Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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immunosénescence n.f.

Ensemble des changements du système immunitaire liés à l’avancée en âge.
L’immunosénescence explique la plus grande susceptibilité aux infections, la réduction des réponses  vaccinales ainsi que la plus grande fréquence des néoplasies de l’adulte âgé. Elle intervient à la fois sur l’immunité innée (réduction du nombre/fonction des monocytes, cellules NK et cellules dendritiques) et sur l’immunité acquise (altération de la production d’anticorps par interaction entre cellules B et T). Les mécanismes exacts qui président à l’immunosénescence sont encore mal connus, cependant certains phénomènes apparaissent évidents comme l’involution thymique, la constante stimulation antigénique principalement attribuée à la persistance de virus de type herpes ou CMV, aux dysfonctionnements des signaux de transduction ainsi qu’à la sous-nutrition protéino-énergétique. Pourtant, il n’est pas encore possible d’affirmer que ces modifications sont partie intégrante du vieillissement physiologique ou constituent un phénomène pathologique
Le raccourcissement des télomères est observé au cours de la sénescence. Les télomères courts sont associés à un risque plus élevé de maladies liées à l’âge.

→ télomère

immunostimulant n.m.

immunostimulant

Substance qui augmente les réponses immunitaires. Ces substances sont très hétérogènes par leur origine, leur structure biochimique et leurs propriétés biologiques.
La plupart d’entre elles induisent la biosynthèse de cytokines (interféron de type I, TNF, IL-12) et augmentent l’expression des molécules adhésives intercellulaires.
Lorsqu’ils sont associés à l’antigène, ces immunostimulants peuvent avoir un effet adjuvant. Lorsqu’ils sont administrés isolément, on suppose qu’ils sont susceptibles d’augmenter une réponse immunitaire inefficace ou moins efficace en leur absence. Les immunostimulants ont été essayés dans l’immunothérapie non spécifique des cancers et de façon plus ou moins empirique, dans le traitement des infections respiratoires récidivantes en l’absence de déficit immunitaire caractérisé.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunosuppresseur n.m.

immunosuppressor

Substance diminuant ou supprimant la réponse immunitaire.
Tous les médicaments génotoxiques et les antimétabolites utilisés dans le traitement des leucémies et des cancers sont des immunosuppresseurs. Les agents alkylants (cyclophosphamide, melfalan, chlorambucil) sont utilisés comme immunosuppresseurs dans les formes sévères de maladies auto-immunes bien qu’ils soient tératogènes et mutagènes. Les inhibiteurs du métabolisme des purines et des pyrimidines, sont largement utilisés comme immunosuppresseurs chimiques (azathioprine, méthotrexate, mycophénolate mofétyl, déoxyspergualine). Les ligands des immunophilines inhibent la biosynthèse de certaines cytokines (ciclosporine A, tacrolimus ou FK506) ou bien inhibent la transduction du signal au niveau des récepteurs de cytokines (rapamycine ou sirolimus). Les glucocorticoïdes de synthèse inhibent la biosynthèse des cytokines et exercent divers effets antiinflammatoires. Les immunosuppresseurs biologiques comprennent des anticorps polyclonaux (globulines antilymphocytaires ou anticorps antithymocytes) et des anticorps monoclonaux (anticorps CD3 ou OKT3, anticorps CD25...) ainsi que des protéines hybrides obtenues par fusion génétique telles que les formes solubles de récepteur de TNF ou de CTLA-4. D’autres protéines de fusion associent une cytokine ou un anticorps monoclonal à une toxine bactérienne (Pseudomonas, toxine diphtérique) ou végétale (ricine). Ces substances sont appelées des immunotoxines.
Les traitements immunosuppresseurs sont très largement utilisés dans les greffes et dans certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires chroniques. Ces traitements provoquent un déficit immunitaire iatrogène qui peut être à l’origine de complications infectieuses particulières, telles que les syndromes lymphoprolifératifs associés au virus d’Epstein-Barr observés chez les transplantés, les tumeurs et cancers de la peau et des muqueuses génitales associés aux virus des papillomes (HPV), les hépatocarcinomes associés au virus B de l’hépatite et les maladies de Kaposi associées au virus HHV8.

M. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l'Académie de médecine (1872)

Étym. lat. immunis : exempt de

immunosuppresseurs et néphropathies l.m.

immunosuppressives drugs and nephropathies

Ces médicaments sont couramment utilisés dans le traitement de nombre de néphropathies suivant des schémas thérapeutiques et avec des posologies assez variables.
Dans le cadre des glomérulopathies primitives, les glomérulopathies dites malignes et les syndromes néphrotiques corticorésistants, indépendamment du type histologique, représentent des indications majeures.
Les immunosuppresseurs sont largement prescrits en présence de manifestations rénales des collagénoses. Leur prescription est systématique après transplantation rénale.
Les médicaments les plus prescrits sont l'azathioprine, le cyclophosphamide, la cyclosporine. Ils sont associés habituellement aux glucocorticoïdes. Les résultats sont inconstants.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ traitement immunosuppresseurs et transplantation

immunosuppresseurs et transplantation l.

→ traitement immunosuppresseur et transplantation

immunosuppression n.f.

immunosuppression

Inhibition d’un ou de plusieurs des composants des systèmes immunitaires innés ou adaptatifs sprovoquée par une maladie (hémopathie, cancer…), une irradiation accidentelle ou induite intentionnellement par un traitement immunosuppresseur (dans le cadre par exemple du traitement du rejet d’une homogreffe ou celui d’une maladie auto-immune).

Étym. lat. immunis : exempt de

→ déficits immunitaires

immunosurveillance n.f.

immunosurveillance

Théorie selon laquelle les cellules cancéreuses expriment des antigènes reconnus par lymphocytes T conduisant à leur élimination.
Cette théorie proposée par MacFarlane, Burnet et Lewis Thomas dans les années 60 est en partie vérifiée aujourd’hui par la mise en évidence d’antigènes spécifiques des tumeurs qui sont en fait pour la plupart d’entre eux des autoantigènes constituants normaux de certains tissus. La découverte de ces antigènes par Thierry Boon est à l’origine des essais d’immunothérapie spécifique des cancers par vaccination peptidique.

F. M. Burnet, Sir, virologue australien, prix Nobel de Médecine 1960 (1957) ; L. Thomas, anatomopathologiste américain (1959) ; P. van der Bruggen et Th. Boon Falleur, baron, immunologistes belges (1991)

Étym. lat. immunis : exempt de

→ immunothérapie anticancéreuse

[F1, F2, G5]

Édit. 2

immunothérapie n.f.

immunotherapy

Traitement d'une maladie par une intervention sur le système immunitaire.
L’immunothérapie est dite « active » quand elle agit en stimulant les réponses de l’appareil immunitaire soit de façon spécifique (vaccination par une bactérie tuée, vivante ou atténuée, ou par un antigène microbien purifié), soit de façon non spécifique (adjuvant, cytokine immunostimulante comme l’IL-2). L’immunothérapie est dite « passive » quand elle apporte au receveur des composants de la réponse immunitaire provenant d’individus immunisés (anticorps comme dans la sérothérapie ou le traitement par les immunoglobulines, cellules lymphoïdes T comme dans le cas de l’immunité « adoptive »).

Étym. lat. immunis : exempt de

→ immunostimulant

immunothérapie anticancéreuse n.f.

antineoplasic immunotherapy

Traitement d'un cancer par intervention sur le système immunitaire qui peut être spécifique ou non.
1) Immunothérapie non spécifique :
-BCG (Bacille de Calmette et Guérin) en traitement local pour le cancer de la vessie,
-interféron α pour certaines leucémies,
-interleukine 2 pour l’adénocarcinome rénal métastatique.
2) Immunothérapie spécifique, dite thérapie « ciblée », utilisant des anticorps monoclonaux» :
- anti CD 20 utilisés dans le traitement des lymphomes malins : rituximab,
- anti EGF (Epidermal Growth Factor) utilisé dans le cancer colorectal métastatique et dans certains cancers épidermoïdes : cetuximab
- anti HER2/neu utilisé dans le cancer du sein : trastuzumab
- anti VEGF (Vascular Epidermal Growth Factor) utilisé dans les cancers colorectal, bronchique et mammaire: bevacizumab.
3) Immunothérapie par inhibition du point de contrôle (« check point ») qui utilise des anticorps bloquant les points de régulation du système immunitaire mis en place par une tumeur cancéreuse pour échapper aux défenses de son hôte. Elle donne des résultats spectaculaires dans une proportion importante de mélanomes et de cancers bronchiques.

J. Allison, immunologiste américain, et Tasuku Honjo, immunologiste japonais, prix Nobel de médecine en 2018

Étym. lat. immunis : exempt de

→ BCG-thérapie endovésicale, interféron, interleukine

[F3, G5]

Édit. 2020

immunothérapie de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine l.f.

Adjonction d’un traitement immunomodulateur, tel que l’interleukine 2, au traitement antirétroviral.
Destinée à stimuler la croissance et la prolifération des lymphocytes T, elle est indiquée chez les patients ayant une réponse immunitaire insuffisante sous trithérapie suivie depuis au moins six mois.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ sida

immunothérapie vésicale l.f.

vesical immunotherapy

Action thérapeutique visant à provoquer une réaction immunitaire de la muqueuse vésicale par introduction dans la lumière de l'organe d'une solution antigénique, dans le but de traiter certaines affections tumorales diffuses ou récidivantes.
Le type en est l'utilisation du BCG pour le traitement du carcinome in situ et des papillomatoses diffuses de la vessie.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ BCG-thérapie endovésicale

immunotoxine n.f.

immunotoxin

Toxine végétale ou bactérienne couplée à une molécule du système immunitaire (anticorps ou cytokine).

Étym. lat. immunis : exempt de

→ immunosuppresseur

immunotransfusion n.f.

immunotransfusion

Transfusion effectuée avec le sang d’un donneur préalablement immunisé par des vaccins bactériens, ou ayant récemment été guéri d’une maladie infectieuse.

Étym. lat. immunis : exempt de

immuns (maladie à complexes) l.f.

immune complex disease

Maladie inflammatoire due au dépôt de complexes immuns dans les tissus.
L’intervention des complexes immuns en pathologie est responsable des réactions d’hypersensibilité de type III. Il en existe deux modèles expérimentaux principaux : le phénomène d’Arthus et la maladie du sérum. En pathologie humaine, l’intervention de complexes immuns est invoquée dans un grand nombre d’affections microbiennes, parasitaires, hématologiques, malignes, auto-immunes et iatrogènes.

N. M. Arthus, physiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1903)

Étym. lat. immunis : exempt de

→ Arthus (réaction d'), maladie sérique, complexe immun

immunsérum n.m.

immune serum

Sérum contenant des anticorps contre un ou plusieurs antigènes spécifiques.

Étym. lat. immunis : exempt de

Syn. antisérum

IMOC sigle f. pour Infirmité Motrice d’Origine Cérébrale

Il remplace le sigle obsolète IMC (infirmité motrice cérébrale).

IMP sigle m. pour

-Inosine-MonoPhosphate
-Institut Médico-Pédagogique

impacteur n.m.

impacting punch

En obstétrique, instrument frappé au marteau pour assurer la coaptation de fragments osseux.

Étym. lat. impingere, impactum : frapper contre.

impaction n.f.

impaction

Encastrement des pôles fœtaux en cas de grossesse gémellaire, l’accrochage des mentons p. ex., rendant l’accouchement absolument impossible.
Le menton du premier jumeau en présentation du siège s’accroche sur l’épaule ou le menton du deuxième jumeau en présentation céphalique, ce qui bloque la progression des fœtus.

Étym. lat. impingere, impactum : frapper contre

impaction mucoïde l.f.

mucoid impaction

En radiologie pulmonaire, opacités bronchiques, tubulées ou sacculaires, uniques ou multiples.
Ce terme anglais, venu du latin et passé dans le langage médical, désigne l'accumulation des sécrétions dans la lumière bronchique; l'obstruction qui en résulte peut être diffuse, passagère et réversible dans l'asthme et la bronchite chronique, localisée et chronique dans le bronchocèle

Étym. lat. impingere, impactum : frapper contre

→ bronchocèle

impaludation n.f.

impaludation

Transmission naturelle du paludisme par piqûre d’anophèle infecté ou, bien plus rarement, inoculation artificielle ou accidentelle par injection de sang contenant des Plasmodium (paludisme post-transfusionnel).
L’impaludation thérapeutique ou malariathérapie était jadis utilisée dans le traitement de la paralysie générale syphilitique ou la maladie de Burger. Les accès francs et répétés (fièvre tierce) produits par Plasmodium vivax étaient suivis de résultats satisfaisants dans un tiers des cas environ, mais sans guérison complète.

J. Wagner Jauregg, Ritter, neuropsychiatre autrichien, prix Nobel de Médecine en 1927 (1918)

→ paludisme

impaludé adj.

Qui est atteint de paludisme.
Se dit aussi bien d’une région que d’une personne.

→ paludisme

impatience n.f.

restless legs syndrome

Sensation horripilante des membres inférieurs, souvent anorganique, obligeant le patient à des mouvements.

Étym. lat. impatiens : endurer.

Syn. maladie des jambes sans repos

impédance n.f.

impedance

Pour les courants électriques alternatifs, grandeur équivalente et de même dimension que la résistance en courant continu.
Cette notion est étendue à tous les mouvements alternatifs (impédance acoustique, mécanique, etc.).
1) En courant électrique alternatif, l'impédance ou résistance apparente, dépend de la fréquence (ou de la pulsation) et de
la structure du circuit.
2) En physiologie, l'impédance électrique des tissus dépend de leur capacité électrique, elle varie avec les pulsations cardiaques et les mouvements respiratoires ce qui permet de mesurer le débit cardiaque ainsi que les fréquences cardiaques et respiratoires par une méthode non effractive.
3) En mécanique, la connaissance des fréquences propres des différentes parties du corps explique les lésions locales causées lors des chocs ou par l'exposition aux vibrations.

Étym. lat. impedire : empêcher

→ fréquence propre, impédance (mesure du débit cardiaque par), inertance, inertie, vibrations

impédance (mesure du débit cardiaque par) l.f.

measure of cardiac output by impedance

Variations d'impédance électrique entre deux électrodes cutanées placées le plus près possible de l'aorte, qui permettent de suivre les variations de diamètre de l'artère et, par-là, d'en déduire la fréquence cardiaque et le volume de l'ondée pulsatile, d'où l'obtention du débit cardiaque, en valeur relative (un étalonnage par une autre méthode est nécessaire).
Pour la mesure on utilise généralement un courant de 1 000 Hz qui ne produit pas d'effet physiologique. Pour avoir la valeur absolue il est nécessaire de procéder à un étalonnage préalable, généralement par une méthode de dilution plus facile à mettre en œuvre que par le principe de Fick.

W. F. Hamilton, physiologiste américain (1932) ; A. E. Fick, mathématicien et physiologiste allemand (1855)

Étym. lat. impedire : empêcher

→ débit cardiaque, électrisation, Fick (principe de), impédance, Stewart-Hamilton (méthode de)

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