luxation antéro- médiale de l'épaule l.f.
anterior shoulder dislocation
Perte complète des rapports normaux entre les surfaces articulaires de la cavité glénoïde de la scapula et la tête humérale, celle-ci se déplaçant en avant et en dedans dans des positions différentes en fonction de la direction du traumatisme et son intensité.
La luxation antéro-médiale survient après une chute sur la main, coude étendu, plus rarement après un choc direct. La tête humérale est déplacée en avant et en dedans en position latéro-, infra- ou médio-coracoïdienne, voire même sous claviculaire ; les lésions anatomiques sont d’autant plus importantes que le déplacement est plus important : désinsertion antéro-inférieure du labrum glénoïdien (lésion de Bankart) selon différentes modalités, fractures du rebord antéro-inférieur de la glène.
Le blessé se présente bras en abduction irréductible et en rotation latérale. Sa mobilisation est douloureuse. L’épaule a perdu son galbe : les téguments tombent verticalement depuis l’acromion saillant sous la peau (signe de l’épaulette) et il existe une encoche sous-deltoïdienne (coup de hache latéral,). La cavité glénoïde est vide et la tête humérale perçue en avant. Le sillon delto-pectoral est effacé.
Les complications immédiates sont à rechercher : lésion du nerf circonflexe (n. axillaris) par l’examen de la sensibilité du moignon de l’épaule, lésion des racines supérieures du plexus brachial, lésions vasculaires, fracture associée du tuberculum major ou du rebord antérieur-inférieur de la glène par des radiographies (incidence de Bernageau ou de Garth) ou un scanner.
La réduction doit être aussi précoce que possible sous analgésie ou anesthésie générale, suivie d’immobilisation par une attelle coude au corps.
Les complications : fracture associée, lésions musculaires, instabilité résiduelle… peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Les complications secondaires, fréquentes (instabilité de l’épaule, luxation récidivante, arthrose) sont fonction du nombre de luxations et incitent à stabiliser chirurgicalement l’épaule au bout de quelques épisodes (intervention de Bankart ou de Latarjet).
A. S. Blundell Bankart, chirurgien britannique (1938)
Syn. luxation gléno-humérale, luxation scapulo-humérale
→ Bankart (lésion de), Bankart (opération de), Latarjet (opération de)
[I2]
lymphangio-léiomyomatose pulmonaire l.f.
pulmonary lymphangiomyomatosis
Hamartomatose multifocale avec prolifération de fibres musculaires lisses immatures histologiquement bénignes dans les parois alvéolaires, autour des bronchioles, des vaisseaux et des nœuds lymphatiques.
Maladie rare qui s'observe chez la femme entre 15 et 45 ans. La dyspnée est le maitre signe. Le chylothorax est souvent abondant et bilatéral. Le pneumothorax fréquent peut s'y associer. Radiologiquement, des opacités diffuses réticulées et kystiques accompagnent ou non selon les cas un épanchement pleural. La TDM en coupe mince montre bien les kystes à parois fines, nombreux souvent coalescents. L'évolution se fait en 2 à 10 ans. Les formes graves font discuter la transplantation pulmonaire.
Des atteintes extra-pulmonaires peuvent être observées : ascite chyleuse, lymphœdème des membres inférieurs, angiomyolipomes rénaux, chylurie.
lysozymurie n.f.
lysozymuria
Présence ou concentration du lysozyme dans l'urine.
L'urine humaine normale contient des traces de lysozyme (0 à 2 mg/j.), car il est absorbé par les cellules tubulaires des reins. La lysozymurie peut être signe d'une affection des tubules rénaux.
Lyssavirus
Lyssavirus
Genre de virus à ARN , de la famille des Rhabdoviridae.
Les Lyssavirus comprennent notamment l’agent de la rage.
→ rage
main étrangère (signe de la) l.f.
foreign hand sign
Impossibilité pour un patient de reconnaître sa main gauche comme étant sienne lorsqu'il se tient les deux mains derrière le dos, alors qu'il n'y a aucune erreur sous contrôle visuel.
Signe décrit par Brion et Jédynak (1972), qui le considèrent comme lié à une asomatognosie particulière, élective pour le tact, observée dans les déconnexions calleuses.
→ apraxie calleuse, apraxie diagonistique, asomatognosie
maladie de Canavan l.f.
Canavan's disease
Leucodystrophie transmise selon le mode autosomique récessif, surtout rencontrée dans la population juive et au Japon.
Dans sa forme infantile, la plus fréquente, une encéphalopathie progressive débute au cours de la première année, avec apathie, difficultés alimentaires, puis arrêt des acquisitions psychomotrices, convulsions possibles et syndrome pyramidal. Une mégaencéphalopathie progressive est observée dans plus de la moitié des cas. Des signes oculaires sont assez fréquents : cécité, nystagmus, atrophie optique, perte du réflexe photomoteur (inconstant), mouvements oculaires anormaux.
Une rigidité de décérébration terminale apparaît autour de 4 ou 5 ans, rarement plus tard, jusqu'à la trentaine.
Le diagnostic ne peut être affirmé que par l'anatomie pathologique, qui montre une spongiose diffuse par œdème intramyélinique et des mitochondries anormales dans les astrocytes, sans que soit prouvée actuellement une origine mitochondriale.
Un déficit en asparto-acylase, à la base du catabolisme de l'acide N-acétylaspartique fortement concentré dans le cerveau mais de fonction précise inconnue, constitue un signe important.
Le dosage de cet acide dans les villosités choriales en vue du diagnostic prénatal est impossible car les taux sont trop bas. Une vérification anatomique est nécessaire lors d'un décès dans la famille.
Myrtelle May Canavan, neuropathologiste américaine (1931)
Syn. idiotie amaurotique par dégénérescence spongieuse du névraxe (L. van Bogaert, neurologue belge (1949), dégénérescence spongieuse du système nerveux central, déficit en aspartoacylase, ASPA déficit, ASP déficit, déficit en amino-acylase-2, ACY2 déficit
[H1,Q2]
maladie des chaînes gamma l.f.
γ heavy chain disease
Gammopathie monoclonale des gens d’âge marquée par une altération de l’état général, une hypertrophie ganglionnaire généralisée, une hépatosplénomégalie et une anémie.
Un œdème palatin, signe caractéristique, est lié à une hypertrophie de l’anneau de Waldeyer. L’infiltration lymphoplasmocytaire secrète l’immunoglobuline incomplète composée de fragments de chaînes lourdes γ indemnes de chaînes légères que l’on identifie dans le sérum et les urines. Des désordres auto-immuns sont fréquemment associés.
E. C. Franklin, médecin interniste américain (1964)
Syn. Franklin (maladie de)
maladie du cri du chat l.f.
cat cry disease, Lejeune's syndrome
Affection chromosomique humaine caractérisée par un cri aigu et plaintif comparé à un miaulement et une arriération mentale.
Dû à une réduction du larynx, ce signe pathognomonique, constaté chez le nourrisson, disparaîtra vers trois ans, mais la voix conservera un registre aigu. S'y associe un syndrome dysmorphique : microcéphalie, hypertélorisme, micrognathie, repli épicanthique, obliquité descendante des fentes palpébrales, strabisme divergent. L'arriération mentale est constante et profonde (QI entre 20 et 50).
La maladie apparaît le plus souvent de novo. Elle est liée à une délétion totale ou partielle du bras court du chromosome 5 plus ou moins importante, généralement simple, en 5q15.2, La gravité de la maladie est fonction de l’importance de la délétion. Elle emporte le gène TERT (Telomerase Reverse Transcriptase) codant pour la sous-unité transcriptase inverse qui assure, avec l’autre sous-unité TERC (Telomerase RNA Component) la réparation du télomère.
J. Lejeune, R. Turpin, pédiatres et généticiens français, membres de l'Académie de médecine (1963)
[Q2]
manie l.f.
mania
La manie est un état révélateur d’un dérèglement de l’humeur manifesté par une excitation psychique et motrice euphorique.
La crise maniaque est reconnaissable par la présentation souvent inadaptée (logorrhée, jeux de mots, fuite des idées ), le comportement inhabituel de la personne (hypersexualité, dépenses inconsidérées, décisions incongrues), les symptômes psychiques (tachypsychie, hypersyntonie à l’environnement, euphorie ), moteurs (hyperactivité), somatiques(sensation de chaleur, réduction du temps de sommeil sans sensation de fatigue ). Le malade éprouve un agréable sentiment de bien-être et un optimisme que rien ne peut altérer.
L’état maniaque génère des conduites à risques : il peut être cause d’accident plus ou moins grave. L’hyperactivité de l’état maniaque est improductive en raison de la fuite des idées ce qui distingue cet état de l’hypomanie (forme mineure de manie ).
L’épisode maniaque dure spontanément quelques mois : il signe l’existence d’une maladie bipolaire qui évoluera avec des accès du même type et des accès dépressifs. Certaines manies sont sous formes cliniques particulières : manie furieuse, manie délirante, manie hallucinatoire.
Cette pathologie ne doit pas être confondue avec des états mentaux à type de syndrome frontal causés par une pathologie tumorale, vasculaire, endocrinienne ( syndrome de Cushing)
Le traitement de la manie repose sur l’isolement ( mise au calme pour réduire les stimulations ) et les médications antimaniaques (sels de lithium et antipsychotiques de deuxième génération).
Historiquement le terme manie désignait l’aliénation mentale brutale (Hippocrate) d’évolution cyclique (Galien). Pinel a repris ce terme (1800) pour désigner une « excitation nerveuse par lésion d’une ou plusieurs fonctions de l’entendement avec des émotions gaies ou tristes, extravagantes ou furieuses ». Esquirol (1838) a séparé manie (« exaltation de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté ») et monomanies ou délires partiels exprimant une passion exaltée (lypémanie, érotomanie, dipsomanie..)
P.Pinel,psychiatre français (1800), J.E.Esquirol, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1772-1840)
Étym. lat. mania : folie
→ lypémanie, virage maniaque, syndrome frontal, maladie bipolaire, logorrhée, syntonie, hypomanie, Cushing (troubles psychiques du syndrome de), lithium, antipsychotique, lypémanie, érotomanie, dipsomanie
[H3]
Édit. 2019
mastocytome n.m.
mastocytoma
Prolifération intradermique circonscrite bénigne de mastocytes, exceptionnelle, survenant habituellement chez l'enfant ou le nouveau-né, se présentant typiquement comme un nodule unique, rouge, parfois pigmenté, avec un signe de Darier positif.
L'exérèse ou la biopsie permet de mettre en évidence un infiltrat dermique dense de mastocytes. Il ne s'y associe habituellement pas d'autre atteinte de mastocytose.
F. J. Darier, dermatologiste français, membre de l’Académie de Médecine (1856-1928)
Étym. mastocyte : francisation du mot allemand mastzellen ; all. mast :graisse ; gr. cutos, cellule ; -ome : suffixe indiquant la tumeur
mastocytose télangiectasique l.f.
telangiectasia macularis eruptiva perstans
Forme rare de mastocytose cutanée caractérisée par la survenue de nombreuses macules érythémateuses présentant en leur centre de fines télangiectasies et ne comportant pas de signe de Darier.
L'examen histologique montre un infiltrat dermique constitué de mastocytes reconnaissables à leurs granulations métachromatiques colorées en rouge par le bleu de toluidine.
Étym. mastocyte : francisation du mot allemand mastzellen ; all. mast :graisse ; gr. cutos, cellule ; têlê : loin ; angeion : vaisseau ; ektasis : dilatation
MacIntosh (test de) l.m.
MacIntosh test
Manœuvre clinique permettant d'apprécier une instabilité antérolatérale du genou par lésion du ligament croisé antérieur.
Le genou d'abord placé en extension est porté progressivement en flexion avec valgus et rotation interne du tibia. Le plateau tibial latéral se subluxe en avant en légère flexion puis se réduit en flexion plus accentuée avec une sensation de ressaut.
Lemaire (signe de), jerk test
R. D. Galway et D. L. MacIntosh, chirurgiens canadiens (1972) ; M. Lemaire, chirurgien français (1967)
mélanome métastatique d'emblée l.m.
Mélanome dont le premier signe clinique est l'apparition de métastases d'emblée, comme une adénopathie ou des métastases viscérales hépatiques, cérébrales ou autres.
Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur : methistêmein : changer de place
mélanonychie n.f.
melanonychia
Pigmentation mélanique linéaire longitudinale brune ou noire de la tablette et/ou du lit de l'ongle, produite par les mélanocytes de la matrice unguéale.
Elle peut correspondre à une mélanose sous-unguéale, secondaire soit à une stimulation des mélanocytes (frictions répétées, toxidermies pigmentogènes, maladie d'Addison), soit à un accroissement du nombre des mélanocytes (races noire et asiatique, nævus nævocellulaires, lentigos). Mais elle est parfois la représentation clinique d'un mélanome subunguéal qui peut s'étendre au repli sus-unguéal (signe de Hutchinson). Certains auteurs incluent dans les mélanonychies les pigmentations brunes ou noires d'origine non mélanique, professionnelles (teintures), médicamenteuses (nitrate d'argent), infectieuses (dermatophytes, Proteus mirabilis), endogènes (porphyrie cutanée tardive, gangrène), etc.
Étym. gr. melas, melanos : noir ; onyx : ongle
méningé (syndrome) l.m.
meningeal syndrome
Association d'une céphalée et d'une raideur particulières, souvent accompagnées d'un syndrome général infectieux.
Liée surtout à une hyperpression intracrânienne, la céphalée est intense, permanente, accentuée par la lumière (photophobie), la toux, la poussée abdominale, la flexion de la nuque. Alliée à des rachialgies et à une hyperesthésie diffuse, elle suscite souvent l'opposition du patient à l'examen. Des vomissements sont fréquents. La raideur méningée peut se traduire d'emblée par une position spontanée particulière, surtout "couchée en chien de fusil". Les essais de flexion manuelle de la nuque entraînent une forte résistance douloureuse. Celle-ci se retrouve lors de la manœuvre de Kernig dans la tentative d'extension de la jambe dès lors que la cuisse a été préalablement fléchie sur le bassin. De plus, le patient ne peut s'asseoir sans fléchir les genoux. Le signe de Brudzinski est une flexion involontaire des membres inférieurs quand on tente de fléchir la nuque, ou une flexion du membre controlatéral lors de la flexion passive sur le bassin d'un membre inférieur étendu.
Ce tableau clinique nécessite la recherche de signes de gravité. Une ponction lombaire doit être effectuée. En fonction du contexte, une hémoculture se montre souvent indispensable.
J . Brudziñski, pédiatre polonais, (1909), V. W. Kernig, neurologue allemand de la Baltique russe (1882)
Étym. gr. mêningx : membrane
→ Brudziñski (signe de), Kernig (signe de)
microangiopathie cérébrale et rétinienne l.f.
microangiopathy with encephalopathy, hearing loss and retinal arterial occlusion, retinocochleocerebral arteriopathy
Affection très rare touchant la femme jeune, de cause inconnue, caractérisée par la présence de multiples petits infarctus disséminés dans le cerveau, la périphérie de la rétine et l'oreille interne, associés à une sclérose de la média et de l'adventice des artérioles cérébrales et méningées.
Cliniquement, la maladie se manifeste par une encéphalopathie subaigüe avec troubles psychiques, altérations de la mémoire, syndrome démentiel et parfois signes focaux. S'y associent une surdité de perception bilatérale et une baisse de l'acuité visuelle. L'IRM objective des micro-infarctus situés dans la substance blanche. L'angiographie cérébrale est normale. Il n'existe aucun signe clinique ni paraclinique de vascularite systémique. Le diagnostic est évoqué sur l'angiographie rétinienne. Le traitement repose sur l'association corticoïdes-immunosupresseurs.
J. O. Susac, neuro-ophtalmologiste américain (1979)
Étym. gr. micros : petit ; angeion : vaisseau ; pathos : maladie
Syn. encéphalopathie rétinocochléaire, syndrome de Susac
miction ombilicale l.f.
Évacuation mictionnelle anormale de la vessie par l'ombilic, signe pathognomonique d'une fistule ouraquienne.
Étym. lat. mictio de mingerer : uriner ; umbilicus : nombril, point central
miroir (signe du) l.m.
mirror sign
Tendance du patient à longuement et fréquemment contempler sa propre image, qui répond également à son interrogation angoissée sur la désorganisation de sa vie mentale à travers la physionomie et l'expression du regard (T. Abely et A. Delmas).
Plus caractéristique chez les garçons, cette aliénation de l'image spéculaire rencontrée en période féconde psychotique, surtout schizophrénique, traduit la dépersonnalisation et la perte de l'identité.
Signe et stade du miroir ont été rapprochés par certains, à la recherche d'une rencontre entre la clinique et la psychopathologie.
P. Abely (1927 et 1930), F. Achille-Delmas (1929), psychiatres français
Étym. lat : mirari : s’étonner
Modic (stades de) l.m.p.
Modic’s types
Classification en trois types (ou stades) des remaniements du tissu spongieux vertébral paradiscal observés en IRM lors des discopathies.
- Type 1, œdémateux : hyposignal en T1 (noir), hypersignal en T2 (blanc), témoin d’une réaction inflammatoire avec œdème et hypervascularisation, signe peu spécifique qui s’observe dans les discopathies d’évolution rapide, les instabilités, les discopathies inflammatoires, infectieuses … Les chirurgiens en tiennent compte avant une éventuelle arthrodèse ou prothèse discale.
- Type 2, graisseux : hypersignal en T1 (blanc) et en T2 (blanc), témoin d’une involution graisseuse de la moelle osseuse. Il constitue le plus souvent l’évolution naturelle du stade 1. Il indique une absence d’évolutivité et se voit dans les arthrodèses fusionnées.
- Type 3, scléreux : hyposignal en T1 (noir) et en T2 (noir), témoins d’une ostéocondensation en regard d’une discarthrose déjà évoluée.
Cette description, décrite à l’époque avec des séquences T1 et T2 en écho de spin classique est schématique, notamment avec les séquences actuelle comportant une suppression du signal de la graisse. Il existe des signaux asymétriques ou intriqués et des états intermédiaires entre les types 1 et 2 et, si l’évolution est fréquente du type 1 vers le type 2, elle peut rester stable pendant longtemps.
M. T. Modic, médecin radiologue américain (1988)
[A1,Q2,B1,B2,B3]
Édit. 2018
moelle (syndrome de complète de la) section l.m.
syndrome of total transverse lesion of the cord
Interruption de l'ensemble des fonctions médullaires dans les territoires situés au-dessous du niveau lésionnel liée à une blessure, une hémorragie intramédullaire, une contusion ou une commotion.
En période aigüe, principalement dans le "choc spinal" d'origine traumatique, elle comporte une para- ou quadriplégie d'apparition brutale, flasque, massive, avec surtout hypotonie majeure, abolition des réflexes ostéotendineux, déficit sensitif sous-jacent, pouvant intéresser toutes les sensibilités, troubles sphinctériens et trophiques majeurs. Chez le patient survivant, après ces signes dits négatifs, s'installent notamment, en quelques semaines, des signes dits positifs ou de libération pyramidale, avec hypertonie spastique, exagération des réflexes ostéo-tendineux, signe de Babinski et automatisme médullaire.
En revanche, de simples commotions peuvent s'améliorer rapidement.
Étym. medulla : moelle, de medius : milieu, au centre
monosomie n.f.
monosomia
Anomalie rare consistant en la perte d’un chromosome ou d’un segment de chromosome dans une cellule diploïde.
Le chromosome manquant ou remanié est indiqué, dans le caryotype, précédé du signe - , par exemple 45, XX, -21. Le syndrome de Turner est une monosomie X (45XO dans la moitié des cas).
Les monosomies totales sont habituellement létales. Les monosomies partielles sont dues à des délétions, pertes d’une partie du chromosome. La ou les cassures se font en une zone fragile du chromosome. La délétion peut être intercalaire ou terminale. Le segment détaché peut être perdu ou, par translocation, se placer sur une autre zone ou un autre chromosome. Selon la longueur du segment, le nombre et l’importance des gènes intéressés, la délétion provoquera un syndrome plus ou moins complexe et des phénotypes différents.
Étym. gr. monos : un ; sôma : corps
→ délétion, trisomie, haploïdie, translocation, syndrome de Turner
[Q1]
Édit. 2019
monosomie 4p l.f.
4p monosomy syndrome
Délétion partielle du bras court du chromosome 4, caractérisée morphologiquement par une hypotrophie sévère, une encéphalopathie profonde, une microcéphalie, un visage en casque de guerrier grec et des malformations squelettiques et viscérales multiples .
La microcéphalie et l'arriération mentale sont très prononcées ; il existe des bosses frontales marquées et parfois un défaut médian du cuir chevelu. Le front est haut et ridé lors des pleurs (hypertonie des muscles peauciers). La glabelle est large et présente parfois un hémangiome, les sourcils sont peu fournis et le nez a les bords rectilignes et parallèles avec une racine de même largeur que la pointe. Les cavités orbitaires, petites, les globes saillants avec un ptosis ou une rétraction unilatérale de la paupière supérieure peuvent être associés à un signe de Marcus Gunn, un strabisme, un nystagmus, une myopie, des voies lacrymales non perméables, un embryotoxon postérieur, un syndrome de Peters, un colobome irien, une ectopie pupillaire et une cataracte. D'autres malformations: ostéo-articulaires (retard des croissance, clinodactylie, anomalies vertébrales, pied bot), génitales (hypospadias, cryptorchidie,), cardiaques (CIA), rénales (hypoplasie), une surdité accompagnent ce syndrome. Des anomalies cérébrales sont décelables par IRM.
La prévalence est de deux filles pour un garçon. Il s'agit 9 fois sur dix de délétions de novo en 4p16.1 le plus souvent d’origine paternelle. D’autres altérations du chromosome 4 donnent un tableau clinique très voisin : microd’létion en 4p16.3 (syndrome de Pitt-Rogers-Danks), chromosome 4 en anneau, translocation t(4 ;10), isolées par caryotype ou cytogénétique moléculaire.
U. Wolf, médecin généticien allemand (1965) ; K. Hirschhorn, pédiatre et généticien américain (1965) ; D. B. Pitt, J. G. Rogers et D. M. Danks pédiatres et généticiens australiens (1984) ; A. Peters, ophtalmologiste allemand (1906)
Étym. gr. monos : un, unique ; sôma : corps
Syn. syndrome de Wolf-Hirschhorn
→ Gunn (signe de Marcus), Peters (anomalie de), Pitt-Rogers-Danks (syndrome de)
mort cérébrale l.f.
cerebral death
Etat d’un sujet qui, après avoir été soumis à une réanimation médicale, présente une inconscience totale caractérisée par :
- l’absence de respiration spontanée qui n’est entretenue que par un appareillage,
- l’abolition de tout réflexe avec hypotonie et mydriase fixe,
- le tracé électro-encéphalographique plat malgré les stimulations artificielles,
- la persistance de ces phénomènes étant constatée pendant une longue durée jugée suffisante en fonction des circonstances d’apparition.
Cet état irréversible permet de déclarer la mort du sujet et éventuellement de procéder à des prélèvements d’organes.
Un seul de ces quatre éléments ne suffit pas pour affirmer la mort cérébrale.
Ce diagnostic doit être porté en dehors de toute circonstance étiologique comportant un surdosage par les médicaments dépresseurs du système nerveux central ou une hypothermie profonde.
Le certificat de décès doit être signé par le médecin dès qu’est porté le diagnostic de mort cérébrale et les éventuels prélèvements d’organes ne peuvent être pratiqués qu’ensuite.
Le terme « mort cérébrale » expose à moins de confusion que celui de « coma dépassé » qui a l’inconvénient d’être parfois utilisé à mauvais escient pour désigner des comas d’une profondeur extrême ou d’une irréversibilité avérée, mais qui n’ont pas la signification précise et grave de la mort cérébrale.
[E3, G1, H1]
Édit. 2019
moule urétéral l.m.
ureteral clot
Caillot sanguin organisé, cylindrique, moulant la forme de l'uretère, dont la présence au sein d'une hématurie macroscopique signe son origine rénale ou urétérale.
mouvement actif du fœtus l.m.
fetal movement
Mouvement effectué par le fœtus in utero et pouvant être ressenti par la mère, enregistré ou visualisé en échographie bien avant sa perception par la mère, vers la 18e semaine de grossesse.
Le compte des mouvements fœtaux est une méthode simple et efficace d'appréciation de la vitalité fœtale. Une baisse des mouvements actifs peut être un signe de souffrance fœtale et doit amener à pratiquer un contrôle de la vitalité fœtale par un enregistrement du rythme cardiaque fœtal.
mouvement respiratoire du fœtus l.m.
fœtal respiratory movements
Mobilisation de la cage thoracique du fœtus, sans hématose pulmonaire puisque le poumon fœtal n'est pas fonctionnel.
Ils apparaissent précocement, dès la 10e semaine de grossesse, et représentent un signe de bien-être fœtal. D'abord continue, l'activité respiratoire devient intermittente, à 30% du temps à terme, puis disparaît au cours du travail.