Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

21 résultats 

névrose (choix de la) l.m.

choice of a neurosis

Problème sur lequel bute la théorie psychanalytique des névroses.
Certes, le symptôme névrotique est toujours lié à la conversion du fantasme inconscient en un acte, qu'il s'agisse d'un geste comme le symptôme hystérique ou d'un acte mental comme le symptôme obsessionnel. De plus, le choix de la névrose est initialement en relation avec le stade du développement infantile auquel sont liés les conflits et fantasmes et la personnalité sous-jacente.
Toutefois, il convient de tenir compte aussi des facteurs génétiques ou éducatifs, plus généralement familiaux, des interactions sociales, culturelles, etc. En tout cas, il apparait que le symptôme sert d'expression substitutive à certains fantasmes inconscients qui représentent une part excessive de l'organisation de la vie pulsionnelle du sujet.

D. J. Widlöcher, A. Guédeney, psychiatres français (1990 NT)

voyeurisme n.m.

voyeurism

Le voyeurisme qui appartient au groupe des paraphilies, est caractérisé par l’attrait pour l’excitation sexuelle déclenchée par le fait d’observer, à son insu, une personne nue ou une scène de rapports sexuels .
Il peut être accompagné de masturbation.
Le voyeurisme est considéré comme un trouble lorsque les fantasmes ou les comportements qui le caractérisent sont intenses et répétés et lorsqu’ils induisent une détresse (anxiété, obsessions, culpabilité ou sentiment de honte) ou une perturbation du fonctionnement socio-professionnel.
La prévalence n’est pas connue. Le trouble est surtout rencontré dans la population masculine : il est souvent précédé par la prégnance, dès l’enfance ou l’adolescence, de fantasmes voyeuristes.
Chez un même individu l’évolution de ce trouble est très variable avec l’âge .
Le voyeurisme peut être associé à une autre paraphilie, en particulier l’exhibitionnisme : ces deux paraphilies conduisent souvent à une sanction judiciaire. Une position de déni peut alors être adoptée par le sujet.
Plusieurs comorbidités doivent être recherchées : hypersexualité ou au contraire déficience sexuelle (notamment chez le sujet plus âgé), trouble schizophrénique, trouble de la personnalité, trouble d’usage de substance psychotrope, bipolarité, trouble anxieux, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.  

Étym. lat.videre :voir

paraphilie, exhibitionnisme

[H3]

Édit. 2020

cannibalisme n.m.

cannibalism

Consommation de chair humaine par une personne.
Elle peut être habituelle dans quelques groupes humains archaïques et se rattache alors à des croyances magiques ou religieuses (anthropophagie rituelle).
Dans la plupart des cultures, elle n'est observée que chez de très rares pervers ou en situation extrême de survie. À un niveau métaphorique, tendance à l'incorporation agressive d'un objet, liée à l'oralité et qui, à côté de la satisfaction orale, comporterait selon certains auteurs des fantasmes sadiques d'anéantissement.

Étym. sans doute altération du terme arawak caraïbe.

[H3]

conduite agressive chez l'enfant et l'adolescent l.

faggressive behaviour in childhood and adolescence

Composante fondamentale de la nature humaine, l'agressivité peut se manifester chez l'enfant et l'adolescent de façon variée : sous forme de fantasmes destructeurs, de passages à l'acte, dans certaines attitudes d'opposition ou, sous une forme plus sublimée, par un goût pour la compétition.
Très tôt, l'enfant peut présenter des réactions de rage lors d'une frustration. Vers deux à trois ans, il passe souvent par une phase d'opposition active. À l'âge scolaire, l'agressivité s'exprime sous forme de jeux, coups, bousculades, agressions verbales ou rêves à thèmes agressifs. Chez l'adolescent, par leur intensité, leur forme et leur persistance, ces conduites peuvent prendre un caractère pathologique. L'intolérance à la frustration se traduit alors par des colères clastiques, des conduites violentes en groupe, pouvant aller jusqu'au meurtr

[H3,O1]

exhibitionnisme n.m.

exhibitionism

L’exhibitionnisme  qui appartient au groupe des paraphilies, est caractérisé par une excitation sexuelle obtenue par le fait d’exposer ses organes génitaux devant une personne prise au dépourvu.
Il peut s’agir de fantasmes ou d’actes exhibitionnistes , avec ou sans masturbation.
Un acte exhibitionniste peut être induit par un état pathologique aigu : accès maniaque, alcoolisation ou consommation d’un produit stimulant. Il peut aussi être la manifestation d’un syndrome de désinhibition frontale (tumeur cérébrale, processus neurodégénératif ,.. ).
L’exhibitionnisme est considéré comme un trouble dès lors que l’excitation sexuelle ainsi déclenchée est intense, le fantasme ou le comportement exhibitionnistes répétés, qu’existent une détresse (anxiété, culpabilité, honte) et des répercussions sociales et/ou professionnelles.
Il faut distinguer l’exhibitionnisme devant des enfants prépubères (parfois associé à la pédophilie)  et l’exhibitionnisme devant des adultes.
La prévalence de ce trouble exclusivement masculin n’est pas connue. Il est le fait de personnes volontiers socialement isolées.
Le trouble exhibitionniste est parfois associé au voyeurisme.
Lorsque le sujet est confronté à l’autorité judiciaire il se réfugie parfois dans une attitude de minimisation ou de déni.
Plusieurs comorbidités peuvent être observées : hypersexualité ou au contraire déficience sexuelle, usage de substance psychotrope, trouble de la personnalité, maladie bipolaire (accès maniaque), trouble de l’attention avec hyperactivité, débilité mentale,  

C.Lasègue, neurologue et aliéniste français, membre de l’Académie de médecine ( 1877 ).

Étym. lat.exhibere :produire au dehors

agression sexuelle, paraphilie, pédophilie, voyeurisme

[H3]

Édit. 2020

fantasme n.m.

fantasy

Le terme fantasme ne peut désormais être mieux employé que pour désigner un scénario psychique additionnant tout ou partie d'événements historiques remodelés de façon plus ou moins métaphorique par des processus psychiques défensifs (refoulement partiel, déplacement, isolation..).
Le fantasme peut alimenter une rêverie (fantaisie imaginaire plus ou moins consciente). Il peut être un élément structurant de l'inconscient du sujet articulé avec un ou plusieurs désirs.
La théorie psychanalytique propose la notion de fantasmes originaires que le caractère universel place au-delà des résultats des expériences personnelles. Un exemple en est le complexe d'Œdipe, ensemble de désirs amoureux et hostiles que l'enfant éprouve à l'encontre de ses parents.

Étym. gr. phantasma : apparition,fantôme

complexe d'Œdipe

[H4]

Édit. 2018

frotteurisme n.m.

frotteurism

Paraphilie de l’adulte, plus souvent masculine que féminine, caractérisée par l’obtention d’une excitation sexuelle intense liée au fait de toucher ou se frotter contre une personne non consentante.
Cette  excitation est activement et répétitivement recherchée.

Ces fantasmes ou comportements ont une dimension pathologique manifestée par des signes d’une souffrance ( anxiété , culpabilité ) et une perturbation du fonctionnement social. Il peut s’en suivre des conséquences judiciaires.
La prévalence des actes de frotteurisme en population générale serait élevée ( 30% chez les hommes ) ; la prévalence d’une pathologie sous forme de trouble frotteurisme est non connue.
L’évolution est très variable : des facteurs individuels ( sentiment de frustration sexuelle ) ou environnementaux ( solitude ) peuvent en faciliter la pérennisation.
Lorsqu'elle est pathologique cette paraphilie est le plus souvent associée à d’autres troubles paraphiliques ,en particulier voyeurisme et exhibitionnisme.
L’hypersexxualité,  les troubles de la personnalité ( impulsive, antisociale ), le trouble d’usage de substances sont des comorbidités fréquentes. 

paraphilie, voyeurisme,exhibitionnisme

[H3]

Édit. 2020

hystérie (histoire de l') l.f.

hysteria history

Concept dont la longue histoire et les avatars remontent à l'Antiquité, avec l'attribution de divers troubles à la migration de l'utérus vers le haut du corps (papyrus égyptien de Kahun, il y a environ 4000 ans).
Au cours des siècles, les femmes hystériques ont provoqué des controverses et des passions dont elles ont été souvent victimes (les hommes hystériques, moins). À leur encontre, persistent réticences, voire rejet. Actuellement, du moins en France, la grande hystérie de tous sexes semble être revenue dans le contexte de l'hôpital général, qui lui offre une belle scène.
Ce sont les psychanalystes, et tout particulièrement S. Freud, qui ont apporté la réflexion la plus riche, en montrant que l'angoisse est alors neutralisée par son déguisement, sa conversion en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. Dans ce processus de transformation du conflit psychique, intervient la dissociation, clivage entre une personnalité restée intacte et un état quasi hypnoïde, avec vécu intense d'images, de souvenirs, de fantasmes et fascination de la conscience, que la patiente réalise plastiquement : "elle agit ses idées fixes inconscientes" (P. Janet).
Ainsi sont réalisés à la fois des bénéfices primaires (liés à l'apaisement des tensions internes par le compromis défensif réalisé), et secondaires (procurés par le réseau d'interdépendance créé avec l'entourage et par les gratifications affectives, financières, voire statutaires, surtout si le symptôme a reçu du médecin un sceau d'organicité). C'est dire la fréquence de la chronicisation.

J-M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

Étym. gr. hustera : matrice

névrose hystérique, état hypnoïde, fantasmes

[H3]

Édit. 2018

hystéro-anorexie n.f.

hystero-anorexia

Association d'une conduite anorexique et de névrose hystérique.
Touchant essentiellement des jeunes femmes, sa sémiologie est la même que dans l'anorexie mentale typique, mais elle prend une allure spectaculaire et provocante, en général dans un contexte de frustration affective. Le rejet de la nourriture peut s'accompagner de boulimie et d'éthylisme. Un des risques majeurs est la mort par inanition. La peur de l'excès pondéral est liée symboliquement aux fantasmes sexuels sous-jacents.

Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1873).

impuissance n.f.

sexual impotence, impotence, erectile dysfunction

Impossibilité pour l’homme d’obtenir et de maintenir une érection suffisante pour réaliser un rapport sexuel complet et satisfaisant.
Une cause organique (diabète, affection neurologique, toxicomanie, alcoolisme, maladie de Lapeyronie, médicaments surtout psychotropes, etc.), présente environ deux fois sur trois selon certains, est d'abord éliminée, notamment par pléthysmographie du sommeil.
Dès lors, on distingue : l'impuissance psychogène primaire, souvent interprétée comme une peur du vagin liée à des fantasmes destructeurs, à l'angoisse de castration, à un désir incestueux ; l'impuissance secondaire, survenant après une période d'activité sexuelle satisfaisante, fréquemment favorisée par des facteurs évènementiels ou relationnels (p. ex. les états dépressifs de toute nature). L'échec peut, en soi, susciter un déconditionnement négatif entretenu par l'anticipation anxieuse de sa répétition.
Une prise en soins, principalement sexothérapique (intervention directe sur le symptôme), à visée psychodynamique (surtout thérapie d'inspiration analytique), comportementale (désensibilisation systématique) ou portant sur le couple, ainsi que médicamenteuse stimulante ou anxiolytique, sera discutée. Le rôle de la partenaire doit être souligné.
Le traitement de la dysfonction érectile s’est enrichi ces dernières années de traitements médicamenteux efficaces : inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) administrés par voie orale et prostaglandine E1 (PGE-1) injectée par voie intra-caverneuse.

F. Gigot de Lapeyronie, chirurgien français (1743)

Syn. dysfonction érectile, éjaculation (troubles de l’)

agénésie 1

[M4,Q4]

introversion n.f.

introversion

Mouvement général de la libido, qui se retire du monde extérieur pour s'attacher aux créations internes du sujet. C. Jung en fait un des mécanismes de la psychose.
Ses successeurs font de l'introversion un trait fondamental du caractère, qui a son pendant dans la tendance contraire à l'extraversion. S. Freud a repris le terme pour lui donner une autre signification : le retrait de la libido sur des fantasmes infantiles plus satisfaisants qu'une réalité frustrante, mouvement à l'origine de symptômes névrotiques. La psychose, elle, s'accompagne d'un retrait de la libido sur le moi.

S. Freud, neurologue autrichien (1856-1939) ; C. Jung, psychiatre et psychanalyste suisse (1875-1961)

extraversion, narcissisme.

koro n.m.

koro

État anxieux subaigu, soudain et intense, parfois confusionnel, concernant une rétraction du pénis dans le corps (exceptionnellement de la vulve et des mamelons chez la femme), et vécu comme pouvant comporter un risque de mort.
Incluse dans la classification chinoise des troubles mentaux, cette affection relativement fréquente en Asie de l'est et du sud-est peut survenir sous forme d'"épidémies" localisées. Elle a été rarement rencontrée en Occident.
Surtout chez le jeune garçon immature ayant eu une relation sexuelle difficile ou interrompue, les fantasmes de castration se situent au premier plan.

Étym. langue malaise probable

pédophilie n.f.

pedophilia

Le trouble pédophilie est caractérisé par une attirance sexuelle intense et récurrents vers un ou des enfants prépubères (moins de 13 ans) manifestée chez des individus adolescents ou adultes.
Ce trouble appartient au groupe des paraphilies : ce diagnostic suppose de reconnaître des indices de souffrance psychique (incapacité à une relation sexuelle avec un adulte,  sentiment d’insécurité affective ou de culpabilité ) et des conséquences sociales négatives en particulier confrontation à l’autorité judiciaire.  Une attitude de minimisation ou de déni n’est alors pas rare. Certains sujets peuvent contester le caractère répréhensible des actes pédophiliques.

L’attrait pédophilique peut se manifester de diverses manières : fantasmes, fréquentation de sites pornographiques à contenu pédophilique, comportements allant d’actes d’attouchements à des actes de masturbation ou de fellation voire de sodomisation.
Il convient de distinguer les cas de pédophilie sans modalité prédatrice (le sujet saisissant l’opportunité d’expériences pédophiliques en particulier sous forme incestueuse dans le cadre familial) et les cas de pédophilie prédatrice (le sujet préparant et construisant activement les situations permettant une expérience pédophilique) qui peuvent (rarement) aller jusqu’au meurtre.
La pédophilie peut être exclusive (sujet uniquement attiré par les enfants) ou non exclusive .
Ce trouble masculin peut revêtir la forme d’une attirance vers les garçons, vers les filles voire vers les deux. La prévalence en population masculine serait de l’ordre de 1 à 2%.
D’autres paraphilies sont souvent associées : voyeurisme, exhibitionnisme. Diverses comorbidités peuvent être rencontrées en particulier trouble de la personnalité à caractère antisocial ou schizophrénique : d’autres troubles du comportement (trouble d’usage de substances, criminalité) sont alors relevés. Dans les pathologies obsessionnelles peuvent exister des obsessions à contenu pédophiliques ressenties par le sujet comme égodystoniques : le passage à l’acte est exceptionnel.
Il est fréquent que les sujets porteurs du trouble pédophilie signalent avoir été victimes d’abus sexuels durant l’enfance.
L’évolution du trouble est éminemment variable. La sanction judiciaire peut avoir valeur thérapeutique en particulier dans les cas de pédophilie intrafamiliale. Des thérapies médicamenteuses inhibitrices de la sexualité peuvent être proposées. Un suivi médical peut aider le sujet à organiser ses interactions sociales voire ses pratiques sexuelles vers un mieux être .  
  

Étym. gr.  paidos:enfant; philia : affection

paraphilie, exhibitionnisme, voyeurisme, trouble de personnalité antisociale

[H3, O1]

Édit. 2020

persécution (sentiment de) l.m.

persecution feeling

État affectif qui peut se développer à plusieurs niveaux et selon des degrés différents : simples sentiments de menace, fantasmes névrotiques, délires organisés.
Une de ses caractéristiques est sa propagation possible, liée notamment aux tendances de chacun de nous à la projection défensive sur une force extérieure. Celle-ci permet de plus ou moins protéger de conflits internes, non seulement des individus, mais des familles, des groupes plus importants, voire des sociétés.
Dès lors, s'associent souvent une autotransfiguration, un sectarisme avec simplification des idées prônées et un rejet des opposants intérieurs, alors que sont occultées les pulsions internes. Par là même, de telles organisations, bien que parfois étendues, peuvent heureusement rester fragiles.

psychose collective

réalité n.f.

reality

1. Ensemble des objets dotés de l’extériorité, d’une consistance et d’une permanence suffisantes, qui s’offrent à l’exploration physique et psychique du sujet, indépendamment de celui-ci.
2. Terme employé en psychanalyse pour désigner non seulement les résultats de cette exploration, mais aussi l’imaginaire et les fantasmes.
3. Selon J. Lacan, forme aménagée (par l’écran du fantasme) du monde extérieur et qui fait que le sujet n’est pas confronté directement au réel. La rencontre traumatique signe l’échec de cet aménagement.

principe de réalité, réel, traumatisme psychique

sévice sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Action d'un adulte visant, sous la contrainte, à l'exploitation sexuelle d'un enfant, qui peut s'accompagner de violences physiques, alors que l'enfant est incapable d’y résister psychologiquement et physiquement.
Dans le cadre familial, il s'agit d’un adulte exerçant un rôle et une autorité parentaux. Sont considérées comme incestueuses de telles relations avec les parents, les beaux-parents ou d'autres substituts parentaux. L'inceste père-fille et beau-père-fille est de loin le plus fréquent. Tenus initialement pour "la source du Nil de la psychiatrie" par S. Freud, qui en arriva bientôt à la notion de fantasmes constituant une véritable réalité psychique défensive, ces abus sexuels sont actuellement de plus en plus souvent invoqués, "a posteriori" dans diverses affections mentales de l'adulte. En fait, les cas de fabulation sont rares. À court terme, ces traumatismes sexuels suscitent en particulier une atteinte narcissique majeure et une perte de l'estime de soi. Chez l'agresseur, une structure perverse semble toujours d'actualité. Reste la fragilité du témoignage de l'enfant, suscitant bien souvent le doute des adultes et pouvant provoquer des attitudes de rejet ou même de rétorsion favorisées par le silence familial, voire par la complaisance de la mère. Peuvent s'y ajouter les souffrances psychiques induites par l'enquête. De toute façon, la "dévictimisation" de l'enfant est un processus complexe.

sévices physiques à enfant, enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux), inceste, sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un), sévices psychologiques à enfant

stade oral l.m.

oral stage

Première organisation du développement libidinal, dans laquelle le rapport s'établit sur le mode de la dévoration (manger/être mangé).
La source de la pulsion est constituée par la zone orale : lèvres, cavité buccale.
K. Abraham a distingué, dans le stade oral, une première période dominée par le plaisir de la succion, et une deuxième période correspondant à la poussée des dents, décrite comme sadique, accompagnée de fantasmes de destruction de l'objet (stade sadique-oral).
Pour l'avenir du sujet, S. Freud considérait ce stade comme déterminant dans le type ultérieur de son choix d'objet.

K. Abraham, psychiatre et psychanalyste allemand (1877-1925)

caractère oral

thematic apperception test (TAT) l. angl m.

Épreuve projective dont le matériel consiste en une série d'images représentant des scènes à un ou plusieurs personnages, et de signification ambigüe. Les images renvoient à des conflits universels comme p. ex. les problématiques sexuelles et agressives.
Devant chaque image, le sujet est invité à imaginer une histoire. Il doit donc réaliser un compromis entre les éléments de contrôle conscient (l'histoire doit être logique et cohérente) et la pression des fantasmes réactivés par chaque situation.
La démarche interprétative s'appuie sur le modèle théorique freudien. Il s'agit dans un premier temps d'apprécier la construction du récit et son contenu manifeste, puis de décoder le contenu latent du récit en référence au contenu latent de l'image, afin d'analyser les mécanismes ayant permis ou non le passage du contenu latent au contenu manifeste.

Christiana D. Morgan et H. A. Murray, psychologues américains (1935)

transactionnelle (analyse) l.f.

transactional analysis

Système d'analyse et de thérapeutique dérivé de la psychanalyse, créé par E. Berne, fondé sur des "états du moi" (familièrement dénommés "parent", "adulte" et "enfant") définis par une analyse structurale avant l'analyse transactionnelle.
Elle reconnait des transactions simples puis stéréotypées et des opérations complexes faisant intervenir plusieurs personnes et se fondant sur des fantasmes.
Dans la thérapie, sont représentées et vécues des "manœuvres sociales" remplissant des fonctions défensives et procurant des satisfactions dénommées des passe-temps et des jeux. Certaines opérations complexes, impliquant "une large planification de la vie à l'état inconscient", sont nommées scénarios.

E. Berne, psychiatre américain (1961)

violeur n.m.

rapist

Individu qui pratique un viol.
On peut en distinguer trois types, selon que le viol est commis :
- par un individu isolé avec, pour facteurs favorisants, l'alcool, le faible niveau intellectuel, l'existence rare de perversions, une structure de personnalité particulière dominée par l'incapacité à anticiper l'échec, l'utilisation de mécanismes de défense projectifs, les difficultés à verbaliser et le mauvais contrôle des comportements. Un état psychotique, surtout alcoolique délirant, est rare, de même qu'une hypergénitalité incitant à envisager des anti-androgènes. Dans 40% des cas, l'auteur et la victime avaient des relations personnelles et dans les 60% restants, la victime est souvent choisie après une étude prolongée ;
- par un groupe d'adolescents avec, pour facteurs favorisants, l'alcool et les phénomènes de groupe, qui facilitent le passage à l'acte et diluent la responsabilité individuelle ;
- à l'intérieur de la famille.
Principalement chez les personnalités pathologiques dans leur diversité, une répétition parfois stéréotypée est à redouter. Le viol en série répond à des fantasmes irrépressibles de sexe, de violence, et aussi de mort. La victime est annulée en tant que personne. L'homicide associé est rare. Dans ce cas, le pédoclaste, à la fois violeur et tueur d'enfant (R. Bornstein), impressionne les instances répressives et les experts par son détachement et sa froideur.

viol, abus sexuel dans l'enfance, sévice sexuel dans l'enfance, sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un), agression sexuelle, inceste, sadisme sexuel (aspects cliniques), sexopathe délinquant,victimologie, traumatisme psychique

tueur en série l.m.

serial killer

Sujet ayant effectué plusieurs homicides individuels sur des personnes qui lui étaient le plus souvent étrangères, en des lieux et des temps différents, par opposition au tueur en masse qui, en général, tire dans les foules pour des raisons pathologiques ou par fanatisme. En majorité, ces meurtres sont particuliers par leur cruauté ou par des actes d'accompagnement inhabituels, fréquemment à caractère sexuel, sans motif réellement crapuleux.
Très nombreux aux États-Unis, ils le sont moins ailleurs. Cliniquement, la pathologie de ces sujets est complexe et entre mal dans les classifications habituelles. On en distingue deux catégories, volontiers intriquées : chez les psychotiques, dont les crimes sont très impulsifs, non préparés et peuvent différer de l'un à l'autre ; chez les pervers, dont les actes sont bien plus réfléchis, souvent préparés, pour échapper aux recherches, et chez qui un "modus operandi" est mis en évidence. Souvent rusés et bien insérés socialement, ces derniers obéissent à des pulsions irrésistibles.
Même si aucun acte proprement sexuel n'est constaté, le tueur en série est souvent considéré comme un criminel sexuel, avec des fantasmes sadiques irrépressibles de sexe, de violence et de mort. Le pédoclaste est à la fois violeur et tueur d'enfants (S. Bornstein, 1992).

S. Bornstein, neuropsychiatre français