agrécane n.m.
aggrecan
Protéoglycane du tissu cartilagineux, de masse moléculaire très importante, atteignant plusieurs milliers de kDa, pouvant être agrégée à l'acide hyaluronique, jouant un rôle dans les propriétés mécaniques et la résistance du cartilage, et servant de support à de nombreuses molécules de glycosaminoglycanes, de type chondroïtine-sulfate et kératane-sulfate.
On trouve des agrécanes à la surface des chondrocytes.
[C1,C3]
Édit. 2017
améloblaste n.m.
ameloblast
Cellule prismatique haute, d’origine ectodermique, située sous la surface de l’émail.
Elle fabrique cette substance riche en glycosaminoglycanes et fortement minéralisée au niveau de la dent en formation. Cette cellule disparaît au moment de l’éruption dentaire.
Étym. vieux français amel : émail; blastos : germe
Syn. adamantoblaste
[A2, P3]
Édit. 2020
cellule musculaire lisse vasculaire l.f.
vascular smooth muscle cell
Cellule présente dans les artères et les veines, allongée, fusiforme, de petite taille, à noyau central ovalaire indenté.
Elle se présente sous deux phénotypes, soit contractile, au cytoplasme pauvre en ergatoplasme mais riche en myofilaments ancrés sur la membrane plasmique par de nombreux corps denses, soit sécrétant collagènes, élastine, glycosaminoglycanes, de même aspect cellulaire mais avec peu de myofilaments et un ergastoplasme développé. Ce dernier type peut migrer, se multiplier et acquérir des propriétés de phagie vis à vis des lipoprotéines de faible densité, devenant une cellule spumeuse. La cellule musculaire lisse est entourée d'une membrane basale discontinue. Au cours de la genèse des parois vasculaires, le phénotype, d'abord sécrétant, assure la construction de la média par ses sécrétions, puis devient contractile et assure la contractilité de la paroi ; au cours du vieillissement, la média contient progressivement de plus en plus de cellules musculaires lisses de type sécrétant des collagènes et devient scléreuse.
[A2,K4]
chondroïtine-sulfate n.m.
chondroitin sulfate
Glycosaminoglycane sulfaté dont la structure polyosidique contient des acides glucuroniques, qui alternent avec des molécules de N-acétylgalactosamine, formant des maillons dihexosidiques (β-glucuronosido-3-β-N-acétylgalactosamine) attachés au C4 de l'acide glucuronique du maillon suivant.
Les radicaux sulfuriques sont attachés au C4 ou au C6 des galactosamines.
Comme la plupart des glycosaminoglycanes, les chondroïtine-sulfates font partie des édifices glycoprotéiniques, les protéoglycanes, des tissus conjonctifs, en particulier du derme, du cartilage et de la cornée. Selon les tissus, la longueur des chaines varie de 10 à 50 maillons ; elles sont liées à un polypeptide de la même manière que les chaines glucidiques des glycoprotéines. Ces chondroïtine-sulfates sont localisés soit sur la surface externe des membranes cellulaires, soit associés sous forme de complexes macromolé
Une association de chondroïtine-sulfate 4% et d'hyaluronate de sodium 3% obtenue par fermentation bactérienne est utilisée dans la chirurgie de la cataracte.
[C1]
dermatane-sulfate n.m.
dermatan sulfate
Glycosaminoglycane sulfaté dont la structure polyosidique ne contient pas d'acide glucuronique, mais de l'acide L-iduronique qui alterne avec les molécules de N-acétylgalactosamine, formant des maillons dihexosidiques (L-iduronosido-3-β-N-acétylgalactosamine) attachés au C4 de l’acide iduronique du maillon suivant.
Les radicaux sulfuriques sont attachés au C4 des galactosamines.
Comme la plupart des glycosaminoglycanes, les dermatane-sulfates font partie des édifices glycoprotéiniques, les protéoglycanes, des tissus conjonctifs, en particulier du derme, du cartilage et de la cornée. Selon les tissus, la longueur des chaînes varie de 10 à 50 maillons ; elles sont liées à un polypeptide de la même manière que les chaînes glucidiques des glycoprotéines. Ces dermatane-sulfates sont soit localisés sur la surface externe des membranes cellulaires, soit associés sous forme de complexes macromoléculaires dans la substance fondamentale extracellulaire.
fibromatose hyaline juvénile l.f.
juvenile hyaline fibromatosis
Maladie rare, débutant dans l'enfance, quoique parfois présente à la naissance, caractérisée par l'existence de papules, de nodules ou de tuméfactions siégeant le plus souvent à la face ou au cuir chevelu, auxquels s'associent une hypertrophie gingivale, des douleurs articulaires et parfois des lésions ostéolytiques.
Sur le plan biochimique, il existe une anomalie de synthèse des glycosaminoglycanes.
Syn. fibrohyalinose juvénile, hyalinose systémique
[A3,J1]
Édit. 2018
glycanne n.m.
glycan
Molécule formée par la condensation de nombreuses molécules d'oses par des liaisons osidiques.
On distingue des glycanes ne contenant qu'une espèce d'ose, dénommés homoglycanes, tels que les glucanes (polycondensés de glucose, comme l'amidon ou le glycogène) ou les mannanes (polycondensés de mannoses), et des glycanes contenant des oses de différentes espèces, appelés hétéroglycanes, tels que les glycosaminoglycanes, où alternent des osamines avec des acides uroniques (comme l'acide hyaluronique). Les protéoglycanes sont des molécules dans lesquelles un glycane est attaché par un lien covalentiel à une protéine. Un glycane comportant un grand nombre de molécules d'oses est appelé polysaccharide ou polyoside. Une chaîne glycanique peut être linéaire ou ramifiée.
Syn. polyoside
héparine n.f.
heparin
Substance anticoagulante existant particulièrement dans le foie, le poumon, les muscles et aussi dans tous les tissus à très faibles concentrations.
C’est un polyoside sulfaté formé par un enchaînement de restes alternés de glucosamines N-sulfatées et d'acides uroniques, avec l’alternance de l'acide glucuronique et de l’acide L-iduronique, et un nombre élevé de radicaux sulfuryle. Biosynthétisé par les mastocytes dans lesquels il se trouve, ainsi que dans les polynucléaires basophiles, sous forme macromoléculaire, ce glycane est hydrosoluble et très acide. Son activité biologique est neutralisée par les protéines basiques telles que les protamines. L'héparine est capable de mobiliser des enzymes attachés aux parois vasculaires, tels que la lipoprotéine lipase, la lipase hépatique et la phospholipase A1. L’héparine est utilisée comme anticoagulant pour son activité potentialisatrice de l'antithrombine due à une séquence très spécifique de cinq dérivés (séquence pentasaccharidique).
Les préparations commerciales utilisées en thérapeutique, sont extraites soit des poumons de Bœuf (Amérique du Nord), soit de la muqueuse intestinale du Porc (Asie). De cet extrait hétérogène, on sépare des glycosaminoglycanes (mucopolysaccharides) de masse moléculaire comprise entre 3 000 et 50 000 Da, formées de longues chaînes polyosidiques diversement sulfatées, constituées par la répétition de séquences disaccharidiques. Différents radicaux anioniques fixés sur ces hexoses font de l'héparine un acide fort, chargé négativement, donc capable de se lier facilement aux cations Ca2+, K+, Na+, Mg2+ et aux molécules biochimiques (albumine, fibrine, etc.) ou médicinales cationiques.
Les méthodes d'extraction, de solubilisation et de purification de l'héparine commerciale permettent de séparer les héparines de basse masse moléculaire (HBPM, moyenne 8 000 Da) de celles à haute masse moléculaire (héparine standard non fractionnée, moyenne 20 000 Da). Les HBPM, dont la pharmacocinétique est beaucoup plus favorable (biodisponibilité, durée de vie) et qui ont moins d'effets secondaires (thrombopénie), sont préférées en thérapeutique tant pour la prévention que pour les traitements des affections ou maladies thrombotiques, en particulier veineuses.
L'activité anticoagulante de l'héparine dépend essentiellement :
- du degré de polymérisation (un niveau minimal est nécessaire),
- du degré de sulfatation de chaque chaîne et de la localisation des groupements N-sulfates,
- de l'affinité des chaînes polyolosiques à se fixer sur l'antithrombine-III ce qui requiert une structure pentasaccharidique minimale.
L’héparine non fractionnée combine une activité anti-IIa et une activité anti-Xa équivalentes. Elle est injectée par voie veineuse. Sa présentation forme d’héparinate de calcium est utilisée en sous-cutanée.
Les HBPM ont une activité anti-Xa prédominante sur l’activité anti-IIa dans un rapport variable de deux à quatre en fonction des molécules. Elles sont injectées par voie sous-cutanée.
L’héparine est indiquée dans le traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des infarctus du myocarde, des angors instables et des embolies artérielles extra-cérébrales ; dans le traitement préventif des accidents thromboemboliques veineux et/ou artériels en milieu chirurgical y compris en chirurgie vasculaire artérielle, en cas d’affection médicale aigüe, en cas de cardiopathie emboligène, et dans l’anticoagulation des circuits de circulation extracorporelle et d’épuration extra-rénale.
Sa forme utilisable par voie veineuse est également indiquée en traitement curatif de certains cas de coagulopathie.
L’héparine n’exerce par elle-même aucune action fibrinolytique.
Etant donné sa charge électrique et l'importance de sa masse moléculaire, l'héparine ne traverse ni les séreuses (plèvre, péritoine, méninges), ni la barrière placentaire. De même, elle ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être absorbée par le tube digestif.
L'héparine est neutralisée par la protamine (polypeptide extrait de la laitance de certains poissons)
Le traitement par HBPM peut être surveillé par l’activité anti-Xa (mesure du pic d’activité de trois à quatre heures après l’injection sous-cutanée).
J. McLean, étudiant en médecine américain, découvrit l’héparine en 1916
Étym. gr. hêpar : foie (parce qu’on a d’abord extrait l’héparine du foie)
→ anticoagulant (médicament), antithrombine III
[F4]
Édit. 2015
hyaluronidase n.f.
hyaluronidase
Enzyme catalysant l'hydrolyse ou la dépolymérisation de l'acide hyaluronique.
Après une phase de dépolymérisation qui fait chuter la viscosité de la solution ; l'hydrolyse scinde la molécule en oligosides à nombre pair d'oses.
On connait plusieurs types d'hyaluronidases : l'hyaluronidase testiculaire ou hyaluronate-hydrolase, est une endo-poly-β-hexosaminidase, qui coupe la liaison β1-4-hexosaminique, et agit sur de nombreux glycosaminoglycanes ; sécrétée par les spermatozoïdes, elle perméabilise la paroi périovulaire. Les hyaluronidases sécrétées par certaines bactéries (Pneumococcus, Staphylo
[C3]
inhibiteur de la voie du facteur tissulaire l.m.
tissue factor pathway inhibitor. sigle (TFPI).
Facteur naturel qui s'oppose à l'initiation ou au développement de la coagulation, aussi connu sous le nom d'inhibiteur de la voie extrinsèque de la coagulation (Extrinsic Pathway Inhibitor ou EPI) ou LACI (Lipoprotein Associated Coagulation Inhibitor) ou encore PAP (Plasma Anticoagulant Protein).
Il existe sous différentes formes moléculaires, dont deux majeures de masse moléculaire apparente 40 et 33 kDa. Ses séquences protéique et génomique sont connues et il peut être obtenu par recombinaison génétique. Sa concentration plasmatique est de 110 ng/mL soit 2,5 nM. La forme circulante est en grande partie liée à l'apolipoprotéine A II. Une part importante n'est pas circulante, mais retenue par les glycosaminoglycanes qui forment le manteau à la surface luminale des cellules endothéliales. Il exerce son activité inhibitrice en se fixant à du facteur X déjà activé pour empêcher que le complexe initiateur de la voie extrinsèque (le couple formé par le facteur VII sous sa forme activée et son activateur, le facteur tissulaire) ne continue à exercer son action sur la coagulation.
kératane-sulfate n.m.
keratan sulfate
Glycosaminoglycane sulfaté dont la structure polyosidique ne contient pas d'acide uronique, mais du galactose qui alterne avec les molécules de N-acétylglucosamine, formant des maillons dihexosidiques (b-galactosido-4-b-N-acétylgluco
Comme la plupart des glycosaminoglycanes, les kératane-sulfates font partie des édifices glycoprotéiniques, les protéoglycanes, des tissus conjonctifs, en particulier du derme, du cartilage et de la cornée. Selon les tissus, la longueur des chaînes varie de 10 à 50 maillons; elles sont liées à un polypeptide de la même manière que les chaînes glucidiques des glycoprotéines. Ces kératane-sulfates sont localisés soit sur la surface externe des membranes cellulaires, soit associés sous forme de complexes macromoléculaires dans la substance fondamentale extracellulaire.
membrane basale l.f.
basement membrane
1) Liseré homogène, régulier, d'épaisseur variable, de structure extracellulaire, marquant l'interface entre endothélium, épithéliums, muqueuses glandulaires et les tissus conjonctifs de soutien sous-jacents.
C'est une barrière infranchissable ou sélective ainsi qu'un support pour les structures cellulaires ; elle intervient aussi dans leur contrôle de prolifération et leur métabolisme. Elle est mise en évidence par le PAS, les colorations argentiques et ses caractères ultrastructuraux ; elle est en effet constituée de trois couches : une centrale, la lamina densa, et deux périphériques situées de part et d’autre de la lamina densa : la lamina lucida (dite rara interna, zone d’attachement des cellules parenchymateuses), et la lamina subbasale (dite rara externa, formée de fibrilles de collagène qui se continuent avec le tissu conjonctif adjacent). Sur le plan biochimique, elle est essentiellement constituée de collagène de type IV, de glycosaminoglycanes et de glycoprotéines de structure. La membrane basale de l’épiderme est dénommée jonction dermoépidermique.
2) Revêtement fibrillaire à la surface externe de certaines cellules.
Étym. lat. membrana
Scheie (maladie de) l.f.
Scheie’s disease, mucopolysaccharidosis I S
Désordre du métabolisme des glycosaminoglycanes qui est responsable d’une dysmorphie faciale discrète, d’une raideur articulaire et d’une surcharge viscérale d’évolution lente.
Ses manifestations cliniques sont plus tardives et plus modérées que dans la maladie de Hurler. Le retard mental est léger ou absent. Le faciès particulier justifie le terme de gargoylisme. La bouche est large. On note aussi un hirsutisme et une opacité de la cornée, surtout périphérique. S’y associent parfois des lésions cardiaques (insuffisance aortique). La longévité est normale.
Il existe une forme intermédiaire entre la maladie de Hurler et la maladie de Scheie classée en type IHS.
La maladie de Scheie est due au déficit du même enzyme que la maladie de Hurler (déficit en α-L-iduronidase), mais son évolution est beaucoup plus lente, compatible avec une survie à l’âge adulte. Elle fait partie des mucopolysaccharidoses (type I S) avec élimination excessive dans les urines de dermatane sulphate. La transmission est autosomique récessive ; locus en 4p.16.3.
H. G. Scheie, ophtalmologiste américain (1962) ; Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919)
Syn. mucopolysaccharidose de type V, Spät-Hurler (maladie de), Ullrich-Scheie (maladie de)
→ Hurler (maladie de), mucopolysaccharidose, gargoylisme, glycosaminoglycanes, hirsutisme, insuffisance aortique, déficit en alpha-L-iduronidase, dermatane sulphate
[C1, H4, J1, K2, L2, Q3, R1]
Édit. 2018
substance fondamentale l.f.
(amorphous) ground substance, interstitial matrix
Substance amorphe élaborée par les fibroblastes, ayant la consistance d’un gel et englobant les fibres et les cellules des tissus conjonctifs en remplissant les espaces laissés libres entre elles et qui, non visible sur les préparations histologiques, apparaît comme un espace optiquement vide.
Elle est constituée d’un mélange de glycosaminoglycanes (le principal étant l’acide hyaluronique), de protéoglycanes et de glycoprotéines de structure, telle la fibronectine. Elle est parcourue par des fibres conjonctives : collagène, élastine et réticuline.
Syn. matrice intercellulaire
tissu conjonctif de soutien l.m.
loose connective tissue
Tissu fondamental d'origine mésodermique, support structural et métabolique des autres tissus et organes du corps. Il est la voie de passage des vaisseaux sanguins et lymphatiques ; il permet, par le liquide interstitiel qu'il contient, l'échange des nutriments, des métabolites, des déchets entre les tissus et l'appareil circulatoire.
Il est formé de cellules : cellule mésenchymateuse souche, fibrocyte (fibroblaste) ; et d'une matrice extracellulaire, fibrillaire : fibres de collagène, d'élastine et de réticuline, et non fibrillaire ou substance fondamentale, composée essentiellement de glycosaminoglycanes et de glycoprotéines de structure.
Étym. lat. cum : avec, junctum : joint
Syn. tissu conjonctif lâche
uridine-diphosphate-N-acétyl-galactosamine n.f.
Complexe moléculaire formé entre l’uridine-diphosphate et la N-acétyl-galactosamine
Il intervient dans la synthèse de certaines glycoprotéines et de certains glycosaminoglycanes.
Abrév. UDP-NacGal
versicane n.m.
versican
Protéoglycane des fibroblastes, de masse molaire très importante, atteignant plusieurs centaines de milliers de kDa, capable de fixer des molécules cationiques, jouant un rôle dans les propriétés mécaniques et la résistance du tissu conjonctif, ainsi que dans la régulation des migrations cellulaires, et servant de support à de nombreuses molécules de glycosaminoglycanes, de type chondroïtine-sulfate.
→ chondroïtine-sulfate, glycosaminoglycane, protéoglycane, fibroblaste
[C1, C2]
Édit. 2019