Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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proaccélérine n.f.

proaccelerin

Protéine plasmatique intervenant dans la coagulation sanguine, lors de la formation de la prothrombinase, en accélérant l’action du facteur X activé au contact des phospholipides en présence de Ca2+.
Elle est le facteur V de la voie de coagulation intrinsèque ; par coupure protéolytique sous l’action de la thrombine elle est transformée en accélérine ou facteur Va.
La proaccélérine possède également une activité anticoagulante : elle est avec la protéine S, du calcium et des phospholipides l'un des cofacteurs de la protéine C pour 1'inactivation des facteurs VIIIa et Va.
Certains patients, atteints de maladie thrombotique familiale, ont une résistance à la protéine C activée ; dans plus de 90% des cas cette résistance s'explique par une mutation ponctuelle dans l'exon 10 du facteur V, entraînant le remplacement de l'arginine en position 506 par une glutamine. Le facteur V muté est appelé FVQ 506 ou facteur V Leiden : il garde ses propriétés coagulantes mais perd ses propriétés anticoagulantes.
La mutation Leiden est retrouvée dans 14 à 20% des cas de thromboses veineuses inexpliquées ; elle affecte 2 à 4% de la population générale et constitue ainsi un facteur génétique de prédisposition en multipliant les risques par 5 à 10 pour les hétérozygotes et par 80 pour les homozygotes.

facteur V de la coagulation (Owren)

proprotéine n.f.

proprotein

Protéine précurseur d'une autre protéine qui en dérive par une protéolyse partielle qui peut survenir après la coupure d'un peptide signal d'une préproprotéine, et qui peut être effectuée par une protéase dans le milieu extracellulaire.
De nombreuses protéines sont synthétisées au niveau des ribosomes sous la forme d'une chaîne plus longue que la protéine définitive comprenant le peptide signal de la préproprotéine et d'autres peptides qui doivent être hydrolysés secondairement. C'est très souvent le cas lorsque la protéine doit être sécrétée par la cellule. Par ex. le procollagène, ou la proinsuline.

protéolyse, préproprotéine, protéase, ribosome, procollagène, proinsuline

[C1, C3]

Édit. 2019

protéine neu l.f.

neu protein

Protéine codée par le proto-oncogène c-erb B2 ou neu.
La protéine neu, transmembranaire, de 1234 aminoacides peut être trouvée activée chez le Rat en protéine oncogène par mutation portant sur un acide aminé en position 664 (Val → Glu) dans son domaine transmembranaire : c'est ainsi qu'elle a été découverte dans des neuroblastomes induits chimiquement chez le Rat.Cette protéine est l'un des récepteurs de certains facteurs de croissance, les neurégulines, qui se fixent indirectement ou directement sur leurs domaines extracellulaires et permettent de déclencher par leur domaine intracellulaire une activité tyrosine-kinase impliquée dans leur effet mitogène. Chez l'Homme, les récepteurs neu sont présents sur les cellules musculaires au niveau des synapses neuromusculaires et sur les cellules de Schwann et leurs précurseurs de la crête neurale ; on n'en a pas trouvé de forme mutante oncogène ; leur surexpression a été constatée dans certains cancers de mauvais pronostic, surtout des cancers du sein.

Étym. neu de neuroblastome

protéines S100 n.f.

S100 proteins

Famille de protéines comportant environ une vingtaine de membres.
La plus étudiée est la protéine S1OOB. C’est une protéine dimérique de 21 kDa constituée de 2 chaînes (α et bêta), fixatrice de calcium, présente dans les cellules gliales du cerveau, mais aussi dans de nombreuses autres cellules (mélanocytes, cellules de Langerhans, cellules sudorales eccrines et apocrines, cellules musculaires) et dont la présence dans le sang témoigne d'une atteinte pathologique du cerveau.
Sa détection par l'utilisation, en immunohistochimie, de l'anticorps antiprotéine S-100 est particulièrement utile pour identifier ces cellules, notamment en pathologie tumorale (tumeurs næviques et langerhansiennes).
La protéine S100B est dosée  dans le sang et dans le liquide  céphalo-rachidien par électro-chimioluminescence. Sa concentration normale dans le plasma est inférieure à 0,15µg/L. Elle augmente dans les suites de traumatismes crâniens sévères, traduisant une contusion cérébrale, et les hémorragies sous-arachnoïdiennes. C’est également un marqueur sérique d’évolution des mélanomes malins.
Dans le LCR, sa concentration normale est de 1 à 2 µg/L. Elle augmente dans les lésions cérébrales aigües, en particulier les hémorragies sous arachnoïdiennes, les accidents vasculaires cérébraux ischémiques, et au décours d’interventions neuro-chirurgicales.
Le dosage plasmatique d’un autre membre de la famille des protéines S100, la protéine S100A12, a été proposé comme marqueur des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, en particulier la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

protéine tau (τ) l.f. sigle angl.pour Tubulin-Associated Protein

τ protein

Protéine intracellulaire participant à l’assemblage et à la stabilisation des microtubules.
Elle existe sous six isoformes, de répartition variable selon les tissus et sous forme phosphorylée (« phospho- tau »).
Le dosage de la protéine tau ou de sa forme phosphorylée sur l’acide aminé tyrosine n° 181 (« p181- τ ») est effectué dans le liquide cérébrospinal (LCS) par technique immuno-enzymatique. Il est utilisé comme marqueur de dégénérescence neuronale, car la concentration de protéine tau et de protéine tau phosphorylée augmente dans le LCS en cas de maladie d’Alzheimer et d’autres affections neurodégénératives.

Étym. lettre grecque

Maladie d'Alzheimer,  tauopathies, protéine tau

protéine twinky l.f.

twinky protein

Protéine mitochondriale analogue de la protéine twinkle.
La protéine twinky est un variant d’épissage de la protéine twinkle. Son rôle dans la mitochondrie reste mal précisé.

mitochondrie, protéine twinkle

protéoglycanne n.m.

proteoglycan

Les protéoglycannes sont composés d'une glycoprotéine appelée "protéine coeur" sur laquelle sont attachées une ou plusieurs chaînes de glycosaminoglycannes sulfatés, liées généralement par une liaison osidique aux fonctions alcool de certains acides aminés sérine de la protéine.
On distingue actuellement plus de 40 protéines coeur différentes et 5 grandes classes de protéoglycannes :
1- les petits protéoglycannes riches en leucine
(Small Leucin-Rich Proteoglycans, SLRP), servant essentiellement à la stabilisation des fibres de collagène et à la régulation des activités cellulaires; les principaux sont la décorine, le lumicane et la fibromoduline;
2-les gros protéoglycannes extracellulaires, dont certains sont capables de s'agréger à l'acide hyaluronique pour former de très volumineux complexes permettant l'hydratation des tissus et l'amortissement des chocs; les principaux sont le versicane et l'agrécane;
3-les protéoglycannes associés au membranes basales, qui participent à la cohésion des tissus et à la filtration des molécules; les principaux sont le perlécane et l'agrine;
4-les protéoglycannes de la membrane cellulaire, qui jouent un rôle important dans la signalisation cellulaire et favorisent l'action des cytokines et facteurs de croissance. Cette classe se compose des syndécanes, dont la protéine coeur est transmembranaire, et des glypicanes, pour lesquels la protéine coeur est ancrée à la surface de la cellule;
5- un petit protéoglycanne appelé serglycine présent dans les granulations intracellulaires des mastocytes et des macrophages, qui porte des chaînes d'héparine, anticoagulant majeur.

Syn. protéoglycane

matrice extracellulaire, glycosaminoglycanne, acide hyaluronique, mastocyte, macrophage, héparine, cytokines

[C1, C3]

Édit. 2019

RDS (protéine) l.f.

RDS protein

Glycoprotéine membranaire que l'on trouve sur les disques des segments externes des photorécepteurs, elle aurait un rôle par adhérence dans la stabilisation du compactage des disques.
La dégénérescence rétinienne lente de la souris (RDS) est due à une anomalie précise d'une protéine rétinienne spécifique des photorécepteurs, protéine homologue (similaire) à certains égards à la protéine-1 (ROSP1) du segment externe des bâtonnets. La protéine RDS humaine est à 92% homologue de celle de la souris. La RDS et le gène ROSP1 produisent une molécule hétérodimère à ponts disulfures. Des mutations de la RDS accompagnent certaines dystrophies rétiniennes humaines : la classique rétinite pigmentaire dominante, la rétinite ponctuée albescente, et certaines dystrophies réticulées de la macula. Le locus de la RDS humaine est inclus dans le gène de la périphérine et localisé en 6p12. Affection à hérédité indéterminée (MIM 179605).

G.H. Travis, biologiste américain (1989)

Syn. périphérine type photorécepteur

périphérine-RDS

STK9 gene sigle angl. pour “serine/threonine kinase 9”

Gène situé sur le locus chromosomique Xp22.13 du petit bras de l’X ; il fournit des instructions pour fabriquer une protéine qui est essentielle pour le développement et la fonction normal du cerveau, The CDKL5 protein acts as a kinase, which is an enzyme that changes the activity of other proteins by adding a cluster of oxygen and phosphorus atoms (a phosphate group) at specific positions.la protéine CDKL5 agissant comme une kinase qui modifie l'activité d'autres protéines en ajoutant un groupe d'atomes d'oxygène et de phosphore (un groupe phosphate) à des positions spécifiques. One of the proteins targeted by the CDKL5 protein is MeCP2, which is produced from the MECP2 gene.
L'une des protéines ciblées par la protéine CDKL5 est le MeCP2 qui est produit à partir du gène MeCP2.The MeCP2 protein plays important roles in the function of nerve cells (neurons) and other brain cells and in the maintenance of connections (synapses) between neurons. La protéine MeCP2 joue un rôle important dans la fonction des cellules nerveuses (neurones) et d'autres cellules du cerveau et dans le maintien des connexions (synapses) entre les neurones. Des mutations de ces deux gènes entraînant un phénotype très semblable, il a été suggéré que les deux protéines pourraient participer à une voie commune de signalisation affectant la plasticité synaptique.

Syn. CDKL5 gène, CDKL5 Human, CFAP247, cyclin dependent kinase-like 5, serine/threonine kinase 9

syndrome des spasmes en flexion, syndrome de Rett

[H1,H3,O1,Q1,Q2]

Édit. 2017/2

SUMO acr. angl. pour Small Ubiquitin - related (ou - like) Modifier (protein)

Protéine cellulaire de masse moléculaire relativement petite (inférieure à 10 kDa) dont la composition est apparentée à l’ubiquitine (15% d’homologie).
On connaît plusieurs protéines voisines de la famille SUMO : SUMO1, 2 et 3 (appelées aussi respectivement sentrine 1, 2, 3). Elles diffèrent par plusieurs acides aminés du côté N-terminal de la molécule qui est plus ou moins longue. Toutes sont capables de se fixer par l’extrémité Gly COOH-terminale sur une fonction amine d’une lysine de la protéine acceptrice, protéine qui peut être une autre molécule SUMO, une ubiquitine ou une protéine à sensibiliser aux protéases d’un protéasome.

Syn. sentrine

ubiquitine

gènomisotopie n.f.

genome mining

Techniques d’identification des produits des gènes orphelins
Beaucoup de gènes orphelins sont découverts dans le génome des microorganismes. La technique d’identification de  la protéine codée consiste à ajouter au milieu de culture des acides aminés marqués que le microorganisme utilise pour synthétiser la protéine inconnue, ce qui permet la détection de cette protéine suivie de son identification. La protéine est dite orpheline lorsqu’on ne lui connait pas d’homologue dans le monde vivant. La mise en évidence d’enzymes parmi ces protéines conduit à l’étude de métabolites secondaires permettant de mieux connaître les fonctions de la bactérie. Une voie de recherche majeure est de rechercher si une des protéines orphelines identifiées a des propriétés thérapeutiques. 

gène orphelin

[Q1]

Édit. 2019

maladies neurodégénératives (marqueurs biologiques) l.m.p.

Marqueurs permettant de différencier la maladie d'Alzheimer de la démence à corps de Lewy : protéine Tau totale, protéine Tau phosphorylée, phospho-Tau 181 et peptides Aβ42 et Aβ40 présents dans le liquide cérébrospinal.
La valeur prédictive d'une maladie d'Alzheimer augmente en fonction du nombre de marqueur positifs (0 marqueur : valeur prédictive (VP) de 9,6 % ; 1 marqueur : VP de 24,7 % ; 2 marqueurs : VP de 77,2 % ; 3 marqueurs : VP de 94,2 %).
Le profil biochimique de la maladie d'Alzheimer correspond à
1/ des peptides Aβ42 < 500-700 ng/L et à un rapport Aβ42 / Aβ40 diminué,
2/ une protéine Tau totale > 400 ng/L et
3/ une protéine phospho-Tau 181 > 60 ng/L.
La valeur prédictive (VP) d'une maladie d'Alzheimer augmente en fonction du nombre de marqueur positifs (0 marqueur : VP 9,6 % ; 1 marqueur : VP 24,7 % ; 2 marqueurs : VP 77,2 % ; 3 marqueurs : VP 94,2 %).

Alzheimer (maladie d'), Alzheimer (biomarqueurs de la maladie d'), démence à corps de Lewy,  protéine Tau, peptide amyloïde A-bêta

[H3]

Édit. 2019

récepteur couplé à une protéine G l.m.

G protein-coupled receptor

Famille de récepteurs hétérotrimériques à 7 domaines transmembranaires (extrémité N extracellulaire et extrémité C intracellulaire) qui après activation par la fixation de leur ligand activent une protéine G  assurant l’échange GDP/GTP (guanosine di-  et triphosphate) sur la sous unité a de ces protéines  qui modulent ensuite des effecteurs (enzymes comme l’adénylate cyclase ou des canaux ioniques)
Ces récepteurs sont très nombreux (plusieurs centaines). Ils reconnaissent des ligands  très différents : les récepteurs muscariniques de l’acétylcholine, ceux de la noradrénaline, l’adrénaline, la dopamine, la morphine, les prostaglandines, l'angiotensine II, ou les leucotriènes. Les effecteurs des protéines G peuvent être des canaux ioniques directement activés par les protéines G, sans l’intermédiaire de seconds messagers, ou des enzymes qui vont permettre la synthèse de seconds messagers. Parmi ces derniers, il faut citer l’AMPc résultant de l'activation de l’adénylate cyclase par la protéine Gs (la protéine Gi inhibant l'adénylate cyclase) ainsi que l’IP3 (inositol triphosphate) et le DAG (diacylglycérol) résultant de l'activation de la phophoslipase C par une protéine Gq.

protéine G, canalionique, ligand

[C1]

Édit. 2019

AIRE gene sigle angl. pour AutoImmune REgulator

Le gène AIRE, localisé en 21q22.3, commande la transcription de la protéine AIRE, régulatrice de l’autoimmunité,  qui au niveau du thymus et du tissu lymphoïde périphérique, contrôle la tolérance vis-à-vis des lymphocytes T autoréactifs.
Plus de 60 mutations du gène
AIRE ont été identifiées au cours de la néoplasie endocrinienne multiple de type 1, certaines très typiques des populations finlandaises, britanniques, sardes. Certaines conduisent à la production d’une protéine régulatrice de l’autoimmunité courte, non fonctionnelle. D’autres sont responsables de la production d’acides aminés dans des régions critiques de cette protéine. Ces défauts affectent préférentiellement la production d’hormones surrénalienne, parathyroïdienne et conduit à une kyrielle d’autoanticorps souvent originaux (anti-interféron, anti-21hydroxylase ou dirigés contre l’enzyme branchant, antiNALP5, anti-GAD, anti-KCNRG…)

Syn. AIRE1, AIRE_HUMAN, APECED, APS1, PGA1, Autoimmune polyendocrinopathy candidiasis ectodermal dystrophy protein

Lymphocyte T, néoplasie endocrinienne multiple de type 1

[C3, F3, O4, Q1]

Édit. 2020

albinisme oculocutané l.m.

oculocutaneous albinism

Groupe de troubles héréditaires de la biosynthèse de la mélanine caractérisés par une réduction généralisée de la pigmentation des cheveux, de la peau et des yeux, et des anomalies oculaires variables telles que le nystagmus, la réduction de l'acuité visuelle et la photophobie.
Les variantes incluent l'AOCA1 (la forme la plus sèvre), l'AOCB1, l'AOCA1 avec pigmentation minime (AOCA1-MP), l'AOCA1 thermosensible (AOCA1-TS), l'AOC2, l'AOC3 et l'AOC4.
D’une prévalence mondiale de 1/17 000, l’AOC a des manifestations très variables selon le sous-type. La pigmentation présente dans la peau, les cheveux et les yeux peut varier de minime à absente. Les anomalies oculaires peuvent être absentes.
L'AOC est dû à des mutations de plusieurs gènes qui contrôlent la synthèse de la mélanine dans les mélanocytes. L'AOCA1, l'OCA1B, l'AOC-MP et l'AOC-TS sont dus à des mutations du gène TYR à l'origine d'une perte totale ou partielle de l'activité catalytique de la tyrosinase. Dans l'AOC2, les mutations sont localisées sur le gène OCA2 qui code pour la protéine AOC2 supposée jouer un rôle dans la régulation du pH et du trafic protéique des mélanosomes. L'AOC3 est dû à des mutations du gène TYRP1 (ou tyrosinase related protein 1) qui a pour rôle de stabiliser la protéine de la tyrosinase. L'AOC4 est dû à des mutations du gène SLC45A2, codant pour la protéine de transport associée à la membrane responsable de la fonction mélanosomique et du transport des protéines.
Toutes les formes d'AOC ont un mode de transmission autosomique récessif, le conseil génétique est possible.

M. Hayashi et T. Suzuki, dermatologues japonais, Orphanet (2013)

Étym. lat. albus : blanc

Chediak-Higashi (syndrome de), TYR gene, OCA2 gene, SLC45A2 gene

[J1,P2,Q2]

Édit. 2017

angiopathie amyloïde cérébrale l.f.

cerebral amyloid angiopathy

Dégénérescence des vaisseaux cérébraux, dont l'incidence, évaluée à 40% dans la population de plus de 60 ans, croît avec l'âge.
Cliniquement, elle se caractérise par la survenue, chez des individus âgés, d'hématomes intracérébraux récidivants, lobaires et corticaux, de topographie variable, expliquant la possibilité d'hémorragies méningées ou sous-durales associées. Les accidents ischémiques sont rares. S'associe un tableau de démence soit artériopathique, soit progressive de type Alzheimer (DTA), voire un aspect pseudotumoral.
Histologiquement, le dépôt amyloïde s'observe dans les artères méningées de moyen et petit calibre, dans les artères et les capillaires du cortex. Une obstruction progressive est à l'origine des ischémies, et des micro-anévrismes sont susceptibles de se rompre, à l'origine des hémorragies multiples. Une leuco-encéphalopathie est aussi relevée. Le diagnostic repose sur l'étude neuropathologique des biopsies cérébrales.
La protéine le plus souvent en cause est la protéine A4, qui est aussi impliquée dans la pathogénie de la démence de type Alzheimer, suggérant un lien possible entre angiopathie amyloïde et DTA.
Parmi les formes familiales, beaucoup plus rares, on distingue le type islandais, lié à un dépôt de cystatine-C, et le type hollandais, lié à une variante de la protéine A4.

démence de type Alzheimer

[A3,H1,H3,K4,Q2]

Édit. 2017

ankyrine n.f.

ankyrin

Protéine bande 21, présente dans le cytosquelette érythrocytaire, qui fixe l'échangeur des anions (ou protéine bande 3) à la chaîne bêta de la spectrine et contribue ainsi à la stabilité de la bicouche lipidique.
Le déficit en ankyrine peut être responsable de sphérocytose héréditaire. Cette protéine existe dans d'autres cellules que le globule rouge, en particulier dans le système nerveux.

base de Schiff l.f.

Schiff base

Double liaison C=N réunissant un carbone appartenant à une molécule donnée à un azote appartenant à une autre molécule.
Des bases de Schiff existent dans de nombreux complexes entre petite molécule et protéine, lipide ou acide nucléique, par exemple entre un glucose et un résidu de lysine de l’hémoglobine pour donner l’hémoglobine glyquée A1c (glycation) ou entre un dérivé carbonylé et la lysine , la cystéine ou l’histidine d’une protéine pour donner une protéine carbonylée.

H. Schiff, chimiste italien (1866)

glycation, carbonylation, hémoglobine glyquée A1c

[C1]

Édit. 2017

CCR 5 sigle angl. pour CC-chemokine receptor type5 

Récepteur membranaire de chimiokines présent essentiellement sur les lymphocytes T et les macrophages, indispensable à l’entrée dans ces cellules du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1)

CCR5 est une protéine codée par le gène de même nom porté par le chromosome 3. Elle appartient à la famille des récepteurs couplés à la protéine G. Cette protéine est ainsi appelée parce que, activée, elle échange une molécule de GDP (guanosine diphosphate) et une molécule de GTP (guanosine triphosphate). CCR5 se lie à plusieurs chimiokines dont CCL3 (chemokine CC ligand 3), CCL4 (chemokine CC ligand 4) encore connues comme MIP-1-alpha ( macrophage inflammatory protein 1 alpha) et MIP-2 (macrophage inflammatory protein 1 bêta), respectivement, et CCL5 ou RANTES (regulated on activation normal T cell expressed and secreted ») impliquées dans l’inflammation et l’attraction des cellules pourvues de CCR5 vers leurs cibles. CCR5 est également la voie de pénétration, dans les lymphocytes et les macrophages, de souches du virus VIH-1 à tropisme M (M-tropic strains of HIV-1 »). Les sujets homozygotes porteurs de la mutation CCR-Д32 sont protégés de la maladie. Elle est atténuée chez les sujets hétérozygotes.

virus de l'immunodéficience humaine, protéine G, chimokine

cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1 l.f.

progressive familial intrahepatic cholestasis, PFIC11

Maladie infantile, d’origine génétique à transmission récessive se manifestant par une cholestase.
Cette entité actuellement démembrée correspond au type 1 des cholestases intrahépatiques progressives familiales (PFIC1) qui est la forme la plus rare des trois PFIC.
La maladie débute après plusieurs mois de vie, dans la petite enfance. Elle se manifeste par des selles décolorées, des urines foncées, un ictère, une hépatomégalie, un prurit. Le diagnostic est suspecté en raison de la concentration élevée en acides biliaires dans le sang et de la normalité de la gamma glutamyltransférase (γ-GT). Parmi les cholestases avec γ-GT normale, le diagnostic différentiel inclut principalement les déficits de synthèse des acides biliaires primaires et la PFIC2. Les voies biliaires sont normales. Spontanément, l’évolution se fait vers une fibrose cirrhogène. Des atteintes extrahépatiques ont été rapportées (diarrhée, pancréatite, surdité). Un traitement par l’acide ursodésoxycholique (AUDC) doit être initié chez les patients pour prévenir la progression des lésions hépatiques mais il n’est pas totalement efficace. La rifampicine aide à contrôler le prurit. Du fait de la sévérité de la cholestase, une transplantation hépatique est nécessaire avant l’âge adulte chez environ la moitié des patients.
La PFIC1 est causée par des mutations du gène ATP8B1 (18q21-22) codant la protéine FIC1 exprimée à la membrane canaliculaire des hépatocytes ainsi que dans d'autres cellules épithéliales. Dans les hépatocytes, la protéine FIC1 serait impliquée dans la sécrétion biliaire et en particulier des acides biliaires dont la concentration est diminuée dans la bile des enfants atteints de PFIC1. L'expression extrahépatique de la protéine FIC1 explique les atteintes extrahépatiques observées chez les malades.
Un dépistage prénatal peut être proposé si la mutation a été identifiée chez chacun des deux parents.

Clayton (1965)

Étym. : Jacob Byler, fondateur de la communauté Amish dans laquelle les premiers cas ont été décrits

Syn. cholestases intrahépatiques progressives familiales,  cholestase familiale récurrente cirrhogène, cholestases intrahépatiques familiales, cholestases fibrogènes familiales , cholestases intrahépatiques progressives familiales, PFIC , maladie de Byl

ATP8B1 gene, protéine FIC1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3, gamma glutamyltransférase, acide ursodésoxycholique, rifampicine

[A4,C1,C3,L1,O6,Q2]

cholestases intrahépatiques progressives familiales l.f.p.

progressive familial intrahepatic cholestasis

Les cholestases intrahépatiques progressives familiales constituent un groupe hétérogène de maladies autosomiques récessives rares, apparaissant chez le nouveau-né ou au cours de la croissance chez  l'enfant ou l’adolescent et affectant la sécrétion biliaire.
La prévalence exacte n'est pas connue, elle est estimée à la naissance entre 1/50 000 et 1/100 000. Trois types de PFIC ont été identifiés sur le plan moléculaire. Les gènes impliqués codent pour des transporteurs hépatocytaires jouant un rôle dans la sécrétion biliaire. Les PFIC1 et PFIC2 se manifestent le plus souvent dès les premiers mois de vie alors que la PFIC3 peut se révéler plus tard dans la petite enfance, l'enfance voire chez l'adulte jeune.
Les principales manifestations cliniques sont une cholestase, un prurit, un ictère et une hépatomégalie. Des atteintes extrahépatiques peuvent compliquer l'évolution des PFIC1. Tandis que les enfants atteints de PFIC1 ou de PFIC2 présentent une activité gamma-glutamyltransférase sérique (γGT) normale, les enfants atteints de PFIC3 ont une γGT élevée.
Les PFIC1 et PFIC2, toutes deux dues à un défaut de sécrétion des acides biliaires dans la bile, sont liées respectivement à des anomalies des gènes ATP8B1 (codant la protéine FIC1) et ABCB11 (codant la protéine BSEP, pompe d'export des sels biliaires). Des mutations du gène ABCB4, codant la protéine MDR3 (Multi-Drug Resistant 3), impliquée dans la sécrétion biliaire des phosphatidylcholines, sont responsables de la PFIC3.
Le diagnostic se base sur l'examen clinique, l'échographie hépatique, la cholangiographie, l'histologie hépatique et sur l'exclusion des autres causes de cholestase par des tests spécifiques. L'étude par immunomarquage de l'expression hépatocytaire des protéines MDR3 et BSEP et l'analyse de la composition en lipides de la bile peuvent orienter le diagnostic qui est confirmé par biologie moléculaire. Un diagnostic prénatal peut être proposé aux familles lorsque les mutations causales ont été identifiées.
Une surveillance du risque de carcinome hépatocellulaire, notamment chez les patients PFIC2, doit être assurée dès la première année de vie.

Sigle PFIC

Réf. Orphanet, C. Baussan, E. Gonzales, E. Jacquemin, A. Spraul (2011)

syndrome d'Alagille, , cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3, Byler (maladie de)

[A4, C1, C3, L1, O1, O6, Q2]

Édit. 2018

CREB acr. angl. pour Camp Rresponsive Element Binding protein.

Protéine cellulaire jouant un rôle dans la transmission d'un message d'un récepteur hormonal membranaire après phosphorylation par une protéine-kinase A activée par l'AMP cyclique et se fixant sur une séquence d'ADN comme élément cis-régulateur capable de déclencher la synthèse d'un ARNm spécifique.
Gène situé sur le locus chromosomique 16p13.3 codant pour une protéine qui régule l’activité de nombreux gènes des tissus du corps ; elle joue un rôle essentielle dans le contrôle de la croissance, la division et la différentiation cellulaire.
Des mutations de ce gène interviennent dans le syndrome Rubistein-Taybi et de nombreux cancers.

Syn. CBP, CBP_HUMAN, CREB binding protein (Rubinstein-Taybi syndrome)

Rubistein-Taybi (syndrome de)

[C3]

dégénérescence maculaire juvénile l.f.

macular degeneration juvenile

Dystrophie maculaire juvénile isolée, lentement évolutive, avec dépigmentation maculaire, silence choroïdien de Bonnin et image maculaire angiographique en œil de bœuf.
L'affection débute vers sept ans avec un fond d'œil qui paraît encore normal. En quelques mois l'acuité visuelle diminue considérablement pour, en cinq ans, chuter à 1/10. L'ERG est au début normal, mais il est ensuite altéré en photopique. L'angiographie fluoresceinique est précocement altérée avec, comme premier signe, le silence choroïdien (absence d'imprégnation de la choroide). L'évolution se fait avec l'apparition de taches flavimaculées plus ou moins nombreuses, une atteinte mixte de l'ERG et une extension du scotome central.
Le locus du gène (STGD1) a été localisé par J. Kaplan par clonage positionel sur le bras court du chromosome 1 en 1p13-p21. Allikmets ont identifié dans cette région le gène ABCR (ATP binding cassette retina, MIM 601691) responsable de la maladie qui code une protéine transmembranaire spécifique à la rétine. Elle appartient à la superfamille de protéines ABC. Elle est constituée de deux domaines hydrophobes transmembranaires (régulation de la protéine) et de deux domaines cytoplasmiques hydrophiles (fonctionnalité) liant l'ATP. Cette protéine est retrouvée uniquement dans les cellules photoréceptrices (hybridation in situ). L’affection est autosomique récessive (MIM 248200).

M.-P. Bonnin, ophtalmologiste française (1971) ; Josseline Kaplan, médecin généticienne française (1993) ; R. Allikmets, chercheur américain (1997) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. STG1, Stargardt (maladie de), dystrophie maculaire avec taches, Stargardt flavimaculée (maladie de)

fundus flavimaculatus

effet dominant négatif l.m.

negative dominant effect

Effet d’une mutation hétérozygote d’un gène présente sur un seul allèle dit antimorphe conduisant à la production d’une protéine anormale avec perte de fonction qui n’est pas compensée par la présence de l’allèle normal.
De telles mutations sont rencontrées dans les gènes codant les protéines de structure ou capables de former des homo- ou des hétérodimères. Elles affectent de façon négative la fonction de la protéine normale dont elles modifient la conformation. C’est ainsi que dans l’ostéogenèse imparfaite, la structure du collagène de type 1 qui est une protéine multimérique (assemblage de trois chaînes) est fragilisée par la présence d’une chaîne anormale.

ostéogenèse imparfaite, collagènes

[Q1]

Édit. 2019

encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles l.f.p.

transmissible subacute spongiform encéphalopathies (TSSE)

Affections nerveuses rencontrées chez l’Homme, les ruminants, le Chat et le Vison avec la possibilité d’une transmission inter-espèces, caractérisées par une dégénérescence du système nerveux central associée à une astrocytose, une perte neuronale et une spongiose diffuse et/ou intraneurale, avec une évolution toujours fatale.
C’est une zoonose, depuis la confirmation de la transmission de l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’Homme à l’origine d’une crise sanitaire mondiale sans précédent en 1985.
L’agent étiologique, tout d’abord dénommé « agent transmissible non conventionnel », serait la conséquence de la transformation d’une protéine du soi (Protéine Prion cellulaire ou PrPc) en protéine résistante aux protéases et à la chaleur (PrPres ou prion), généralement identifiée dans les cerveaux des sujets atteints et admise comme marqueur spécifique de ces maladies. Elle a été découverte et identifiée par Stanley Prusiner en 1981.
Chez l’Homme il s’agit principalement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), qu’il s’agisse des formes sporadiques, familiales ou transmises (transmission iatrogène ou alimentaire), du syndrome de Gertsmann-Sträussler-Scheinker  décrit en 1936, du Kuru (transmis par cannibalisme), de la maladie d'Alpers (développée dans l'enfance) ou de l’insomnie fatale familiale (IFF).
Chez l'animal, on connait depuis longtemps la tremblante ou « scrapie » du Mouton et de la Chèvre, l’encéphalopathie transmissible du Vison d’élevage, la maladie du dépérissement chronique des cervidés (en Amérique du Nord) et, depuis 1985, l’ESB ou "maladie de la Vache folle". Dans ce dernier cas il s’agissait d’une contamination intra-espèce par le recyclage de bovins morts de l’ESB dans la fabrication de farines animales, avec franchissement de la barrière d’espèce observée naturellement chez le Chat (encéphalopathie spongiforme féline) en 1990 puis chez l’Homme en 1996. 

S. B. Prusiner, neurobiologiste américain (1981), prix Nobel de médecine en 1997 ; H. G. Creutzfeldt, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; J. Gerstmann, neurologue américain ; E. Sträussler, neuropsychiatre autrichien et I.M. Scheinker, neuropatholologiste (1924) ; B. J. Alpers, neurochirurgien américain (1931)

Étym. angl. spongiform : en forme d'éponge (du gr. spoggia : éponge)

Sigle ESST

prion, encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles, tremblante du Mouton, encéphalopathie spongiforme bovine, Kuru, Creutzfeldt-Jakob (maladie de), Gerstmann-Straüssler-Scheinker (syndrome de), Alpers (maladie de), insomnie fatale familiale

[ D1, H1]

Édit. 2019

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