Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

64200 entrées :

immunité de transposition l.f.

transposition immunity

Phénomène par lequel, dans une cellule, un transposon inséré sur un réplicon empêche l'insertion sur celui-ci d'une autre copie de ce transposon.
Cette propriété ne concerne que certains transposons. La fréquence de transposition de ce transposon sur d'autres réplicons n'est pas affectée.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ transposon, réplicon

immunité due aux traumatismes (baisse d') l.f.

decrease of immunity following trauma

Les mécanismes de défense contre l'infection sont globalement déprimés après un traumatisme.
L'inhibition de l'immunité non spécifique se traduit par l'altération du chimiotactisme, de l'opsonisation et de la phagocytose des lymphocytes. Elle correspond à un déséquilibre entre les monocytes facilitateurs (T-helpers) et inhibiteurs (T-suppressors) ce qui entraîne une limitation de la paralysie immunitaire consécutive à la perte de la fonction facilitatrice des monocytes, d'où suractivation des T-uppressors et réduction du système de défense contre l'inflammation.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ chimiotactisme, opsonisation, phagocytose, T facilitant, T-suppressor

immunité grégaire n.f.

herd immunity

Dans une population donnée, proportion de personnes devant être immunisées, par une vacccination ou par la survenue antérieure d'une infection, pour bloquer tout risque de résurgence de la maladie.
L’immunité grégaire est obtenue à un taux variable avec la contagiosité qui est le nombre de personnes pouvant être contaminées par un malade. Lorsqu’on atteint une contagiosité inférieure à 1, l’épidémie est près de s’arrêter.

[D1]

Édit. 2020

immunité maternelle l.f.

maternal immunity

Immunité passive naturelle de type humoral chez le fœtus et le nouveau-né, conférée par les anticorps maternels.
Chez l'Homme et les primates, cette immunité est essentiellement due au passage transplacentaire des anticorps maternels (IgG) mais aussi à l'allaitement (IgA sécrétoires).

Étym. lat. immunis : exempt de

→ IgG, IgA sécrétoire

immunité naturelle l.f.

natural immunity

→ immunité naturelle ou innée

immunité naturelle ou innée l.f.

innate immunity, natural immunity

Ensemble des mécanismes permettant à un hôte de résister à un microorganisme pathogène, à l'exclusion des mécanismes de l'immunité adaptative ou spécifique.
Les principaux effecteurs de l’immunité innée sont cellulaires (monocytes, macrophages, polynucléaires, cellules NK (natural killer) et moléculaires (protéines plasmatiques telles que les composants du complément appartenant à ses voies d’activation alterne et lectinique (lectin-pathway), certaines cytokines, les toll-like receptors de description plus récente. La mise en jeu de l’immunité acquise commence par la reconnaissance par ses effecteurs de structures communes à de nombreux agents pathogènes. Ces structures, les PAMPs (Pathogen-Associated-Molecular-Patterns), sont phylogénétiquement très anciennes et ont été conservées tout au long de l’Evolution. La reconnaissance de ces structures par les effecteurs de l’immunité innée entraîne l’activation de nombreux gènes pro-inflammatoires. À la différence de ce qui se passe dans l’immunité adaptative, la mise en jeu de l’immunité innée est immédiate, sans phase de latence, intervenant dès la reconnaissance de l’agent déclenchant. Elle n’est pas non plus inductrice de mémoire, la réaction à une réexposition à l’agent déclenchant se déroulant comme la première exposition, c'est-à-dire qu’elle n’est ni plus rapide, ni plus intense que la réponse à la première exposition.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ monocytes, macrophages, polynucléaires, cellules NK, complément, cytokine

immunité passive l.f.

passive immunity

État de résistance vis-à-vis d'un microorganisme pathogène consécutif à l'injection d'anticorps produits dans un organisme autre que l'hôte infecté.

Étym. lat. immunis : exempt de

immuno-empreinte n.m.

western blot

Technique qui utilise des anticorps marqués pour détecter des protéines dans un mélange après les avoir séparées par électrophorèse et transférées par adsorption sur une feuille de nitrocellulose.

Étym. lat. immunis : exempt de

Syn. western blot, immunoblot

immuno-enzymatique (test) l.m.

ELISA test

→ ELISA

immunoadhérence n.f.

immunoadherence

Agglutination simultanée de cellules recouvertes de C3 et de cellules indicatrices portant des récepteurs de C3.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ C3

immunoadsorbant n.m.

immunoadsorbant

Composé possédant un déterminant antigénique ou hapténique capable de fixer un anticorps correspondant, de l’insolubiliser et de le retirer du liquide biologique où il se trouve.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ haptène

immunoadsorption sélective l.f.

selective immunoadsorption

Technique d'épuration d'anticorps particulièrement pathogènes comportant une circulation extracorporelle et des colonnes absorbant de manière sélective les anticorps.
Cette technique est utilisée dans certains cas d'hémophilie avec anticoagulant circulant ou de purpura thrombopénique immunologique.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ hémophilie, purpura thrombopénique

immunobilles n.f.p.

immunobeads

Billes plastiques ou magnétiques couplées à des anticorps, souvent utilisées au laboratoire pour la séparation d'un mélange de cellules.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunoblaste n.m.

immunoblast

→ lymphoblaste

immunoblot n. angl.

→ immunoempreinte

immunoblotting en dermatologie l.m.

immunoblotting in dermatology

Technique immunochimique permettant de détecter la présence et de préciser la spécificité antigénique d'auto-anticorps sériques vis-à-vis d'antigènes cutanés, épiderme ou derme, extraits soit de la langue de Bœuf, soit de la peau humaine.
La positivité se traduira par un dépôt, sur le papier d'électrophorèse, en forme de bande ou de tache brune en regard de la zone de migration du ou des antigènes reconnus. Cette technique a permis de distinguer des dermatoses bulleuses auto-immunes qui, en immunofluorescence directe et/ou indirecte, donnent la même image. C'est le cas du pemphigus vulgaire et du pemphigus érythémateux caractérisés en immunofluorescence par un même dépôt en maille périkératinocytaire, alors qu'en immunoblotting les auto-anticorps chez le premier réagissent avec un antigène épidermique de 130 kDa et chez le second avec un antigène de 160 kDA. De la même façon, on peut distinguer la pemphigoïde et l'épidermolyse bulleuse acquise, qui sont caractérisées par un dépôt linéaire à la jonction dermoépidermique identique en immunofluorescence alors que, en immunoblotting, leurs antigènes cibles sont, pour l'un, un antigène épidermique et, pour l'autre, un antigène dermique.

Étym. lat. immunis : exempt de ; angl. blot : tache

→ pemphigus vulgaire, pemphigus érythémateux, pemphigoïde, épidermolyse bulleuse acquise

immunocapture n.f.

sandwich type assay

Technique de dosage immunologique impliquant dans un premier temps la fixation à l’aide d’un anticorps spécifique, puis dans un deuxième temps la révélation à l’aide d’un autre anticorps marqué.
On utilise le plus souvent un anticorps monoclonal pour l’immunocapture et des anticorps polyclonaux pour la révélation. Si la révélation est faite à l’aide d’un anticorps monoclonal, celui-ci doit reconnaître un épitope différent de celui auquel se lie l’anticorps de capture.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ anticorps monoclonal, anticorps polyclonaux

immunochromatographie n.f.

immunochromatography

Test de dépistage  rapide dans lequel un anticorps de capture, couplé à un réactif de détection,  est immobilisé à la surface d’une membrane poreuse afin de fixer l’antigène recherché présent  dans un échantillon d’urine, de plasma ou de crachat, entraînant l’apparition d’une tache colorée  en cas de positivité.
Ce test est utilisé dans de nombreuses  circonstances dont le diagnostic de grossesse par détection de l'hormone chorionique gonadotrope humaine dans l’urine ou celui de la tuberculose par détection d’un antigène spécifique du BK (MPT64) dans un crachat.

→ anticorps, antigène, hormone chorionique gonadotrope, MPT64

[B3, F3]

Édit. 2019

immunocompétence n.f.

immuno-competency

Propriété d’agent de l’immunité acquise par certaines cellules dérivées de la moelle osseuse et peuplant les tissus lymphoïdes.
Elle est due d’une part aux lymphocytes B et aux plasmocytes qui en dérivent, responsables de l’immunité à médiation humorale par leur sécrétion d’immunoglobulines, d’autre part, aux lymphocytes T responsables de l’immunité à médiation cellulaire.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ lymphocytes B, aux plasmocytes, lymphocytes T, immunité à médiation cellulaire

immunocompétent adj.

Se dit d’un sujet dont le système immunitaire fonctionne normalement.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunoconjugué n.m.

antibody-drug conjugate (ADC)

Anticorps conjugué à des molécules cytotoxiques puissantes afin de les libérer au contact des cellules tumorales en limitant leur impact sur les cellules saines.
La conception d’un immunoconjugué nécessite de définir la cible, la molécule cytotoxique, l’anticorps et l’agent de liaison entre ces deux derniers. Il convient donc de choisir :
1) un antigène exprimé en quantité importante à la surface des cellules tumorales et absent sur les cellules saines,
2) un anticorps spécifique de l’antigène sélectionné, de grande affinité à son égard et toléré par le systéme immunitaire du patient (anticorps humanisé),
3) un agent cytotoxique efficace,
4) un agent de liaison stable pour éviter la libération de la molécule cytotoxique dans le plasma.
Les immunoconjugués sont devenus une classe importante de médicaments en oncologie.

immunocyte n.m.

immunocyte

→ lymphocyte

immunocytoadhérence n.f.

immunocytoadherence

Adhérence d'un antigène à la surface d'un immunocyte spécifiquement sensible (par les récepteurs TCR ou les BCR) ou d'un macrophage (par les récepteurs de complément ou de Fc ou par les interactions sucres-lectines).
La méthode des « rosettes » se fonde sur l’immunocytoadhérence.

Étym. lat. immunis : exempt de

immunocytochimie n.f.

immunocytochemistry

Ensemble de techniques histocytologiques basées sur le couplage ou marquage de protéines, principalement des immunoglobulines, à des substances qui permettent leur mise en évidence en histologie et en cytologie, aussi bien en microscopie optique qu'en microscopie électronique.
Les immunoglobulines ou anticorps peuvent être marquées, soit par un composé fluorescent comme l’isothyocyanate de fluorescéine ou la rhodamine, soit par un enzyme comme la peroxydase, soit par une petite molécule organique comme la biotine, soit par des particules d’or. Les anticorps couplés se lient de façon spécifique à leurs antigènes et révèlent ainsi la localisation d’antigènes spécifiques sur des coupes tissulaires, lorsque l’on a incubé les tissus dans une solution renfermant des anticorps marqués contre ces antigènes ou immunsérums spécifiques.

Étym. lat. immunis : exempt de

→ immunohistochimie

immunodéficience acquise l.f.

acquired immunodeficiency

Déficit du système immunitaire qui se produit après la naissance à la suite d’infections, de malnutrition ou de traitements responsables d’une déplétion de cellules immunitaires.
Parmi les infections virales, une place particulière est actuellement réservée aux infections par rétrovirus comme les VIH, qui sont responsables du syndrome d’immunodépression acquise ou sida, par atteinte des lymphocytes T4, CD4, ce qui détruit la capacité de la réponse immune à médiation cellulaire et ouvre la porte aux infections opportunistes par Pneumocystis carinii et cytomégalovirus notamment

Étym. lat. immunis : exempt de

→ sida

| page précédente | /2568 | page suivante