Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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obésité gynoïde l.f.

gynoid obesity, gynecoid obesity

Obésité correspondant à un excès de tissu adipeux adoptant une répartition de type féminin, c’est à dire prédominant sur le segment inférieur du corps, le bassin, les hanches, les fesses et les cuisses.
Elle expose assez peu aux troubles métaboliques et vasculaires. Les sujets risquent plutôt un retentissement articulaire et une insuffisance veineuse. L’adiposité des régions fessières et des cuisses se réduit médiocrement lorsqu’est obtenue une perte de poids. Ce type d’obésité peut s’observer chez l’homme notamment en situation d’hypogonadisme constitutionnel (syndrome de Klinefelter par exemple) ou acquis (castration chirurgicale ou médicamenteuse).
La part gynoïde de l’obésité est quantifiée par la mesure du périmètre à hauteur des hanches et le calcul du rapport taille/hanches (T/H : valeurs normales chez l’homme < 0.95, chez la femme < 0.80 à 0.81). L’obésité est gynoïde chez l’homme pour un rapport T/H > 0,95, chez la femme pour un rapport T/H < 0,80 ou 0,81).

J. Vague, médecin endocrinologue français, membre de l’Académie nationale de médecine (1911-2003)

Syn. obésité fémorale, obésité glutéofémorale

Ant.  obésité androïde

Édit. 2017

obésité hyperplasique l.f.

hyperplastic obesity

Surcharge pondérale en liaison avec une augmentation du nombre des adipocytes.
Elle caractérise particulièrement les surcharges pondérales constitutionnelles, présentes depuis la petite enfance.

Édit. 2017

obésité hypertrophique l.f.

hypertrophic obesity

Surcharge pondérale en liaison avec une hypertrophie des adipocytes.
Elle s’observe au cours des surcharges pondérales acquises à l’adolescence et chez l’adulte.

Édit. 2017

obésité hypothalamique l.f.

Surcharge pondérale secondaire à une atteinte lésionnelle de l’hypothalamus.
Les lésions en cause peuvent être un craniopharyngiome ou une tumeur de la base du crâne, une histiocytose (maladie de Hand-Schüller-Christian, maladie d’Erdheim-Chester), une granulomatose (sarcoïdose). On l’observe aussi après radiothérapie ou un traumatisme crânien.
La présentation de l’obésité hypothalamique ne se distingue en rien de celle des obésités d’origine nutritionnelle. En l’absence d’anomalie morphologiquement détectable notamment en IRM au niveau de la région diencéphalique, par exemple en matière d’expertise lors de l’évaluation des séquelles des traumatismes crâniens, on ne retient pour certaine l’origine hypothalamique que lorsque coïncident d’autres signes nécessairement d’origine hypothalamique : diabète insipide par défaut de vasopressine, hyper- ou hyponatrémie neurogène, troubles acquis de la mémoire, hyperprolactinémie de déconnexion, signes dissociés d’insuffisance hypophysaire comme un hypogonadisme ou l’absence d’accroissement des gonadostimulines chez la femme au-delà de l’âge de la ménopause.
On a longtemps incriminé dans l’origine de l’obésité hypothalamique, une altération des centres de la satiété. En réalité elle apparaît surtout liée à un défaut de la lipolyse auquel contribuerait une perte de la sensibilité aux catécholamines lors de l’effort.
L’obésité hypothalamique est massive, rebelle à la diététique, ce qui peut conduire à des prises en charge chirurgicales.
La coïncidence de l’hypogonadisme correspond au syndrome adiposogénital de Babinski-Fröhlich. Certaines atteintes hypothalamiques sont responsables de maigreur (cachexie diencéphalique de Simmons).

craniopharyngiome, histiocytose, diabète insipide, hypernatrémie neurogène, hyponatrémie neurogène, syndrome adiposogénital, Babinski-Fröhlich (syndrome de), cachexie diéncéphalique

Édit. 2017

obésité localisée l.f.

lipomatosis, liposis

Elle n’affecte qu’une partie du tissu adipeux, correspondant à des lipohypertrophies liées aux lipomatoses.
Ces situations rares correspondent aux entités décrites sous les noms de lipomatose symétrique à prédominance cervicale de Launois-Bensaude (affectant cou, épaules et s’étendant vers les bras), de Barraquer-Simmons (lipohypertrophie de la partie inférieure du corps en-dessous de la ceinture avec lipo-atrophie de l’hémicorps supérieur), maladie de Dercum (surcharge adipeuse douloureuse affectant tronc et membres, s’arrêtant à hauteur des poignets et des mains, des chevilles et des pieds).

Syn.  lipomatose

Ant.  obésité localisée

Launois-Bensaude (syndrome de), Barraquer-Simmons (syndrome de), Dercum (maladie de)

Édit. 2017

obésité monogénique l.m.

monogenic obesity

Obésité familiale liée à l’altération d’un gène.
Elle correspond à des situations très rares, génétiquement transmises, responsables de surcharges pondérales sévères, à début précoce depuis la petite enfance. Les causes les plus habituelles en sont les mutations de la leptine ou de son récepteur, du récepteur de la mélanocortine de type 4 (MC4R). Elles sont syndromiques au cours des syndromes de Prader-Willi, de Bardet-Biedl, d’Alström et de Cohen.

Ant.  obésité polygénique

leptine, MC4R, Prader-Willi (syndrome de), Bardet-Biedl (syndrome de), Alström (syndrome d'), Cohen (syndrome de)

Édit. 2017

obésité par déficit du récepteur de la mélanocortine 4

obesity associated with melanocortin 4 receptor deficiency

Le déficit en récepteur de la mélanocortine 4 (MC4R) est la forme la plus fréquente d'obésité monogénique identifiée à ce jour : obésité sévère avec augmentation de la masse corporelle maigre, de la densité osseuse.
Il existe une augmentation de la croissance linéaire dans la petite enfance, une hyperphagie débutant dans la première année de vie et une hyperinsulinémie sévère. La fonction reproductive est préservée.
La prévalence dans la population générale est probablement de 1 sur 2000. La prévalence des mutations de MC4R a été estimée de 0.5 à 1% chez les adultes obèses (indice de masse corporelle>30), avec une fréquence plus élevée dans les populations présentant une obésité à début infantile sévère, avec une variabilité entre les populations.
La protéine MC4R est un récepteur couplé à la protéine G impliqué dans la voie de signalisation hypothalamique leptine-mélanocortine. L'activation de MC4R joue un rôle clé dans le maintien de l'homéostasie énergétique. Elle est associée à la suppression de la prise alimentaire. La majorité des patients décrits à ce jour sont porteurs de mutations hétérozygotes du gène MC4R (18q21.32). Le déficit en MC4R est transmis de manière codominante, avec une expressivité et une pénétrance variables selon les populations. Des cas rares de personnes porteuses de la mutation à l'état homozygote ont été décrits et présentent un phénotype plus sévère. Cependant, certains patients homozygotes avec une absence complète de la fonction MC4R ont été décrits sans hyperinsulinémie.
Le diagnostic suspecté d'après les signes cliniques est confirmé par la détection d'une mutation du gène MC4R.
Comme pour les autres formes d'obésité, le pronostic dépend des complications présentes : diabète de type 2, maladie cardio-vasculaire, cancer.

Réf. Orphanet, S. Filetti, médecin interniste italien (2007)

récepteur de mélanocortine 4, mélanotropine, MC4R gene

Édit. 2017

obésité paradoxale avec rétention d'eau l.f.

paradoxical obesity with water retention

Terme impropre correspondant aux prises de poids, parfois sévères et très invalidantes observées chez certaines jeunes femmes notamment en période prémenstruelle.
Cette situation est une expression du syndrome des œdèmes orthostatiques en apparence idiopathique et ne correspond pas à une augmentation de la masse adipeuse.

Syn. obésité spongieuse (Gilbert-Dreyfus, médecin endocrinologue français, membre de l'Académie de médecine, 1951), hydrolipopexie (A. Albeaux-Fernet, médecin endocrinologue français, 1945), syndrome de Mach (R.S. Mach, néphrologue suisse, membre de l'Académie

œdèmes idiopathiques orthostatiques (syndrome des)

Édit. 2017

obésité polygénique l.m.

polygenic obesity

Elle correspond à l’obésité commune au cours de laquelle de multiples gènes et variants contribuent, parallèlement à des facteurs environnementaux et comportementaux, à la constitution de la surcharge pondérale.
L’identification progressive de ces facteurs génétiques multiples devrait permettre de reconnaître la prédisposition des individus au développement de l’obésité et de complications, et de leur résistance à l’amaigrissement.

Ant.  obésité monogénique

Édit. 2017

obésité sarcopénique l.f.

sarcopenic obesity

En parallèle à un appauvrissement de la masse musculaire, surcharge pondérale en liaison avec la redistribution de la masse adipeuse aux dépens du tissu sous-cutané vers un accroissement des dépôts adipeux intra-abdominaux, intrahépatiques, intramusculaires.
Cette situation, fréquente au cours du vieillissement, expose particulièrement aux troubles métaboliques et à leurs complications.

Étym. lat. obesitas, de obesus : gras; gr. sarx, sarkos : chair ; pénia : pauvreté, manque

sarcopénie

Édit. 2017

obésité surrénale l.f.

adrenal obesity

Syndrome génitosurrénal avec des signes de virilisme.

Édit. 2017

obésité viscérale l.f.

visceral obesity

Syn.  obésité androïde, obésité abdominale

obésité androïde, obésité abdominale

Édit. 2017

obésité abdominale l.f.

obésité androïde

Édit. 2017

obéstatine n.f.

obestatine

Protéine de 23 acides aminés dérivée de la même protéine que la ghréline et d’activité physiologique inverse, diminuant l’appétit.

ghréline

Édit. 2017

obex n.m.

obex (TA)

obex

Lame nerveuse de substance grise, triangulaire à base supérieure, qui renforce la membrana tectoria à l’angle inférieur du toit du quatrième ventricule.

Syn. anc.  verrou

Édit. 2017

objectal adj.

Qui se rapporte à un objet de pulsion.
Terme utilisé en psychanalyse pour désigner ce qui aimante un besoin ou un désir.

pulsion

[H3]

Édit. 2017

objet n.m.

Terme utilisé en psychanalyse pour désigner ce vers quoi s'oriente un besoin ou un désir.
L'objet ainsi désigné appartient moins à la réalité extérieure qu'à la réalité psychique ou fantasmatique.

[H3]

Édit. 2017

objet connecté n.m.

connected object

Capteur de données de santé à l’origine de base de données dont l’analyse par des algorithmes peut procurer des informations sur un processus physiologique ou une maladie.
De nombreuses interrogations subsistent sur l’utilisation de ces bases de données : peuvent -elles faire l’objet de rémunération des sujets à leur origine, l’anonymat doit-il être préservé, comment séparer les utilisations strictement médicales de celles visant à évaluer le « bien être » du sujet et ainsi d’en faire la cible de sollicitations publicitaires ?

algorithme

[B3]

Édit. 2020

objet transitionnel l.m.

transitional object

Premier objet matériel choisi par le nourrisson dans son environnement immédiat, qui lui permet la transition entre la relation primitive au sein maternel et la constitution d'objets dans le monde extérieur.
L'objet transitionnel est dans cette position caractéristique qui fait "transition" en ce sens qu'il est une part de l'enfant tout en lui étant déjà extérieur.
Dans la suite du développement, l'objet transitionnel laissera la place d'une part à de véritables objets et, de l'autre à un espace transitionnel (domaine de la culture et de l'imagination pour Winnicott, de la symbolisation dans les concepts actuels).

D. W. Winnicott, pédopsychiatre britannique (1953)

Édit. 2017

objets connectés l.m.

connected objects

Nouvelles technologies captant une information chez un individu, la transmettant et l’intégrant dans un logiciel, l’affichant pour l’utilisateur et pouvant la transmettant à distance de manière à être appréciés par un médecin..
Ces nouveaux outils captent, en continu ou intervalles réguliers, des paramètres vitaux (rythmes cardiaque et respiratoire, pression artérielle, pO2, température, exercice physique d’après la distance parcourue par un piéton …) qui s’affichent à l’intention du malade et peuvent être transmis à un médecin. De nombreuses autres utilisations sont possibles. Voici quelques exemples : pompes à insuline délivrant le médicament de façon à réguler la glycémie. détecteur situé dans un médicament réagissant avec le suc gastrique et envoyant un signal permettant de s’assurer que le médicament a été ingéré, couches pour les enfants ou les sujets âgés détectant les infections urinaires et le niveau d’hydratation.

[G5,N1]

Édit. 2017

oblativité n.f.

oblational behaviours

Tendance au sacrifice de ses propres intérêts pour satisfaire les désirs d'autrui.
Au plan moral, elle s'oppose à l'avidité. Au plan psychologique, avec son extériorisation des affects et leur offrande à l'autre, elle fait suite à la captativité chez le jeune enfant. L'idéalisme passionné peut lier l'agressivité, voire la cruauté, à l'altruisme.

Étym. lat. oblatus : offert

Édit. 2017

obliquité pelvienne l.f.

pelvic obliquity

bassin oblique

Édit. 2017

oblitération artérielle aigüe l.f.

acute arterial occlusion

Processus morbide qui consiste en l’occlusion soudaine d’une artère.
Sa cause peut être une thrombose ou une embolie ; ses effets sont ceux d’une ischémie.

ischémie, ischémie aigüe, ischémie aigüe des extrémités, ischémie myocardique

Édit. 2017

oblitération capillaire l.f.

Syn. hypoxie sans hypoxémie, territoire de non perfusion, territoire d'hypoxie

oblitération capillaire rétinienne, hypoxémie, hypoxie (causes de l'), hypoxie sans hypoxémie, territoire de non perfusion, territoire d'hypoxie

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017

oblitération capillaire l.f.

oblitération capillaire rétinienne, hypoxémie, hypoxie (causes de l'), hypoxie sans hypoxémie, territoire de non perfusion, territoire d'hypoxie

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017

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