langage n.m.
language
Fonction d'expression de la pensée et de communication entre les hommes, mise en œuvre au moyen d'un système de signes vocaux, telle la parole, et éventuellement graphique.
En psychiatrie, l'énoncé total ainsi produit, ou cotexte, résulte d'une multicanalité avec synergie de signes verbaux synergiques codés sur un mode arbitraire, et de signes non verbaux : regard, posture, prosodie. Ce contexte, source d'une métacommunication qui reflète surtout la tonalité de l'humeur ou "disposition de l'âme" (Stimmung, M. Heidegger), est tout aussi utilisable et pertinent en clinique.
Propre à l'homme, le langage verbal utilise des phonèmes dépourvus de sens groupés en mots porteurs de sens. Ceux-ci forment une langue, avec son vocabulaire et sa grammaire définis, partie sociale et institutionnalisée du langage. Sélectionnée et actualisée, la combinaison de ces mots permet de transmettre la parole.
Les divers types d'écriture ne sont que des équivalents de type bijectif du langage oral.
langage (genèse du) l.f.
genesis of language
Fonction quasi-spécifique de l'espèce humaine, qui permet la représentation et la communication des idées et concepts par un système conventionnel de signes oraux et graphiques.
Anatomiquement le langage est lié à certaines zones corticales : l'une antérieure, dite aire de Broca, et les autres postérieures aire de Wernicke et lobule pariétal inférieur, connectées entre elles et avec d'autres structures par des réseaux axonaux associatifs. Le signifié correspond à la valeur sémantique d'un signe, à un concept, et le signifiant à l'image acoustique, au phénomène sonore du signe.
Il existe des organes récepteurs (perception, compréhension) et des organes effecteurs (parole, qui est l'expression de la pensée par la production des sons constitutifs du langage parlé), fortement interdépendants.
Le développement du langage fait appel à des facteurs organiques (audition, phonation, etc.), aux données générales de la maturation cérébrale (neurogénèse corticale, myélinogénèse, et notamment callosogénèse, synaptogénèse), à des facteurs cognitifs (reconnaissance et synthèse des sons), ainsi qu'à des facteurs affectifs, eux aussi largement intriqués. Des déficiences dans chacun de ces facteurs peuvent susciter des troubles du langage.
langage intérieur l.m.
internal language
Expression verbale interne de la pensée, avec représentation mentale de sa propre voix.
Selon J. Dejerine, initiateur du concept, on observe la prééminence de l'image auditive dans le mécanisme du langage intérieur à l'état normal, mais aussi en aphasiologie et en pathologie mentale, notamment hallucinatoire (syndrome d'automatisme mental et d'influence, p. ex.).
Reste en fait posée la question des rapports du langage, plus précisément de la langue, et de la pensée.
Syn. endophasie
langage (retard simple du) l.m.
language pure retardation
Décalage dans l'élaboration du langage par rapport à la chronologie habituelle des acquisitions, chez un enfant normalement constitué.
On peut faire ce diagnostic quand l'enfant ne parle quasiment pas, très peu ou très mal entre deux et six ans, c'est-à-dire pendant la période rapide de développement du langage. L'expression et la compréhension restent nettement inférieures à celles des enfants du même âge dont le développement linguistique est normal.
L'évolution peut se faire spontanément vers l'organisation d'un langage normal, notamment lors de l'entrée à l'école.
langage (trouble du) l.m.
language disorder
En psychiatrie de l'adulte, altération des fonctions linguistiques et de la communication, liées à des troubles psychiques.
Dans le langage oral, les principales anomalies relevées sont les suivantes : troubles du débit et de l'élocution (tachyphémie, logorrhée, bradyphémie, barrages, mutisme, palilalie) ; troubles sémantiques portant sur l'invention des mots (néologismes) ou sur leur groupement (glossomanie, glossolalie, schizophasie, verbigération, salade de mots).
Chez les schizophrènes, s'associent le plus souvent : pauvreté du discours, de son contenu, réponses "à côté", incohérence, illogisme.
→ communication, langage intérieur, linguistique et psychiatrie
retard simple du langage l.m.
simple delay of language acquisition
Trouble spécifique du développement du langage consistant en un décalage des acquisitions, habituellement sans conséquences majeures sur les apprentissages scolaires.
Il se distingue des dysphasies par le profil linguistique qui est décalé de façon homogène vers les valeurs inférieures et par les erreurs qui sont semblables à celles commises lors du développement normal. Le plus souvent le trouble disparaît entre six et sept ans.
transposition du langage l.f.
transposition of language
Modalité du langage comportant des associations de perceptions sensorielles auditives ou visuelles à des actions motrices manuelles ou phonatoires.
Sont décrites ainsi des transpositions : audio
Ces transpositions font partie de l'examen clinique de l'aphasique au même titre que l'expression orale, la compréhension orale, l'expression écrite et la compréhension du langage écrit.
adaptation (troubles psychiques de l') l.m.p.
adjustment disorders
Ensemble des plaintes somatiques, détresse et perturbations émotionnelles, altérations de l'activité sociale ou occupationnelle, liées à un changement existentiel marquant ou à des circonstances éprouvantes (conflit professionnel ou conjugal, deuil, séparation, immigration, guerre, etc.).
Selon la CIM 10, la prédisposition et la vulnérabilité individuelles jouent ici un rôle plus important que lors d'une réaction aigüe ou dans l'état de stress post-traumatique. Mais ces troubles ne surviendraient pas en l'absence du facteur de stress en cause.
Des phénomènes régressifs (énurésie, "parler-bébé", succion du pouce) sont fréquents chez l'enfant, et des conduites agressives ou dyssociales chez l'adolescent.
Habituellement extériorisés dans le mois (CIM 10) ou les trois mois (DSM-IV) qui suivent l'évènement, ces états ne persistent guère au-delà de six mois.
Étym. lat. adaptare : ajuster
[H4]
Édit. 2017
Addison (troubles musculaires de la maladie d') l.m.p.
muscular troubles in Addison's disease
Tableau de faiblesse musculaire généralisée avec crampes abdominocrurales, en rapport avec les désordres hydro-électrolytiques observés au cours de ce syndrome.
[I4,04]
Édit. 2017
albinisme avec immunodéficience et troubles hématologiques l.m.
albinism with immune and hematologic defects
Albinisme oculocutané de type tyrosinase positive avec infections bactériennes fréquentes, granulocytopénie et thrombopénie, chez un garçon et une fille cousins germains d'origine turque.
Il s'y ajoute une microcéphalie, une protrusion de l'étage moyen du visage, des cheveux rugueux et raides et un retard mental léger. Les parents sont également cousins germains pour les deux cas. L’affection est autosomique récessive (MIM 203285).
D. Kotzot, généticien allemand (1994)
Étym. lat. albus : blanc
[F4,J1,P2,Q2 ]
Édit. 2017
albinisme oculocutané avec mèches noires, troubles intestinaux et surdité congénitale de perception l.m.
albinism, black lock, cell migration disorder of the neurocytes of the gut, and deafness
Anja Gross, pédiatre allemande (1995)
[J1,P1,P2,Q2]
Édit. 2017
amibiase (troubles psychiques et) l.m.p.
amebiasis, amibiasis (psychical disorders)
Lors d'une amibiase aigüe ou subaigüe, troubles dépressifs et/ou névrotiques rares pouvant cependant prévaloir sur la symptomatologie dysentérique.
Une méningo-encéphalite aigüe primitive souvent grave, à forme agitée et confuso-onirique, a été signalée. Des abcès cérébraux relativement tardifs, de type clinique surtout expansif, sont exceptionnels.
Dans les formes chroniques, les "colonévroses" sont assez fréquentes, principalement chez les amibiens d'Extrême-Orient. Mais il peut s'agir en fait de colopathies fonctionnelles (intestin irritable) sur un fond névrotique.
[D1, H1, H3]
Édit. 2020
anémie et troubles psychiques l.
anemia and mental disorders
Une des causes les plus fréquentes de troubles neuropsychiques, parfois seulement psychiques (Syndrome psycho-anémique, P.E. Weil) dans laquelle la part respective des carences nutritionnelles, contribuant à l'hématopoïèse, des causes psychiatriques possibles de ces carences, du rôle d'affections associées et de l'anémie proprement dite, reste discutée.
En dehors de l'asthénie physique, psychique et des états dépressifs qui dominent, on peut distinguer plus particulièrement les troubles suivants : irritabilité, impulsivité, perversions du goût et même conduites alimentaires anormales (pica à l'extrême) propres aux carences martiales ; états confusionnels, évolutions démentielles parfois réversibles propres aux carences en folates, souvent associés à une polyneuropathie sensitivomotrice, à une sclérose combinée de la moelle, à des "jambes sans repos" ou à un syndrome cérébelleux ; modifications de la personnalité et états délirants dans les carences en cobalamines, souvent en l'absence de tout signe d'anémie de Biermer. Surtout à défaut de signes neuro-anémiques évocateurs, la réalité d'un lien de ces troubles psychiques avec une carence en vitamine B 12 (cyanocobalamine) est discutée. Entrepris à temps, des traitements si possible étiologiques et au moins substitutifs peuvent être efficaces.
Étym. gr. an privatif, haimos sang
[F1,H3,H4]
Édit. 2017
atrophie optique, cataracte, et troubles neurologiques l.f.
optic atrophy, cataract, and neurologic disorder
Association d'une atrophie optique, d'une cataracte, et de troubles neurologiques de type ataxique.
Dans une famille de 14 personnes, en 7 fratries et quatre générations, les signes neurologiques sont extrapyramidaux et très variables ; la cataracte est découverte dans la première décennie. L’affection est autosomique dominante (MIM 165300).
R. Garcin, neurologiste français, membre de l'Académie de médecine (1961)
Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture
audition (troubles de l') l.m.p.
disorders of audition
Diminution uni ou bilatérale de l'acuité auditive, soit à type de transmission, liée à des lésions de l'appareil tympano-ossiculaire ou du conduit auditif externe, soit à type de perception, qui peut être endocochléaire par lésion de l'oreille interne, rétrocochléaire par lésion du nerf auditif, ou centrale par atteinte des voies centrales de l'audition.
Les hypo-acousies neurologiques sont surtout à type de perception, diminuée pour la voix chuchotée et la voix haute, déficitaire sur les aigus, avec parole déformée, conductions aériennes et osseuses altérées (Rinne positif), Weber latéralisé à l'oreille saine, et généralement sans phénomène de recrutement (qui est en faveur d'une lésion de l'oreille interne). Elles siègent sur le nerf auditif (neurinome, essentiellement, sous forme habituelle de schwannome développé à partir du nerf vestibulaire dans le conduit auditif interne et pouvant se limiter à une hypo-acousie progressive pendant plusieurs années).
Il s'agit également de lésions des voies de l'audition dans le tronc cérébral. Des lésions bilatérales de l'aire de Heschl sont responsables de la surdité corticale, ou agnosie auditive.
Étym. lat. auditio, de audire : entendre
boxeur (troubles psychiques chez un) l.m.
psychical disorders among boxers
Édit. 2017
brûlés (troubles psychiques des) l.m.
burnt persons (psychical disorders among)
Les victimes de brûlure totalisent des problèmes médicaux, chirurgicaux et psychiques : choc, douleurs, gestes médicaux urgents souvent majeurs (réanimation, trachéotomie, amputations), confinement dans un service spécialisé, éléments toxi- infectieux, greffes secondaires, détresse familiale, etc.
La phase aigüe peut s'accompagner d'un détachement émotionnel, suivi parfois d'un état confusionnel. La phase intermédiaire, de plusieurs semaines, comporte une accumulation de douleurs, d'interventions, de prises de conscience négatives, voire des réactions agressives d'autrui en cas de geste suicidaire ; elle induit un vécu dépressif et anxieux, ou même de désespoir. Parfois intégrale, surtout en cas de brûlure de la face, la réadaptation peut susciter des réactions catastrophiques. Y compris chez l'enfant et l'adolescent, dont une régression psychique profonde est possible, une relation psychiatrique préventive et curative est en général indispensable. Les associations de brûlés sont très utiles.
Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler
→ brûlure
Édit. 2017
caractère (troubles du) chez l'adolescent l.m.
adolescent with character disorders
→ troubles du caractère chez l'adolescent
[H4]
caractère (troubles du) chez l'enfant l.m.
child with character disorders
E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)
→ troubles du caractère chez l'enfant
[H4]
Cushing (troubles psychiques du syndrome de) l.m.p.
Cushing's syndrome (psychical disorders)
Manifestations mentales le plus souvent tardives de cette endocrinopathie.
Elles sont très polymorphes, souvent graves, non spécifiques, voire inaugurales : surtout anxio-dépressives, majeures, offrant une relative résistance aux antidépresseurs ; plus rarement maniaques ; délirantes et/ou confusionnelles (ces dernières notamment chez les sujets âgés, plus ou moins oniriques) ; à type prévalent d'irritabilité sous forme d'épisodes d'un à trois jours, sans rythme net ; cognitives, principalement mnésiques ; enfin atteignant le sommeil. Il existerait une relation entre la gravité de l'affection et l'importance des troubles psychiques.
Les mécanismes d'action restent discutés. Une hyperactivité des récepteurs stéroïdiens est actuellement la plus vraisemblable.
Le traitement de l'affection causale (adénome hypophysaire, tumeur surrénalienne, carcinoïde responsable d'un Cushing paranéoplasique, etc.) est utile, en association avec le traitement symptomatique, en particulier le RU 648. Des soins psychiatriques prolongés peuvent être nécessaires.
En échange, l'hypercorticisme relevé lors de syndromes dépressifs surtout sévères pourrait contribuer à l'aggravation de la symptomatologie, à l'origine d'un cercle vicieux.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
[O4,H4]
éjaculation (troubles de l') l.m.p.
ejaculation disorders
Éjaculation précoce ou, plus rarement, retardée et anéjaculation.
Étym. lat. ejicere : expulser
→ éjaculation, impuissance, éjaculation rétrograde, squeeze, éjaculation précoce, éjaculation retardée, anéjaculation
[M3]
Édit. 2019
encéphalopathie par troubles de la régulation thermique l.f.
thermic regulation disorders encephalopathy
Souffrance cérébrale pouvant atteindre le coma, liée à des variations extrêmes de la température corporelle.
Surtout chez des personnes âgées, une exposition au grand froid, une intoxication alcoolique ou médicamenteuse (barbituriques, neuroleptiques), peuvent être en cause. Mais un état apparent de mort cérébrale lié à l'hypothermie reste réversible après réchauffement.
Un "coup de chaleur" peut évoluer vers un coma, voire la mort, ou des séquelles, en l'absence de réanimation avec refroidissement et réhydratation. On différencie le coup de chaleur par température ambiante très élevée, survenant chez des personnes dont la thermorégulation est fragile (sujets sous neuroleptiques, âgés, etc.), de l'hyperthermie maligne par effort excessif.
→ hypothermie profonde, coup de chaleur exogène, hyperthermie maligne d'effort
[C2, H1]
Édit. 2019
épilepsie et troubles psychiques l.f.
epilepsy and psychic disorders
Relation dont la fréquence (actuellement de l'ordre de 2,8 à 5,5 % en milieu psychiatrique selon les auteurs) est très anciennement admise (Hippocrate, "morbidus lunaticus" du Moyen Age, etc.), mais qui est marquée par de nombreux biais possibles du fait de sa complexité, et reste discutée.
On observe principalement :
- des crises partielles, exclusivement ou principalement sensorielles (en particulier auditives ou visuelles), à type d'"état de rêve", de peur et d'angoisse, d'automatismes divers, etc. ;
- des épisodes psychiatriques aigus de quelques jours à quelques semaines, à début et fin brusques, polymorphes, pouvant comporter des éléments confusionnels, délirants, dépressifs et une agitation, surtout postcritiques, parfois apparaissant après la cessation des crises (psychoses alternatives) et/ou d'origine médicamenteuse (surdosage en particulier) ; ils sont volontiers récidivants ;
- des formes psychotiques chroniques, hétérogènes, de type schizophrénique dans la moitié des cas, souvent fluctuantes ;
- des états dépressifs de diverses formes, surtout névrotiques et réactionnels, d'étiologie souvent multiple, contribuant à la surmortalité suicidaire ;
- des troubles intellectuels dépendant, eux aussi, de facteurs divers, parmi lesquels une encéphalopathie sous-jacente mais également des médicaments anticomitiaux ;
- des anomalies de la personnalité classiquement constituées d'adhésivité à l'entourage, dite glischroïdie, de perte de la fluidité idéique (bradypsychie) et de décharges agressives (F. Minkowska, 1923), en fait sans spécificité. De plus, la réalisation d'une existence satisfaisante pour ces personnes est très possible.
Parmi les facteurs éventuels, un rejet et/ou une hyperprotection du patient, notamment par ignorance sur l'épilepsie, sont fréquents.
Franziska Minkowska-Brokman, neuropsychiatre française (1923)
Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre
[H1, H3]
Édit. 2020
troubles de l'équilibre l.m.p.
balance disorders
→ ataxie, vertige, équilibration posturale
[H1]
Édit. 2020
érection (troubles de l') l.m.p.
erectile dysfunction
[M3,H1]
Édit. 2018