cytochrome P450 l.m.
Famille de métallo-enzymes, comportant de très nombreux membres, qui sont responsables du métabolisme oxydatif de molécules très diverses d’origine endogène (hormones stéroïdes, acides gras, vitamines, …) ou exogène (médicaments, polluants, toxiques, agen
Les membres de la famille des cytochromes P450 sont désignés par l’abréviation CYP suivie d’un numéro d’ordre, par exemple CYP 1A2, CYP 2C9, CYP 3A4, etc…, où le premier chiffre représente la famille, la lettre la sous-famille et le dernier chiffre la nature de l’enzyme. Chaque type de CYP possède une fonction différente. Par exemple, CYP1A2 permet le métabolisme de la caféine, de la théophylline, de l’imipramine et du paracétamol. D’une manière générale, les CYP permettent la détoxification et l’élimination des xénobiotiques, évitant l’accumulation dans l’organisme de substances potentiellement toxiques. Ils sont principalement exprimés dans le foie.
Chez l’Homme, le CYP 3A4 est le principal cytochrome P450 hépatique, représentant entre 30 et 50 % du total. Il permet le métabolisme et l’élimination d’environ la moitié des médicaments.
Étym. nom de cytochrome P450 attribué la nature de pigment (P) de ces molécules intracellulaires capables d’absorber fortement la lumière à la longueur d’onde 450 nm.
Abrév. CYP
→ cytochrome P450, xénobiotique
[C1]
Édit. 2017
cytochrome n.m.
cytochrome
Chromoprotéine héminique cellulaire, jouant le rôle de transporteur d'électrons dans des complexes multienzymatiques d’oxydoréduction.
On désigne les cytochromes par la longueur d'onde d'une certaine bande d'absorption caractéristique dans le spectre visible : on distingue les cytochromes a (580 à 600 nm), les cytochromes b et P450 (556 à 558 nm), les cytochromes c (549 à 551 nm), les cytochromes d (600 à 620 nm), etc.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
→ cytochrome a et a3, cytochrome b, cytochrome c, cytochrome f, cytochrome-oxydase, cytochrome P450
[C1]
cytochrome a et a3 n.m.
cytochrome a
Cytochrome faisant partie des sous-unités de la cytochrome-oxydase de la chaine respiratoire mitochondriale.
On distingue deux cytochromes contenant une cytohémine a, qui diffèrent par leur environnement et leur activité.
Les électrons cédés par le cytochrome c ferreux sont transportés successivement par le cytochrome a, puis par le cytochrome a3, seul capable de les fixer sur le dioxygène.
K. Brodmann, neurologue allemand (1868-1918)
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1]
cytochrome b n.m.
cytochrome b
Cytochrome faisant partie d'une classe de cytochromes rencontrés dans les complexes II, qui contient un cytochrome bK, et III, qui contient un cytochrome bT, de la chaine respiratoire mitochondriale et dans les photosystèmes des chloroplastes.
Leur potentiel normal d’oxydoréduction est en général voisin de 0 V.
Un cytochrome de type b entre dans la composition du complexe enzymatique de la NADPH oxydase des cellules phagocytaires.
Il est constitué de deux chaines polypeptidiques, l'une de 91 kDa et l'autre de 22 kDa. L'absence ou le dysfonctionnement de l'une ou l'autre des deux chaines conduit à une maladie héréditaire : la granulomatose septique chronique.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
→ cytochrome b5, cytochrome b5-reductase, cytochrome b5 réductase (déficit en) ,granulomatose septique chronique
[C1]
cytochrome b duodénal l.m.
duodenal cytochrome b
cytochrome b5 n.m.
cytochrome b5
Cytochrome d'hydroxylases microsomiques et des enzymes de désaturation des acides gras et ceux de réduction de la méthémoglobine.
Ces enzymes sont habituellement formés d'une NADH-oxydoréductase, d'un cytochrome b5 et d'une rédoxine.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
→ acyl CoA désaturase, cytochrome b
[C1]
cytochrome b5-réductase n.f.
cytochrome b5-reductase
Enzyme flavinique, à FAD, catalysant la réduction du cytochrome b5 en oxydant le NADH.
Cet enzyme est surtout présent dans la plupart des cellules au niveau du réticulum endoplasmique, où il fait partie du système de la NADH-diaphorase et de la 9-désaturase des acides gras, mais il est aussi impliqué dans le système enzymatique soluble des globules rouges, capable de réduire la méthémoglobine.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1]
cytochrome b5 réductase (déficit en) l.m.
cytochrome b5-reductase deficiency
Des mutations distinctes sont responsables des diverses formes de déficit (méthémoglobinémie congénitale récessive de type I, II ou III).
Selon la localisation de l'anomalie structurale, la stabilité de l'enzyme et/ou son activité sont plus ou moins diminuées. Dans la forme bénigne (type I), les désordres se limitent aux manifestations érythrocytaires ; cette anomalie est le plus souvent due à un enzyme actif, mais instable dont la concentration diminue rapidement avec l'âge de l'hématie. La forme grave (type II) est due à une abolition de l'activité catalytique qui perturbe également le métabolisme lipidique des tissus et réalise une maladie systémique sévère avec notamment des symptômes neurologiques.
Le diagnostic biologique de méthémoglobinémie congénitale récessive repose sur l'existence d'un spectre de méthémoglobine normale et sur une diminution de l'activité de la cytochrome b5-réductase. Le traitement de la méthémoglobinémie congénitale de type I repose sur des injections de bleu de méthylène en cas de poussée de méthémoglobinémie, d'administration d'acide ascorbique ou de riboflavine par voie orale.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
Syn. méthémoglobinémie congénitale récessive, déficit en méthémoglobine réductase, déficit en NADH-diaphorase
[R1]
cytochrome c n.m.
cytochrome c
Cytochrome de petite taille, de couleur rouge, ayant une affinité pour l'eau et pour les lipides, facilement détachable des membranes internes des mitochondries, dont le potentiel normal d’oxydoréduction est + 0,26 V, et jouant un rôle dans le transfert des électrons entre le complexe III (réducteur) et le complexe IV (oxydant) de la chaine respiratoire.
La protéine a une masse de 12550 Da ; elle est liée à l'hème par condensation des groupes vinyle avec les fonctions thiol de deux cystéines C14 et C17 de la protéine.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1]
cytochrome c1 n.m.
cytochrome c1
Sous-unité du complexe III de la chaine respiratoire mitochondriale (ubiquinol-cyt c-oxydoréductase), dont le potentiel normal d'oxydoréduction est +0,22 V, qui reçoit un électron de l'ubiquinol, vraisemblablement par l'intermédiaire d'un cytochrome bT, pour le transmettre au cytochrome c.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1]
cytochrome f . n.m.
cytochrome f
Cytochrome présent dans les chloroplastes des feuilles vertes, jouant un rôle dans le transfert d'électrons de la chaîne d'oxydoréduction phosphorylante à partir de la plastoquinone.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1,C2]
cytochrome P450 (CYP) n.m.
cytochrome P450
Famille d’enzymes d’une grande importance en pharmacologie, chromoprotéines, localisées à la face interne du réticulum cytoplasmique, contenant une protéine spécifique et un noyau hème, avec une bande d'absorption préférentielle au voisinage de 450 nm, d’où leur nom.
Les cytochromes P450 font partie de mono-oxygénases ou hydoxylases, qui utilisent le dioxygène moléculaire pour fixer un atome d'oxygène sur le substrat en oxydant le cytochrome ferreux en cytochrome ferrique, ce dernier étant ensuite réduit par une chaine de transport d'électrons comportant à partir de NADPH une flavoprotéine à FAD et une protéine à fer non héminique. Les cytochromes P450 sont surtout présents dans les cellules hépatiques ou glandulaires.
Il existe plusieurs centaines de cytochromes P450 (CYP) différents, répartis dans trois familles (CYP1, CYP2 et CYP3) et des sous-familles (CYP1A, CYP2D...) regroupant des iso-enzymes distincts (CYP3A4, CYP2D6,...). Les différents cytochromes P450 ont des fonctions multiples. Ces hémoprotéines sont très impliquées dans la dégradation des molécules exogènes (xénobiotiques), en particulier de médicaments. Plus les cytochromes P450 sont actifs, plus les médicaments sont rapidement métabolisés. Cela supprime l'activité de médicaments directement actifs, mais peut aussi accroître leur transformation en métabolites actifs.
Le CYP1A2 préside au métabolisme de la caféine et de la théophylline, de l'imipramine et du paracétamol.
Le CYP2C9 intervient dans le métabolisme de la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdien, des antidiabétiques oraux, des anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine), de la phénytoïne et d'antihypertenseurs (losartan).
Le CYP2C19 est un enzyme majeur dans la stéroïdogenése.
Le CYP2D6 intervient dans le métabolisme de certains anti-arythmiques et antidépresseurs, des bêta-bloquants et de plusieurs neuroleptiques, transformant la codéine en morphine par déméthylation.
Sous l’influence du CYP3A4, la codéine est inactivée et transformée en norcodéine laquelle est métabolisée en morphine par le CYP2D6.
Le CYP11A1 préside à l’hydrolyse du cholestérol en prégnénolone – d’où la dénomination de CYP scc (side-chain cleavage et de cholesterol side-chain cleavage enzyme). Il exerce en outre ses effets sur le métabolisme du diazépam, de l'imipramine, du propranolol ou de l'oméprazole.
Le CYP17A1 assure l’hydroxylation de la prégnénolone en 17-hydroxyprégnénolone et de la progestérone en 17-hydroxyprogestérone, réduisant la corticostérone en cortisol.
Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur
[C1,C3,G3]
neuropathie optique héréditaire de Leber complexe III sous-unité cytochrome b l.f.
Leber’s optic atrophy MT-CYB, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)
Mutations de la maladie de Leber qui concernent le cytochrome b, qui est le seul ADN mitochondrial codant pour la sous-unité du complexe respiratoire III (2 mutations).
1) Mutation MT-CYB*LHON15257A. Il s'agit d'une mutation avec les caractéristiques primaires et secondaires, en effet elle est souvent associée à une mutation primaire, mais elle peut à elle seule, dans 9% des cas, donner la maladie. Les patients qui ont cette mutation peuvent récupérer une partie de leur acuité visuelle dans 28% des cas. 2) Mutation MT-CYB*LHON15812A, mutation secondaire associée (MIM 516020).
neuropathie optique héréditaire de Leber complexe IV sous-unité I cytochrome c l.f.
Lebe’s optic atrophy MT-CO1, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)
Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité I cytochrome c oxydase, qui est un des trois ADN codant pour les sous-unités du complexe respiratoire IV.
Seule la mutation MTCO1*LHON7444A a été localisée dans cette sous-unité. Il s'agit d'une mutation secondaire (MIM 516030).
succinate-cytochrome c-réductase n.f.
Ensemble enzymatique de la chaîne respiratoire mitochondriale, catalysant l'oxydoréduction du succinate avec le ferricytochrome c :
Ce système comporte la succinate-déshydrogénase et d'autres facteurs associés (fer non héminique, ubiquinone, cytochrome b et c1, phospholipides), c'est-à-dire les complexes II et III de Green, qui ne sont pas liés. Le nom plus correct de cet ensemble enzymatique est succinate-cytochrome c-oxydoréductase.
→ succinate + 2 cytc-Fe3+ fumarate + 2 cytc-Fe2+ + 2H+.
ubiquinol-cytochrome c-réductase n.f.
coenzyme QH2 cytochrome c reductase
Système enzymatique catalysant la réduction du cytochrome c par la dihydro-ubiquinone.
Il fait partie de la chaine respiratoire mitochondriale et comprend notamment le cytochrome c1, le cytochrome b et une protéine à fer héminique. Il est inhibé par l'antimycine. Il est couplé à un système de phosphorylation permettant de former une molécule d'ATP dans le transfert de deux électrons.
Syn. dihydro-ubiquinone-cytochrome c-réductase, coenzyme QH2-cytochrome c-réductase