Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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insuffisance cardiaque après remplissage vasculaire l.f.

cardiac failure secondary to fluid challenge

Choc cardiogénique révélé lors d'un remplissage vasculaire trop rapide au cours d'une réanimation et traduisant une insuffisance cardiaque latente.
Les signes sont une hépatomégalie douloureuse avec turgescence jugulaire, l'apparition d'un œdème aigu pulmonaire, d'une défaillance circulatoire ou seulement d'une modification nette des paramètres de surveillance hémodynamique (élévation des pressions veineuse centrale et capillaire bloquée, diminution du débit cardiaque).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

choc cardiogénique, insuffisance cardiaque,  solution de remplissage

solution de remplissage l.f.

(G.B) intra-vascular volume expansion fluid, blood expansion fluid
(U.S.) volume loading fluid
Solution utilisée en réanimation pour reconstituer le volume sanguin en cas d'hypovolémie.
La perfusion de telles solutions évite les risques d'infection et d'incompatibilité apportés par la transfusion sanguine, de plus elles présentent l'avantage d'une excellente conservation.
Les solutions cristalloïdales ont l'inconvénient de quitter rapidement le compartiment intravasculaire. Le tableau ci-dessous rapporte quelques-unes de ces solutions, (la solution de NaCl à 9 p. 1000 est appelée erronément « sérum physiologique»).

hypovolémie

bruit de remplissage ventriculaire rapide l.m.

rapid ventricular filling sound

Traduction sonore de la brusque distension des ventricules au moment de leur phase de remplissage rapide protodiastolique et de la mise en tension de l’appareil volontaire mitral ou tricuspidien, connue comme le 3ème bruit du cœur (B3).
Parfois audible à l’auscultation soit chez un sujet sain (3èmebruit physiologique) soit surtout dans certaines cardiopathies (insuffisance mitrale, shunt gauche droit, défaillance cardiaque, péricardite constrictive), il est plus souvent inaudible et ne s’inscrit que sur le phonocardiogramme sous forme d’une oscillation faible et lente apparaissant 12 à 16/100ème de seconde après la fin du deuxième bruit.

Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).

B3

Édit. 2017

remplissage n.m.

filling in

En biologie moléculaire, opération qui consiste à insérer des nucléotides dans une région simple brin d'un ADN pour la rendre entièrement double brin.
Cette opération nécessite l'utilisation d'une ADN polymérase I.

remplissage vasculaire rapide l.f.

volume loading, intravascular volume replacement

Perfusion d'un débit important, au moins 50 mL par minute, de solutions cristalloïdes, colloïdes ou de produits sanguins (albumine, plasma, concentrés érythrocytaires) pour le traitement d'une hypovolémie consécutive habituellement à une hémorragie aigüe importante (plaie par arme blanche ou à feu, plaie opératoire d'un gros vaisseau, etc.).
Le remplissage vasculaire rapide demande l'emploi de plusieurs voies veineuses ou l'accès à un gros tronc veineux. On utilise un accélérateur de perfusion et si possible un système de réchauffement.

remplissage ventriculaire l.m.

left ventricular filling (early-; late-)

Phase du cycle cardiaque qui s’étend de l’ouverture à la fermeture mitrale, découpée en 3 temps de durée équivalente (remplissage rapide, diastasis, remplissage d’origine auriculaire) et dont le déroulement est sous la dépendance de 4 données principales : la géométrie du ventricule, les propriétés passives du myocarde, la vitesse de relaxation, l’état physique des autres cavités et du péricarde.

remplissage ventriculaire (bruit de) l.m.

ventricular filling sound

bruit de remplissage ventriculaire

insuffisance cardiaque l.f.

cardiac failure

défaillance cardiaque

insuffisance cardiaque diastolique (à fonction systolique préservée) l.f.

diastolic heart failure

Forme d’insuffisance cardiaque congestive au cours de laquelle la contractilité du ventricule gauche semble préservée, et où l’essentiel de l’inadaptation du débit cardiaque est attribuable à un défaut de remplissage ventriculaire.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

amidon (solution d') l.f.

hydroxyethylstarch

Solution colloïde composée de polysaccharides naturels (hydrolysés surtout à partir d'amidon de maïs) dont la masse moléculaire moyenne est de 200 à 450 kDa.
Les radicaux hydroxyéthyles de l'amidon ralentissent l’hydrolyse des polysaccharides par l’alpha-amylase plasmatique. Ayant une pression oncotique supérieure à celle du plasma, ces solutions attirent l'eau du secteur interstitiel vers celui intravasculaire, du moins au début de l'administration.
Ces solutions sont utilisées pour restaurer ou maintenir le volume des liquides intravasculaires (administration maximale 30 mL/kg/24h). Leur demi-vie intravasculaire (de 4 à 24 h) dépend de leur masse moléculaire et du degré de substitution en radicaux hydroxy- éthyles.
L'élimination se fait par l'urine, soit sous forme non modifiée, soit après hydrolyse partielle par les amylases. Les effets secondaires sont rares (réactions anaphylactoïdes, perturbations de l'hémostase et augmentation des amylases plasmatiques par formation d'un complexe macromoléculaire).

[C1,C3,G5]

Édit. 2017

bicarbonate (solution de) l.f.

bicarbonate solution

Solution alcalinisante utilisée pour le traitement des acidoses métaboliques.
Les solutions utilisées de NaHCO3 (masse moléculaire 84 g), molaire (84 g/L), ou semimolaire (42 g/L), sont très irritantes pour les tissus. La solution 1/6 molaire (14 g/L), est isotonique au plasma. Le bicarbonate est alcalinisant par captage des ions H+.

Édit. 2017

dakin (solution de) l.f.

solution of dakin

Antiseptique (oxydant halogéné) utilisé, en solution, dans le traitement des dermatoses surinfectées et des infections des muqueuses.

H. D. Dakin, chimiste britannique (1915)

degré chlorométrique

hémoglobine modifiée (solution d') l.f.

modified haemoglobin solution, cell free haemoglobin solution

Substitut au sang humain utilisé pour les transfusions, constitué par une solution d'hémoglobine, Hb, modifiée par l'adjonction de radicaux (par ex. grâce à des dérivés de l'aspirine) afin d'empêcher l'élimination trop rapide de l'hémoglobine libre par les reins et pour obtenir une affinité à l'oxygène se rapprochant de celle du globule rouge.
Les solutions d'Hb obtenues par hémolyse du sang sont toxiques pour le rein du fait de molécules lipidiques issues de la paroi globulaire, elles le restent encore même lorsqu'elles sont bien purifiées. Le regroupement des molécules d'Hb, p. ex. en tétramères grâce à des ponts fumarate dans l'emploi de l'acide 2-acétyl-3,5dibromo-salicylique (il s'élimine lors de la fixation des molécules d'Hb), permet d'obtenir des solutions de propriétés assez comparables à celle du sang mais moins visqueuses. Ces solutions peuvent être congelées pour une longue conservation. Les virus sont éliminés dans la fabrication et ces solutions ne sont pas antigéniques, donc le groupage n'est pas nécessaire. Actuellement en phase d'expérimentation humaine sur une grande échelle ces solutions semblent offrir une bonne solution pour les transfusions.

Étym. gr. haima : sang ; lat. globus : boule

[F1]

Édit. 2015

isobare (solution) l.f.

isobaric solution

Solution de même densité que celle du milieu liquide où elle est injectée (ex. liquide céphalorachidien).

Étym. gr. isos : égal ; baros : pression

rachianesthésie

Milian (solution de) l.f.

Soluté hydroalcoolique à base de violet et de vert de méthyle autrefois utilisé comme antiseptique (antibactérien et antifongique) cutané notamment dans les lésions des plis.

G. Milian, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1871-1945)

perfluorocarbure (solution de) l.f.

perfluorocarbon solution

Solution de liquides volatils et inertes possédant une haute capacité de dissolution des gaz (notamment l'oxygène et le dioxyde de carbone), ces liquides sont proposés comme substituts des globules rouges.
Les meilleures préparations fixent 30 mL d’oxygène par litre de substitut de sang.

solution n.f.

solution

1 - Mélange liquide homogène d'une substance solide, liquide ou gazeuse (la substance dissoute ou soluté) et d'un liquide (le solvant) généralement en quantité plus élevée.
La substance dissoute peut être récupérée par évaporation du solvant ou par un autre procédé physique.
On distingue les solutions cristalloïdales (solutions vraies) non-conductrices (p. ex. sérum glucosé isotonique à 5%) ou conductrices (solutions électrolytiques) (p. ex. la solution à 9 g/L de Na Cl), des solutions colloïdales (pseudosolutions), telles que celles de gélatine ou les solutions nutritives employées en réanimation. Cette distinction correspond essentiellement à la taille des particules dissoutes, très petites pour les cristalloïdes, beaucoup plus grosses pour les colloïdes.
Le processus de dissolution (dispersion des molécules du soluté dans le solvant) demande de l'énergie : il faut fournir une certaine quantité de chaleur de dissolution, sinon la chaleur nécessaire à la dissolution est prise dans la solution qui se refroidit. Pour certains mélanges ce refroidissement peut être très important (mélanges réfrigérants).
2 – Préparation pharmaceutique support d’un ou plusieurs produits actifs pouvant être administrés par voie orale ou en injection sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse.

Étym. lat. solutio : dissolution (de solvere : délier, dissoudre)

[B1,C1,G3,G5]

Édit. 2017

solution ACD l.f.

Solution anticoagulante, autrefois utilisée pour le recueil et la conservation du sang pour la transfusion sanguine, aujourd’hui remplacé par le CPD.

solution CPD

solution colloïde l.f.

colloid solution

Les solutions colloïdales emploient des macromolécules de plus de 20 000 Da. : dextranes (polysaccharides de structure voisine de la cellulose ou de l’amidon), gélatines et amidon.

solution colloïdale, solution d'amidon

solution colloïdale l.f.

colloid solution

Dispersion dans un liquide de grosses molécules ou de petites particules dont le diamètre efficace est compris entre un nanomètre et quelques micromètres : les plus grosses particules forment plutôt une émulsion qu'une solution.
Les colloïdes ne peuvent traverser les parois capillaires par dialyse, contrairement aux cristalloïdes.
En anesthésie-réanimation les solutions colloïdales sont utilisées comme substitut du plasma pour assurer un remplissage vasculaire en cas d'hypovolémie.

T. Graham, chimiste britannique (1861)

Étym. angl. colloid qui ressemble à de la colle

amidon (solution d'), dextrane, gélatine (solution de), pression oncotique

[G3]

solution CPD l.f. sigle pour Citrate, Phosphate, Dextrose

CPD solution

Solution anticoagulante contenant du citrate, du phosphate et du dextrose, utilisée pour le recueil et la conservation du sang pour la transfusion sanguine.

solution cristalloïde l.f.

cristalloid solution

Solution de petites molécules chimiques dont certaines peuvent se dissocier en ions dans l'eau.
Les molécules cristalloïdes peuvent aisément passer par dialyse à travers les membranes, ce qui les différencie des colloïdes. Les molécules salines peuvent se dissocier en anions et cations (ex. NaCl ↔ Na+ + Cl-) ; les autres ne sont pas modifiées (p. ex. le glucose. Dans l'eau pure, les molécules d'eau sont légèrement dissociées en ions H+ (protons) et ions OH- (oxydriles).
 

amidon (solution d')

solution hypertonique l.f.

hypertonic (solution)

En biologie, solution dont la concentration moléculaire est supérieure à celle du milieu cellulaire avec lequel cette solution est en contact ; il y aura donc passage d'eau du milieu cellulaire vers l'extérieur avec diminution du volume des cellules entraînant un retrait de la membrane plasmatique.
Les produits de contraste triiodés hydrosolubles à haute osmolalité sont fortement hypertoniques. Leur osmolalité est d'environ 1500 mosm/kg H2O pour les solutions à 28% d'iode/mL et d'environ 2000 mosm/kg H2O pour les concentrations à 33%, alors que celle du plasma est de 300 mosm/kg H2O. Ceci explique leur toxicité pour le système nerveux et certaines des réactions secondaires que peut provoquer leur injection.

osmolalité, osmolarité

[B1]

solution réhydratante OMS l.f.

WHO hydrating solution

Solution pour la réhydratation par voie orale des syndromes de déshydratation tels que les diarrhées profuses chez l'enfant.
L'emploi de cette solution est un moyen simple et peu onéreux pour le traitement des grandes déshydratations.
   
 

achalasie et insuffisance surrénalienne l.f.

achalasia-adrenal insufficiency
  

maladie d'Addison, achalasie, alacrymie, Allgrove (syndrome de)

[C2,O4]

Édit. 2018

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