antidépresseur n.m.
antidepressant
Médicament capable d'améliorer les syndromes dépressifs appartenant au groupe des psychoanaleptiques, ou thymoanaleptiques (stimulants de l'humeur), à côté des noo-analeptiques (stimulants de la vigilance).
Les premiers antidépresseurs (AD) sont apparus en 1957 : imipramine, chef de file des tricycliques imipraminiques ; iproniazide, premier inhibiteur de la monoamine-oxydase ou IMAO. De nouveaux AD mis depuis lors à la disposition sont classés selon leur impact biochimique en administration aigüe : les agents sérotoninergiques, en particulier les inhibiteurs spécifiques de recaptage de la sérotonine (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, citalopram, etc.) et les molécules à impact catécholaminergique (amineptine, maprotiline, nortriptyline, etc.).
Un délai d'action de quatre à six semaines est la règle. Constants, les effets latéraux peuvent être utilisés en thérapeutique : anxiolytiques et hypnotiques (AD dits sédatifs : amitryptiline, trimipramine, miansérine, etc.) ou au contraire stimulants (AD dits psychotoniques : nortriptyline, imipramine, amineptine, etc.). Certains AD se révèlent efficaces dans d'autres indications que dépressives : anti-obsessionnelles (clomipramine, fluoxétine, etc.), préventives des paroxysmes anxieux récurrents ou attaques de panique (imipramine, clomipramine, etc.), antalgiques, anti-énurétiques.
La durée d'un traitement AD est longue : plusieurs mois pour la cure d'un accès dépressif, plusieurs années dans la prophylaxie des récurrences dépressives. Malgré l'absence de pharmacodépendance, ces substances peuvent, à l'arrêt brutal, occasionner des symptômes de sevrage : anxiété, troubles du sommeil, manifestations somatiques telles que tremblements, sueurs, etc.
→ antidépresseur (effets latéraux d'un), psychotropes, nooanaleptique, imipramine, iproniazide, fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, citalopram, maprotiline, amineptine, nortriptyline, amitryptiline, trimipramine, clomipramine, fluoxétine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
psychoanaleptique n.f.
psychoanaleptic, mental stimulant
Substance qui élève le "tonus psychologique" au sens de P. Janet.
Dans cette classe de stimulants psychiques, J.Delay et P. Deniker ont distingué :
- les noo-analeptiques qui stimulent la vigilance : les substances amphétaminiques et apparentés sont les plus puissantes,
- les antidépresseurs qui redressent l'humeur dépressive : l'imipramine en est le plus ancien (découvert en 1957) ;
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957) ; P. Janet , neurologue et psychologue français (1903)
→ psychotropes, noo-analeptiques, antidépresseurs, amphétamine, imipramine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
psychotropes n.m.p
psychotropic agents
Médicaments dont l'effet principal s'exerce sur les fonctions psychiques et le comportement.
La classification de J.Delay et P. Deniker toujours en vigueur différencie :
1) les psycholeptiques ayant en commun d'exercer une action freinatrice :
- les nooleptiques abaissent la vigilance et facilitent ou induisent le sommeil : les barbituriques ont été les premiers somnifères aujourd'hui remplacés par des dérivés de type benzodiazépinique,
- les tranquillisants ou anxiolytiques qui réduisent les symptômes anxieux : cette catégorie est surtout représentée par les benzodiazépines (diazépam et ses dérivés),
- les neuroleptiques réduisent les symptômes psychotiques: la chlorpromazine a été le premier de ces médicaments désormais plus volontiers appelés antipsychotiques ;
2) les psycho-analeptiques produisant un effet d'activation:
- les noo-analeptiques stimulent la vigilance : les substances amphétaminiques et apparentés sont les plus puissantes,
- les antidépresseurs redressent l'humeur dépressive : l'imipramine en est le plus ancien (découvert en 1957) ;
3) les psycho-iso-leptiques ou thymorégulateurs qui préviennent les récidives de la maladie bipolaire : les sels de lithium de en sont les chefs de file.
A ces 3 catégories d'agents psychotropes il faut ajouter les psychodysleptiques (perturbateurs du fonctionnement psychique et du comportement) exceptionnellement utilisés à des fins thérapeutiques (comme antalgiques): dérivés du cannabis, kétamine, champignons hallucinogènes, acide lysergique.
Diverses molécules ne sont pas classées parmi les psychotropes malgré leurs effets psychocomportementaux parce que ceux-ci sont considérés comme secondaires : c’est notamment le cas des hormonothérapies (thyroïdienne, corticoïdes, œstrogènes), des immunothérapies et de certaines antibiothérapies.
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)
→ neuroleptiques, thymorégulateur, barbituriques, benzodiazépine, diazépam, imipramine, lithium, cannabis, kétamine, acide lysergique, amphétamine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
psychodysleptique (substance) l.f.
Agents psychotropes perturbateurs du fonctionnement psychique.
Selon la classification des psychotropes de Delay et Deniker les psychodysleptiques sont une groupe de psychotropes aux côtés des psycho- analeptiques (antidépresseurs ou thymo-analeptiques, noo-analeptiques ou stimulants de la vigilance), des psycholeptiques (hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques) des psycho-iso-leptiques (ou thymorégulateurs : sels de lithium,acide valproïque...).
Le groupe des psychodysleptiques inclut les hallucinogènes et les produits capables d’induire une symptomatologie de type psychotique telles que distorsions perceptives, idées délirantes, angoisses ou au contraire euphorie, perte du contrôle ...Les plus connus sont le cannabis et les cannabinoides de synthèse, l’amphétamine (ecstasy), les opiacés, le LSD, la cocaine (crack)...
De multiples substances psychodysleptiques sont désormais proposées sur internet.
Les effets psychodysleptiques (également dits psychomimétiques ou «psychotogenes») varient selon la nature de la substance et ses propriétés pharmacologiques : psylocybine et LSD très hallucinogènes, crack et ecstasy très excitateurs, cannabis et cannabinoïdes de synthèse inducteurs de distorsions perceptives....
La consommation de ces substances peut induire une pharmacopsychose aiguë (état onirique aigu) ou chronique (schizophrénie).
Ces produits ont longtemps été réputés dépourvus de propriétés thérapeutiques et classés illicites :ceci est désormais remis en question notamment du fait des effets potentiellement antalgiques du cannabis, de l’effet antidépresseur de la kétamine.
J. Delay et P. Deniker, psychiatres français, membres de l’Académie de médecine (1957)
Étym. gr. psukhe : âme; dus : difficulté; lambanein : saisir
→ psychédélique (expérience), psychotropes, antidépresseur, psychoanaleptique, psycholeptique, hypnotique, anxiolytique, neuroleptiques, thymorégulateur, lithium (traitement par), acide valproïque, hallucinogène, cannabis, cannabinoides de synthèse
[G4, G5, H3]
Édit. 2020