tachyphylaxie n.f.
tachyphylaxis
Diminution rapide de l'effet d'un médicament lors d'administrations successives : l'injection d'une petite dose d'un antigène (un vaccin, p. ex.) empêche qu'une dose plus forte, injectée quelques minutes après ne provoque un accident grave (Besredka, 1907).
En anesthésie-réanimation ce phénomène conduit à augmenter progressivement les doses pour obtenir le même effet. La tachyphylaxie s'observe surtout avec les anesthésiques locaux utilisés par voie péridurale. On la voit avec les vasopresseurs –bêta-mimétiques (dopamine, dobutamine, etc.) et les sympathomimétiques indirects (éphédrine).
Les mécanismes de la tachyphylaxie sont mal connus, il peut s'agir de modifications pharmacocinétiques (redistribution du produit à partir de son site d'action) ou de modifications pharmacodynamiques (modifications de la sensibilité ou du nombre des récepteurs intéressés), ce qui est plus vraisemblable pour les vasopresseurs.
A. Besredka, sérologiste français (1870-1940) ; C. Champy, biologiste français et E. Gley, physiologiste français, membres de l’Académie de médecine (1911)
Étym. gr. tachus : rapide ; phylaxis : protection
défaillance viscérale l.f.
organ failure
Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous
| respiratoire | PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle. |
| cardio-vasculaire | (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg. |
| rénale | (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale. |
| neurologique | score de Glasgow≤6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel |
| hépatique | Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3 |
| hématologique | hématocrite≤20% ; leucocytes < 2 000/mm3 ; plaquettes< 40 000/mm3 |
J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)
Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de
hypertension et anesthésie l.f.
chronic hypertension and anaesthesia, anaesthesia for hypertensive patients
Avant une intervention chirurgicale, une hypertension artérielle essentielle est fréquente.
Elle demande une prise en charge spécifique en anesthésiologie car elle augmente le risque de complications cardiovasculaires péri-opératoires (hémorragie cérébrale ou, à la suite d'une thrombose artérielle, infarctus cérébral, angor ou infarctus du myocarde, insuffisance ventriculaire gauche avec œdème du poumon).
Un contrôle de la pression artérielle par un traitement antihypertenseur, diminue la fréquence des complications.
L'hypertension artérielle modifie la réactivité du système cardiovasculaire aux stimulations nociceptives (intubation, stimulations chirurgicales) et aux variations de la masse sanguine en réponse à une hémorragie, à la ventilation artificielle et aux changements de position. L'hyperréactivité du système résistif artériolaire favorise les poussées hypertensives. Mais la sensibilité aux médicaments inotropes négatifs et aux vasodilatateurs est souvent accrue : lors de l'induction l'hypotension est fréquente. Il en est de même lors des anesthésies rachidiennes (rachianesthésie et péridurale) : le risque d'hypotension est aussi grand que celui d'hypertension. Ce qu'on vérifie surtout lors des accidents vasculaires cérébraux (il y a une diminution de l'autorégulation de la circulation cérébrale chez l'hypertendu) et la thrombose des artères extra- ou intracrâniennes est plus fréquente en cas d'hypotension artérielle prolongée.
Le traitement antihypertenseur doit être maintenu jusqu'au jour de l'intervention pour éviter les accidents par rebond. En ce qui concerne les inhibiteurs de l'enzyme de conversion, il est recommandé de suspendre leur administration la veille d'une l'opération majeure pour éviter l'hypotension. Pour prévenir ce risque, il faut :
- utiliser les médicaments les moins dépresseurs cardiovasculaires et les administrer de façon continue pour éviter les pics de concentration qui augmentent les effets pharmacodynamiques ;
- ne pas hyperventiler,
- veiller au remplissage vasculaire, le plus tôt possible ou administrer précocément des vasopresseurs.
L'hypertension artérielle justifie dans certains cas un monitorage perfectionné (surveillance du débit cardiaque et de la pression de remplissage par un cathéter de Swan-Ganz ou surveillance de la fonction myocardique par échographie transœsophagienne).
Au réveil, l'hypothermie et la douleur postopératoire entraînent des réactions cardio
→ Swan-Ganz (sonde de), inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine
monoamine-oxydase (inhibiteur de la) (IMAO) l.m.
monoamine oxydase inhibitor
Médicaments disponibles depuis 1957 (iproniazide), ne constituant pas une famille homogène, mais qui ont en commun de bloquer l'action de la monoamine-oxydase, enzyme impliquée dans la dégradation des monoamines cérébrales. Ainsi serait conditionnée l'action thérapeutique, qui ne deviendrait maximale qu'avec un taux d'inhibition supérieur à 80%.
Les IMAO classiques (iproniazide et nialamide) sont non spécifiques et irréversibles : ils inhibent de manière absolue les deux enzymes MAO-A et MAO-B. Ceci conditionne la durée de l'inhibition (égale à 21 jours) et les précautions obligatoires (régime pauvre en tyramine, interactions dangereuses, notamment avec les vasopresseurs). Ils sont en principe réservés à certains états dépressifs qui ne répondent pas aux autres antidépresseurs. Leur intérêt dans les dépressions dites atypiques (avec hypersomnie, hyperphagie, hyperesthésie aux situations sociales) a été montré plus récemment.
Les nouveaux IMAO (spécifiques de la MAO-A et réversibles en quelques heures) tels que la toloxatone et le moclobémide ne nécessitent pas les mêmes précautions hygiènodiététiques. Les IMAO-B (spécifiques de la MAO-B et réversibles) tels que le déprényl sont indiqués dans le traitement de la maladie de Parkinson.
vasomotricité n.f.
vasomotricity
Propriété qu’ont certains vaisseaux, notamment les artères, de modifier activement leur calibre sous l’effet de variations de tonus des muscles lisses de leur paroi.
Les centres vasomoteurs bulbaires envoient en permanence des influx sympathiques vasoconstricteurs et parasympathiques vasodilatateurs. Des agents chimiques, hormones et métabolites ont une action sur la vasomotricité, soit dans le sens de la constriction (agents vasopresseurs ou vasoconstricteurs), soit dans le sens de la dilatation (agents vasodilatateurs).
→ vasopresseurs, vasiconstricteur, vasodilatateur, vasomoteur
[K4, C2, G3]
Édit. 2020