Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1074 résultats 

échelle de la douleur de l'enfant Gustave Roussy l.f.

Evaluation de la douleur, après une observation de 4 heures, selon 10 items cotés de 0 à 4 qui se regroupent en 3 parties.

ITEM Cotation 0 Cotation 1 Cotation 2 Cotation 3 Cotation 4
1. Position antalgique
au repos
absence de position antalgique : l'enfant peut
se mettre n'importe comment.
l'enfant semble éviter certaines positions. l'enfant évite certaines
positions mais n'en paraît pas gêné.
l'enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement. l'enfant recherche
sans succès
une position
antalgique
et n'arrive
pas à être bien
installé.
2. Manque d'expressivité l'enfant est
vif, dynamique, avec un visage animé.
l'enfant paraît
un peu terne, éteint.
au moins un
des signes suivants : traits du visage peu expressifs,
regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent.
plusieurs des signes ci-dessus sont nets. visage figé,
comme agrandi.
Regard vide.
Parle avec effort.
3. Protection spontanée des zones douloureuses l'enfant ne montre aucun souci de se protéger. l'enfant évite
les heurts violents.
l'enfant
protège son corps,
en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher.
l'enfant se préoccupe visiblement
de limiter
tout attouchement d'une région de son corps.
toute l'attention
de l'enfant est
requise pour
protéger la zone atteinte.
4. Plaintes somatiques pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal. Plaintes "neutres" : - sans expression affective
(dit en passant "j'ai mal") ;
- et sans effort pour le dire
(ne se dérange pas exprès).
au moins
un des signes suivants :
- a suscité la question
"Qu'est-ce que
tu as, tu as mal ?";
- voix geignarde pour dire qu'il a mal;
- mimique expressive accompagnant la plainte .
en plus de la cotation 2, l'enfant :
- a attiré l'attention
pour dire qu'il
a mal;
- a demandé
un médicament.
c'est au milieu
de gémissements, sanglots
ou supplications
que l'enfant dit qu'il a mal.
5. Attitude antalgique dans le mouvement l'enfant ne présente
aucune gêne
à bouger tout
son corps.
Ses mouvements sont souples et aisés.
l'enfant montre une gêne,
un manque
de naturel
dans certains de ses mouvements.
l'enfant
prend des précautions
pour certains gestes.
l'enfant
évite
nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention.
l'enfant
doit être aidé,
pour lui éviter
des mouvements
trop pénibles.
6. Désintérêt pour le monde extérieur l'enfant
est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement,
peut fixer
son attention
et est capable
de se distraire.
l'enfant s'intéresse
à son environnement mais sans enthousiasme.
l'enfant s'ennuie facilement
mais peut
être stimulé.
l'enfant
se traîne, incapable de jouer, il
regarde passivement.
l'enfant est apathique et indifférent à tout.
7.Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mobilisation passive) l'enfant se
laisse mobiliser
sans y accorder d'attention
particulière.
l'enfant a un regard attentif quand on le mobilise. en plus
de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant.
en plus
de la cotation 2, l'enfant retient
de la main
ou guide les gestes du soignant.
l'enfant
s'oppose
à toute initiative du soignant
ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord.
8. Localisation de zones douloureuses par l'enfant Pas de localisation :
à aucun moment,
l'enfant ne désigne
une partie de son
corps comme
gênante.
l'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision. en plus de la cotation 1, l'enfant montre avec un geste vague cette région. l'enfant
désigne avec
la main une région douloureuse précise.
en plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur.
9. Réactions à l'examen des zones douloureuses aucune réaction déclenchée
par l'examen.
l'enfant manifeste,
juste au moment où on l'examine, une certaine réticence.
lors de l'examen,
on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire.
en plus de la cotation 2,
l'enfant change
de couleur, transpire,
geint ou
cherche à arrêter l'examen.
l'examen,
de la région douloureuse est quasiment impossible,
en raison des réactions de l'enfant.
10. Lenteur et rareté des mouvements les mouvements
de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés,
et lui apportent
un certain plaisir.
l'enfant est
un peu lent, et bouge sans entrain.
un des signes suivants : - latence du geste, - mouvements restreints, - gestes lents; - initiatives motrices rares. plusieurs
des signes
ci-dessus
sont nets.
l'enfant est comme figé, alors que
rien ne l'empêche de bouger.

 

Annie Gauvain-Piquard, pédiatre française (1991)

Réf. Gauvain-Piquard A., Rodary C., Lemerle J. :Une échelle d’évaluation de la douleur du jeune enfant. Journées parisiennes de pédiatrie 1991:95‐100

[F2, O1]

Édit. 2019

échelle objective d'évaluation de la douleur chez l'enfant l.f.

objective pain scale

Échelle adaptée à l'évaluation de la douleur chez l'enfant de 1 à 5 ans.
L'échelle comprend 5 items cotés de 0 à 2, dont la somme donne le score (maximum 10).
-
Augmentation de la pression artérielle systolique par rapport à la valeur préopératoire
<10%-->0
de 10 à 20 %-->1
de 20 à 30 %-->2
- Pleurs
pas de pleur-->0
présents, mais enfant consolable-->1
présents, mais enfant inconsolable-->2
-
Mouvements (un enfant immobile et prostré peut avoir une douleur majeure)
enfant calme et endormi-->0
agitation modérée, ne tient pas en place-->1
agitation désordonnée et intense, peut se faire mal-->2
-
Comportement
enfant endormi ou calme-->0
contracté, voix tremblante, accessible aux tentatives de réconfort-->1
non accessible aux tentatives de réconfort, apeuré, accroché aux bras de ses parents ou d'un soignan-->2
-
Expression verbale ou corporelle localisée
endormi ou calme-->0
exprime une douleur modérée non localisée (inconfort global ou position jambes fléchies sur le thorax, bras croisés sur le corps)-->1
douleur localisée verbalement ou désignée par la main ou position jambes fléchies sur le tronc poings serrés, l'enfant porte sa main vers une
 zone douloureuse ou cherche à la protéger-->2

Sigle OPS

[H1, O1]

Édit. 2019

névrotiques (troubles) de l'enfant l.m.

neurotic disorders in childhood

Ils posent des problèmes différents de ceux concernant l'adulte, la souffrance intrapsychique faisant partie du développement normal de l'enfant.
Il convient de différencier :
- la névrose infantile : organisation habituelle du fonctionnement psychique, nécessaire au développement de l'enfant, variable chez chacun. Telles sont les manifestations phobiques, obsessionnelles, corporelles, "hystéroïdes", qui sont transitoires et disparaissent lorsque l'enfant a dépassé la situation conflictuelle dans laquelle il se trouvait ;
- la névrose de l'enfant : pathologie avérée, non transitoire, qui n'apparait pas avant l'âge de trois à quatre ans et découle de la non-résolution des conflits dus au développement de l'enfant. Tels sont les troubles névrotiques à dominante anxieuse, phobique, obsessionnelle ou avec prépondérance des inhibitions ;
- la dépression névrotique ;
- les pathologies névrotiques de la personnalité ;
- les troubles névrotiques avec perturbations prédominantes des fonctions instrumentales.
L'évolution des troubles névrotiques de l'enfant est très variable et dépend pour une grande part des réactions parentales.

syndrome d'obstruction des voies aériennes l.f.

airway obstruction syndrome

Ensemble des signes entraînés par l'obstruction des voies aériennes.
La détresse respiratoire aigüe par obstruction des voies aériennes supérieures se voit chez les sujets avalant gloutonnement (souvent des débiles mentaux) ou chez les jeunes enfants. Dans le cas où l'obstruction est limitée à une bronche, cas fréquent chez le jeune enfant, le syndrome est moins caractéristique : l'exemple typique est celui de l'enfant jouant sous la table alors que ses parents reçoivent des amis, qui s'empare d'une cacahuète ou d'un petit gâteau sec, le mâche mal et fait une fausse route en l’avalant. L'enfant s'agite alors et manifeste sa détresse : il ne peut en général ni pleurer, ni crier mais, dans les cas favorables, un effort inspiratoire violent lui permet de déplacer le corps étranger dans une plus petite bronche. La respiration reprend, l'enfant pleure, est abattu puis se calme au bout d'un moment. Si l'on ne fait rien, un abcès du poumon peut se former au bout d'une semaine ou plus dans le territoire obstrué.
Une dyspnée inspiratoire chez un jeune enfant présentant un tel comportement implique de faire immédiatement la manœuvre d'Heimlich, puis, dans tous les cas, il faut conduire l'enfant à l'hôpital pour une indispensable bronchoscopie.

H. J. Heimlich, chirurgien américain (1975)

Étym. lat. obstructio : action d'enfermer (ob : devant ; struo : bâtir)

Heimlich (manœuvre d'), inhalation d'un corps étranger chez l'enfant

enfant-ancêtre n.m.

child-ancestor

Figure ambigüe rencontrée dans diverses cultures, liée principalement à la notion, si l'enfant tombe malade, d'une relation morbide de sa part avec le monde des ancêtres qui lui a donné vie et dont il ne s'est pas séparé ("Enfant mauvais", H. Collomb).
Très souvent en Afrique, le bébé que la mère porte en elle est d'abord vécu comme appartenant aux dieux et aux ancêtres avant d'être confié à ses parents. L'identification de l'enfant ne sera totale qu'après plusieurs années. Dans ce processus de reconnaissance, la mère tiendra de nouveau un rôle central.
Au Viêtnam, en cas de décès de plusieurs enfants, un enfant "Con Ranh" est évoqué avec effroi : le même esprit mauvais revient sans cesse, s'incarne un temps chez un nouveau-né, l'abandonne en le tuant, puis se réincarne chez un autre enfant. La victime ne vit pas très longtemps et devient à son tour un danger.
En Grèce, jusqu'au début du XXème siècle était évoquée la notion d’enfants "adelphophages" (littéralement "mangeurs de leurs frères").
En France, la coutume qui donne à un nouveau-né le prénom de son grand-père, n'est pas étrangère à ce mythe archaïque.

H. Collomb, psychiatre militaire français (1913-1979)

[H4, O1]

Édit. 2020

infanticide n.m.

infanticide

Homicide sur un nouveau-né ou un enfant en bas âge.
Le code pénal en avait donné une définition plus étroite puisqu'il s'agissait du "meurtre d'un enfant nouveau-né" (art. 300 ancien). La jurisprudence avait précisé que cette définition supposait que le crime avait été commis avant que l'enfant ne soit déclaré à la mairie ou avant qu'il n'ait atteint l'âge de trois jours (délai légal pour déclarer un enfant). L'incrimination visait à protéger les nouveau-nés contre la tentation facile de les supprimer pour des raisons économiques ou affectives.
Dans l'immense majorité des cas, l'auteur de l'acte est la mère seule.
Le nouveau code pénal n'a pas repris cette incrimination, qui n'a donc plus de définition légale et entre dans le langage commun. La seule protection accordée par le code pénal au nouveau-né est donc celle qui est reconnue à tout enfant de moins de 15 ans.

grossesse de l'adolescente

réflexe d'orientation conditionné l.m.

conditioned reflex of orientation

Test comportemental, basé sur le réflexe d’orientation vers une source sonore conditionné par une récompense visuelle, utilisé chez l’enfant de un à trois ans pour déterminer la valeur de l’audition.
En pratique, l’enfant est assis entre deux haut-parleurs disposés à 1,5 mètre et à 45° à droite et à gauche de lui, reliés chacun à un audiomètre délivrant une stimulation sonore calibrée et surmontés d’un système de projection de dessins ou de diapositives ludiques.
Dans un premier temps, on provoque alternativement, à plusieurs reprises et de façon aléatoire dans l’un des haut-parleurs une stimulation sonore et l’apparition simultanée d’une stimulation visuelle du même côté. L’enfant tournera sa tête du côté ainsi stimulé. Une fois l’enfant conditionné, on envoie le bruit seul. L’enfant, s’il perçoit le son, tourne sa tête du côté stimulé pour être récompensé par l’apparition d’une image.
Cette épreuve est binaurale, c’est-à-dire qu’elle interroge les deux oreilles en même temps en champ libre. Elle permet de déterminer le seuil d’audition à 15-20 dB près dans la zone des fréquences conversationnelles sans pouvoir préciser le côté.
L’interprétation des réponses reste très difficile chez certains enfants en retard psychomoteur ou intellectuel ou présentant des troubles du comportement.

Sigle ROC

syndrome de fièvre périodique avec hyperimmunoglobulinémie D l.m.

hyperimmunoglobulinemia D and periodic fever

Syndrome caractérisé par des  poussées fébriles accompagnées de céphalées, de douleurs abdominales, de vomissements et de diarrhées, d’arthralgies ou d’arthrites, d'hépatosplénomégalie, d’adénopathies, d’éruptions cutanées, qui durent 3 à 7 jours et récidivent toutes les 2 à 8 semaines, variant d'un cas à l'autre.
Les accès, qui débutent le plus souvent lors de la première année de vie, peuvent être spontanés ou déclenchés par des infections ou des traumatismes émotionnels ou physiques. Ils n'ont en général aucun retentissement sur la croissance et le développement des enfants.
La prévalence du syndrome est inconnue (environ 200 cas ont été publiés).

Le pronostic  est bon. L'espérance de vie n'est pas diminuée, mais chez l'adulte des complications sont parfois observées : amylose, adhérences abdominales, et plus rarement contractures articulaires.
La transmission est autosomique récessive dû à des mutations du gène codant la mévalonate kinase (enzyme clé de la voie de synthèse du cholestérol et d’autres molécules incluant les dérivés des isoprènes), (MVK situé en 12 q24). Cette mutation n’entraîne qu’un déficit partiel de l’enzyme laissant persister une activité résiduelle. (Le déficit total est responsable chez l’enfant d’unemaladie du développement l’acidurie mévalonique).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une mévalonaturie pendant les accès fébriles, ou par le dosage de la mévalonate kinase lymphocytaire pendant ou en dehors des accès ainsi que sur la mise en évidence biochimique ou génétique du déficit en MVK. Le taux des IgD sériques est en général élevé (mais souvent normal chez l'enfant de moins de 3 ans). Le taux des IgA est aussi élevé dans 80 % des cas. Au moment d'un accès, la vitesse de sédimentation  est accélérée avec une augmentation de la C-réactive protéine , des interleukines -1 et -6 et du facteur de nécrose tumorale (TNF) alpha.
Le diagnosctic différentiel concerne les autres syndromes auto-inflammatoires: la fièvre méditerranéenne familiale, la fièvre héréditaire périodique liée au récepteur du TNF et le syndrome Muckle-Wells. Chez l'enfant, le tableau clinique de l'HIDS peut être indifférentiable d'un syndrome PFAPA (fièvre périodique avec aphtose, pharyngite et adénite, ou syndrome de Marshall).
Il n'y a pas de traitement spécifique de l'HIDS et le traitement n'est pas standardisé à ce jour. Chez certains patients, on a observé une réponse à la prednisone à haute dose. L'anakinra (un antagoniste du récepteur de l'IL-1) a aussi montré une efficacité dans quelques cas, de même que l'étanercept (un inhibiteur du TNF-alpha). La colchicine n’a aucun effet de prévention des accès.
Quand un couple a un enfant atteint, le risque de récurrence est de 25 % pour l'enfant à venir ; le conseil génétique est donc recommandé.

G. Grateau, L. Guillevin, membre de l’Académie de médecine, médecins internistes français (2005) : J. Frenkel, pédiatre néerlandais (2013)

Syn. syndrome de fièvre avec hyperIgD; hyper IgD syndrome (HIDS); fièvre périodique de type hollandais.

Sigle HIDS

Réf. Orphanet, Gilles Grateau, Loïc Guillevin membre de l’Académie de médecine (2005)

amylose, mévalonate kinase, acidurie mévalonique, isoprène, fièvre familiale méditerranéenne,  Muckle et Wells (syndrome de), syndrome PFAPA étanerceptLes accès, syndrome PFAPA

[O1, N1,Q3]

Édit. 2019

toupie (signe de la) l.m.

"top" sign

Test qui permet de déceler une amblyopie chez un jeune patient.
L'enfant étant équipé de lunettes à secteurs de dépistage, on observe le regard de l'enfant quand on déplace un petit objet de droite à gauche. Il y a trois réponses possibles :
- alternance : l'enfant fixe alternativement avec chaque œil,
- préférence : l'enfant préfère un œil avant d'alterner,
- l'enfant garde toujours le même œil pour fixer et tourne tête et corps. "Il fait la toupie".

J.M. Sarniguet-Badoche, ophtalmologue français (1982)

Sarnignet-Badoche (lunettes de)

transfusion du nouveau-né l.f.

neonatal transfusion

Outre les règles classiques, ce type de transfusion doit tenir compte du passage transplacentaire possible d'anticorps maternels dangereux.
A travers le placenta, certaines mères du groupe O transmettent à leur enfant des anticorps (anti-A, voire même anti-B), qui peuvent hémolyser ses hématies, ce qui entraîne une anémie et un ictère. Une transfusion apportant des hématies hémolysables par ces anticorps peut être particulièrement dangereuse, d'autant que les hématies d'adulte sont beaucoup plus vulnérables aux anticorps immuns que celles d'un nouveau-né. De même le passage transplacentaire d'anticorps d'une mère qui a pu être immunisée contre certains groupes anormaux peut induire un phénomène semblable, si les hématies cibles transfusées rencontrent ces anticorps (ex., immunisation d'une mère contre un facteur rhésus).
Règles spécifiques de la transfusion du nouveau-né :
1) elle doit se faire en ayant connaissance non seulement du groupe sanguin de base et du groupe rhésus de l'enfant, mais aussi de ceux de la mère ;
2) elle ne doit pas être faite sans avoir réalisé au préalable un test de Coombs sur le sang de l'enfant. Ce test peut parfois être négatif malgré la présence d'anticorps immuns anti-A ou –B ;
3) si le test de Coombs est positif il faut conserver un échantillon du sang maternel. Cet échantillon doit accompagner l'enfant en cas de transfert ;
4) le sang destiné à la transfusion ne doit pas risquer d'être hémolysé par des anticorps transmis par la mère. P. ex., un enfant A, né d'une mère O, ne doit pas recevoir du sang A mais du sang O non dangereux ;
5) la transfusion doit se faire avec des hématies fraîches et, si possible, avec du sang total frais. En effet, le nouveau-né est incapable de glycuroconjuguer la bilirubine pendant les premiers jours de sa vie : l'utilisation d'hématies vieilles de plus de quatre jours est contre-indiquée, car elle risque d'entraîner un ictère avec toutes ses conséquences cérébrales possibles.
Si l'on doit répéter les transfusions il est inutile de rechercher les agglutinines irrégulières avant l'âge de six mois.

R. Coombs, immunologiste britannique (1945)

transfusion sanguine, Coombs (test de)

abandon d'enfant l.m.

child abandonment

Acte par lequel la mère abandonne ses droits parentaux et remet son enfant à l'Aide sociale à l'enfance.
Il implique secondairement le consentement à l'adoption de l'enfant. Un délai de réflexion de trois mois est possible. L'abandon administratif peut survenir lorsque l'enfant a été abandonné par son père ou sa mère depuis un an.
L’enfant devient ainsi pupille de l'Etat. Il est adoptable, soit dès la naissance, déclaré à l'état civil né de mère inconnue, soit plus tard, déclaré abandonné par le tribunal de grande instance

aide sociale à l'enfance, névrose d'abandon

[E3, O1]

Édit. 2020

absentéisme scolaire l.m.

truancy

Manque à l'obligation légale d'inscription dans un établissement scolaire du premier degré et d'assiduité dans sa fréquentation.
Perturbatrice de la situation scolaire de l'enfant, cette conduite reflète le style des rapports établis entre les parents et l'école, leur perception de sa fonction et leur attitude à l'égard de l'enfant. Très généralement, la fréquentation scolaire est un excellent indice de l'intégration sociale des parents.
Trois grandes formes seront distinguées : par maladie ou déficiences physiques de l'enfant ; du fait de la situation familiale (carence éducative, mobilité géographique, tâches imposées à l'enfant) ; enfin l'école buissonnière qui, si elle est fréquemment répétée, prend une signification proche de la fugue (protestation inconsciente, retrait pur et simple, négation temporaire du milieu). Cette dernière se différencie de la phobie scolaire, qui n'est envisagée que devant une sémiologie franche, où domine l'anxiété au moment de partir pour l'école.

phobie scolaire

[E3]

Édit. 2016

BCG sigle m. pour Bacille de Calmette et Guérin

Calmette-Guérin vaccine

Souche atténuée de Mycobacterium bovis, le BCG est utilisé comme vaccin contre la tuberculose par voie intradermique.
Cette souche, atténuée par repiquages successifs (230 passages sur milieu à la pomme de terre, bilié et glycériné), a conservé un pouvoir immunisant et allergisant. Le BCG est une mycobactérie ayant les mêmes caractères morphologiques et culturaux que M. tuberculosis et les mêmes caractères biochimiques que M. bovis, mais ne provoque pas de tuberculose. Il peut provoquer des abcès loco-régionaux dans moins d’un cas pour 1000 vaccins et des BCGites chez les immunodéprimés (12 cas annuels en France). L'efficacité de ce vaccin a fait l’objet de controverses, mais à la suite de plusieurs études et méta-analyses il a été bien démontré que la protection conférée par le BCG, légèrement supérieure chez le nourrisson que chez l'enfant, est de l'ordre de 80 % pour les formes graves (miliaires et méningites) et de 55 % pour les formes pulmonaires. En France, la nouvelle politique vaccinale par le BCG prévoit une primo-vaccination uniquement par voie intradermique et l'abandon de la revaccination. L’obligation vaccinale a été suspendue en juillet 2007 pour les enfants et maintenue pour les personnes s'occupant d'enfants et les professionnels exposés à la contamination tuberculeuse. Elle est fortement recommandée dès le premier mois de vie et jusqu’à l’âge de 15 ans pour les enfants à risque élevé de tuberculose: enfant né dans un pays de forte endémie, enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose, enfants dont l’un des parents est originaire de ces pays ou devant y séjourner au moins un mois, enfant résidant en Ile-de-France ou en Guyane, ainsi que les enfants jugés, du fait de leur mode de vie, à risque d’exposition au bacille tuberculeux. L’intradermoréaction à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de trois mois. L'administration du BCG entraîne une positivité de l'intradermoréaction à la tuberculine dans un délai de deux à trois mois.
Le BCG est par ailleurs un immunostimulant utilisé dans le traitement local de certains cancers de la vessie.

A. Calmette, bactériologiste français, C. Guérin, immunologiste français, membres de l'Académie nationale de médecine (1908)

tuberculose, BCG-thérapie endovésicale, BCG (complications cutanées du)

Édit. 2017

dermatite bulleuse chronique bénigne de l'enfant l.f.

chronic benign bullous disease of childhood

Dermatose décrite par Bowen en 1901 comme une éruption bulleuse de l'enfant, peu prurigineuse, avec des lésions essentiellement péribuccales et périgénitales et longtemps considérée comme une dermatite herpétiforme de l’enfant avant d'en être différenciée par Kim et Winkelmann en 1961 et de recevoir, de Jordon, son nom actuel en 1970.
Cliniquement, elle est distinguable de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant, avec des bulles tendues, sur peau saine ou érythémateuse, à disposition souvent annulaire, prédominant dans les régions péribuccale et périgénitale et à la partie basse de l'abdomen. Les lésions muqueuses buccales et oculaires ne sont pas rares. L'image histologique est habituellement proche de celle d'une pemphigoïde. Dans la peau malade, on retrouve à la jonction dermoépidermique un dépôt linéaire d'auto-anticorps, le plus souvent IgA, parfois IgG ou les deux, localisé dans la lamina lucida ou le plus souvent sous la lamina densa, dans le derme papillaire. L'évolution et le traitement sont habituellement ceux de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1857-1940) ; R. Kim et R. K. Winkelmann, dermatologistes américains (1961) ; R. E. Jordon, dermatologiste américain (1970)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

divorce (enfant du) l.m.

child of divorce

Le divorce, rupture d'équilibre, est source de souffrance pour l'enfant.
Non spécifiques, les troubles qu'il entraîne dépendent essentiellement du climat familial, des conditions de la séparation parentale, de l'âge de l'enfant et de son niveau de développement psycho-affectif. Souvent, celui-ci a été plus ou moins impliqué dans le conflit et peut servir d'"otage" ; l'anxiété et le sentiment d'insécurité qui en découlent sont à la mesure du traumatisme vécu.
Chez le jeune enfant, cette angoisse peut se traduire par une énurésie secondaire, des troubles du sommeil, une tristesse et une régression des acquis cognitifs. En période pré-œdipienne, l'enfant peut former couple avec sa mère et abuser de cette toute-puissance, ou au contraire se sentir coupable de la désunion parentale. À la période de latence, il peut souffrir de l'absence du parent qui manque. L'adolescent vit la dissociation familiale différemment selon qu'elle est ancienne, récente ou en cours.

enfant de mère diabétique l.m.

diabetic mother's newborn

Enfant ayant subi pendant la grossesse les effets du diabète maternel au travers de la circulation fœtomaternelle.
A un stade avancé, le diabète de la mère compromet la circulation fœtoplacentaire, ce qui entraîne une hypotrophie fœtale. Un diabète mal équilibré s'accompagne d'une hypertrophie fœtale et placentaire et d'un hydramnios. En fin de grossesse, ce peut être la cause d'une mort in utero inexpliquée. A la naissance, l'enfant est pléthorique avec un hyperinsulinisme responsable d'une viscéromégalie et d'une hypoglycémie grave dans les premiers jours. L'enfant est souvent ictérique, polyglobulique et hypocalcémique. Certains présentent une myocardiopathie transitoire, mais grave. Enfin on peut voir des lésions cérébrales qui résultent, notamment, d'accès d'hypoglycémie incontrôlée chez la mère. Une bonne équilibration, dès le début de la grossesse, de la glycémie maternelle permet une naissance à terme d'un enfant pratiquement normal, cependant la fréquence de malformations congénitales est relativement élevée.

hypoglycémie du nouveau-né, hydramnios

[O1, R1]

Édit. 2020

gestation pour autrui (GPA) l.f.

gestational surrogacy

Fait pour une femme de porter un enfant pour le compte d’un couple qui en a assuré le projet et la conception et à qui il sera remis après sa naissance.
Différentes expressions sont employées pour désigner la femme concernée par la GPA : gestatrice, mère porteuse, mère de naissance, mère gestante, mère gestationnelle, mère de substitution. Il en est de même pour le couple qui est dit : accueillant, d’accueil, d’intention, demandeur, intentionnel, commanditaire. Gestatrice et couple d’intention sont les expressions les plus employées.
 En anglais, la gestatrice est dite surrogate mother ou full surrogate et, quand elle est également génitrice, partial surrogate. Le couple d’intention est dénommé intented parents ou commissing couple. La conception par fécondation in vitro (FIV) avec les gamètes des parents d’intention se traduit par full surrogacy et celle utilisant un ovocyte de la gestatrice par partial surrogacy
La GPA recouvre plusieurs situations. Le plus souvent, la conception de l’enfant résulte d’une FIV des gamètes du couple d’intention suivie du transfert chez la gestatrice ; le père et la mère d’intention sont les parents génétiques.
Plus rarement, avant l’implantation chez la gestatrice, la conception résulte d’une FIV ou d’une insémination utilisant soit les spermatozoïdes du père d’intention et un ovocyte provenant de la gestatrice, ou d’une donneuse, soit un ovocyte de la mère d’intention et des spermatozoïdes fournis par un donneur. Dans ces trois circonstances, le couple d’intention n’a qu’un lien génétique partiel avec l’enfant et, dans le premier cas, la gestatrice est également génitrice.
Exceptionnellement, la conception résulte d’une FIV utilisant les spermatozoïdes d’un donneur et l’ovocyte d’une donneuse, suivie du transfert chez la gestatrice. Le couple d’intention n’a alors aucun lien génétique avec l’enfant.
La GPA est, pour le moment, interdite en France alors qu’elle est admise dans d’autres pays européens.

grossesse et présomption de paternité l. f.

« Pater is est quem nuptiae demonstrant »  (le père est celui que les noces démontrent).
Selon le Code civil :
- Article 312 : l’enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari.
- Article 313 : la présomption de paternité est écartée lorsque l’acte de naissance de l’enfant ne désigne pas le mari en qualité de père.  Elle est encore écartée en cas de demande en divorce ou en séparation de corps, lorsque l’enfant est né plus de 300 jours après la date soit de l’homologation de la convention réglant l’ensemble des conséquences du divorce ou des mesures provisoires prises en application de l’article 250-2, soit de l’ordonnance de non-conciliation, et moins de 180 jours après le rejet définitif de la demande ou la réconciliation.
- Article 315 : lorsque la présomption de paternité est écartée dans les conditions prévues à l’article 313, ses effets peuvent être rétablis en justice dans les conditions prévues à l’article 329. Le mari a également la possibilité de reconnaître l’enfant dans les conditions prévues aux articles 316 et 320.
D’aucuns parlent de durée légale de la grossesse pour cette période du 180ème au 300ème jour : mais c’est un abus de langage.

durée légale de grossesse.

[,Article 314 : si elle la présomption de paternité  a été écartée en application de l’article 313,la présomption de paternité se trouve rétablie de plein droit si l’enfant a la possession d’état à l’égard du mari et s’il n’ a pas une filiation paternell]

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant l.f.

foreign body inhalation and emergency in children

Passage d'un corps étranger, obstruant plus ou moins les voies aériennes supérieures ou les bronches, responsable, en règle, de détresse respiratoire.
Il se traduit par le syndrome de pénétration : brusquement l'enfant, qui avait un objet ou un aliment dans la bouche (ce qui a pu passer inaperçu), étouffe dramatiquement et cherche de l'air désespérément. Il ne pleure ni ne crie, mais porte la main à son cou tout en faisant de très violentes secousses inefficaces de toux. Cela peut aussi tourner court et la situation semble redevenir normale. Mais on constate souvent une dyspnée avec des signes de lutte. La dyspnée peut être uniquement inspiratoire avec tirage et cornage, traduisant un obstacle laryngé. Purement expiratoire, avec des sibilances, ces signes orientent vers un siège bronchique ou «bronchiolaire». Lorsque la dyspnée porte sur les deux temps de la respiration l'obstacle est localisé entre le cricoïde et les grosses bronches.
En cas de détresse grave avec une gêne purement inspiratoire il est possible de chercher à expulser le corps étranger par deux ou trois tapes violentes dans le dos, l'enfant étant placé en procubitus, tête en bas. Sinon l'extraction peut être faite à la pince sous laryngoscopie. Faute de mieux, une trachéotomie ou la pose d'une ou deux grosses aiguilles dans la trachée cervicale permettent de sauver l'enfant de l'asphyxie. Les manœuvres coincer le corps étranger au niveau du cricoïde. Une intubation trachéale refoulant le corps étranger dans une externes d'expulsion sont contre-indiquées quand la dyspnée se manifeste surtout à l'expiration, car elles peuvent grosse bronche permet de sauvegarder provisoirement une ventilation acceptable.
Si le corps étranger est passé au-delà de la carène, l'enfant peut présenter secondairement un tableau clinique moins inquiétant mais l'existence d'un syndrome de pénétration doit être recherchée avec insistance devant un pneumothorax, un emphysème sous-cutané, une dyspnée asthmatiforme, une atélectasie ou une infection localisées.
Dans tous les cas, même si tout semble être redevenu normal, une endoscopie s'impose, en urgence s'il y a asphyxie, sinon dans les heures qui suivent. Elle réclame un opérateur entraîné, un bronchoscope oxygénateur et un jeu de pinces d'extraction adaptées afin de rétablir la liberté des voies aériennes. Après l'extraction, un contrôle endoscopique soigneux doit être fait.
Un volumineux corps étranger œsophagien peut induire une dyspnée en comprimant la face postérieure de la trachée qui se laisse déprimer.
Étant donné le risque de fausse route il ne faut pas laisser des cacahouètes ou objets analogues à la portée des jeunes enfants et, avant l'âge de trois ans, il est interdit d'administrer des comprimés ou gélules sans les écraser ou les vider au préalable.

H. J. Heimlich, médecin américain (1975)

Étym. lat. inhalare : souffler

asphyxie, dyspnée laryngée, Heimlich (manœuvre d'), inhalation (syndrome d')

mineurs (protection des) l.f.

persons under 18 protection

Ensemble des mesures destinées à défendre les personnes âgées de moins de dix huit ans contre tout événement, action ou influence qui pourrait leur être nuisible et à les en préserver.
1) La notion de minorité existe dans le droit civil et dans le droit pénal. Au plan civil les mineurs sont frappés d’une incapacité à exercer certains droits, incapacité à laquelle vient suppléer l’autorité parentale ou la tutelle ; cette incapacité peut cesser par émancipation ou par mariage. Au plan pénal est établi un principe d’irresponsabilité pénale variable selon les âges : le régime applicable selon les âges : le régime applicable aux mineurs présente une grande souplesse. Des mesures provisoires peuvent être prises dès la saisine par le juge des enfants, une mesure de liberté surveillée peut être prononcée à tout moment, etc.
2) Le Code civil et le Code pénal prévoient des mesures destinées à protéger l’enfant : déchéance de l’autorité parentale sanctionnant les père et mère qui, par des mauvais traitements, par des exemples d’inconduite notoire ou de délinquance, par un manque de soins ou de direction compromettent gravement la santé, la sécurité ou la moralité de l’enfant, même en dehors de toute condamnation pénale ; tutelle conférée à un tuteur assisté d’un conseil de famille et d’un subrogé tuteur ; émancipation concernant le mineur, même non marié, ayant atteint l’âge de seize ans révolus.
3) Une protection administrative ou judiciaire est enfin prévue dans certaines circonstances. Ainsi le juge des enfants peut ordonner des mesures d’assistance éducative qui consistent : soit à maintenir, chaque fois qu’il est possible le mineur dans son milieu avec désignation d’une personne qualifiée ou d’un service d’observation, d’éducation ou de rééducation en milieu ouvert, chargé d’apporter aide et conseil à la famille ; soit à retirer l’enfant de son milieu pour le confier à un autre membre de la famille à un tiers, à un service ou établissement sanitaire ou d’éducation ou au service départemental d’aide sociale à l’enfance. Les père et mère dont l’enfant a donné lieu à une mesure d’assistance éducatif conservent sur lui leur autorité parentale.

réanimation néonatale et relation avec les parents l.f.

neonatal intensive care and relations with the parents

Ensemble de soins dispensés à un nouveau-né en détresse, compte tenu des relations avec les parents.
Le passage d'un nouveau-né en détresse dans une unité de réanimation constitue une rupture importante du lien avec les parents, la mère en particulier.
Konrad Lorentz a montré toute l'importance de ce lien dans les premières heures de la vie. L'unité de soins intensifs et le lieu où se tient la mère doivent être fonctionnellement proches l'un de l'autre : elle doit pouvoir parler à son enfant, le toucher, voire participer aux soins. L'allaitement au sein est hautement souhaitable, à défaut le biberon au lait maternel doit être donné, non seulement pour des raisons psychologiques mais aussi nutritionnelles et pour mieux lutter contre le risque infectieux.
Même s'il est malformé, il importe que la mère puisse voir son enfant à la naissance avant qu'il n'entre en soins intensifs, cela afin qu'elle en ait une image réelle et non fantasmatique en cas de décès. Il faut lui en donner une photographie, si elle n'a pu le voir.
Quand un enfant, né prématuré ou malade, est resté longtemps hospitalisé en réanimation coupé de ses parents, cette rupture du lien parental favorise les mauvais traitements : tout se passe comme s'il n'avait pas été investi ou adopté par la famille. Si ces visites sont rares, il faut tout faire pour encourager, faciliter et stimuler les visites des parents dans un but prophylactique.
 L'annonce d'une aberration chromosomique ou d'une maladie de mauvais pronostic ne doit être faite que si l'on est sûr de ce qu'on avance : une erreur peut être désastreuse car elle induit un deuil parental difficilement réversible. L'information donnée doit être adaptée à la psychologie de chacun des parents. Elle doit être loyale, éviter les détails techniques et leur épargner les angoisses quotidiennes des soignants. Il faut employer le langage qu'ils comprennent et, s'il y a lieu, leur donner les mauvaises nouvelles de façon progressive, afin d'éviter le plus possible de les troubler avec des informations divergentes. Il importe que la même personne ait une relation privilégiée avec les parents et il faut que tous les membres de l'équipe soignante connaissent l'information transmise afin qu'ils parlent tous d'une même voix s'ils sont sollicités.
En cas de décès de l'enfant, il importe de revoir les parents; il est préférable d'attendre un mois. Cet entretien doit leur permettre de poser toutes les questions qui les tourmentent. On doit essayer de lever ou d'atténuer la culpabilité qu'ils ressentent et il faut leur donner des informations utiles pour l'avenir.
Un poste de psychologue dans l'équipe de réanimation est très utile : son action auprès des familles, du personnel soignant et aussi, indirectement, des enfants, est très précieuse.

K. Lorenz, biologiste et éthologue autrichien, prix Nobel de médecine en 1973

secret médical

[E3, G1, H4, O1, O6]

Édit. 2019

réflexe archaïque du nouveau-né l.m.

archaic neonatal reflex

Mouvement automatique réflexe présent au cours des premières semaines ou mois de la vie, reproductible de façon identique pour un même stimulus et témoignant par sa qualité et sa symétrie de l’état neurologique sous cortical et médullaire du nouveau-né.
Parmi les réflexes archaïques les plus souvent notés ou recherchés on peut citer :
- le réflexe de succion et de déglutition,
- le réflexe d’agrippement des doigts et des orteils (grasping reflex),
- le réflexe d’allongement croisé des membres inférieurs, déclenché par excitation de la plante du pied d’un membre inférieur maintenu en extension : le membre opposé se met en flexion puis en extension et en adduction, le pied se portant au contact du membre excité,
- le réflexe des points cardinaux par excitation des zones périphériques et médianes des lèvres entraîne celles-ci, la langue et la tête du côté de la région stimulée,
- le réflexe de Moro recherché en décubitus dorsal, en soulevant l’enfant et en le relâchant : le changement de position de la nuque et de l’appui de l’occipital provoque une brusque abduction du bras, une ébauche d’extension du coude, l’ ouverture de la main et un cri,
- le réflexe tonique asymétrique du cou, provoqué en portant la tête de côté : le membre supérieur du côté où est tournée la face s’étend et le bras du côté opposé se fléchit,
- le réflexe du redressement de la tête, recherché en position assise ; le maintien de la tête est transitoire,
- la marche automatique, observée en soutenant le nouveau-né sous les aisselles les pieds appuyés sur un support : l’enfant esquisse des pas de marche, les pieds se posant à plat l’un après l’autre,
- le réflexe d’enjambement d’obstacle, observé en heurtant légèrement la jambe contre le bord d’une table : le membre se fléchit et le pied essaye de passer l’obstacle,
- le réflexe de passage du bras, recherché en position ventrale, face contre la table et bras allongés : l’enfant dégage son nez en tournant la tête de côté et ramène en flexion le bras du même côté,
- le réflexe d’incurvation du tronc, recherché par une stimulation paravertébrale sur l’enfant en position ventrale et soulevé par une main sous l’abdomen : le rachis s’incurve du côté stimulé.
Ces réflexes ont ordinairement disparu au sixième mois.

Syn. réflexe primaire du nouveau-né

réflexe de succion du nouveau-né, réflexe de préhension du nouveau-né, Moro (réflexe de), réflexe des points cardinaux, réflexe d’allongement croisé du nouveau-né, réflexe de redressement de la tête du nouveau-né, réflexe de la marche automatique

remise d'enfant l.f.

child adoption

Ensemble des dispositions légales tenant lieu de procédure d'adoption.
L'enfant est confié à l'Aide sociale à l'enfance par l’établissement où la naissance a eu lieu, après déclaration à l'état-civil, pour les enfants trouvés ou les enfants nés de mère ayant accouché sous X. Les parents ont trois mois pour réclamer leur enfant. En cas d'abandon à filiation connue, les parents remettent au service d'Aide sociale à l'enfance leur enfant qui devient pupille de l'Etat avec acceptation implicite d'adoption ultérieure. Si un seul des parents signe le procès-verbal d'abandon, l'enfant est adoptable si l'autre parent ne s'est pas manifesté dans un délai d’un an.

adoption

sévice sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Action d'un adulte visant, sous la contrainte, à l'exploitation sexuelle d'un enfant, qui peut s'accompagner de violences physiques, alors que l'enfant est incapable d’y résister psychologiquement et physiquement.
Dans le cadre familial, il s'agit d’un adulte exerçant un rôle et une autorité parentaux. Sont considérées comme incestueuses de telles relations avec les parents, les beaux-parents ou d'autres substituts parentaux. L'inceste père-fille et beau-père-fille est de loin le plus fréquent. Tenus initialement pour "la source du Nil de la psychiatrie" par S. Freud, qui en arriva bientôt à la notion de fantasmes constituant une véritable réalité psychique défensive, ces abus sexuels sont actuellement de plus en plus souvent invoqués, "a posteriori" dans diverses affections mentales de l'adulte. En fait, les cas de fabulation sont rares. À court terme, ces traumatismes sexuels suscitent en particulier une atteinte narcissique majeure et une perte de l'estime de soi. Chez l'agresseur, une structure perverse semble toujours d'actualité. Reste la fragilité du témoignage de l'enfant, suscitant bien souvent le doute des adultes et pouvant provoquer des attitudes de rejet ou même de rétorsion favorisées par le silence familial, voire par la complaisance de la mère. Peuvent s'y ajouter les souffrances psychiques induites par l'enquête. De toute façon, la "dévictimisation" de l'enfant est un processus complexe.

sévices physiques à enfant, enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux), inceste, sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un), sévices psychologiques à enfant

éthique en réanimation pédiatrique l.f.

ethics in pediatric intensive care

Observance des règles morales et déontologiques de la réanimation chez les nouveau-nés et les enfants.
La réanimation pédiatrique a non seulement pour but de sauver la vie de l'enfant mais surtout d'aboutir à une survie valable jusqu'à un âge adulte avancé. L'intérêt de l'enfant passe avant celui de sa famille, de son groupe social ou de la collectivité etdecelui des soignants.La prise de décision peut être difficile surtout pour les plus petits, sauf lorsqu'il n'y a évidemment aucun espoir de survie acceptable. Mais les gestes nécessaires en urgence doivent être faits immédiatement et complètement pour donner le maximum de chances à l'enfant. Ensuite, s'il survit, et si l'impression est défavorable pour l'avenir, après un recul suffisant et compte tenu du contexte familial (motivations, solidité, conditions de vie, connaissance de la fratrie et de l'environnement socioculturel, technique et économique, etc.) se pose la question de la poursuite de la thérapeutique active.
Une telle décision ne doit en aucun cas faire intervenir la responsabilité des parents à cause de la culpabilité que ce choix pourrait induire chez eux, parfois très longtemps après. De toute façon le contexte économique et social dans lequel vit l'enfant impose les limites de la réanimation en particulier en néonatologie : une action ne doit pas être entreprise ou prolongée si l'on sait que des soins indispensables au long cours ne pourront être poursuivis.
La question du secret médical est particulièrement importante en pédiatrie.
Etym.êthikon : la morale
prématurisme, secret médical

[E3,G1,O1]

Édit. 2018  

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