ré-instillation digestive l.f.
digestive reinstillation
Traitement palliatif des fistules digestives externes (essentiellement fistules entéro-cutanées de l'intestin grêle) par prélèvement du liquide digestif dans le segment intestinal d’amont et ré-instillation dans le segment d’aval.
Généralement ces fistules intestinales ou biliaires sont une complication de la chirurgie digestive (lâchage d'anastomose, chirurgie des voies biliaires). La ré-instillation s'emploie surtout pour les fistules biliaires et celles de la partie haute du grêle si le segment intestinal sous-lésionnel est tolérant et fonctionnel. La ré-instillation peut être continue à l'aide d'un appareillage automatique spécial.
colorations en endoscopie digestive l.f.
staining in digestive endoscopy
Les examens endoscopiques du tube digestif sont effectués en lumière blanche et la détection des zones dysplasiques planes est limitée, malgré la qualité croissante de l’image, justifiant l'utilisation de colorations.
Dans de nombreuses indications (bilan d’extension d’un carcinome épidermoïde de l’œsophage, détection des zones dysplasiques d’un
endobrachyœsophage, dysplasie sur gastrite atrophique, détection des adénomes duodénaux et de des adénomes coliques en cas de polypose adénomateuse familiale, ou en cas de maladie chronique inflammatoire des intestins ou contrôle après mucosectomie fragmentaire…), il est nécessaire d'utiliser une des techniques de coloration disponibles qui sont la chromoscopie utilisant des colorants chimiques ou la chromoscopie par méthodes optiques et électroniques.
Quelle que soit la technique utilisée, l’analyse minutieuse de la muqueuse digestive en lumière blanche est indispensable avant d’utiliser la chromoendoscopie. Les principaux colorants chimiques disponibles sont l’indigo-carmin, le lugol et l’acide acétique. Ils sont utilisables par tous et de faible prix. Ils ont l’inconvénient d’être consommateur de temps, en particulier dans les indications pour lesquelles des biopsies par quadrants sont recommandées. L’indigo-carmin est le plus utilisé toutes indications confondues, c’est un colorant de surface qui ne pénètre pas en profondeur. Le lugol est absorbé par les zones normales riches en glycogène ; il existe un risque de bronchospasme et la pulvérisation doit s’arrêter 5 cm sous la bouche de Killian.
Parmi les techniques de chromoscopie optiques et électroniques, le narrow band imaging (NBI), dont sont équipées les colonnes Olympus, est facilement accessible. Le NBI, également appelée imagerie spectrale en bandes étroites, est basé sur la sélection de certaines longueurs d’ondes dans le spectre de la lumière blanche. Ainsi, la sélection du bleu (415 nm) et du vert (540 nm), qui correspondent aux longueurs d’ondes spécifiques de l’hémoglobine, permet de rehausser les structures vasculaires au sein de la muqueuse. Les NBI de nouvelle génération paraissent supérieures à la lumière blanche pour détecter les polypes plans difficiles à voir. D’autres systèmes existent parmi lesquels le Fuji Intelligent Color enhancement ® (FICE) ou l’image i-scan. Ces examens diminuent significativement le temps de l’examen par rapport à l'emploi de colorants chimiques.
A côté des techniques de chromoscopie, l’endomicroscopie confocale permet l’étude de la muqueuse digestive à l’échelon cellulaire au cours d’une endoscopie à l’aide de microscopes miniaturisés. Il est possible de combiner l’endomicroscopie confocale et d’autres modalités comme le NBI. En cas d’utilisation de l’endomicroscopie confocale , la muqueuse digestive doit être marquée par une molécule fluorescente et illuminée par une source laser. L’utilisation de cette technique est limitée en particulier en raison de son coût.
→ dysplasie, cancer de l'œsophage, endobrachyœsophage, gastrite, polypose adénomateuse familiale, endomicroscopie, microscopie confocale
[L1]
Édit. 2019
Benckiser (hémorragie de) l.f.
Benckiser's haemorrhage
R. Benckiser, obstétricien allemand (1831) ; J. Lobstein, chirurgien et anatomlopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1777-1835)
Édit. 2017
hémorragie n.f.
hemorrhage
Saignement entraînant parfois une perte importante de sang.
On distingue les hémorragies artérielles où le sang coule à flot par saccades, les hémorragies dites capillaires où le sang coule «en nappe» et les hémorragies veineuses où l'écoulement, qui peut être très important, n'est pas pulsé. Le débit dépend de la pression dans le vaisseau, de la surface de la brèche et de la fluidité du sang (inverse de la viscosité en régime de Poiseuille).
Les lymphorragies par lésions de vaisseaux lymphatiques (curages ganglion
Il existe dans les vaisseaux un équilibre entre la pression et le produit de la tension par la courbure de la paroi (inverse du rayon, loi de Laplace). Diminuant la tension des fibres musculaires des parois vasculaires, les vasoplégiques abaissent les pressions veineuses et artérielles réduisant ainsi les saignements. Comme les plaies artérielles sont maintenues béantes par la tension des fibres musculaires, la vasoplégie réduit la surface de la brèche et diminue aussi le saignement. La baisse de cette tension joue sur le régime circulatoire : des parois artérielles détendues amortissent plus vite le régime pulsatoire, ce qui réduit encore le saignement. Enfin les processus de coagulation diminuent la fluidité du sang et finissent par arrêter une hémorragie d'importance moyenne.
Le traitement d'urgence, immédiat, d'une hémorragie externe peut se faire par compression locale ou aux points de compression artérielle à la racine des membres. S'il n'est pas possible de maintenir la compression, la pose d'un garrot (hémorragie artérielle d'un membre) est, faute de mieux, une solution provisoire. La mise en position couchée tête basse, jambes levées, favorise le retour du sang veineux vers le cœur et remet en circulation le volume sanguin contenu dans les membres inférieurs (1 L chez l'adulte), ce qui repousse le délai fatal : le temps de demi-survie dépend de l'importance du débit de saignement. Pour une hémorragie abondante il est de l'ordre d'une vingtaine de minutes (dans les statistiques, toutes choses égales d'ailleurs, ce délai suit une loi de probabilité logarithmiconormale en fonction du temps).
En chirurgie, selon le diamètre du vaisseau, on utilise l’électrocoagulation, la forcipressure (pinces de Kocher, etc.) ou la ligature du vaisseau qui saigne. Des applications de solutions dites hémostatiques, peuvent favoriser la constitution du caillot en cas de saignement en nappe. Le traitement d'une hémorragie interne est plus difficile car le site n'est souvent pas accessible directement : il faut alors recourir d'urgence à la chirurgie, à l'embolisation, à la sonde de Blakemore pour les varices œsophagiennes ou éventuellement à l'endoscopie si le site est abordable.
La compensation d'une hémorragie de grande abondance doit se faire précocement par perfusion de liquide «de remplissage», puis par transfusion pour maintenir une circulation efficace et éviter le désamorçage du cœur, ce qui retarde l'apparition du choc.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ embolisation pulmonaire, garrot, hématémèse, hémoptysie, Laplace (loi de), logarithmiconormale (distribution), pantalon anti-G, pression, tension, solution de remplissage, saignement périopératoire,
[G2]
hémorragie cérébrale l.f.
cerebral hemorrhage
Saignement au sein du parenchyme cérébral par suite de la rupture d'un vaisseau, constituant un accident pathologique majeur, dont le pronostic est le plus souvent grave, sinon réservé.
Représentant environ 10% des accidents vasculaires cérébraux, l’épanchement sanguin peut envahir les espaces sous-arachnoïdiens (hémorragie cérébroméningée) ou les cavités cérébrales (inondation ventriculaire).
Prenant naissance dans les noyaux gris centraux, la grande hémorragie cérébrale détruit les structures profondes de l'hémisphère et détermine par effet de masse un engagement temporal et fronto-cingulaire. Des hémorragies limitées peuvent détruire les noyaux (hémorragies caudée, putaminale, thalamique) ou la substance blanche (hémorragie capsulaire, hématomes lobaires frontal, temporal, occipital). Le tronc cérébral peut être le siège d'hémorragies étendues ou limitées et il subit le retentissement de l'engagement temporal ou d'une hémorragie cérébelleuse.
L'hypertension est la principale cause. Elle fragilise le dispositif artériel en déterminant la lipohyalinose des artères de petit calibre et la constitution d'anévrismes de Charcot-Bouchard. La rupture survient à l'occasion d'un accès hypertensif. Soumises à un régime de pression particulièrement élevé, les artères perforantes irriguant le territoire profond de l'artère sylvienne sont responsables des hémorragies cérébrales survenant dans ces circonstances.
L'angiopathie amyloïde qui intéresse avec prédilection les petits vaisseaux des méninges et du cortex est responsable d'hémorragies lobaires dont la fréquence croît avec la durée de vie pour devenir chez les sujets âgés, une cause d'hémorragie cérébrale aussi fréquente que l'hypertension artérielle.
Si l'on exclut les traumatismes, les malformations vasculaires sont responsables de la plupart des hémorragies du sujet jeune : 20% des cas sont dus à des anévrismes et 50% à des angiomes. Bon nombre d'hémorragies relèvent de malformations cryptiques (télangiectasies, cavernomes) échappant à l'angiographie lors de l'accident vasculaire ; l'IRM en a confirmé la fréquence.
Exceptionnellement, une hémorragie cérébrale révèle une tumeur, une vascularite, un réseau moya-moya. Les médications anticoagulantes, les agents responsables d'une poussée d'hypertension (amphétamines, phénylpropanolamine, cocaïne) interviennent comme facteurs favorisants.
La survenue d’une hémorragie cérébrale est marquée par une céphalée d’installation brutale avec un vomissement, suivi rapidement par un certain degré d'obnubilation pouvant aboutir à un coma apoplectique. La sémiologie déficitaire se précise en quelques heures. Elle est fonction du siège, du volume et du retentissement de l'épanchement à distance. Dans la moitié des cas, il est difficile de faire la distinction avec un accident ischémique. Le scanner X montre l'hémorragie comme une image hyperdense, mesure l'effet de masse et décèle l'atteinte méningée ou ventriculaire. L'IRM est d'interprétation plus délicate car les caractères de l'image varient à la mesure de la dégradation de l'hémoglobine.
L'évacuation chirurgicale d'une hémorragie cérébelleuse est indiquée s'il existe des signes de compression du tronc ou une hydrocéphalie. Ce geste est également justifié par l’aggravation avec menace d’engagement des hémorragies lobaires. En dehors de ces éventualités, le traitement vise à réduire l'hypertension artérielle, à maintenir l'équilibre hydroélectrolytique et à contrôler l'hypertension intracrânienne.
La grande hémorragie cérébrale est mortelle en quelques heures ou quelques jours. Il en est de même des hémorragies graves du tronc cérébral. Les autres hémorragies sont compatibles avec une survie après une période critique de deux à trois semaines. Les hématomes lobaires peuvent guérir en ne laissant subsister qu'un minimum de séquelles.
angiome cerebral, anévrismes de Charcot-Bouchard
J-M. Charcot, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine et C. J Bouchard, anatomopathologiste français, membre de l’Académie de médecine (1867)
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ angiopathie amyloïde cérébrale moya moya (syndrome) anévrisme artériel intracrânien
[H1]
Édit. 2015
hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né l.f.
intra-ventricular cerebral hemorrhage of the new-born
Forme clinique intraventriculaire de l’hémorragie cérébrale du nouveau-né, due à la grande prématurité ou à l’anoxie du perpartum.
Sa traduction clinique est bruyante, particulièrement chez le prématuré : malaise brutal, apnée, accès de cyanose réitérés, convulsions, mouvements anormaux, etc..
Le diagnostic est établi par l’échographie transfontanellaire ou la scanographie qui montrent l’hémorragie intraventriculaire et précisent en outre l’atteinte éventuelle du parenchyme
cérébral.
Le risque augmente si la tendance hémorragique du tout nouveau-né n’est pas corrigée par une administration efficace de vitamine K1. Il est aggravé par l’hypothermie, la dyspnée (par ex. d’un pneumothorax) ou si l’enfant est soumis à des manœuvres agressives (abords vasculaires douloureux, intubation). Quand il s’agit d’une hémorragie peu importante localisée aux seuls ventricules, le pronostic n’est pas toujours mauvais mais, en revanche, l’avenir est sombre si le parenchyme cérébral est touché, surtout des deux côtés.
Le meilleur traitement est préventif, en évitant les naissances prématurées ou traumatisantes, les gestes agressifs et douloureux, en respectant une stricte discipline d’asepsie, en conduisant la ventilation mécanique avec un régime de pression le plus faible possible.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
Syn. hémorragie ventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie cérébroméningée du nouveau-né l.f.
subarachnoïdal cerebral neonatal hemorrhage
Chez le nouveau-né, saignement consécutif à une lésion vasculaire siégeant sous l'arachnoïde à la base du cerveau, ou sous la tente du cervelet, dans les ventricules cérébraux ou dans le parenchyme cérébral.
Elle peut être due à un traumatisme par accouchement dystocique, extraction instrumentale ou manœuvre obstétricale, à une anoxie fœtale perpartum, surtout à une grande prématurité. Evoquée dans les premières heures de vie devant des anomalies neurologiques, des crises convulsives du nouveau-né, elle est mise en évidence par l'échographie transfontanellaire et la scanographie cérébrale. Parfois mortelle ou source de séquelles psychomotrices graves, son pronostic dépend de son volume et de son siège.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O1]
hémorragie de Benckiser l.f.
Benckiser's hemorrhage
Hémorragie fœtale imprévisible se traduisant, en cas d'insertion vélamenteuse du cordon, par une souffrance aigüe du fœtus, presque toujours rapidement mortelle, qui se produit au moment de l'accouchement, lors de la rupture des membranes.
Elle est due à la rupture d'un vaisseau funiculaire cheminant à la surface des membranes de l'œuf, souvent en situation praevia. Cette éventualité est rarement prévue en cours de grossesse. Elle pourrait être suspectée en cas d’insertion basse ou latérale du placenta, de cotylédon placentaire bas situé et vérifiée par une échographie avec Doppler ; dans ce cas une césarienne serait programmée. Lors de l’accident aigu, la césarienne d’urgence est nécessaire.
R. Benckiser, obstétricien allemand (1831) ; J. Lobstein, médecin interniste et anatomopathologiste français, membre de l’Académie de médecine (1777-1835)
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
Édit. 2015
hémorragie de la délivrance l.f.
placenta delivery hemorrhage
Saignement utérin de plus de 500 mL se produisant avant, pendant ou dans les 24 heures suivant l'accouchement par les voies naturelles ou par césarienne.
Elle est localisée au niveau de l'utérus, du vagin, des organes génitaux externes ou encore, elle peut être généralisée. La délivrance (expulsion du placenta et des membranes hors des voies génitales), dernier temps de l'accouchement est la cause de l'hémorragie. L'hémostase est normalement assurée par la rétraction de l'utérus après l'expulsion du placenta.
Les principales causes d'hémorragie du prae partum sont le placenta prævia, la toxémie gravidique (notamment le HELLP syndrome (Hemolysis, Elevated Liver enzymes and Low Platelet count) et l'hématome utéroplacentaire). Ces hémorragies s'accompagnent souvent de troubles majeurs de la coagulation à type de coagulopathie intravasculaire disséminée. La diminution importante et précoce du fibrinogène (par un mécanisme de fibrinolyse primitive ou secondaire) a fait utiliser le terme de syndrome de défibrination.
Les hémorragies du post partum ont de très nombreuses causes : rétention placentaire et anomalies du placenta (placenta acreta); inertie, inversion ou rupture utérine; lésion du vagin ; mort fœtale in utero; embolie amniotique.
Les hémorragies obstétricales peuvent aussi être dues à une anomalie congénitale de l'hémostase (maladie de von Willebrand) ou à des troubles acquis de l'hémostase (thrombopénie, traitement antithrombotique, anticoagulants circulants).
En dehors du traitement symptomatique comportant l'apport de facteurs de coagulation, le traitement local dépend de la cause. Il peut nécessiter une révision utérine ou l'administration de médicaments visant à renforcer la contraction utérine. En cas d'échec il faut envisager l'embolisation ou la ligature des artères utérines ou hypogastriques. L'hystérectomie, dite d'hémostase, est souvent nécessaire.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ coagulopathie de consommation, fibrinolyse, HELLP syndrome, hématome utéroplacentaire, toxémie gravidique, placenta praevia, placenta accreta
[O3]
hémorragie de la grossesse l.f.
pregnancy hemorrhage
Saignement génital de la femme enceinte, parfois abondant, quelquefois mortel, dû en général à une fausse couche ou à une grossesse extra-utérine au premier trimestre, à un placenta prævia ou à un hématome rétroplacentaire aux deux derniers trimestres.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ grossesse extra-utérine, placenta praevia, hématome rétroplacentaire
[O3]
hémorragie de privation l.f.
withdrawal bleeding
Saignement utérin qui survient quand l'endomètre cesse d'être imprégné par les œstrogènes et la progestérone, en fin de cycle menstruel ou après l'arrêt d'un contraceptif œstroprogestatif.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
hémorragie des suites de couches l.f.
post-partum hemorrhage
Hémorragie survenant plus de 24 heures après l'accouchement et jusqu'au 42ème jour des suites de couches, le plus souvent par rétention placentaire.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
hémorragie d'implantation l.f.
implantation hemorrhage
Métrorragie contemporaine de l'implantation de l'embryon six à sept jours après l'ovulation, rare et de faible abondance.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
hémorragie du nouveau-né l.f.
neonatal hemorrhage
→ hématome sous-cutané crânien tardif généralisé, hémorragie digestive du nouveau-né, hémorragie ombilicale du nouveau-né, hémorragie rétinienne du nouveau-né, hémorragie cérébro méningée du nouveau-né, ventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie du vitré l.f.
vitreous hemorrhage
Hémorragie du vitré d'origines très variées qui peut opacifier ce milieu au point de réduire la vision et d'empêcher l'accès au fond d'œil.
Des séquelles sont inévitables dans les hémorragies abondantes, avec liquéfaction, condensation et organisation du vitré.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[P2]
hémorragie expulsive l.f.
expulsive haemorrhage
Hémorragie choroïdienne survenant brutalement en cours d'intervention de la cataracte, en réalisant une poussée positive postérieure et une extrusion des structures intraoculaires.
Sa contention est d'autant plus malaisée que l'incision est grande.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[P2]
hémorragie fœtomaternelle l.f.
feto-maternal hemorrhage
Passage transplacentaire de sang fœtal dans la circulation maternelle, sur placenta normalement inséré ou prævia, au moment de l'accouchement ou de la délivrance, à l'occasion d'un traumatisme utérin, d'une manœuvre de version, d'une amniocentèse, d'une fausse couche, d'une grossesse extra-utérine.
Son volume, évalué par le test de Kleihauer, atteint parfois plusieurs dizaines de millilitres, cause d'anémie fœtale et surtout d'immunisation anti-D chez les femmes rhésus négatif.
E. Kleihauer et K. Betke, pédiatres allemands (1957)
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
Édit. 2015
hémorragie intracrânienne du nouveau-né l.f.
→ hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie intrapéritonéale l.f.
intraperitoneal hemorrhage
[L1]
hémorragie intrarétinienne l.f.
intraretinal hemorrhage
Diffusion hématique dans les espaces extracellulaires par ruptures pariétales de microanévrismes ou de capillaires rétiniens.
Ces petites hémorragies, retrouvées au cours de la plupart des vasculopathies rétiniennes, ont une forme ronde en tache pétéchiale lorsqu'elles sont profondes au niveau de la couche plexiforme externe, ou un aspect strié en flammèches lorsqu'elles sont superficielles au niveau de la couche des fibres optiques.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[P2]
hémorragie intravitréenne l.f.
intravitreal hemorrhage
Diffusion hématique dans la cavité vitréenne.
Les hémorragies intravitréennes sont une des complications des rétinopathies proliférantes. Leur importance est variable et, en l'absence de décollement secondaire du vitré, la récidive est habituelle à partir d'un néovaisseau prérétinien ou intravitréen. Elles peuvent aussi être secondaires à la formation d'une déchirure rétinienne au niveau d'un trajet vasculaire ou à la diffusion d'un hématome rétrohyaloïdien.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
Syn. hémorragie du vitré, hémorragie vitréenne
[P2]
hémorragie méningée l.f.
meningeal hemorrhage, subarachnoide haemorrhage
Épanchement sanguin dans l'espace sous arachnoïdien.
En dehors d'un traumatisme cranio-encéphalique, l’hémorragie méningée est due dans la grande majorité des cas, à la rupture d’une malformation vasculaire intracrânienne : angiomes artérioveineux ou surtout anévrismes artériels. Ces derniers sont localisés au niveau du polygone de Willis (artère communicante antérieure, artère sylvienne) ou du tronc basilaire.
Les autres étiologies sont communes avec celles de l'hémorragie cérébrale, notamment l'hypertension artérielle. Une hémorragie cérébroméningée est fréquente.
Parfois provoquée par un effort physique, son début est brutal, par une intense céphalée et des troubles de la vigilance. La raideur méningée, majorée à la nuque, peut être retardée de quelques heures. La recherche de signes de localisation neurologique, en particulier d'une paralysie du III, doit être systématique. Selon les échelles de la World Federation of Neurological Surgeons ou de Hunt et Hess, la gravité est estimée en 5 degrés, allant de 1, (absence de symptômes), à 5 (coma avec décérébration). L'absence initiale de fièvre est un élément majeur, mais des signes centraux secondaires sont possibles tels que des élévations thermique, hypertensive ou glycémique. Des formes moins typiques (comateuses, confusionnelles, convulsives, céphalalgiques simples) peuvent être observées.
L’examen du fond d'œil permet d’observer un œdème papillaire et parfois des hémorragies péripapillaires. La ponction lombaire n'est pratiquée qu’en cas de tableau clinique atypique ou de suspicion de méningite. L'imagerie cérébrale doit être effectuée en priorité. Montrant une hyperdensité dans les espaces sous-arachnoïdiens et le système ventriculaire, elle peut faciliter la recherche étiologique et extérioriser des associations parenchymateuses. C'est l'angiographie cérébrale par voie fémorale qui offre les résultats les plus significatifs.
Si ces investigations sont négatives, il s'agit fréquemment d'une hémorragie méningée périmésencéphalique. Dans de pareils cas, les récidives sont rares.
Le traitement comporte la prévention du spasme vasculaire par les inhibiteurs calciques (nimodipine) et l'emploi de la neuroradiologie interventionnelle : embolisation ou occlusion par ballonnet, angioplastie artérielle par spirales métalliques (microcoils). L'intervention chirurgicale est indiquée pour l’ablation d'un angiome ou d'un anévrisme ou encore pour la mise de clips sur ce dernier.
Les principales complications sont :
- la récidive de l'hémorragie dans les premières semaines après l'épisode initial,
- le spasme artériel (vasospasme cérébral)
- une hydrocéphalie, une épilepsie, un syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique.
W. E. Hunt et R. M. Hess, neurochirurgiens américains (1968)
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
Syn. hémorragie sous-arachnoïdienne
→ hormone antidiurétique (sécrétion inappropriée d')
[H1]
Édit. 2015
hémorragie obstétricale par incoagulabilité l.f.
obstetrical hemorrhage due to coagulation disorders
Saignement génital de la grossesse, de l'accouchement ou des suites de couches dû à des troubles de l'hémostase, une thrombopénie, une afibrinémie, une coagulation intravasculaire disséminée.
Ses causes obstétricales principales sont l'hématome rétroplacentaire, l'hypertension artérielle, l'embolie amniotique, l'hémorragie de la délivrance.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O3]
hémorragie ombilicale du nouveau-né l.f.
ombilical hemorrhage of the newborn
Saignement du cordon ombilical du nouveau-né, dû à un défaut de ligature du cordon ou à une maladie hémorragique.
Elle est devenue très rare avec l'emploi d'un clamp de Bar pour obturer le cordon à la naissance.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O1,O3]
hémorragie provoquée l.f.
induced haemorrhage
Hémorragie résultant d'une manipulation externe ou d'une absorption médicamenteuse susceptible d'entraîner des hémorragies (antivitamine K, héparine, etc.).
Ce trouble peut parfois entrer dans le cadre de la simulation, bien plus fréquemment dans la rubrique des troubles factices.
Lasthénie de Ferjol, personnage de Barbey d'Aurevilly qui a décrit le tableau clinique dans son roman « Une histoire sans nom » et repris par Jean Bernard en 1967.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ Lasthénie de Ferjol (syndrome de)
[H3]
Édit. 2015