Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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photophytodermatose n.f.

phytophotodermatitis

Forme de phytodermatose, dans laquelle l'action de la lumière est nécessaire lors du contact de certaines plantes sur la peau pour déclencher la manifestation cutanée.
La photophytodermatose est une réaction le plus souvent à type de phototoxicité aux furocoumarines, ou psoralènes, que contiennent certaines plantes, notamment : Rutacées (bergamote, citron, etc.), Ombellifères (angélique, céleri, persil, etc.), Composées (achillée millefeuille, anthemis, etc.) et très rarement à type de photo-allergie : céleri, Parthenium hysterophorus. Deux formes particulières sont individualisées : la dermite des prés d'Oppenheim et la dermite pigmentaire en breloque : cette dernière, siégeant le plus souvent sur les faces latérales du cou, est caractérisée par une hyperpigmentation en coulée persistante, secondaire à une exposition solaire après application de parfums contenant des psoralènes ou des huiles essentielles (lavande, cèdre, vanille, santal).

Étym. gr. : phôs, phôtos : lumière ; phyton : plante ; derma : peau

Syn. phytophotodermatose

psoralène n.m.

psoralen

Groupe de substances photosensibilisantes, isomères des furocoumarines, utilisées en dermatologie en association à des expositions aux rayons ultraviolets A : appliqués localement sur la peau et en bain ou administrés per os, les psoralènes potentialisent l'action cutanée de ces rayons, jouant le rôle de photocatalyseurs.
Leur mécanisme d'action n'est pas précisément connu : inhibition de la multiplication cellulaire par liaisons avec l'ADN (réaction de type I, non oxygénodépendante), ou lésions cellulaires résultant de la formation de radicaux libres (réaction de type II, oxygénodépendante), avec, sur le plan thérapeutique, un effet antimitotique sur les cellules épidermiques et les infiltrats dermiques superficiels, une action immunosuppressive, et une activation de la mélanogénèse. Les principaux psoralènes utilisés en thérapeutique sont le 8-méthoxypsoralène et le 5-méthoxypsoralène.

balnéoPUVAthérapie, photochimiothérapie, PUVAthérapie, méthoxypsoralène, photothérapie

puvathérapie l.f.

Méthode thérapeutique associant la prise orale de psoralènes  suivie par une exposition à un rayonnement UVA exclusif, indiquée principalement dans le traitement du psoriasis, de la mastocytose, du mycosis fongoïde, du prurit chronique des personnes âgées. 
Les psoralènes exercent une action photosensiblisante.

Syn. photochimiothérapie

psoriasis, mastocytose, mycosis fongoïde, UVA, psoralènes, photosensibilisation médicamenteuse, photochimiothérapie

accélérateur de bronzage l.m.

suntan stimulant

Produit qui accroît la vitesse d'apparition du bronzage en accélérant la montée de la mélanine dans les couches superficielles de la peau.
Il en existe deux types : les uns sont des promoteurs de la mélanogénèse, telles la phénylalanine et la tyrosine, acides aminés précurseurs de la mélanine, employés par voie locale et sans danger ; les autres sont des stimulateurs des mélanocytes, ou photosensibilisants, du type furocoumarine, comme les psoralènes : ils sont administrés par voie orale, associés à une exposition UVA (PUVA), en thérapeutique dermatologique, en cosmétique, sous forme d'huile de bergamote ou de citrus ; ils sont actuellement peu utilisés du fait d'un risque mutagène et cancérigène.

Étym. lat. acceleratio : action de se hâter, de faire vite

[C1,G4,J1]

Édit. 2016

hématomes filiformes intra-unguéaux l.m.p.

splinter hemorrhages

Très petits hématomes linéaires de deux à trois mm de long, disposés selon le grand axe de l’ongle, situés le plus souvent en son tiers distal et s’éliminant avec la pousse de l’ongle.
Les hématomes filiformes, généralement polydactyliques, pourraient être occasionnés par des emboles septiques ou non et, plus fréquemment, par des traumatismes divers. Des causes très variées peuvent les induire : sténose mitrale, endocardites bactériennes subaiguës, glomérulonéphrites chroniques, vasculites, cirrhose, maladies auto-immunes, psoriasis, certains médicaments (tétracyclines, psoralènes, etc.) ; ils peuvent aussi être idiopathiques et sont alors transitoires et monodactyliques.

Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur

Syn. hémorragies en flammèches sous-unguéales

hématome

[J1]

photochimiothérapie n.f.

photochemotherapy

Ensemble de techniques d'irradiation utilisant l'absorption d'une partie du spectre de la lumière par des médicaments photosensibilisants appliqués sur la peau ou introduits dans l'organisme pour bénéficier de leur effet thérapeutique, qui est de type antiprolifératif ou immunomodulateur.
La photochimiothérapie peut associer le rayonnement UVA aux psoralènes (PUVAthérapie, balnéoPUVAthérapie, RePUVAthérapie), le rayonnement ultraviolet aux goudrons (méthode de Goeckerman), le rayonnement visible aux porphyrines (photothérapie dynamique).

W. H. Goeckerman, dermatologiste américain (1925)

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; khêmeia : chimie (grec moderne) ; thérapeia : action de soigner

agents photosensibilisants, photothérapie

photo-onycholyse n.f.

photoonycholysis

Onycholyse, c'est-à-dire décollement unguéal, respectant les bords latéraux de l'ongle, qui résulte d'une phototoxicité.
Les substances photosensibilisantes responsables de photoonycholyse sont nombreuses et essentiellement médicamenteuses : tétracyclines (déméthylchlortétracycline), fluoroquinolones, psoralènes, phénothiazines.

phototoxicité n.f.

phototoxicity

Réaction cutanée secondaire à l'interaction de la lumière solaire ou artificielle avec un agent photosensibilisant qui entraîne la formation de peroxydes, des réactions avec des molécules telles que des protéines, des lipides ou des acides nucléiques, aboutissant à l'altération des structures cutanées survenant chez tout individu dès que, dans la peau, la concentration en photosensibilisant et l'exposition solaire sont suffisantes.
La phototoxicité se manifeste par la survenue sur les zones exposées d'une éruption à type d'érythème actinique ou de "super coup de soleil" nettement délimité avec présence de sunburn cells. Certains aspects sont particuliers : dermite des prés d'Oppenheim, dermite pigmentaire en breloque, photo-onycholyse, pseudoporphyrie cutanée tardive, urticaire. La phototoxicité peut être induite par de nombreuses substances : médicaments (antibiotiques, dont tétracyclines et quinolones, phénothiazines, psoralènes, antimitotiques, goudrons, colorants, etc.), plantes (furocoumarines, etc.). On différencie la phototoxicité de la photo-allergie.

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; toxikon : empoisonnement ; lat. toxicum : poison de flèche