Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Bishop et Corson (formule de) l.f.

Bishop-Corson’s formula

Méthode d'appréciation du poids et de l'âge du fœtus après la 36ème semaine de grossesse.
Elle est fondée sur le nombre N de cellules orangées comptées sur 500 cellules retrouvées dans un prélèvement de liquide amniotique.

E. H. Bishop et S. Corson, gynécologues américains (1968)

cellule orangée

Édit. 2017

bleu trypan l.m.

trypan blue

Colorant utilisé en histocytologie pour tester la viabilité des cellules, car les cellules dont la perméabilité membranaire est normale ne prennent pas la coloration bleue de ce colorant.

Édit. 2017

bourgeons des membres l.m.

gemmae membrorum (TE)
limb buds
Les bourgeons des membres apparaissent à la fin de la 4ème semaine du développement de l’embryon.
Ils sont constitués d’un axe mésenchymateux qui dérive de la somatopleure et formera l’os et les parties molles du membre. Cet axe est recouvert d’un feuillet ectoblastique de cellules cuboïdes. L’extrémité du bourgeon s’épaissit pour former la crête ectoblastique apicale qui exerce une action inductive sur le mésenchyme sous-jacent. Le mésenchyme au contact de la crête reste indifférencié et prolifère tandis que les cellules proximales se différencient en cartilage et en muscle. Le développement du membre se poursuit de l’extrémité proximale à l’extrémité distale. A la 6ème semaine l’extrémité du bourgeon s’aplatit pour former les palettes des mains et des pieds séparées du segment proximal par un sillon. Un 2ème sillon va ensuite diviser cette palette proximale en deux segments.
Les malformations des membres sont extrêmement variées : amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche.

amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche

[A4,O6]

Édit. 2017

Bourneville (sclérose tubéreuse de) l.f.

Bourneville disease, Bourneville tuberous sclerosis

Maladie neurocutanée caractérisée par des hamartomes multisystémiques associés à des manifestations neuropsychiatriques.
D’une prévalence estimée entre 1/25 000 et 1/11 300 en Europe, apparaissant à différents âges, les hamartomes affectent le plus souvent la peau, le cerveau, les reins, les poumons et le coeur.
L'atteinte cutanée inclut des macules hypomélanotiques (en forme de feuille de frêne) se manifestant au cours des premières années de vie, des angiofibromes identifiables dès l'âge de 3-4 ans comme des lésions érythémateuses et papulonodulaires, des fibromes unguéaux, des plaques fibreuses céphaliques et lombaires en « peau de chagrin », et des lésions cutanées en « confetti » apparaissant depuis l'enfance jusqu'au début de l'adolescence.
Une atteinte cérébrale est présente dans presque tous les cas, se manifestant par différentes lésions neuropathologiques, telles que des tubers corticaux/sous-corticaux, des lignes de migration radiaires, des nodules sous-épendymaires et un astrocytome sous-épendymaire à cellules géantes. Ce dernier peut causer une hydrocéphalie (avec un risque de croissance plus élevé au cours des trois premières décennies). 85% des patients présentent une épilepsie d'apparition précoce (spasmes infantiles et/ou convulsions focales). Des manifestations neuropsychiatriques (déficience intellectuelle, trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, spectre autistique, une automutilation, une anxiété et des troubles obsessionnels compulsifs ont également été rapportés.
Des angiomyolipomes rénaux se développent au cours de l'enfance et présentent un risque de croissance plus élevé pendant l'adolescence et l'âge adulte. Ils se manifestent par une masse abdominale, une douleur, une hématurie, une hémorragie rétropéritonéale, une hypertension et une insuffisance rénale.
Une lymphangioléiomyomatose, une hyperplasie pneumocytaire multifocale micronodulaire (MMPH) et des kystes pulmonaires se manifestent à l'âge adulte par une dyspnée, un pneumothorax ou un chylothorax.
Des rhabdomyomes cardiaques  apparaissent au cours de la période foetale et peuvent devenir symptomatiques (obstruction de la voie d'éjection ou interférence avec la fonction valvulaire) après la petite enfance.
Les manifestations additionnelles incluent des puits de l'émail dentaire, des fibromes intraoraux et des dysplasies squelettiques.
Lors du passage à l'âge adulte, les convulsions peuvent persister, les atteintes rénales et/ou pulmonaires peuvent devenir plus importantes et induire des risques de morbidité significative et de mortalité occasionnelle, et les troubles psychologiques et comportementaux peuvent apparaître, persister ou devenir plus significatifs.
La maladie est due à des mutations des gènes TSC1 (9q34) et TSC2 (16p13.3) qui codent pour des protéines inhibant indirectement mTOR. Lorsqu'il est exprimé en excès, mTOR est responsable d'une activité glutamate disproportionnée, conduisant à l'interruption de la plasticité synaptique. L'expressivité est variable. Elle est due à une mosaïque et à des modulateurs génétiques/épigénétiques.
Le diagnostic est basé sur la présence de critères majeurs (dysplasies corticales, nodules sous-épendymaires, astrocytome sous-épendymaire à cellules géantes, macules hypomélanotiques (≥ 3, diamètre ≥ 5 mm), peau de chagrin, angiofibromes (≥ 3) ou plaque fibreuse céphalique, hamartomes rétiniens multiples, fibromes unguéaux (≥ 2), RC, LAM, AML (≥ 2)) et de critères mineurs (puits de l'émail dentaire (≥ 3), fibromes intraoraux, lésions cutanées en « confetti », hamartomes extra-rénaux, kystes rénaux multiples, taches achromatiques rétiniennes). Le diagnostic est certain en présence d'au moins deux critères majeurs, ou d'un critère majeur et d'au moins deux critères mineurs. 
Le diagnostic différentiel inclut le vitiligo, l'hypomélanose d'Ito, le myxome cardiaque, les tumeurs cérébrales isolées, l'emphysème pulmonaire, l'acné et des éruptions cutanées.
Le rhabdomyomes cardiaques, les tubers corticaux et/ou les lésions sous-épendymaires peuvent être détectés par imagerie par résonance magnétique (IRM) foetale.
Un dépistage génétique prénatal peut être réalisé chez les familles possédant une mutation connue. La transmission de l’affection est autosomique dominante et un conseil génétique est recommandé. Deux tiers des individus affectés développent la maladie suite à une variation pathogénique
de novo.
Lors du passage à l'âge adulte, les convulsions peuvent persister, les atteintes rénales et/ou pulmonaires (et en particulier, un pneumothorax spontané récidivant) peuvent devenir plus importantes et induire des risques de morbidité significative et de mortalité occasionnelle, et les troubles psychologiques et comportementaux peuvent apparaître, persister ou devenir plus significatifs.

D. Bourneville et É. Brissaud, membre de l'Académie de médecine, neurologues français (1881) Céline Brasseur, médecin radiologue belge (2019)

Étym. les tubers sont à l'origine du nom de la maladie de Bourneville

Réf. Orphanet (2015)

hamartome, macule, angiofibrome, fibrome unguéal, tuber cortical, astrocytome, hydrocéphalie, autisme, personnalité obsessionnelle-compulsive, angiomyolipome rénal, lymphangio-léiomyomatose pulmonaire, pneumothorax, chylothorax, rhabdomyome cardiaque

[G3, H1, H3, J1, K1, K2, M1, O1, P2, P3]

Édit. 2019

Broders (classification de) l.f.

Broders grading

Classification histologique qui répartit les cancers spinocellulaires en 4 types de gravité croissante selon leur degré d'infiltration en profondeur et selon la proportion plus ou moins élevée de cellules bien différenciées qui les constituent.
Le type IV correspond aux formes très anaplasiques, c'est-à-dire comportant moins de 25% de cellules différenciées, et infiltrantes : son pronostic est le plus mauvais. 

A. C. Broders, anatomopathologiste américain (1932)

Broders (degré de), cancers spinocellulaires

[F3, J1]

Édit. 2020

Brosens (méthode) l.f.

Brosens’ test

1) Méthode de coloration par le bleu de Nil des cellules cutanées fœtales contenues dans le liquide amniotique, utilisable après 30 semaines d'aménorrhée, qui permet le diagnostic de rupture prématurée des membranes.
2) Méthode d'appréciation de la maturité fœtale combinant l'étude du pourcentage des cellules du liquide amniotique colorées en orange par le bleu de Nil et la mise en évidence des contours du fœtus recouvert de vernix caseosa par injection intra- amniotique de substance radio-opaque liposoluble.
Après la 38ème semaine d'aménorrhée, les membres et l'abdomen sont peu visibles ; après la 40ème semaine, seuls les contours du dos et de la tête sont visibles.

H. Gordon, gynécologue britannique et I. Brosens, gynécologue belge (1967)

rupture prématurée des membranes, maturité fœtale

Édit. 2017

brûlés (premiers soins aux) l.m.p.

burn patients first cares

Soins primordiaux et essentiels de prise en charge des brûlés qui doivent tenir compte de la spécificité des lésions pour assurer la qualité des résultats ultérieurs.
Une brûlure est provoquée par l'action d'un agent nocif (chaleur, radiations, courant électrique ou produit chimique) qui ne cesse pas immédiatement après suppression de la cause : pendant un temps encore assez long la brûlure se propage aux tissus voisins de sorte que le volume lésé est plus grand que celui sur lequel a porté l'action initiale.
Pour limiter l'extension d'une brûlure superficielle, on doit laver immédiatement à l'eau froide la brûlure (peau, muqueuse, œil) pendant une quinzaine de minutes, au moins, pour éliminer la chaleur restante ou le caustique. L'entourage doit agir avant l'arrivée des secours (les conseils téléphoniques sont très utiles ainsi que l'éducation de la population pour éviter des erreurs traditionnelles).
Indépendamment d'une carbonisation éventuelle des tissus, la brûlure produit immédiatement un œdème par gonflement des cellules lésées. Elles éclatent ensuite en libérant des enzymes lysosomiques toxiques. Le gonflement des cellules se fait à partir du liquide extracellulaire, ce qui entraîne rapidement une fuite considérable de plasma hors des capillaires. Pour compenser cette fuite, il faut perfuser le plus vite possible des solutions alcalines (si possible des solutions de substituts du plasma et de bicarbonate). Cela permet d'éviter le collapsus vasculaire et protège les reins en maintenant une bonne diurèse (mettre une sonde vésicale pour mesurer la diurèse horaire).

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure électrique, brûlure

Édit. 2017

bulbes d'oignon l.m.p.

onion bulbs

Prolifération concentrique de fragments cytoplasmiques de cellules de Schwann ou de simples fragments de membrane basale (surtout chez l'enfant) autour des fibres nerveuses.
Au niveau du nerf périphérique, lorsque les phénomènes de démyélinisation-remyélinisation se succèdent de façon chronique ou même rechutent après des phases d'interruption de durée variable, apparaît un phénomène classiquement décrit sous le nom de prolifération en bulbes d'oignon. Ce mécanisme est susceptible d'expliquer une hypertrophie nerveuse palpable cliniquement. Pendant longtemps, on a pensé que cette hypertrophie, le plus souvent constatée au cours des neuropathies héréditaires, résultait d'une accumulation anormale du tissu conjonctif. Grâce au microscope électronique, Grüner a établi qu'il s'agissait en réalité d'une prolifération anormale des cellules de Schwann.

B. V. Taylor, neurologue australien, G. Gruener, neurologue américain (2004)

Étym. lat. bulbus : bulbe

Édit. 2017

Burkitt (lymphome de) l.m.

Burkitt's lymphoma

Lymphome malin décrit en Afrique intertropicale (et initialement en Ouganda) dans des foyers proches des grands lacs sous forme d'une tumeur des maxillaires chez des enfants infectés, à la fois, par Plasmodium falciparum et par un Lymphocryptovirus (virus d'Epstein-Barr ou EBV), de la famille des Herpesviridae.
Ce type de lymphome s’observe également dans les zones tempérées, essentiellement chez l’enfant et l’adulte jeune, sous forme d’atteintes intestinales, gonadiques ou ganglionnaires. Enfin, il peut se développer chez des sujets immunodéprimés, comme p. ex. au cours de l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Les cellules lymphoïdes de type B particulièrement similaires les unes aux autres, s'organisent en couches de cellules ayant de très forts taux de prolifération et d'apoptose. Ces lymphocytes ont un noyau de forme ronde ou ovale, aux contours réguliers, la chromatine, localisée dans la partie centrale du noyau, se trouvant réticulée avec plusieurs nucléoles de taille ordinaire. Le tissu lymphocytaire est mêlé à une population macrophagique renfermant des débris nucléaires et entourée d’un espace clair, ce qui donne à la préparation un aspect dit « en ciel étoilé ». Le lymphome de Burkitt est généralement associé à une translocation du gène c-myc (le gène MYC fut d'ailleurs découvert pour la première fois chez des patients atteints du lymphome de Burkitt). Cette translocation est souvent provoquée par l'oncogène viral EBV.Emplacements les plus courants dans le génome : t(8;14)(q24;q32) chromosome 8, région q24 vers chromosome 14, région q32. Variantes : du chromosome 8 vers les chromosomes 2 ou 22 t(8;2)(q24;p12); t(8;22)(q24;q11).L’intégration du virus Epstein-Barr est démontrée dans pratiquement tous les cas africains, dans 60% des cas des régions tempérées et 40% des cas survenant chez des sujets immunodéprimés. Ces observations ont eu une importance majeure pour la compréhension de l'oncogénèse. C'est un lymphome malin d'évolution rapide, spontanément très grave, mais sensible à la chimiothérapie. Il s'agit de la tumeur à la croissance la plus rapide avec un temps de doublement cellulaire entre un et deux jours. Une évolution terminale en leucémie lymphoblastique aigüe est fréquente chez l’enfant africain.

D. Burkitt, chirurgien britannique d’Irlande du Nord, membre de l’Académie des sciences (1958)

lymphome malin, proto-oncogène, Epstein-Barr (virus), Plasmodium falciparum, VIH, Herpesviridae, Lymphocryptovirus

Édit. 2017

cachectine n.f.

cachectin

Protéine sécrétée par les macrophages stimulés, capable de participer à la destruction de cellules tumorales.
La cachectine induit dans les cellules endothéliales une activité procoagulante, la synthèse de protéines de surface à propriétés adhésives et inhibe la multiplication cellulaire. Elle active une sphingomyélinase qui libère un céramide, inhibiteur de la croissance cellulaire. La teneur du plasma sanguin en cachectine s'élève dans la malaria et les leishmanioses. La cachectine s’élève également dans le choc septique. L’injection d’anti TNF prévient le choc expérimental secondaire à l’injection d’endotoxine.

B. Beutler et A. Cerami, biochimistes américains (1985)

Étym. gr. kakos : mauvais

Syn. TNFα (tumor necrosis factor α)

sphingomyélinase, céramide, paludisme, leishmaniose

[C1]

caduque adj., n.f.

decidua

1) Au sens général, ce qui est tombé, tombe ou tombera.
2) En médecine, l’adjectif substantivé représente l’ellipse de la locution « membrane utérine caduque » : la caduque, ou membrane déciduale, est expulsée au cours de l’accouchement et elle « tombe » en même temps que le placenta.
Cette membrane est constituée par une couche de cellules de grande taille provenant de la transformation déciduale des cellules stromales de l’endomètre épaissi, ou chorion cytogène, se formant dès la nidation de l’œuf fécondé.

Étym. lat. caduca ou decadua adjectifs dérivés de cadere : tomber ou de decidere ( de, du haut de). En bas latin médical, le mot fut utilisé quelque fois pour « crise d’épilepsie »

caduque basale, caduque interutéroplacentaire, caduque pariétale, caduque réfléchie

[A2,O3]

caduque utéroplacentaire l.f.

decidua

Couche de cellules de grande taille provenant de la transformation déciduale des cellules stromales de l’endomètre épaissi ou chorion cytogène, à partir de la nidation de l’œuf fécondé.

Étym. lat. caducus : qui est tombé

caduque, cellule déciduale

[A2,O3]

cancer bronchiolo-alvéolaire l.m.

alveolar carcinoma, bronchioloalveolar carcinoma

Affection maligne liée à une prolifération cellulaire anormale développée aux confins des bronchioles et des alvéoles.
C'est un sous-type rare (3% des cancers broncho-pulmonaires dans sa forme pure) des adénocarcinomes broncho-pulmonaires primitifs dans la classification O.M.S.de 1999, mais il existe un continuum anatomoclinique avec les adénocarcinomes mixtes comportant une composante bronchiolo-alvéolaire, beaucoup plus fréquents. Il est défini comme une prolifération tumorale de cellules mucineuses ou non mucineuses (pneumocytes de type II ou cellules de Clara) se développant à la surface des alvéoles, sans réaction stromale ni infiltration des parois inter-alvéolaires. Il touche plus souvent la femme non fumeuse. L'expression radiologique la plus fréquente est celle d'un nodule périphérique unique en verre dépoli. Plus rarement, sont observées des formes pneumoniques ou des nodulesmultiples.
Il s’agit d’une tumeur a priori de bon pronostic, puisque sans pouvoir métastasiant. Les formes de type mucineux peuvent toutefois diffuser par voie alvéolaire et sont souvent multifocales. Leur chimiorésistance classique est remise en cause et elles pourraient bénéficier des inhibiteurs de la tyrosine-kinase de l’EGFR ("Epidermal Growth Factor Receptor").

M. Clara, anatomopathologiste allemand (1937)

Syn. carcinome bronchiolo-alvéolaire

adénocarcinome bronchique, cancer bronchique, cellule de Clara

[F2,K1]

cancer broncho-pulmonaire à petites cellules l.m. (CPC)

small cell lung carcinoma

Tumeur maligne primitive faite de cellules de petite taille, rondes ou fusiformes, dont l'origine neuro-endocrine est confirmée par la présence en immuno-histochimie de marqueurs spécifiques bien qu'inconstants (chromogranine, synaptophysine, CD56, NSE "neuron specific enolase). 
Les CPC constituent l'un des quatre principaux types  histologiques  des carcinomes broncho-pulmonaires  primitifs (environ 15% de l'ensemble). La nouvelle classification OMS 1999 n'en distingue plus que deux sous-types histologiques : les CPC purs, n'exprimant que les marqueurs des tumeurs neuroendocrines dont ils représentent la forme la plus indifférenciée et la plus maligne, et les CPC composites (associés à un autre contingent de type non à petites cellules), traduisant la fréquente hétérogénéité des carcinomes broncho-pulmonaires.
En clinique, les CPC se caractérisent très souvent par leur rapidité évolutive, leur siège habituellement proximal, avec extension médiastinale. Ils sont souvent d'emblée métastatiques. Une particularité est la présence fréquente de syndromes paranéoplasiques, notamment endocriniens.
Ils ne sont que rarement opérables mais bénéficient d'une très forte chimio- et radiosensibilité. Le pronostic est d'auntant plus sévère que le cancer est d'emblée disséminé. Leur étiologie est liée à l'intoxication tabagique

Syn. carcinome bronchique à petites cellules, carcinome broncho-pulmonaire à petites cellules

cancer broncho-pulmonaire primitif, CD56, chromagranine, neuron specific enolase,  synaptophysine, syndrome paranéoplasique, tumeurs broncho-pulmonaires neuro-endocrines

[A3, F2, K1]

Édit. 2020

cancer du testicule l.m.

Les cancers du testicule sont essentiellement des tumeurs germinales (95% des cas) parmi lesquelles on distingue deux grandes catégories : les tumeurs séminomateuses (dites séminomes) qui apparaissent aux dépens de l’épithélium germinal des tubes séminifè

Les tumeurs non germinales : sont rares (moins de 5 %) : il peut s’agir de tumeurs du stroma et des cordons sexuels (tumeur à cellules de Leydig et tumeur à cellules de Sertoli), les tumeurs para-testiculaires (épididyme, déférent, albuginée) et les tumeurs secondaires (lymphome malin, leucémie, métastase).
L’incidence des cancers du testicule augmente, en France. Inférieure à 1500 en 1990, elle est actuellement de 2300 (projection InVS 2011). La mortalité qui lui est liée, en revanche diminue passant de près de 200 en 1990 à 86 en 2011 (données InVS). Quelle qu’en soit la forme histologique, les tumeurs germinales touchent des hommes plutôt jeunes (séminomes 25 à 55 ans, tumeurs non séminomateuses 35 ans). La cryptorchidie est un facteur de risque.
Le signe révélateur le plus fréquent est la découverte d’un gros testicule. Avant tout traitement, le dosage des marqueurs tumoraux :α-fœtoprotéine, β HCG et LDH est indispensable de même qu’un bilan d’extension à la recherche de métastases principalement ganglionnaires essentiellement lombo-aortiques et pulmonaires. La classification de Peckham distingue 4 stades.
L’orchidectomie, indispensable au diagnostic, est le premier temps thérapeutique. Le traitement dépend de la forme histologique et de l’extension. Il peut s’agir d’un curage lombo-aortique, d’une radiothérapie à laquelle les séminomes sont particulièrement sensibles et/ou d’une chimiothérapie très efficace dans toutes ces formes de tumeurs qu’elle guérit souvent même lorsqu’elles sont métastasées.

M. J. Peckham,  oncologue et urologue britannique (1985)

Syn. carcinome testiculaire

carcinome embryonnaire, choriocarcinome, dysembryome, séminome, Peckham (classification de), tumeurs germinales du testicule, tératome du testicule, cryptorchidie, α foetoprotéine, β HCG, LDH, Peckham (classification de)

[F2,M2,M3]

cancer du vagin l.m.

cancer of the vagina

Il s’agit chez la femme âgée  de cancers épidermoïdes, chez la femme jeune de sarcomes ou adénocarcinomes, à cellules claires, chez l’enfant de rhabdomyosarcomes embryonnaire (sarcome botryoïde).
Il peut parfois s’agir de mélanome du vagin.
Le cancer du vagin représente environ 2% des cancers gynécologiques, il s’agit plutôt d’un cancer de la femme âgée de plus de 90 ans. Chez les jeunes, le très rare carcinome à cellules claires est un adénocarcinome qui touche le plus souvent des femmes dont la mère a pris un oestrogène synthétique  diéthylstilbestrol  au cours des 16 premières semaines de grossesse, produit prescrit entre 1940 et 1971, pour faciliter la grossesse en prévenant en particulier  les fausses couches .
Le traitement est essentiellement chirurgical généralement complété par une radiothérapie, curiethérapie et/ou téléradiothérapie. chez l’enfant le rhabdomyosarcome embryonnaire est très sensible à la chimiothérapie

Syn. carcinome du vagin

diéthylstilboestrol, rhabdomyosarcome embryonnaire.

[F2, O3]

Édit. 2020

cancer embryonnaire l.m.

embryonal carcinoma, germ cell tumor

Cancer appartenant au groupe des tumeurs à cellules germinales, connus sous le nom de tumeur vitelline et de tumeur du sinus endodermique du testicule et de l'ovaire.
Il s'agit de cellules d'allure épithéliale à cytoplasme clair, se développant sous des formes variées, acineuse, tubulaire, papillaire ou massive ; dans les formes les plus primitives, la disposition se fait en réseau lâche. On peut alors noter des structures péri-vasculaires spéciales, de type sinus endodermique, des kystes ressemblant aux vésicules vitellines et des sphérules hyalines colorables par le PAS intra ou extracellulaire. La tumeur vitelline sécrète habituellement de l'α-fœtoprotéine. En localisation intracrânienne, néoformation très rare dans la région pinéale, plus que dans la région supra-sellaire.La malignité du carcinome embryonnaire est forte, mais il est très sensible à la chimiothérapie.

tératome malin du médiastin, cancer embryonnaire de l'ovaire, cancer embryonnaire du testicule, tumeur vitelline maligne, α-fœtoprotéine.

[F2]

cancer lobulaire in situ du sein l.m.

in situ lobular breast cancer

Cancer nés à partir des lobules mammaires, au niveau des acini, qui sont remplis par des cellules atypiques plus denses et volumineuses que les cellules normales mais qui n’effondrent pas la basale et n’envahissent pas le stroma.
Il est asymptomatique, découvert fortuitement sur une pièce d’exérèse de lésion présumée bénigne. Il est très souvent multifocal et même bilatéral. Il régresse en principe après la ménopause. Il n’exige aucun traitement mais relève d’une surveillance, car il multiplie par sept le risque de cancer invasif, voire par douze en cas d’antécédent familial.

Syn.   carcinome lobulaire in situ du sein

cancer du sein

[F2,O5]

cancer sarcomatoïde du rein l.m.

sarcomatoid renal carcinoma

Tumeur du rein de haute malignité développée à partir des cellules des tubes contournés ou des tubes collecteurs.
Il s'agit en fait d'un groupe inhomogène de tumeurs indifférenciées provenant des carcinomes à cellules rénales, d'évolution toujours mortelle.

Syn. carcinome sarcomatoïde du rein

cancer du rein

[F2,M2]

cancer spinocellulaire l.m.

squamous cell carcinoma

Tumeur épithéliale maligne du sujet âgé, qui s'observe sur la peau, les demi-muqueuses et les muqueuses malpighiennes, plus fréquemment chez l'homme que chez la femme, se développe en profondeur et peut donner des métastases par voie lymphatique ou sanguine.
On connaît plusieurs facteurs favorisants : le rayonnement solaire, principalement les UVB de 280 à 320 nm, les rayons X, les cicatrices de brûlure, le goudron, la prise d'arsenic, les traitements immunosuppresseurs. Siégeant surtout sur les parties découvertes et principalement sur la lèvre inférieure, le centre du visage et les zones maxillaires, la lésion débute comme une petite tumeur dure à base infiltrée et évolue rapidement vers une formation bourgeonnante ou ulcérée, à bordure surélevée, qui saigne facilement au toucher. Les tissus sous-cutanés et le plan osseux sont progressivement envahis, tout comme les ganglions de drainage ; une généralisation par voie sanguine peut se produire. L’examen histologique révèle une néoformation émanant du tissu épithélial, qui se compose de gros bourgeons lobulés ou de travées anastomosées, constituées en majorité de cellules polyédriques éosinophiles, ressemblant à celles du corps muqueux. Les éléments néoplasiques se kératinisent progressivement vers le centre des lobules, ou se rangent en couches concentriques autour d'amas de kératine appelés globes cornés, souvent parakératosiques. Quelques aspects histologiques particuliers ont été décrits : carcinome pseudoglandulaire ou dyskératosique, également décrit sous l'appellation erronée d’adénoacanthome des glandes sudoripares de Lever, carcinome bowénoïde, forme trabéculaire, type à cellules fusiformes ou ancien épithélioma fusocellulaire de Roussy-Leroux. Les tumeurs de la langue, des lèvres et de la région anogénitale donnent rapidement des métastases. Le pronostic des localisations cutanées est généralement moins sévère. Le traitement consiste en l'extirpation chirurgicale ou en radiothérapie ou curiethérapie.

G. Roussy et R. Leroux, anatomopathologistes français, membres de l'Académie de médecine (1950) ; A. C. Broders, anatomopathologiste américain (1925)

Étym. gr. karkinos : crabe, ulcère, cancer ; lat. spina : épine ; ôma : tumeur

Syn. carcinome épidermoïde, carcinome spinocellulaire épithélioma spinocellulaire, épithélioma pavimenteux, épithélioma malpighien typique (obs.), spinaliome, carcinome basocellulaire

Broders (classification de), cancer épidermoïde cutané, carcinome spinocellulaire

[F2]

capsule de Bowman l.f.

Bowman’s capsule

Feuillet pariétal de l’espace urinaire du glomérule.
La capsule de Bowman est faite de cellules épithéliales dites pariétales. Ces cellules peuvent proliférer sous forme de croissant dans les glomérulonéphrites extra-membraneuses.

W. Bowman , Sir, anatomiste et chirurgien britannique (1816-1892)

[A1,M1]

Édit. 2015

capture n.f.

capture

Au sens général, action de capturer, soit de prendre en domination, avec une interprétation différenciée selon les cas.
1) En physique, fixation d’électrons en raison de leur charge négative.
2) En neurobiochimie, passage, à partir de l’espace synaptique, d’un neurotransmetteur dans le cytosol d’un neurone ou dans celui de cellules gliales.
La capture neuronale des neurotransmetteurs est un phénomène actif qui met en jeu des transporteurs membranaires sécifiques. Il existe aussi une capture extraneuronale intéressant en particulier les cellules gliales.
3) En cardiologie, phénomène consistant, dans le cadre d’une dissociation auriculo-ventriculaire, dans la survenue anticipée d’une contraction ventriculaire entraînée par une systole auriculaire.
4) En zoologie et en parasitologie, façon de se rendre maître d’un animal en vue de le vacciner, d’opérer un prélèvement ou encore de le neutraliser.
5) En hydrologie, détournement d’une section d’un cours d’eau par une rivière voisine.

Étym. lat. capere, captum : prendre; -ure, suffixe d’action.

interférence (dissociation par), tachycardie ventriculaire.

[B1,C3,K2,D2]

carcinoïde adj.

carcinoid

Concerne une tumeur développée au niveau du tractus gastro-intestinal aux dépens des cellules endocrines entéromaffines (cellules de Kutchinsky) mais aussi en dehors du tube digestif notamment dans le poumon.

Étym. gr. karkinôma : tumeur cancéreuse (de karkinos : crabe, cancer), et suffixe -eide du grec eidos : sorte.

syndrome carcinoïde, tumeur carcinoïde, tumeur carcinoïde intestinale, tumeur carcinoîde appendiculaire, tumeur carcinoïde bronchique, tumeur carcinoïde bronchique atypique, tumeur carcinoïde bronchique maligne, tumeur carcinoïde du rein,  tumeur carcinoïde thymique

[F2]

carcinome basocellulaire pseudokystique l.m.

adenoid basal cell carcinoma

Carcinome basocellulaire dont les amas tumoraux contiennent des cavités plus ou moins importantes, parfois vides, parfois remplies d'une substance mucoïde ou de débris nécrotiques.
La plupart de ces cavités résultent de dégénérescence ou de nécrose frappant les cellules tumorales ; d'autres succèdent à des modifications dégénératives du stroma ; certaines, enfin, peuvent provenir de la désintégration d'un groupe de cellules ayant subi une évolution sébacée.

Syn. cancer basocellulaire pseudokystique, épithélioma basocellulaire pseudokystique

[F2,J1]

carcinome basosébacé l.m.

Carcinome basocellulaire dont les cellules se différencient en certains endroits et en proportion variable vers des éléments plus volumineux, multivacuolaires, analogues aux cellules des glandes sébacées normales, et contenant des enclaves lipidiques.
La tumeur, qui est assimilée par certains à l'épithélioma sébacé, est peu évolutive et ne donne que rarement des métastases. Elle doit être différenciée du carcinome sébacé, dans lequel la
différenciation cellulaire est beaucoup plus nette et dont l'évolution est plus maligne.

Étym. lat. sebum : suif

Syn. cancer basosébacé, épithélioma sébacé

[F2,J1]

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