pneumothorax n.m.
pneumothorax
Épanchement d'air entre les deux feuillets de la plèvre qui peut être spontané ou provoqué par un processus morbide, un traumatisme ou par l'insufflation thérapeutique d'un gaz.
Sur le cliché thoracique, le pneumothorax réalise une hyperclarté avasculaire, limitée en dehors par le gril costal et en dedans par le poumon souligné par un fin liseré dense répondant au feuillet viscéral de la plèvre. Dans la détection des formes difficiles, la sensibilité de la scanographie est plus élevée que celle de la radiographie standard.
L'épanchement peut intéresser les deux plèvres.
Le pneumothorax spontané, dit «idiopathique», est de beaucoup le plus fréquent. Il est dû à la rupture de petites bulles d'emphysème souspleurales qui prédominent à l'apex des poumons. Cette affection est, en règle, bénigne, mais la plupart des auteurs conseillent l'évacuation de l'air par un drain ou un cathéter, voire par simple exsufflation à l'aiguille. La récidive (30% des cas) dans les cinq années qui suivent, du même côté ou du côté opposé, justifie alors la chirurgie vidéo-assistée.
Le pneumothorax «à soupape» provoque un syndrome de compression médiastinale avec insuffisance ventilatoire aigüe causée par l'accumulation de l'air entrant à chaque inspiration dans la plèvre : du fait d'un mécanisme de clapet, cet air ne peut sortir à l'expiration suivante. L'évacuation en urgence s'impose.
L'hémopneumothorax associe les signes d'insuffisance respiratoire à ceux d'hémorragie interne, il est dû à la rupture intrapleurale d'une bride très vascularisée. Le traitement est chirurgical en urgence.
Il y a d'autres formes de pneumothorax spontané notamment dans les bronchopneumopathies chroniques obstructives, les emphysèmes pulmonaires avec ou sans bronchite et la tuberculose pulmonaire active.
Au cours d'un syndrome d'immunodépression acquise compliqué d'une pneumopathie à Pneumocystis carinii traitée par la pentamidine en aérosols, le pneumothorax est dû à la rupture de pneumatocèles et de gros kystes aériens souspleuraux.
Plus rarement le pneumothorax est dû à une pneumopathie granulomateuse ou interstitielle, florissante ou non, à une maladie de Marfan, à une lymphoangiomatose ou à une connectivite.
Le pneumothorax thérapeutique n'a plus qu'un intérêt historique, il était pratiqué naguère pour la collapsothérapie de la tuberulose pulmonaire.
Un pneumothorax résiduel, souvent induit, fait suite à une intervention cardiothoracique ou ORL basse. Il se résorbe en quelques jours. La chirurgie vidéoassistée du thorax nécessite la création d'un pneumothorax provisoire, par insufflation de CO2 qui se résorbe en général rapidement.
Un pneumothorax iatrogène peut se voir après une ponction pleurale, un cathétérisme de la veine sousclavière et surtout au cours de la ventilation mécanique par trachéotomie, intubation nasale ou orale (barotraumatisme), lorsque l'importance des résistances bronchiques ou le caractère réfractaire de l'hypoxémie justifient une pression positive permanente. Devenu plus rare avec l'emploi de l'hypercapnie contrôlée, ce type de pneumothorax est souvent d'un pronostic très mauvais, tant par lui-même que par le contexte étiologique.
J. M. Itard, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1803)
Étym. gr. pneuma : souffle, air ; thôrax : poitrine
→ emphysème pulmonaire, pneumothorax spontané, pneumothorax bridé, pneumothorax thérapeutique, pneumothorax traumatique, pneumothorax suffocant, hémopneumothorax, bride, bronchopneumopathie chronique obstructive, tuberculose pulmonaire commune, syndrome d\'immunodépression acquise, Pneumocystis carinii, maladie de Marfan, lymphangiome, connectivite, barotraumatisme, collapsothérapie, hypercapnie contrôlée
[K1]
Édit. 2018
pneumothorax artificiel l.m.
pneumothorax bridé l.m.
Irruption d’air par rupture d’une bulle dans une cavité pleurale libre où existe une petite bride, fixant le sommet du poumon à la cupule pleurale habituellement
La bride suspend le poumon. Elle contient une artériole issue d'un vaisseau de la paroi thoracique. Sous l'effet de l'hyperpression, la bride qui maintient béante la fistule aérienne se rompt entraînant un saignement dans la cavité pleurale (hémopneumothorax spontané).
Le saignement est minime, modéré ou parfois important; ce qui justifie la règle du drainage systématique d'urgence de toute pneumothorax bridé.
pneumothorax du nouveau-né l.m.
Pneumothorax qui est presque toujours le résultat d'un emphysème interstitiel ayant fusé vers le médiastin en dehors de rares cas d'origine traumatique (fracture de côte ou de la clavicule, geste effractif lors d'une ponction exploratrice ou d'un abord va
Il peut apparaître en ventilation spontanée sur un poumon inhomogène (après une détresse respiratoire transitoire, une maladie des membranes hyalines, une infection, une inhalation), ou après une ventilation au masque ou sur sonde trachéale. Il peut être iatrogène par barotraumatisme. Il se produit alors après un intervalle libre de 18 à 24 h, mais peut se manifester dramatiquement par une apnée ou même par un arrêt circulatoire.
Une distension anormale d'un hémithorax avec gonflement de l'abdomen; un tympanisme à la percussion de ce côté, le silence à l'auscultation et un refoulement des bruits du cœur le confirment. La transillumination peut être utile. Dans les situations à risque, il faut une surveillance renforcée afin de porter immédiatement secours, s'il y a lieu : il ne faut pas perdre de temps et ponctioner immédiatement pour décomprimer l'hémithorax distendu : le poumon retourne à la paroi et l'hémodynamique se restaure. Faire ensuite un drainage pleural à l'abri de l'air. Mais, même après ces soins, la PaO2 met souvent plusieurs heures pour revenir à la normale.
pneumothorax spontané l.m.
spontaneous pneumothorax
Irruption d'air dans une cavité pleurale, libre ou partiellement cloisonnée, liée à une effraction du parenchyme pulmonaire et de la plèvre viscérale qui le recouvre en dehors de tout traumatisme.
Il s'observe surtout chez les hommes (plus de 8 fois sur 10).
Chez l'adolescent et l'adulte jeune, la cause du pneumothorax est près de 9 fois sur 10 la rup
Chez l'adulte, ces affections se retrouvent aussi, auxquelles s'ajoutent la fibrose pulmonaire, rarement une tumeur bronchique obstructive. Mais la grande cause est l'emphysème obstructif. Ce sont le plus souvent les petites bulles qui se perforent dans ce cas.
Le diagnostic de pneumothorax est affirmé sur la radiographie pulmonaire en expiration forcée et mieux la tomodensitométrie qui permet d'étudier en outre l'état du parenchyme pulmonaire.
Une gêne respiratoire impose le drainage, les récidives une pleurectomie pariétale selon diverses techniques.
pneumothorax suffocant l.m.
suffocating pneumothorax
Épanchement d'air dans la cavité pleurale par une brèche pulmonaire douée d'un mécanisme de clapet empêchant la sortie de l'air à l'expiration tandis que chaque inspiration laisse entrer toujours plus d'air.
La respiration artificielle manuelle ou mécanique aggrave le phénomène. La conséquence du pneumothorax suffocant est l'augmentation progressive de la pression intrathoracique, ce qui entraîne la compression des organes intrathoraciques (l'autre poumon, le cœur et les grosses veines) et amène l'asphyxie et le collapsus circulatoire.
La ponction pleurale et la remise à la pression ambiante est le traitement d'urgence. La pose d'un drain avec une valve antiretour peut souvent être nécessaire.
→ Heimlich-Martinez (valve d')
pneumothorax thérapeutique l.m.
artificial pneumothorax, induced pneumthorax
Insufflation d'air dans la cavité pleurale pour affaisser une partie du poumon afin de limiter son expansion donc son activité fonctionnelle, afin d’aider à la guérison, des lésions tuberculeuses pulmonaires, pensait-on jadis.
Les insufflations étaient renouvelées régulièrement pour maintenir l'affaissement du poumon, durant 2 ans en moyenne.
La méthode fut mise au point par Forlanini entre1888 et 1912. Elle sera abandonnée après l'apparition de l'isoniazide dans les années 1950.
C. Forlanini, médecin interniste italien (1847-1918)
Syn. collapsothérapie, pneumothorax artificiel
pneumothorax thérapeutique extrapleural l.m.
extrapleural pneumothorax
Décollement chirurgical du feuillet de la plèvre pariétale, suivie d'insufflation d'air régulièrement dans cette cavité artificielle.
L'indication de cette technique était posée lorsque la cavité pleurale présentait des adhérences telles que, après tentatives de sections de brides, un pneumothorax artificiel n'était pas réalisable. Ce pneumothorax extrapleural exposait à un risque hémorragique important.
Ce mode de traitement est abandonné depuis les années 1950.
pneumothorax traumatique l.m.
traumatic pneumothorax
Épanchement d'air dans la cavité pleurale, dû le plus souvent à l'embrochage de la corticalité pulmonaire par un fragment costal.
Ce pneumothorax peut être modéré, révélé par un petit emphysème pariétal, une diminution du murmure vésiculaire à l'auscultation, objectivé par le cliché thoracique en position assise et en expiration. Il peut être complet rétractant le poumon au hile.
Sa gravité est liée à la taille de la brèche pulmonaire qui peut entraîner une fuite aérienne importante aboutissant à une hyperpression intrapleurale : l'épanchement collabant le poumon, pouvant comprimer le médiastin et gêner ainsi le retour veineux. Toute gêne respiratoire impose le drainage.
pneumotomie n.f.
Incision du parenchyme pulmonaire au niveau de sa corticalité pour l'abord d'une lésion pulmonaire périphérique.
Elle se fait au plus près de la lésion pour éviter l'ouverture de vaisseaux ou de bronches notables qui entraînerait une destruction du parenchyme d'aval. Hémostase et bronchostase sont faites au fur et à mesure par agrafage automatique.
pneumovirus n.m.
pneumovirus
Virus à ARN de la famille des Paramyxoviridae, dont le réservoir est strictement humain et la transmission, directe ou indirecte, interhumaine.
L'espèce la plus fréquemment rencontrée est le virus respiratoire syncytial.
→ paramyxovirose, virus respiratoire syncytial (infections à)
PNO sigle m.
1) pour PNeumOthorax, dans les maladies de l’appareil respiratoire ;
2) pour Plan Neuro-Oculaire, en ophtalmologie.
→ pneumothorax, plan neuro-oculaire
PNOTO sigle m. pour Plan NeurOculaire Transhémisphérique Oblique
PNPR sigle f. pour PolyNeuroPathie de Réanimation
PO2 symb. f.
En physiologie respiratoire, symbole de la pression partielle d'oxygène exprimée en hPa ou en mm Hg de O2 dans la phase gazeuse qui est en équilibre avec le liquide.
On note par une petite lettre l'endroit où on la mesure : par ex. PAO2, pression partielle d’oxygène alvéolaire ; PaO2, pression partielle artérielle d’oxygène ; PI O2, pression partielle d’oxygène trachéal inspiré (voir point de rosée) ; PvO2, pression partielle d’oxygène dans le sang veineux.
→ altitude, pression partielle, rosée (point)
POAN sigle pour para-ostéoarthropathie neurogène
→ para-ostéoarthropathie neurogène
[H1,I2]
Édit. 2018
poche à air gastrique l.f.
poche à eau l.f.
standoff pad
Petit réservoir souple en caoutchouc ou en plastique interposé entre la sonde d'échographie et la structure étudiée pour faciliter l'examen des organes superficiels.
Il est remplacé actuellement par une substance plastique malléable d'impédance acoustique équivalente à celle des muscles.
poche amniochoriale l.f.
chorio-amniotic sac
Liquide amniotique ayant traversé l'amnios et constituant une poche entre l'amnios et le chorion.
poche antérieure de Tröltsch l.f.
A. von Tröltsch, oto-rhino-laryngologiste allemand (1829-1890)
→ récessus antérieur de la membrane tympanique
poche branchiale l.f.
branchial pouch
Chacune des dépressions de l’appareil branchial qui séparent les arcs branchiaux sur les faces ectoblastique et entoblastique des régions latérales céphalocervicales de l’embryon.
On peut individualiser quatre poches ectoblastiques et cinq poches entoblastiques.
Les premières poches ectoblastique et entoblastique se développent en convergeant l’une vers l’autre entre le 1er et le 2ème arc branchial. La 1ère poche ectoblastique donne naissance au conduit auditif externe et au feuillet ectodermique du tympan. La 1ère poche entoblastique forme la couche endothéliale de la membrane tympanique. La partie distale profonde de la 1ère poche s’élargit pour former la cavité tympanique primitive (future oreille moyenne) qui s’ouvre par sa partie proximale restée étroite dans la cavité pharyngienne, constituant le canal pharyngotympanique.
Les 2ème, 3ème et 4ème poches ectoblastiques sont fermées et progressivement enfouies par prolifération du 2ème arc branchial qui les recouvre et normalement fusionne avec la crête épicardique à la limite caudale du cou. Elles forment en profondeur une cavité ectoblastique, le sinus cervical, qui normalement disparaît complètement. Les anomalies de développement à ce niveau sont responsables de malformations : fistule branchiale, kyste latéral du cou.
Les 2ème, 3ème, 4ème et même 5ème poches entobranchiales endopharyngées sont à l’origine d’organes bien individualisés. La 2ème poche devient la loge tonsillaire dans laquelle prolifère la tonsille palatine. La 3ème poche donne, par son récessus dorsal, la glande parotide inférieure et, par son récessus ventral, le thymus qui, en migrant en direction caudale et médiale, entraîne la parotide inférieure qu’il abandonne à la face dorsale du pôle inférieur du lobe latéral de la glande thyroïde. La 4ème poche donne la glande parathyroïde supérieure qui migre à la face dorsale du lobe latéral de la glande thyroïde. La 5ème poche, diverticule caudal de la 4ème, donne le corps ultimobranchial qui s’incorpore dans le lobe latéral de la glande thyroïde.
→ appareil branchial, arc branchial, fistule branchiale, sinus cervical, kyste cervical latéral, corps ultimobranchial.
poche de Prussak l.f.
A. Prussak, oto-rhino-laryngologiste russe (1839-1897)
→ récessus supérieur de la membrane tympanique
poche de rétraction l.f.
Invagination d’une partie de la membrane tympanique dans la cavité de l’oreille moyenne observée en otoscopie.
poche des eaux l.f.
bag of waters
Saillie des membranes et de liquide amniotique dans le vagin au cours du travail, devant la présentation fœtale dans l'aire de dilatation cervicale.
poche pleurale calcifiée l.f.
calcific pachypleuritis
Évolution très tardive d'une pleurésie sérofibrineuse essentiellement tuberculeuse non ou mal traitée, rarement d'une pleurésie purulente ou d'un hémothorax insuffisamment traités.
Dans les pleurésies tuberculeuses, les calcifications se trouvent tant au niveau de la plèvre pariétale que viscérale, dessinant la cavité pleurale. Ces calcifications de siège périphérique, à l'aspect linéaire, moulent la paroi thoracique, le diaphragme, rarement le médiastin. Les calcifications sont séparées de la paroi par l'épaississement pleural les accompagnant, parfois par une lame graisseuse extrapleurale visible. Entre les deux couches existe ou non du liquide. Si des calcifications de la plèvre viscérale érodent de petites bronches, le liquide pleural est expectoré et la cavité se surinfecte. La seule solution thérapeutique est l'exérèse de la poche et du parenchyme pulmonaire détruit.
Jadis elle était fréquente des années après l'arrêt de l'entretien du pneumothorax thérapeutique, lorsque, la réexpansion pulmonaire ne s'était pas faite.