nicotine n.f.
nicotine
Principal alcaloïde de la feuille de tabac (Nicotina tabacum L. et N. rustica L., Solanaceæ) responsable de l’addiction au tabac.
- En pharmacognosie, c’est un alcaloïde non oxygéné, volatil à l’état de base, à noyau pyridine substitué en 3 par un reste de N-méthylpyrrolidone. Sa teneur est de 2 à 8 p. cent dans la feuille sèche.
- En pharmacologie, agoniste des récepteurs cholinergiques des ganglions du système nerveux végétatif et de la plaque motrice (récepteurs nicotiniques), la nicotine provoque tachycardie, hypertension, polypnée, mydriase, accélération du péristaltisme. A forte dose, elle bloque la transmission ganglionnaire (action ganglioplégique).
- En toxicologie, elle est à l’origine d’intoxications accidentelles du fait de son emploi comme insecticide, en particulier contre les pucerons. Elle est absorbée soit par voie respiratoire, soit par voie transcutanée. Les symptômes de l’intoxication aigüe sont : lésions des muqueuses digestives, nausées, hémorragies, insuffisance respiratoire, collapsus, coma, convulsions et mort. L’intoxication à faible dose provoque : hyperventilation, hyper-sialorrhée, vomissements, diarrhée, tachycardie, hypertension, tremblements des extrémités. Le traitement en urgence fait appel au lavage d’estomac ou au lavage des régions de la peau contaminées avec une solution de permanganate de potassium, assistance ventilatoire, sédation des crises convulsives. La nicotine est très toxique pour de nombreuses cellules. Elle stimule puis déprime le système nerveux central entraînant, entre autres effets : confusion mentale, perte de la mémoire. Présente dans la fumée de tabac, elle est responsable de graves accidents vasculaires (artérite).
- En thérapeutique, depuis quelques années, elle est préconisée pour le sevrage des fumeurs de tabac, sous forme de gomme à mâcher et de timbres adhésifs. Son efficacité, réelle quoique non systématique, justifie l’autorisation de la publicité grand public pour ce produit, pourtant uniquement délivré sur ordonnance médicale.
J. Nicot, ambassadeur de France en Espagne (1530-1600)
facteurs de risques cardiaques l.m.
cardiovascular risk factors, risk markers
État physiologique (comme l'âge, le sexe masculin ou l'hérédité) ou pathologique (comme les anomalies des lipides plasmatiques, les diabètes sucrés, ou l'hypertension artérielle) ou encore habitude de vie (comme la consommation de tabac, un régime alimentaire trop riche en graisses saturées et en cholestérol, ou la sédentarité), susceptible d'entraîner une incidence ou à une gravité accrues des maladies artérielles, notamment l'ischémie d'origine athéroscléreuse.
L'épidémiologie descriptive qui a identifié ces risques n'étant capable que d'établir des associations, et non pas des relations certaines de cause à effet, il est préférable de les nommer indicateurs (ou marqueurs) de risque. Certains sont de plausibles agents d'irritation artérielle, dont la nature peut être physique (hypertension artérielle), toxique (tabac) ou métabolique (perturbations du métabolisme lipidique, diabète). Un indicateur peut être érigé au rang de facteur de risque quand sa correction par un traitement améliore le pronostic (prévention secondaire) ou réduit la fréquence (prévention primaire) des maladies artérielles.
Syn. marqueur de risque artériel, indicateur de risque artériel
[K2]
Édit. 2018
pseudomyxome n.m.
Reinke’s oedema
Œdème gélatineux se développant sous la muqueuse de la face supérieure de la corde vocale dans la zone décollable.
Il est lié à l’abus de tabac et au malmenage vocal. Il entraîne une dysphonie légère avec abaissement du fondamental (voix de bronze). La dégénérescence de cette lésion est exceptionnelle. Après sevrage du tabac, son traitement est endoscopique (microchirurgie, laser) et orthophonique.
F. B. Reinke, anatomiste allemand (1895)
Syn. laryngite chronique pseudomyxomateuse, œdème de Reinke.
→ Reinke (œdème de), dysphonie, orthophonie
évaluation épidémiologique des risques l.m.
risk factor
1) Évaluation du risque supplémentaire apporté par une nouvelle cause en prenant comme référence le risque normal dans la même situation.
Les études épidémiologiques, notamment en cardiologie, ont précisé le rôle de l'âge, du poids, du tabac, de l'alcoolisme, d'un polluant, du cholestérol, etc. Il est difficile d'évaluer ces risques de façon absolue mais on peut le faire par comparaison du rapport des cotes par rapport à un groupe témoin de sujets considérés comme normaux : par ex. si la mortalité des sujets de poids normal de même âge, sexe, etc. est deux fois moindre que celle d'un groupe de sujets comparables mais d'un poids de 10 kg au-dessus de la normale. On dit qu'une surcharge de poids de 10 kg apporte un facteur de risque égal à 2. Pour les jeunes conducteurs, une alcoolémie de 0,5 g/L apporte un risque d'accident 2 fois plus grand : le facteur de risque d'une telle alcoolémie est égal à 2, pour une alcoolémie de 0,8 g/L le facteur de risque est alors de 5.
Lorsqu'au contraire l'évaluation épidémiologique montre que le rapport des cotes est plus petit que 1, c'est-à-dire, par ex., que la mortalité est plus faible dans le groupe étudié que dans le groupe témoin, on parle d'un effet de précaution, et le facteur de risque devient un facteur de protection.
2) Dans le langage médical courant l'expression a pris le sens vague de cause (supplémentaire) d'une maladie.
Par ex. : le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire. On confond souvent risque et facteur de risque.
→ alcoolémie, cotes (rapport des), diœkétique (risque)
[E1]
Édit. 2018
tabagisme n.m.
1) Consommation excessive de tabac.
2) Manifestations pathologiques liées à une telle consommation.
De nombreuses maladies sont causées par l’usage excessif du tabac, surtout sous forme de cigarettes avec inhalation de la fumée : cancers des voies aérodigestives supérieures, bronchite chronique, cancer du poumon, cancer de la vessie, maladies des artères du cœur ou des membres inférieurs, etc.
tabagisme de l'adolescent l.m.
tabagism among adolescents
En Santé publique, cette notion est importante. L’âge de début du tabagisme se situe aux alentours de la onzième et douzième année. La moitié de ces jeunes ne parviendra pas à arrêter de fumer et un quart d’entre eux (la moitié de ceux qui
Le tabac est la première drogue consommée par les jeunes Français : 26,3 % des jeunes de 15 ans sont des fumeurs réguliers. Parmi les raisons qui poussent ceux-ci à fumer, on retiendra la sociabilité. On fume en groupe par conformisme, par souci d'imiter les plus âgés. L'influence du tabagisme parental est grande. La première cigarette peut jouer un rôle initiatique dans le passage de l'enfance à l'adolescence. On fume pour se sécuriser, pour réduire la tension, l'agressivité d'un moment, pour combler un mal-être, remplacer ou masquer, pour se défouler, se décontracter .Les jeunes connaissent les méfaits du tabac, mais ils ne croient pas qu'ils les concernent. C'est parfois le premier pas vers l'utilisation d'autres drogues.
addiction n.f.
addiction
Etat pathologique de dépendance chronique caractérisé par la compulsion à consommer une substance psycho-active (addiction pharmacologique) ou répéter un comportement (addiction comportementale) malgré les conséquences néfastes sans que la volonté du sujet puisse s’y opposer.
L’entrave d’accès à la substance ou au comportement est source d’un état émotionnel désagréable (tension, irritabilité). Le réseau neuronal dopaminergique dit de récompense, à l’origine de plaisir chez l’individu normal devient dysfonctionnel chez le sujet dépendant.
Les critères diagnostiques de l’addiction désormais reconnue maladie chronique sont :
-le désir compulsif à consommer le produit ou à répéter un comportement,
-la sensation croissante de tension précédant le passage à l’acte,
-le soulagement ou le plaisir durant la consommation ou la réalisation du comportement,
-les tentatives répétées pour réduire ou cesser la consommation ou le comportement,
-le phénomène de tolérance (ou accoutumance) aux effets du produit ou du comportement,
-les signes de sevrage (ou de manque) lors de la diminution ou de l’arrêt de la consommation ou du comportement,
-la poursuite de la consommation ou du comportement malgré les effets néfastes.
Les conséquences de l’addiction peuvent être individuelles (réduction pour l’intérêt porté à ce qui ne concerne pas l’addiction et à ce qui altère la santé), familiales ou sociales (perte d’emploi, ennuis financiers ou judiciaires).
Le potentiel addictogène est variable selon la substance : fort pour le tabac ou l’héroïne, faible pour le cannabis,
De nombreuses comorbidités psychiatriques ont été identifiées : troubles schizophréniques, dépressifs, anxieux et troubles de la personnalité.
Les études familiales indiquent une héritabilité variant de 30 à 60 %. Les caractéristiques génétiques déterminant cette vulnérabilité ne sont pas identifiées. Cela n’exclut pas le poids des facteurs environnementaux.
Étym. lat. addicere : adjuger, condamner ; l'addictio est une sentence du prêteur condamnant le débiteur à devenir l'esclave du créancier ; addictus : esclave pour dette
Syn. déconseillé assuétude
→ toximanie, dépendance à une substance
[G3,G4,H4]
Édit. 2017
aérocontaminant n.m.
air polluant
Élément étranger se trouvant dans l'air ambiant, nocif par inhalation pour l'appareil respiratoire.
Parmi les aérocontaminants, on peut opposer la pollution industrielle et urbaine intéressant l'ensemble de la population et les émanations inhalées par chaque individu, dominées par la fumée de tabac.
[E1,E2,K1]
Édit. 2017
alcoolotabagisme n.m.
Ensemble des manifestations pathologiques liées à une consommation excessive, prolongée et associée de boissons alcooliques et de tabac.
Un grand nombre des cancers des voies aérodigestives supérieures peuvent être attribués à l’alcoolotabagisme.
[E1,G3,G4,K1,P1]
Édit. 2017
cancer des glandes salivaires l.m.
Les types histologiques les plus fréquents sont les cancers muco-épidermoïdes à cellules acineuses, les adénocarcinomes, les cylindromes ou cancers kystiques et des tumeurs malignes mixtes qui siègent le plus souvent sur la parotide (80% des cas), l’attei
Le tabac, soit chiqué soit fumé est un facteur de risque, de même qu’une irradiation pour un autre cancer de la tête et du cou et certaines expositions professionnelles (kérosène, nickel, silice..). Le traitement chirurgical donne d’excellents résultats si la tumeur n’est pas trop évoluée. La radiothérapie complémentaire est indiquée dans les formes relativement évoluées ou en cas d’exérèse incomplète ou si la tumeur adhère au nerf facial, en cas d’atteinte ganglionnaire. Les formes trop évoluées localement et/ou métastatiques relèvent soit de la radiothérapie exclusive avec ou sans chimiothérapie ; leur évolution, en dépit de la thérapeutique est très sévère.
[F2,P3]
cancer du cavum l.m.
nasopharyngeal carcinoma
Tumeur maligne développée aux dépens du cavum ou rhino-pharynx.
L’alcool et le tabac ne jouent aucun rôle dans son déterminisme. Par contre la responsabilité du virus d’Epstein-Barr est probable.
Un facteur ethnique est souvent en cause (Maghreb, Chine méridionale). Deux types histologiques doivent être distingués : les carcinomes (épidermoïdes et indifférenciés) et les lymphomes malins non hodgkiniens. Les signes révélateurs sont souvent trompeurs : obstruction nasale, otite séreuse le plus souvent unilatérale, algies faciale et auriculaire, paralysie des paires crâniennes, adénopathie cervicale. L’examen clinique du cavum bénéficie du naso-fibroscope qui voit la tumeur et guide la biopsie. L’extension est appréciée par l’examen clinique, la tomodensitométrie et l’I.R.M. Le traitement repose sur la radiothérapie associée selon des protocoles divers à la chimiothérapie.
Étym. lat. cavum : trou
[F2,P1]
cancer du nasopharynx l.m.
nasopharyngeal carcinoma (NPC)
Tumeur, surtout d'origine épithéliale, développée aux dépens du cavum ou rhino-pharynx, dans l’immense majorité des cas.
La forme histologique et clinique la plus fréquente est la forme dite indifférenciée (undifferentiated carcinoma of nasopharyngeal type (UCNT). Les lymphomes nasopharyngés sont beaucoup plus rares, il s’agit généralement de lymphomes à grandes cellules de haut grade de malignité.
L'UCNT diffère des autres carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou par son histologie indifférenciée caractéristique. Il est à distinguer du lymphome. Il atteint aussi bien les deux sexes. Son épidémiologie est sans rapport avec l'alcool et le tabac en revanche, sa relation est constante avec l’infection par le virus d'Epstein-Barr (EBV). Son étiologie implique aussi des facteurs génétiques et environnementaux (nitrosamines, aliments fumés,).Son incidence est particulièrement élevée en Asie du Sud-Est (Chine du sud) et dans le bassin méditerranéen.
L’extension locale de cette tumeur se fait vers l'oropharynx et la base du crâne, le palais et la cavité buccale. Les métastases sont essentiellement ganglionnaires et viscérales, expliquant les échecs thérapeutiques d’un traitement seulement local basé sur la radiothérapie qui marquée permet d'obtenir dans un pourcentage de cas important un taux de contrôle locorégional satisfaisant. La chimiothérapie est utilisée dans les formes très évoluées et métastasées. Une chimiothérapie adjuvante à la radiothérapie peut être proposée en fonction de l’extension dans les formes localisées.
Syn. cancer du cavum
→ Epstein-Barr (virus d'), lymphome malin
[F2,P1]
cannabis n.m.
cannabis
Nom botanique du Chanvre (Cannabis sativa L.), grande plante herbacée annuelle dont la variété riche en résine correspond au chanvre indien aux effets délétères variés, principalement neuropsychiatriques, particulièrement graves.
Le chanvre indien comporte, parmi quelque 450 constituants identifiés, une soixantaine de dérivés cannabinoïdes, dont plusieurs d’entre eux développent des effets psychotropes. C'est le cas du plus abondant d'entre eux : le Δ 9 tétrahydrocannabinol ("T.H.C.") aux effets toxicomanogènes et hallucinogènes.
Les toxicomanes utilisent la plante entière pour confectionner des "joints"; c'est "l'herbe, la "beuh" la « marijuana », ou bien les globules de résine, obtenue par battage de la plante, agglomérés au moyen d'adjuvants variés, pas toujours dénués d'une toxicité intrinsèque; c'est la résine, ou "shit" ou "haschisch" (qui est égrenée dans du tabac pour confectionner des "pétards" ou pour être fumée dans des pipes à eau, ou pour être vaporisée dans des dispositifs ad hoc.
Dès les très faibles doses (de l’ordre d’une dizaine de µg) le THC induit d’importants effets sur le système nerveux central et périphérique et sur le système nerveux autonome. Effet vasodilatateur (yeux rouges), baisse de la pression artérielle, diminution de la pression de l'humeur aqueuse, broncho dilatation. Il induit surtout une grande variété d'effets centraux : analgésie, myorelaxation, sédation, euphorie, ébriété, potentialisation majeure des effets de l'alcool, perturbation de l'équilibre et de la coordination des mouvements (à l'origine de nombreux accidents de la route et du travail), modification des perceptions sensorielles, élévation du seuil épileptogène.
L’anxiolyse ressentie lors d’un usage aigu fait place lors des répétitions à des troubles anxieux. Il en est de même des effets pseudo-antidépresseurs qui virent au long cours à des troubles dépressifs graves (suicides). A ces effets s’ajoutent une toxicité cardio-vasculaire, une immunodépression des perturbations du cours de la grossesse avec des conséquences sur le nourrisson.
La dépendance psychique peut conduire à une psychose cannabique (qui régresse en quelques mois sans réapparaître en l'absence d'une reprise de la consommation) et qui peut aussi décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, la faisant éclater, créant une résistance au traitement antipsychotique et déterminant de grands accès délirants, hallucinatoires, auto ou hétéro agressifs.
La dépendance s’associe à une tolérance qui incite le toxicomane à recourir à des drogues supplémentaires (polytoxicomanies).
Le cannabis suscite, d'une façon particulièrement malencontreuse à l'âge des apprentissages et de l'éducation, une nette perturbation de la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme). Il fait perdre la notion de temps et rend le sujet incapable d'évaluer les troubles qu'il s'inflige du fait de cette consommation (anosognosie).
Tous ces effets sont liés à la dose, avec des sensibilités individuelles assez variables. Les produits en circulation, par différents artifices ont vu leur taux de THC croître considérablement au cours des dernières décennies, tandis que certaines modalités de consommation (pipe à eau, dispositifs de vaporisation) ont permis de décupler la cession du THC à l'organisme. Le THC, de par son exceptionnelle lipophilie se concentre dans les graisses de l'organisme, en particulier dans les lipides cérébraux. Chaque consommation incrémente la quantité fixée qui, relarguée au très long cours, passe par le foie qui forme des métabolites hydrosolubles, que le rein éliminera sur plusieurs semaines.
Le cannabis n'est pas létal en consommation aigue tandis qu’au long cours il peut être responsable de cancers O.R.L., broncho-pulmonaires et testiculaires, ainsi que de comportements imprudents de tous types, de suicides et d'accès à d'autres drogues létales par surdose.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
Syn. bhang, ganjah, chara, haschich, kif, takrouri, hafioum, yamba, dagga, marihuana, djamba, pacalolo….
→ toxicomanie, addiction, chanvre, psychose cannabique
[G3]
carie dentaire l.f.
dental decay
Déminéralisation progressive d’une ou de plusieurs dents.
La carie débute par l’attaque de l’émail puis de la dentine et creuse une cavité au sein de la dent, source de douleurs au froid et au chaud. La pulpe est ensuite atteinte (pulpite) précédant la nécrose du nerf et du desmodonte. Une ostéite et une cellulite peuvent alors apparaître en l’absence de traitement.
La carie est due à des facteurs endogènes et exogènes. Les premiers sont la plaque dentaire bactérienne (lactobacillus et streptocoque mutans), les maladies des gencives et des facteurs génétiques tels que l’hypo ou l’agénésie de l’émail. Les facteurs exogènes proviennent des modes alimentaires riches en sucres, de la consommation de tabac et d’alcool.
[P3]
décollement prématuré du placenta normalement inséré l.m.
abruptio placentae, premature placental separation
Détachement de la plaque basale du placenta par rapport à la caduque utérine avant l'expulsion du fœtus par le fait d’un hématome rétroplacentaire.
Il est dû à la formation d'un hématome par rupture d'un sinus veineux périphérique, l’hématome décidual marginal, ou d'une artère centrale, l’hématome décidual basal. Le décollement physiologique du placenta ne se produit normalement qu'après l'expulsion du fœtus, lors de la délivrance. C'est un accident aigu de la grossesse, complication d'une toxémie gravidique, d'un traumatisme ou d'une intoxication par le tabac, la cocaïne, ou de l'accouchement après rétraction brutale du myomètre suivant la vidange d'un hydramnios ou l'expulsion d'un premier jumeau. La symptomatologie est dominée par une douleur abdominale brutale, des métrorragies de sang noir incoagulable et un état de choc disproportionné par rapport aux pertes sanguines vaginales. A l'examen, le signe principal est l'hypertonie utérine, l’utérus de bois. Le diagnostic est conforté par l'existence d'une protéinurie. L'hématome rétroplacentaire présente des degrés de gravité variable, avec des formes mineures ou latentes et survie du fœtus, et des formes graves avec état de choc et mort fœtale. Son traitement nécessite une extraction par césarienne en urgence lorsque l'enfant est vivant et une évacuation utérine rapide lorsque l'enfant est mort.
A. Couvelaire, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1912) ; E. W Page, gynécologue obstétricien américain (1954)
→ Couvelaire (syndrome de), Page (classification de) , hématome décidual basal, hématome décidual marginal
[O3]
Édit. 2018
défaut de croissance fœtale intra-utérine l.m.
intrauterine growth retardation
Anomalie de la croissance du fœtus qui se traduit par un poids de naissance inférieur à ce qu'il devrait être pour l'âge gestationnel.
Il peut être dû à une diminution du débit utéroplacentaire au cours d'un syndrome vasculorénal, à une lésion placentaire vasculaire ou tumorale, un chorio-angiome, à une anomalie funiculaire, une insertion vélamenteuse du cordon, une artère ombilicale unique, ou à un déséquilibre circulatoire entre deux jumeaux, à un état de malnutrition ou à une cardiopathie cyanogène maternelle. Il est alors dysharmonieux, affectant le tronc et les membres, respectant la tête. Il peut aussi être secondaire à une embryofœtopathie virale (la rubéole, l’herpès, le cytomégalovirus, le parvovirus) ou parasitaire (la toxoplasmose), ou toxique (l’alcool ou le tabac) ou tératogène ou enfin malformative, chromosomique ou génétique. Il est alors harmonieux, affectant en même temps le tronc, les membres et la tête. Le diagnostic est suspecté par la mesure de la hauteur utérine et confirmé par des mesures biométriques échographiques. La gravité de la souffrance fœtale chronique est attestée par l'augmentation de la résistance vasculaire ombilicale mesurée en vélocimétrie Doppler, et les ralentissements tardifs à l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal. En l'absence de traitement médical efficace, il nécessite souvent une interruption prématurée de la grossesse.
Étym. lat. de : préfixe intensif, fallo : tromper, manquer à ce qu'on aurait dû faire
Syn. hypotrophie fœtale, malnutrition fœtale intra-utérine, souffrance fœtale chronique, retard de croissance intra-utérin
dysfonction endothéliale l.f.
endothelial dysfunction
Troubles de la régulation de la vasomotricité coronaire en rapport avec les modifications d’un ensemble de médiateurs nés dans l’endothélium vasculaire (NO, endothéline, prostaglandines, etc.), au cours du vieillissement naturel, de l’hypercholestérolémie, du diabète, et par l’usage du tabac.
fibrose orale sous-muqueuse l.f.
oral submucous fibrosis
Affection chronique de la cavité buccale à potentialité précancéreuse, observée surtout en Inde mais aussi dans d'autres régions d'Asie, avec développement insidieux d'une fibrose sous-épithéliale sur toute la muqueuse buccale, entrainant progressivement un trismus et la fermeture irréductible de la bouche.
L'amincissement épithélial associé sensibilise la muqueuse à des carcinogènes comme le tabac. On évoque le rôle étiopathogénique de certains piments alimentaires et du bétel.
→ trismus
[J1,F2,P3]
Édit. 2018
interaction en épidémiologie l.f.
interaction
On dit qu’il y a interaction lorsque le risque relatif est différent selon la présence ou non d’une caractéristique chez un sujet.
Par ex. il y a interaction entre le tabac et l’alcool dans la survenue d’un cancer de l’œsophage.
[E1]
Édit. 2020
kératose laryngée l.f.
keratosis
Anomale de maturation de l’épithélium malpighien se traduisant par l’apparition de grains de kératine dans les cellules superficielles de la muqueuse des cordes vocales.
Ce phénomène est lié à l’inflammation chronique ou à certains toxiques comme la fumée de tabac. La kératinisation peut se faire sous forme de tache blanche surélevée et plane, appelée leucoplasie, ou de forme verruqueuse hérissée de nombreux spicules appelé papillome corné. Ce type de lésion peut correspondre à un cancer très différencié ou à un état pré-cancéreux. Une biopsie exérèse est nécessaire.
Legionella
Legionella
Genre de bacilles à Gram négatif aérobies, appartenant à la famille des Legionellaceae et provenant de milieux aquatiques : eaux potables, eaux chaudes, systèmes de climatisation, humidificateurs d’air, boues.
On en distingue près de 40 espèces, pour moitié pathogènes pour l’Homme, en particulier Legionella pneumophila, agent de la légionellose.
Certaines espèces seraient capables de survivre et de proliférer dans des amibes libres. Les espèces pathogènes pour l’Homme sont surtout responsables de pneumopathies aigües, de bactériémies et d’endocardites, parfois d’origine nosocomiale, chez des patients immunodéprimés ou présentant des facteurs de risque : tabac, prise de toxiques, alcoolisme. Le diagnostic microbiologique repose sur l’isolement de la souche par hémoculture ou à partir d’autres prélèvements et sur les analyses sérologiques pour certaines espèces. Les Legionella sont sensibles aux macrolides, aux tétracyclines, aux fluoroquinolones, à la rifampicine.
marijuana n.f.
marijuana
Feuilles et fleurs séchées de cannabis sativa (d’où l’appellation familière d’« herbe »).
Elles sont hachées et fumées, mélangées ou non à du tabac (« joint ») ; elles peuvent être bues en infusion. Leur teneur en tétrahydrocannabinol varie de 0,5 à 5 %. Tératogène chez la souris, elle est sans conséquence majeure sur la grossesse. Il y a un risque d’accoutumance, de dépendance et d’effets secondaires.
Syn. marihuana
monoxyde de carbone l.m.
carbon monoxide
Produit de la combustion incomplète du carbone, gaz incolore et inodore à la température ordinaire, de densité légèrement plus faible que celle de l'air, de formule CO, toxique en raison de son affinité pour l'hémoglobine, ainsi que pour la cytochrome-oxydase.
Il est capable de se combiner avec l'hémoglobine en formant un composé stable, la carboxyhémoglobine, impropre au transport de l'oxygène (le coefficient d'affinité du CO est 250 fois plus fort que celui du dioxygène O2). Très facilement absorbé par inhalation, le monoxyde de carbone est la cause de nombreux accidents mortels. Il provient surtout de la combustion incomplète du charbon : il est présent dans la fumée de tabac.
Le CO traverse très rapidement la paroi alvéolaire, son passage dans le sang dépend de la concentration du gaz dans l'alvéole : sous forte concentration l'intoxication est foudroyante, l'arrêt cardiaque survient après quelques mouvements respiratoires. Dans ce cas la réanimation n'est efficace qu'en utilisant d'urgence l'oxygène à gros débit pendant le massage cardiaque. À plus faible concentration la mort survient lorsque les deux tiers de l'hémoglobine sont bloqués. Pour des concentrations encore plus faibles un équilibre s'établit entre l'oxyhémoglobine et la carboxyhémoglobine ce qui permet aux secours d'agir efficacement (oxygénation, éventuellement sous pression barométrique élevée), pour une concentration de l'ordre du millième (1 000 ppm) la survie est très prolongée. L'intoxication chronique fait partie des nombreux effets indésirables des combustions mal ventilées, le cas le plus typique est celui du chauffe-eau à gaz installé sans ventilation suffisante (il est la principale cause de plusieurs centaines de morts par an en France) : les signes en rapport avec une exposition à des concentrations de 100 ppm sont des céphalées, une asthénie musculaire et une fatigue générale. Le seuil de tolérance est de l'ordre de 50 ppm. Le monoxyde de carbone est le polluant atmosphérique le plus abondant dans l'air des villes où la concentration moyenne, sans danger identifiable, est de l'ordre de 10 ppm.
En médecine du travail l'intoxication subaiguë est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 64 du RG, 40 du RA) avec un délai de 30 jours i entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes.
Syn. oxyde de carbone (déconseillé)
→ cytochrome-oxydase, carboxyhémoglobine
[C1, E2, F1, F2, H1]
Édit. 2018
pancréas (cancer du) l.m.
pancreatic cancer
Cancer développé à partir du pancréas exocrine, il s’agit histologiquement d’un adénocarcinome dans 90 % des cas.
Le cancer du pancréas a connu ces dernières années une augmentation significative de son incidence, deuxième cancer digestif après le cancer colorectal. Il est la cinquième cause de décès par cancer. Il survient le plus souvent entre 70 et 80 ans, avec une incidence discrètement plus élevée chez l’homme que chez la femme.
Les facteurs de risque sont dominés par le tabac. Une susceptibilité génétique peut être en cause dans 5 à 10 % des cas.
Le diagnostic est le plus souvent porté à un stade avancé du fait d’une expression tardive de la maladie. Le plus souvent le cancer est localisé à la tête du pancréas et se manifeste par un ictère de type cholestatique, ictère dit « nu » car sans fièvre et souvent sans douleur avec un prurit progressivement croissant. Lorsque le cancer est corporéo-caudal, la découverte est encore plus tardive car se manifestant lorsque la tumeur atteint un volume important responsable de douleurs ou d’un amaigrissement ou au stade métastatique. Il n’y a pas de marqueur tumoral à visée diagnostique. L’Ag CA 19-9 est non spécifique et augmenté en cas d’ictère.
L’imagerie comporte l’échographie, examen de première intention qui, lorsque le cancer est situé au niveau de la tête montre les signes indirects que sont une dilatation de la voie biliaire principale et/ ou du canal de Wirsung et peut visualiser la tumeur d’aspect hypoéchogène le plus souvent ; elle contribue au bilan d’extension. L’examen tomodensitométrique thoraco-abdomino-pelvien visualise la tumeur hypodense dans la majorité des cas, permet de détecter les métastases et l’envahissement artériel, veineux, ganglionnaire.
L’exérèse chirurgicale reste la seule chance de guérison mais seuls 20 % des patients ont une tumeur localisée, non métastasée et résécable. Après intervention, le taux de survie à 5 ans a augmenté significativement ces dernières années étant actuellement de l’ordre de 30 %. Cette amélioration est due à une baisse de la mortalité opératoire divisée par 3, à une meilleure sélection des patients et à l’utilisation de la chimiothérapie adjuvante post-opératoire. La résection ne doit pas être réalisée en cas de maladie métastatique ou d’envahissement de l’artère mésentérique ou du tronc cœliaque. L’atteinte veineuse même complexe n’est pas une limite à la résection. En cas de tumeur résécable, la biopsie est inutile, le diagnostic histologique sera obtenu par l’examen anatomopathologique de la pièce d’exérèse mais la biopsie est impérative si un traitement chirurgical n’est pas envisagé. Une chimiothérapie adjuvante de 6 mois est un standard après l’intervention chirurgicale.
Les malades ayant un cancer localement avancé sont traités par chimiothérapie ou radio-chimiothérapie. Un petit nombre d’entre eux, qui est très faible, peut secondairement être opéré, mais globalement leur survie reste médiocre.
Les malades en situation métastatique sont traités par chimiothérapie.
En cas d’ictère, le « déjaunissement » est obtenu le plus souvent par pose endoscopique d’une prothèse.
Différents protocoles de chimiothérapie sont proposés. La Gemcitabine garde sa place chez les patients âgés de plus de 75 ans, dont le score OMS est supérieur à 1. Pour les patients en excellent état général (OMS 0-1) avec une bilirubine normale, le FOLFIRINOX est le standard,
association médicamenteuse (FOL-F-IRIN-OX : acide folinique, 5 fluoro-uracile, irinotécan, oxalipalatine).
Une faible proportion d’adénocarcinomes du pancréas survient dans un contexte d’agrégation familiale évoquant une prédisposition génétique. Dans ces cas il faut distinguer les formes syndromiques et les formes familiales non syndromiques. Les formes syndromiques son très rares. Il s’agit des pancréatites chroniques héréditaires, du syndrome de Peutz-Jeghers, des formes héréditaires de mélanome cutané associées aux mutations du gène CDKN2A/p16INK4a, des formes héréditaires de cancers du sein et de l’ovaire associées aux mutations des gènes BRCA 1 et 2. Le risque cumulé de cancer du pancréas au cours de l’existence chez les sujets porteurs de la mutation du gène BRCA 2 est le l’ordre de 5 % et plus important en cas d’antécédent familial de cancer du pancréas.
Les formes familiales non syndromiques concernent des familles parmi lesquelles plusieurs membres sont atteints d’un adénocarcinome (au moins 2 apparentés au premier degré ou au moins 3 apparentés quel que soit le degré). Le déterminisme génétique n’est pas encore bien identifié. Les sujets à risque élevé doivent bénéficier d’un dépistage.
→ CDKN2A/p16INK4a, BRCA gene 1 et 2, Peutz-Jeghers (syndrome de)
[F2, L1]
Édit. 2020
polyarthrite rhumatoïde (manifestations cliniques de la) (PR) l.f.
Maladie articulaire inflammatoire grave, multifactorielle, avec prédisposition génétique, caractérisée par une inflammation chronique entretenue par des mécanismes auto-immuns.
Rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent en France (entre 1 et 2 % de la population), pouvant survenir à tout âge, avec un maximum d’incidences entre 30 et 50 ans, 2 à 3 fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Évoluant par poussées cette maladie est susceptible, sans traitement, d’aboutir à une invalidité sévère. De nouvelles thérapeutiques très actives (biothérapies, méthotrexate…) en ont révolutionné le pronostic, surtout dans les formes graves. Il est donc essentiel de faire précocement le diagnostic
L’existence de l’affection chez un membre de la famille multiplie le risque par 2. Le tabac constitue un facteur de risque important.
Le diagnostic repose sur les données cliniques : atteintes inflammatoires articulaires ou ténosynoviales à prédominance acromélique, à tendance bilatérale et symétrique.
Les examens biologiques complètent les données cliniques : les uns inconstants au début de la maladie comme le syndrome inflammatoire et la positivité du facteur rhumatoïde peu spécifique, avec la positivité essentielle des auto-anticorps anti-citrullinés qui sont spécifiques mais peu sensibles.
Les radiographies pendant longtemps indispensables sont remplacées par l’échographie qui permet de faire le diagnostic précoce de l’inflammation voire même des lésions érosives avant même que celles-ci n’apparaissent sur les clichés. L’imagerie permet aussi d’évaluer l’évolution des lésions structurales.
Les modalités évolutives de la PR sont variables d’un sujet à l’autre : à des poussées aigues peuvent succéder des rémissions. En général, la maladie est progressive et conduit moins que jadis au handicap qui était jadis parfois dramatique, surtout lorsque survenaient, dans 30 à 40 % des cas, des manifestations viscérales dont les formes les plus actives étaient pulmonaires, cardiaques, vasculaires et neurologiques.
Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui faisait appel à la corticothérapie au long cours comporte de nouveaux agents thérapeutiques comme le léflunomide, et le méthotrexate et surtout les anti-TNF, luttant contre la détérioration structurale, qui permettent d’obtenir des rémissions qu’aucun traitement ne pouvait auparavant produire. D’autres biothérapies peuvent être utilisées : les unes dirigées contre l’interleukine 1 ou l’interleukine 6, les autres d’actions différentes comme le rituximab et l’abatacept.
Les injections locales de cortisone d’une part et de produits isotopiques sont beaucoup moins utilisées. La chirurgie a vu ses indications considérablement régresser.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ facteur rhumatoïde, auto-anticorps anti-citrullinés, polyarthrite rhumatoïde (manifestations viscérales des), biothérapie, méthotrexate, TNF, léflunomide, interleukine 1, interleukine 6, rituximab, abatacept
[I1]
Édit. 2017