Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hypervitaminose A n.f.

hypervitaminosis A

Syndrome résultant d'un apport excessif de vitamine A ou de rétinoïdes, pris en supplément le plus souvent sous forme de compléments alimentaires.
Il peut être secondaire à l’ingestion excessive de foie, observée chez certaines ethnies (esquimaux)
Il se manifeste par une pigmentation cutanée, un prurit, une hyperkératose et la perte de cheveux.
On décrit une hypervitaminose A aigüe sous le nom d'hydrocéphalie aigüe bénigne du nourrisson, associant souvent une hypervitaminose D.
L’hypervitaminose chronique se manifeste par des malformations congénitales en rapport avec une possible tératogénicité, une diminution de la densité osseuse pouvant conduire à l’ostéoporose, une élévation des enzymes hépatiques et une fibrose du foie.
Les conséquences néfastes de l’hypervitaminose A peuvent apparaître lorsque la quantité consommée journalière est > 25.000 UI/j pendant plus de 6 ans ou > 100.000 UI/j pendant plus de 6 mois, alors que l’apport maximal toléré va de 2.000 UI/j chez le nourrisson à 10.000 UI/j chez l’adulte.

hypervitaminose A (susceptibilité à l') l.f.

susceptibility to hypervitaminose A

Complications de l'hypervitaminose A, liées à une susceptibilité familiale.
L'enfant de trois ans présente des douleurs dans les jambes, hyperostose, hypertension intracrânienne et disjonction des sutures, hypercalcémie, érythème, rash exfoliatif et alopécie totale, altération hépatique avec ascite associée à une consommation abusive de foie de poulet. Décès en insuffisance rénale avec coagulopathie et pneumonie septique. L’affection est autosomique récessive (MIM 240150).

T. O. Carpenter, pédiatre américain (1987)

[R1,J1,O1]

hypervitaminose D n.f.

hypervitaminosis D

Syndrome résultant d'une ingestion excessive de vitamine D, sous forme médicamenteuse ou de complément nutritionnel, à l’origine d’une hypercalcémie et d’une hypercalciurie déterminant des manifestations cliniques graves.
Ce sont une asthénie, un amaigrissement, de la diarrhée et surtout des foyers de calcification dans les reins, les artères et les viscères, conduisant à une hypertension artérielle et à une insuffisance rénale.
La posologie de vitamine D susceptible de provoquer une hypercalcémie est supérieure à 50 000 UI par semaine, alors que les apports recommandés sont de 400 UI/j. Une partie de la gravité de cette intoxication tient à la demi-vie prolongée de la vitamine D.

→ vitamine D, hypercalcémie, hypercalciurie

hyperVLDLémie n.f.

hyperVLDLemia

Teneur élevée du plasma sanguin en lipoprotéines de très basse densité (VLDL very low density lipoproteine).
Ce symptôme est détecté comme une hypertriglycéridémie généralement à sérum clair, par opposition aux hyperchylomicronémies caractérisées par un sérum lactescent. Elle constitue un facteur d'athéromatose, mais moins directement que l'hyperLDLémie. Les hyperVLDLémies les plus importantes se rencontrent dans l'hypercholestérolémie mixte de type IIb ou surtout de type IV familiale ou secondaire à un diabète, à une néphrose ou à une hypothyroïdie.

hypervolémie n.f.

hypervolemia

Augmentation du volume du sang circulant.
L'hypervolémie agit dans l'oreillette cardiaque, sur un récepteur qui sécrète l'atriopeptine.

Ant. hypovolémie

→ transfert liquidien, volémie, atriopeptine

hyperœstrogénie n.f.

hyperestrinism

→ hyperfolliculinie

hyphe n.m.

hypha

Filament mycélien.

Étym. gr. huphê : tissu

hyphéma n.m.

→ hématocornée

hypnagogue adj. et n.m.

→ somnifère

hypnogramme n.m.

hypnogram

Enregistrement au cours du sommeil des principales fonctions naturelles afin de mesurer les durées de sommeil lent et paradoxal et de détecter les accidents tels que les apnées, les troubles du rythme cardiaque, les mouvements oculaires.
Les patients sont étudiés dans des laboratoires équipés des moyens nécessaires d'enregistrement et de traitement des données (électrocardiogramme, électroencéphalogramme, pneumogramme, actogramme oculaire, etc).
J.M. Charcot l'expliquait par l'intervention de mécanismes neurophysiologiques et l'employait à des fins expérimentales. H. Bernheim en faisait une technique utilisable en thérapeutique.

J. Braid, chirurgien écossais (1843) ; J-M. Charcot, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1882) ; H. Bernheim, neurologue français (1891)

→ état hypnoïde

[N1,H1]

hypnose n.f.

hypnosis

Technique visant à obtenir l’induction d’un état de niveau de conscience modifié (restriction du champ de conscience) distinct du sommeil.
Il est caractérisé par une relaxation neuromusculaire induite par la répétition d'un stimulus monotone dans un contexte de diminution des stimulus sensoriels et moteurs, et par des modifications de conscience.
L'hypnose peut être considérée, du point de vue psychologique, comme une suggestion.
L’état d’hypnose peut être plus ou moins profond. Son induction peut nécessiter un temps plus ou moins long, le plus souvent de l’ordre de 30 minutes à partir de messages suggestifs de l’hypnotiseur. Lorsque cet état est induit par la personne elle-même on parle d’autohypnose.
L’hypnose permet de modifier la perception de la douleur (effet analgésique), remplacer ou compléter l’anesthésie médicamenteuse (hypno sédation). Elle peut aussi être utilisée dans un but psychothérapique comme moyen d’accès à des processus inconscients supposés à l’origine de symptômes tels que les angoisses, les troubles du sommeil.
Les techniques modernes de neuro-imagerie ont permis d’objectiver les modifications d’activité cérébrale qui sous-tendent les propriétés thérapeutiques de l’hypnose.
J.M. Charcot l'expliquait par l'intervention de mécanismes neurophysiologiques et l'employait à des fins expérimentales. H. Bernheim en faisait une technique utilisable en thérapeutique.

J. Braid, chirurgien écossais (1845) ; J-M. Charcot, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1882) ; H. Bernheim, neurologue français (1891)

→ état hypnoïde

hypnose actuelle l.f.

current hypnosis

Technique représentée essentiellement par l'école éricksonienne et la sophrologie.
M. Erickson considère l'hypnose comme un état au cours duquel le sujet a la possibilité de se restructurer. Le rôle du thérapeute est d'apprendre au patient à utiliser ses possibilités à un niveau inconscient, en l'occurrence en hypnose, afin de favoriser la créativité.
Le terme de sophrologie désigne l'étude de la conscience, considérée comme la force qui permet "l'intégration de tous les éléments psychologiques et physiques de la personne humaine, c'est-à-dire de la force qui l'anime" (A. Caycedo, vers 1960). La sophrolologie repose sur une théorie des états et niveaux de conscience (pathologique, ordinaire, sophrologique) et intègre le schéma corporel comme une réalité vécue. Ses techniques font appel à une "persuasion raisonnée" aboutissant à un premier degré de "sophronisation de base", état de relaxation profond où le sujet est réceptif à des sensations cénesthésiques et aux suggestions des thérapeutes. Existent des approches spécifiques telles que la sophro-acceptation, utilisée dans l'abord des phobies et des relations dynamiques, visant, à partir du corps, à élargir le champ de conscience.

M. H. Erickson, psychiatre américain (1979) ; A. Caycedo, neuropsychiatre colombien (1962)

hypnose des batailles l.f.

battle hypnosis

Manifestations hystériformes entrant dans le cadre des troubles psychiques de guerre.
Elle réalise un état proche de la confusion mentale avec stupeur et parfois onirisme, sous l'effet d'un raptus émotif ou "émotion-choc", engendré par un évènement de guerre. Le plus souvent résolutive, elle peut, à terme, constituer le point de départ d'une névrose traumatique (G. Milian)

G. Milian, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1915)

→ combat (choc de)

hypnotique adj. et n.m.

hypnotic

Médicament dépresseur du système nerveux central, dont l'action principale est d'entraîner un état de sommeil aussi proche que possible du sommeil naturel.
Aux hypnotiques barbituriques (dont le chef de file fut la diéthylmalonylurée), ont succédé les hypnotiques non barbituriques (benzodiazépines en particulier).
La dénomination désuète d'hypnotique suggère une action élective sur le sommeil. Or, les produits hypnotiques ont également une action anxiolytique en fonction de leur dose et de leur demi-vie. Certains anxiolytiques benzodiazépiniques sont proposés comme hypnotiques, particulièrement ceux qui ont une absorption rapide et une demi-vie brève.

[H1,H3]

hypnozoïte n.m.

Stade quiescent, intrahépatique, de Plasmodium vivax, à partir duquel peuvent provenir de nouveaux Plasmodium intraérythrocytaires responsables des rechutes du paludisme à Plasmodium vivax.
Ces rechutes sont à distinguer des recrudescences des paludismes à P. falciparum ou à P. malariae, qui sont observées après un traitement partiellement inefficace, ne négativant pas totalement la parasitémie.

hypnurie n.f.|]

hypnuria

Miction interrompant le sommeil.
A nt. énurésie

R. Lacassie, chirurgien urologue français (1943)

hypo-alphalipoprotéinémie n.f.

hypoalphalipoproteinemia

Diminution de la teneur du sang en α-lipoprotéines.
La diminution des α-lipoprotéines est considérée comme un facteur d'athéromatose ; elle peut s'observer dans certains cas congénitaux, dans la maladie de Tangier, dans la "fish eye disease" (ichtyophtalmie), dans certaines hyperVLDLémies, et dans certaines insuffisances hépatiques.

Étym. Tangier : ville située sur l'île de Tangier Island en Virginie

→ Tangier (maladie de), ichtyophtalmie, hyperVLDLémies

hypo-intense (signal IRM) adj

hypointense

Ant. hyperintense

→ hyposignal (en IRM), hyperintense

[B2,B3]

Édit. 2018

hypo-osmie n.f.

hyposmia

Diminution de l’olfaction.

Étym. gr. hupo: sous; osmê : odorat

Ant. hyperosmie

hypo-osmolalité plasmatique l.f.

plasma hypoosmolality

Baisse de la teneur osmotique du plasma exprimée par kilogramme d’eau.

→ hypo-osmolarité plasmatique

hypo-osmolarité plasmatique l.f.

plasma hypoosmolarity

Baisse de la teneur osmotique du plasma exprimée par litre, fréquemment observée en clinique.
Elle est consécutive soit à un déficit électrolytique (essentiellement sodiqué, sans perte d’eau parallèle, avec pour conséquence une hyponatrémie), soit à un bilan d’eau positif, entraînant une dilution plasmatique. Elle complique souvent l’évolution des œdèmes, liée à des apports en eau excessifs.

→ osmolalité, hypo-osmolalité plasmatique, hyponatrémie, intoxication par l'eau (syndrome d')

hypo-uricémiant n.m.

Médicament qui abaisse la concentration sanguine de l'acide urique par deux mécanismes possibles :

- diminution de la production endogène par l’inhibition de la xanthine-oxydase (le type en est l’allopurinol) qui est d’utilisation courante,
-augmentation de l’excrétion urinaire (probénécide),
- dégradation de l’acide urique en allantoïne (urate-oxydase recombinante d’action rapide utile dans les états aigus).

hypo-uricémie n.f.

hypouricemia

Diminution de la concentration de l'acide urique dans le sang.
On écrit aussi hypuricémie.

hypoabsorbant adj.

hypo attenuation

En échographie, se dit d'un tissu entrainant une faible atténuation des ultrasons du fait de leur bonne transmission.

hypoaccommodation n.f.

Syndrome d'insuffisance accommodative et d'insuffisance de convergence idiopathique de von Noorden observé chez des sujets en bonne santé apparente : hypoaccommodation de l'œil amblyope avec diminution d'amplitude, hypoaccommodation décrite dans certains syndromes tels que la trisomie 21, l'occlusion de l'artère cérébrale moyenne.
Il s'agit d'un syndrome encore mal connu.

G. K. von Noorden, ophtalmologiste américain (2002) ; F. K. Costenbader, ophtalmologiste pédiatrique américain (1905-1978)

Syn. presbytie juvénile de Costenbader

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