épidémiologie de l'urgence l.f.
Classement des urgences médicales selon leur cause et selon leur évolution dans le temps sur la base des données épidémiologiques
Ces données statistiques permettent de préciser l'évolution des différentes urgences médicales en fonction du temps.
Dans tous les cas l'évolution d'un groupe de patients atteints de la même affection se fait en trois phases, de durée variable selon la cause :
1) phase silencieuse d'incubation (pas de troubles graves) pouvant durer quelques secondes ou des heures et parfois plus (urgences potentielles),
2) phase critique, des troubles et, dans les cas les plus graves, des morts apparaissent progressivement,
3) phase de résolution : il n'y a plus de nouveau décès, soit parce que tous les patients sont morts, soit parce que les survivants évoluent vers la convalescence, avec des séquelles éventuelles plus ou moins importantes.
Les données montrent que cette évolution dans le temps suit une loi statistique logarithmiconormale. Sa connaissance permet d'organiser les secours de façon rationnelle : on ne peut, p. ex., faire face à un arrêt cardiaque avec une bonne efficacité que dans une unité de soins intensifs ou en salle d'opération, sinon le taux de succès est faible même avec des secours bien organisés.
Dans les situations de détresse, la statistique de mortalité en fonction du logarithme du temps permet de d'évaluer en première approximation (anamorphose de Henry de la courbe de Galton en droite) le temps d'apparition des premières morts, T1, le temps de fin de la phase critique, T2, temps létal médian, TL50, qu'il est facile d'obtenir par l'observation. Le tableau ci-dessous (Cara, 1990) donne le résultat de ces estimations dans quelques cas typiques (distribution log-normale).

M. Cara, anesthésiste réanimateur français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009)
Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
[E1, G2]
Édit. 2020
épidémiologie n.f.
epidemiology
Étude de la fréquence, de la répartition géographique, du mode de transmission ou d’apparition des maladies ainsi que des facteurs susceptibles de favoriser leur apparition ou de modifier leur évolution.
On distingue l’épidémiologie descriptive de l’épidémiologie explicative et prédictive.
[E1]
Édit. 2020
épidémiologie descriptive l.f.
Etude de la mortalité et de la morbidité (reconnue ou ressentie) au sein d'une population.
Syn. connaissance des indicateurs de santé
→ épidémiologie, enquête transversale
[E1]
Édit. 2020
épidémiologie des maladies allergiques l.f.
epidemiology of allergic diseases
Dans des enquêtes « grand public », près de 40% des personnes interrogées disent avoir été affectées à un moment ou à un autre par une « maladie allergique ».
Une enquête menée par le ministère américain de la Santé, en 1949, met les maladies allergiques au deuxième rang des ennuis de santé, juste derrière les affections dentaires et au même rang que les maladies très communes comme les rhumatismes ou l'hypertension artérielle.
Les maladies allergiques peuvent être préoccupantes soit par leur gravité (les chocs anaphylactiques), soit par leur caractère de chronicité (asthme bronchique, urticaire, eczémas). Le coût social n'est pas négligeable (perte de 5 millions de journées de travail chaque année aux États-Unis).
On peut schématiquement distinguer:
- d'une part des maladies allergiques très souvent liées à un « terrain atopique »,
- d'autre part des maladies allergiques non nécessairement liées à un terrain atopique : d'origines alimentaires, médicamenteuses, entraînées par des
piqûres d'hyménoptères, les allergies « physiques », les allergies aux substances chimiques.
[E1 F3]
Édit. 2020
épidémiologie explicative et prédictive l.f.
Etude des facteurs qui peuvent favoriser l’apparition des maladies
→ épidémiologie, enquête (ou étude) cas-témoins, études exposés-non exposés
[E1]
Édit. 2020
épidémiologie génétique l.f.
genetic epidemiology
Étude de facteurs génétiques intervenant dans le déterminisme d'une maladie ou d'un caractère particulier.
Les études familiales permettent d'évaluer statistiquement l'importance des composantes génétiques en comparant la fréquence de la maladie chez les sujets apparentés aux malades, à la fréquence dans la population générale.
Les études épidémiologiques utilisant des analyses de ségrégation visent à déterminer le mode de transmission des facteurs génétiques impliqués dans les maladies familiales.
Les études de jumeaux et d'adoption ont pour but de faire la part entre facteurs génétiques et environnementaux.
→ épidémiologie, génétique en psychiatrie
[E1, Q1]
Édit. 2020
épidémiologie prospective l.f.
forward-looking epidemiology
→ épidémiologie, prospectif, rétrospectif
[E1]
Édit. 2020
épidémiologie psychiatrique l.f.
psychiatric epidemiology
L'épidémiologie, en psychiatrie, se heurte principalement à la difficile définition du "cas", puisque le diagnostic des maladies mentales n'est que clinique et donc subjectif.
Toutefois, en l'absence de modèle anatomoclinique de référence, les psychiatres travaillant dans ce champ de recherches se sont dotés de systèmes nosographiques de critéres et d'instruments de psychopathologie qui ont amélioré l'évaluation de la prévalence des troubles psychiques.
→ épidémiologie, incidence, prévalence
[E1, H3]
Édit. 2020
épidémiologie rétrospective l.f.
retrospective epidemiology
→ épidémiologie, prospectif, rétrospectif
[E1]
Édit. 2020
épilepsie (épidémiologie de l') l.f.
epidemiology of epilepsy
Affection ubiquitaire, mais inégalement répartie selon l'âge (taux très élevés aux deux extrêmes de la vie, surtout chez le sujet âgé), le sexe (fréquence supérieure chez l'homme) et dans certains pays (plus souvent dans ceux en cours de développement et en milieu tropical, où le rôle des infections et surtout des parasitoses, certes non exclusif, peut être souligné).
En fait, des biais (notamment l'absence de confirmation par l'EEG et de respect des critères de la classification internationale) sont nombreux, entravant le recueil des cas, leur diagnostic, leur interprétation et suscitant des réserves sur la validité des résultats enregistrés.
L'incidence des premières crises a été évaluée autour de 70/100 000 habitants, celle de l'épilepsie à 40/100 000. La prévalence se situe à 7-8/1 000 habitants, avec d'importantes variations. Selon le type des crises, les proportions seraient les suivantes : généralisées, 40 à 60 % ; partielles, 32 à 52 % ; d'origine indéterminée, 10 %. Après une première crise, le risque de récurrence serait de l'ordre de 51 %.
Un ratio standardisé entre 2,3 et 3,5 montre une surmortalité par causes directes (crise ou état de mal), indirectes (accident, suicide), par des affections épileptogènes (cancers p. ex.) ou d'origine médicamenteuse.
Parmi les facteurs de risque, les mieux identifiés et les plus fréquents sont les retards mentaux, les infections du système nerveux central (et les parasitoses en milieu tropical), l'alcool, les accidents vasculaires cérébraux et les prédispositions géniques. C'est envers ceux-ci que la prévention pourrait se montrer efficace.
P. E .M. Smith, neurologue britannique (2021)
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprend
[E1, H1]
Édit. 2020
interaction en épidémiologie l.f.
interaction
On dit qu’il y a interaction lorsque le risque relatif est différent selon la présence ou non d’une caractéristique chez un sujet.
Par ex. il y a interaction entre le tabac et l’alcool dans la survenue d’un cancer de l’œsophage.
[E1]
Édit. 2020
personnalité (épidémiologie des troubles de la) l.f.
Études difficiles à effectuer en population générale, même par une équipe expérimentée, et en fait peu nombreuses.
Avec l'aide de nouveaux instruments d'évaluation standardisés, la prévalence de l'ensemble de ces troubles pour la vie entière est située entre 5,09 et 11,01 p.100. Elle est estimée respectivement à 45 et 67 p.100 dans un service psychiatrique d'hôpital général et dans un établissement psychiatrique.
Sont rencontrées surtout : les personnalités schizotypiques, "bordelines", histrioniques, dépendantes et obsessionnelles-compulsives. Des associations sont fréquentes chez un même patient (2,8 à 4,6 p.100 en moyenne). La comorbidité est élevée avec, notamment, une appétence pour des substances (toxiques, drogues, médicaments, etc.) un état anxieux, une dépression. Une forte fréquence des difficultés conjugales, du chômage, de problèmes relationnels, de conduites suicidaires, est observée par beaucoup d'auteurs.
schizophrénie (épidémiologie de la) l.f.
schizophrenia (epidemiology)
Malgré des "zones d'ombre" majoritaires, seront retenus : un âge de survenue entre 15 et 35 ans, avec une répartition d'ensemble égale entre les deux sexes ; un taux de prévalence moyenne en Europe entre 2,5 et 5,3 p.1000 ; une incidence de 0,11 à 0,59 p.1000. Soutenue par diverses études, une diminution de ces états n'est pas exclue.
Si la répartition des schizophrénies apparaît comparable dans le monde, la validité de ces données a souvent été mise en question du fait de critères diagnostiques différents, de l'exclusion de patients guéris ou stabilisés et aussi d'une appréciation insuffisante, voire erronée, des facteurs présumés étiologiques et de leur rôle.
Ainsi, une incidence plus élevée à l'âge adulte chez des enfants de mères exposées à une épidémie de grippe au cinquième mois de leur grossesse, reste discutée.
Deux fois supérieure à celle de la population générale, la mortalité est surtout due : à la pathologie infectieuse ; à des morts subites liées ou non aux neuroleptiques sédatifs ou à un syndrome malin ; majoritairement à des suicides par dépression surtout secondaire à la chimiothérapie et/ou à une prise de conscience de la situation. Elle serait plus fréquente dans certaines populations, p. ex. au Japon.
suicide (épidémiologie du) l.f.
suicide (epidemiology)
Il s'agit d'un véritable phénomène social, malgré les approximations qui pèsent sur les données disponibles. En France, on compterait plus de 12 000 décès par suicide par an, plus nombreux que par accident de la route, avec une surmortalité masculine.
Une nette augmentation des taux de déclarations est relevée en Europe, surtout chez les adolescents et adultes jeunes.
Par rapport aux tentatives, ils sont plus fréquents chez les sujets âgés, célibataires ou veufs ou divorcés, sans travail ou à la retraite. Il s'agit principalement de pendaisons, suivies de l'emploi d'armes à feu, puis d'intoxications.
Les tentatives de suicide connues sont environ 10 fois plus fréquentes selon des chiffres européens, avec une majorité féminine et plus d'un tiers concernant des sujets de moins de 25 ans. Elles constituent un important facteur de risque suicidaire ultérieur : de 10 à 14% des cas. Leur incidence est, ici aussi, en augmentation. Elles sont plus fréquentes en cas d'isolement social ou de famille dissociée. Il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, puis de phlébotomies, bien plus rares et parfois associées.
Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper
→ suicide
épidémiologie analytique l.f.
Etude des facteurs susceptibles de favoriser la survenue de maladies.
Syn. épidémiologie explicative et prédictive.
[ E1]
Édit. 2020
épidémiologie explicative
l.f.
Syn. épidémiologie analytique
[E1]
Édit. 2020
épidémiologie prédictive l.f.
Syn. épidémiologie analytique
[E1]
Édit. 2020
deuxième urgence l.f.
second degree emergency ('expression inusitée en anglais)
Étym. lat. urgens : pressant (participe passé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)
extrême urgence l.f.
immediate emergency (E I)
[G2]
Édit. 2018
fausse urgence l.f.
false emergency
[N1]
Édit. 2018
hémodialyse d'urgence l. f..
emergency hemodialysis
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales aigües, qui repose sur les mêmes principes que ceux de l’hémodialyse chronique de suppléance.
Dans les indications d’urgence, en réanimation, la dérivation sanguine est veinoveineuse grâce à l’utilisation de cathéters spéciaux à double lumière. L'hémodialyse est également utilisée pour corriger les déséquilibres électrolytiques (par ex. l'hyperkaliémie) ou acidobasiques et l'hyperhydratation. Elle est d'une application délicate. On pratique des séances de deux à quatre heures avec un faible débit continu, suivies d'une ultrafiltration pendant une à deux heures. L'hémodialyse mobilise une quantité importante de sang dans le circuit extracorporel (d'un volume comparable à celui d’une hémorragie) et les variations rapides d'osmolarité plasmatique entraînent en outre une perte accélérée de liquide intravasculaire ; il en résulte une hypovolémie et une inflation du secteur extravasculaire qui fait courir le risque d'œdème cérébral. C'est pourquoi on préfère aujourd’hui souvent l'hémofiltration à l'hémodialyse.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, générateur de dialyse
[M1,G2]
Édit. 2015
hospitalisation d'office d'urgence l.f.
administrative emergency psychiatric hospitalization
Procédure d'admission régie dans son article L 343 par la loi du 27 juin 1990, qui prévoit qu'en cas de danger imminent pour la sûreté des personnes, attesté par un avis médical (et non par un certificat) ou, à défaut, par la notoriété publique, le maire ou à Paris le commissaire de police arrête à l'égard des personnes présentant des troubles mentaux manifestes toutes les mesures provisoires (valables 48 heures) nécessaires, à charge d'en référer au préfet qui statue sans délai et peut prendre un arrêté d'hospitalisation d'office.
médecine d'urgence l.f.
emergency medicine
Discipline médicale qui se consacre aux soins à donner d’urgence aux malades en cas de menace sur leur vie, et à l’organisation technique de ces soins.
Selon les cas, la défaillance d’une fonction vitale nécessite des soins immédiats, par exemple une hémorragie ou une défaillance cardiaque ou l’intervention d’urgence peut être différée de quelques heures. Le jugement du médecin a donc une grande importance et la médecine d’urgence ne peut être pratiquée que par des médecins expérimentés.
Syn. oxyologie
médicaments d'urgence l.m.
Ensemble des médicaments dont il est souhaitable que le médecin ou les personnels qualifiés sous son contrôle, puisse disposer en cas d'urgence (liste à titre indicatif) :
Médicaments cardiovasculaires : adrénaline (à protéger de la chaleur et de la lumière), digoxine, isoprénaline, dobutamine ;
Antiangoreux : trinitrine, dinitrate d'isosorbide ;
Antihypertenseur : nifédipine, nicardipine ;
Antiarythmiques : clonidine, lidocaïne, amiodarone, bêtabloquants, triphospho-adénine ;
Vagolytique : atropine ;
Diurétique : furosémide ;
Bêta-2-mimétiques : terbutaline, salbutamol ;
Antalgiques morphiniques : morphine, nalbuphine ;
Antalgiques antipyrétiques : aspirine, acétyl-salicylate de lysine, paracétamol ;
Anticoagulant : héparine ;
Antispasmodique : phloroglucinol ;
AINS : kétoprophène ;
Antiinflammatoires stéroïdiens : bêta-méthasone, hémisuccinate d'hydrocortisone ;
Anticonvulsivants : diazépam, phénobarbital ;
Tranquillisants, anesthésiques : clorazépate, hydroxyzine, thiopental ;
Neuroleptiques : dropéridol ;
Antihistaminique : dexchlorphéniramine ;
Antidiarrhéique : lopéramide ;
Utérotoniques : méthyl-ergométrine, ocytocine ;
Eau et électrolytes : eau distillée, sérum glucosé (10% et 30%), sérum physiologique,
Bicarbonate de Na (42%), gluconate de Ca, Ringer-lactate, lactate de sodium molaire ;
Solutés colloïdaux : substituts du plasma ;
Antidotes : flumazénil, naloxone.
Stéthoscope, appareil à tension
Listes réduites : trousse de premier secours, «personnel» non-médical, et trousse d'urgence, «médecin», réglementaire sur les avions de ligne (Arrêté du 5/17/1988 modifié 25/5/1989, cet arrêté ancien mériterait d'être actualisé). Il est à noter qu'il n'y a pas de toxique B, dans ces trousses (pour éviter les vols).
→ trousse d'urgence « médecin », trousse de premier secours « personnel non médical »
plan d'urgence l.m.
Programme d’organisation des secours qui prévoit les mesures à prendre et les moyens de secours à mettre en œuvre pour faire face à des risques de nature particulière ou liés à l’existence et au fonctionnement d’installations ou d’ouvrages déterminés.
Les plans d’urgence comprennent : les plans particuliers d’intervention, les plans destinés à porter secours à de nombreuses victimes ou plan rouge et les plans de secours spécialisés liés à un risque défini. Pour ces trois types de plans sont prévus un plan départemental (établi et déclenché par le préfet), un plan interdépartemental (arrêté par le préfet désigné par le premier ministre), un plan zonal (établi et déclenché par le préfet de zone de défense).