Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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déchet n.m. 

waste

1) En droit, tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon.
2) En matière de santé, particulièrement dans les établissements de soins, les salles d’interventions chirurgicales, les laboratoires et cabinets de prélèvements, une attention particulière doit être apportée aux déchets contaminants (bactéries, champignons, virus) ou chimiquement dangereux ainsi qu’aux substances radioactives et aux objets contondants.
Des précautions spéciales sont prises par les responsables des établissements en application des règlements du Code de l’environnement (art. L. 541-1 s.), de ceux du Code de la santé publique (art. L. et R. 1335-1 s.) et du Code des collectivités territoriales (art. L. 2224-5 s. ; R 224-23 s).
2) En biologie, résidu d’un métabolisme (ex : déchet de la digestion).

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet alimentaire l.m.

food waste

Déchet résultant de l’utilisation par l’Homme des produits de son alimentation.
Aux déchets sont d’origine naturelle, végétale ou animale, ou industrielle comme les emballages en métal, verre, carton, etc. biodégradables on non.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet générateur de nuisance

déchet contaminé l.m.

contaminated waste

déchet hospitalier

déchet dangereux l.m.

hazardous waste

déchet générateur de nuisance

déchet générateur de nuisance l.m.

generative waste of nuisance

Déchet dont la nature est à l’origine d’effets nocifs pour le sol, la flore et la faune.
Ce sont la dégradation des sites ou des paysages, la pollution de l’air ou des eaux, l’émission de bruits et d’odeurs, et d’une façon générale, toute forme d’atteinte à la santé de l’Homme et à l’environnement.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet hospitalier l.m.

hospital waste

Déchet produit dans un établissement de soins, dans un laboratoire d’analyses médicales, à l’occasion de soins à domicile ou en cabinet privé.
Ce terme recouvre une grande diversité de déchets (déchets ménagers, débris organiques, déchets radioactifs, etc.). Quantitativement, les déchets assimilables aux déchets domestiques sont prépondérants. La spécificité des déchets hospitaliers provient d’une faible partie de ceux-ci, désignée dans la réglementation par le terme déchets hospitaliers contaminés : il s’agit de ceux qui comportent un risque infectieux potentiel ou effectif. Ils nécessitent une gestion particulière : conditionnement ad hoc, marquage, incinération obligatoire ; on retrouve parmi eux les pansements, les seringues et aiguilles, les petites pièces anatomiques, etc.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet nucléaire l.m.

nuclear waste

Déchet radioactif ou déchet susceptible d’avoir été contaminé ou activé, provenant d’une installation nucléaire de base, et qui, à ce titre, est pris en charge par les filières d’élimination des déchets radioactifs.
Une attention particulière est apportée à de tels déchets dans les services d’imagerie médicale.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet radioactif

déchet toxique l.m.

toxic waste

déchet générateur de nuisance

déchet urbain l.m.

urban waste

Ensemble des déchets dont la traitement incombe aux collectivités publiques, essentiellement les communes.
Ce sont les ordures produites par les ménages (y compris les objets encombrants), les déblais et gravats et les déchets d’origine commerciale ou artisanale qui peuvent être éliminés avec les ordures ménagères.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

colloïde radioactif l.m.

colloidal radionuclides

Milieu composé de particules radioactives dont la taille avoisine 350 Å ; deux radionucléides sont habituellement utilisés : l'or colloïdal (198Au) et le radiophosphate de chrome colloïdal (32P).
Ils peuvent être injectés dans des cavités séreuses cancérisées (péritoine, plèvre) pour une irradiation de contact par bêtathérapie. Ces techniques sont surtout employées en cas d'échec de la chimiothérapie intraséreuse.

Syn. radiocolloïde

[B1]

équilibre radioactif l.m

radioactive balance

Situation dans laquelle la quantité d'un radio-isotope fils reste constante dans la mesure où son taux de désintégration égale son taux de production dû, par exemple à la désintégration d'un radio-isotope père.
L’équilibre d'une chaîne de désintégration est atteint après un temps égal à environ dix fois la période du fils dont la période est la plus longue. Par ex. le radon (élément fils dont la période est de 3,8 j) est en l’équilibre avec le radium (élément père dont la période est de 1 620 ans) en deux semaines environ.
La radioactivité est la transformation spontanée (désintégration) du noyau atomique de certains éléments instables (radio-isotopes, ou nucléïde) en d’autres éléments plus stables avec émission d’un rayonnement ionisant. On appelle père (ou mère ou parent) le noyau d’origine et fils (ou fille) le noyau qu’il produit. La période ou demi-vie est le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent. Celle du père est en général beaucoup plus longue que celle du fils.
Ces particularités sont mises à profit en médecine nucléaire, dans l’industrie atomique (238U et ses descendants), pour les datations (14C)…

Étym. lat. aequus : égal; libra : balance à un plateau

Syn. Equilibre séculaire

filiation radioactive, radioactivité, radioactivité d'un nucléïde

[B1, C1]

Édit. 2020

fil radioactif l.m.

radioactive wire

En curiethérapie, source cylindrique très mince (0,1 à 0,3 mm de diamètre) engainée dans un tube protecteur de platine (0,1 mm d'épaisseur) sur des longueurs variables (fil sécable).
Il s'agit le plus souvent d'Iridium 192 sous forme de fil de platine iridié.

radiothérapie

[B2,F2]

Édit. 2018

fluor radioactif l.m.

radioactive fluorine

Isotope radioactif du fluor, émetteur de positons, dont la période est de 110 minutes.
Produit dans le cyclotron, c'est le plus utilisé des isotopes du fluor dans le domaine médical, soit sous forme de fluorure (métabolisme osseux), soit pour la préparation de produits radiopharmaceutiques tels que le fluorodésoxyglucose (Utilisé, alors en scintigraphie par émission de positons marqués.(TEP), la fluoroDOPA, certains acides aminés et certains acides gras marqués ou encore des ligands de divers récepteurs cérébraux.

Étym. lat. fluor : écoulement (le minerai contenant cet élément sous forme de fluorure de calcium a été appelé fluorine, car il se présente comme un verre assez fusible).

Symb. 18F

[B2]

Édit. 2018

générateur radioactif l.m.

radioactive generator

Solution contenant un radioélément de décroissance lente, dont l'élément-fils est lui-même radioactif mais de décroissance rapide, avec lequel s'établit un équilibre.
Le dispositif est entouré d'un blindage de plomb. On peut ainsi stocker en milieu hospitalier un radioélément à vie courte. Il suffit d'éluer (séparer), au moment de l'emploi, pour recueillir l'élément-fils seul dans la solution. Le plus employé est le technétium 99m (période 6 heures), à partir d'une solution de molybdène 99 (période 66 heures).
Ce générateur est un radiopharmaceutique et peut s'utiliser pendant une semaine environ, pendant laquelle on peut le "traire" à la demande. L'opération de séparation peut être recommencée au bout de quelques heures.

grain radioactif l.m.

radioactive seed

Source de quelques millimètres de longueur, engainée dans une enveloppe de platine protectrice et filtrante, utilisée en endocuriethérapie (Iridium 192, Césium 137, Iode 125) ou en plésiocuriethérapie (Or 198, Césium 137) sous forme de grains isolés ou de train de sources contenues dans un support flexible.

implant (radioactif) n.m.

implant

Source radioactive solide, scellée ou insoluble, insérée dans une tumeur ou à son voisinage pour réaliser une irradiation thérapeutique.

Étym. lat. plantare : ficher dans le sol

curiethérapie, plésiothérapie

iode radioactif l.m.

radio iodine

En médecine, 131I l'un des isotopes radioactifs de l'iode stable (élément 53 de la classification de Mendeleieff) émetteurs β et γ, ayant une importance particulière, à la fois diagnostique (γ) et thérapeutique (β), en pathologie thyroïdienne.
L'iode (stable) constituant essentiel des hormones thyroïdiennes, s'accumule préférentiellement dans les cellules qui constituent les vésicules de la glande. La concentration de l'iode y est plus de mille fois supérieure à celle des autres tissus. En découlent d'importantes applications diagnostiques, telles que le test de fixation, la scintigraphie ou l'étude de la vitesse de production d'hormones marquées. L'iode radioactif (essentiellement l'isotope 131) est utilisé en thérapeutique pour le traitement de certaines hyperthyroïdies et des cancers différenciés de la thyroïde.
Divers isotopes de l'iode peuvent être incorporés à des molécules d'utilisations variées : isotopes à vie courte de l'iode 123I (photons de 180 KeV ; période physique 15 h), pour obtenir des radiopharmaceutiques à usage diagnostique; émetteurs bêta à vie plus longue dont l'iode 131 (période 8 jours) pour marquer ces molécules en vue d'une radiothérapie métabolique (maladie de Basedow, métastases de cancer thyroïdien) ; l'iode 125 (émetteur de photons de faible énergie, de période 60 jours) employé surtout pour l'obtention en biologie de molécules marquées utilisées en radio-analyse et en expérimentation animale.
L'iode 131 est, en outre, l'un des principaux radiotoxiques émis à l'occasion d'accidents nucléaires.

Lipiodol radioactif l.m.

Symb. 32P 131 ILUF

Lipiodol ultrafluide

marqueur radioactif l.m.

radiotracer or marker

Radio-isotope émetteur γ introduit dans l'organisme afin de suivre le déplacement ou le métabolisme de la molécule sur laquelle il a été fixé, qui est dite "marquée".
Il est choisi pour ses propriétés physiques qui doivent permettre une bonne détection sans  entraîner une irradiation importante et ses propriétés chimiques qui assurent les liaisons nécessaires avec son vecteur, c'est-à-dire la molécule, voire la cellule, à laquelle il s'accroche ; le marqueur peut également s'utiliser sous la forme ionique.
On a coutume de considérer comme synonymes les termes traceur et marqueur mais pour être rigoureux un traceur est l'association d'un marqueur avec un vecteur.

radiopharmaceutique

test au chrome radioactif l.m.

radio chromium test

Le chrome 51 radioactif fixé sur des hématies, puis réinjecté au patient, permet de mesurer la durée de vie de ces hématies.
Chez le sujet normal, la demi-vie est de 28 jours en moyenne. Nettement raccourcie en cas d'hémolyse importante, on peut par comptage externe déterminer un ou plusieurs sites préférentiels de séquestration.

chrome 51

[B1,F1]

traceur radioactif l.m.

radiotracer, radioactive tracer

Indicateur (radionucléide) utilisé dans l'étude des phénomènes biologiques, chimiques, immunologiques.
L'isotope radioactif, émetteur de rayonnement γ, est introduit dans l'organisme. Il est suivi à la trace et détecté par des compteurs à scintillation : sa concentration est matérialisée sur des graphiques, cartographies, scintigraphies. L'étude dynamique de la diffusion des radio-isotopes et de leur élimination de l'organisme permet d'en déterminer le métabolisme.
Cette méthode est également utilisée en industrie.

radiopharmaceutique

xénon radioactif (133Xe) l.m.

radioactive xenon

Isotope radioactif du gaz inerte xénon, qui est le seul couramment utilisé en médecine.
Isotope 133 du xenon, émetteur β et γ (80 KeV), il est employé avant tout pour la scintigraphie pulmonaire de ventilation (sous forme gazeuse par inhalation) couplée à une scintigraphie de perfusion pulmonaire, dans la recherche d'embolies et aussi pour l'étude fonctionnelle de certaines insuffisances respiratoires. En IRM, il peut être utilisé comme opacifiant des voies respiratoires.
Mis en solution liquidienne et injecté localement par voie artérielle, il permet, grâce à sa diffusibilité, de mesurer des débits sanguins régionaux (cerveau, myocarde, muscles, etc.). Ce gaz, de période physique relativement longue (5,3 jours), pose quelques problèmes particuliers de radioprotection du personnel et de l'environnement qui limitent son emploi.
Le xénon a une vingtaine d'isotopes radioactifs, Knipping et coll. (1951) utilisèrent le 133Xe pour le dépistage des cancers du poumon par des compteurs Geiger à l'époque.

W. de Almeida, médecin brésilien, H. W. Knipping, médecin interniste allemand (1951)

[B1 ]

calcium radioactif l.m.

radioactive calcium

Ensemble des isotopes radioactifs du calcium parmi lesquels trois ont été utilisés pour étudier le métabolisme calcique chez l'animal, voire chez l'Homme :45Ca , 47Ca , 49Ca
Pour l'Homme, cette technique a été remplacée par des procédés plus directs et moins lourds; elle sert encore chez l'animal pour des études du métabolisme osseux (phénomènes de nucléation et de croissance).

activation neutronique (analyse par)

[C1]