Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

134 résultats 

cœur pulmonaire aigu l.m.

acute pulmonary heart

Défaillance aigüe du cœur droit, par augmentation soudaine et importante de la post-charge ventriculaire droite, dont la cause la plus fréquente et la plus typique est l'embolie pulmonaire massive.
D’autres mécanismes peuvent aussi provoquer l’insuffisance aigüe du ventricule droit : les syndromes de détresse respiratoire aigüe de l’adulte, l’état de mal asthmatique, la décompensation aigüe des bronchopneumopathies chroniques obstructives, etc.

[K2,K1]

œdème aigu pulmonaire lésionnel l.m.

détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de) (SDRA)

Édit. 2017

rejet aigu d'un greffon pulmonaire l.m.

acute pulmonary graft rejection

Élimination par le receveur d'une greffe pulmonaire.
Le rejet survient le plus souvent dans les trois premiers mois, mais il peut être tardif, même après plusieurs années. Il se traduit par de la fièvre, des infiltrats pulmonaires et une détérioration de la fonction pulmonaire que traduisent la chute des débits et volumes pulmonaires et de la PaO2. Au-delà du premier mois, le tableau est plus subaigu. La radiographie pulmonaire est très souvent normale. Le diagnostic repose sur les biopsies transbronchiques faites en nombre suffisant.

rejet de greffe, traitement immunosuppresseur et transplantation, histocompatibilité (système d'), HLA

cœur pulmonaire l.m.

pulmonary heart

Ensemble des manifestations cardiaques droites secondaires à une maladie ou une lésion pulmonaire.
On distingue le cœur pulmonaire aigu du cœur pulmonaire chronique qui groupe toutes les conséquences pathologiques, physiologiques et chimiques d’une maladie pulmonaire de long cours.

[K2,K1]

cœur pulmonaire chronique l.m.

chronic pulmonary heart

Hypertrophie et/ou dilatation du ventricule droit, secondaire à une hypertension artérielle pulmonaire chronique dont la cause est une affection pulmonaire parenchymateuse ou vasculaire.
Il peut être associé à une insuffisance ventriculaire droite. Les principales causes sont les insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives, l’hypertension artérielle pulmonaire post-embolique, l’hypertension artérielle pulmonaire primitive et les vascularites pulmonaires.

[K2,K1]

face pulmonaire droite/gauche du cœur l.f.

facies pulmonalis dextra/sinistra cordis (TA)

right/left pulmonary surface of heart

cœur

[A1]

Édit. 2017

alcoolisme aigu l.m.

acute alcoholism

Intoxication dont les effets apparaissent peu après l'ingestion d'une boisson alcoolique.
L'état ébrieux ou ébriété (ataxie, dysarthrie et confusion), forme initiale ou mineure de l'ivresse apparaît à partir d'un taux sanguin allant de 0,5 à 1,5 g/L. Au-dessus de 2 g/L la marche est difficile sinon impossible. Après 3 g/L le patient est généralement dans le coma (ivre mort) ou du moins fortement obnubilé, il peut mourir en état de choc. Par accoutumance, les alcooliques chroniques tolèrent des taux élevés.
Les effets d'une intoxication isolée se dissipent assez rapidement. Si le réveil tarde, suspecter l'association d'alcool et d'autres substances. De toute façon, éviter tout lavage gastrique, mais mettre en œuvre une surveillance cardiorespiratoire, les perfusions glucosées doivent être additionnées de thiamine (vitamine B1), les analeptiques doivent être maniés avec prudence. La dialyse extrarénale ne doit être utilisée qu'en cas extrême.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

alcool éthylique, alcoolémie, ébriété, ivresse

[E1,G2,G3,G4]

Édit. 2017 

angiome aigu tardif l.m.

late acute angioma

Angiome à évolution aigüe, résultant soit d'une reviviscence d'un angiome congénital, soit de l'apparition tardive d'un angiome.
Le type le mieux connu est l'angiome gravidique.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

[K4,Q2]

Édit. 2017  

angoisse (accès aigu d') l.m.

anxiety acute crisis 

Installation soudaine et inopinée, généralement en quelques minutes et sans circonstance déclenchante repérable, d'une appréhension intense avec sensation de mort imminente et peur de devenir fou.
Le sujet est submergé par cette appréhension et les signes somatiques qui l'accompagnent. Sur le plan comportemental, il présente habituellement une agitation motrice qu'il ne peut maîtriser, plus rarement une véritable sidération stuporeuse.
Une simple écoute bienveillante peut amener la disparition de l'accès. Un traitement anxiolytique de courte durée, parfois injectable, amène une sédation rapide. L'évolution se fait en règle générale vers la répétition.
  

Syn. attaque d'angoisse

angoisse (névrose d'), panique (attaque de)

[H3,H4]

Édit. 2017

asthme aigu grave l.m.

acute severe asthma

Crise gravissime d'asthme, pouvant être mortelle, provoquée par une large obstruction bronchique (bouchons muqueux, spasme et épaississement des parois bronchiques), pouvant survenir à tout âge, mais surtout entre 30 et 50 ans.
Chez tout asthmatique, la chute du débit expiratoire de pointe au-dessous de 25 % de sa valeur théorique est un signe critique qui commande la pulvérisation de bêta2-mimétiques et le traitement d'urgence sous surveillance médicale. Pendant la crise dyspnéique on note : tachypnée, contracture inspiratoire des sterno-cléido-mastoïdiens, orthopnée, difficulté à parler et à tousser, agitation, sueurs, cyanose, tachycardie. Des troubles de conscience, un pouls paradoxal, des pauses respiratoires sont de mauvais pronostic immédiat. Le transport médicalisé en soins intensifs est impératif.
Le traitement de première intention est fait de bêta2 -mimétiques en pulvérisation, O2 à fort débit, perfusion avec des corticoïdes + KCl + MgCl2, antibiotiques à large spectre. Si l'hypoxie persiste, l'arrêt cardiaque est menaçant : injecter 0,1 mg d'adrénaline i.v. lente et intuber. Pour éviter les barotraumatismes, la ventilation mécanique doit se faire en hypercapnie contrôlée (fréquence lente, rapport I/E = 1/3, FIO2 entre 0,4 et 0,6) injections répétées de benzodiazépines et de morphiniques, si besoin. La prévention des crises passe par l'éducation des malades et l'automédication. Malgré les progrès thérapeutiques, la mortalité est encore de l'ordre de 15 %.

Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme

amine sympathomimétique, rapport I/E

cancer aigu du sein l.m.

acute breast cancer

Tumeur maligne diffuse inflammatoire, envahissant rapidement la totalité de la glande mammaire, souvent en période d’allaitement.

Syn. mastite carcinomateuse, cancer inflammatoire du sein

[F2, O5]

Édit. 2020

délire aigu l.m.

acute frenzy

Entité nosographique française ancienne, d'une extrême gravité, décrite comme une complication d'états psychotiques surtout aigus (psychoses alcooliques, confusions mentales infectieuses, catatonies sévères, notamment).
L'intense agitation hallucinatoire et anxieuse et la sitiophobie s'accompagnent d'une hyperthermie et d'une déshydratation avec troubles hydroélectrolytiques et hyperazotémie (encéphalite psychosique aigüe hyperazotémique, E. Toulouse, L. Marchand et A. Courtois, à partir de 1929).
Grâce aux moyens de traitement actuels et à l'évolution de la pathologie, cette réaction , catastrophique a pratiquement disparu.

L. Marchand, A. Courtois, E. Toulouse, neuropsychiatres français (1935) L. Calmeil, neuropsychiatre français (1859)

Étym. lat. delirium : délire

délire aigu puerpéral l.m.

acute puerperal delirium

Manifestation psychotique des suites de couches, sous forme d'un syndrome confusionnel, associé à des phénomènes oniriques, hallucinatoires et délirants apparaissant quelques jours après l'accouchement ou sous forme d'un état mélancolique avec épisode dépressif plus tardif.

Étym. lat. delirium : délire

Syn. psychose puerpérale

glaucome aigu (crise de) l.f.

acute glaucoma

Hypertonie oculaire aigüe due à la fermeture de l'angle iridocornéen, secondaire à un blocage pupillaire.
Cet accident grave survient principalement chez des sujets hypermétropes ayant un angle iridocornéen étroit ou des yeux ayant un iris plateau. Il s'agit d'une urgence médicale fréquente nécessitant un traitement hypotonisant rapide et une iridotomie au laser. En cas de diagnostic tardif, la formation de synéchies iridocornéennes crée la situation clinique du glaucome chronique à angle fermé, dont le traitement devient rapidement chirurgical (trabéculotomie).

blocage pupillaire, iris plateau

hydramnios aigu l.m.

acute polyhydramnios

Hydramnios précoce, se manifestant entre le 4e et le 6e mois, d'installation rapide puisqu'il se constitue en quelques jours, et abondant, pouvant dépasser 10 litres.

Étym. gr. hudôr : eau; amnios : amnios

[O3]

kératocône aigu l.m.

kératocône

Lipschütz (ulcère aigu de la vulve de) l.m.

Lipschütz’s ulcus vulvae acutum

B. Lipschütz, dermatologiste autrichien (1912)

ulcère aigu de la vulve, aphtose bipolaire

œdème aigu cardiogénique du poumon l.m.

acute pulmonary oedema

Œdème aigu du poumon causé par un état d'insuffisance aigüe du cœur gauche.
L'œdème devient manifeste au bout de 30 min. quand la pression capillaire pulmonaire dépasse 30 mm de Hg, généralement à la suite d'une élévation de la pression télédiastolique du ventricule gauche ou d'un obstacle à la vidange des veines pulmonaires.
Le diagnostic repose sur les signes cliniques : le malade se tient assis, angoissé et présente une tachypnée superficielle caractéristique, accompagnée d'une toux avec expectoration mousseuse qui ne le soulage pas ; on note des signes d'insuffisance cardiaque gauche (tachycardie, bruit de galop et marée montante de râles crépitants à l'auscultation des poumons).
Le traitement consiste à administrer de l'oxygène au masque sous pression positive (CPAP) et à soulager la précharge par l'administration intraveineuse d'un diurétique d'action rapide comme le furosémide, voire d'un dérivé nitré délivré par perfusion continue à la seringue électrique (y associer les digitaliques). Sauf en urgence et faute de mieux, la saignée est abandonnée. Il ne faut jamais coucher de tels malades pendant leur transport et ils doivent être laissés assis dans leur lit.
Toutes les cardiopathies affectant le cœur gauche peuvent se compliquer d'œdème aigu du poumon : cardiopathies ischémiques, hypertensives, myocardiopathies non obstructives, cardiopathies valvulaires touchant les valves mitrales ou aortiques.

Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)

filtration, IPPB, œdème, œdème aigu du poumon, orthopnée

Édit. 2017

œdème aigu du poumon l.m.

acute pulmonary oedema

Filtration brutale et anormale du plasma des capillaires pulmonaires dans les alvéoles pulmonaires entraînant la formation de mousse albumineuse qui envahit les poumons et fait obstacle à l'hématose.
Normalement, le plasma qui filtre à travers la paroi alvéolocapillaire est résorbé par les vaisseaux lymphatiques au niveau de la sortie du lobule pulmonaire : le débit de filtration est proportionnel à la pression de filtration (écart de pression alvéolocapillaire), à la perméabilité et à la surface de la membrane alvéolaire (loi de Darcy) ; le débit de résorption lymphatique est proportionnel à l'écart de pression entre alvéole et veine cave. Lorsque le débit de filtration dépasse celui de résorption, le liquide s'accumule dans les alvéoles où le va-et-vient ventilatoire de l'air le fait mousser. Cette mousse se répand dans tout l'arbre bronchique et entrave l'hématose, d'où une hypoxie grave qui peut être fatale si l'on ne maîtrise pas rapidement le phénomène. Chez le sujet debout ou assis, la pression hydrostatique est plus élevée à la base du poumon qu'à l'apex et, de ce fait, l'œdème débute aux bases (signe de «marée montante des râles») : c'est pourquoi le patient prend spontanément une position orthostatique, plus favorable pour la respiration, parce que les sommets sont alors plus libres (il y a moins d'œdème aux sommets qu'aux bases). La pression de filtration dépend de l'écart de pression hydrostatique entre l'alvéole et le capillaire et, secondairement, des écarts de pressions osmotique et oncotique, ainsi que de la pression due à la courbure de la paroi alvéolaire (loi de Laplace : pression = tension superficielle x courbure). La perméabilité aux liquides de la membrane alvéolaire dépend de l'état des cellules qui la composent : elle diminue avec l'œdème cellulaire et augmente considérablement avec les atteintes toxiques qui lèsent les cellules.
Les causes d'œdème aigu peuvent être cardiovasculaires (l'élévation de la pression capillaire pulmonaire augmente la filtration, l'élévation de la pression veineuse cave diminue la résorption lymphatique pulmonaire), pneumatique (abaissement de la pression alvéolaire dans les accidents de décompression en plongée ou en aéronautique et dans la dyspnée inspiratoire avec tirage), lésionnelle (altération de la paroi alvéolocapillaire par des agents toxiques, gaz vésicants, fumées d'incendie, etc.). Toutes les causes qui augmentent la ventilation, notamment l'exercice musculaire, aggravent la situation en sollicitant la filtration à l'inspiration. Le traitement découle de là : mettre au repos en position assise, augmenter la pression alvéolaire (IPPB en O2 pur), abaisser la pression capillaire pulmonaire et la précharge veineuse (diurétiques, saignée faute de mieux), réduire la ventilation (morphine).
Le furosémide intraveineux est un élément du traitement d’urgence.

Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)

Sigle OAP

œdème, œdème aigu cardiogénique du poumon, orthopnée, filtration, indice de Miller, IPPB

Édit. 2017

œdème aigu hémorragique de la peau du nourrisson l.m.

acute hemorrhagic oedema of childhood, infantile acute haemorrhagic oedema

Affection résultant d'une vascularite aigüe du jeune enfant de 5 mois à 2 ans avec, comme facteurs déclenchants, une infection des voies aériennes supérieures, une vaccination ou la prise d'un médicament, se traduisant par une fièvre à 38-40°C et quelques signes cutanés qui associent un œdème douloureux et un purpura polymorphe avec des médaillons en cocarde, et dont l'évolution est le plus souvent favorable sans séquelles.
Il n'y a pas d'examens complémentaires discriminants ; on doit éliminer une méningococcémie.

Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)

Syn. purpura en cocarde infantile postinfectieux de Seidlmayer

Édit. 2017

pemphigus aigu fébrile grave de Nodet l.m. (obsolète)

Dénomination obsolète donnée à une dermatose bulleuse décrite chez les bouchers qui correspond vraisemblablement à une épidermolyse staphylococcique aigüe.

C. H. Nodet, dermatologue français (1880)

pityriasis lichénoïde varioliforme aigu l.m.

acute varioliform pityria lichenoides

Forme aiguë rare de pityriasis lichénoïde, habituellement observée chez l'enfant, correspondant à une éruption à début brutal faite de papules qui deviennent nécrotiques ou croûteuses puis s'ulcèrent et dont la cicatrisation peut prendre un aspect varioliforme.
L'évolution, plus courte que celle des formes chroniques, dure quelques semaines, voire quelque mois. Il existe des formes suraiguës fébriles. L'image histologique est superposable à celle du pityriasis lichénoïde chronique, mais est plus marquée, avec, notamment, une réelle vascularite qui constitue probablement la lésion élémentaire.

Syn. parapsoriasis varioliforme de Mucha-Habermann

Sigle  : PLEVA

prurigo simplex aigu l.m.

simple acute prurigo, prurigo simplex acuta

Dermatose banale touchant préférentiellement l'enfant, mais parfois aussi l'adulte, caractérisée par une éruption aigüe de papules érythémateuses prurigineuses de petite taille dispersées en nombre variable sur le tégument, parfois vésiculeuses ou même bulleuses, volontiers excoriées en leur centre, d'aspect histologique peu spécifique.
Le diagnostic est clinique, mais des examens complémentaires, en particulier la biopsie cutanée, peuvent être nécessaires pour éliminer d'autres dermatoses. Le prurigo aigu est généralement regardé comme une réaction d'hypersensibilité à des arthropodes présents dans l'environnement du malade; le traitement repose essentiellement sur les antihistaminiques et les dermocorticoïdes.

prurigo strophulus

pyopneumothorax aigu l.m.

acute pyopneumothorax

Irruption brutale de pus et d'air dans la cavité pleurale.
Il en est deux causes ;
- les abcès pulmonaires souscorticaux à germes anaérobies, souvent de petites tailles ;
- plus rare est la perforation d'une caverne tuberculeuse souspleurale observée fréquemment dans un contexte social de misère. La présence de germes divers aérobies ne doit pas faire méconnaître le bacille de Koch.
Dans les deux cas, il existe un syndrome infectieux sévère, une détresse respiratoire nécessitant un drainage pleural irréversible d'extrême urgence. La mise en évidence de germes anaérobies ou de bacilles de Koch permet de conduire le traitement antibiotique.

rejet aigu de greffe hépatique l.m.

Rejet survenant en cas de transplantation hépatique soit dès le 3e jour postopératoire et dans 80% des cas avant le 15e jour, soit tardivement nécessitant la poursuite du traitement immunosuppresseur.
Un traitement est nécessaire dans 35 à 70% des cas. Suspecté en cas de fièvre, d'élévation des tests hépatiques, le diagnostic est fait histologiquement par biopsie hépatique. Il existe dans l'espace porte un infiltrat inflammatoire portal, des canaux biliaires interlobulaires et de l'endothélium veineux. Le traitement repose sur les fortes doses de corticoïdes (bolus), en cas d'échec sur l'anticorps monoclonal antiCD 3 (OKT3) ou le tacrolimus (ou FK 506, lactone macrocyclique hydrophobe de mécanisme d'action voisin de celui de la ciclosporine).

rejet de greffe, traitement immunosuppresseur et transplantation, histocompatibilité (système d'), HLA

| /6 | page suivante