Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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alcool éthylique l.m.

ethanol

Alcool primaire C2H5OH, éthanol, se présentant sous forme d’un liquide incolore, volatil, bouillant à 78°C, miscible à l’eau, très inflammable, d'odeur piquante et aromatique, de saveur âcre et chaude.
L'éthanol est un constituant universel résultant de la fermentation alcoolique provoquée en particulier par Saccharomyces cerevisiae, la Levure de bière : tout produit naturel contenant des sucres fermentescibles est amené à subir cette fermentation productrice d’alcool qui contribue à stabiliser ce produit (fabrication du vin, de la bière, du cidre, du lait, etc.). La fabrication des boissons alcooliques et de l’alcool pur est de grande importance industrielle. L’alcool peut en outre être produit en vue de la fabrication de biocarburants. Il peut être synthétisé industriellement.
Sous l’angle alimentaire et toxicologique, l’alcool doit être traité avec attention et des attitudes contradictoires sont exprimées par divers spécialistes. D’une part l’usage régulier de boissons alcoolisées est attesté depuis la plus haute antiquité dans la plupart des civilisations, d’autre part l’alcool fut introduit dans la panoplie des remèdes, en particulier sous des formes pharmaceutiques diverses (vins, élixirs...), le pouvoir dissolvant de l’alcool permettant la mise en solution de divers constituants naturels (fabrication d’extraits et teintures). Pendant longtemps, avant l’invention des anesthésiques, l’alcool fut largement utilisé pour réduire la sensation de la douleur et aussi les réactions de défense de sujets soumis à des situations conflictuelles (soumission chimique).
L’alcool est employé comme antiseptique à la dilution de 70%.
L'alcool est absorbé très rapidement par voie digestive avec les boissons ou par voie pulmonaire sous forme de vapeur. Par voie digestive, son absorption est complète en 30 à 45 minutes dans l’estomac (20%), puis dans le grêle proximal de manière passive. La vitesse d’absorption est très variable selon l’état de la vacuité gastrique qui l’accélère, selon la concentration de l’alcool et la nature des aliments qui l'accompagnent et selon les susceptibilités individuelles. Elle est retardée par la consommation de graisses en abondance et aussi par la prise de certains médicaments (amphétamines et anticholinergiques).
L’alcool diffuse en quelques dizaines de minutes dans tout l'organisme ; sa répartition est comparable à celle de l'eau. L'alcoolémie est maximale en une demi-heure environ après l'absorption orale, elle est alors approximativement égale au rapport poids d'alcool ingéré/poids corporel.
L'alcool s'élimine sans changement par tous les émonctoires, notamment par voie pulmonaire. Son métabolisme dominant est hépatique, lié entre autre à des cytochromes P 45O inductibles de classe II. L'alcool-déshydrogénase, enzyme du métabolisme, transforme l'éthanol en éthanal (acétaldéhyde) à une vitesse pratiquement constante de 0,15 g/L de sang par heure. Le terme ultime est l'acide acétique, point de départ pour une transformation en lipides. Sa dégradation complète en dioxyde de carbone et eau libère 30 kJ/g (soit 7 kcal).
Selon le degré de vulnérabilité individuelle et l’importance de la consommation, l’alcool intervient plus ou moins dans les métabolismes et exerce un rôle pathogène sur différents organes, en particulier le foie et le système nerveux. D'autres systèmes d'oxydation peuvent aussi concourir à cette oxydation de l'alcool (MEOS) et certains d’entre eux produisent des formes actives de l'oxygène capables d'altérer les structures membranaires des mitochondries hépatiques pouvant entraîner une cirrhose. La conséquence la plus immédiate du catabolisme de l'éthanol dans le foie est une stéatose. Dans le système nerveux central, l'alcool interfère avec le métabolisme des catécholamines, conduisant à des composés apparentés aux alcaloïdes hallucinogènes ou opioïdes. L'ivresse est produite par ingestion immodérée de boissons alcooliques. Psychotrope facteur de communication par levée des inhibitions, pour certains sujets, il peut devenir toxicomanogène. Une pratique de haute gravité qui se généralise actuellement chez les jeunes est la consommation en quantité de boissons riches en alcool en vue de provoquer rapidement une ivresse avancée (binge trinking traduit par « cuite express ». L’alcool apparaît alors comme une « drogue licite » puisque sa consommation n’est pratiquement pas entravée.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; éthyle : formé sur éther avec le suffixe yle : par analogie avec méthyle

alcoolisme aigu, alcool méthylique, ébriété, éthylotest, ivresse alcoolique, MEOS, stéatose, opioïde

[C1,G3,G4,L1]

Édit. 2017 

éthanol n.m.

alcool éthylique

Syn. alcool éthylique

[C1]

Édit. 2018