Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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psychiatrie et stress l.m.

stress and psychiatry

stress et psychiatrie

stress et psychiatrie l.m.

stress and psychiatry

Modèle complexe de réponse non spécifique à des circonstances vécues par la personne comme tellement critiques, voire urgentes (agression physique, émotion, déprivations diverses, etc.) qu'elle n'a pas pu les contrôler dans ses limites d'adaptation.
À des degrés divers, sont retenus classiquement deux versants :
- physiologique (H. Selye, 1936), avec le "syndrome général d'adaptation", la "réaction d'alarme" à un agent stressant, visant à un retour à l'homéostasie. Intervient toute une chaîne de réponses neuro-endocriniennes, allant du système limbique à l'hypothalamus en passant par l'axe hypophyso-cortico-surrénalien, pouvant aboutir à des lésions en cas de dépassement prolongé des capacités de l'organisme. Ainsi se sont développés certains concepts psychosomatiques, dans une perspective causaliste seulement linéaire ;
- psychologique, à la fois mobilisant la conscience sur la situation et affaiblissant le contrôle volontaire de l'action. Cependant, si elle privilégie la massivité du traumatisme psychique et son impact immédiat, cette notion est prise en défaut pour rendre compte notamment de la dimension subjective singulière de l'événement et de l'installation des troubles psychotraumatiques au long cours. Elle demeure essentiellement d'ordre physiologique et non psychologique.
Actuellement, sous l'influence de la psycho-neuro-endocrinologie et, plus récemment, de la psychoneuro-immunologie, la perspective psychobiologique met l'accent sur les interactions entre phénomènes somatiques et psychiques.
De toute façon, le "couteau" (la source du stress) ne doit pas être confondu avec la "plaie" (le stress).

J. H. Selye, physiologiste canadien (1936)

myocardiopathie de stress l.f.

stress cardiomyopathy

Symptomatologie aigüe mimant un infarctus myocardique survenant à l'occasion d'une émotion intense ou d'un stress physique.
La clinique est identique à celle d’un infarctus aigu (douleurs précordiales intenses, dyspnée, défaillance gauche), mais l’affection présente des caractéristiques particulières :
- akinésie transitoire apicale et antéro-apicale étendue du ventricule gauche ;
- dysfonction ventriculaire globale, pouvant conduire à des arythmies sévères ou au choc cardiogène ;
- absence de sténose coronarienne épicardique et de lésion microvasculaire ;
- ECG: surélévation ST dans les dérivations précordiales, inversion progressive de l’onde T, allongement de l’intervalle PQ (> 450 msec); une onde Q est exceptionnelle; la récupération est totale en quelques jours ou semaines ;
- élévation modérée et transitoire des enzymes cardiaques; le pic des valeurs de la troponine est enregistré tout au début de la présentation clinique, mais il est moins élevé que ce que l’on attend lors d’une atteinte myocardique aussi étendue. Par contre la créatine kinase reste à des valeurs normales alors que le peptide cérébral natriurétque s’élève de façon importante chez la grande majorité des patients.
Cette affection survient plus particulièrement (90%) chez les femmes ménopausées (de 55 à 75 ans).  Son incidence est estimée à 1/36.000 dans la population générale. Dans 28 % des cas les manifestations de stress ne sont pas relevées. L’évolution est spontanément favorable en quelques jours mais le décès survient chez 4% des patients suite à des troubles du rythme ventriculaire, une insuffisance cardiaque ou est occasionnée par la cause qui l’a provoquée. Le pronostic est moins favorable chez les hommes que chez les femmes. Le risque de récidive est de 2 à 10%.
Cette affection a été décrite tout d’abord au Japon, où on lui a donné le nom de maladie de tako-tsubo parce que la dysfonction akinétique de l’apex ventriculaire gauche donne des images ressemblant au pot à col étroit qu’utilisent les pêcheurs japonais pour piéger les poulpes.

H. T. H. Sato, médecin cardiologue japonais (1990) ; C. Templin, médecin cardiologue suisse (2015)

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur pathos : souffance, maladie
tako-tsubo en japonais : pot à col étroit des pêcheurs

Syn. myocardiopathie de tako-tsubo

troponine, créatine kinase, facteur atrial natriurétique

[K2]

Édit. 2018

échocardiographie de stress l.f.

stress echocardiography

Échocardiographie pratiquée après épreuve d'effort ou après injection d'une substance pharmacodynamique pour rechercher des anomalies de contraction du myocarde.

Étym. gr. Echo : héros mythologique

échocardiographie, épreuve d'effort

[B2, B3, K2]

Édit. 2019

fracture de stress l.f.

stress fracture

Étym. lat. frangere: rompre, briser

Syn. fracture de contrainte

fracture de contrainte

[I2]

Édit. 2018

protéines du stress l.f.p.

stress proteins

Protéines produites lors d’un stress ou d’un choc thermique par exemple, qui s’associent à d’autres protéines n’ayant pas encore acquis ou ayant perdu leur conformation tridimensionnelle.
Ces interactions sont destinées à prévenir l’agrégation des protéines altérées ou en cours de biosynthèse, à éliminer les protéines anormales ou étrangères, à assurer le transfert des protéines du cytoplasme vers la membrane cytoplasmique ou vers des organites (mitochondries, lysosomes, noyau, réticulum endoplasmique). Ce sont des molécules chaperonnes, ubiquitaires, de structure très conservée chez les eucaryotes et les procaryotes.
Les protéines du stress sont classées en différentes familles structurales (hsp, grp, métallothionéine ou enzymes telle que la superoxyde dismutase (SOD) ou l’hème-oxygénase). Elles sont associées à l’ATP. La plupart sont exprimées de façon constitutive, d’autres sont induites par le stress ou contrôlées par la concentration de glucose.

protéine du choc thermique, protéine du coup de chaleur, protéine du coup de froid

réaction adaptative de stress ou d'alarme l.f.

adaptative stress or arousal reaction

Ensemble des phénomènes systémiques non spécifiques résultant d'une exposition soudaine à un stimulus vis-à-vis duquel l'organisme est quantitativement et qualitativement non adapté.
Première phase du syndrome général d'adaptation, modèle des maladies dites de l'adaptation, elle précède les phases de résistance et d'épuisement si la stimulation est suffisamment importante et prolongée.

H. Selye, médecin endocrinologue canadien (1946)

stress n. angl.m.

stress

Terme d’origine anglaise signifiant effort, contrainte, utilisé pour désigner les réactions psychosomatiques déclenchées dans un organisme par un agent agresseur physique (froid, acte chirurgical), biologique (agent infectieux), chimique (poison), organique (hémorragique) ou nerveux (effort, émotion) et pouvant entraîner des lésions tissulaires secondaires.
Il se  distingue ainsi du choc, dans lequel les lésions tissulaires seraient primitives.
Le mot stress a été introduit avec ce sens par János (Hans) Selye en 1936, pour définir la réaction «de défense neurovégétative» à l'agression (hémorragie, traumatisme, infection aigüe, choc émotionnel, etc.). Ce concept a conduit à employer l'adrénaline dans le traitement du choc ; malheureusement, ce médicament aggrave souvent la situation. En effet, l'adrénaline peut être une cause de choc par la réaction vasoconstrictrice induite qui exclut des territoires et entraîne de ce fait des lésions cellulaires (mécanisme analogue à celui du garrot). Le mot stress et le verbe «stresser» sont passés dans le langage commun après la deuxième Guerre Mondiale avec le sens de perturbation psychique et nerveuse en réaction à une peur ou à une agression. En physiopathologie, la distinction entre «choc» et stress n'a plus grand intérêt, si ce n'est dans le domaine psychique, pour éviter le terme choc psychique.

H. Selye, physiologiste canadien (1936)

Étym. angl. stress : mot de la vieille racine européenne streng qui exprime l'idée de serrer, de tension ; en angl. courant stress a le sens de contrainte, de tension, d'agression, en langage technique celui de contrainte, de tension

choc de levée de garrot, choc (physiopathologie du), fracture de stress, protéines du stress, stress et psychiatrie, stress post-traumatique (état de)

stress oxydatif l.m.

oxyzidation stress

Ensemble des processus biologiques intervenant dans un organisme pour aboutir à la production de radicaux libres et au cours desquels sont produites des lésions cellulaires par des composés oxygénés appelés « formes réactives de l’oxygène » (FRO).
Ces composés sont le résultat des étapes de réduction complète d’une molécule d’oxygène (O2) en une molécule d’eau (H20). Ils sont produits dans l’organisme par l’action de divers facteurs tels que la respiration cellulaire normale, la pollution de l’air, la fumée de tabac, certains produits chimiques, des additifs alimentaires... Les FRO jouent aussi un rôle dans les défenses anti-infectieuses et constituent un médiateur de l’inflammation. Mail ils sont aussi, à des degrés divers, impliqués dans les mutations génétiques, dans le processus de cancérisation ou dans l’oxydation des protéines qui participe aux phénomènes du vieillissement. Une situation de stress oxydant est nécessaire pour qu’apparaissent des mutations et des lésions cellulaires. Il a été récemment démontré que l’augmentation de la teneur de l’atmosphère en gaz carbonique (CO2) renforce les effets délétères du stress oxydant sur la bactérie Escherichia coli. La superoxyde dismutase et la catalase à manganèse participent à la protection de la cellule contre le stress oxydatif, la première en dismutant le superoxyde (O2-.) en dioxygène (O2) et en peroxyde d’hydrogène (H2O2)et, la seconde, en prenant en charge H2O2 pour conduire à H2O et O2.

stress post-traumatique (état de) l.m.

posttraumatic stress disorder

Dans les classifications actuelles (DSM-IV, CIM-10), séquelles d'un traumatisme psychique, dont la fréquence chez les vétérans du Viêtnam a suscité une réactualisation du syndrome de répétition de la névrose traumatique.
Cet état répond à un événement traumatique « hors du commun » (CIM-10), impliquant que le sujet « est ou a été menacé de mort ou de blessure grave, ou d'une atteinte à l'intégrité physique pour lui-même ou pour les autres »  (DSM-IV). L'événement est constamment revécu dans des souvenirs envahissants, des rêves répétitifs ou lors de « flashbacks », qui sont des retours brutaux avec intense charge émotionnelle. S'y ajoutent un évitement des stimulus associés au traumatisme, un émoussement de la réactivité générale et des symptômes de vigilance accrue.
Une telle description a eu le mérite de relancer l'intérêt sur ce type de manifestations. Toutefois, sa référence au concept de stress semble réductrice dans la mesure où traumatisme psychique et stress ne sont pas de même nature. Le terme de « troubles » ou « désordres psychotraumatiques » serait plus adéquat.

trouble de stress post traumatique (TSPT) l.m.

 posttraumatic stress disorder (PTSD) 

Réaction psychologique survenant  de quelques jours à quelques mois après une agression physique ou psychologique très violente (guerre, attentat, catastrophe naturelle).
La réaction immédiate est une peur intense, un sentiment d'impuissance, d'horreur. Le TSPT retardé se traduit par des réminiscences, souvent sous forme de cauchemars, des conduites d'évitement, une hyperstimulation. Ces symptômes durent au moins un  mois, et provoquent un handicap social, occupationnel,  relationnel.
Le traitement est psychologique et / ou médicamenteux.

adolescence (psychiatrie de l') l.f.

adolescence psychiatry

Période de transition où la question du normal et du pathologique se pose avec le plus d'acuité.
Une manifestation psychotique peut être soit sans lendemain, soit la première d'épisodes du même type, soit inaugurale d'une évolution chronique.
L'anorexie mentale est le fait d'un refus de la féminité ou plutôt du corps féminin. Plus rare, l'anorexie du garçon revêt une note psychotique ou psychopathique. Les troubles phobiques sont structurés sur un mode tantôt hystérique, tantôt obsessionnel. Le plus souvent exemptes d'un véritable désir de mort, les tentatives de suicide constituent un appel à prendre au sérieux.
La délinquance concerne de manière épisodique ou exceptionnelle la majorité des adolescents. Pour un petit nombre, elle devient un mode d'expression ou d'adaptation prévalent, avec risque de compromission de l'avenir.
Les usagers occasionnels de drogue peuvent devenir "accrochés" à une toxicomanie. La distinction entre drogues "dures" et "douces" est inacceptable.
De formes très diverses à cet âge, l'homosexualité correspondant à une phase du développement de la première adolescence doit être distinguée, selon certains, de celle, fixée, observée lors de l'adolescence dite tardive.

Étym. lat. adolescere : grandir, se développer

adolescence (sexualité et)

[E1,H3,O1]

Édit. 2017

amnésie en psychiatrie l.f.

amnesia in psychiatry

Trouble acquis des capacités mnésiques.
Cette altération peut être : permanente ou transitoire ; globale (concernant tous les secteurs mnésiques) ou dissociée (prédominante ou exclusive sur certains) ; dite de fixation (oubli rapide des faits récents avec désorientation temporelle et souvent spatiale) ; antérograde (oubli progressif des faits qui suivent le début des troubles) ou rétrograde (portant sur les faits antérieurs à celui-ci) ; lacunaire ("trou" ayant trait à une ou des portions bien délimitées du passé)
Après avoir éliminé notamment une étiologie comitiale dans certaines amnésies lacunaires, seront évoqués surtout un état confusionnel, un ictus amnésique, une amnésie psychogène secondaire à un traumatisme psycho-affectif, un syndrome de Korsakoff dominé par une amnésie antérograde majeure avec oubli à mesure massif, confabulations et fausses reconnaissances, contrastant avec une mémoire rétrograde préservée, une évolution démentielle.
Les simulations et simulacres portent sur des troubles négatifs - comme l'est l'amnésie - faciles à soutenir, plutôt que productifs.

Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)

[H1,H3,H4]

Édit. 2017

analeptiques en psychiatrie l.m.p.

analeptics in psychiatry

psychotrope

[G3 ,G5,H3]

Édit. 2017

chômage et psychiatrie l.

unemployment and psychiatry

Facteur pathogène à l'origine de crainte plus ou moins latente chez de nombreux travailleurs du secteur privé et d'insécurité avec souvent dévalorisation de soi chez les chômeurs, notamment par perte de statut et d'identité sociale, associée à la précarité, voire au dénuement.
Chez ces derniers, sont fréquemment rencontrées des personnes ayant perdu l'impression de maitrise de l'environnement, démoralisées, tendues, amères, voire révoltées d'être assistées. La labilité de ces réactions est rythmée par les hauts et les bas de l'espoir. Le retentissement familial est fréquent.
Encore que découragement, voire désespoir soient loin d'être toujours pathologiques, les RMIstes souffrent de troubles dépressifs sévères davantage que la population générale. Apparaissent de même, principalement, des décompensations névrotiques, des troubles somatoformes et l'usage de substances licites ou illicites. Par contre, le taux des psychoses serait identique.
Il semble que l'accès de cette population aux soins psychiatriques ne soit pas satisfaisant. Une susceptibilité psychique peut intervenir, mais inconstamment. A contrario, la réussite n'est pas le corollaire obligé d'une bonne santé mentale.
Le volet social de la psychiatrie prend ici toute sa portée.

[E2,H3]

chronobiologie en psychiatrie l.f.

chronobiology in psychiatry

Constante de la matière vivante caractérisée par des rythmes périodiques répétitifs subis par certains phénomènes biopsychiques, qui peut trouver de nombreuses applications en psychiatrie.
Pour en rester à la clinique des troubles de l'humeur, la plus évocatrice à cet égard, l'implication de ces rythmes s'appuie notamment sur les variations circadiennes (aggravation matinale des dépressions et réveil précoce avec insomnie, p. ex.) et sur la périodicité de certains de ces troubles selon divers types.
Des perturbations des rythmes circadiens de la température, du cortisol, de la T.S.H. (Hormone Stimulant la Thyroïde)et de la fréquence cardiaque sont notamment relevées dans les syndromes dépressifs.
Une telle approche qui, dès à présent, montre en particulier l'aspect dynamique des modifications biologiques participant à nos comportements, devrait apporter beaucoup sur les plans clinique, étiopathogénique et thérapeutique. Mais les données objectives restent peu nombreuses et rencontrent des difficultés méthodologiques.

rythme biologique, rythme circadien

[C,H3]

classification en psychiatrie l.f.

classification in psychiatry

S'agissant des troubles mentaux, les critères utilisés appartiennent à deux modèles fondamentalement distincts.
Le premier dépend de la description de syndromes, c'est-à-dire de la constellation de symptômes associés avec une fréquence plus grande que ne le laisserait supposer une distribution au hasard.
Le deuxième relève de la notion de maladie et postule l'existence d'entités naturelles définies avant tout par leur évolution, leur étiologie et leur pathogénie. Selon les cas, les critères de classification sont donc de nature soit descriptive (J.E. Esquirol), soit évolutive et étiopathogénique (E. Kraepelin).
C'est la multiplicité des théories étiopathogéniques du XIXe puis du début du XXe siècle, dont la validité générale n'a pu être démontrée, qui est à l'origine d'un retour à une observation élémentaire préconisé aux États-Unis dès la fin des années 60.
Les critères de classification complets reposant sur l'utilisation systématique de critères diagnostiques d'inclusion et d'exclusion purement descriptifs, sont au nombre de deux : le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (actuellement DSM IV, 1994), classification américaine officielle ; la Classification internationale des maladies (dixième révision, CIM 10 / ICD 10, chapitre V (F) : Troubles mentaux et troubles du comportement).

[H3]

comorbidité en psychiatrie l.f.

comorbidity in psychiatry

Association de deux ou même plusieurs maladies ou troubles différents et indépendants, tels qu'ils sont individualisés par les classifications en cours. Ainsi, une affection comorbide a existé ou peut survenir durant l'évolution clinique d'un patient qui a une maladie étudiée (A.R. Feinstein, 1970).
Cette notion née de l'épidémiologie a souvent des implications pronostiques péjoratives. L'étude du lien entre affections comorbides peut améliorer certaines de nos connaissances étiopathogéniques.
Il convient de toujours préciser : la période de temps prise en considération (dans le moment présent, sur un mois, six mois, la vie entière) ; la population étudiée (générale, clinique, échantillon particulier).
Le type de cette association est divers : biais de sélection (au sein de populations particulières), relation de causalité (entre un trouble et l'autre), facteurs étiologiques communs, manifestations distinctes d'un même trouble, stades différents d'une même maladie (fausse comorbidité dans les deux derniers cas).
Les études de comorbidité ont porté principalement sur les pathologies affectives (anxieuses et dépressives), les troubles des conduites (surtout liés à l'utilisation de substances toxiques, dont l'alcool), les troubles de la personnalité, et sur les affections évolutives associées à ces derniers (personnalité évitante et symptômes phobiques, p. ex.). L'histoire naturelle de ces manifestations peut en être éclaircie et certains facteurs de vulnérabilité s'en trouver précisés.

A. R. Feinstein, médecin interniste américain (1970)

[H3]

conseil génétique en psychiatrie l.m.

genetic counselling in psychiatry

Estimation, pour une personne ou pour les enfants d'un couple, du risque d'une affection génétique monogénique ou chromosomique. Ce conseil n'est possible que si le diagnostic de la maladie en cause a été formellement établi.
Ainsi, dans le syndrome de l'X fragile (arriération mentale, syndrome dysmorphique, macro-orchidie), la détection des femmes transmettrices et le diagnostic prénatal sont désormais possibles par analyse directe de l'anomalie moléculaire.
Les progrès prévisibles dans l'identification encore relative de gènes de susceptibilité pour les affections psychiatriques majeures, principalement les schizophrénies et la maladie maniacodépressive, pourraient permettre un conseil génétique. Toutefois, les incidences négatives et anxiogènes de telles révélations devront être bien pesées, à la mesure des risques surajoutés qu'elles suscitent dans ces familles souvent déjà fragiles sur le plan psychique.

conseil génétique, génétique en psychiatrie, trisomie (diagnostic anténatal d'une)

[Q1,H3]

consentement à un essai thérapeutique en psychiatrie l.m.

consent to a therapeutic trial in psychiatry

Depuis la loi du 20 décembre 1988, relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales, et les dispositions ultérieures, un consentement libre, éclairé et exprès doit être fourni par écrit par la personne.
Bien que non citée explicitement, la psychiatrie offre des difficultés particulières concernant p. ex. la représentativité des échantillons, du fait, notamment, de l'exclusion de malades revendicateurs, et des problèmes de capacité des psychotiques, pourtant principaux bénéficiaires de tels essais.
Sur ces points délicats, l'avis du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale pourrait être demandé. D'autant plus que "...les personnes hospitalisées sans leur consentement... ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que s'il en est attendu un bénéfice direct et majeur pour leur santé".
S'agissant en particulier des mineurs et des majeurs incapables juridiques, un tel consentement ressortit aux détenteurs de l'autorité parentale ou aux organismes de tutelle. Cependant le consentement direct de l'intéressé "doit être également recherché lorsqu'il est apte à exprimer sa volonté".
Dans cette situation, le thérapeute, de décideur devient demandeur, ce qui, avec l'ignorance du produit, n'est pas sans influer sur la relation soignant-soigné.

[H3,E3]

consentement aux soins en psychiatrie l.m.

consent to care in psychiatry

Le consentement de tout malade (ou de son représentant) devant être libre, éclairé et exprès, le refus ou la crainte de soins psychiatriques est souvent le fait de personnes qui en ont le plus grand besoin par suite du déni qui caractérise les troubles mentaux majeurs.
La loi du 27 juin 1990 a adopté les principes de l'"hospitalisation libre" et de l'hospitalisation "sans consentement". Effectuée sur demande d'un tiers ou d'office, dérogatoire au droit commun, cette dernière a pour but essentiel de pouvoir imposer au patient les soins nécessités par son état, en recherchant toutefois aussitôt que possible le maximum de participation de sa part, en particulier chez les psychotiques, grâce à une information appropriée.
Le psychiatre doit tenir compte de l'avis de l'incapable majeur et, dans certains cas précisés par le juge, recueillir le consentement de ses représentants légaux. S'il y a litige, il peut saisir le procureur de la République.
Lors d'une urgence, surtout de crise suicidaire, et quels que soient le niveau de conscience et l'attitude du sujet, il doit porter assistance à la personne en péril et, au besoin, tenir une position ferme vis-à-vis des proches, souvent enclins à banaliser le geste.

[H3,E3]

contre-tranfert en psychiatrie n.m.

counter-transference

Ensemble des manifestations, conscientes et inconscientes, de l'analyste en réaction au transfert de l'analysant. Il ferait obstacle au bon déroulement de la cure qui, de ce fait, pourrait se trouver en impasse.
S. Freud n'a développé ce concept qu'en de très rares endroits de son œuvre. Cependant, il en a posé les enjeux fondamentaux : l'analyste doit être analysé et ses résistances internes constituent les limites de son acte. La dérive de certains auteurs postfreudiens a mis la notion de contre-transfert au centre de la cure, considérée comme une relation intersubjective où la communication se ferait d'inconscient à inconscient. Cette conception symétrique du transfert est fortement critiquée, principalement après les travaux de J. Lacan, qui en montrent la dimension imaginaire. La place que doit tenir l'analyste dans le dispositif de la cure n'est pas d'être sujet, en miroir de l'analysant, mais bien plus d'y faire fonction d'objet, essentiellement manquant.

[H3]

créativité, personnalité et psychiatrie l.f.

creativeness, personality and psychiatry

Depuis l'Antiquité la fréquence des troubles mentaux est soulignée chez les personnes réputées par leur créativité, voire leur génie.
Chez ces personnalités, il s'agit souvent d'aînés ou d'enfants uniques, au statut d'orphelin, élevés dans une famille de haut niveau intellectuel mais fréquemment perturbée, formés par des maîtres éminents, disposant d'une grande puissance de travail et ouverts à la relation.
Sur le plan psychiatrique, et par rapport à la population générale, sont observés principalement : des troubles divers de la personnalité, des états dépressifs et/ou anxieux ainsi que des oscillations sévères de l'humeur, des tendances alcooliques et/ou toxicomaniaques. Les écrivains (romanciers, poètes) sont les plus touchés.
La fonction inventive au sens général paraît n'avoir que de faibles corrélations avec les quotients intellectuels classiques.

[H3]

crise en psychiatrie l.f.

crisis in psychiatry

Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.

H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)

[H3]

cybernétique et psychiatrie l.f.

cybernetics and psychiatry

Science des systèmes dans lesquels l'effet obtenu agit à son tour, par rétroaction, sur les mécanismes provoquant cet effet, afin d'obtenir un résultat constamment adapté au but désiré.
En psychiatrie, ses applications ont permis, par exemple, à G. Bateson une meilleure compréhension des systèmes humains, surtout des groupes familiaux. Les domaines thérapeutiques de la rétroaction, ou biofeedback, se sont diversifiés. Intéressantes sont également certaines confluences entre cybernétique et neurolinguistique.

G. Bateson, anthropologue et psychologue américain (1904-1980)

Étym. gr. : kubernêkê : art de gouverner)

rétroaction

[B1,H3]

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