonie, l’enfant paraît inerte, les membres supérieurs sont en extension, main ouverte ; les membres inférieurs sont en demi-flexion et rotation externe. L’extensibilité musculaire est excessive : les mouvements passifs sont de grande amplitude, la flexion du poignet dépasse 90° ; bras en adduction sur le thorax, le coude dépasse le milieu de la clavicule
- En cas d’hypertonie, l’extensibilité musculaire est limitée ; le membre supérieur est en hyper-flexion, la main est crispée. La raideur de la ceinture scapulaire se mesure lors de l’adduction du bras devant le thorax. Aux membres inférieurs les genoux sont en extension, l’abduction des hanches est limitée, le pied est en équin ou varus équin ; la nuque et le tronc sont raides.
Ces anomalies du tonus peuvent être uni ou bilatérales ; cette asymétrie est notée d’après les mouvements spontanés, le tonus musculaire et les signes de spasticité en particulier du triceps sural.

→ APGAR (score d'), grasping

toux férine  l.f.

Toux sèche, pénible, opiniâtre, parfois un peu rauque, incessante, pénible.
La toux férine est un signe classique de la rougeole, liée au catarrhe muqueux. Elle est presque constante, plus fréquente que les manifestations oculaires et nasales.  

Étym.  lat ; fera : bête sauvage

→ rougeole

[D1,P1]

Édit. 2018

trachyonychie n.f.

trachyonychia, rough nail

Anomalie de la surface de la tablette unguéale qui prend un aspect rugueux et gris opaque, l'ongle devenant fragile et fissuré à son bord libre.
Selon l'aspect de la tablette unguéale, on distingue deux types : le type 1 avec aspect grisé  et le type 2 avec aspect brillant et accentuation des crêtes longitudinales. La trachyonychie peut être soit secondaire à un agent externe, notamment chimique, ou à une dermatose dont elle peut n'être que le seul signe (pelade, lichen plan, psoriasis, etc.), soit être apparemment idiopathique, congénitale ou acquise, comme dans la "dystrophie des vingt ongles".

R. Baran et A. Dupré, dermatologistes français (1977)

Étym. gr. trachus : rude ; onyx : ongle

→ ongle grésé

triade de Hautant l.f.

Hautant’s set of three

Association de dysphagie douloureuse, emphysème cervical et fièvre qui signe la perforation œsophagienne.

A. Hautant, otorhinolaryngologiste français, membre de l’Académie de médecine (1877-1947)

→ perforation de l'ɶsophage

[L1]

Édit. 2015

trismus n.m.

trismus

Contracture des muscles masticateurs, bloquant l’ouverture de la mâchoire, d’abord intermittente puis permanente et irréductible, qui représente le symptôme inaugural du tétanos avant la généralisation des contractures.
Le trismus est aussi le résultat de l’atteinte infectieuse, inflammatoire ou tumorale des muscles masticateurs : ptérygoïdien médial et masséter. Signe non spécifique, il fait partie de la crise épileptique généralisée tonicoclonique. Il s'observe également dans les affections extrapyramidales : dystonies et dyskinésies.

Étym. gr. trismos : petit bruit aigu

troponine n.f.

troponin

Protéines du muscle strié attachées à la tropomyosine et nécessaires à la contraction : la troponine C, qui fixe le calcium, la troponine T, qui est fixée sur la tropomyosine, et la troponine I, dite inhibitrice, également fixée sur la tropomyosine.
La troponine C, de masse moléculaire 18 kDa, contient 159 acides aminés formant 4 boucles capables de fixer chacune un ion calcium. Sous l'effet du calcium, la protéine subit un changement de conformation qui se transmet aux autres troponines voisines et à la tropomyosine, qui déclenche l'interaction de l'actine avec la myosine. La troponine T, de masse moléculaire 30,5 kDa, contient 259 acides aminés portant 3 sites sérine phosphorylables par l'ATP. La troponine I, de masse moléculaire 20,9 kDa contient 178 acides aminés et sa présence module les réactions de phosphorylation du système.
Dans le myocarde existent deux isoformes spécifiques des troponines T (cTnT) et I (cTnI). Le dosage plasmatique de ces isoformes spécifiques est devenu le marqueur de référence pour le diagnostic des syndromes coronariens aigüs. Toute augmentation de ce marqueur au-delà du 99ème percentile d’une population de référence chez un patient souffrant de douleurs thoraciques signe un infarctus du myocarde. Des techniques de dosage de la cTNt à haute sensibilité (TnT hs), récemment mises sur le marché, permettent une détection très précoce de son élévation, mais au prix d’une diminution de la spécificité

→ infarctus du myocarde

trouble n.m.

trouble, complaint

Déficience d'une fonction dont une personne a sujet de se plaindre, compte tenu de ses manifestations : douleur, gêne à l'accomplissement de gestes ou de fonctions usuels, etc.
La notion de trouble est essentiellement subjective, elle vise plus une fonction que l'anatomie (une amputation n'est pas un trouble) ; elle est à l'origine de la plupart des appels au médecin. Le trouble s'oppose au signe qui est objectif.

Syn. symptôme

Trousseau (signe de) l.m.

Trousseau’s sign

Contracture des muscles de la main après compression sur l’avant-bras des vaisseaux et des nerfs, observée en cas de spasmophilie./
Quelques minutes après la pose d’un garrot, le pouce se place en adduction et les doigts, légèrement fléchis, se serrent les uns contre les autres, attitude qualifiée de « main d’accoucheur ». Ce signe témoigne d’un état d’hyperexcitabilité neuromusculaire. Il peut être sensibilisé par une épreuve d’hyperpnée provoquant une hypercapnie.
Une manœuvre comparable sur le membre inférieur provoque une contracture des muscles du pied qui se place en varus équin creux avec flexion des orteils.
De telles contractures peuvent être observées au cours d’une crise de tétanie (spasme carpopédal).

A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1861)

→ tétanie, main d'accoucheur, spasme carpopédal, hyperexcitabilité neuromusculaire

Trypanosoma cruzi

Trypanosoma cruzi

Trypanosome latinoaméricain, agent de la maladie de Chagas, existant chez l’Homme sous forme amastigote, immobile, localisée dans le système lymphomonocytaire et le myocarde.
Dans le sang périphérique, il se présente sous forme trypomastigote où il a l’aspect d’un trypanosome (flagellé) mais dont la membrane ondulante est moins marquée que dans les espèces africaines.
Chez l’insecte vecteur, une réduve, Trypanosoma cruzi est absorbé sous forme trypomastigote. Dans l’estomac de l’insecte, après un passage sous forme épimastigote (également observée en culture) se produit une multiplication sous forme promastigote. La forme épimastigote réapparaît dans l’intestin moyen et, dans l’intestin postérieur, il y a transformation en forme trypomastigote métacyclique infestante qui sera déposée sur la peau avec les déjections de l’insecte. Trypanosoma cruzi n’est en effet pas transmis par piqûre de la réduve. Il pénètre activement dans la peau par l’orifice de piqûre ou au niveau des muqueuses, en particulier oculaires (d’où le signe de Romaña).

C. Romaña, médecin argentin (1935)

trypanosomose africaine l.f.

african trypanosomiasis

Parasitose très grave de l’Afrique intertropicale, provoquée par des protozoaires sanguicoles flagellés, les trypanosomes, transmis par piqûre d’une mouche piqueuse, la glossine ou mouche tsé tsé.
La maladie évolue en deux phases : lymphaticosanguine puis neuroméningée, caractérisée par des paresthésies et des hyperesthésies (douleurs à la mastication, signe de Kérandel), des fibrillations musculaires puis des troubles du sommeil (troubles du rythme nyctéméral plus qu’hypersomnie).
À la phase la plus avancée, le malade est plongé dans un état de torpeur allant jusqu’à la léthargie. En l’absence de traitement, l’évolution est habituellement fatale. Des éléments aussi bien cliniques que thérapeutiques séparent les 2 formes de la trypanosomose africaine, dues respectivement, à Trypanosoma brucei gambiense (en Afrique occidentale ou centrale) ou à T. brucei rhodesiense (à l’est des Grands Lacs).

J-F. Kérandel, médecin militaire français (1873-1934)

tumeur du glomus carotidien l.f.

carotid body tumor

Paragangliome développé aux dépens du glomus carotidien .
Il se présente cliniquement comme une tuméfaction cervicale moyenne, transmettant les battements carotidiens. Rarement, la compression des nerfs crâniens X et XII, du sympathique cervical (signe de Claude Bernard Horner), de la veine jugulaire interne entraînent une sémiologie spécifique. Le diagnostic repose sur le scanner, l’IRM, l’artériographie. Le traitement est chirurgical.
Les tumeurs du corpuscule carotidien s’observent dans les cas d’hypoxémie chronique d’altitude ou d’hypoxémie secondaire à une bronchopneumopathie chronique, ou bien dans les observations d’hypertension artérielle systémique primitive. L’angiographie montre la tumeur hypervascularisée de la bifurcation carotidienne. L’évolution dépend de la permanence des causes, des régressions ont été décrites aprés retour au niveau de la mer ou traitement prolongé à l’oxygène.

Étym. lat. tumor : gonflement, glomus : pelote

→ paragangliome du corpuscule carotidien

Tzanck (cellule de) l.f.

Tzanck's cell

Cellule épidermique, ou kératinocyte, dystrophique, à cytoplasme basophile et à noyau monstrueux, dont la présence, en association avec une acantholyse intraépidermique, constitue un signe histocytologique fondamental des pemphigus auto-immuns.
Elle s'observe sur les frottis obtenus par raclage au vaccinostyle du plancher des bulles de pemphigus après coloration de May-Grünwald-Giemsa. Cette technique, appelée cytodiagnostic de Tzanck, permet un diagnostic rapide de pemphigus en montrant des plages de kératinocytes monstrueux et dissociés.

A. Tzanck, dermatologiste français (1947)

uréthrorrhée n.f.

urethrorrhea

Écoulement liquide non sanguin par l'urèthre en dehors de la miction.
Le liquide est plus ou moins épais, filant, visqueux et peut représenter du pus, des sécrétions des glandes uréthrales ou de la prostate, une sécrétion anormale de la muqueuse uréthrale, s'accompagnant ou non de douleurs uréthrales. C'est un signe d'uréthrite, aigüe ou chronique, vénérienne ou non.

→ uréthrite aigüe, uréthrite chronique, prostate

urgence médicale (stades de gravité de l') l.m.

medical emergency severity scale

L'un des quatre stades de gravité de l'état d'un patient permettant de faire un diagnostic sur le degré d'urgence d'une intervention médicale.
I) Période de latence ou urgence potentielle où il y a peu de signes attirant l'attention.
II) Apparition de signes cliniques, la douleur est souvent un signe d'alerte, on peut alors faire une approche diagnostique qui permet d'estimer un délai maximum tolérable avant d'entreprendre les soins.
III) Signes nets, la douleur est en général très présente, c'est souvent elle qui incite à donner l'alerte.
IV) Phase terminale de détresse, la douleur peut être très atténuée, mais si l'on ne fait pas les soins efficaces extrêmement rapidement (ex. 3 minutes pour un arrêt cardiocirculatoire), la mort (ou la perte de l'organe - ex. l'œil) est inéluctable.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence, urgence ressentie

urinome n.f.

urinoma

 Épanchement d'urine collecté dans le tissu cellulaire, le plus souvent rétropéritonéal.
Il est le signe d'une plaie ou d'une fistulisation d'un segment de la voie excrétrice urinaire, d'origine traumatique externe, iatrogène ou pathologique, infectieuse ou tumorale. Il nécessite souvent, en plus du traitement de sa cause, un drainage propre.

Étym. lat. urina (urine)

→ urine

uropéritoine n.m.

uroperitoneum

Épanchement d'urine dans la grande cavité péritonéale.
Il est le signe d'une plaie ou d’une fistule pathologique d'un segment de la voie excrétrice urinaire communiquant avec le péritoine. Son origine la plus fréquente est traumatique : rupture intrapéritonéale du dôme vésical, ou plaie iatrogène endoscopique de l'uretère. Il est susceptible de résorption spontanée après fermeture de la brèche en cause.

urticaire pigmentaire l.f.

urticaria pigmentosa

Forme la plus fréquente de mastocytose cutanée de l'enfant et de l'adulte, caractérisée par la survenue de maculopapules, lisses, non squameuses, de taille variable, rouge-violacé ou brunes, localisées préférentiellement sur le tronc, les membres et à un moindre degré sur la face, et dont la turgescence urticarienne provoquée par un frottement, a une valeur pathognomonique, ce qui réalise le signe de Darier, si elle ne déborde pas en peau saine avoisinante.
L’examen histologique montre un infiltrat dermique constitué de mastocytes reconnaissables à leurs granulations métachromatiques colorées en rouge par le bleu de toluidine.

E. Nettelship, dermatologiste et ophtalmologiste britannique (1869) ; F. J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1856-1928)

Syn. maladie de Nettleship (obs.)

→ urticaire, mastocytose, Darier (signe de).

[F3, J1]

Édit. 2019

utérus en sablier l.m.

constriction ring

Au cours du travail, aspect que prend l'utérus du fait de la dépression annulaire que constitue l'anneau de Bandl entre le corps utérin et le segment inférieur en train de se distendre.
Cet aspect est le signe d'une menace de rupture utérine.

L. Bandl, gynécologue autrichien (1876)

→ utérus, rupture utérine, Bandl (anneau de)

uvéite intermédiaire l.f.

intermediate uveitis

Inflammation de l'uvée, siégeant électivement au niveau de la base d'implantation périphérique du vitré.
On distingue des uvéorétinites basales (pars planitis, cyclites postérieures) et les choriorétinites périphériques. L'examen met en évidence une hyalite, signe essentiel, avec présence au verre à trois miroirs d'exsudats se présentant soit sous forme d'œufs de fourmis, soit sous celle de placards plus étendus. Une vascularite rétinienne est en règle associée. L'évolution est chronique avec réaction maculaire œdémateuse.

Syn. pars planite

→ uvéite

va-et-vient (bruit de) l.m.

to and fro murmur

Signe d’auscultation thoracique, c’est un frottement pleural ou péricardique rythmé par les mouvements de la respiration ou ceux du cœur.

→ frottement pleural, frottement péricardique

[K2]

Édit. 2019

ventilation maximale l.f.

maximum breathing capacity

Valeur maximale de la ventilation à une fréquence donnée obtenue par une excitation intense, volontaire ou toxique, des centres respiratoires.
Chez le sujet sain, la mécanique ventilatoire fonctionne comme un oscillateur à l'amortissement critique. Dans ces conditions, l'énergie musculaire maximale ayant la même limite constante pour chaque mouvement ventilatoire, le volume courant suit une loi exponentielle (à une approximation du deuxième ordre près), ce qui se vérifie bien expérimentalement : le volume courant maximal, Vmax, à la fréquence f est Vmax = Cv e- f/fo,
avec Cv la capacité vitale et fo la fréquence propre de la mécanique ventilatoire (environ 1,5 Hz = 90/min chez le sujet adulte normal). Elle a sa plus forte valeur pour la fréquence propre. Il en va autrement chez les malades atteints d'un syndrome obstructif (emphysème, etc.) parce que la résistance de la mécanique ventilatoire est plus grande à l'expiration. Cette augmentation des résistances expiratoires se voit par le signe du créneau, lors de l'exécution de l'épreuve de la ventilation maximale : le patient n'arrive plus à expirer normalement.
L'épreuve de ventilation maximale, très utilisée en Allemagne (Knipping) depuis plus de 60 ans, est pénible et difficile à faire exécuter correctement par les patients, mais elle correspond à une valeur essentielle pour l'évaluation de l'insuffisance ventilatoire. C'est pourquoi elle est remplacée par l'épreuve d'expiration forcée d'où l'on tire une valeur approchée dite «ventilation maximale indirecte».

L. Brauer, médecin allemand (1865-1951)

Étym. traduction de l'allemand Atemgrenzwert, «limite de la ventilation» (Brauer, 1932)

→ emphysème, insuffisance ventilatoire, VEMS, ventilation maximale indirecte, signe du créneau

ventilatoire (demande) l.f.

ventilatory demand

Valeur de la ventilation réglée par les influx issus des centres respiratoires.
Dans les conditions normales les centres respiratoires stabilisent la ventilation alvéolaire de manière à maintenir une PaCO2 voisine de 40 mm de Hg, ce qui correspond à une ventilation globale de l'ordre de 8 L/min au repos chez l'adulte.
Au cours de l'exercice musculaire, la consommation d'O2 et le rejet de CO2 augmentent considérablement ce qui entraîne un accroissement de la demande ventilatoire et une polypnée compensatrice en réponse. Mais, si l'effort est trop intense, la mécanique ventilatoire ne peut satisfaire la demande : c'est l'essoufflement qui dure jusqu'à ce que l'excès de CO2 soit éliminé.
En pathologie dans des situations diverses (hypoxie modérée ou acidose principalement, certaines intoxications) les centres respiratoires, s'ils sont normaux,  augmentent la demande ventilatoire pour compenser l'acidose (ex. respiration de Kussmaul) et augmenter la PAO2 ; mais si la demande est trop forte pour la mécanique ventilatoire la dyspnée apparaît. Par contre, lorsque les centres respiratoires sont déprimés (intoxications, forte hypercapnie, hypoxie prolongée, etc.) la demande ventilatoire devient faible ; elle peut même devenir nulle : c'est alors l'apnée rapidement suivie de l'arrêt cardiaque si une réanimation efficace n'est pas immédiatement entreprise.
Lors de la ventilation artificielle tout signe de dyspnée (battement des ailes du nez, lutte contre le respirateur, etc.) indique que la demande ventilatoire n'est pas satisfaite : il suffit, si c'est possible, d'augmenter la ventilation fournie pour satisfaire les besoins et faire cesser la dyspnée. Le contrôle du temps d'apnée permet d'éviter l'hyperpnée.

Étym. lat. ventilatio : aération (terme d'architecture), repris par Gréhant (1860) en physiologie

→ dyspnée, ventilation artificielle, Kussmaul (respiration de), apnée, hyperpnée

vertèbre borgne l.f.

one eye vertebra

Sur une radiographie du rachis de face, l'image des pédicules étant comparée aux yeux d'une vertèbre, absence de visibilité de l'un d'eux.
Cet aspect correspond essentiellement à une métastase. Il est plus rare dans le myélome multiple car le pédicule est pauvre en moelle rouge (signe de Jacobson).
La destruction du pédicule doit être distinguée de son absence congénitale.

H. G. Jacobson, médecin radiologue américain (1958)

Étym. lat. vertebra : vertèbre, de vertere : tourner

→ métastase, myélome

[F1, F2, I1]

Édit. 2019

vertèbre cunéiforme l.f.

wedge vertebral body

Sur une radiographie de profil du rachis, aspect trapézoïdal d'un corps vertébral dont le bord antérieur est diminué alors que son bord postérieur garde une hauteur normale.
Il signe une fracture tassement vertébrale d'origine habituellement ostéoporotique.

Étym. lat. vertebra : vertèbre, de vertere : tourner Syn. vertèbre en coin.

→ ostéoporose

[I1]

Édit. 2019

| page précédente | /22 | page suivante