Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

2924 résultats 

Perls (coloration de ) l.f.

Perls’ staining

Réaction histochimique de coloration dans laquelle le fer ferrique (non héminique), en présence de ferrocyanure de potassium, précipite en milieu acide sous forme de ferrocyanure ferrique ou bleu de Prusse, rendant alors les granules de fer visibles au microscope optique.
La présence de fer ferrique peut être ainsi aisément décelée dans les tissus dans des conditions d’hémolyse, de troubles métaboliques du fer et de maladie de surcharge. Qu’il s’agisse d’un excès local ou systémique de fer, la ferritine entre dans la constitution des granules d’hémosidérine décelables en microscopie photonique par la coloration de Perls.
Les excès locaux de fer et d’hémosidérine proviennent d’hémorragies ; l’exemple le plus simple est l’hématome. L’hémoglobine provenant de la lyse des hématies subit une transformation en hémosidérine. Les macrophages prennent alors part au processus de phagocytose des débris cellulaires et contribuent à transformer dans leurs lysosomes l’hémoglobine en hémosidérine sous forme de granules colorables par le Perls.
Dans la surcharge systémique en fer, l’hémosidérine se dépose dans de nombreux organes et tissus : hémosidérose observée en cas d’absorption exagérée de fer dans l’alimentation, en cas de mauvaise utilisation du fer, en cas d’anémie hémolytique et de transfusions répétées. Dans la plupart de ces cas de surcharge systémique en fer, l’accumulation intracellulaire ne provoque pas de lésion parenchymateuse ni d’altération fonctionnelle des organes. Par contre, dans l’hémochromatose idiopathique, où l’accumulation de fer est la plus importante, il existe des lésions du foie et du pancréas principalement, aboutissant à une fibrose hépatique d’évolution cirrhotique et à un diabète sucré. La coloration de Perls souligne l’importance de la surcharge ferrique dans les cellules hépatiques et dans les cellules de Kupffer.
Lors de l’analyse de frottis de sang et de moelle osseuse, la coloration de Perls permet d’identifier les sidéroblastes : érythroblastes médullaires contenant des granules de fer ; et les sidérocytes : hématies contenant des granules de fer ; elle permet aussi de localiser les granules de fer dans d’autres cellules de la moelle hématopoïétique ou les macrophages, ou en dehors de toute cellule (fer extracellulaire).

M. Perls, anatomopathologiste allemand (1867)

→ hémosidérine

pigment épithélial (facteur dérivé du) l.m.

Facteur de différenciation du rétinoblaste identifié sur des cellules de l'épithélium pigmenté rétinien fœtal humain.
Ce facteur induit pour les cellules de rétinoblastome humain Y79 d'une part une différenciation neuronale extensive et, d'autre part une différenciation en rétinoblastes normaux. Ce facteur serait synthétisé dans les cellules de l'épithélium pigmenté rétinien et sécrété dans la matrice des interphotorécepteurs avec pour action le développement et la différenciation de la neurorétine. Gène localisé en 17p13.3 (MIM 172860).

F. R. Steele, biologiste américain (1993)

plasmocyte n.m.

plasma cell

Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglobulines. Dans les étapes qui conduisent du lymphocyte B au plasmocyte, l’activation dépend des antigènes : certains dits T dépendants, les plus importants, agissent grâce aux lymphocytes T par l’intermédiaire des interleukines sécrétées par les T auxiliaires ; d’autres, dits T indépendants, répondent à des polymères de haut poids moléculaire et induisent des liaisons avec les récepteurs cellulaires de surface. Une autre étape correspond à la prolifération des lymphocytes B activés, par divisions cellulaires assurant la transformation de ces cellules en plasmoblastes puis leur maturation en plasmocytes.
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).

pleurésie exsudative l.f.

exsudative pleurisy

Épanchement pleural d'un liquide riche en protéines (supérieures à 30 g/L), riche en cellules.
Toutes les affections systémiques ou pulmonaires qui atteignent la plèvre entraînent l'accumulation de liquide et de cellules dans l'espace pleural. Les cellules sont essentiellement des macrophages et des lymphocytes, ailleurs il s'agit de polynucléaires, neutrophiles le plus souvent, parfois éosinophiles, rarement de mastocytes ou de granulocytes basophiles.

plexiformes (couches) l.f.p.

plexiform layers

Couche plexiforme externe et interne correspondant à des zones de synapses de la rétine.
La couche plexiforme externe est constituée des synapses entre les photorécepteurs et les cellules bipolaires et des prolongements cytoplasmiques des cellules de Müller et des cellules horizontales. La couche plexiforme interne correspond à une zone de synapse en diode mettant en connexion l’axone d’une cellule bipolaire, le dendrite d’une cellule ganglionnaire, le dendrite d’une cellule amacrine ; elle est absente au niveau de la fovéola.

prostaglandine n.f.

prostaglandine

Chacune des substances pharmacologiquement actives dérivées de l'acide prostanoïque.
Les prostaglandines sont biosynthétisées par la plupart des cellules de l’organisme : elles ont une demi-vie courte dans les milieux biologiques et agissent localement par effet autocrine ou paracrine.
Schématiquement, les prostaglandines de la série 1 sont dérivées de l'acide eicosatriénoïque, celles de la série 2 de l'acide eicosatétraénoïque (acide arachidonique), et celles de la série 3 de l'acide eicosapentaénoïque. Seules les prostaglandines de la série 2 semblent avoir une importance biologique. Les enzymes responsables de synthèse à partir de l'acide arachidonique sont les cyclooxygénases (COX), dont il existe une forme constitutive (COX1) et une forme inductible (COX2). L'inhibition pharmacologique des COX par les antiinflammatoires non stéroïdiens rend compte de l'effet antiinflammatoire de ces substances.
Pour plus de précision il faut ajouter que
- leur structure d'acides gras cycliques à 20 atomes de carbone leur a valu le nom d'eicosanoïdes qu'elles partagent avec d'autres dérivés métaboliques des acides gras polyéthyléniques à 20 carbones (thromboxanes, leucotriènes).
- les principales prostaglandines proviennent de la peroxydation de l'acide arachidonique, et ont 2 doubles liaisons : elles forment la classe des PG2 ; celle des PG3 qui ont 3 doubles liaisons dérivent de l'acide eicosapentaénoïque et se trouvent chez les esquimaux qui se nourrissent de graisse de phoque. La prostaglandine I2, isomère époxy 6-9 de la PGE2 est appelée prostacycline. Les prostaglandines D sont des isomères des PGE dans lesquels les fonctions cétone et hydroxyle ont une position inverse dans le cycle. Les prostaglandines A, B et C ont une double liaison dans le cycle pentanique. Les deux autres classes de prostaglandines dérivent d'acides gras à 20 carbones ayant une double liaison en moins en 5-6 (PGE1, PGF1) ou en plus en 17-18-cis (PGE3, PGF3). La première prostaglandine biosynthétisée dans les cellules par action de 2 molécules de dioxygène sur une molécule d'acide arachidonique, est nommée PGG2 (endoperoxy-9-11-hydroperoxy-15-prostadiènoïque). Celle-ci est réduite par la glutathion-peroxydase en prostaglandine H2 qui est biosynthétisée, stockée et sécrétée par les plaquettes sanguines et utilisée par les cellules des parois artérielles qui les transforment en prostacycline. Dans les plaquettes sanguines elle est également transformée en thromboxanes sous l'action d'une thromboxane-synthase.
Les prostaglandines sont impliquées dans les processus inflammatoires (douleur, œdème). Elles agissent sur les muscles lisses (vasodilatatrices, bronchodilatatrices), sur le muscle utérin (déclenchement de l'accouchement, avortement), sur l'intestin (stimule la contraction), sur le système nerveux central, sur les plaquettes sanguines, sur les adipocytes (lipomobilisation), etc. Elles sont spécialement utilisées :
- en obstétrique où leurs effets sont multiples : elles sont lutéolytiques ; elles sont ocytociques et présentes en fortes concentrations dans les membranes de l’œuf et dans le liquide amniotique au début de la parturition ; sous forme de gel ou d’ovule, elles sont utilisées pour déclencher artificiellement le travail de l’accouchement ou des avortements et pour induire une maturation du col préalable au déclenchement ; elles sont vasoactives et responsables, notamment PGE2, de la forte baisse des résistances vasculaires pendant la grossesse et du maintien de la perméabilité du canal artériel pendant la vie fœtale;
- dans le tube digestif, où l'effet le mieux connu des prostaglandines est sur la sécrétion gastrique, elles stimulent la sécrétion de mucus et de bicarbonates, et à doses pharmacologiques peuvent inhiber la sécrétion acide pariétale. De ce fait, des analogues de synthèse comme le misoprostol sont utilisés en prophylaxie des lésions gastriques induites par les antiinflammatoires non stéroïdiens;
- dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.
Elles ont été découvertes en 1935 dans les vésicules séminales du mouton par von Euler (qui a cru par erreur qu'elles étaient sécrétées par la glande prostatique)

U. von Euler, physiologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1970 (1935)

Étym. prostate

Sigle : PG

→ PGA, PGB, PGC, PGD, PGE, PGF, PGI, PGH, poumon (fonctions métaboliques du), prostanoïque (acide)

rejet d'un greffon médullaire l.m

host versus graft effect

Processus immunologique observé dans les greffes de cellules médullaires ou de cellules souches hématopoïétiques périphériques qui se traduit par l’élimination du greffon par les tissus du receveur.
Le processus de rejet d’un greffon de moelle osseuse ou de cellules souches hématopoïétiques est souvent précoce ; il est, dès lors, difficile à différencier d’une non-prise. Ce rejet est dû à la persistance, après le conditionnement, de lymphocytes T de l’hôte capables de s’activer et de rejeter le greffon. Le rejet est une complication rare, de l’ordre de 1%, après greffe de moelle géno-identique utilisant un conditionnement myélo-ablatif. Dans les greffes réalisés à partir d’un donneur non apparenté cette complication très grave survient dans 5 à 15 % des cas.

respiration n.f.

respiration

En physiologie, ensemble de fonctions qui régissent les échanges gazeux, principalement ceux de l'oxygène et du gaz carbonique.
On y distingue trois étages, cellulaire, circulatoire et bronchopulmonaire, correspondant respectivement à la respiration tissulaire, au transport des gaz par la circulation du sang et à la ventilation.
Le mot respiration ne concernait à l'origine que le rejet périodique de l'air hors des poumons, mais on doit actuellement réserver le mot ventilation à cette fonction ventilatoire et dire ventilation artificielle (et non respiration artificielle), mouvements ventilatoires (et non respiratoires), arrêt de la ventilation (et non arrêt de la respiration : la respiration continue en apnée, au moins un certain temps, ex. oxygénation sous apnée). La conception actuelle est résumée dans le schéma ci-dessous (Cara, 1976) où l'air inspiré, est séparé de l'air expiré, (schéma de Riley, 1951). Ce schéma met en évidence l'analogie entre la ventilation et la circulation dans les échanges gazeux et il permet d'interpréter les principaux syndromes respiratoires.
Si la ventilation est insuffisante (trop faible pour les besoins de l'organisme, l’oxygène ne parvient pas aux poumons en quantité suffisante créant une hypoxie et en même temps le CO2 s'élimine mal, ce qui entraîne une  hypercapnie.
Si la ventilation est trop forte, une plus grande quantité d’oxygène est fixée par le sang (elle est limitée par la saturation oxyhémoglobinée) et trop de CO2 est éliminé, déterminant une hypocapnie.
De même si la circulation capillaire est insuffisante, un syndrome de choc s'installe : il correspond à une insuffisance respiratoire tissulaire que les fonctions ventilatoires, circulatoires et rénales peuvent tenter de compenser
Les molécules d’oxygène inspirées passent par le côté inspiratoire. L'espace mort correspond à un court-circuit entre inspiration et expiration (normalement 40% de l'air inspiré ressortent des bronches sans aller jusqu'à l'alvéole). Du poumon, le sang oxygéné va vers le sang artériel. La contamination veineuse du sang pulmonaire (5% chez le sujet sain, beaucoup plus dans les «maladies bleues») correspond aussi à un court-circuit. Ensuite le sang artériel oxygéné va dans les capillaires et l’oxygène peut enfin arriver jusqu'aux cellules et dans les mitochondries (m). Mais dans les capillaires il existe un court-circuit des métartérioles (ma), négligeable en conditions normales mais important en cas de vasoconstriction des sphincters précapillaires qui induit dans ce dernier cas un état de choc, «asphyxie» des cellules bien que le sang artériel soit bien oxygéné.
A partir des cellules la circulation des molécules de CO2 se fait en sens inverse, des veines jusqu'au poumon. De là, les molécules de CO2 sortent avec l'air expiré.

M. Cara, réanimateur et physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009) ; R. L. Riley, physiologiste américain (1951)

→ apnée (oxygénation sous), choc, ventilation, apnée, hypoxie, hypercapnie, saturation oxyhémoglobinée, hypocapnie, cardiopathie cyanogène, mitochondrie, métartériole

[C2, K1]

Édit. 2019

rhabdomyome embryonnaire l.m.

Tumeur bénigne de cellules musculaires striées.
Si l'on met de côté le rhabdomyome cardiaque que l'on peut observer en association avec une sclérose tubéreuse de Bourneville et qui n'est probablement pas une vraie tumeur, le rhabdomyome reste exceptionnel. Bien limitée et sphérique, cette tumeur survient chez l'adulte au niveau et dans le voisinage de la cavité buccale. Elle est faite de grandes cellules rondes, au cytoplasme éosinophile contenant des vacuoles lipidiques et glycogéniques pouvant repousser le noyau en positon centrale, d'où la dénomination de cellules araignées ; des striations transversales intracytoplasmiques sont fréquentes.

→ rhabdomyome, rhabdomyome embryonnaire, rhabdomyosarcome, tumeur à cellules granuleuses

rhombomère n.m.

Chacun des huit segments (R1 à R8) qui constituent le rhombencéphale ou cerveau postérieur.
Les cellules de la crête neurale qui proviennent de ces formations métamérisées vont migrer de façon spécifique. Les cellules de R1 et R2 migrent vers le 1er arc branchial, celles de R4 vers le 2ème arc, celles de R6 et R7 vers le 3ème arc, celles de R8 vers les 4ème et 6ème arcs.R3 et R5 interviennent peu ou pas du tout ; la plupart des cellules de ces rhombomères sont vouées à une mort cellulaire par apoptose, quelques-unes migrent avec celles des segments adjacents.

[A4,O6]

sarcome du tube digestif l.m.

alimentary tract sarcoma ou gastro-intestinal tract sarcoma

Tumeur conjonctive maligne du tube digestif.
Si les sarcomes de l’œsophage sont rares, il n’est pas exceptionnel d’observer des tumeurs conjonctives malignes de l’estomac, de l’intestin grêle et plus exceptionnellement du côlon. Ces tumeurs sont:
- soit des proliférations de cellules fusiformes, de type léiomyosarcome pour lequel le diagnostic différentiel avec le léiomyome est parfois difficile, soit les rares tumeurs nerveuses de type schwannome malin observé dans le cadre d’une maladie de Recklinghausen.
- soit les tumeurs stromales digestives ou GIST (Gastro Intestinal Stromal Tumor) qui représentent aujourd’hui la plus fréquente des tumeurs primitives mésenchymateuses gastrointestinales. Elles expriment c-kit (CD117), marqueur des cellules de Cajal, et sont associées à une mutation des gènes c-kit ou PDGFR alpha. Si elles peuvent se développer à tous les niveaux, de l’œsophage au rectum, l’estomac  représente la principale des localisations (50%). Leur évolution, évaluée par les critères histologiques (taille, index mitotique, localisation) est très variable, de strictement bénin au sarcome (25%). Le pronostic de ces derniers a été révolutionné par les inhibiteurs de la tyrosine kinase bloquant de façon très spécifique la prolifération des cellules de GIST.
On peut inclure dans la rubrique « sarcomes » les lymphomes malins du tube digestif
Etym : gr sarx : chair

→ sarcome, lymphomes digestifs

Schiff acide périodique (PAS) l.m.

periodic acid Schiff

Réaction histochimique utilisée pour mettre en évidence in situ la présence de certaines substances glucidiques dans les cellules ou les tissus.
En particulier, les polysaccharides et les glycoprotéines sont colorés en rouge par le PAS, qui est aussi notamment employé pour mettre en évidence la présence de glycogène ou de mucus dans les cellules.
Le principe de la réaction repose sur la rupture par un agent oxydant, l'acide periodique, des liaisons entre 2 carbones de certains groupes chimiques, qui fait apparaître des aldéhydes, colorés en rouge par le réactif de Schiff. En pathologie digestive, le PAS est utilisé en particulier pour mettre en évidence la présence de mucus dans des cellules tumorales, qui permet de montrer le caractère glandulaire d'un cancer (adénocarcinome). La réalisation avant la réaction d'une digestion amylasique des coupes permet de distinguer le glycogène, dont la positivité au PAS diparaît dans ces conditions, des autres substances colorées du mucus, qui résiste à cette digestion.

H. Schiff, biochimiste italien (1866)

Syn. coloration de Hotchkiss-McManus

→ acide périodique, polysaccharide, glycoprotéine, glycogène, aldéhyde, adénocarcinome

[B3, C1]

Édit. 2019

sécrétion salivaire l.f.

salivary secretion

Sécrétion des substances formant la salive, excrétées dans la bouche par les glandes salivaires, qui se répartissent en trois groupes de glandes majeures (parotides, submandibulaire et sublinguales), et de nombreuses glandes salivaires mineures (glandes buccales).
Les glandes majeures possèdent un canal excréteur, les glandes mineures déversent leur produits de sécrétion directement dans la bouche.
Cette sécrétion exocrine est composée de mucus, d'enzymes (amylase salivaire, lysosyme), d'immunoglobulines sécrétoires (IgA sécrétoires), d'eau et d'électrolytes. Le mucus est élaboré par les cellules muqueuses, les enzymes par les cellules séreuses. Les cellules canalaires modifient la composition hydroélectrolytique de la salive par réabsorption de Na+ et de Cl-, et sécrétion active de K+ et de bicarbonates. Les glandes salivaires sécrètent également des facteurs de croissance, qui participent au renouvellement des épithéliums tissulaires, et représentent la composante endocrine de la sécrétion salivaire. Le contrôle de la sécrétion salivaire repose sur des mécanismes nerveux : le centre de la salivation est localisé dans le tronc cérébral au niveau du plancher du IVème ventricule, à proximité des centres de la déglutition et de la respiration. Les nerfs sécréteurs les plus importants sont parasympathiques : ils émergent du crâne avec les nerfs facial et glossopharyngien et se distribuent à toutes les glandes salivaires. La mise en jeu de la commande nerveuse est avant tout réflexe, les informations buccopharyngées étant véhiculées au centre salivaire par des nerfs sensibles à la composition physicochimique des aliments, aux mouvements des mâchoires et de la langue, ou aux lésions de la muqueuse buccale.

Étym. lat. secretio : séparation, émission

→ salive

séminome de l'ovaire n.m.

seminoma of the ovary

Néoplasme malin de l'ovaire composé de cellules reproduisant l'aspect des cellules germinales.
La tumeur s'accompagne parfois d'un syndrome d'hermaphrodisme vrai ou masculin.
Histologiquement, le séminome est constitué par une prolifération de cellules arrondies ou polyédriques, à cytoplasme clair, formant des amas irréguliers ou des cordons anastomosés. Certains cas sont de malignité réduite, d'autres se généralisent rapidement et donnent des métastases péritonéales, ganglionnaires et viscérales. Cette tumeur est très radiosensible.

Syn. carcinome embryonnaire de l'ovaire, dysgerminome de l'ovaire, germinome, goniome ovarien

→ séminome

sinusoïde hépatique l.m.

liver sinusoid

Capillaire sanguin discontinu, fenêtré, bordant la travée hépatique, limité par une couche de cellules endothéliales aplaties mêlées à quelques cellules de Kupffer et reposant sur une lame réticulinique discontinue.
Sous la lame endothéliale on reconnaît de rares cellules de Ito.

→ hépatocyte, Ito (celule de)

somatostatine n.f.

somatostatin

Peptide médiateur, du groupe des inhibines, sécrété par les cellules neuroendocrines du système nerveux central, l’intestin et le pancréas, qui inhibe la sécrétion de l’hormone de croissance et également d’autres hormones comme le glucagon, l’insuline, la gastrine, le pancréozyme ou le VIP (vasoactive intestinal peptide).
Sa demi-vie étant très courte, de l’ordre de 2 ou 3 minutes, plusieurs analogues, de durée d’action plus longue, sont actuellement synthétisés. La somatostatine hypothalamique est un peptide de 28 acides aminés (somatostatine 28). Dans toutes les autres cellules sécrétrices, la stomatostatine n'a que 14 acides aminés (somatostatine 14). Ces peptides sont synthétisés sous forme d'un propeptide, la prosomatostatine, comportant 92 acides aminés, qu'une protéase clive (après une arginine) en libérant d'abord la somatostatine 28, puis à partir de celle-ci la somatostatine 14, du côté C-terminal. La somatostatine n'est pas à proprement parler une hormone, car elle agit non pas en stimulant un organe, mais au contraire en inhibant un organe cible : d'où le terme de cybernine qui a été proposé pour un tel composé. Elle peut être synthétisée dans de nombreux tissus : dans la muqueuse gastrique, dans les cellules δ du pancréas, dans le cerveau, etc. ; elle peut être sécrétée selon le mode endocrine, mais sa durée de vie dans le sang n'est que de 2 minutes ; elle peut aussi être paracrine, agissant sur une cellule voisine ; elle peut être autocrine, agissant sur des récepteurs de la cellule qui lui donne naissance, comme dans le pancréas ; elle peut encore être une lumone, circulant dans un organe creux comme l'intestin.
Elle est utilisée, sous forme de perfusion veineuse continue, en traitement d’hémorragies digestives actives ou récentes dues à l'hypertension portale, de certaines diarrhées, de fistules intestinales et pancréatiques, du dumping syndrome. Ses dérivés d'action prolongée sont utilisés dans les mêmes indications. Un dérivé de 8 acides aminés, l'octréotide, est employé comme traceur pour identifier les tumeurs endocrines riches en récepteur de la somatostatine.
En ophtalmologie deux analogues sont utilisés dans les rétinopathies diabétiques proliférantes : l’octréotide et le lanréotide.

Sigle SRIH

→ somatomédine, somatostatinome, hypophysiolyse pharmacologique, cybernine, lumone, VIP

sommation spatiale l.f.

spatial summation

Propriété de nombreuses cellules corticales qui additionnent, parfois de façon linéaire, la quantité de stimulation délivrée à l'intérieur de leur champ récepteur.
C'est particulièrement le cas des cellules de type X qui codent ainsi avec une grande précision la position du stimulus. Les cellules de type Y en revanche, ne manifestent pas de propriétés de sommation spatiale : la position précise du stimulus dans leur champ récepteur n'est donc pas codée.

stroma de l'iris l.m.

stroma iridis (TA)

stroma of iris

Couche conjonctivo-vasculaire de l’iris, limitée en avant par l’endothélium irien et en arrière par le muscle dilatateur de la pupille doublé de l’épithélium irien.
Cette couche est formée par un tissu conjonctif lâche contenant les cellules étoilées pigmentaires dont dépend la coloration de l’iris, des cellules-amas situées près de la surface du muscle sphincter de la pupille (grosses cellules rondes fortement chargées de pigments), des vaisseaux entourés d’une adventice épaisse et le muscle sphincter de la pupille.

stroma gonadique (tumeurs du) l.f.p.

non germ cell tumours of the testis, tumours of the gonadal stroma, sex cord and stromal tumours

Tumeurs du testicule nées aux dépens des cellules non germinales : cellules interstitielles de Leydig, cellules de Sertoli.
Elles sont bénignes ou malignes et souvent sécrétantes.
Il peut exister des tumeurs indifférenciées ou des associations de plusieurs types histologiques. Le gonadoblastome associe à la tumeur stromale une prolifération germinale.

→ gonadoblastome

test de Haserick l.m.

Haserick’s test

Test permettant de mettre en évidence dans le plasma de sujets atteints de lupus érythémateux disséminé le facteur LE ou facteur d'Haserick.
Ce test qui démontra le mécanisme de formation des cellules LE n'a plus aujourd'hui qu'une valeur historique. Le sérum du malade, en agissant sur les leucocytes humains ou animaux, induit la formation de cellules de Hargraves ou cellules LE (polynucléaires englobant une volumineuse inclusion homogène). Ce facteur est une variété d'autoanticorps antinucléoprotéines contenue dans les gammaglobulines 7 S.

J. Haserick, dermatologiste et D. Bortz, médecin interniste américains (1949) ; M. M. Hargraves, médecin américain (1948)

→ cellule de Hargraves, cellule LE, lupus érythémateux disséminé

[N3]

Édit. 2015

testicule n.m.

testis ; orchis (TA)

testis

Gonade mâle, paire, située au-dessous du pénis, dans une poche, le scrotum.
Elle a une double fonction : germinative, par maturation des spermatozoïdes, et endocrine, par sécrétion d’hormones mâles, notamment la testostérone. La glande atteignant sa taille définitive à l’âge adulte est entourée de la  tunique albuginée, capsule fibreuse résistante dont une partie épaissie, située dans la moitié antérieure du bord postérieur du testicule, constitue le médiastinum testis d’où partent les septula du testicule qui s’étendent jusqu’à la face profonde de la tunique albuginée, délimitant les lobules du testicule ; ces lobules, de taille irrégulière, sont bien individualisés chez l’enfant ; cette lobulation s’estompe chez l’adulte. Le parenchyme du testicule est constitué par les tubules séminifères contournés et droits ; ils sont séparés par des tractus grêles de tissu conjonctif intralobulaire. Le revêtement épithélial des tubules comprend deux types de cellules : les cellules de Sertoli, épithéliocytes de soutien et les cellules de la lignée séminale (spermatogonies, spermatocytes, spermatides et spermatozoïdes). Les spermatozoïdes sont acheminés jusqu’à l’urèthre par les canalicules efférents du testicule, le canal de l’épididyme, le canal déférent et le canal éjaculateur.

thérapie cellulaire l.f.

cellular therapy

Utilisation chez l'homme de cellules somatiques vivantes, manipulées ou modifiées en leurs caractéristiques biologiques, pour prévenir, traiter, ou atténuer certaines pathologies.
L'utilisation de cellules vivantes peut avoir un but de suppléance (p. ex. hépatocytes en cas d'hépatite fulminante, cellules β-langerhansiennes au cours du diabète insulinodépendant) ou de remplacement (kératinocytes chez les grands brulés).
On distingue des thérapies cellulaires :
- allogéniques (provenant d'un autre individu)
- xénogéniques (provenant d'un animal, le porc le plus souvent).

thromboplastine n.f.

thromboplastin

Complexe enzymatique qui permet d'initier la voie dite extrinsèque de la coagulation, maintenant appelée voie du facteur tissulaire.
Cette activité est composée d'une glycoprotéine, le facteur tissulaire, situé sur une surface phospholipidique chargée, permettant la fixation du facteur VII pour aboutir à son activation et à la formation d'un complexe d'activation, associant facteur tissulaire-facteur VIIa sur une configuration phospholipidique. L'activation des étapes suivantes de la coagulation, activation du facteur X puis génération de thrombine, aboutit à la formation de fibrine.
Cette activité thromboplastine est exprimée constitutivement à la surface de la majorité des cellules qui ne sont pas en contact physiologiquement avec le sang. Dans des conditions pathologiques, l'expression peut être induite à la surface des cellules en contact avec le sang : les monocytes et les cellules endothéliales. Le produit actif est extrait à partir de différents tissus : tissu cérébral, placenta pour réaliser le réactif de base utilisé dans les tests de coagulation étudiant la voie extrinsèque de la coagulation (temps de Quick, temps de prothrombine).

Étym. gr. thrombos : caillot ; plassein : former

Syn. thrombokinase

transcytose n.f.

transcytosis

Transport transcytoplasmique d'un matériel de l'espace extracellulaire d'un bord de la cellule à un autre, par l'intermédiaire d'une vésicule.
En immunologie la transcytose concerne le transport des immunoglobulines polymériques synthétisées par les plasmocytes du tissu conjonctif sous-épithélial vers le pôle apical des cellules épithéliales. Ce terme s’applique aussi à la translocation des antigènes particulaires de la surface muqueuse vers le tissu lymphoïde par les cellules fongiformes des cryptes et des amygdales et les cellules M (microfold) de l’épithélium du dôme des plaques de Peyer.

→ cavéole

transferrine n.f.

transferrin

Glycoprotéine plasmatique (bêta-globuline d’une masse moléculaire de 80kDa) qui transporte du fer depuis les cellules intestinales jusqu’à toutes les cellules de l’organisme qui ont besoin de fer.
Elle permet aussi le recyclage du fer libéré par les hématies, ramené par les macrophages à la moelle osseuse où les érythroblastes font la synthèse de l’hémoglobine. Les macrophages tissulaires (ou cellules réticulo-endothéliales) qui stockent du fer sont les responsables majeurs du recyclage du fer et de sa redistribution à la moelle osseuse pour l’érythropoïèse.
Captée par un récepteur de type II des membranes cellulaires, la transferrine est introduite dans une vésicule dite réceptosome qui l’amène à l’appareil de Golgi où elle cède son fer à une protéine de réserve endogène, la ferritine, puis retourne à la membrane plasmique pour être excrétée dans la circulation sous forme d’apotransferrine. Les transferrines présentent un polymorphisme génétique correspondant à des allotypes différents.
La concentration normale de transferrine dans le plasma humain est comprise entre 2,0 et 4,0 g/L. Elle augmente dans les carences en fer. Elle est légèrement augmentée chez la femme enceinte. Elle diminue dans les syndromes néphrotiques, les malnutritions, les atteintes hépatiques sévères et dans les atransferrinémies d’origine génétique.

Syn.  sidérophiline

→ atransferrinémie, ferritine

| page précédente | /117 | page suivante