Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

51 résultats 

coarctation de l'aorte l.f.

coarctation of aorta

Rétrécissement congénital de l'isthme de l'aorte thoracique à l'union de l'aorte horizontale et de l'aorte descendante.
Elle a pour conséquence l'apparition précoce d'une hypertension artérielle localisée aux artères issues en amont de la sténose et d'une hypotension en aval (absence de pouls perceptible aux artères des membres inférieurs). L'augmentation de la post-charge provoque une surcharge systolique avec hypertrophie puis insuffisance ventriculaire gauche pouvant être gravissime. La correction chirurgicale par résection de la sténose et suture terminoterminale (opération de Crafoord) est l'intervention type, elle a transformé le pronostic : auparavant la survie moyenne se situait à 30 ans. D’autres types d’intervention ont été proposés comme l’opération de Clagett, ou l’élargissement plastique de la zone sténosée.
D’autres localisations de la sténose congénitale de l’aorte sont possibles mais exceptionnelles

O. T. Clagett, chirurgien thoracique américain (1957) ; C. Crafoord, chirurgien thoracique suédois, membre de l'Académie de médecine (1945)

Étym. lat. coarctatio : action de resserrer, déverbal de cumarto (cum : avec ; artare : ajuster, serrer fortement)

opération de Clagett

[K2,Q2,K3]

coarctation de l'aorte du nouveau-né l.m.

newborn coarctation of aorta

Sténose serrée de l'aorte, située en général juste au-dessus de l'abouchement du canal artériel, isolée ou associée à d'autres malformations (communication interventriculaire, etc.).
Elle se manifeste en général vers le 10e jour de la vie par une défaillance cardiaque (prise de poids insolite, détresse respiratoire, oligurie). La découverte d'un affaiblissement des pouls fémoraux fait évoquer le diagnostic, qui est confirmé par l'échographie. Une brusque inefficacité circulatoire doit faire rechercher un épanchement péricardique (échographie) à évacuer d'urgence. Un traitement digitalodiurétique, combiné si besoin à la ventilation mécanique pour stabiliser l'enfant et protéger son cerveau contre des à-coups hypertensifs, permet de faire un examen complet avant l'intervention chirurgicale réparatrice. Les suites opératoires peuvent être perturbées par des poussées d'hypertension artérielle.

tamponnade cardiaque

[K2,O1,Q2]

crosse de l'aorte l.f.

arc de l'aorte

[A1]

Édit. 2015

isthme de l'aorte l.m.

isthmus aortae (TA)

aortic isthmus

Segment court de l’aorte thoracique situé à l’union de la crosse aortique et de l’aorte descendante entre l’origine de l’artère sous-clavière gauche et l’implantation du ligament artériel.
Situé à la limite de la portion mobile de l’aorte et de sa portion fixée à la paroi thoracique postérieure par les artères intercostales postérieures, il constitue, du fait de son origine embryologique et de sa situation à l’union de  deux secteurs aortiques de formation différente, une zone de fragilité relative siège d’élection des ruptures traumatiques de celle-ci. Pour des raisons embryologiques l’isthme de l’aorte est également le siège électif de certains rétrécissements congénitaux de l’aorte (coarctation).

J. H. Stahel, anatomiste suisse

Syn. isthme de Stahel

isthmoplastie de l'aorte l.f.

aortic isthmoplasty

Procédé opératoire destiné au traitement de la coarctation de l’aorte, qui consiste sans réséquer la zone rétrécie, à l’ouvrir longitudinalement et à l’élargir par une greffe ou une prothèse pour restituer un calibre aortique normal.
L’isthmoplastie est une opération difficile en raison de la configuration contournée de la zone sténotique, ce qui ne donne pas toujours un résultat morphologique et hémodynamique satisfaisant. C’est la raison pour laquelle on lui préfère en général la résection de la zone sténotique suivie de suture ou de greffe. L’isthmoplastie est réservée aux cas où la résection est difficile ou dangereuse.

lunules des valvules semi-lunaires de la valve de l'aorte l.f.p.

lunulae valvularum semilunarium valvae aortae (TA)

lunules of semilunar cusps of aortic valve

Segments extrêmement minces et translucides du bord libre des valvules semi-lunaires de la valve de l’aorte.
Ces lunules sont situées de part et d’autre du nodule de la valvule semi-lunaire.

maladie annuloectasiante de l'aorte l.f.

aortic annuloectasic disease

Maladie de la racine de l’aorte associant une distension progressive de l’anneau aortique, responsable d’une insuffisance valvulaire aortique croissante, à une dilatation en bulbe de la seule portion initiale de l’aorte ascendante.
Trois fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme, elle s'observe surtout chez l'adulte. Dans un tiers des cas on note un syndrome de Marfan typique ou incomplet.
Son origine n’est pas entièrement élucidée. Elle tient à une fragilité anormale, probablement héréditaire, des tissus conjonctifs et élastiques qui constituent le squelette de la jonction ventriculoaortique. Son traitement est chirurgical et demande une intervention complexe (opération de Bentall) qui associe le remplacement de la valvule aortique et le remplacement de l’aorte ascendante par une prothèse sur laquelle doivent être réimplantés les ostiums coronaires.
La conservation de la valvule aortique est possible dans certaines formes selon la technique proposée par Yacoub et David.

H. Bentall et A. De Bono, chirurgiens thoraciques britanniques (1968) ; M. H. Yacoub, Sir, chirurgien thoracique britannique (1998) ; T. E. David, chirurgien cardiovasculaire canadien (1992)

Étym. Étym : lat. annulus : anneau ; gr. ektasis : dilatation

anévrysme de l'arc de l'aorte, insuffisance aortique, Marfan (maladie de), Bentall (opération de)

[K2, K3]

Édit. 2019

médianécrose kystique de l'aorte l.f.

aortic cystic medianecrosis

Processus dégénératif propre à certaines maladies et frappant électivement la tunique médiale de l’aorte : sa structure normale fait place à une nécrose des éléments constitutifs remplacés par des zones pseudokystiques.
Elle fragilise la média avec une possibilité de clivage longitudinal spontané ou provoqué par la rupture de l’intima, qui constitue la dissection aortique.

A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Étym. lat. medialis : milieu ; gr. nekrosis : mortification ; kustis : cavité, kyste

Marfan (maladie de)

méga-aorte n.f.

enlarged aorta, megaaorta

Dilatation diffuse, congénitale ou acquise de l’aorte, sans perte du parallélisme des bords, ce qui la distingue des anévrismes de l’aorte.
Elle peut représenter une dystrophie congénitale du tissu élastique de la paroi aortique ou être secondaire à un obstacle aortique.

Étym. gr. megas : grand 

partie abdominale de l'aorte l.f.

pars abdominalis aortae, aorta abdominalis  (TA)

abdominal aorta

aorte abdominale

partie ascendante de l'aorte l.f.

pars ascendens aortae, aorta ascendes (TA)

ascending aorta

aorte ascendante

partie descendante de l'aorte l.f.

pars descendens aortae, aorta descendens (TA)

descending aorta

aorte descendante

partie thoracique de l'aorte l.f.

pars thoracica aortae (TA)

thoracic aorta

aorte thoracique

portion descendante de l'aorte l.f.

aorte descendante

rameaux artériels bronchiques de l'aorte thoracique l.m.p.

rami bronchiales (Aorta thoracica)  (TA)

bronchial branches (thoracic aorta)

Vaisseaux artériels d'origine aortique destinés aux bronches.
Les artères bronchiques principales naissent de la face antérieure de l'aorte thoracique descendante et sont au nombre de deux ou trois. Elles s'accolent à la face postérieure des grosses bronches dans le tissu péribronchique et vascularisent les bronches jusqu'au sommet du lobule pulmonaire.
L'artère bronchique droite peut naitre avec la quatrième artère intercostale, formant le tronc artériel broncho-intercostal toujours rétroœsophagien. Elle colle aux nœuds lymphatiques trachéobronchiques inférieurs situés sous la carène.
L'artère bronchique gauche donne souvent un rameau prébronchique droit.
Des artères bronchiques accessoires naissent des artères phréniques inférieures, des artères péricardophréniques, de l'artère thoracique interne, des artères sousclavières, des artères œsophagiennes ou médiastinales.
Anc. dénom. artères bronchiques

rameaux artériels médiastinaux de l'aorte thoracique l.m.p.

rami mediastinales (Aorta thoracica) (TA)

mediastinal branches (thoracic aorta)

Fines artérioles en nombre variable se détachant de la face antérieure de l'aorte thoracique, destinées au médiastin postérieur.
Anc. dénom. artères médiastinales

rameaux artériels œsophagiens de l'aorte thoracique l.m.p.

rami œsophageales (Aorta thoracica) (TA)

oesophageal branches (thoracic aorta)

Artères d'origine aortique se détachant de l'aorte au-dessous de la bifurcation trachéale, destinées à l'œsophage thoracique.
Certaines sont courtes dont la plus importante est l'artère "du croisement aortique". Elle a un trajet très court et s'épanouit en 2 ou 3 branches.
Les artères œsophagiennes longues sont au nombre de 2, l'une naissant en regard du disque entre la 6e et la 7e vertèbre thoracique et l'autre au niveau du disque entre la 7e et la 8e.
Il existe un rameau œsophagotrachéal antérieur né de la face droite de la crosse aortique et parfois un rameau postérieur grêle.
Anc. dénom. artères œsophagiennes

rameaux bronchiques de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami bronchiales partis thoracicae aortae (TA)

bronchial branches of thoracic aorta

Rameaux bronchiques nés de l’aorte au niveau de son croisement postérieur du pédicule pulmonaire gauche.

aorte thoracique

rameaux médiastinaux de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami mediastinales partis thoracicae aortae (TA)

mediastinal branches of thoracic aorta

aorte thoracique

rameaux œsophagiens de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami oesophageales partis thoracicae aortae (TA)

oesophageal branches of thoracic aorta

Syn. anc. artère du croisement aortique

aorte thoracique

rameaux péricardiques de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami pericardici partis thoracicae aortae (TA)

pericardial branches of thoracic aorta

aorte thoracique

rupture de l'aorte l.f.

Lésion traumatique de haute gravité, provoquée par un choc violent : l’aorte se rompt électivement dans la région de l’isthme, particulièrement exposée par sa fragilité embryologique et par sa situation en porte à faux entre la crosse aortique relativement mobile et l’aorte descendante fixée au rachis par ses branches.
La rupture de l’aorte ne permet la survie que si elle n’est pas totale. Elle constitue alors une situation d’urgence exigeant une réparation chirurgicale avant la rupture totale. L’intervention peut consister soit en une simple suture aortique si elle est possible, soit en une réparation prothétique.

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches l.f.

traumatic rupture of the thoracic aorta and its branches

Solution de continuité de la paroi de l'aorte thoracique et des gros troncs qui en sont issus, lors d’un traumatisme.
Elle survient au cours d'accidents comportant presque toujours une décélération brutale horizontale dans les accidents de la circulation et verticale dans les chutes de grande hauteur. Elle s'observe surtout chez le sujet jeune, lors des accidents de la circulation près de 8 fois sur 10 et d'accidents du travail près d'une fois sur cinq. La rupture siège 7 fois sur 10 au niveau de l'isthme aortique, zone fragile embryologiquement et en porte à faux entre zone mobile et zone fixe.
Les atteintes du tronc artériel brachiocéphalique, de l’aorte ascendante, des artères sous-clavières et de l'aorte descendante se partagent les autres cas. Dans les ruptures traumatiques de l'aorte thoracique, seules les formes incomplètes avec adventice intact parviennent au chirurgien (20%). Si la section est circulaire, intima et média ont tendance à se rétracter. Ces ruptures sont associées très souvent à des lésions craniocérébrales, à des fractures des membres, à une atteinte abdominale.
Les signes cliniques comportent 9 fois sur 10 des douleurs thoraciques, 7 fois sur 10 un état de choc. L'élargissement du médiastin, des anomalies du contour aortique, la présence d'un hémothorax, imposent la TDM avec injection ou l'aortographie, qui confirment le diagnostic.
Le traitement chirurgical repose soit sur une suture directe protégée, si elle est possible, soit en interposant une prothèse entre les berges de la déchirure ou peut-être mieux, la mise en place d'un stent par voie endovasculaire plus simple, plus rapide et avec une mortalité moindre.
La mortalité dans les formes qui peuvent être opérées par un chirurgien cardiaque est de l'ordre de 10% à 20%.

sténose isthmique de l'aorte

aorta’s isthmic stenosis, isthmic aorta’s sclerosis

coarctation de l'aorte

| page précédente | /3 | page suivante