Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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involution n.f.

involution

1) En anatomopathologie, substitution des cellules nobles fonctionnelles d’un tissu par des éléments du tissu conjonctif de soutien (fibroblastes, collagène) et par des adipocytes.
Ainsi parle-t-on d'involution adipeuse ou fibro-adipeuse des glandes salivaires, du thymus, de la moelle hématopoïétique.
2) En psychiatrie, conséquence du vieillissement cérébral, ou retour à un état intellectuel antérieur.
À côté de délires paranoïaques comme la paranoïa d'involution dont le pronostic est favorable malgré des rechutes possibles (K. Kleist, 1916), a été surtout décrite la dépression ou plutôt la mélancolie d'involution (E. Kraepelin, 1896).
Chez une femme de la cinquantaine sans antécédents thymiques, dominent le plus souvent une fébrilité anxieuse avec oppositionnisme, des idées de culpabilité, de ruine et hypocondriaques, avec parfois syndrome de Cotard. L'évolution est récidivante et fréquemment de plus en plus rebelle au traitement.
De nombreux facteurs biopsychosociaux jalonnent la crise du milieu de la vie, sans omettre l'éventualité d'une forme unipolaire d'expression tardive.

K. Kleist, neuropsychiatre allemand (1879-1960) ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1856-1926) ; J. Cotard, neuropsychiatre français (1880 et 1882)

Étym. lat. involvere : faire rouler en bas

présénescence

isotrétinoïne n.f.

isotretinoin

Molécule appartenant à la classe des rétinoïdes synthétiques, agissant principalement sur la différenciation des kératinocytes et le volume des glandes sébacées et utilisée comme traitement oral des acnés graves notamment nodulokystiques ou des acnés rebelles aux traitements bien conduits.
Ce médicament, dont l'administration est orale, est responsable de multiples effets secondaires, en particulier d'une tératogénicité sévère, d'hépatite et d'hypercholestérolémie qui en limitent l'utilisation.

Syn. acide 13-cis rétinoïque

trétinoïne

kératite sèche l.f.

keratitis sicca

Kératite ponctuée superficielle liée à une sécheresse oculaire.
Les causes en sont multiples : non fermeture de la fente palpébrale, hyposécrétion lacrymale, maladies générales s'accompagnant d'une atteinte des glandes lacrymales (syndrome de Heerfordt, syndrome de Mikulicz, syndrome de Gougerot-Sjögren), goutte, maladie de Still, ectodermoses pluriorificielles, syndrome de Lyell, syndrome de Stevens-Johnson, pemphigus et pseudopemphigus, avitaminose A et PP, etc.

Syn. kératoconjonctivite sèche

kératokyste cutané l.m.

cutaneous keratocyst

Variété de kyste cutané pouvant se former à la face et sur le cou de sujets atteints du syndrome des hamartomes basocellulaires, contenant un liquide brun épais et parfois quelques poils lanugineux et qui, contrairement aux kystes épidermiques, est délimité sur le plan histologique par une paroi irrégulière et festonnée composée de plusieurs rangées de cellules malpighiennes se kératinisant en l’absence de couche granuleuse.
Il ressemble donc aux kystes maxillaires qui font parfois partie de ce syndrome et pourrait, pour certains auteurs, être apparenté aux kystes de la sébocystomatose, quoique les glandes sébacées fassent défaut dans sa paroi.

R. J. Barr, dermatologiste américain (1986)

kyste amygdaloïde l.m.

branchial cyst, lateral cervical cyst, amygdaloid cyst

Kyste bénin siégeant à la partie antéro-externe du cou et se développant aussi bien sur les vestiges des arcs branchiaux que sur des inclusions embryologiques de glandes salivaires au sein de ganglions cervicaux.
Quelle que soit leur origine, ce sont des kystes de 2 à 5 cm de diamètre, bordés d’un épithélium malpighien régulier kératinisant, stratifié ou pseudostratifié, reposant sur un chorion contenant de très nombreux follicules lymphoïdes, ce qui les a fait improprement appeler amygdaloïdes. Ils contiennent du mucus et parfois des produits de desquamation. Ils doivent être distingués des métastases ganglionnaires à forme kystique d’un épithélioma amygdalien.

Étym. gr. amugdalé : amande

Syn. kyste du sinus cervical, kyste branchial, kyste de la deuxième fente

appareil branchial

kyste bronchogénique l.m.

bronchogenic cyst, bronchial cyst

Malformation due à un développement anormal d'un bourgeon bronchique, entre le 20e et le 40e jour de la vie fœtale.
Les kystes bronchogéniques sont habituellement asymptomatiques chez l'adulte, sauf les kystes paratrachéaux, carénaires ou souscarénaires.
Chez l'enfant et le nourrisson surtout, ils peuvent entraîner dès la naissance une détresse respiratoire avec "wheezing".
La radiographie thoracique révèle une opacité dense le long de l'axe aérien, mais les kystes médians de petite taille pourraient être méconnus si l'on ne pratiquait systématiquement une tomodensitométrie. Elle permet de confirmer le diagnostic, révélant que la densité de la masse est entre 20 et 40 unités Hounsfield ce qui, dans ce dernier cas, peut prêter à confusion avec une tumeur solide.
L'indication opératoire est formelle dans tous les cas. Chez le nourrisson, ce peut être une indication d'urgence devant une détresse respiratoire. Quel que soit l'âge, ces kystes peuvent se fistuliser dans les bronches, ce qui est une complication grave. Lors de l'intervention, on trouve toujours un court pédicule fibreux reliant le kyste à une bronche. Histologiquement la paroi du kyste bronchogénique est constituée de tous les éléments d'une bronche : épithélium cylindrocubique, ilots cartilagineux, fibres musculaires lisses, glandes mucipares. Le kyste contient un liquide mucoïde épais, visqueux, riche en glycoprotéines.
Le kyste bronchogénique peut être également localisé à la peau en regard du manubrium sternal ou de la fourchette sternale, prenant alors l’aspect d’un nodule solitaire congénital

kyste cutané l.m.

cutaneous cyst

Formation pseudotumorale plutôt que véritable tumeur, hémisphérique, bénigne, à évolution lente, d'architecture cavitaire plus ou moins évidente, résultant d'une accumulation ou d'une rétention de kératine ou de substances inertes dans une poche à paroi épithéliale et dont les aspects clinique et histologique varient selon son origine.
Les kystes les plus fréquents sont les kystes épidermiques, dont la plupart prennent en réalité naissance dans l'infundibulum folliculaire et dont le grain de milium est un exemple; ils sont bordés par un épiderme normal et contiennent des lamelles de kératine. D'autres se forment dans les zones profondes du follicule pileux et sont délimités par des rangées de cellules épithéliales qui présentent une kératinisation trichilemmale sans granuleuse : c'est le cas du kyste dit sébacé ou, mieux, kyste trichilemmal. D'autres encore résultent d'altérations des glandes sébacées ou sudoripares, p. ex. ceux de la sébocystomatose, le kyste sudoral, l'hidrocystome.

Étym. gr. kystis : vessie, poche ; lat. cutis : peau

kyste de Naboth l.m.

Naboth's cyst

Kyste rétentionnel des glandes cervicales du col utérin souvent sous tension et généralement situé sous un épithélium métaplasique de séparation.
Il est translucide lorsqu'il est récent, et jaune ivoire lorsqu'il est plus ancien. Il peut entraîner des douleurs sourdes et une dyspareunie, spécialement s'il est infecté. Son ouverture amène la disparition immédiate des douleurs.

M. Naboth, anatomiste allemand (1707)

Syn. œuf de Naboth

kyste dermoïde l.m.

dermoid kyst

Formation kystique congénitale surtout située au front ou dans la région supraorbitale.
Sa paroi est constituée d'un épiderme normal, muni de ses annexes; les glandes sébacées y prédominent souvent. Le centre kystique contient des lamelles de kératine, du sébum et parfois des poils ou du tissu osseux et cartilagineux.

tératome médiastinal bénin

kyste dermoïde orbitaire l.m.

orbital dermoid cyst

Tumeur orbitaire nodulaire, arrondie, adhérente au périoste, au voisinage d’une suture.
Bénigne, congénitale, non douloureuse, de taille variable et de croissance lente, peut pénétrer dans la cavité et se développer, donner une exophtalmie, se mouler aux organes, perforer le tissu osseux, envahir la fosse temporale ou la fosse cérébrale moyenne. Il s’agit de fragments ectodermiques inclus lors du développement embryonnaire, et histologiquement, on trouve au centre de la tumeur une cavité contenant des lipides et des parois faites d’un épithélium malpighien de type cutané (couche cornée vers la cavité), avec ses annexes (poils, glandes sudorales et sébacées).

[J1,P2]

kyste du dos du nez l.m.

nasal dermoïd cyst

Kyste de type dermoïde bordé par un épithélium malpighien kératinisant auquel sont annexés dans le chorion des glandes sudoripares et sébacées ainsi que des follicules pileux.
Ce kyste siège sous la peau de l’arête nasale, s’insère entre les os propres du nez et peut remonter vers la région dure-mérienne. Il peut communiquer avec l’extérieur, à son extrémité inférieure, par un orifice fistuleux médian.

kyste épidermoïde du médiastin l.m.

mediastinal epidermal cyst

Kyste bordé par un épithélium de type cutané, mais sans phanères ni glandes, s'opposant ainsi aux kystes dermoïdes.

kyste muqueux l.m.

mucous retention cyst

Formation cavitaire remplie de mucus correspondant à la dilatation d'une ou plusieurs glandes muqueuses.
Leur histogénèse est discutée : il peut ne pas s'agir d'un simple phénomène rétentionnel. Dans la région vulvaire, surtout le vestibule, de tels kystes apparaissent de la puberté à la ménopause, sous l'influence des œstrogènes : leur exérèse peut être indiquée par la gêne fonctionnelle qu'ils entraînent. On peut aussi en observer sur les lèvres et la langue.

Étym. gr. kustis : vessie

lactation n.f.

lactation

Sécrétion suivie d'excrétion du lait par les glandes mammaires.
Elle s'installe dans les suites de couches, en général à partir du 3e jour. Elle est entretenue par la succion du mamelon par le nouveau-né, entraînant un réflexe de vidange impliquant la glande posthypophyse par l'intermédiaire des cellules myoépithéliales périacineuses.

lactose-synthétase n.f.

lactose synthetase

Enzyme catalysant la synthèse du lactose par transfert du galactose, apporté sous forme d'UDP-galactose, sur le glucose.
Cet enzyme présent dans les glandes mammaires en lactation est constitué de deux protéines : l'α-lactalbumine et une galactosyl-transférase ; il agit en présence d'ions Mn2+.

Laffer-Ascher (syndrome de) l.m.

Ascher syndrome’s

Blépharochalasis bilatéral avec saillie de la graisse orbitaire et protrusion des glandes lacrymales, dédoublement de la lèvre supérieure et goitre euthyroïdien inconstant.
L’affection est autosomique dominante (MIM 109900).

W. B. Laffer, ophtalmologiste américain (1909) ; W. B. Ascher, ophtalmologiste américain (1920)

Syn. blépharochalasis et double lèvre

Lafora (maladie de) l.f.

Épilepsie myoclonique progressive caractérisée histologiquement par la présence d'inclusions tissulaires spécifiques : les corps de Lafora.
Sa distribution est sporadique ou en foyers (Europe du sud, Afrique du nord, Inde). Facilitée par la consanguinité, sa transmission s'effectue selon le mode autosomique récessif.
Le début survient entre 11 et 18 ans : crises généralisées tonicocloniques, myoclonies, associées à des crises partielles visuelles. L'affaiblissement intellectuel est précoce, constant, grave et rapidement progressif. À l'EEG : décharges de pointes-ondes et de polypointes-ondes spontanées, généralisées ; puis détérioration du tracé de fond et décharges focalisées (occipitales) ; très nette photosensibilité.
Le diagnostic est confirmé par la biopsie cutanée : formations arrondies, ovalaires, de quatre à huit μm, PAS+, correspondant à des particules glycogéniques, retrouvées dans les canaux excréteurs des glandes sudoripares eccrines.
Le décès intervient deux à dix ans après le début de la maladie.
Dans 98% des cas on détecte une mutation des gènes EPM2A (71´% des cas) ou EPM2B (27% des cas); les patients porteurs de la mutation EPM2B sont atteints de façon moins sévère.

G. Lafora, neuropathologiste espagnol (1911)

Unverricht et Lundborg (syndrome de), EPM2A, EPM2B

lait n.m.

milk

1) En biologie, liquide aqueux de sécrétion des glandes mammaires en activité.
La composition du lait humain est la suivante : par litre, protéines 10 à 16 g, lactose (et oligosides) 70 g, lipides 37 à 44 g, Cl- 0,4 g, PO4H2- 0,4 g, Na+ 0,2 g, K+ 0,5 g, Ca2+ 0,3 g.
Celle du lait de vache : protéines 34 g, lactose 48 g, lipides 36 g, Cl- 1 g, phosphate 3 g, Na+ 0,7 g, K+ 1,4 g, Ca 2+ 1,3 g.
2) En pharmacie, expression critiquable mais classique pour une émulsion stable telle qu’en fournit l’addition d’eau à une graine pulvérisée (lait d’amande, de soja).
3) En dermatologie et en cosmétologie, émulsion fluide qui se présente sous deux types : soit lait nettoyant destiné à être ôté lors de la toilette et utilisé surtout pour le visage (lait démaquillant) ; soit lait hydratant que l'on fait pénétrer par massage, très utilisé pour les produits à usages corporels tels que hydratants, amincissants, antisolaires, etc.
Les laits de toilette sont enlevés par application de lotions dites toniques.

lait maternel l.m.

maternal milk

Liquide physiologique sécrété par les glandes mammaires de la femme mère.
Il constitue l'aliment spécifique complet et adapté aux besoins de la croissance du nouveau-né et du nourrisson. Il contient les anticorps maternels qui protègent le nouveau-né contre les infections. Il transmet a contrario certains médicaments, microbes ou virus, le virus VIH par exemple, préjudiciables à l'enfant.

larme n.f.

tear

Liquide aqueux, salé, sécrété par les glandes lacrymales.
Sa composition est la suivante : par litre, protéines 7 g, glucose 0,6 g, Cl_ 4 g, Na+ 4,5 g, K+ 1 g. Le pH des larmes est voisin de celui du plasma sanguin. Parmi les protéines, on trouve du lysozyme qui peut jouer un rôle antiseptique. La sécrétion de larmes est normalement d'environ 50 µL/h.

Étym. lat. lacryma : larme

larmes de crocodile (syndrome des) l.m.

crocodile tears syndrome

Apparition d'un larmoiement abondant, le plus souvent unilatéral, survenant lors de la mastication ou du simple réflexe gustatosalivaire, observé dans certaines paralysies faciales périphériques en voie de régression ou au stade des séquelles.
Ce phénomène, qui correspondrait à un défaut de réparation d'une lésion située en amont du ganglion géniculé, serait lié à une génération anormale du nerf facial dont les fibres destinées aux glandes salivaires seraient orientées vers la glande lacrymale. Il peut aussi s'associer aux larmes des syncinésies palpébrales paradoxales. Il doit être distingué de l'ectropion paralytique observé en phase paralytique aigüe.

F. A. Bogorad, neuropathologiste russe (1928)

Syn. syndrome de Bogorad

Bogorad (syndrome de)

Latrodectus

Latrodectus
Araignée de un à deux centimètres, très venimeuse ("veuve noire"), dont la morsure est réalisée par les chélicères (ou crochets mobiles) reliés aux glandes à venin.

lithiase salivaire l.f.

salivary lithiasis

Formation et présence de calculs, généralement composés de phosphates de calcium, dans les canaux excréteurs des glandes salivaires, principalement dans la sous-maxillaire, plus rarement dans la parotide ou la sublinguale.
Elle se manifeste par une hernie et ou par une colique salivaire.

colique salivaire, calcinose salivaire, calcul salivaire, parotidite calcifiante

lithogénèse n.f.

lithogenesis

Formation de calculs.
La lithogénèse dans les voies biliaires est favorisée par la concentration de la bile dans la vésicule, mais aussi par les infections bactériennes. La lithogénèse dans les voies urinaires résulte de la concentration de sels peu solubles comme les urates, les oxalates ou les phosphates de calcium. Une lithogénèse peut aussi se produire dans les canaux pancréatiques ou dans les glandes salivaires.

lymphome angiotrope l.m.

angiotropic lymphoma, intravascular large B-cell lymphoma (IVLBCL)

Prolifération maligne lymphomateuse dans la lumière des petites artères, veines et capillaires d'un ou plusieurs organes, en particulier du système nerveux central, de la peau et des glandes endocrines, les lésions cutanées se caractérisant par des plaques violacées et des nodules sous-cutanés plus ou moins disséminés ou des lésions purpuriques  ou télangiectasiques avec la présence dans les vaisseaux dermiques distendus de nombreux lymphocytes atypiques en mitose.
Les lésions sont plus souvent situées sur les membres inférieurs et le tronc.
Il s'agit habituellement de lymphomes diffus B à grandes cellules et exceptionnellement de lymphomes T. Entité rare, dont le pronostic est souvent très réservé, notamment à cause d'un retard habituel du diagnostic, ce processus tumoral était précédemment considéré comme une prolifération maligne diffuse de l'endothélium vasculaire, également dénommée angio-endothéliomatose proliférante systématisée.

L. Pflegger et J. Tapppeiner, dermatologistes autrichiens (1959) ; A. S. Freedman, médecin américain (2015)

Syn. angio-endothéliomatose proliférante systématisée, lymphome intravasculaire

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