érosion traumatique du tronc artériel brachiocéphalique l.f.
brachiocephalic trunk fistula
Fistulisation entre le tronc artériel brachiocéphalique et la trachée, d'origine ischémique et infectieuse.
Il existe deux causes : une incision trachéale trop basse sous le 4ème anneau, lors d'une trachéomie, mettant en contact le tube trachéal et l'artère, ou une érosion ischémique par ballonnet trop gonflé au contact d'un tronc artériel brachiocéphalique en position médiane sur la face antérieure de la trachée, que l'intubation soit orale, nasale ou faite par trachéotomie.
Ce sont de petits saignements de sang rouge rutilant qui viennent révéler cette complication rare et très grave, entre le 10 ème et le 20 ème jour après une trachéotomie ou une intubation naso- ou orotrachéale. La présence du sang rouge, alors que l'aspiration distale ne ramène rien, est le signe qui impose la mise en place d'une sonde à double ballonnet, supérieur et inférieur, pour éviter le risque d'hémorragie cataclysmique avant qu’il soit possible de parvenir aux lésions pour faire la résection-suture du tronc artériel. Si le médiastin n'est pas infecté, une prothèse peut être mise en place. Du côté trachéal, on fait une résection de la collerette trachéale fistulisée que l'on suture, puis recouvre par un lambeau thymique bien vascularisé.
Étym. lat. erodere : ronger
Syn. ulcération traumatique du tronc artériel brachiocéphalique
[K1,K4]
Édit. 2018
glaucome traumatique l.m.
traumatic glaucoma
Glaucome chronique, secondaire à une contusion oculaire.
Les glaucomes postcontusifs peuvent relever de plusieurs mécanismes pathogéniques : remaniements traumatiques de l'angle iridocornéen, luxation du cristallin, hyphémas récidivants, désinsertion de l'iris.
hémomédiastin traumatique l.m.
traumatic haemomediastinum
Épanchement de sang au travers des espaces celluleux médiastinaux.
Lors d'un traumatisme thoracique fermé, sa présence est détectée par l'élargissement du médiastin au-dessus du cœur, effaçant les contours du bouton aortique, souvent accompagné d'un déplacement de la clarté de la trachée et de la bronche principale gauche, sur un simple cliché thoracique de face en position demi-assise, pris dans de bonnes conditions. Reconnu, l'hémomédiastin compressif témoigne d'une rupture traumatique de la crosse aortique, que confirme l'angiographie aortique ou l'angioscanner. Un hémomédiastin localisé avec une opacité en cimier de casque évoque une rupture d'une artère sous-clavière.
Exceptionnels sont les hémomédiastins par lésion de la veine cave supérieure ou d'un tronc veineux brachiocéphalique, la plaie est due dans ce cas à une esquille osseuse acérée.
→ rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches
[K1]
hémopneumothorax traumatique l.m.
traumatic haemopneumothorax
Épanchement d'air et de sang dans la cavité pleurale dû à une déchirure pulmonaire ou à un embrochage du poumon par un fragment costal.
D'habitude il y a beaucoup d'air et peu de sang. La mise en place d'un petit drain entre 2 côtes en est alors le traitement simple.
Parfois l'épanchement sanglant est important, il s'agit alors d'une hémorragie des vaisseaux de la paroi thoracique le plus souvent. La persistance de l'hémorragie, malgré le drainage, impose une intervention d'hémostase.
[K1]
hémothorax traumatique l.m.
traumatic haemothorax
Épanchement de sang dans la cavité pleurale, provoqué par un traumatisme.
L'hémothorax peut être l'élément dominant le tableau clinique, car important, il entraîne un retentissement respiratoire et circulatoire. Le plus souvent cet hémothorax relève d'une blessure des vaisseaux pariétaux, intercostaux. Si le drainage ramène 1500 mL de sang ou que l'hémorragie persiste, il faut intervenir pour faire l'hémostase.
Un hémothorax par lésion de la crosse aortique ou de ses branches voire des vaisseaux pulmonaires est plus rare ; ces lésions sont détectées par l'examen angiotomo
Étym. gr. haima : sang ; thôrax : poitrine
→ autotransfusion, drainage pleural, hémothorax
[K1,G2]
hernie diaphragmatique traumatique l.f.
traumatic diaphragmatic hernia
Hernie consécutive à une rupture diaphragmatique ignorée, à une plaie diaphragmatique sans lésion viscérale abdominale, à la désunion secondaire d'une phrénotomie chirurgicale.
Elle s'observe surtout au niveau de la coupole gauche.
Souvent, la hernie a une symptomatologie digestive ou thoracique chronique.
Parfois le tableau clinique est aigu : strangulation gastrique ou occlusion intestinale haute à ventre plat avec douleurs, vomissements et dyspnée. L'examen radiologique fait découvrir une image gazeuse anormale de la base thoracique, quelquefois un syndrome de perforation. L'intervention est une extrême urgence.
Étym. lat. hernia : hernie
→ hernie
[L2]
hystérie traumatique l.f.
traumatic hysteria
État pathologique consécutif à un traumatisme psychique, constitué de signes pseudoneurologiques et psychiques de la série hystérique, selon une conception assignant au traumatisme un rôle révélateur des terrains hystérique et neurasthénique (J.M. Charcot).
Ces tableaux cliniques comprenant une "période de méditation" (période de latence) et des cauchemars à répétition, sont maintenant intégrés dans le cadre de la névrose traumatique. Ils se distinguent de l'hystérie posttraumatique, développée à partir d'un point d'appel somatique à la suite d'un accident ou d'une blessure physique.
isthme aortique (rupture traumatique de l') l.f.
traumatic rupture of aortic isthmus
Lésion traumatique de l'aorte à la jonction de sa partie mobile et de la partie fixe de la crosse à la suite d'une décélération brutale à prédominance antéropostérieure (de l'ordre de 20 G), lors d'une chute (éjection lors d'un accident du trafic, accident d'avion, défenestration, etc.).
La rupture est habituellement transversale et régulière, partielle ou totale.
Une rupture totale intéressant les trois tuniques entraîne une hémorragie foudroyante et la mort immédiate. Elle peut se voir sans lésion de la paroi thoracique.
Une rupture partielle peut donner lieu à un hématome périlésionnel assurant une hémostase partielle ou, s'il n'y a pas rupture de l'adventice, réaliser un faux anévrisme traumatique permettant la survie, momentanément au moins qui peut passer inaperçue pendant un temps assez long, des années parfois. L'évolution de ces ruptures couvertes est inquiétante : une évolution vers une rupture complète inopinée ou un «bétonage médiastinal» (suintement de sang à travers la plaie) est toujours possible.
Le diagnostic se fait sur les circonstances de l'accident, les signes cliniques (inégalité du pouls et de pression artérielle entre les membres supérieurs et inférieurs, signes d'ischémie nerveuse, rénale, mésentérique, etc.) et les signes radiologiques (scanographie) d'hémomédiastin (élargissement du médiastin, disparition de la netteté du contour de l'aorte, en particulier du bouton aortique, accentuation de l'opacité médiastinale, déviation vers la droite de la trachée et de l'œsophage (y placer une sonde), abaissement de la bronche souche gauche, atélectasie, extension de l'hématome vers l'apex - calotte apicale - et mise en évidence de la rupture par l'angiographie).
Le traitement est urgent et toujours chirurgical.
kératalgie post-traumatique l.f.
traumatic keratalgia
Érosion épithéliale, le plus souvent linéaire, provoquée par un coup d'ongle, une page de livre, une feuille d'arbre.
La guérison se fait en quelques heures avec réapparition possible de l'érosion à rythme variable, généralement le matin au réveil. Il y aurait un défaut d'adhérence de l'épithélium cornéen réparé à la cornée par reconstitution incomplète des hémidesmosomes.
lipoarthrite traumatique l.f.
traumatic lipoarthrite
maculopathie traumatique l.f.
névrose post-traumatique l.f.
posttraumatic neurosis
→ traumatisme somatique et névrose
névrose traumatique l.f.
traumatic neurosis
Entité clinique, dégagée par H. Oppenheim, qui recouvre actuellement, autour du syndrome spécifique de répétition, l'ensemble des manifestations différées consécutives à un traumatisme psychique, qu'il y ait eu, ou non, agression physique.
Des troubles aigus initiaux sont fréquents mais inconstants. Après une période habituelle de latence, de durée variable, apparait le syndrome de répétition (cauchemars reproduisant l'évènement vécu, reviviscences diurnes, réactions de sursaut), accompagné surtout de symptômes névrotiques, d'attitudes régressives, de manifestations dépressives (souvent de type anhédonique) et de troubles des conduites. Chronique, l'évolution peut être grave et invalidante, avec cependant des formes modérées, où le syndrome de répétition n'est qu'épisodique. Essentiellement psychothérapique, adapté à l'évolution, le traitement n'utilise les chimiothérapies que comme appoint.
En l'absence, notamment, de conflit intrapsychique, le terme de névrose traumatique est, de fait, inadéquat. Celui de "troubles" ou "désordres psycho-traumatiques" parait plus approprié.
H. Oppenheim, neurologue allemand (1889)
→ stress posttraumatique (état de)
patella (luxation traumatique de la) l.f.
traumatic dislocation of the patella
Luxation de la patella après un traumatisme plus ou moins violent entraînant une déchirure des éléments de fixation sur le fémur ; le déplacement de la patella est habituellement en dehors et les ruptures ligamentaires internes.
Il s'agit souvent d'un accident de sport, survenant en demiflexion du genou avec contraction brutale du muscle quadriceps fémoral. La réduction spontanée est fréquente lors d'un mouvement secondaire d'extension du genou. La luxation interne est rare. L'absence de réparation des lésions capsuloligamentaires favorise les récidives.
Syn. luxation traumatique de la rotule (obs.)
[I1,I2]
Édit. 2017
pentade traumatique du genou l.f.
Lésion traumatique des ligaments du genou intéressant les 2 ligaments croisés, un ligament latéral, la capsule et la coque condylienne et un ménisque homologue du ligament latéral déchiré.
On distingue donc les pentades externes, les pentades internes. Le terme de "pentade malheureuse" a été donné par A. Trillat, 1957, par analogie au terme de "triade malheureuse" donné par Don O'Donoghue pour les lésions du genou n'intéressant qu'un seul ligament croisé.
A. Trillat, chirurgien orthopédiste français (1957)
Syn. pentade malheureuse
péritonite traumatique l.f.
traumatic peritonitis
Péritonite due à un traumatisme ouvert ou fermé de la paroi abdominale, liée à la rupture d'un viscère plein (risque d'hémorragie) ou creux (risque d'infection), ou les deux associés.
pneumomédiastin traumatique l.m.
traumatic pneumomediastinum
Épanchement d'air dans le tissu celluleux médiastinal, apparu à la suite d'un traumatisme thoracique.
Le pneumomédiastin peut être compressif s'accompagnant d'une détresse respiratoire avec polypnée, agitation, anxiété, sueurs et une cyanose variable. Dans un traumatisme thoracique, on évoque une rupture trachéobronchique. Ce pneumomédiastin s'associe souvent à un épanchement gazeux pleural compressif uni ou bilatéral dont le drainage montre le caractère massif de la fuite.
Parfois dans les suites d'une exploration endoscopique
trachéobronchique ou oesophagienne, sa découverte signe une perforation qui, pour l'œsophage, impose toujours une intervention d'extrême urgence après avoir localisé le niveau de la lésion traumatique.
Syn. emphysème médiastinal traumatique
pneumothorax traumatique l.m.
traumatic pneumothorax
Épanchement d'air dans la cavité pleurale, dû le plus souvent à l'embrochage de la corticalité pulmonaire par un fragment costal.
Ce pneumothorax peut être modéré, révélé par un petit emphysème pariétal, une diminution du murmure vésiculaire à l'auscultation, objectivé par le cliché thoracique en position assise et en expiration. Il peut être complet rétractant le poumon au hile.
Sa gravité est liée à la taille de la brèche pulmonaire qui peut entraîner une fuite aérienne importante aboutissant à une hyperpression intrapleurale : l'épanchement collabant le poumon, pouvant comprimer le médiastin et gêner ainsi le retour veineux. Toute gêne respiratoire impose le drainage.
post-traumatique adj.
posttraumatic
Qui survient après un traumatisme.
Par ex. syndrome commotionnel post-traumatique.
répétition traumatique (syndrome de) l.m.
traumatic repetition syndrome
En psychiatrie, élément clinique central et spécifique de la névrose traumatique, caractérisé par un syndrome de répétition nocturne (cauchemars de répétition) et diurne (reviviscence traumatique, réactions de sursaut), dont toutes les manifestations expriment la reproduction du traumatisme : d'une part dans l'activité imaginaire onirique et diurne ("flashback") et d'autre part dans le revécu affectif de l'expérience (angoisse, terreur, horreur).
Il apparaît après une période de latence plus ou moins longue, dans des conditions qui rappellent au sujet, par quelque analogie, sa rencontre traumatique initiale. Les évènements d'actualité rapportés par la presse, une lecture, mais aussi une hospitalisation, une remise de décorations ou des évènements privés marqués par le rejet ou l'abandon (divorce, deuil), sont des facteurs de possible déclenchement. Aucun n'a de valeur absolue. La réactualisation du traumatisme ne s'y opère que par le fait d'une confrontation à l'expérience traumatique, dont le contenu est strictement individuel et particulier à chacun.
rotule (luxation traumatique de la) l.f.
traumatic dislocation of the patella
→ patella (luxation traumatique de la)
[I1,I2]
Édit. 2017
rupture diaphragmatique traumatique ancienne l.f.
→ hernie diaphragmatique traumatique
rupture diaphragmatique traumatique récente l.f.
diaphragmatic rupture
Brèche musculaire consécutive à une surpression abdominale brutale entraînant un éclatement de la coupole diaphragmatique.
Les traumatismes en cause sont : 3 fois sur 4 les accidents de la circulation, les chutes d'une grande hauteur (10%), les écrasements par éboulement, véhicule ou autres agents. La cause est donc un traumatisme violent non appuyé.
La rupture siège le plus souvent sur la coupole gauche, près de 3 fois sur 4. La rupture radiée postérolatérale gauche est la plus fréquente, partant du pilier diaphragmatique se dirigeant en avant et en dehors vers le point de pénétration du phrénique dans le diaphragme. Les viscères sous-jacents font hernie dans la cavité thoracique, mais leur hernie peut être retardée de quelques jours. Il est des ruptures antérolatérale ou transversale voire des désinse
Une rupture centrale tendineuse peut siéger dans la portion péricardique et créer une brèche péritonéopéricardique.
À droite la brèche commence en dehors de la veine cave inférieure, se dirige en avant vers le rebord costal, le foie fait généralement obstacle à la montée des viscères.
Les ruptures s'observent dans les traumatismes thoraco-abdominaux très violents si bien que la rupture est observée dans près des 3/4 des cas lors d'un polytraumatisme, d'où l'importance de la mortalité.
La radiographie thoracique en position demi-assise est la clé du diagnostic montrant en l'absence d'épanchement sanglant intrapleural des clartés digestives à gauche. Il existe presque toujours un déplacement du cœur et du médiastin du côté opposé à la rupture. En cas de doute, un pneumopéritoine entraînant l'appa
En urgence l’imagerie actuelle, échographie, scanner, voire IRM permet une approche plus précise des lésions.
rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.
traumatic ruptured aorta and large vessels
Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.
→ accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme
rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches l.f.
traumatic rupture of the thoracic aorta and its branches
Solution de continuité de la paroi de l'aorte thoracique et des gros troncs qui en sont issus, lors d’un traumatisme.
Elle survient au cours d'accidents comportant presque toujours une décélération brutale horizontale dans les accidents de la circulation et verticale dans les chutes de grande hauteur. Elle s'observe surtout chez le sujet jeune, lors des accidents de la circulation près de 8 fois sur 10 et d'accidents du travail près d'une fois sur cinq. La rupture siège 7 fois sur 10 au niveau de l'isthme aortique, zone fragile embryolo
Les atteintes du tronc artériel brachio
Les signes cliniques comportent 9 fois sur 10 des douleurs thoraciques, 7 fois sur 10 un état de choc. L'élargissement du médiastin, des anomalies du contour aortique, la présence d'un hémothorax, imposent la TDM avec injection ou l'aortographie, qui confirment le diagnostic.
Le traitement chirurgical repose soit sur une suture directe protégée, si elle est possible, soit en interposant une prothèse entre les berges de la déchirure ou peut-être mieux, la mise en place d'un stent par voie endovasculaire plus simple, plus rapide et avec une mortalité moindre.
La mortalité dans les formes qui peuvent être opérées par un chirurgien cardiaque est de l'ordre de 10% à 20%.