consentement aux soins en psychiatrie l.m.
consent to care in psychiatry
Le consentement de tout malade (ou de son représentant) devant être libre, éclairé et exprès, le refus ou la crainte de soins psychiatriques est souvent le fait de personnes qui en ont le plus grand besoin par suite du déni qui caractérise les troubles mentaux majeurs.
La loi du 27 juin 1990 a adopté les principes de l'"hospitalisation libre" et de l'hospitalisation "sans consentement". Effectuée sur demande d'un tiers ou d'office, dérogatoire au droit commun, cette dernière a pour but essentiel de pouvoir imposer au patient les soins nécessités par son état, en recherchant toutefois aussitôt que possible le maximum de participation de sa part, en particulier chez les psychotiques, grâce à une information appropriée.
Le psychiatre doit tenir compte de l'avis de l'incapable majeur et, dans certains cas précisés par le juge, recueillir le consentement de ses représentants légaux. S'il y a litige, il peut saisir le procureur de la République.
Lors d'une urgence, surtout de crise suicidaire, et quels que soient le niveau de conscience et l'attitude du sujet, il doit porter assistance à la personne en péril et, au besoin, tenir une position ferme vis-à-vis des proches, souvent enclins à banaliser le geste.
[H3,E3]
contre-tranfert en psychiatrie n.m.
counter-transference
Ensemble des manifestations, conscientes et inconscientes, de l'analyste en réaction au transfert de l'analysant. Il ferait obstacle au bon déroulement de la cure qui, de ce fait, pourrait se trouver en impasse.
S. Freud n'a développé ce concept qu'en de très rares endroits de son œuvre. Cependant, il en a posé les enjeux fondamentaux : l'analyste doit être analysé et ses résistances internes constituent les limites de son acte. La dérive de certains auteurs postfreudiens a mis la notion de contre-transfert au centre de la cure, considérée comme une relation intersubjective où la communication se ferait d'inconscient à inconscient. Cette conception symétrique du transfert est fortement critiquée, principalement après les travaux de J. Lacan, qui en montrent la dimension imaginaire. La place que doit tenir l'analyste dans le dispositif de la cure n'est pas d'être sujet, en miroir de l'analysant, mais bien plus d'y faire fonction d'objet, essentiellement manquant.
[H3]
créativité, personnalité et psychiatrie l.f.
creativeness, personality and psychiatry
Depuis l'Antiquité la fréquence des troubles mentaux est soulignée chez les personnes réputées par leur créativité, voire leur génie.
Chez ces personnalités, il s'agit souvent d'aînés ou d'enfants uniques, au statut d'orphelin, élevés dans une famille de haut niveau intellectuel mais fréquemment perturbée, formés par des maîtres éminents, disposant d'une grande puissance de travail et ouverts à la relation.
Sur le plan psychiatrique, et par rapport à la population générale, sont observés principalement : des troubles divers de la personnalité, des états dépressifs et/ou anxieux ainsi que des oscillations sévères de l'humeur, des tendances alcooliques et/ou toxicomaniaques. Les écrivains (romanciers, poètes) sont les plus touchés.
La fonction inventive au sens général paraît n'avoir que de faibles corrélations avec les quotients intellectuels classiques.
[H3]
crise en psychiatrie l.f.
crisis in psychiatry
Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.
H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)
[H3]
cybernétique et psychiatrie l.f.
cybernetics and psychiatry
Science des systèmes dans lesquels l'effet obtenu agit à son tour, par rétroaction, sur les mécanismes provoquant cet effet, afin d'obtenir un résultat constamment adapté au but désiré.
En psychiatrie, ses applications ont permis, par exemple, à G. Bateson une meilleure compréhension des systèmes humains, surtout des groupes familiaux. Les domaines thérapeutiques de la rétroaction, ou biofeedback, se sont diversifiés. Intéressantes sont également certaines confluences entre cybernétique et neurolinguistique.
G. Bateson, anthropologue et psychologue américain (1904-1980)
Étym. gr. : kubernêkê : art de gouverner)
[B1,H3]
dangerosité en psychiatrie l.f.
degree of danger in psychiatry
Dangerosité pour soi-même ou pour autrui justifiant le recours aux mesures de rétention administrative.
Cette notion de dangerosité a toujours été, dans l'opinion publique, liée à la maladie mentale. Elle a conduit à la mise en place d’un dispositif légal prévoyant des mesures de rétention administrative pour les patients réputés dangereux (hospitalisations d'office). En fait, elle reste marginale sur le plan social : 2 p.100 des crimes et délits sont effectués par des malades mentaux. Le taux global de suicide reste relativement faible, après un crime, chez les psychotiques. La justice s'est donc préoccupée à l'excès d'évaluer la dangerosité potentielle des malades mentaux en questionnant les experts. Or l'état dangereux criminologique domine très largement la dangerosité liée à la pathologie et il existe à ce propos une ambigüité constante. Les actes criminels sont souvent plus impressionnants, dans la mesure où ils sont imprévisibles, et leurs récidives s'avèrent plus nombreuses. Aussi, dans ce domaine est-ce « la probabilité de conduites agressives, violentes ou dominatrices faisant courir à autrui un risque d'atteinte physique, psychologique ou matériel" ainsi que le risque de récidive qui seront surtout retenus.
Étym. vieux fr. dangier : état de celui qui est à la merci d'un maître (lat. populaire dominiarium : pouvoir de dominer, lat. dominium : droit de propriété)
déplacement en psychiatrie l.m.
displacement
Passage de l'énergie d'investissement d'une représentation à une autre, liée à la première par une chaîne associative.
Notion présente dès les premières élaborations théoriques de S. Freud sur les névroses, le déplacement, qui appartient essentiellement au processus primaire, a fait l'objet d'une description complète à propos du rêve. Un élément anodin ou saugrenu du contenu manifeste du rêve se révèle lié dans le contenu latent à un élément destiné à rester caché.
Le déplacement favorise les autres mécanismes de la formation du rêve : la condensation et la figurabilité, et il intervient aussi au niveau de l'élaboration secondaire sous l'effet de la censure. Dans la phobie, il intervient comme mécanisme défensif permettant de circonscrire l'angoisse.
désensibilisation systématique en psychiatrie l.f.
systematic desensitization in psychiatry
Stratégie de thérapie comportementale utilisée pour affaiblir progressivement une réponse anxieuse, et ce par le biais d'une autre réponse antagoniste.
Le concept d'inhibition réciproque (J. Wolpe) en est la base théorique majeure : inhibitrice de réponses comme l'alimentation ou l'état de relaxation, la réponse à base d'anxiété peut à son tour être inhibée par ces autres types de réponses. Il est donc possible de faire perdre au stimulus anxiogène sa capacité à déclencher de l'anxiété, par un processus s'apparentant à celui du conditionnement classique.
Dans le cadre d'un trouble phobique, le déroulement de cette technique est habituellement le suivant : après avoir suivi une relaxation qui lui permette de déclencher une réponse physiologique antagoniste de celle de l'anxiété, le sujet dresse une liste hiérarchisée de stimulus anxiogènes ; en état de relaxation, inhibitrice de l'anxiété qui pourrait naitre de cette confrontation, il s'expose progressivement en imagination à ces situations, qui sont ainsi "neutralisées" et "désensibilisées" au fur et à mesure.
D'autres types de réponse que la relaxation ont pu être proposés pour inhiber la réponse anxieuse, comme l'activité ludique chez l'enfant, ou même sexuelle chez l'adulte.
Longtemps considérée comme le traitement de référence des troubles phobiques, cette technique est encore largement utilisée dans les phobies simples. Mais pour ce qui concerne de nombreuses autres formes comme l'agoraphobie et les phobies sociales, on lui préfère maintenant les thérapies d'exposition ou cognitives.
J. Wolpe, psychiatre américain (1915-1997)
désinhibition en psychiatrie l.f.
disinhibition in psychiatry
Diminution ou dispartition de l'inhibition quelle que soit l'acception de ce terme, notamment émotionnelle, fantasmatique, motrice, volitionnelle et/ou de la censure, surtout sexuelle.
Spontanée, elle est relevée principalement dans les états maniaques, certaines schizophrénies de type hébéphrénique, des démences, des arriérations mentales, des troubles de la personnalité et quelques formes d'épilepsie.
Thérapeutique, dépendant souvent du tableau clinique mais aussi de la posologie, elle peut être due aux anxiolytiques (avec même excitation benzodiazépinique possible), à des antidépresseurs, à des antipsychotiques, surtout ceux dits "atypiques" à faibles doses, et a fortiori aux psychodysleptiques. Certaines psychothérapies, voire la narcoanalyse, peuvent avoir une action désinhibitrice.
essai thérapeutique en psychiatrie l.m.
therapeutic trial in psychiatry
Méthode d’évaluation d’une stratégie thérapeutique le plus souvent médicamenteuse.
L’essai thérapeutique doit remplir les conditions de la loi sur la protection des personnes (Directives européennes 2004) et être conduit en accord avec les « bonnes pratiques cliniques ». Le Comité de protection des personnes décide s’il peut concerner des patients hospitalisés sans leur consentement (hospitalisation à la demande d’un tiers, hospitalisation d’office). Les critères d’inclusion peuvent être à la fois qualitatifs (critères permettant de définir l’appartenance à une catégorie diagnostique) ou quantitatifs (intensité des symptômes mesurée à l’aide d’une échelle quantitative).
La mesure du résultat obtenue par la thérapeutique testée sur les symptômes psychiques ou comportementaux se fait à l’aide d’échelles de mesure d’intensité de la symptomatologie cible du traitement à l’étude (hétéro évaluation ou auto-évaluation) ou d’outils supposés apprécier indirectement l’action thérapeutique et ses effets indésirables (adaptation sociale, qualité de vie), dont on mesure l’évolution. S’agissant des médicaments, les études de phase 2 se font versus placebo, les études de phase 3 versus comparateur, le plus souvent en groupes parallèles randomisés en double aveugle.
D’autres critères de jugement que symptomatiques sont volontiers choisis pour les études post AMM ou de phase 4 : qualité de vie, adaptation sociale.
L’évaluation de certaines formes de psychothérapie peut être rendue difficile lorsque le but thérapeutique dépasse l’aspect purement symptomatique du trouble mental.
[G3,E1,H3]
Édit. 2018
hypersomnie et psychiatrie l.f.
hypersomnia and psychiatry
Tendance pathologique à l'exagération du sommeil ou à des plaintes concernant son excès, liée à une affection psychiatrique.
À cet égard, la classification internationale des troubles du sommeil (ICSD, édition 1990) fait seulement mention d'une somnolence diurne excessive associée à divers troubles psychiques : psychoses, troubles anxieux, troubles de l'adaptation. Plus généralement, la différenciation d'une hypersomnie psychiatrique et organique n'est pas toujours facile.
→ hypersomnie dépressive, psychogène et névrotique
iatrogénie en psychiatrie l.f.
iatrogeny in psychiatry
Création ou aggravation de troubles morbides par des techniques diagnostiques, des traitements biologiques ou une relation inadaptée.
En psychiatrie, peuvent être iatrogènes : certains procédés d'investigation vécus comme agressifs ; les divers effets secondaires au long cours des psychotropes ; la dépendance aux benzodiazépines ; les altérations psychiques induites par une hospitalisation prolongée (asilisme, "névrose institutionnelle") ; les névroses de transfert interminables lors de certaines psychanalyses ; les décompensations de divers niveaux suscitées ou favorisées par des psychothérapies non indiquées et/ou mal conduites ; plus généralement, une attitude rejetante ou au contraire fusionnelle, sans critique ni maitrise du mouvement identificatoire, de la part du thérapeute.
Pour s'en tenir au plan individuel, une information et un apprentissage suffisants, éventuellement une formation avec implication personnelle, sont indispensables au soignant.
imagerie cérébrale et psychiatrie l.f.
cerebral imaging and psychiatry
Ensemble de techniques récentes d'exploration morphologiques, dites aussi structurales (tomodensitométrie, ou scanographie, et imagerie par résonance magnétique) ; fonctionnelles (tomographie par émission de positons, tomographie par émission monophotonique et spectroscopie par résonance magnétique) ; ou bien portant sur les neurorécepteurs cérébraux.
Très riches, les informations qu'elles donnent à la psychiatrie ne sont pas toujours concordantes.
Bien qu'onéreuses et parfois anxiogènes, elles sont indispensables lorsqu'existe un doute concernant une organicité : tumeur frontale manifestée par un syndrome dépressif, syndrome obsessionnel avec nécrose des noyaux gris centraux, etc.
Dans les démences, elles facilitent le diagnostic différentiel avec une dépression pseudodémentielle et celui de causes curables (hématome sous-dural, p. ex.). Une atrophie hippocampique précoce serait constante dans la maladie d'Alzheimer, de même qu'une atrophie et un hypodébit focaux dans la démence frontotemporale.
Les anomalies diverses constatées dans les schizophrénies ne plaident guère pour leur unité. Par ces méthodes, il a été montré que la majorité des antidépresseurs peuvent modifier le nombre et la sensibilité des récepteurs aux neurotransmetteurs, notamment de certains sous-types de récepteurs.
Étym. lat. imago : image, représentation
→ schizophrénie (imagerie cérébrale)
immunologie et psychiatrie l.f.
immunology and psychiatry
inanition et psychiatrie l.f.
inanition and psychiatry
Détresse physiologique extrême par défaut de nourriture du fait d'une maladie mentale.
Elle est surtout liée à un refus d'aliments systématique et prolongé, rencontré dans l'anorexie mentale, les états mélancoliques, certains délires de persécution et d'autres comportements négativistes (catatonique en particulier).
L'inanition, principalement en eau, dont on sait que les pertes ne se réparent pas, peut entraîner rapidement un état confusionnel, puis des séquelles psychiques bien difficiles à distinguer de la pathologie mentale de base. Elle représente une urgence. Des observations classiques ont mentionné la prévention d'une évolution fatale par l'emploi d'opiacés, notamment du laudanum, par l'hypnose, ou même l'extase, les états de transe, la léthargie hystérique. Des peptides opioïdes endogènes, dont le rôle est mieux connu dans la réduction centrale de l'appétit, pourraient alors entrer en jeu.
→ faim (grève de la), kwashiorkor et psychiatrie, sitiophobie
information en psychiatrie (traitement de l') l.m.
data processing in psychiatry
informatique et psychiatrie l.f.
computer and psychiatry
Science et technologie de traitement de l'information s'appliquant à la psychiatrie dans certaines conditions.
En dehors des tâches quotidiennes de gestion (activité d'un secteur psychiatrique, consultations, archivage des dossiers, etc.), elle peut permettre ou faciliter :
- l'organisation des données pour les recherches, avec saisie des "outils d'évaluation" (cliniques, certes le plus souvent subjectifs, ou objectifs testologiques, biologiques, etc.) et prise en compte des critères de recherche (groupes de sujets, séquences dans le temps, etc.) ;
- plus particulièrement, l'évaluation cognitive par interaction avec l'ordinateur (standardisation des méthodes, calcul fin du temps de réaction par des épreuves de mémoire visuospatiale, recueil automatisé des résultats, etc.) ;
- les études épidémiologiques, qui concernent surtout la santé mentale et doivent respecter les aspects éthiques tels que l'anonymat, définis notamment par la commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).
→ intelligence artificielle et psychiatrie
insulinothérapie en psychiatrie l.f.
insulinotherapy, Sakel’s treatment
Induction de comas hypoglycémiques par de fortes doses d'insuline, devenue exceptionnelle.
Moins profonds car produits par des posologies plus faibles, les "chocs humides" sont encore rarement employés.
C'est seulement à des états schizophréniques résistant aux diverses formes de prise en soins que peut rester appliquée aujourd'hui la cure de Sakel. Elle nécessite un personnel qualifié et une organisation adaptée. Le temps majeur semble se situer dans la relation corporelle et verbale soignant-soigné si particulière qui caractérise le réveil par resucrage.
Les "chocs humides" entraînent seulement une sudation et une sensation de faim. À la faveur de la régression ainsi produite, ils semblent avoir gardé pour indications certains états névrotiques ou dépressifs rebelles.
M. Sakel, psychiatre et neurophysiologiste austrohongrois (1937)
Étym. lat. insula : île
Syn. cure de Sakel
intelligence artificielle et psychiatrie l.f.
artificial intelligence and psychiatry
Ensemble des tentatives entreprises afin de comprendre et imiter l'activité psychique de l'homme et ses troubles.
Il s'agit de faire passer l'ordinateur d'un mode de fonctionnement séquentiel supposant des programmes préétablis, qui traitent les données et les stockent en mémoire, à des réseaux artificiels de neurones sur l'ensemble de leur connexions.
L'homme ne sachant pas mémoriser des données passives, sa mémoire n'est qu'active, modificatrice ; elle est à la fois infidèle et créatrice (M. Ohayon, 1989). La "machine à connexions" réaliserait un stockage "dans une structure de données actives ».
La notion selon laquelle l'ordinateur peut égaler, voire dépasser les processus de la pensée humaine fait l'objet de critiques et de réserves pour l'avenir. Ainsi, R. Penrose s'y oppose, avec l'argument principal selon lequel une partie riche et utile des mathématiques ne pourrait être traitée par l'informatique. A fortiori, il ébauche une théorie qui tend à relier la relativité, la physique quantitative et les phénomènes d'intelligence et de conscience. De tels concepts sont très discutés.
D. W. Hillis, inventeur, ingénieur, scientifique, auteur américain (1985) ; M. M. Ohayon, épidémiologiste américain (1989) ; R. Penrose, mathématicien britannique (1989)
Étym. lat. intelligere : comprendre.
intersectorialité en psychiatrie l.f.
intersectorial trends in psychiatry
Mise en place de réseaux et d'organisations centrés sur des activités répondant à des manifestations pathologiques spécifiques.
Les structures intersectorielles peuvent pallier les insuffisances de moyens rencontrées dans l'organisation prévue par l'arrêté du 14 mars 1986. En fonction des centres d'intérêt majeurs de chaque secteur, il peut s'agir, p. ex., d'unités intersectorielles de crise, de gérontopsychiatrie, de traitement des toxicomanies et de soins pour malades difficiles, qui sont mis à la disposition des secteurs voisins.
Plutôt que l'organisation de départements ou de fédérations plurisectoriels, source probable de flou administratif, financier et médical, de confusion de rôles et de responsabilités, le secteur pourrait ainsi rester à l'échelle humaine et le patient bénéficier de structures de soins intra- et extrahospitalières diversifiées, mieux adaptées aux besoins de sa prise en soins.
kwashiorkor et psychiatrie l.
kwashiorkor and psychiatry
Malnutrition protéinocalorique globale apparaissant au sevrage, cause importante de mortalité infantile dans les pays en voie de développement, considérée également comme à haut risque psychiatrique (H. Collomb et S. Valantin).
Du fait des divers signes somatiques et principalement du retentissement peu gratifiant pour la mère des troubles du développement psychomoteur et de l'apathie avec prégnance et tristesse, une sorte de "malnutrition affective" peut s'installer. Un rapprochement avec l'"hospitalisme" occidental a été envisagé. En Afrique, l'urbanisation récente et de nouvelles formes d'organisation familiale, culturelle et sociale peuvent aussi entrer en ligne de compte, de même, a contrario, que la perspective traditionnelle d'une faute commise contre la loi et l'ordre édictés par les ancêtres.
H. Collomb, psychiatre et S. Valantin, psychologue français (1980)
→ enfant-ancêtre, mort brutale et ethnologie
liaison (psychiatrie de) l.f.
liaison psychiatry
linguistique et psychiatrie l.f.
linguistics and psychiatry
Selon la psycholinguistique, étude des rapports entre les structures linguistiques et les processus psychologiques de production et de compréhension de la pensée, et la sociolinguistique, examen de la relation entre le langage et les groupes sociaux, qui ont permis une meilleure approche, notamment cognitive, des troubles de la communication dans les psychoses de l'enfant et de l'adulte.
Du moins chez l'adulte, de nombreux patients gardent une expression verbale intacte. Dans le cas contraire, surtout dans les accès maniaques, le groupe des schizophrénies et les états démentiels, la transgression des règles de la "double articulation" (L. Hjelmslev) paraît constituer un trouble commun et se retrouver à l'origine de l'interprétable (G. Lantéri-Laura et L. Del Pistoia).
L. Hjelmslev, linguiste danois (1963) ; G. Lantéri-Laura, psychiatre français et L. Del Pistoia, psychiatre italien (1968)
mérycisme en psychiatrie l.m.
merycism and psychiatry
Affection rare, caractérisée, après un séjour plus ou moins long des aliments dans l'estomac, par leur retour dans la bouche pour y être remâchés puis avalés de nouveau.
Ce comportement aberrant répété survient chez le nourrisson de six à huit mois lorsqu'il se croit seul, s'enfermant alors, comme étranger au monde, dans un état de retrait. S'il se pérennise, il peut entraîner une dénutrition sévère, mettant parfois en jeu le pronostic vital. On relève souvent d'importants facteurs de carence affective (hospitalisme, mère dépressive, etc.). Le mérycisme de l'adulte peut s'observer surtout chez les boulimiques et les arriérés profonds.
Étym. . gr. mêrukomai : je rumine
Syn. rumination
modèles expérimentaux et psychiatrie l.f.p.
experimental patterns and psychiatry
De nombreuses incertitudes sur l'extrapolation à l'Homme de modèles animaux, comportementaux ou pharmacologiques, compliquent la recherche psychiatrique.
Ainsi, chez les rongeurs, les plus utilisés, la diminution du renforcement de l'appui sur un levier pour la nourriture peut être interprétée comme une perte de l'appétit, une déficience motrice, une perturbation psychomotrice générale ou une détérioration des mécanismes de récompense et de punition. Si bien que, par analogie avec l'Homme, une "dépression", une "angoisse", une "obsession" ou les effets d'un comportement de compétition peuvent être envisagés.
Une des critiques formulées porte sur la réduction de ces modèles à des comportements élémentaires (aboulie, impulsivité, irritabilité, etc.), a contrario transnosographiques, qui sont loin de couvrir la richesse pathologique du sujet souffrant.
Une grande prudence dans l'interprétation de ces modèles s'impose, en particulier lorsqu'il s'agit de les transposer à la clinique sous forme de "symptômes cibles" lors des essais de psychotropes. Un autre hiatus apparaît lorsqu'on s'attache, sur la base de mécanismes d'action présumés d'un médicament, à proposer des modèles neurochimiques de certaines maladies mentales.
→ psychose et névrose expérimentale, recherche en psychiatrie